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 Tombent les masques
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Le Boucher de Grimm
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Ven 13 Oct 2017 - 12:30

N’y a-t-il jamais eu plus importantes que les apparences, l’image que l’on renvoyait au reste de l’univers. Cette réponse est simple, elle tient en trois lettres et la bête défiait quiconque de prouver le contraire. Il suffisait de voir les actes des consuls, utilisant leur charisme naturel ainsi que leur verve pour charmer et séduire.

Rhapsodos n’était-il pas parvenu à ranger un monde entier sous son avis afin de venir frapper aux portes de la Coalition Noire, permettant ainsi de traiter une alliance avec la peste rongeant l’univers ? Il l’avait fait, de la manière la plus intelligente qu’il soit. Death avait été suffisamment malin d’accepter, néanmoins, n’avait-il pas été abruti par les manières des consuls ? Probablement. Il aurait dû en tirer une leçon, plutôt que de charger tel un démon dans les murailles d’un autre monde.

Quant à lui, Namtar était doué de réflexion et capable d’apprendre des erreurs de son prédécesseur. Voir plus grand, plus beau, plus loin.

Finalement, il fallait tout de même lui rendre honneur d’avoir réussi une chose, celle d’organiser l’une des plus belles pièces de théâtre que la Palais des Rêves s’apprêtait à connaître. Malheureusement pour lui, il ne jouerait pas le rôle pour lequel il avait répété. La vie n’est qu’une suite d’insatisfaction, du moins, pour Death.

Conservant toujours les traits du belliqueux, la bête patientaient dans l’une des chambres apprêtées par leur hôte, Monsieur de la Tulyp. Assis devant un miroir, il s’observait longuement son reflet, réfléchissant à tout ce qu’il avait à faire ce soir. Le son d’une cloche attirait son attention, le bal allait commencer dans moins d’une heure, il devait maintenant s’apprêter.

Au diable cette coquetterie, pensait-il intérieurement, rageant de devoir se travestir. Toutefois, c’était la pièce qu’il avait dressée et il devrait se plier à celle-ci. Quittant son siège, Namtar se dirigeant vers l’armoire pour fixer la tenue qu’on lui avait apprêté pour cette soirée.

Une queue-de-pie, il avait cela en horreur. Le tout accompagné d’un pantalon de soie blanche terminé d’une paire de bottes noires, la mode du royaume sur lequel il se trouvait. Avant cela, il enfilait une chemise tout aussi blanche que son bas et un gilet noir, le nécessaire avant de se vêtir du reste de la tenue. Une veste à col haut, parsemé de bouton et de fioritures plus stupides les unes que les autres. Les apparences, dévoiler sa richesse et ses titres par de bien piètre richesse, vivement qu’il puisse éradiquer cette déchéance en ce monde. Cela était à sa portée.

Un détail restait à être souligné, invitant ainsi le démon à retourner devant le miroir. Dans un soupir, il attrapait la tignasse sale de Death et tirait celle-ci en arrière afin de la nouer d’une bande de tissu satiné. Tirant ainsi sa chevelure en arrière, laissant juste une mèche traverser son visage. Aussi sombre qu’à ses heures perdues, habillé de la sorte, la couleur jaune de ses yeux était en évidence. Rappelant à tout le monde son affiliation à l’une des grandes forces régissant l’univers.

Prêt, il quittait alors la pièce pour se diriger dans la suite bleue, un accessoire venait à lui manquer. Ou du moins, l’objet de son chantage. Un serviteur était à son service, attendant dans le couloir, Namtar l’interpellait alors.

— Partez donc chercher Cendrillon, amenez-là-moi au sommet des escaliers du hall d’entrée.
— Bien, monsieur.

Ce genre de manière, il les répugnait, être ainsi obéi de par ses apparences plutôt que par ses actes. Soupirant longuement, il tournait alors les talons pour rejoindre l’endroit dont-il venait de parler. Tout était en place, il ne lui restait plus qu’à déambuler dans la salle en attendant l’apparition de l’invité d’honneur à cette soirée.

Un bien grand hall, en totale contradiction avec ce que nous savions du monde. La guerre civile était à leurs portes, pourtant, les prestigieux des domaines arrivaient en grand nombre pour profiter de la soirée. Avide de plat et de ragot à partager. Si seulement il pouvait faire disparaître tout cela, en une seule soirée, il serait l’homme le plus comblé.

Au milieu de l’opulence, des sculptures et le marbre aussi blanc que la lune, le démon sentait la présence de Cendrillon s’approcher de lui. Comme s’il se consumait de l’intérieur, irradié par un soleil en plein désert. Il eut naturellement un mouvement de recul devant le visage craintif de la princesse de coeur, comme s’il n’était plus le dirigeant de la Coalition Noire, juste un simple être ténébreux brulant devant cette pureté.

— Mon nom est Death, et nous aurons à partager ce début de soirée ensemble.
— …

Aucune réponse, rien d’autre d’un regard fuyant alors qu’elle le consumait sans même y penser. Néanmoins, si le démon devait retenir une chose, ce fut l’admirable travail accompli par Vesper. Il avait eu raison de lui confier cette tâche, comme toujours.

— Ce soir, une seule chose compte, votre bonheur.
Luttant contre la douleur, Namtar tendait une main pour inviter Cendrillon à descendre les marches. Pareil à ses manières, elle posait une main distraite tout en attrapant le bas de sa robe pour pouvoir descendre. Une douleur indescriptible le traversait instantanément, brulant à même son coeur, il eut de grandes difficultés à le cacher.

— À l’instant où votre Prince viendra au bal, vous n’aurez qu’une seule tâche à accomplir, le séduire comme au premier jour. Qu’il oublie les six dernières années pour ne voir que vous. Ensuite ? Vous serrez libre de mener votre vie.
Ils descendirent les marches, foulant enfin un tapis et laissant le privilège au démon de reprendre sa main et la ranger dans son dos, atténuant la douleur fulgurante.

— En attendant ? Profiter de la soirée à mes côtés. Discuté, mangé et parlé à tous ! Ce soir, vous n’êtes plus captive, vous êtes libre.
Le démon se retournait, faisant face à la princesse avant de rajouter une seule et unique chose à son attention, parlant le plus calmement qu’il soit.

— Tenter de fuir, de vous cacher ou échouer à votre simple mission, c’est la mort que vous trouverez en ma présence. Me suis-je bien fait comprendre.
— Oui…

Elle baissait le regard une nouvelle fois, laissant l’opportunité à la bête d’afficher son sourire avant de rejoindre la salle de bal. Tout était en place, il allait pouvoir le découvrir en poussant les portes sculptées. Un orchestre, une grande table et une scène pour le dirigeant du royaume. Il avait fallu puiser dans les caisses du groupe, afin de pouvoir offrir tant de mets et de boisson aux invités, sauf que cela serait bien dérisoire en rapport avec tout ce qu’il allait gagner.

Le nouveau son d’une cloche, un orchestre qui s’élance, la soirée pouvait commencer.



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Éclat de l'Océan
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Sam 14 Oct 2017 - 18:37
Elle avait un mauvais pressentiment.

Le carrosse dans lequel elle se trouvait cahotait sur la route malgré son allure réduite. Elle entendait le choc des roues sur la terre, les sabots et les hennissements des chevaux ainsi que, parfois, les brèves directives du cocher. Et ce curieux sentiment, bien qu'extrêmement diffus, ne la quittait pas. Aqua posa sa tête contre la fenêtre et laissa son regard se perdre à l'extérieur, contemplant la nuit qui était déjà tombée sur le Palais des Rêves. Il n'y avait pourtant pas lieu de s'inquiéter autant, cette anxiété ne devait être qu'un reste de sa dernière mission dans ce monde... Passer plusieurs jours dans le crainte constante d'être découverte avait eu quelque chose de réellement éprouvant. La jeune femme respira calmement. Aujourd'hui, tout serait plus simple. Après tout, elle avait l'habitude des bals désormais ! Et il ne s'agissait que d'une soirée. Il lui suffirait de faire bonne figure, de glaner quelques informations, et de repartir comme elle était venue.

En se penchant un peu plus vers la fenêtre, la Maîtresse de la Keyblade put apercevoir au loin des lueurs éclatantes au milieu de l'obscurité. Elle les fixa, songeuse. Pas de doute, c'était bien là qu'elle se rendait. Il fallut quelques minutes au carrosse pour y parvenir, et chaque mètre parcouru lui permettait de discerner un peu mieux la silhouette de l'imposante demeure de Monsieur de la Tulyp Pourtant, même cette observation intensive ne put la préparer à ce qu'elle vit en y arrivant ! Aqua resta bouche bée tandis que le carrosse remontait la longue allée du domaine. La bâtisse était somptueuse et flamboyante, ornée de riches décorations et de luminaires. Des nobles en tenue d'apparat se pressaient dignement devant les portes d'entrées et échangeaient des mondanités avant de pénétrer à l'intérieur. A quelques détails près, elle avait l'impression de revoir l'arrivée des invités au Palais Royal ! Une chose était certaine : ce Monsieur de la Tulyp voyait les choses en grand.

Mais cet éblouissement laissa place à un léger malaise et Aqua sentit son estomac se serrer. Tout était si luxueux... Elle ne parviendrait jamais à se fondre dans la masse ! Qui pourrait croire un seul instant qu'elle était une Dame de la noblesse ? Sa pensée fut brusquement interrompue par l'arrêt du carrosse qui la déposait devant les escaliers menant à l'entrée. Elle regarda longuement les portes et ce qu'elle pouvait distinguer de l'intérieur, et hésita. Sa respiration s’accéléra légèrement. Prise d'une appréhension irraisonnée, elle aurait presque dit au cocher de rebrousser chemin, mais il était trop tard pour reculer... Et ce qu'elle avait à faire dépassait de loin ses réticences absurdes. La jeune femme repensa au dernier bal auquel elle avait assisté, et essaya tant bien que mal de se rassurer. Les apparences. Tout dans ce petit monde de la noblesse n'était qu'une question d'apparences. Si elle montrait suffisamment d'assurance, alors personne ne se poserait la moindre question. Du moins l'espérait-elle... Aqua prit une grande inspiration, et d'un geste sec elle tira la poignée de la portière.

Elle posa un premier pied à terre, un pied enveloppé dans des bas ainsi que dans une chaussure à la boucle d'argent raffinée et au court talon. Puis le second vint le rejoindre, et elle laissa retomber au sol le bas de sa longue et ample robe couleur lavande qu'elle tenait jusque là entre ses mains pour ne pas gêner ses mouvements. Un long ruban mauve entourait sa taille jusqu'à former un nœud dans le bas de son dos laissé en grande partie nu par le corset qu'elle portait. De courtes manches partaient de ses épaules, et sur l'une d'entre elles elle avait conservé un fragment de son armure comme elle aurait porté une broche. Enfin, pour compléter son costume, elle portait aux mains de longs gants de la même couleur que sa robe et qui lui remontaient jusqu'aux coudes. Elle espérait ne pas être ridicule... De toute sa vie, c'était bien là la première fois qu'elle portait une robe, et elle se demandait avec sincérité comment certaines femmes pouvaient quotidiennement s'habiller ainsi. Mais même si elle n'appréciait pas cette tenue, au moins cette fois n'était-elle pas en uniforme de femme de chambre...

Aqua resta un instant immobile, essayant de se tenir la plus droite possible et de garder la tête haute, composant son rôle pour imiter l'attitude des nobles. Lorsqu'elle se sentit prête, elle commença à avancer vers l'entrée, et pencha légèrement la tête vers le bas.

« Je suis sur place. » chuchota-t-elle à l'intention du micro dissimulé sous sa robe en essayant de remuer les lèvres le moins possible pour ne pas se faire remarquer. « Je risque de ne plus pouvoir répondre. Aqua, terminé. »

Il y eut un grésillement dans l'oreillette qu'elle portait avant qu'elle n'entende la confirmation. Puis ce fut le silence radio. Mentalement, elle souhaita bonne chance à Roxas et Cissneï, même si elle n'avait aucune idée de ce qu'ils avaient à faire dans ce monde. Sa supérieure lui ayant uniquement indiqué qu'il s'agissait d'une mission secrète, elle imaginait que cela serait risqué.... Suffisamment en tout cas pour qu'un maréchal et la dirigeante de la Lumière soient impliqués. Au moins pourraient-ils l'avertir grâce à leurs oreillettes si jamais ils avaient besoin d'aide... Elle espérait tout de même que cela n'arriverait pas, aussi bien pour eux que pour la mission qu'elle avait à effectuer.

Grâce aux renseignements qu'elle avait pu récolter lors du bal royal, la Lumière savait que la Coalition Noire préparait quelque chose dans ce monde. Ils avaient conclu une alliance avec une partie de la noblesse et envisageaient de reprendre le pouvoir au Prince... Malheureusement, Aqua n'avait pu obtenir plus de détails concernant cette sombre machination, ni sur la manière dont ils comptaient s'y prendre. Mais les jours du Prince étaient peut-être menacés... Aussi, dès lors que les rumeurs de ce nouveau bal étaient parvenues aux oreilles du Château Disney, la Maîtresse de la Keyblade avait proposé de s'y rendre. Il s'agissait de leur meilleure opportunité d'en apprendre d'avantage sur les plans de la Coalition en soutirant des informations aux nobles. Et de protéger le Prince d'une éventuelle tentative d'assassinat, puisque apparemment il serait présent... Avec ces objectifs en tête, la jeune femme passa les portes du grand manoir, et elle se retrouva immédiatement plongée dans un autre monde.

Le hall lui semblait gigantesque ! De grands escaliers ornés de tapis rouges menaient à l'étage et de nombreux tableaux ornaient les murs. L'air était embaumé d'une multitude de parfums différents qui formaient une harmonie bien particulière, une odeur qui ne lui évoquait que le luxe, le faste. De la salle voisine, qu'elle supposait être celle du bal, provenaient de manière étouffée la musique de l'orchestre et un bourdonnement sourd de bavardages. D'un pas décidé, Aqua se dirigea vers les portes en bois sculpté qui lui furent ouvertes par deux domestiques auxquels elle se retint d'adresser un remerciement. Sa courte période en tant que servante lui avait au moins appris que les nobles ne leur adressaient pas la parole, encore moins un regard, et même si sa nature lui dictait le contraire... Il lui fallait rester dans son rôle.

La musique lui parvint très clairement une fois les portes de la salle de bal ouvertes, de même que les éclats de voix gagnèrent en intensité ! La Maîtresse de la Keyblade marqua un temps d'arrêt en pénétrant dans cet endroit. Si le reste lui avait paru somptueux, ce n'était rien en comparaison de la beauté éclatante de cette pièce. Un formidable lustre de cristal surplombait de très grandes tables sur lesquelles étaient étalés des mets plus raffinés les un que les autres. Au loin, elle discerna l'orchestre près d'une estrade, et dans toute la salle des dizaines et des dizaines de nobles étaient déjà affairés à converser. Il lui semblait d'ailleurs en reconnaître vaguement quelques uns. Aqua balaya du regard toute la salle, jusqu'à apercevoir à l'opposé, au milieu d'un groupe placé près d'une fenêtre, une silhouette familière. Un bref sourire se dessina sur le coin de ses lèvres. Elle était certaine qu'il serait là ce soir...

D'une démarche droite, peut-être un peu raide, qu'elle essayait de faire passer pour aristocratique, la jeune femme se mêla à la foule, se frayant un chemin au travers des invités. Elle crut voir quelques têtes se retourner sur son passage, sans toutefois y prêter plus attention, avant d'arriver dans le dos de l'homme qu'elle avait vu. Elle toussota légèrement pour signaler sa présence avant de l'interpeller.

« Monsieur de Montgermont ? »

Il pencha légèrement la tête de côté en l'entendant, puis se retourna pour lui faire face. La surprise de la voir était étonnamment absente de son regard... S'était-il attendu à ce qu'elle apparaisse ce soir ? Cet homme et sa manière de réfléchir demeuraient encore une énigme pour la Maîtresse de la Keyblade. Il la détailla minutieusement de haut en bas d'un air stoïque avant de lui adresser un sourire.

« Ravissante. » déclara-t-il d'un air amusé « Je vois que vous avez suivi mes conseils ! »

Aqua hocha la tête en lui rendant son sourire. Elle avait effectivement appliqué sa suggestion de venir au bal en robe afin de pouvoir aborder les nobles plus facilement. Passant une main derrière son dos, Monsieur de Montgermont reporta son attention sur ses pairs en déclarant...

« Mes amis, permettez-moi de vous présenter ma petite-nièce... » Des deux mains, la jeune femme saisit sa robe du bout des doigts tout en s'inclinant respectueusement. « Emma Neuhaus. » précisa-t-elle pour essayer d'apporter du crédit à ce mensonge. Les autres nobles lui répondirent par un signe de tête poli. Au moins, sa couverture avait l'air de fonctionner jusqu'ici. « Qui s'en revient d'un très long voyage. » continua son « grand oncle ». « Aussi, vous me pardonnerez de vous abandonner quelques instants, nous avons à discuter d'affaires de famille. »

Monsieur de Montgermont fit une révérence polie, puis tendit son bras vers Aqua qui posa sa main dessus. Ensemble, ils s'éloignèrent de quelques mètres, mais bien vite le noble rompit le silence.

« Ma chère, vous souvenez-vous de nos amis communs que nous avions évoqués lors de notre dernière rencontre ? »

La jeune femme n'eut pas à réfléchir longtemps. Elle savait pertinemment qu'il faisait allusion à la Coalition Noire puisque c'était lui qui lui avait révélé ce qu'il savait de leurs manigances.

« En effet. » répondit-elle en essayant d'avoir l'air détachée, plus pour ceux qui les entouraient que pour lui. Mais sa curiosité était piquée. Avait-il de nouveaux éléments à lui communiquer ? Curieusement, elle lui accordait sa confiance. Même si elle ne savait pas à quel point il pouvait jouer sur différents tableaux, elle était persuadée que ses intentions étaient bonnes.

« Et bien... » il laissa sa phrase en suspens un instant, lançant un regard perçant autour de lui, s'assurant certainement que personne ne les écoutait. « J'ai le plaisir de vous annoncer qu'ils sont nos hôtes ce soir. »

Cette révélation lui fit l'effet d'un coup de poing dans le ventre, et elle n'entendit plus ni les voix des invités, ni la musique. Aqua essaya de conserver son attitude assurée, mais elle sentit son visage devenir livide. Si cela était vrai... Si la Coalition était là ce soir... Si la Coalition avait organisé ce bal...

Alors elle venait tout juste de se jeter dans la gueule du loup.
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Agon salua les serviteurs à l’entrée de la propriété en inclinant le buste et tirant sur son chapeau, sourire aux lèvres. « Le Seigneur Vittorio de Sangris et son épouse. » glissa-t-il. Bien entendu, ils devaient vérifier. Mais ce serait rapide. Quelques mots échangés tout au plus.

Les domestiques lui firent signe de passer le grand portail de fer forgé et le prêtre — pouvait-on réellement le qualifier ainsi ? — fit avancer l’attelage d’un coup de fouet administré avec dextérité.

Après Port-Royal, le Palais des Rêves. Le Sanctum l’avait envoyé là pour une nouvelle mission… mais Agon avait peiné à comprendre pourquoi il avait été choisi pour l’accomplir.
— Alors comme ça, la Coalition organisait un Bal ? Magnifique. A merveille pour eux, même. Mais pourquoi de tous l’envoyer lui en infiltration ?! Il était censé être prêtre pas agent de terrain.

Au moins avait-il appris à être plus à l’aise avec un attelage. Ce paysan de Gregor Martigan aurait été fier, habitué qu’il était à le voir raide comme une lance à chaque fois qu’il tenait les rênes de son chariot. Mais le jeu en valait la chandelle.

Notre cocher d’un soir déposa donc ses illustres passagers aux portes de la sublime demeure dont il détaillait l’architecture. Plus affaire de savoir comment le bâtiment était organisé que de s’extasier sur la beauté du lieu. Ce n’était pas son premier gala, bal, ou quelqu’autre nom pompeux que l’on puisse donner à ce type de réception.
Et comme il n’y était pas par ou pour le plaisir, il ne prendrait pas le temps de la gourmandise visuelle.

« — On bouge ! » lui intima l’une des pauvres âmes de service. Il s’était arrêté trop longtemps. Agon sourit d’un air faussement confus avant de faire aller ses chevaux au pas. Direction, les écuries de la propriété.

Sa ‘hiérarchie’ avait mis sans le savoir le doigt sur quelque chose. Ce ne serait pas la première fois qu’Agon s’inviterait où il ne devait pas être pour faire ce qui ne devait pas être fait. Et il s’agissait là de n’être qu’une paire d’yeux et d’oreilles.
A moins que la Coalition ne décide de tuer toute personne ayant foulé le sol du manoir des Tulyp, il devait pouvoir s’en sortir indemne.

Les seules choses qu’il s’était procurées avaient été cette tenue classique de cocher et un puissant somnifère en flacon. Il n’avait pas vraiment eu le temps d’affiner un plan. Cette simple constatation lui nouait l’estomac. Tout pouvait basculer. Et pourtant… cette ‘Narantuyaa’ et son discours épicé à Port-Royal lui avait réinjecté un peu de dynamisme et de jugeote. Une insidieuse adrénaline le parcourrait, empêchant son esprit de s’arrêter au raisonnable : attendre que « Vittorio de Sangris et son épouse » veuillent repartir, les ramener chez eux et prétexter n’avoir pu accomplir sa mission.

Ses seules informations ? Celles détenues par l’informatrice du Sanctum qui l’avait accueilli récemment. Une femme bien étrange, si vous vouliez son avis. Carel, comme elle lui avait dit s’appeler, était un petit brin de femme d’une vingtaine d’années au plus. Elle avait un visage doux. De longs cheveux sombres et ondulés. Sa tenue simple et ses mains, qui n’avaient pas la douceur de celles des gens préservés de travaux trop manuels, trahissaient une existence modeste. Mais c’étaient ses yeux qui marquaient. Deux yeux vairons et fatigués. L’un bleu barbeau, l’autre d’un vert-de-gris fade, entourés de cernes qui ressortaient sur une peau pâle.
Elle lui avait à peine touché dix mots hors des informations qu’elle devait lui transmettre, et avait paru constamment le jauger (sinon le juger) du regard. En fait, la jeune femme avait semblé dans un premier temps surprise en le voyant arriver, comme si elle avait espéré que le Sanctum lui envoie mieux que… lui.

Elle allait voir — s’il s’en sortait. La jeune femme avait eu le mérite de lui avoir offert un point d’accès en or. Le cocher du sire de Sangris lui devait manifestement plus d’un service … et il se ferait porter pâle en conseillant son cousin pour le remplacer quelques jours.

Quel heureux hasard que le Bal se déroule sur cette période…

De ce qu’il en savait tous les nobles avaient été invités — oui, tous. Bien que certains n’aient pas répondu à l’invitation. Une fête d’envergure quoiqu’il en soit. Carel avait été incapable de lui dire la raison pour laquelle la Coalition avait décidé de l’organiser, mais c’était du sérieux. Les rumeurs disaient que le Prince se déplacerait — et par les temps qui couraient, cela n’était pas anodin. Il fallait savoir ce qu’il se tramait ou se tramerait. Ou en tous les cas, le Sanctum désirait le savoir.

Mais qu’est-ce qu’ils cherchaient à accomplir ? Montrer qu’on pouvait être une armée des ténèbres et de bons danseurs ?

Non, bien sûr que non. Il y avait des enjeux bien supérieurs et dont Agon ne réaliserait - bien entendu - la portée qu’une fois sur place.
— C’est sans grande joie, comme on peut se l’imaginer, que le prêtre s’était rendu dans ce monde.

C’était un monde où la Coalition Noire avait une forte influence. En d’autres termes, un monde où il ne se serait pas rendu spontanément. Aussi bien en tant que prêtre, qu’en tant qu’individu tout court. Une guerre civile ? Rien que ça ? Autant dire que ce n’était pas la destination la plus cotée dans l’Eclaireur Spécial Destinations Vacances qu’il avait récemment feuilleté.
Plus encore. C’était aussi le monde d’origine d’Agon Wiley — le vrai Agon Wiley. Celui à qui Erik Woods avait pris son identité. Les risques que cela comportait pour ‘notre’ Agon de se rendre ici étaient donc bien supérieurs au ‘simple fait’ d’aller à un bal organisé par la Coalition Noire.

Il ne devait pas y avoir cinquante Agon Wiley, prêtre au service du Sanctum et originaire du Palais des Rêves.

Mais pour l’heure rien n’avait semblé se mettre en travers de sa route.

Aux écuries commençaient à s’amasser calèches, carrosses et cochers. C’était parfait. Une effervescence de petites gens qui n’étaient personne. Deux serviteurs tentaient de gérer ce beau monde. Mais ils étaient débordés. Le jeune homme ne pouvait rêver mieux pour ses affaires. Son carrosse là où on le lui avait indiqué, il descendit de son perchoir.

Il devait se mettre en quête de l’entrée des serviteurs. Etape numéro deux.

Il ne semblait pas y avoir autant de sécurité qu’Agon l’aurait imaginé. Pas autant de sécurité visible du moins. La Coalition était pleine de ressources. Lui, plus que bien d’autres, était conscient des éléments que l’organisation avait à disposition. Combien de ceux qu’il avait connu s’étaient évanouis dans les airs, au détour d’une rue sans danger ?
Mais même sur ses gardes, il ne décelait aucune présence suspecte. Se faisait-il tout simplement des idées ? Non. Si ce bal avait la moindre importance pour la Coalition, il ne pouvait être laissé ‘sans défense’. Du moins Agon ne pouvait le concevoir.

Redoubler de vigilance. Il ne devait en aucun cas être démasqué.

Mais ce soir notre ami se rassurait en se disant qu’il ne serait ni Wiley, ni Woods. Il ne serait personne.

En son for intérieur, il quittait son office. Cette carapace de prêtre qu’il s’imposait — faisait tomber la soutane. Ce serait une chose qu’il ne serait pas. Prêtre. Un fardeau qu’il n’aurait pas à porter.

Sentiment libérateur.
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