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Ven 13 Oct 2017 - 16:38
« Chacun sais ce qu’il a à faire, les autres pourront gérer ici pendant qu’on règle cette vieille ardoise. Lenore faisait signe à Naran et Stephan de monter à bord mais ce dernier regardait l’appareil perplexe en croisant les bras avec le même air que Daïgoro quand celui-ci ne voulait pas déplacer son arrière train de sa place devant la cheminée.

- Quoi encore ? S’impatientait la rousse.

- Il n’a pas été baptisé. Je ne monte pas là-dedans.

- T’es sérieux ? Aussi pragmatique que pouvait l’être Stephan, visiblement certaines superstitions des marins lui tenaient toujours au ventre.

- Je ne vous laisse pas monter dedans non plus.

- Tu crois qu’il a atterrit là comment au juste ? Je l’ai piloté depuis la station Shinra oh ! Alors bouge ton cul. »

L’ancien pirate n’avança pas d’un poil malgré le regard étonné de la fille de la Terre des Dragons. Naran questionnait discrètement en geste Lenore pour savoir si elle devait l’assommer par derrière d’un coup de crosse d’arbalète. C’était tentant mais Lenore se contenta de souffler du nez son exaspération. Prenant sa dague dissimulée dans sa botte, elle entreprit le sacrilège de graver un nom à son vaisseau, terminant son œuvre par un crachat à défaut de bouteille d’alcool et de patience.

« Voilà, il est baptisé… Maintenant monte. »

L’ancien pirate se résigna, ayant perdu cette excuse et jeta un coup d’œil au nom du vaisseau avant d’en monter les marches, l’air d’approuver ce choix.

Le Cavalier pouvait enfin décoller, Lenore aux commandes, Stephan et Narantuyaa à son bord. Bien que la mission concerne davantage la rousse que ses camarades, ceux-ci avait accepté d’entrer dans les plans de la mercenaire. Il était clair qu’il s’agissait d’une vengeance personnelle malgré les arguments qu’elle déployait pour justifier l’implication de son groupe dans l’affaire. Le Centurio, meurtri, allait pouvoir montrer qu’il n’était pas mort et qu’il pouvait faire pencher la balance.

Depuis longtemps maintenant l’idée de rendre visite au Palais des Rêves tournait comme une obsession dans le crâne de la rousse. Elle y obtiendrait les réponses que Surkesh n’avait pas pu lui donner et pour une fois, elle n’était plus d’humeur à user de subtilité.






Elle ne payait pas grande attention à la discussion entre ses camarades, concentrée sur son pilotage et son orientation au travers de l’immensité sombre parsemée de roches éparses. Ils étaient les seuls moyens de se guider d’un monde à l’autre et elle ne pouvait qu’espérer que les indications de ses collègues plus expérimentés n’étaient pas erronées. Certains avaient pour habitude d’observer par le hublot des transporteurs justement pour savoir se repérer.

A gauche après la forme d’aubergine, tout droit jusqu’à la tête de pic de roxas, qui soit dit en passant… ne lui ressemblait que vaguement après trois grammes d’alcool dans le sang… et de là…

Une gigantesque lumière vive aveugla Lenore. Instinctivement elle tourna les manettes pour s’en éloigner, lui offrant le ventre de l’appareil à son ardente puissance. Au-delà de plusieurs astéroïdes qui avaient masqué sa présence par leur alignement, une énorme étoile baignait de sa lumière cette région de l’espace.

Aveuglée un instant par cette rencontre imprévue, la rousse ne put prévoir l’impact sur le vaisseau de deux sans-cœur. Ces derniers étaient de toute façon concentrés exclusivement sur cette lumière qui les attirait comme des moustiques.

Elle reprit bien vite le contrôle de l’appareil en grommelant et injuriant ses insectes qui allaient abimer sa dernière acquisition toute neuve au prix exorbitant. Ses souvenirs de discussion avec le vendeur lui revinrent. Ici de quoi activer des tirs glacier, là de quoi activer des tirs de brasiers pour éliminer les obstacles sur son passage. Et s’éloigner. De cette lumière éblouissante et de cette nuée de sans-cœur pris au piège de leur faim.




Le silence de ses camarades et leurs mains profondément agrippées dans le cuir de leurs sièges la fit rire nerveusement. Il s’agissait de retrouver son chemin maintenant sans qu’ils ne se rendent compte du dilemme. Son regard scannant l’espace, elle retrouva sa route. Un rocher flottant en forme d’étoile brisée dont elle fit le tour jusqu’à trouver son dernier repère une autre aubergine. Oui les mercenaires ont beaucoup d’imagination mais ne connaissent pas beaucoup de légumes visiblement…

Le passage d’un vaisseau identifié Shinra lui permit de terminer de s’orienter lorsqu’elle entra dans le monde du Palais des Rêves, perçant l’épaisseur nuageuse gris sombre et menaçante qui voilait le ciel. Il ne restait plus qu’à atterrir, là en plein devant la porte du manoir, sur l’esplanade de gravillon près de la fontaine.

Lenore n’attendit même pas ses collègues. Elle débarqua comme une furie, impatiente, bouillonnant de rage. Elle gravit les quelques marches du parvis et ouvrit en grand la porte de chêne de la demeure sans frapper. Chose tellement inconcevable dans ce monde pour que les serviteurs n’aient même pas songé à verrouiller la porte.

Là dans le hall d’entrée, au pied de l’escalier de marbre d’un froid lugubre, sa voix résonna jusqu’à mourir dans le silence.


«  OSWALD DE TRILLIER…………… prêt ou pas prêt... Je viens te chercher !!! »

Elle souriait sadiquement en faisant tomber sa capuche, le regard en chasse guettant le moindre mouvement. Enfant, elle aimait jouer au loup. Ce sont les pas précipités du domestique qui lui fit tourner la tête vers la droite. Il s’était arrêté dans sa diatribe envers le malotru qui venait d’entrer sans attendre l'autorisation, lorsqu’il avait reconnu Lenore. Il commença à fuir. Elle se précipita sur lui pour le plaquer au sol en venant chuchoter à son oreille s’excusant de son retard comme jouant avec sa peur.

Elle ne comprit pas tout de suite ce qu’il bafouillait et il dut répéter plusieurs fois.


«  Monsieur est mort ! Pitié !

- … QUOI ?!

Elle levait le poing gauche le menaçant de ses griffes métalliques qui remplaçaient ses doigts, la déconvenue et la rage déformant son visage alors qu’elle prenait conscience de ses mots. Elle n’avait qu’une envie, faire taire ce mensonge dans le sang et retourner chaque bibelot pour mettre la main sur sa proie si longuement attendue. C’était inconcevable d’être arrivé trop tard. Il mentait forcément pour le protéger et elle n’allait pas perdre de temps avec ce misérable.

Il fallut toute la force de Stephan, lui bloquant les bras en passant ses mains sous ses aisselles et les rejoignant derrière sa nuque, pour l’empêcher de tuer ce type immédiatement sur place. Elle se débattait comme une furie devant sa traitrise, donnant des coups de pieds dans le vide alors qu’il l’extrayait plus loin pour la calmer. Abandonnant le domestique effrayé à Narantuyaa pour qu’il s’explique.
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Sam 14 Oct 2017 - 18:36
Empêtré dans une livrée plus pompeuse encore que celles des domestiques de Port Royal, le serviteur que Lenore lui avait confié tremblait de tous ses membres. Naran eut un sifflement appréciateur. La rouquine savait y faire, quand il fallait se montrer menaçant… La Hun se saisi de son cadeau, le relevant suffisamment pour l’installer sur l’un des somptueuses chaises tapissé de velours rouge qui parsemaient l’antichambre.

Bien. Si Lenore allait jouer la furie meurtrière, Naran serait la voie de la raison. Baissant les yeux sur sa proie encore blême, la mercenaire énonça calmement les faits.
« Ton maître, Trillier, a attiré ici deux mercenaires sous prétexte de chasser des Sans-Cœurs. L’une a été tuée sur le perron, là, » Naran eut un vague geste de la main vers l’entrée « tandis que l’autre a été torturé à quelques centaine de mètres de votre manoir. »
Le récit de Lenore avait été plus bref encore. Elle ne s’était pas étendue sur la cervelle de Svetlana, dégoulinant sur le pavé. Elle n’avait pas abordé les brulures qui marquaient sa tempe depuis l’incident ; Ni sa main, broyé par l’invocation de Death. Mais les murmures qui hantaient le Centurio depuis l’incident avaient été assez instructifs.

« Or, il se trouve que la défunte était une amie, chère à la furie qui a failli t’éviscérer. Je pense que tu peux saisir l’intensité de la haine qu’elle voue à ton maître suite à cette… mésaventure. »
La mercenaire eut un sourire étrange. Ses yeux noirs habituellement curieux s’étaient assombris, une lueur menaçante dansant au fond de ses prunelles. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu l’occasion de jouer avec une proie.
« Maintenant, je pourrais la calmer, dévier sa fureur sur autre chose que vous autres serviteurs… » Un hurlement de rage de Lenore, sûrement bredouille dans sa fouille du manoir, se fit entendre. C’était à point nommé : Le domestique darda un regard hanté vers la porte. « Mais il faudrait que je sois convaincu que vous le méritiez. Or, pour l’instant, à part fuir les lames de ma collègue, tu n’as pas beaucoup contribué… »

« Q-Qu’est-ce que vous voulez... » Le regard devenu fou du serviteur fixaient les issues de la large pièce boisé de chêne. Naran plissa les yeux. Cherchait-il des gardes pour le sauver, ou simplement à fuir ? Elle sorti une dague de sa ceinture, et la glissa doucement sous la gorge du majordome.
« Ton maître. Maintenant. »
« Je vous ait dit, il est m-mort, i-il y a quelques mo- » D’un ton toujours serein, presque posé, Naran le coupa net. « Qui l’a tué ? » Le domestique écarquilla les yeux. « P-personne, il était malade, affaibli- »
« Et qu’est-ce qui me prouve tes dires ? » La pression de la dague se fit plus forte. « Sa- sa tombe, au cimetière St André ! Et- et sa fille Elise, e-elle… » Le domestique se raidit soudain, conscient de son erreur. Ses iris se contractèrent. Il avait parlé trop vite, trop terrifié pour réfléchir.
« Ah. Mais voilà qui est intéressant… Une fille ? » Naran relâcha sa dague, qui se fit plume sur le cou du majordome. Quelques gouttes vermeilles perlèrent sur sa livrée. « Où est-elle ? »
Levant lentement son menton, le serviteur déclara d’une voix digne mais chevrotante : « Jamais je ne trahira- »

Un jet rouge vif jailli sur les tapisseries qui ornait la pièce. Dans un bruissement, une succession de bulles visqueuses et écarlates cascadèrent sur le sol dallé de marbre. Le majordome s’effondrait sur lui-même, la gorge écumante de sang.
Naran desserra lentement sa prise sur son poignard. Le mouvement avait été un réflexe, à peine réfléchi. La mercenaire n’avait jamais tenu en haute estime ces serviteurs qui se pavanaient en uniforme multicolore, un pli méprisant aux lèvres. Qu’un homme soit contraint d’en servir un autre, passe encore. Mais qu’il éprouve de la fierté à ce vil rôle qui lui était donné, Naran ne pouvait le supporter. A son air défiant, la mercenaire avait deviné qu’il n’allait pas parler, et avait vu rouge.

Tout en essuyant sa dague sur le veston rougi de sa victime, Naran réfléchissait. Elise. Une fille, une héritière, qui avait vraisemblablement reprit le manoir… Si les nobles d’ici étaient similaire à ceux de la Terre des Dragons, une telle héritière se terrerait dans une chambre forte, quelque part dans le manoir, ou caché dans un monastère. Une chasse longue et nébuleuse, d’une fille qui pourrait se trouver à des kilomètres. Non, mieux valait interroger les domestiques, voir s’ils savaient quelque chose.
Alors que les gargouillis d’agonie du larbin se poursuivirent plusieurs minutes, Naran ne semblait pas éprouver le moindre remord. Si elle regrettait son acte, c’était plus de la contrition de ne pas avoir tiré plus d’information du cadavre. Depuis son enfance, il lui avait été inculqué qu’un ennemi ne méritait aucune pitié. Tout au plus, s’il était puissant, pouvait il gagner une place au sein du clan, mais un ennemi faible ne méritait que la mort.

Laissant Lenore fouiller le manoir et trouver la comtesse, Naran se dirigea vers les cuisines. Quand elle pillait les villages de la Chine septentrionale, c’était toujours aux cuisines qu’elle retrouvait les plus faibles, les femmes, serviteurs et enfants. Peut-être espéraient-ils trouver dans ce lieu le refuge chaleureux du quotidien ? Ça ressemblait pourtant plus à des moutons qui se rassemblent avant de se faire tondre…
Laissant son nez et ses sens la guider à travers un dédale de salon et de corridors, tous richement décoré de rideaux mordorés, d’énormes tableaux et portraits, de buffets vains et alambiqués. Finalement, elle atteint une large porte de bois foncé, doré par l’usure, d’où se dégageait une chaude odeur de pain. Là.

Avant d’entrer, elle tendit l’oreille. Des murmures, des éclats de voix, cinq ou six personnes tassées là dans une incompréhension inquiète. Mieux vaut éviter la panique… Pour défendre leurs peaux, même les plus bovins peuvent se révéler remarquablement combatif. La mercenaire dégaina son arbalète, et calma ses nerfs. De l’autorité, mais de l’autorité contrôlée. Qu’ils comprennent qu’elle ne leur voulait aucun mal, tant qu’ils coopèrent.

Naran ouvrit la porte, son arbalète en garde. Impassible devant les visages éberlués des domestiques rassemblés, elle demanda d’une voix sèche : « Où est le comte ? »
L’incompréhension se dessina sur les traits de ses prisonniers. « Le comte ? Mais il est mort il y a- »
Ah. Le majordome n’avait donc pas menti… « Son assassin ? »
« A-Assassin ? » demanda valet en livré, outré. « Mais c’était pas- » s’exclama un garçon de cuisine éberlué.« Qu’est-ce qu’elle raconte ? » maudissait un vieux cuistot, les mains tremblantes.

Parmi les protestations, Naran perçu une cuisinière encore couverte de farine souffler : « Je le savais ! » Naran posa sur la femme un regard aiguisé. Elle coupa court aux murmures apeurés des autres otages, et l’interrogea : « Qu’est-ce que tu savais ? »
La cuisinière bredouilla, louchant sur l'arbalète maintenant pointé sur elle: « C’est... C’est qu’la filleule au comte, A-Amandine, l’était passé l’j-jour de sa mort… Même qu’elle a envoyé des éclairs sur l’p-pauvre Hubert. M’étais d’avis qu’elle voulait l’héritage, vous c’prenez, il lui léguait un domaine de vin, et du bon cru… »

Naran allait la presser, l’interroger en bonne et due forme, mais un des domestiques sortit soudainement un vieux fusil rouillé de sous les plans de travails. Ah… Pas si sans défense finalement.
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Dim 15 Oct 2017 - 0:00
Tellement de pièces sans vie. Tellement de cachettes possibles.

Couloirs, placards, bureaux, chambres, salles d’eau, boudoirs, petite chapelle.

Lenore renversaient tout sur son passage furieux, hurlant le nom de ce noble, suivie d’un stephan collant. Elle jetait des vases contre tout les miroirs lui renvoyant son visage frustré qui lui rappelait l’échec, renversait des bibliothèques pour en déloger de potentiel accès dissimulés et semer son chaperon échappant de justesse aux éclats et chutes de bibelots sans la quitter.

La rage, la frustration avait du mal à s’écouler malgré les dévastations et la rousse portait les mains à son crâne, les griffes blessant son cuir chevelu, ses doigts frôlant la brûlure parcheminée de l’autre côté. Les images de ce jour lui tournaient dans la tête comme autant de moqueries. Elle hurlait pour faire taire ses rires moqueurs qui résonnaient dans son esprit, les siens. Elle se sentait ridicule et inutile. Encore et toujours à la rue. Des mois trop tard, incapable de garder un semblant de vie, encore plus de se défendre contre ses monstres. Ils l’avaient forcément fait taire au plus tôt cet homme capable de vendre la vie de n’importe qui pour ses propres intérêts. Quelle naïve elle avait été de croire qu’ils attendraient sagement qu’elle les attaque.




Un sanglot chuchoté non loin d’elle lui chatouilla l’ouïe. Stephan avait réagi également plissant les yeux vers la prochaine chambre aux portes grandes ouvertes. Il s’était positionné devant l’entrée, mains sur une dague de jet, laissant Lenore faire.

Elle reprit en partie ses sens et sa détermination. Entrant lentement dans la chambre spacieuse autour d’un gigantesque lit à baldaquins de voiles lavande. Son regard parcourut le secrétaire parfaitement rangé et verrouillé, le grand fauteuil et sa table basse où une tasse de thé fumait encore. Elle avançait à l’affût du moindre bruit, du moindre souffle, prête à décharger son enfer sur la personne qui se terrait ici. Il fallait qu’il y ait un être vivant pour transmettre cette énergie qui la rongeait et l’étouffait.

Dans le silence pesant, Lenore posa sa main gauche sur la porte du dressing, balayant vers le bas, ses griffes tapotant sur chacune des lames de bois constituant le panneau. Une seconde d’attente, puis elle fit un pas plus sur le côté avant d’ouvrir en grand le placard.

Un hurlement sangloté, une femme qui tentait de fuir pour sa vie. Elle n’en eut pas le temps. Déjà la rousse lui empoignait le bras et profitant de la vitesse et l’énergie de sa proie, elle la propulsa sur le lit.

Il n’était plus de raisons, plus de logique pour ses actes, il lui fallait juste passer ses nerfs sur la malheureuse.

La mercenaire monta sur le lit, frappant sans vergogne la pauvre femme de chambre qui se protégeait de ses avant-bras en suppliant jusqu’à se taire sous les nombreux coups. Loin de suffire pour évacuer toute sa furie, Lenore se redressa sur le lit en soufflant lourdement, le regard s’attardant sur sa victime alors que sa responsabilité lui parvenait enfin à l’esprit. Une simple femme de chambre. Au mauvais endroit, au mauvais moment.

Mais qui n’aurait jamais bu du thé dans un tel endroit….

La rousse tournait la tête vers le bord du lit opposé à la porte, se remit à genou en s’en approchant, faisant le moins de bruit et de mouvement possible.

Elle tendit une main au sol. Une deuxième. Pencha la tête lentement en retenant son souffle. Elle tentait de faire bouger le moins possible le sommier. Ses cheveux roux s’étalant sur le sol.

Un genou au sol, puis le deuxième. Un sourire cynique, un reflet dans les yeux. Observant cette femme en jolie robe feutrée aux nombreux jupons qui guettait la porte et ce qui pouvait se passer sur le lit.

D’un geste vif, elle lui saisit les chevilles et tira vers elle pour extraire la nobliote de sa cachette dans un hurlement de terreur alors que ses mains s’abimaient au sol à gratter, à empêcher le mouvement.
Mise sur le dos, tentant de protéger son visage, la femme de haute lignée essayait d’acheter sa survie, entre menaces et corruptions, contrairement à la domestique qui devait inconsciemment savoir que la sienne ne valait rien.

Son père, Oswald était bel et bien mort. Bien loin d’apaiser la rousse, le flot incessant de cette pipelette désespérée irritait la mercenaire. Elle ne fut sauvée que par le bruit d’un coup de feu unique à l’étage en dessous.




Lenore la força à se relever et avancer devant elle, la menaçant d’un couteau sous la gorge en lui grommelant de se taire si elle ne voulait pas être égorgée comme une truie. Stephan et elles suivirent les cris pour retrouver Naran devant les cuisines, arbalète en main prête à descendre en un seul tir le responsable de la mutinerie.

La rousse fit avancer la noble, toujours couteau sous la gorge alors que celle-ci hurlait des ordres pour faire cesser les tirs, effrayée à l’idée de prendre une charge.

Il y eut un moment de flottement, les domestiques se demandant intérieurement s’ils devaient obéir ou sauver leur peau.

Stephan et Naran se positionnèrent davantage dans la cuisine, menaçant l’homme au fusil qui comprit vite qu’il valait mieux qu’il abaisse son arme. L’ex pirate s’en saisit non sans en administrer un coup de crosse sur le rebelle pour le calmer, le laissant au sol à se tenir le nez en sang dans les mains.

L’odeur de la poudre s’estompait bientôt chasser par une sensation bien trop familière qui n’avait pas sa place ici. La main de Lenore commençait à trembler. Pourquoi ? Une odeur de pain gagnait subtilement ses narines, chaude, douce, tentante, l’odeur qu’elle associait à la rédemption, et au pardon, cette rassurante sensation qui lui rappelait ceux qui la soutenait et l’aimait… Aurait-elle le droit à la rédemption ici alors qu’elle avait complétement perdu pied ? Ses actes l’éloignaient toujours plus de ces moments paisibles qu’elle chérissait encore. L’odeur la narguait, piquante, dérangeante, elle se muta symboliquement peut être. Le pain brûlait dans le four, délaissé par sa faute. Il brulait répandant une odeur âcre de sacrilège et de perdition. Il était trop tard désormais.

Sa main tremblait et sa proie râlait de douleur aux mouvements incontrôlés de la dague sur sa peau, suppliant d’être épargnée vu que leur cible était déjà morte.

La voix sèche de Naran rappela Lenore à l’ordre. Ignorant son trouble, elle lui expliquait que la cuisinière semblait connaitre un peu plus la situation et elle lui intima de se lever, la menaçant toujours de son arbalète.

La rousse cligna quelque fois des yeux, oubliant la dérive de ses pensées pour écouter davantage les informations qu’ils recherchaient.

Oui il était mort. Tuer ? Probablement par une nièce d’après elle, mais tous s’offusquait, la fille la première, rappelant son étrange et rapide maladie. Des remords et de la culpabilité sur son lit de malade? Une idée lâchée sur un châtiment divin mérité.




« Qu’est ce qu’il y gagnait de la Coalition Noire dans cette histoire ?

Un silence coupable qui annonçait plus en creusant. Une aubaine.

- Par le martyr de la Sainte-Croix ! Répondez-lui bon sang ! Avait hurlé la noble sous la pression de la lame de Lenore.

- Je n’ai besoin que d’un seul …témoin pour raconter ce qu’il se sera passé ici. C’est le moment de gagner votre ticket de sortie. Dit lentement la mercenaire.

- Une place… dans les hautes sphères du prochain gouvernement. Avait lâché le type au nez péter en raclant sa gorge.

- Ce ne sont que des ragôts…

- Ta gueule, ou je te la coupe. Interrompit Lenore d’un ton cinglant avant de reposer son regard sur l’homme qui annonçait enfin quelque chose de concret.

- C’est ... ce que m’a dit un collègue... Parfois on discute entre nous quand on accompagne nos maitres qui se visitent les uns les autres, même si ils ont tout fait pour s’en cacher. Ils se regroupaient de plus en plus craignant une révolte de la population. La Coalition noire les aidait. Pour prévoir le futur. En armes, en hommes… Ils se préparaient chacun leur place au soleil à la tête du pays.

- Et le Prince ? Lenore plissa les yeux lorsque le bavard n’en dit pas plus. Ignorant les détails et peu optimiste quant au devenir de leur royauté adorée.


C’était donc ça, l’enjeu en ce monde. Renverser le pouvoir. Asseoir leur petit pantin sur les sièges des dirigeants et gagner ce monde comme ils l’avaient fait à Agrabah. Dire qu’elle avait failli croire qu’ils ne voulaient rien à cet endroit. Lenore fut secouée d’un rire nerveux.


- Ils seront surement au bal vous aurez plus de réponses là-bas. Tenta une dernière fois l’homme au nez brisé.

- shht ! S’empressa une brune à ses côtés. Il voulait visiblement s’assurer la seule place de survivant promis.

- quel bal ?

- Chez Monsieur de la Tulyp ! » Tenta rapidement la brune enfarinée pour essayer de sauver également sa peau.

D’un coup chacun y alla de sa petite information pour racheter sa vie. Un bal de plus rassemblant la noblesse et les riches du pays en l’honneur d’une incroyable surprise offerte à ce monde de la part de la Coalition Noire dans deux jours.

Ils seraient à portée de mains.

Bientôt.

Et pour une fois, elle avait de l’avance.

A condition que personne ne trahisse leur présence. Personne.

Ses épaules s’affaissèrent légèrement.

Elle ne tremblait plus.

L’odeur de brûlé emplissait la pièce ainsi que la nervosité des témoins.

La rédemption n’existerait plus pour elle.

Mais la vengeance elle avait encore sa place.


« Cette histoire restera ici. Pas de témoins. » Cette phrase froide brisa le chahut des domestique.

La noble tenta d’avaler de l’air pour protester, crier, implorer, qu’importe. Sa gorge tranchée rapidement ne lui en laissa pas l’occasion.

Les bras de la rousse tombèrent le long de son corps, dépourvus de volonté. Elle abandonna les domestiques à Naran et Stephan pour le sale travail. Le gout de brûler dans la bouche lui donnant des nausées.

Elle retourna dans le hall, s’arrêtant devant un corps sans vie au sol. Il avait connu le même sort que sa maîtresse, le majordome avait été le premier à tomber. Un de plus au mauvais endroit, au mauvais moment. Usant de son sang, elle griffonna sur les murs blancs immaculés de l’entrée.


« TRAITRE A LA COALITION NOIRE ».

Détourner l’attention sur ce qu’il s’était passé ici pour deux jours était indispensable. Si possible faire accuser le groupuscule immonde, le temps de se préparer pour le bal. Même si ce geste ne serait peut-être pas suffisant. Son regard s’attardait sur les lettres lentement dessinées ignorant les hurlements et le silence qui lui succédait.
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Dim 15 Oct 2017 - 0:39
S’époussetant l’épaule -C’est que le tir était pas passé loin…-, Naran poussa un soupir. Massacrer des civils, c’était toujours une corvée. Mais les corvées mal exécutées pouvaient se retourner contre vous. Autant mettre du cœur à l’ouvrage.
Son premier tir fut pour la cuisinière : Net, à travers l’œil. Elle lui avait été utile, elle aurait une mort rapide.

Dès que le carreau fut planté dans le crâne de la brune enfarinée, la panique enfla parmi les servants. Tel du bétail avant l’abattoir, ils couraient dans toute les directions. En se concentrant, Naran pouvait percevoir chacune de leurs présences, qui frémissaient alors qu’elle et Stephan avançait sur eux.
D’abord, profiter de la cohue pour tirer les fuyards. Son deuxième carreau se ficha dans le dos d’un jeune garçon de cuisine, qui s’effondra au sol à quelques centimètre de la porte de service.
Ensuite, neutraliser les potentielle menace. L’homme au fusil, encore ensanglanté, se pris un couteau de lancer dans l’épaule. Ses hurlements de douleur résonnèrent dans la large cuisine.

A côté d’elle, Stephan avait ciblé le cuistot grisonnant. Ce dernier agonisait à terre, un couteau en travers de la gorge. Etonnant, à quel point les hommes mourraient vite, et facilement. Capable de créations pâtissières à tomber par terre, de technologie dépassant l’entendement, de chants et poésies sans pareil ; et pourtant le simple glissement d’une lame à travers une jugulaire suffisaient à les faire taire à jamais. Troisième sur sa liste, le valet heurta le sol dans un bruit sourd, son sang clapotant doucement sur les tomettes de la cuisine.
« Je te laisse le gamin qui se cache dans le placard -un sanglot terrifiée s’échappa dudit buffet-, je m’occupe de la fille de cuisine. » Naran avait parlé d’un ton calme, mesuré. Et pourtant, une certaine excitation s’était emprise d’elle. Une de ses proies s’était-elle décidée à lui offrir une chasse digne de ce nom ?

Prenant la porte de service laissée entrebâillée par la fuyarde, Naran s’avança dans le cellier. L’air était plus frai, ici. Les jambons et saucisses pendaient au-dessus de sa tête ; L’odeur de viande faisandée, de sang et de fromage se mêlait dans l’air. Prudemment, la mercenaire s’avançait sur le sol de pierre. Ses bottes de cuir caressaient à peine le sol ; son souffle se faisait presque indétectable.

Est-ce véritablement une chasse, sachant qu’elle pouvait percevoir sa présence tremblante, nichée au fond du cellier ? Peut-être pas. Naran s’avançait dans les ombres, sa dague à la main. Elle arriva à un humide mur de pierre. Y étaient adossé une dizaine de larges casiers à vins, empilés sur les deux mètres de hauteur de la pièce. Pourtant, la présence était à quelques mètres encore.
Naran examina le mur, passant doucement ses doigts sur la vielle pierre de taille. Rien, pas de passage secret ou d- Ah. Un léger courant d’air, qui glissait sur le sol de la pièce. Naran s’accroupis, et examina le bas du mur dans la pénombre. Enfin, elle trouva une étroite ouverture. Un réduis secret, à l’usage inconnu. Il ne menait apparemment pas vers l’extérieur : Sa proie restait immobile dans sa cachette, au lieu de fuir.

Naran pourrait se faufiler dans cette fine ouverture, après tout elle était assez petite pour suivre la jeune fille. Mais un combat dans l’obscurité du réduit ne l’enthousiasmait pas.
Soudain, son souffle se coupa net, sous l’impact terrible d’une attaque qui la fit presque perdre l’équilibre. Malgré tous ses sens qui lui hurlaient qu’elle était seule avec sa proie, quelque chose d’immonde et de terrible la paralysait. Proche de la nausée, Naran regarda autour d’elle, pour finalement trouver la cause de son apoplexie.
Un fromage. Pas n’importe quel fromage toutefois : une énorme meule, verdâtre et grouillant d’asticot. Palissant à la vue du monstre, Naran se redressa rapidement. L’odeur était… L’odeur… Naran failli rendre son petit déjeuner rien qu’à l’idée. Immonde, putride, pire que celle d’un champ de bataille vieux de deux semaine. En hauteur, la puanteur n’était plus si forte, mais la vue même du monstre fétide la répulsait. Qui pouvait bien garder CA dans un garde-manger ??

Après avoir contenu les relents dégoutés de son estomac, la mercenaire eut une idée. Elle allait enfumer sa proie, comme un lapin. Bon, pas avec le fromage : Il était hors de question qu’elle touche cette… chose.
Mais elle avait quelques explosifs sur elle. Rien de très gros, mais… Suffisamment pour fumer une gamine. Elle alluma la mèche d’une de ses grenades artificielle, raffinée par ses soins, et la jeta dans le réduit. L’explosion ne se fit pas attendre. Puis, après quelques secondes, une quinte de toux, qui empira progressivement.
La présence que Naran percevait était en panique : Elle remuait, tournait, puis finalement s’avançait vers Naran et la sortie. Sa proie était presque en vue, qu’elle fit tout à coup demi-tour.

Naran réalisa soudain sa bêtise. Ce réduit n’était pas là pour stocker de la nourriture, mais pour assainir l’air vicié du cellier. Il était donc logique qu’il déverse son air sordide vers l’extérieur… Le courant d’air aurait dû être une évidence.
Bon, heureusement, le couloir d’aération était fermé de l’extérieur, ou sa proie aurait décampé. Il allait falloir la suivre dans le réduit. Naran se glissa tant bien que mal dans le réduit. L’odeur était un mélange de la puanteur fromagère et de fumée, et l’obscurité était complète.

Un souffle court soudain stoppé en une exclamation étouffée ; l’écho diffus du froissement d’une jupe contre la pierre. Sa proie était là. Naran eut un sourire. Celle-ci l’avais bien fait courir. Elle se releva rapidement, saisissant son poignet pour lui tordre le bras. Elle abaissa sa dague sous le menton de sa prise, et l’égorgea d’un geste. La jeune femme eut un cri, puis un hoquet, et enfin s’effondra sur le sol. Comme en écho à cette vie qui s’arrête, le tonnerre sonna deux fois.  
Naran se tenait au-dessus du corps et du sang qui s’en écoulait doucement. Elle écoutait les gouttelettes d’eau qui commençaient à marteler le gazon. D’une mince fenêtre, à travers de lourd barreau de fer, elle pouvait voir le grand parc de Trillier. Un ciel gris couvrait le bois. De lourd nuages orageux menaçant le manoir.

Emplie d’une énergie singulière, les narines pleines de l’odeur du sang de sa victime, Naran se concentra. Restait-il un seul survivant, à travers ce manoir ?
Elle sorti du réduis, puis fis une ronde à travers les pièces. Elle ne perçu rien. Elle récolta ses carreaux et tous les traces de son passage. Stephan et elle empilèrent les corps dans la cuisine, puis les imbibèrent d’huile. Seul le majordome fut laissé à sa place, pour servir de mise en garde macabre.

Le feu fut lancé, et les trois mercenaires sortirent du Manoir. L’incendie prenait mal, en partie dû à la pluie. Naran eut un regard pour Lenore, dont le visage demeurait invisible sous sa cape. Elle avait vu la rousse sous un jour nouveau aujourd’hui, bien loin des rumeurs que les Mercenaires racontait d’elle.
L’orage grondait toujours, sonnant occasionnellement quelques coups de tonnerre. La foudre frappa soudain l’un des arbres du parc, un vieux cèdre pour lequel ce n’était pas la première fois. Il frémit, grinça, laissa échapper quelques étincelles, mais ne tomba pas.
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