Matriarche Écarlate

Feuille de personnage
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le Mar 17 Oct 2017 - 0:14
« Et là je lui dis : « Tu connais la différence entre un cheval et un mouton ? Et bah moi non plus ! » ! » me dit Francis, euphorique.

Ses blagues me passent par-dessus la tête. Je me remets de ma dernière mission, difficile, en Terre des Dragons. J’ai le regard perdu sur les routes interstellaires. Perdue dans cette océan de froid. C’est dans ce genre de moments, qu’on ne choisit jamais vraiment que l’on se pose des questions ridicules sur notre existence. Il y a quelques mois, je pensai que j’étais une femme froide, que la vie avait endurcit à coup de meurtres, de sang et de larmes. Et me voici là, dans le vaisseau de Francis entrain de ressasser le passé.

« Madame Song, vous êtes calme aujourd’hui.
- Je suis toujours calme, Francis.
- Vous repensez à la dernière mission ?
- Oui. » dis-je, froidement.

Après le froid, une chaleur me prend le cœur. Ce n’est pas de la tristesse cette fois-ci, mais de la colère. Outre les morts, je cherche à savoir qui a causé cette boucherie. Qui est le porc qui va passer au fil de mes lames ? Qui est le lâche qui n’est pas capable de m’affronter à découvert ? Je le trouverai un jour, je te trouverai. Je te réserve un sort particulièrement atroce. Une cruauté contre une trahison. Nul ne peut s’en prendre à moi sans espérer une réponse en retour. Je vous garantie que la réponse sera adaptée à cette trahison. Je sais que nul n’est parfait et que la loyauté a toujours un prix, cependant je ne peux laisser une telle faute impunie. Mais revenons à nos affaires du jour. J’ai un rendez-vous important aujourd’hui.

« C’est pas pour changer de sujet mais un peu quand même, où est-ce qu’on va cette fois-ci Madame Song ? Vous avez un rendez-vous c’est ça ?
- En effet.
- Avec qui, si c’est pas indiscret ?
- Le gouvernement de San Fransokyo.
- Vous êtes envoyée en tant que négociatrice ? Monsieur le Président a pas peur !
- Taisez-vous Francis.
- Oh ça va je rigole… Qu’est-ce que vous allez leur dire de beau ?
- Que la Shin-Ra a mis la main sur les entreprises Krei et que le gouvernement est maintenant face à un monopole commercial pour les armes. L’armée de San Fransokyo doit acheter chez nous.
- C’est beau la concurrence !
- Ne joue pas la fine bouche Francis. Tu sais comme moi que c’est cet argent qui paie en partie nos salaires.
- Ouais, ouais… Je connais la musique. » dit-il, faussement outré.

Nous sortons de la route interstellaire pour arriver au large de San Fransokyo, comme à chaque découverte d’un nouveau monde, il y a cette petite appréhension. Cette petite crainte, mêlée à de la curiosité. Que vais-je voir aujourd’hui ? Après tout, San Fransokyo n’a pas l’air d’un endroit dangereux, de ce que j’ai pu entendre au Vaisseau-Mère. Un climat plutôt agréable, une certaine supériorité technologique, une architecture intéressante : rien qui a priori devrait m’effrayer. Nous arrivons en début de matinée, le soleil se lève à l’horizon et les lumières de la nuit s’éteignent peu à peu. Je remarque immédiatement l’architecture particulière d’un pont particulièrement majestueux : tout de rouge, il s’élance dans la baie, tel un géant aux pieds de métal et d’acier. Malheureusement, je n’aurais pas vraiment le temps de visiter la ville cette fois-ci : l’état-major de l’armée locale m’attend à l’astroport de la Shin-Ra. Enfin des gens qui me réservent un comité d’accueil digne de ma personne. Surtout qu’ils ont intérêt à être charmants, je me suis faite habillée par ce cher styliste Legarfield. Au début, je m’attendais à recevoir une terrible tenue avec des fruits de mer frais, mais finalement, j’ai été assez gâtée : une longue robe noire, très chic, très bien adaptée à mon physique et mettant en valeur ma beauté naturelle – oui, je frime, et alors ? -, des bijoux plus discrets mais tout de même luxueux et des chaussures particulièrement élégantes avec des talons particulièrement hauts. Je ne discute pas le costume : n’étant jamais allée dans ce monde, je ne connais pas les codes vestimentaires en place. De ce que j’ai pressentie, cela ressemble au code d’Illusiopolis mais en peu peut-être moins sombre ? Comme me l’a dit Legarfield : « Tu seras MA-GNI-FI-QUE ! ».

Depuis le vaisseau de Francis, la vie en bas semble plus douce qu’à Illusiopolis en tout cas, bien que vous pensez certainement et à juste titre, que je n’ai que ces deux villes à comparer. Et pourtant il faut faire un bon travail.

L’ordre de mission spécifie clairement que je dois indiquer à l’armée qu’ils n’ont que nous comme fournisseur potentiel tout en leur laissant l’idée qu’ils ont encore d’autres solutions. Heureusement que je viens d’une famille de marchands, je vais leur montrer comment on négocie avec Madame Song à cette bande de militaires. C’est pour cela que j’ai d’ailleurs envoyer certaines propositions en amont de la rencontre pour que le comité central de l’armée puisse les étudier sérieusement. Je ne me déplace pas pour rien. Nous approchons de l’astroport.


« Montrez-leur qui est le chef ici Francis.
- Avec plaisir Madame Song ! » dit-il.

A l’approche de la piste où quelques hommes en uniformes m’attendent, Francis fait tourner les réacteurs dans le vide, produisant de grosses bourrasques d’air projetées vers mes hôtes du jour. Déjà qu’il ne m’offre pas le temps de visiter la ville, je ne vais pas en plus épargner leurs jolies coiffures, quoique de ce que je vois, ils ont les cheveux très courts ici. Une première différence notable avec mon monde d’origine. L’appareil se stabilise et s’ancre sur la piste, les rayons du soleil levant transpercent notre cabine. Il va faire très beau aujourd’hui. Pas un nuage à l’horizon. Francis actionne la manette ouvrant l’arrière du véhicule, me permettant de sortir. Je m’avance lentement vers la sortie, non sans jeter un dernier mot à Francis :

« Reste proche du vaisseau. Cela ne devrait pas durer très longtemps. »

En effet, je ne compte pas réellement restée très longtemps, la journée devrait suffire. Au plus tard, nous partirons demain matin. Après tout, je ne suis que l’envoyée d’un message commercial plutôt clair : achetez à la Shin-Ra. Plus de concurrent sur le marché, nous avons donc le monopole commercial. La « négociation » est plus un moyen de faire passer la pilule en douce, pour éviter d’échauffer les consciences. En parlant de conscience, je n’oublie pas mon cher sac-à-main, au cas où je devrais me repoudrer.

Je sors du vaisseau, devant moi, une dizaine d’hommes en uniformes officiels et une femme un peu en retrait, prenant des notes. Le plus âgé des hommes s’avance d’un pas et s’incline légèrement, suivi des autres.


« Soyez la bienvenue à San Fransokyo ! Nous sommes heureux de vous accueillir chère Madame !
- Le plaisir est réciproque. » dis-je, faussant un sourire.
Il s’incline une nouvelle fois et m’invite à le suivre. Les autres hommes s’inclinent et nous suivent tandis que la jeune femme nous suit encore. Je me penche et murmure vers le soldat gradé :


« J’espère que vous vous rappelez que ceci n’est pas une rencontre médiatique. Je ne veux pas apparaître dans les informations locales.
- Ne vous en faîtes pas. Elle n’est là que pour couvrir le résultat des négociations pour l’Eclaireur.
- L’Eclaireur ?
- Un réseau d’informations qui tente de couvrir l’information par-delà notre monde.
- Ah, je vois. 
- Au fait, je ne me suis pas présenté : Commandant Aki Mammuth. Enchanté.
- Madame Huayan Song. Enchantée.»

Comme quoi, on en apprend tous les jours. Maintenant que j’y pense, j’en ai déjà entendu parler. Je crois même que j’ai eu droit à un sujet sur la course poursuite avec Francis à la Costa del Sol. Ces « journalistes » ne sont que des vautours qui devraient s’occuper de leurs propres affaires. Jamais je ne pourrai tolérer que ces petites gens fouillent ma vie publique ou privé dans leur quête étrange d’informations. Enfin, revenons-en à nos moutons. Le Commandant Mammuth est une étrangeté physique pour moi : il est à la fois grand, à la peau bronzée comme beaucoup de gueux de la Costa del Sol et possède pourtant un je-ne-sais-quoi très asiatique. C’est assez étrange, je n’ai jamais vu ça auparavant. Ses cheveux courts, presque rasés à blanc sur les blancs, trahis clairement les règles et traditions militaires de ce monde. Sa tenue, avec quelques médailles, dénote également que ce monde n’est pas nécessairement en proie à de nombreux conflits.

Nous approchons d’un véhicule dans lequel il m’invite à monter. L’emblème de la ville flotte sur de petits drapeaux. Je monte, je n’ai pas tellement de raison de refuser à ce stade, tout semble se passer correctement. Le Commandant monte avec moi. Le véhicule démarre, les vitres sont teintées, dissimulant aux yeux du peuple mon identité.


« C’est rare que la Shin-Ra nous envoie des négociateurs si…
- Si ?
- Si élégants.
- J’imagine bien. La Shin-Ra place beaucoup d’espoir dans notre potentielle collaboration, c’est pourquoi il vous a envoyé la meilleure des meilleures pour trouver un accord avec vous.
- Je ne serai pas le seul décideur Madame Song, mais je fais partie du comité central de l’armée, je retiens donc votre argument, ah ! Ah ! Ah ! » rit-il. Avant de se raviser pour reprendre son rôle de commandant austère et sérieux.

« J’espère que la jeune fille ne nous suivra plus, je n’aime pas trop voir ces gens me tourner autour.
- Il ne faut pas leur en vouloir, c’est leur travail après tout.
- Certes.
- En tout les cas, elle attendra dehors comme tout le monde pour l’annonce des résultats.
- Que j’espère positifs.
- Nous l’espérons tous, Madame Song. »

Nous traversons la ville en voiture.  C’est l’occasion de jeter un œil à ce monde urbanisé, où le soleil est très présent et les couleurs très vives. Je crois que c’est un facteur important de ce monde : les couleurs. Elles sont très vives, très présentes : des couleurs chaudes et lumineuses. Cela me plaît. Cela me change de l’ambiance morbide et déprimante d’Illusiopolis ou des confins interstellaires où le Vaisseau-Mère stagne mélancoliquement. Après un voyage fort instructif à travers la ville, nous arrivons devant un large et grand bâtiment, plus austère et moins coloré que les autres : cela ressemble à un bâtiment officiel du gouvernement local. Les affaires reprennent. Je sors des lunettes de soleil de mon sac et je les place devant mes yeux.

« On va passer par une autre entrée pour éviter les journalistes Madame Song. »

Bien parlé Commandant Mammuth.

Nous faisons le tour du bâtiment pour enfin arriver devant un tunnel où nos véhicules s’engouffrent : un parking souterrain j’imagine. Je range les lunettes de soleil, je n’en aurai pas utilité finalement ici. Le chauffeur s’arrête et sort pour m’ouvrir la portière. J’aime me faire servir, ne l’aviez-vous pas remarqué ? Nous traversons le parking, toujours escortée par ces militaires, vraisemblablement non-armés : ils n’ont vraiment pas l’air d’être sujet à des attaques violentes ces temps-ci. Nous montons dans un ascenseur, direction le sixième étage.


« Je vais vous laisser entre les mains du chef de la commission chargée de votre évaluation : le Général Alexander Takeda. J’assisterai en tant qu’aide auprès du Général. Soyez prête, il est âpre en négociations.
- J’ai hâte de le rencontrer.
- Mettez ce petit badge, c’est plus réglementaire.
- Soit. » dis-je, motivée.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrent. Je mets rapidement un petit badge portant mon nom sur ma robe. J’offre un grand sourire au personnel m’attendant de l’autre côté. Je passe le seuil et je m’incline devant la personne que j’imagine être le Général Takeda. On me salue en retour, tout en inclinaison.


« Madame Song. Je suis ravi de vous voir ici. Veuillez nous suivre vers notre salle de réunion.
- Avec plaisir, Général. »

La petite équipe s’oriente dans ce labyrinthe froid de vitres illuminées par le soleil de l’aube. Nous entrons dans une grande salle avec une immense table en son milieu. Quelques sièges en métal et en cuir pour agrémenter le tout. Les stores sont baissés pour nous dissimuler du soleil et des regards indiscrets. Des hommes apportent de nombreux dossiers sur la table, beaucoup de chiffres, de documents, de détails. Moi ? Je n’ai que mon sac-à-main. Je n’ai rien à cacher et je sais ce que j’ai à dire. Je remarque dans le personnel du comité qu’il autant de civils que de militaires.

« Hé bien Madame Song, je suis le Général Alexander Takeda, en charge de la négociation pour le renouvellement de notre contrat d’armement. Vous êtes notre première visite, je ne vais pas vous le cacher. Nous avons apprécié d’avoir reçu en avance vos propositions, qui sont très… Agressives, en somme.
- Je les assume entièrement, Général. »

Nous marquons une pause. J’imagine que c’est le moment où je me présente. C’est le moment de briller, je me redresse sur ma chaise et je place mes deux mains sur la table. Je prends un air des plus sérieux et je commence mon discours d’introduction.

« Comme vous le savez certainement, je suis Madame Huayan Song. Envoyée du très respectable Président Rufus Shin-Ra pour discuter avec vous d’un accord commercial. Je viens d’un monde lointain, appelé la Terre des Dragons, où la guerre est notre lot quotidien à cause d’envahisseurs étrangers. Je souhaite que nous supplantions le précédent accord par un nouveau, plus à même de répondre à vos besoins. » dis-je, tout en marquant certaines pauses.

Je vois que mon public est attentif.

« Comme je l’ai suggéré dans mon premier jet de proposition, je suggère que votre gouvernement signe un accord immédiat en lieu et place de votre précédent accord.
- L’accord avec la société Krei j’imagine ?
- Tout à fait, l’accord avec la société Krei, Général. Je recommande de remplacer cet accord, pour la même durée. Cependant, vous gagnez au change : nos armes sont bien meilleures que celles de la société Krei. » dis-je, sachant que ce n’est pas nécessairement le meilleur angle d’attaque.

« La société Krei est une société locale qui a eu notre confiance pendant de nombreuses années : qu’est-ce qui nous garantie que la Shin-Ra est suffisamment fiable Madame Song ?
- Qui vous parle de fiabilité Général ? Je vous parle de sécurité, de paix. » dis-je en finissant sur une pause. Je me lève de ma chaise, je vais devoir jouer à la présomptueuse.

« Votre monde est magnifique, riche et prospère. Il n’y a pas une empreinte malicieuse aussi puissante que sur les autres mondes. Vos problèmes sont insignifiants comparés aux défis de survie qu’il y a sur d’autres mondes. Il y a quelques jours, je me suis retrouvée au cœur d’une bataille, j’ai vu des hommes honnêtes mourir, j’ai vu des vies brisées. La fiabilité, c’est quand vous êtes en paix, vous n’êtes pas en paix Général, vous êtes en sursis. » dis-je, sachant désormais vers où je souhaite m’orienter pour les convaincre d’acheter les armes du Président.

« Je me suis rendue sur un monde appelé la Forêt de Sherwood, terrible théâtre d’une guerre entre la Coalition Noire et les Armées de la Lumière. Quelque soit le camp, quelque soit le but, quelque soit l’idéologie, ce sont les civils qui paient le plus lourd tribut. J’ai vu des hommes, des femmes et des enfants souffrir d’une guerre qu’ils n’ont pas voulu, je les ai vu mourir de faim pour ceux qui n’étaient pas morts pris entre deux feux. Qu’est-ce qui arrivera demain lorsqu’un ennemi inconnu surgira des routes interstellaires pour s’en prendre à votre foyer ? A tous ? Vous pensez qu’ils se demanderont si vos armes sont de la société Krei ou de la Shin-Ra ? Bien sûr que non. » dis-je, déterminée.

« La Shin-Ra a toujours été motivée pour délivrer à ses clients des produits de qualité et utiles. L’engagement de notre société auprès de l’université de San Fransokyo est une autre preuve de notre quête pour l’excellence technologique. Notre compagnie est le fer de lance des transports interstellaires, délivrant l’un des plus grands services à un nombre innombrable de mondes. Nous vous proposons un accord honnête, éthique et responsable. Le prix est le même que celui de Krei. L’efficacité en est supérieure. Notre détermination à vous fournir des armes pour protéger la population de ce monde n’a d’égale que notre endurance à répondre aux menaces auxquelles les peuples de tous les mondes sont confrontés. » dis-je.

« Est-ce que la grande championne D.VA vous est inconnue ? Grande championne des combats de robot de votre monde, elle est pourtant de la société Shin-Ra. Cela n’est qu’une preuve supplémentaire de notre intérêt et de notre volonté de coopérer avec votre gouvernement pour assurer un avenir sûr et prospère à San Fransokyo ainsi que ses habitants. Je vous remercie de votre attention. » dis-je, tout en me rasseyant sur la chaise. J’entends quelques murmures parmi les différents personnages assis dans la salle.

« C’est du bla-bla son discours, ça n’a aucune valeur ! »

« C’est une femme forte, elle mérite notre attention ! »

« Elle connaît D.VA ! La chance ! »

« Y a des mogettes aujourd’hui à la cantine ? »

« Il nous faut ce contrat avec la Shin-Ra ! Krei est tombé après tout ! »

Le général met fin aux bavardages. Il me regarde, un petit sourire en coin.

« Nous allons délibérer Madame Song. Je vous invite à bien vouloir patienter dans une salle de repos. Je viendrai vous auditionner en tête à tête plus tard. »

Je ne dis rien, je ne fais qu’incliner la tête et me lève, quittant la salle. Je suis accompagnée par un secrétaire vers une salle de « repos ». Une grande pièce, où il y a des journaux à lire, quelques écrans de télévision. Je regarde par la fenêtre, en mettant mes lunettes de soleil. Une belle vue vers la baie de San Fransokyo. Agréable. Je patiente quelques heures, j’ai le temps de lire des magazines, de regarder encore la vue, d’imaginer monsieur le Président dans sa douche… Quoi ? Non ! Je n’ai rien pensé, sortez de ma tête, bande de hooligans !

Le commandant revient me chercher avec un grand sourire.

« Le Général veut vous voir ! » dit-il, l’air satisfait.

Je le suis, encore une fois dans ce labyrinthe de verres et de vitres. Nous rejoignons un bureau plus traditionnel, entendez qu’il y a du bois dans la pièce. Deux ou trois poutres et un bureau en acacia. Il est assis, une paire de lunettes figée sur son nez. Le commandant me fait entrer et ressort immédiatement, me laissant avec le Général Takeda. Il me fait signe de m’asseoir sur la chaise.

« Je ne vais pas y aller par quatre chemins, Madame Song. Malgré votre beau discours de tout à l’heure, je suis un homme réaliste et je sais que je n’ai pas le choix dans cet accord. Krei est désormais entre les mains de la Shin-Ra. J’apprécie que votre organisation mette autant de formes pour nous paraître agréable mais la situation est… Restreinte.
- Certes, Général. Cependant, j’espère que votre commission a bien compris que la Shin-Ra ne cherche qu’à poursuivre les anciennes affaires de la société Krei. Vous n’avez rien à craindre de nous après tout. En lieu et place d’un « Société Krei » sur vos armes, il n’y aura qu’un « Shin-Ra ».
- …
- Je ne suis pas là pour vous faire perdre votre temps Général. Voulez-vous ces armes ou pas ?
- Nous les voulons. Vos armes restent efficaces et après tout, vous êtes les plus présents sur ce secteur commercial en ville maintenant. Je veux des garanties cependant.
- Lesquelles ? Je suis à votre écoute.
- Je veux avoir affaire à vous sur ce dossier. J’aime connaître la personne avec qui je signe des accords gouvernementaux. Ensuite, reste un petit détail.
- Je vous écoute.
- Ma commission.
- Plaît-il ?
- La société Krei a été très généreuse avec moi par le passé. Voyez-vous, j’ai une certaine passion pour les jeux… J’imagine que vous comprenez ce que je veux dire ?
- Bien entendu. » dis-je en souriant légèrement.

A vrai dire, je ne m’attendais pas vraiment à ça. Un militaire aussi gradé que lui sujet à de la corruption ? Ce n’est pas très honorable, mais si c’est nécessaire pour la réussite de ma mission, alors je peux me pencher sur la question.

« Donnez-moi un montant, je le confierai moi-même au Président Shin-Ra, Général.
- Parfait ! » dit-il, tout sourire, se penchant légèrement sur son bureau pour me serrer la main. Je lui serre la main en retour mais lorsqu’il souhaite me la lâcher, je le retiens. Il me donne un petit papier en même. je continue de tenir, il s'interroge.

« Qu’y a t-il ?
- Ne comptez pas vous en tirer si facilement, Général Takeda. Je veux une petite partie de votre commission. Moi aussi j’ai des charges à assumer, personnellement j’entends.
- Soit, je n’ai qu’à partager un tout petit peu après tout.
- Nous sommes donc d’accord.
- Je vais vous remettre votre accord signé par la commission du comité central, c'est-à-dire moi. » me dit-il, souriant.

Il me remet les documents signés, actés, cachetés, pliés dans une grande lettre. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour arrondir les fins de mois. Malgré la prospérité locale, il y a toujours un vieux ou jeune bougre pour profiter de la situation. Triste monde. Une façade dorée, un arrière-cour bien sale. Le Général me relit son discours réservé à la presse qui l’attend devant le bâtiment. Il m’invite à venir l’écouter. J’accepte. Nous sortons de son bureau et m’invite une fenêtre où me poster pour écouter. Il s’en va, me laissant avec le commandant. De la fenêtre, je revois la jeune demoiselle, attendant son scoop du jour. D’autres sont là, prêts à enregistrer la prestation du Général Takeda, qui s’apprête justement à parler d’une voix forte, autoritaire mais malgré tout positive.

« Mesdames et messieurs. Je vais être bref. Comme vous le savez, la société Krei a connu quelques déboires récemment, c’est ainsi qu’au vu d’une négociation sérieuse et volontaire, nous avons conclu un nouvel accord, plus favorable pour notre ville, avec la célèbre Compagnie Shin-Ra. Représentée par une émissaire experte, la Shin-Ra nous a convaincu de la nécessité de moderniser notre armement pour le bien et la prospérité de notre ville ! Je vous remercie de votre attention et je me permets de ré-insister sur la justesse de l’accord trouvé aujourd’hui ! La bonne journée. » dit-il, enthousiaste, avant de quitter son podium sous les feux des appareils photos.

Pour ma part, je regarde ce petit spectacle en ricanant quelque peu. C’est facile pour une fois. Je ne vais pas me plaindre. Le Commandant me propose de prendre le thé avec lui en ville pour fêter cet accord. Je me permets de refuser cette proposition. Il n’a pas fait suffisamment pour moi aujourd’hui, il ne mérite pas un rendez-vous.

« Je suis quelque pressée, Commandant… Cependant, voici un moyen pour me contacter. Je repasserai en ville, tâchez de me laisser une bonne adresse sur mon répondeur au Vaisseau-Mère.
- Je n’y manquerai pas ! » dit-il, faussement enthousiaste, il est quelque peu déçu. Qui ne le serait pas ?

Il me raccompagne à l’astroport où Francis est entrain de cuver ses bières de l’après-midi. La voiture me dépose, le Commandant me salue et s’en va avec son petit cortège. Le soleil commence à se coucher dans la baie de San Fransokyo. Un magnifique spectacle. Francis est assis à côté de son vaisseau, une cigarette dans la bouche, une bière dans la main gauche.


C’est devant ce spectacle que je m’assoie à côté de lui, à même le sol.

« C’est beau, hein ?
- C’est vrai, Francis. »

Il sort une autre bière de son pack.

« Une petite binouze Madame Song ? Ça s’est bien passée la négociation ?
- Je ne suis pas une alcoolique Francis, il est dix-sept heures. Et oui, la négociation s’est bien passée, le Président sera satisfait je pense.
- Cool ! On reste un peu pour le coucher de soleil ? » dit-il comme un enfant qui aimerait manger une glace.

Je décide d’avoir bon cœur.

« Va pour le coucher de soleil. Mais pas trop tard Francis. On a autre chose à faire.
- Merci Madame Song. »

Après une heure de plus à fixer la beauté naturelle de ce monde et de sa baie, nous décidons de repartir. Pour une fois, ça s’est bien passée. Pas de morts, pas de blessés, pas de violences. Plus qu'à remettre le rapport au Président.

Ça fait du bien, de temps en temps.
Playboy Milliardaire

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le Mar 17 Oct 2017 - 18:21
Bonsoir, et désolé de pas m'être occupé de toi plus tôt !

Commençons.

Je dirais... que je suis agréablement surpris. En te donnant cette mission, je m'attendais pas à ce que tu réussisse à faire un truc aussi bien. Pas parce que j'ai pas confiance... non non. Parce que j'ai tellement donné peu d'infos dans l'ordre de mission, comme un con.

Mais ! Tu t'es bien débrouillé ! Je suis plutôt content, vraiment. Les rapports entre les mecs sont crédibles, bien que peut-être un peu trop faciles. Tu présentes bien le truc, les petits discours sont bien foutus. Écoute, j'vais faire simple, c'est méga bien, j'ai rien à dire de plus.

Y'a juste 3 erreurs de contexte ! C'pas bien méchant, mais je vais t'expliquer pour pas que tu refasse la boulette.

Premièrement, le conflit de Sherwood. Ce n'est ni la Lumière qui s'en occupe, ni la Coalition qui l'a engagée. La coalition n'a absolument rien à voir la dedans (un comble !), et seule Primus s'en occupe, pas la Lumière. Alors ouais... je sais, y'a Freyja, Sora et Samus... Mais non, considère que y'a que Primus qui s'en occupe ^^

Deuxièmement... Ouais, D.Va est connue à San Fransokyo, mais vraiment pas beaucoup ^^ Que les gens connaissent D.Va en général, oui pourquoi pas c'est une resta. Mais, qu'ils la connaissent pour ce qu'elle fait à San Fransokyo, j'pense que c'est un peu tôt pour se prononcer ^^

Troisièmement... Rufus à pas de douche. Il a une motherfukcin baignoire à remous, bordel de merde ! Smile

Les deux premiers points sont pas dérangeants, mais j'peux difficilement laisser passer le troisième. Tu auras donc malheureusement un malus.

Plutôt que te noter cette mission en Cerbère... j'vais être obligé de la noter Normale. Navré. La faute au bain à remous =)

Normale : 22xp, 220 munnies, 3 PS. Je dirais bien que je t'en donne un en vitesse, un en psychisme, et un en symbiose.

Encore bravo !

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