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Feuille de personnage
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le Mer 3 Jan 2018 - 0:18
« Dans un voyage en Absurdie, que je fais lorsque je m’ennuie. J’ai imaginé sans complexe qu’un matin je changeais de sexe, que je vivais l’étrange drame… D’être une femme.
- Et c’est reparti…
- FEMME DES ANNÉES 80 MAIS FEMME JUSQU’AU BOUT DES SEINS ! »

Vous aussi vous en auriez marre si c’était la cinquième fois que votre pilote-chauffeur demeuré mettait une musique étrange parlant d’un homme se changeant en femme jusqu’au bout des seins. J’essaye tant bien que mal de relire mon ordre de mission, aussi clair que de l’eau de roche lors d’une nuit sans Lune. Enfin j’exagère peut-être un peu, mais l’intitulé de la mission est ce qu’il est : prendre contact avec un certain « Don » qui ferait du trafique d’armes en ville. Soit, j’ai envie de dire que j’ai déjà eu pire comme mission. Je vais me contenter de cela et tenter de faire mon mieux. De ce que je lis dans ce rapport, il semblerait que la « petite » escarmouche que j’ai organisée a profité à une certaine Stacy. C’est bien un nom de prostituée ça, tiens. Elle a récupéré un peu des Blood Fists tout en empêchant une expansion du Gang des Songes, joli coup. Ce n’est pas donné au premier venu d’anticiper et de réagir aussi rapidement. Ce n’est pas Francis qui pourrait me sortir un plan aussi élaboré.

« Qu’est-ce qu’on va faire à Illusiopolis cette fois-ci, Madame Song ?
- Nous allons rentrer en contact avec un marchand d’armes.
- Pourquoi faire ?
- Apparemment la direction a besoin de l’avoir dans sa poche au cas où une chef de gang commencerait à avoir des ambitions un peu trop gênantes.
- Sinon on liquide la chef de gang, ça simplifie.
- Le problème c’est que si on la tue, une autre personne prendra sa place, ce n’est pas viable comme solution.
- M’ouais je vois le genre mais bon, vous avez lui faire quoi au gars ? « Bonjour, ce serait pour une prise de contacts ? »
- Mieux que cela, nous allons aller dîner.
- Il vous connaît ?
- Non.
- Vous l’avez déjà invité ?
- Non.
- Alors pourquoi et comment vous allez faire ?
- Hé bien, nous allons lui envoyer une invitation formelle, en tout bien tout honneur et en profiter pour se faire offrir un repas gastronomique. Et quand je dis « nous », c’est moi bien sûr.
- Je me disais aussi… Il s’appelle comment votre bienfaiteur ?
- Le « Don ».
- Ah oui, j’en ai entendu parler. Il n’est pas bien effrayant, assez classe. Le genre à mettre du parfum quand il sort voir des femmes. Faites gaffe à pas vous faire choper, un sacré tombeur de ce qu’on dit.
- Je suis son genre ?
- Vous êtes un peu jeune, mais je pense que ça passe.
- Je « passe » seulement ?
- Non mais le gars chope que des plus de cinquante ans, vous êtes une gamine pour lui.
- Je rêve où Monsieur Francis vient encore d’insulter sa responsable ?
- C’est pas pour vous offenser, vous manquez de rides c’est tout ! »

Je profite qu’il ait les mains libres pour lui donner une tape sur la tête.

« Et mes droits de salarié ? J’ai des droits syndicaux moi Madame !
- Est-ce que j’ai réellement l’air de me préoccuper de tes droits syndicaux espèce de goujat ?! »

Après cette petite incartade, je regarde la boîte dans laquelle je transporte un petit cadeau pour le Don. Je l’ouvre délicatement et je redécouvre avec joie la belle pièce de porcelaine chinoise que je vais lui apporter. Un vase, avec des motifs bleus parcourant l’ensemble de la pièce, constituant un paysage de la campagne du sud-ouest du pays. On y voit un fermier dans les rizières, survolé par un magnifique dragon, le tout avec une forêt luxuriante grimpant le long des pentes escarpées des montagnes. Quelques oiseaux et un yak accompagnent le paysan dans sa tâche ardue. Une belle pièce pour une collection. J’espère qu’il appréciera le geste, la Shin-Ra n’offre pas ça tous les jours à n’importe qui. Puis au pire cela lui servira pour attirer les héritières de familles fortunées d’Illusiopolis en mal de pièces d’art exceptionnelles. C’est le Consulat qui va être jaloux, croyez-moi.

« Francis, tu m’as dit que tu le connaissais de réputation ce monsieur, « Le Don » ?
- Ouais.
- Vous savez où le trouver ?
- Vu le personnage il doit traîner là où les riches sont.
- J’imagine, oui.
- Pourquoi cette question ?
- Vous allez le chercher de ma part et faire en sorte qu’il vienne dîner avec moi au « Belladone ». Un restaurant chic pas très loin du futur grand casino de la Shin-Ra.
- Nan mais c’est pas mon boulot ça ! Pourquoi vous y allez pas vous ?
- Vous croyez sérieusement qu’il va croire une dame qu’il n’a jamais vu venir le chercher pour sortir dîner ? Non ! Cela manque de classe : donc j’envoie un larbin pour l’inviter, ça fait déjà plus officiel.
- Le larbin vous remercie !
- Ne le prenez pas mal, mais de son point de vue, c’est ce que vous serez à ses yeux.
- C’est pas faux. Bon ok, j’irai vous le chercher mais à une seule condition !
- Laquelle ?
- Je veux une place VIP pour l’ouverture de votre discothèque à la Costa del Sol !
- Si ce n’est que ça… Accordez. »

Et nous voilà avec un accord. Direction l’astroport maintenant, où nous allons pouvoir enfin débuter cette mission. Nous atterrissons sans problèmes et nous quittons l’endroit en direction de notre hôtel, non loin du Grand Saucier, future place forte de la compagnie dans la ville. Nos chambres sont l’une à côté de l’autre, a priori nous n’avons pas à craindre beaucoup de choses ici. Ce qui est paradoxal connaissant la situation d’Illusiopolis. Disons que la Shin-Ra arrive à tenir certains quartiers stratégiques, évitant que le chaos s’installe dans toute la cité. Pour une fois qu’on fait quelque chose qui peut être vue comme « Bien ». Nous sommes en début d’après-midi, je sors ma tenue de mon sac et je l’inspecte tout en réfléchissant quels bijoux je vais mettre avec. Qipao traditionnelle, bleu marine avec des motifs floraux noirs dessus, cela devrait suffire. Je vais rajouter un collier de jade et ma griffe en or, une petite broche dorée dans les cheveux et le Don devrait se sentir à l’aise. En soi ce n’est qu’un dîner mondain. Entre un marchand d’armes supposé et une représentante de la Shin-Ra, mais au moins ça a l’avantage d’apporter un peu d’exotisme à un repas qui pourrait s’annoncer comme trop… Mou.

On tape à la porte de ma chambre, je m’avance. J’entrouvre pour dévisager ce cher Francis, le visage rouge, souvent il devient comme ça quand la température est trop chaude pour lui. Encore un moyen de se rendre intéressant.


« Oui ? » dis-je, attendant un mot de sa part.

« Je vais chercher vous-savez-qui, soyez prête quand je repasse.
- C’est vrai que j’ai l’habitude d’être en retard.
- A qui le dîtes vous ! A tout à l’heure ! » dit-il avant de filer.

C’est dans son intérêt de courir vite en effet, sinon je lui aurai bien remis une tape sur la tête. Je referme et je vais observer l’entrée de l’hôtel depuis ma fenêtre. J’éteins les lumières pour éviter que l’on voit ma silhouette derrière les vitres trop facilement. J’observe silencieusement, attendant que mon brave subordonné s’éloigne. Une fois qu’il disparaît derrière un immeuble, je réajuste mon tailleur actuel et je quitte ma chambre pour rejoindre les rues d’Illusiopolis. Me protégeant de la pluie avec un simple parapluie. L’impair gris tranche avec les couleurs traditionnelles de la ville, mais je n’ai que cela sous la main. Je profite de cette mission pur m’enquérir de l’état de « mon compte »… Dans une banque du centre-ville, non loin du futur casino de la Shin-Ra. Je rentre dans le hall, qui est très silencieux malgré l’heure pas si tardive. La conseillère de l’accueil m’oriente vers l’une des chargées de compte présentes dans un petit bureau annexe. Ils ont l’habitude et la sagesse de ne pas faire attendre leurs clients. Le lieu est lourdement gardé, et la banque Oswald Pendingclock & Joffrey Sarcault n’a jamais eu tellement de problèmes : ils ne sont que des banquiers et l’argent est sacré ici. Personne n’oserait attaquer ce lieu où tous les mafieux de la ville gardent leurs économies ou leurs objets précieux.


« J’aimerais accéder à mon compte, s’il vous plaît.
- Bien sûr, vous êtes ?
- Madame Song.
- Madame Song, très bien. Attendez un petit instant s’il vous plaît. » dit la jeune femme, toute coquette dans un tailleur fraîchement acheté vu l’état parfait dans lequel il est.

Elle tapote quelques touches de son clavier et semble surprise de l’image qui s’affiche sur son écran d’ordinateur. Elle refait plusieurs touches, comme pour vérifier quelque chose. Elle se tourne enfin vers moi. Semblant quelque peu gênée. Je demeure sur ma chaise, inébranlable.


« Un problème ?
- De ce que je vois, vos dépôts ont été retirés. Il ne reste que 8% de la somme initiale.
- 8% vous dîtes ?
- Tout à fait.
- Qui a fait ce retrait sans mon autorisation ? Je suis la seule responsable de ce compte.
- Il n’y a que vous et votre conjoint qui…
- Mon conjoint est disparu depuis plusieurs années. Qui a fait ce retrait ?
- Je… Je suis d’autant plus surprise Madame… Mais manifestement, votre conjoint a retiré ces fonds. Il n’y a aucune fraude détectée, toutes les procédures en cas d’un tel retrait ont été remplies et conformes.
- 8%... Quiconque a fait cela a un sacré sens de l’humour. Puis-je voir ces documents en tant que seconde personne en charge du compte ?
- Certainement, attendez ici. »

Je reste calme et je souffle. Ce n’est ni l’endroit, ni le moment de s’énerver, mais il y a un petit malin qui pense pouvoir usurper l’identité d’Haojun sans présager de mes représailles. Je peux vous garantir que si je retrouve ce malotru je vais le trucider si fort qu’on l’entendra crier dans toute la ville. Cet argent est un cadeau laissé par mon mari pour m’aider à survivre, je le sais au fond de moi. Sinon pourquoi cacher tout cet argent ici ? Le voleur sera châtié en conséquence. Sans compter cette petite pique d'humour : 8, c'est le signe de la prospérité en Chine. Il me souhaite prospérité en ayant retiré 92% de mon plus gros compte bancaire ! Quel escroc !

La jeune femme revient avec les documents. Elle me les dispose distinctement, m’invitant silencieusement à les consulter. Tout est effectivement en règle. C’est propre, trop propre. C’est dans ce genre de moments que le doute s’installe dans le cœur des gens seuls. Et si c’est réellement mon mari qui a retiré cet argent ? Peut-être qu’il en a besoin là où il est ? Et s’il était retenu captif quelque part ? Je sens que cette histoire est louche. Je jette un regard sur l’horloge du bureau de la conseillère : seize heures. J’ai encore un peu de temps avant le dîner, mais je ne dois pas tarder au cas où Francis rentre tôt de sa mission de messager.


« Tâchez de garder ces documents précieusement. Je n’ai suffisamment le temps devant moi pour tout lire, cependant je veux que vous bloquiez immédiatement toute transaction entrante ou sortante de mon compte.
- Mais certainement Madame Song. » dit-elle, le ton très calme et sérieux.

Je rassemble mes affaires et je quitte la banque sans plus de cérémonie. Je ne suis pas là pour me faire voir, comme la plupart des clients ici. Je descends les marches de l’institution financière rejoignant les sombres rues de la sinistre cité du crime. J’arrive à l’hôtel peu avant que Francis ne revienne, j’ai eu de la chance pour le timing. A peine deux minutes après que je rentre dans ma chambre, il frappe à la porte. J’ouvre avec précaution, sait-on jamais.

« C’est moi Madame Song. »

Je reconnais immédiatement la voix de mon acolyte. Je dévoile un peu plus mon visage dans l’enclosure de la porte.

« Mission accomplie ?
- Tout à fait. Le gars a l’air un peu…
- Un peu ?
- Vous verrez, haha ! Je retourne à ma chambre, je viendrai vous récupérer pour vous emmener au Belladone. »

Je referme la porte sans dire un mot, j’ai d’autres chats à fouetter que de le corriger une nouvelle fois. Ce Francis est un vrai gosse derrière ses cent-cinquante kils. Plus ou moins, je ne suis pas son médecin traitant et en vérité je ne veux pas réellement savoir son poids. J’aurai l’impression de le voir comme un cochon sur pattes. Ah… Trop tard. Après un petit temps de repos, je me prépare pour le restaurant. Mon chauffeur vient me récupérer comme prévu, pour une fois il est à l’heure. Il s’est changé pour être un peu plus présentable, un petit smoking sans grande prétention qui vaut toujours mieux qu’un vieux marcel sale. Notre véhicule, loué auprès de l’hôtel, nous attend. Nous rejoignons le trafic pour arriver quelques instants plus tard au Belladone. Je descends de la voiture, Francis m’interpelle avant que je m’éloigne de celle-ci.


« Madame Song ! Je vais rester dans le restaurant en utilisant une couverture. Comme ça, je peux intervenir en cas de pépin. Vous avez un moyen de communication pour faciliter les choses ? » dit-il, presque de manière très professionnelle.

J’hésite à lui parler de mon « petit truc », cela peut déranger beaucoup de gens, je pense. J’ai développée cette compétence relativement récemment : la répétition de mes pouvoirs liés à l’esprit m’ont débloqué certaines compétences. D’un autre côté c’est Francis, ancienne terreur des Soldats de la Shin-Ra. Ce n’est pas comme si j’avais à faire au premier agent venu qui n’a jamais été confronté à des situations difficiles. Je me penche vers la fenêtre du véhicule, pour éviter qu’on m’entende.


« Je peux vous parler par la pensée, si vous voulez.
- Quoi ?!
- Chut !
- Mais pourquoi vous me n’en avez pas parlé avant ? C’est quand même pratique votre truc !
- Je me suis dit que ce n’était pas nécessairement la chose la plus normale du monde.
- Bah quoi ? Bon aller c’est fixé ! Je vous retrouve dans le restaurant, soyez prudente chef ! Puis vous en faîtes pas, j’entends souvent des voix dans ma tête ! » me dit-il, presque joyeux tout en démarrant la voiture en trombes, me laissant devant l’entrée du Belladone.

Donc, il entend des voix dans sa tête en temps normal ? C’est bien, cela me rassure particulièrement. Je ne reste pas plantée là longtemps et je rejoins l’intérieur, je suis légèrement en avance donc il ne devrait pas y avoir de mauvaise surprise. L’endroit en lui-même est plutôt chic, élégant. La salle est dans des tons très clairs, les serveurs en tenue de soirée, plusieurs lustres en cristal ornent le plafond et les odeurs laissent présager une cuisine gastronomique de choix. Un serveur s’approche, grand sourire. Il me demande mon nom de réservation et m’invite à le suivre. Une table pour deux, dans un coin de la salle. Non loin de la scène où les musiciens se préparent à jouer pour accompagner le repas des clients. Des clients dont les goûts ne sont pas forcément raffinés, mais cela fait toujours plaisir d’avoir un homme ou deux jouant du violon dans la salle. J’attends patiemment à ma table, lorsqu’un homme d’une quarantaine d’années s’approche, accompagné du serveur. Smoking, une petite fleur rouge à sa boutonnière, cheveux poivre sel gominés vers l’arrière du crâne, les yeux marrons et un sourire charmeur aux lèvres. Il est assez grand et élancé, mais on devine un petit ventre certainement dû au poids des années. Je remarque par ailleurs qu’il a un très long cou, étrange. D’ailleurs, j’ai cette sensation de l’avoir déjà vu quelque part. Il me dit quelque chose tout en me disant rien, c’est fort bizarre.


« Buenasera Madame Song, on m’appelle le Don !
- Enchantée, Don. C’est un plaisir de pouvoir vous rencontrer en personne !
- Un plaisir partagé Madame. »

Il s’installe à la table, le serveur nous apporte les menus et nous commençons à bavarder tout en les regardant.

« Alors comme ça vous travaillez pour la Shin-Ra ?
- Tout à fait. Nous sommes toujours en quête de potentiels partenaires… Intéressants.
- Je suis flatté que vous ayez pensé à moi… Qu’est-ce que vous me recommandez comme entrée ? Le foie gras ou les huîtres ?
- Je vous conseillerai le foie gras, il est excellent ici.
- Bien, bien… Je prendrai les huîtres, c’est meilleur pour la ligne. »

Je rêve ou… Non, je me fais des idées. Alors que nous finissons de préparer notre commande, je vois un nouveau musicien monté sur scène. En même temps difficile de le manquer vu sa largeur… mais c’est Francis avec une fausse moustache ! Qu’est-ce qu’il fait là ? Et il me fait un petit clin d’œil en plus ! C’est ÇA son infiltration ? Dans quel bateau je me suis encore embarquée ? Bref, restons calmes et recentrons-nous sur le Don. Nous passons commande et commençons à déguster notre entrée. Il a pris les huîtres, j’ai pris le foie gras.

« Alors, en quoi un honnête entrepreneur comme moi peut aider une organisation comme la Shin-Ra ?
- Disons que nous souhaitions entrer en contact avec vous pour faire connaissance et effectuer une première entrevue pour connaître votre disponibilité quant à travailler avec nos services.
- Je vois. Vous avez un projet en tête en particulier ?
- Disons que nous aimerions pouvoir avoir votre soutien au cas où certains de vos clients dérangeraient trop grandement nos opérations, si vous voyez ce que je veux dire. Une caisse ou deux de "produits" en moins, ça réduit la force de pénétration commerciale.
- En effet, mais pour cela il faudra trouver un terrain d’entente au niveau des compensations. Je suis certain qu’une femme aussi belle et séduisante que vous doit comprendre cela.
- Tout à fait. Et un personnage aussi charmant que vous doit certainement savoir que mon entreprise trouve toujours un terrain d’entente pour ceux prêts à négocier.
- Ah c’est sûr ! »

Les musiciens commencent à jouer deux trois musiques d’ambiance classiques, Francis est un peu paumé. Je crée un lien télépathique avec lui pour qu’il arrête ce massacre :

« Francis, c’est Madame Song. Stoppez votre numéro et regagnez les loges ! »

Il a l’air de m’avoir capté, il se lève et regarde dans ma direction. Mais quel idiot. Les autres arrêtent de jouer et le regardent, attendant un signe, un geste, une note. Et c’est là que j’ai le droit à une improvisation totale de sa part. A vrai dire avec Francis, on n’arrive pas à savoir s’il est demeuré ou très intelligent. Il prend sa guitare et commence à fredonner un air. Dans une langue que je ne comprends pas qui plus est. Les clients du restaurant sont interpellés par sa forte carrure et l’observent, attendant de pouvoir juger sa performance.

« Ɛaynin-ak bakâw
Galb-ak ḥanin
Mâ l-ak ḥazin ?
Mâ jâ-k'š an-num
Mâ l-ak al-yum ?
Wulit maḡrûm
Râ-k bi n-nâs
Tamšî fî šaraɛa, ḥawis
U kul lîla, gudim bab-ha
Tastana-ha ! »


A ce moment précis, j’ai le regard qui exprime un certain abandon. C’est une bénédiction et une affliction à la fois. Puis il a l’air content en plus ce guignol !

« Ḥabit twazwaz yâ l-bulbul
Bambino, bambino
U fî bâl-î râ-k tnum
Bambino, bambino
Gâlu l-î wulît maḥbûl
Bambino bambino
Mâ zâl tabaz yâ baḥlul ! »


Nous continuons de bavarder avec Don, mais la musique devient trop forte à cause de mon collègue « infiltré ».

« Talɛab maziane bî la mandoline
Yâ wald-î Bambino
Musiqa šḥal nabḡî-ha
U hluwa kimâ raḥat al-lîl
Ḡâ-ni ḡâ-ni, bi ṣ-ṣût ḥanin
Ya wald-î Bambino
Fahham-ni waš râ-k tatmaɛna
Lazim khu-ya l-yum tansa-ha ! »


« Nous n’arrivons pas à parler, la musique est assourdissante ! Allons discuter dans le salon privé.
- Je vous suis avec plaisir ! »

J’envoie un message à Francis lui disant que je reste proche. Il secoue la tête positivement et continue de chanter. Je suis le grand homme vers une pièce annexe à la salle de restauration où les clients peuvent se prélasser un peu après leurs repas. Dans un canapé confortable, nous continuons notre conversation.

« Vous avez un client en particulier en tête, Madame Song ?
- Pas particulièrement, même si les récents évènements survenus dans le quartier des Blood Fists laissent à penser que la fameuse Stacy est une potentielle menace. Nous ne sommes pas nécessairement très impliqués dans tout cela mais nous nous devons de garder l’œil ouvert pour éviter une catastrophe éventuelle. Vous comprenez certainement notre principe de précaution.
- Tout à fait. A vrai dire, je ne peux que partager votre prudence : ce n’est jamais bon quand une personne arrive à contrôler autant de zones dans la ville. Je me range dans votre optique d’observation et en cas de problèmes, je pense que nous pourrons discuter entre gens de bonne société.
- Je ne peux qu’apprécier de tels propos. C’est difficile d’avoir à travailler avec des gens rationnels dans cette cité. »

Nous continuons à discuter ensemble, et le temps passe vite. Son comportement est étrange, pas qu’il soit particulièrement bizarre, mais certains gestes, certaines expressions de visage me rappellent une personne que j’ai connue lorsque Toma a ouvert le Lupanar Joyeux. Serait-ce ? Non, cela paraît peu probable… Il y a à Illusiopolis des légendes de la nuit, des personnalités qu’on ne croise que dans les fêtes, les cabarets et les casinos. L’une de ses légendes est la Grande Zoa. Les plus crédules diront que c’était une femme, mais les plus avisés dont je fais partie, savent très bien qu’il s’agissait d’un homme déguisé en femme. Comme le dit la chanson :

« Quand vient l'mardi, la grande Zoa 
Met ses bijoux, ses chinchillas 
Et puis à minuit, la grande Zoa 
Autour du cou s'met un boa 

Y en a qui marmonnent 
Que la grande Zoa 
Ce serait un homme 
On dit ça ! »


Après quelques temps passés à être la coqueluche des soirées mondaines un peu folles, elle, ou plutôt il a disparu. On dit qu’elle est partie avec sa Rolls blanche et qu’on ne la jamais revue. Je crois bien que je l’ai retrouvée : Don, se cache derrière sa petite vie rangée de marchand d’armes pour éviter les soupçons mais je le revois encore avec ses plumes roses autour du cou. Je me demande bien dans quelle galère il s’est retrouvé pour devoir se tourner vers les armes, lui qui était si doué pour le divertissement. Certains et certaines seraient choqués de voir un homme travesti, mais ce n’est pas un problème pour nous en Chine : on considère que les femmes n’ont pas à « jouer » la comédie, du coup ce sont des hommes qui jouent les rôles féminins dans les pièces de théâtre et les spectacles.

Le Don me dévisage un moment, il doit enfin se souvenir de moi. Nous nous sommes croisés maintes fois sans jamais vraiment connaissance, c’est une curieuse chose de le revoir ici, quelques années plus tard. Sacrée Toma n’empêche, elle sait comment s’entourer. Il se lève, de manière très distinguée.


« Je crois que nous avons fait le tour, Madame Song… Ce fut un plaisir.
- Plaisir partagé. Je vais vous raccompagner à votre voiture. »

Nous sortons du restaurant et le voiturier ramène une magnifique Rolls blanche, le Don monte à l’arrière tandis que le chauffeur privé reprend son rôle auprès de son employeur. Je le regarde partir tandis qu’il me fait un dernier clin d’œil avant de disparaître au coin de la rue. Je souris un instant, une belle soirée malgré tout. Je n’ai pas fini mon dessert cependant.

« Francis, sort des buissons, tu es ridicule. »

Francis sort difficilement des buissons arborant le chic établissement, ce qui ne manque pas d’attirer le regard réprobateur du voiturier.

« Occupe-toi de payer la note du restaurant pour le Don et moi, le voiturier va se charger d’aller récupérer notre véhicule. »

Une fois ceci fait, nous roulons vers l’hôtel pour rendre la voiture puis nous filons vers l’astroport après avoir rassemblé nos affaires. Francis me colle, je ne peux pas vraiment rester plus longtemps pour enquêter sur cette histoire de compte, mais je projette déjà de mettre en lumière ce canular. Un jour ou l’autre. Gare au petit morveux qui m’a joué un mauvais tour.

Nous regagnons mon humble vaisseau et nous repartons vers le QG de la Shin-Ra, satisfaits d’une mission accomplie sans accrocs, si l’on oublie la petite folie musicale de Francis…


Crédits : Régine « La Grande Zoa » et Dalida «  Bambino », interprété par Jean Dujardin.
Maître brasseur

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le Lun 5 Fév 2018 - 19:23
Bon Huayan ! C’est à ton tour, j’vais bouffer de la Shin’ra aujourd’hui… D’ailleurs, mes remarques habituelles ne seront pas présentes, comme tu as écrit les missions que j’vais noter il y a un certain temps et que tu ne peux pas avoir appliqué le principe.

Voilà voilà, donc, ce serait probablement les critiques du texte en long et en large ! Pas de gentillesse, j’suis le vilain et gros panda !

Alors, qu’est-ce que je pense du rp ? Ce que j’ai peut-être du mal, c’est d’imaginer le Don comme véritable patron de l’armement à Illusiopolis. Attentions, j’demande pas à voir un type avec des grosses armes ou des cicatrices pleins la gueule et l’air le plus belliqueux de l’histoire de l’humanité. Loin de là. Dépeindre le personnage en grande folle, c’est marrant et ça donne autre chose.

Sauf que, j’sais pas, j’ai pas ressenti que Huayan dînait avec le type qui claque des doigts pour t’amener un lance-roquette dans les mains. Tu vois où j’veux en venir ?

Donner de la profondeur à un personnage, c’est bien et ça nous fait « rêver » et ça donne des pistes pour les autres personnes qui devront interagir avec. Toutefois, qu’est-ce que nous pouvons ressortir de cette prise de contact ? D’abord, que c’est un riche indépendant et avec des tonnes d’armes, qu’il voit d’un mauvais oeil le commerce de Stacy et que c’est une grande folle. Ne pense pas que je trouve ça « maigre », mais tout le monde peut interagir avec et pas seulement la Shin’ra.

Certes, il semble avec vous, mais nous n’avons pas d’idées supplémentaires ! Tout ça pour dire que, il faut souvent penser qu’un pnj à plus « qu’une seule utilisation » et que la suite peut-être contractée par d’autres groupes que le tien ! La Shin’ra ne détient pas le monopole d’Illusiopolis.

Alors, comme j’le dis, j’vais pas m’étendre sur le positif. Pourquoi ? Car je suis le vilain et gros panda ! Et surtout que, sur un texte écrit il y a plus d’un mois, c’est pas ce que tu attends le plus. Toutefois, j’tiens à dire que c’est bien écrit et que Francis me fait toujours autant rire. Sauf que tu dois faire attention, toujours utiliser le même personnage pour le comique de situation, ça va l’user.

C’est comme manger une pomme tout les jours, au bout d’un moment, t’en à juste marre.

Et… J’ai pas grande chose d’autre à rajouter !!! Ouais, impressionnant. Navré de l’attente pour la notation et garde la pêche petite asiatique. Conserve en tête ce que tu dois savoir, chacun à son domaine de connaissances (Cf nos discussions privées.)

Mission accomplie !


Facile : 11 points d'expérience + 100 munnies + 2 PS en Dextérité ! Pour manier les couverts.

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