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 Tombent les masques
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Ven 13 Oct 2017 - 12:30

N’y a-t-il jamais eu plus importantes que les apparences, l’image que l’on renvoyait au reste de l’univers. Cette réponse est simple, elle tient en trois lettres et la bête défiait quiconque de prouver le contraire. Il suffisait de voir les actes des consuls, utilisant leur charisme naturel ainsi que leur verve pour charmer et séduire.

Rhapsodos n’était-il pas parvenu à ranger un monde entier sous son avis afin de venir frapper aux portes de la Coalition Noire, permettant ainsi de traiter une alliance avec la peste rongeant l’univers ? Il l’avait fait, de la manière la plus intelligente qu’il soit. Death avait été suffisamment malin d’accepter, néanmoins, n’avait-il pas été abruti par les manières des consuls ? Probablement. Il aurait dû en tirer une leçon, plutôt que de charger tel un démon dans les murailles d’un autre monde.

Quant à lui, Namtar était doué de réflexion et capable d’apprendre des erreurs de son prédécesseur. Voir plus grand, plus beau, plus loin.

Finalement, il fallait tout de même lui rendre honneur d’avoir réussi une chose, celle d’organiser l’une des plus belles pièces de théâtre que la Palais des Rêves s’apprêtait à connaître. Malheureusement pour lui, il ne jouerait pas le rôle pour lequel il avait répété. La vie n’est qu’une suite d’insatisfaction, du moins, pour Death.

Conservant toujours les traits du belliqueux, la bête patientaient dans l’une des chambres apprêtées par leur hôte, Monsieur de la Tulyp. Assis devant un miroir, il s’observait longuement son reflet, réfléchissant à tout ce qu’il avait à faire ce soir. Le son d’une cloche attirait son attention, le bal allait commencer dans moins d’une heure, il devait maintenant s’apprêter.

Au diable cette coquetterie, pensait-il intérieurement, rageant de devoir se travestir. Toutefois, c’était la pièce qu’il avait dressée et il devrait se plier à celle-ci. Quittant son siège, Namtar se dirigeant vers l’armoire pour fixer la tenue qu’on lui avait apprêté pour cette soirée.

Une queue-de-pie, il avait cela en horreur. Le tout accompagné d’un pantalon de soie blanche terminé d’une paire de bottes noires, la mode du royaume sur lequel il se trouvait. Avant cela, il enfilait une chemise tout aussi blanche que son bas et un gilet noir, le nécessaire avant de se vêtir du reste de la tenue. Une veste à col haut, parsemé de bouton et de fioritures plus stupides les unes que les autres. Les apparences, dévoiler sa richesse et ses titres par de bien piètre richesse, vivement qu’il puisse éradiquer cette déchéance en ce monde. Cela était à sa portée.

Un détail restait à être souligné, invitant ainsi le démon à retourner devant le miroir. Dans un soupir, il attrapait la tignasse sale de Death et tirait celle-ci en arrière afin de la nouer d’une bande de tissu satiné. Tirant ainsi sa chevelure en arrière, laissant juste une mèche traverser son visage. Aussi sombre qu’à ses heures perdues, habillé de la sorte, la couleur jaune de ses yeux était en évidence. Rappelant à tout le monde son affiliation à l’une des grandes forces régissant l’univers.

Prêt, il quittait alors la pièce pour se diriger dans la suite bleue, un accessoire venait à lui manquer. Ou du moins, l’objet de son chantage. Un serviteur était à son service, attendant dans le couloir, Namtar l’interpellait alors.

Partez donc chercher Cendrillon, amenez-là-moi au sommet des escaliers du hall d’entrée.
Bien, monsieur.

Ce genre de manière, il les répugnait, être ainsi obéi de par ses apparences plutôt que par ses actes. Soupirant longuement, il tournait alors les talons pour rejoindre l’endroit dont-il venait de parler. Tout était en place, il ne lui restait plus qu’à déambuler dans la salle en attendant l’apparition de l’invité d’honneur à cette soirée.

Un bien grand hall, en totale contradiction avec ce que nous savions du monde. La guerre civile était à leurs portes, pourtant, les prestigieux des domaines arrivaient en grand nombre pour profiter de la soirée. Avide de plat et de ragot à partager. Si seulement il pouvait faire disparaître tout cela, en une seule soirée, il serait l’homme le plus comblé.

Au milieu de l’opulence, des sculptures et le marbre aussi blanc que la lune, le démon sentait la présence de Cendrillon s’approcher de lui. Comme s’il se consumait de l’intérieur, irradié par un soleil en plein désert. Il eut naturellement un mouvement de recul devant le visage craintif de la princesse de coeur, comme s’il n’était plus le dirigeant de la Coalition Noire, juste un simple être ténébreux brulant devant cette pureté.

Mon nom est Death, et nous aurons à partager ce début de soirée ensemble.

Aucune réponse, rien d’autre d’un regard fuyant alors qu’elle le consumait sans même y penser. Néanmoins, si le démon devait retenir une chose, ce fut l’admirable travail accompli par Vesper. Il avait eu raison de lui confier cette tâche, comme toujours.

Ce soir, une seule chose compte, votre bonheur.
Luttant contre la douleur, Namtar tendait une main pour inviter Cendrillon à descendre les marches. Pareil à ses manières, elle posait une main distraite tout en attrapant le bas de sa robe pour pouvoir descendre. Une douleur indescriptible le traversait instantanément, brulant à même son coeur, il eut de grandes difficultés à le cacher.

À l’instant où votre Prince viendra au bal, vous n’aurez qu’une seule tâche à accomplir, le séduire comme au premier jour. Qu’il oublie les six dernières années pour ne voir que vous. Ensuite ? Vous serrez libre de mener votre vie.
Ils descendirent les marches, foulant enfin un tapis et laissant le privilège au démon de reprendre sa main et la ranger dans son dos, atténuant la douleur fulgurante.

En attendant ? Profiter de la soirée à mes côtés. Discuté, mangé et parlé à tous ! Ce soir, vous n’êtes plus captive, vous êtes libre.
Le démon se retournait, faisant face à la princesse avant de rajouter une seule et unique chose à son attention, parlant le plus calmement qu’il soit.

Tenter de fuir, de vous cacher ou échouer à votre simple mission, c’est la mort que vous trouverez en ma présence. Me suis-je bien fait comprendre.
Oui…

Elle baissait le regard une nouvelle fois, laissant l’opportunité à la bête d’afficher son sourire avant de rejoindre la salle de bal. Tout était en place, il allait pouvoir le découvrir en poussant les portes sculptées. Un orchestre, une grande table et une scène pour le dirigeant du royaume. Il avait fallu puiser dans les caisses du groupe, afin de pouvoir offrir tant de mets et de boisson aux invités, sauf que cela serait bien dérisoire en rapport avec tout ce qu’il allait gagner.

Le nouveau son d’une cloche, un orchestre qui s’élance, la soirée pouvait commencer.



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Sam 14 Oct 2017 - 18:37
Elle avait un mauvais pressentiment.

Le carrosse dans lequel elle se trouvait cahotait sur la route malgré son allure réduite. Elle entendait le choc des roues sur la terre, les sabots et les hennissements des chevaux ainsi que, parfois, les brèves directives du cocher. Et ce curieux sentiment, bien qu'extrêmement diffus, ne la quittait pas. Aqua posa sa tête contre la fenêtre et laissa son regard se perdre à l'extérieur, contemplant la nuit qui était déjà tombée sur le Palais des Rêves. Il n'y avait pourtant pas lieu de s'inquiéter autant, cette anxiété ne devait être qu'un reste de sa dernière mission dans ce monde... Passer plusieurs jours dans le crainte constante d'être découverte avait eu quelque chose de réellement éprouvant. La jeune femme respira calmement. Aujourd'hui, tout serait plus simple. Après tout, elle avait l'habitude des bals désormais ! Et il ne s'agissait que d'une soirée. Il lui suffirait de faire bonne figure, de glaner quelques informations, et de repartir comme elle était venue.

En se penchant un peu plus vers la fenêtre, la Maîtresse de la Keyblade put apercevoir au loin des lueurs éclatantes au milieu de l'obscurité. Elle les fixa, songeuse. Pas de doute, c'était bien là qu'elle se rendait. Il fallut quelques minutes au carrosse pour y parvenir, et chaque mètre parcouru lui permettait de discerner un peu mieux la silhouette de l'imposante demeure de Monsieur de la Tulyp Pourtant, même cette observation intensive ne put la préparer à ce qu'elle vit en y arrivant ! Aqua resta bouche bée tandis que le carrosse remontait la longue allée du domaine. La bâtisse était somptueuse et flamboyante, ornée de riches décorations et de luminaires. Des nobles en tenue d'apparat se pressaient dignement devant les portes d'entrées et échangeaient des mondanités avant de pénétrer à l'intérieur. A quelques détails près, elle avait l'impression de revoir l'arrivée des invités au Palais Royal ! Une chose était certaine : ce Monsieur de la Tulyp voyait les choses en grand.

Mais cet éblouissement laissa place à un léger malaise et Aqua sentit son estomac se serrer. Tout était si luxueux... Elle ne parviendrait jamais à se fondre dans la masse ! Qui pourrait croire un seul instant qu'elle était une Dame de la noblesse ? Sa pensée fut brusquement interrompue par l'arrêt du carrosse qui la déposait devant les escaliers menant à l'entrée. Elle regarda longuement les portes et ce qu'elle pouvait distinguer de l'intérieur, et hésita. Sa respiration s’accéléra légèrement. Prise d'une appréhension irraisonnée, elle aurait presque dit au cocher de rebrousser chemin, mais il était trop tard pour reculer... Et ce qu'elle avait à faire dépassait de loin ses réticences absurdes. La jeune femme repensa au dernier bal auquel elle avait assisté, et essaya tant bien que mal de se rassurer. Les apparences. Tout dans ce petit monde de la noblesse n'était qu'une question d'apparences. Si elle montrait suffisamment d'assurance, alors personne ne se poserait la moindre question. Du moins l'espérait-elle... Aqua prit une grande inspiration, et d'un geste sec elle tira la poignée de la portière.

Elle posa un premier pied à terre, un pied enveloppé dans des bas ainsi que dans une chaussure à la boucle d'argent raffinée et au court talon. Puis le second vint le rejoindre, et elle laissa retomber au sol le bas de sa longue et ample robe couleur lavande qu'elle tenait jusque là entre ses mains pour ne pas gêner ses mouvements. Un long ruban mauve entourait sa taille jusqu'à former un nœud dans le bas de son dos laissé en grande partie nu par le corset qu'elle portait. De courtes manches partaient de ses épaules, et sur l'une d'entre elles elle avait conservé un fragment de son armure comme elle aurait porté une broche. Enfin, pour compléter son costume, elle portait aux mains de longs gants de la même couleur que sa robe et qui lui remontaient jusqu'aux coudes. Elle espérait ne pas être ridicule... De toute sa vie, c'était bien là la première fois qu'elle portait une robe, et elle se demandait avec sincérité comment certaines femmes pouvaient quotidiennement s'habiller ainsi. Mais même si elle n'appréciait pas cette tenue, au moins cette fois n'était-elle pas en uniforme de femme de chambre...

Aqua resta un instant immobile, essayant de se tenir la plus droite possible et de garder la tête haute, composant son rôle pour imiter l'attitude des nobles. Lorsqu'elle se sentit prête, elle commença à avancer vers l'entrée, et pencha légèrement la tête vers le bas.

« Je suis sur place. » chuchota-t-elle à l'intention du micro dissimulé sous sa robe en essayant de remuer les lèvres le moins possible pour ne pas se faire remarquer. « Je risque de ne plus pouvoir répondre. Aqua, terminé. »

Il y eut un grésillement dans l'oreillette qu'elle portait avant qu'elle n'entende la confirmation. Puis ce fut le silence radio. Mentalement, elle souhaita bonne chance à Roxas et Cissneï, même si elle n'avait aucune idée de ce qu'ils avaient à faire dans ce monde. Sa supérieure lui ayant uniquement indiqué qu'il s'agissait d'une mission secrète, elle imaginait que cela serait risqué.... Suffisamment en tout cas pour qu'un maréchal et la dirigeante de la Lumière soient impliqués. Au moins pourraient-ils l'avertir grâce à leurs oreillettes si jamais ils avaient besoin d'aide... Elle espérait tout de même que cela n'arriverait pas, aussi bien pour eux que pour la mission qu'elle avait à effectuer.

Grâce aux renseignements qu'elle avait pu récolter lors du bal royal, la Lumière savait que la Coalition Noire préparait quelque chose dans ce monde. Ils avaient conclu une alliance avec une partie de la noblesse et envisageaient de reprendre le pouvoir au Prince... Malheureusement, Aqua n'avait pu obtenir plus de détails concernant cette sombre machination, ni sur la manière dont ils comptaient s'y prendre. Mais les jours du Prince étaient peut-être menacés... Aussi, dès lors que les rumeurs de ce nouveau bal étaient parvenues aux oreilles du Château Disney, la Maîtresse de la Keyblade avait proposé de s'y rendre. Il s'agissait de leur meilleure opportunité d'en apprendre d'avantage sur les plans de la Coalition en soutirant des informations aux nobles. Et de protéger le Prince d'une éventuelle tentative d'assassinat, puisque apparemment il serait présent... Avec ces objectifs en tête, la jeune femme passa les portes du grand manoir, et elle se retrouva immédiatement plongée dans un autre monde.

Le hall lui semblait gigantesque ! De grands escaliers ornés de tapis rouges menaient à l'étage et de nombreux tableaux ornaient les murs. L'air était embaumé d'une multitude de parfums différents qui formaient une harmonie bien particulière, une odeur qui ne lui évoquait que le luxe, le faste. De la salle voisine, qu'elle supposait être celle du bal, provenaient de manière étouffée la musique de l'orchestre et un bourdonnement sourd de bavardages. D'un pas décidé, Aqua se dirigea vers les portes en bois sculpté qui lui furent ouvertes par deux domestiques auxquels elle se retint d'adresser un remerciement. Sa courte période en tant que servante lui avait au moins appris que les nobles ne leur adressaient pas la parole, encore moins un regard, et même si sa nature lui dictait le contraire... Il lui fallait rester dans son rôle.

La musique lui parvint très clairement une fois les portes de la salle de bal ouvertes, de même que les éclats de voix gagnèrent en intensité ! La Maîtresse de la Keyblade marqua un temps d'arrêt en pénétrant dans cet endroit. Si le reste lui avait paru somptueux, ce n'était rien en comparaison de la beauté éclatante de cette pièce. Un formidable lustre de cristal surplombait de très grandes tables sur lesquelles étaient étalés des mets plus raffinés les un que les autres. Au loin, elle discerna l'orchestre près d'une estrade, et dans toute la salle des dizaines et des dizaines de nobles étaient déjà affairés à converser. Il lui semblait d'ailleurs en reconnaître vaguement quelques uns. Aqua balaya du regard toute la salle, jusqu'à apercevoir à l'opposé, au milieu d'un groupe placé près d'une fenêtre, une silhouette familière. Un bref sourire se dessina sur le coin de ses lèvres. Elle était certaine qu'il serait là ce soir...

D'une démarche droite, peut-être un peu raide, qu'elle essayait de faire passer pour aristocratique, la jeune femme se mêla à la foule, se frayant un chemin au travers des invités. Elle crut voir quelques têtes se retourner sur son passage, sans toutefois y prêter plus attention, avant d'arriver dans le dos de l'homme qu'elle avait vu. Elle toussota légèrement pour signaler sa présence avant de l'interpeller.

« Monsieur de Montgermont ? »

Il pencha légèrement la tête de côté en l'entendant, puis se retourna pour lui faire face. La surprise de la voir était étonnamment absente de son regard... S'était-il attendu à ce qu'elle apparaisse ce soir ? Cet homme et sa manière de réfléchir demeuraient encore une énigme pour la Maîtresse de la Keyblade. Il la détailla minutieusement de haut en bas d'un air stoïque avant de lui adresser un sourire.

« Ravissante. » déclara-t-il d'un air amusé « Je vois que vous avez suivi mes conseils ! »

Aqua hocha la tête en lui rendant son sourire. Elle avait effectivement appliqué sa suggestion de venir au bal en robe afin de pouvoir aborder les nobles plus facilement. Passant une main derrière son dos, Monsieur de Montgermont reporta son attention sur ses pairs en déclarant...

« Mes amis, permettez-moi de vous présenter ma petite-nièce... » Des deux mains, la jeune femme saisit sa robe du bout des doigts tout en s'inclinant respectueusement. « Emma Neuhaus. » précisa-t-elle pour essayer d'apporter du crédit à ce mensonge. Les autres nobles lui répondirent par un signe de tête poli. Au moins, sa couverture avait l'air de fonctionner jusqu'ici. « Qui s'en revient d'un très long voyage. » continua son « grand oncle ». « Aussi, vous me pardonnerez de vous abandonner quelques instants, nous avons à discuter d'affaires de famille. »

Monsieur de Montgermont fit une révérence polie, puis tendit son bras vers Aqua qui posa sa main dessus. Ensemble, ils s'éloignèrent de quelques mètres, mais bien vite le noble rompit le silence.

« Ma chère, vous souvenez-vous de nos amis communs que nous avions évoqués lors de notre dernière rencontre ? »

La jeune femme n'eut pas à réfléchir longtemps. Elle savait pertinemment qu'il faisait allusion à la Coalition Noire puisque c'était lui qui lui avait révélé ce qu'il savait de leurs manigances.

« En effet. » répondit-elle en essayant d'avoir l'air détachée, plus pour ceux qui les entouraient que pour lui. Mais sa curiosité était piquée. Avait-il de nouveaux éléments à lui communiquer ? Curieusement, elle lui accordait sa confiance. Même si elle ne savait pas à quel point il pouvait jouer sur différents tableaux, elle était persuadée que ses intentions étaient bonnes.

« Et bien... » il laissa sa phrase en suspens un instant, lançant un regard perçant autour de lui, s'assurant certainement que personne ne les écoutait. « J'ai le plaisir de vous annoncer qu'ils sont nos hôtes ce soir. »

Cette révélation lui fit l'effet d'un coup de poing dans le ventre, et elle n'entendit plus ni les voix des invités, ni la musique. Aqua essaya de conserver son attitude assurée, mais elle sentit son visage devenir livide. Si cela était vrai... Si la Coalition était là ce soir... Si la Coalition avait organisé ce bal...

Alors elle venait tout juste de se jeter dans la gueule du loup.
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Mer 18 Oct 2017 - 4:28
Agon salua les serviteurs à l’entrée de la propriété en inclinant le buste et tirant sur son chapeau, sourire aux lèvres. « Le Seigneur Vittorio de Sangris et son épouse. » glissa-t-il. Bien entendu, ils devaient vérifier. Mais ce serait rapide. Quelques mots échangés tout au plus.

Les domestiques lui firent signe de passer le grand portail de fer forgé et le prêtre — pouvait-on réellement le qualifier ainsi ? — fit avancer l’attelage d’un coup de fouet administré avec dextérité.

Après Port-Royal, le Palais des Rêves. Le Sanctum l’avait envoyé là pour une nouvelle mission… mais Agon avait peiné à comprendre pourquoi il avait été choisi pour l’accomplir.
— Alors comme ça, la Coalition organisait un Bal ? Magnifique. A merveille pour eux, même. Mais pourquoi de tous l’envoyer lui en infiltration ?! Il était censé être prêtre pas agent de terrain.

Au moins avait-il appris à être plus à l’aise avec un attelage. Ce paysan de Gregor Martigan aurait été fier, habitué qu’il était à le voir raide comme une lance à chaque fois qu’il tenait les rênes de son chariot. Mais le jeu en valait la chandelle.

Notre cocher d’un soir déposa donc ses illustres passagers aux portes de la sublime demeure dont il détaillait l’architecture. Plus affaire de savoir comment le bâtiment était organisé que de s’extasier sur la beauté du lieu. Ce n’était pas son premier gala, bal, ou quelqu’autre nom pompeux que l’on puisse donner à ce type de réception.
Et comme il n’y était pas par ou pour le plaisir, il ne prendrait pas le temps de la gourmandise visuelle.

« — On bouge ! » lui intima l’une des pauvres âmes de service. Il s’était arrêté trop longtemps. Agon sourit d’un air faussement confus avant de faire aller ses chevaux au pas. Direction, les écuries de la propriété.

Sa ‘hiérarchie’ avait mis sans le savoir le doigt sur quelque chose. Ce ne serait pas la première fois qu’Agon s’inviterait où il ne devait pas être pour faire ce qui ne devait pas être fait. Et il s’agissait là de n’être qu’une paire d’yeux et d’oreilles.
A moins que la Coalition ne décide de tuer toute personne ayant foulé le sol du manoir des Tulyp, il devait pouvoir s’en sortir indemne.

Les seules choses qu’il s’était procurées avaient été cette tenue classique de cocher et un puissant somnifère en flacon. Il n’avait pas vraiment eu le temps d’affiner un plan. Cette simple constatation lui nouait l’estomac. Tout pouvait basculer. Et pourtant… cette ‘Narantuyaa’ et son discours épicé à Port-Royal lui avait réinjecté un peu de dynamisme et de jugeote. Une insidieuse adrénaline le parcourrait, empêchant son esprit de s’arrêter au raisonnable : attendre que « Vittorio de Sangris et son épouse » veuillent repartir, les ramener chez eux et prétexter n’avoir pu accomplir sa mission.

Ses seules informations ? Celles détenues par l’informatrice du Sanctum qui l’avait accueilli récemment. Une femme bien étrange, si vous vouliez son avis. Carel, comme elle lui avait dit s’appeler, était un petit brin de femme d’une vingtaine d’années au plus. Elle avait un visage doux. De longs cheveux sombres et ondulés. Sa tenue simple et ses mains, qui n’avaient pas la douceur de celles des gens préservés de travaux trop manuels, trahissaient une existence modeste. Mais c’étaient ses yeux qui marquaient. Deux yeux vairons et fatigués. L’un bleu barbeau, l’autre d’un vert-de-gris fade, entourés de cernes qui ressortaient sur une peau pâle.
Elle lui avait à peine touché dix mots hors des informations qu’elle devait lui transmettre, et avait paru constamment le jauger (sinon le juger) du regard. En fait, la jeune femme avait semblé dans un premier temps surprise en le voyant arriver, comme si elle avait espéré que le Sanctum lui envoie mieux que… lui.

Elle allait voir — s’il s’en sortait. La jeune femme avait eu le mérite de lui avoir offert un point d’accès en or. Le cocher du sire de Sangris lui devait manifestement plus d’un service … et il se ferait porter pâle en conseillant son cousin pour le remplacer quelques jours.

Quel heureux hasard que le Bal se déroule sur cette période…

De ce qu’il en savait tous les nobles avaient été invités — oui, tous. Bien que certains n’aient pas répondu à l’invitation. Une fête d’envergure quoiqu’il en soit. Carel avait été incapable de lui dire la raison pour laquelle la Coalition avait décidé de l’organiser, mais c’était du sérieux. Les rumeurs disaient que le Prince se déplacerait — et par les temps qui couraient, cela n’était pas anodin. Il fallait savoir ce qu’il se tramait ou se tramerait. Ou en tous les cas, le Sanctum désirait le savoir.

Mais qu’est-ce qu’ils cherchaient à accomplir ? Montrer qu’on pouvait être une armée des ténèbres et de bons danseurs ?

Non, bien sûr que non. Il y avait des enjeux bien supérieurs et dont Agon ne réaliserait - bien entendu - la portée qu’une fois sur place.
— C’est sans grande joie, comme on peut se l’imaginer, que le prêtre s’était rendu dans ce monde.

C’était un monde où la Coalition Noire avait une forte influence. En d’autres termes, un monde où il ne se serait pas rendu spontanément. Aussi bien en tant que prêtre, qu’en tant qu’individu tout court. Une guerre civile ? Rien que ça ? Autant dire que ce n’était pas la destination la plus cotée dans l’Eclaireur Spécial Destinations Vacances qu’il avait récemment feuilleté.
Plus encore. C’était aussi le monde d’origine d’Agon Wiley — le vrai Agon Wiley. Celui à qui Erik Woods avait pris son identité. Les risques que cela comportait pour ‘notre’ Agon de se rendre ici étaient donc bien supérieurs au ‘simple fait’ d’aller à un bal organisé par la Coalition Noire.

Il ne devait pas y avoir cinquante Agon Wiley, prêtre au service du Sanctum et originaire du Palais des Rêves.

Mais pour l’heure rien n’avait semblé se mettre en travers de sa route.

Aux écuries commençaient à s’amasser calèches, carrosses et cochers. C’était parfait. Une effervescence de petites gens qui n’étaient personne. Deux serviteurs tentaient de gérer ce beau monde. Mais ils étaient débordés. Le jeune homme ne pouvait rêver mieux pour ses affaires. Son carrosse là où on le lui avait indiqué, il descendit de son perchoir.

Il devait se mettre en quête de l’entrée des serviteurs. Etape numéro deux.

Il ne semblait pas y avoir autant de sécurité qu’Agon l’aurait imaginé. Pas autant de sécurité visible du moins. La Coalition était pleine de ressources. Lui, plus que bien d’autres, était conscient des éléments que l’organisation avait à disposition. Combien de ceux qu’il avait connu s’étaient évanouis dans les airs, au détour d’une rue sans danger ?
Mais même sur ses gardes, il ne décelait aucune présence suspecte. Se faisait-il tout simplement des idées ? Non. Si ce bal avait la moindre importance pour la Coalition, il ne pouvait être laissé ‘sans défense’. Du moins Agon ne pouvait le concevoir.

Redoubler de vigilance. Il ne devait en aucun cas être démasqué.

Mais ce soir notre ami se rassurait en se disant qu’il ne serait ni Wiley, ni Woods. Il ne serait personne.

En son for intérieur, il quittait son office. Cette carapace de prêtre qu’il s’imposait — faisait tomber la soutane. Ce serait une chose qu’il ne serait pas. Prêtre. Un fardeau qu’il n’aurait pas à porter.

Sentiment libérateur.
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Jeu 19 Oct 2017 - 22:13
Le balancement d'une lampe. Trois fois. Le geste était bon.

Lenore, Naran et Stephan avait forcé la porte du garde-chasse pour pénétrer le bois réservé de la demeure, avançant sur le qui vive pendant que l'effervescente du bal se trouvait à l'entrée principale. Alena avait négocié leur passage avec l'un de ses sympathisants, sa seule participation de la soirée pour ne pas risquer plus que nécessaire. Il devait les attendre à l'entrée du petit personnel à une heure fixe avec un signal particulier.

Le trio parcouru hâtivement l'espace gravillonné entre les arbres et la porte ouverte. Ils entraient enfin, bénéficiant du fourmillement des multiples petites mains de la cuisine en plein "coup-de-feu". Toute une armée de cuisiniers et d'aide commis se bousculait, hurlant des ordres, dans un concert de cuivres et de casseroles, dans la chaleur de flammes faisant bouillir des chaudrons sur l'âtre de gigantesque cheminées faites pour cuire des bœufs entiers à la broche.

Pour ne pas avoir l'air à côté de leurs bottes, la rousse prélevait des plats pour les déplacer plus loin sur leur route. Un bout de pain qui finis dans sa poche, un plateau de verres à confier à un garçon de salle en partance pour mieux repérer la direction de la porte d'accès à ce beau monde.

Bloqués par le chef de partie et son tablier souillés de gras et de sang frais, son hachoir encore en main.


" Vous êtes qui vous? qu'est ce que vous faites dans MA cuisine?

- Sécurité. Rétorqua-t-elle pleine d'aplomb, espérant qu'il n'ait pas suffisamment d'information sur l'organisation du bal. Mais après tout ... qui l'aurait mis au courant d'autre chose que l'organisation du repas, lui simple cuisinier.

- Vous voyez bien que vous gênez! La cuisine c'est moi qui gère alors ouste! dehors! Allez chasser le gredin ailleurs!"

Les trois mercenaires ne se firent pas prier pour s'éclipser en dehors de l'antre de cet ogre, poussant la porte à battant pour rejoindre un premier couloir simple et sans fioriture, accès privilégié vers le cœur de la soirée.

Lenore ôta sa cape qui ne ferait qu'hurler au monde entier à l'individu louche avant de se tourner vers ses camarades. Ils se mirent d'accord pour se séparer. Naran trop unique, s'occuperait d'assurer l'éventuelle retraite. Chose qui aurait assurément lieu en urgence. Stephan et la rousse se mêleraient aux invités malgré leurs tenue de si faible confection. L'ex pirate dissimula au mieux ses armes de jet, ayant décidé de se priver de son arc et ses bolas, le temps de la mission par soucis de discrétion.

Ils se drapèrent d'assurance, très souvent le jeu théâtral suffisait à convaincre, et rejoignirent le plus discrètement possible le flot de participants, en beaux attraits et belles livrées, collant à distance raisonnables un couple de nobles assez peu alerte. De part et d'autre répartis, ils se comportaient comme leurs gardes du corps effacés, ou leurs serviteurs personnels, au moins le temps que personne ne leur adresse la parole.

Pour l'instant, ils devaient repérer le bon endroit et le bon moment pour agir, en complète improvisation, tout en se méfiant de tout le monde et en essayant de repérer les gardes et futures embûches.
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Le Boucher de Grimm
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Ven 20 Oct 2017 - 17:08

L’ennui d’une soirée mondaine, une avalanche de pensées et de réflexions superflues dans la bouche de personne ignorant ce qui était vraiment vivre. Cloîtré dans une cage dorée, persuadé de tous connaître, d’être la voix à écouter et celle qui devrait être amené à diriger.

Des manières et des apparences, de l’esbroufe et des futilités. Tel était le cancer qui rongeait se monde l’empêchant de s’épanouir, il suffisait d’un seul acte pour que tout cela cesse.

Forçant un sourire sur le visage de Death, celui-ci avançait dans la salle du banquet, Cendrillon à ses côtés et continuant de l’affaiblir par sa Lumière. D’un pas pressé, le démon avançait jusqu’à rejoindre le maître de ses lieux. Monsieur de la Tulyp était déjà avec un verre de champagne à la main, souriant en voyant son créancier s’approcher de lui. D’un geste de la main, il invitait le groupe de gens l’entourant à s’écarter afin de laisser la bête s’immiscer dans le groupe.

Mes amis, laissez-moi vous présenter la personne qui nous régale d’autant de plat et de liqueur ! L’actuel dirigeant de la Coalition Noire.
Enchanté de faire votre connaissance.

Obligé de grimer des singes pour se confondre avec eux. Ceux-ci saluèrent Death, d’un geste ou d’une poignée de main se voulant ferme, analysant la personne avec qui ils devaient traiter sur l’instant. Un serviteur passait à proximité du rassemblement, proposant une coupe au liquide scintillant à chaque convive.

Cendrillon à sa droite, tenue par le bras, le démon tendait sa main gauche pour attraper le verre par son pied. Les apparences, toujours les apparences, encore les apparences. Il devait être irréprochable à cette soirée.

Vous avez vu les choses en grand, pour un inconnu à nos coutumes.
Il est vrai.
Nous ne pourrions l’oublier quand tout cela sera terminer.
Vous m’en voyez heureux…

Terrible spectacle de courtoise, à savoir qui serait le plus lèche-cul de la bande. Reculant d’un pas et tendant le bras afin de présenter la Princesse de Coeur, la bête invitait celle-ci à s’avancer.

Laissez-moi vous présenter mon amie, j’ose croire que vous savez de qui il s’agit.
Des regards interloqués, se questionnant tout en observant la princesse de nouveau chez elle. Cendrillon faisait alors une courte révérence aux invités, alors que Death reprenait la parole.

J’ose croire, Monsieur de la Tulyp, que notre invité d’honneur sera là ce soir.
Le prince n’en reviendra pas.
Est-ce cela que vous aviez prévu depuis le début ?

Amenant sa main derrière les hanches de la princesse, la bête l’invitait à se mettre aux côtés du propriétaire des lieux. Et dans un sourire, goutant aux champagnes, le dirigeant de la Coalition Noire reprit une dernière fois parole avant de s’excuser.

Ce qui compte à mes yeux, ce sont que les relations entre les habitants de ce monde redevienne égale. Cela aurait été impossible sans le retour de la femme du prince. Messieurs, pourriez-vous tenir compagnie à cette charmante femme jusqu’à l’arrivée de son compagnon.
Nous serons sous le charme d’accompagner madame pour ce début de soirée.

Il sourirait, sincèrement tout en reculant d’un pas pour se diriger vers un autre coin de la place avant de se raviser. Il se retournait alors, et d’une voix claire.

Madame à bien des choses à faire ce soir, veillez à ce qu’elle ne soit dérangée par personne. Dans le cas contraire, vous auriez à en répondre à moi… Au plaisir de vous revoir.
Cela pouvait sembler idiot d’abandonner pareil trésor dans un tel endroit, Namtar s’en rendait bien compte et s’avançait jusqu’au buffet et s’arrêtait devant un serveur ne faisant rien d’autre que de remplir les coupes. L’observant dans les yeux, il souriait brièvement avant de donner l’ordre au garde noir en embuscade de ne pas lâcher Cendrillon du regard, et qu’au moindre risque, qu’il intervienne.

Cela fait, il se retournait pour se diriger vers l’estrade. Dorénavant, il n’avait d’autres choix que d’attendre et de se mêler aux convives. Par son statut, le Roi pouvait débarquer n’importe quand et personne ne pourrait lui en tenir rigueur. Encore des privilèges acquis par le sang, non par la sueur.

Au détour de conversation, de déambulation, la bête laissait une oreille tendue à chaque bribe de discussion. Outre les fantaisies de nobles, les récits de chasse et autres niaiseries, une information parvenait à ses oreilles. Plutôt, une discussion entre trois hommes. Un verre de champagne à la main, un air hautain aux visages. Ce qui retenait l’information du démon, c’était la mention du nom de Trillier. Les convives parlèrent de l’absence de son héritière aux festivités, celle-ci étant attendu par son soupirant, voulant profiter de l’occasion pour déclarer sa flamme.

Des ragots de bas-étages, comme si cela avait la moindre importance.

Continuant de déambuler entre les nobles, terminant son verre, il ne s’attendait pas à ce que l’orchestre arrête de jouer et que les convives cessaient de converser. Suivant les regards, il remarquait alors la silhouette du Prince dans l’embrasure de la porte d’entrée. Richement habillé, le regard mauvais, toujours accompagné de sa suivante. Namtar laissait un sourire naître sur son visage, cet homme était bien plus craint que le dirigeant de la Coalition Noire.

Le prince s’avançait, marchant d’un pas lent pour rejoindre l’estrade, n’accordant aucun regard jusqu’à ce qu’il se poste sur son trône. Parlant à sa conseillère dans un murmure avant de donner son accord pour que les festivités reprennent.

C’était l’occasion pour lui d’agir, il n’avait pas non plus d’intérêt à rester des heures au milieu des convives. Plus vite il aurait réglé ce problème, plus vite il pourrait rentrer chez lui et profiter des conséquences de ses actions. Déposant son verre sur une table, Namtar réajustait les manches de sa veste tout en s’avançant devant l’estrade. De son regard, jaune comme un soleil, le démon observait le prince qui ne laissait rien d’autre qu’un regard dédaigneux à l’intention de l’hôte de la soirée. La conseillère, dans tout cela, laissait un sourire naître sur son visage.

Personnes n’ignorent qui vous êtes… Death…
Répondait froidement le prince à l’intention de Namtar, celui-ci grimpant progressivement les marches de l’estrade.

Bien, cela m’évitera de me présenter, mon prince.
De belles manières, une belle tenue, cela ne correspond en rien à ce que l’on raconte sur vous. Que vient donc faire un imposteur chez nous, outre perdre son temps.
Vous ne vous confondez pas en histoire, bien, cela ne sera que plus simple pour moi.

Namtar se retournant, cherchant le propriétaire des lieux pour l’appeler à venir. Plus particulièrement, qu’il dégage de la foule la personne que personne ne devait louper en cette soirée.

Croyez-vous n’avoir que des alliés dans mon monde ?!
Il commençait à s’énerver, frappant du poing sur l’accoudoir de sa chaise et se redressant. La femme à ses côtés se complaisait dans cette situation.

Bien des hommes ici m’ont averti de vos paroles, pensez-vous vraiment que vous pouvez venir chez moi et me menacer ?! Vous n’avez pas que des alliés, sombre idiot.
Vous menacez…? Que nenni, je ne désire que votre bonheur.
Baliverne ! Je n’ignorai rien de vos machinations avant de me rendre à votre mascarade, et croyez-moi…

Il cessait de parler, dessinant un sourire sur le visage de chair de Namtar. Le regard du prince s’était perdu, attendrit un instant alors que Cendrillon levait les pans de sa robe pour grimper les marches de l’estrade et les rejoindre. Il retombait dans son siège, abasourdi devant la vision qui s’offrait à lui. Néanmoins, quelque chose retenait l’attention du démon, il n’y avait plus personne à la gauche de prince. Maintenant, il était seul en face de Death et de Cendrillon.

Dame Bernkastel venait probablement de se rendre compte qu’elle n’avait plus le poids suffisant pour traiter avec le prince, maintenant que sa princesse était de retour.



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Lun 23 Oct 2017 - 19:39
Si seulement la mise en garde de Cissneï lui était parvenue un peu plus tôt.... Si seulement elle avait eu cette information avant de pénétrer dans la salle de bal... Alors, elle aurait peut-être pu se préparer, réfléchir à un plan d'action. En lieu et place de cela, elle s'était précipitée la tête la première au cœur du danger. Avec difficulté, elle était parvenue à recomposer son attitude pour afficher un air assuré. Si la Coalition était réellement présente, la pire des choses qui pouvait désormais lui arriver était de se retrouver démasquée. A la vitesse de l'éclair, les différentes possibilités qui s'offraient à elle défilèrent dans l'esprit de la jeune femme. Contacter Cissneï et Roxas lui semblait périlleux étant donné la foule qui l'entourait. Quitter les lieux était hors de question, elle ne souhaitait pas attirer outre mesure l'attention sur elle ; de plus elle était certaine qu'il lui faudrait intervenir à un moment ou un autre. La seule chose qui lui restait à faire était donc de se fondre dans la masse, d'attendre et d'observer. Malgré ses magnifiques parures et ses apparences raffinées, il s'agissait bel et bien d'un piège. Un piège dont elle ne pouvait s'extirper.

« Et voici comment meurt notre liberté... » glissa discrètement à son oreille Monsieur de Montgermont d'une voix amère. « Avec l'approbation des futurs opprimés. »

Aqua ne lui répondit pas. Pas plus qu'elle ne constata que toutes les têtes étaient désormais tournées dans la même direction. Elle ne percevait que de loin, de très loin, les chuchotements de la noblesse ainsi que leurs commentaires satisfaits. Le regard rivé vers l'estrade, l'attention de la Maîtresse de la Keyblade était entièrement focalisée sur la mascarade qui était en train de se jouer sous ses yeux. Il y avait le Prince et Dame Bernkastel, qui heureusement pour elle s'était éclipsée assez rapidement, ainsi qu'un homme qu'elle ne connaissait que trop bien pour sa sinistre réputation. Celui qui représentait ce contre quoi elle avait toujours combattu. Celui qui avait attaqué le Domaine Enchanté et le Sanctum, et probablement commis bien d'autres méfaits. Celui qui était certainement le plus grand adversaire de la Lumière. Death. Le chef de la Coalition Noire. La jeune femme eut un froncement de sourcils et un regard dur en l'apercevant. C'était donc lui l'instigateur de ce bal. Le responsable de la prolifération des ténèbres dans de nombreux mondes...

Et il y avait encore une dernière personne. Elle aurait pu sentir sa présence sans même la voir tant l'éclat de son cœur était pur et semblait irradier toute la salle, comme une lumière aveuglante qui venait jusqu'à toucher son propre cœur de manière réconfortante. Les années paraissaient ne pas avoir eu d'emprise sur Cendrillon qui était aussi belle qu'au premier jour. Pourtant, quelque chose n'allait pas. Elle n'était plus tout à fait la même que lorsque Aqua l'avait rencontrée bien des années auparavant. Sa manière de se tenir était différente, plus affaissée, et elle paraissait maigre malgré sa robe majestueuse. En apercevant son visage, la Maîtresse de la Keyblade crut lire dans ses yeux des émotions qu'elle n'aurait jamais pensé voir chez une princesse de cœur. De la résignation. Et du désespoir.

Le regard d'Aqua s'assombrit, empli d'une ferme détermination et d'une sourde colère. Qu'était-il arrivé à la jeune femme qui croyait en ses rêves ? Elle n'osait imaginer le traitement que lui avait fait subir la Coalition Noire pendant toutes ces années de captivité. Et tout cela pour quoi ? Afin qu'elle serve de monnaie d'échange dans le but d'asseoir le règne de la Coalition sur ce monde ? Son poing se serra jusqu'à marquer sa paume de son empreinte. Il lui fallait faire cesser cette comédie ridicule. En tant que membre de la Lumière et en tant que Maître de la Keyblade, son devoir était de protéger les princesses de cœur et l'équilibre des mondes. Elle regarda de nouveau Death, et commença à relever lentement sa main, prête à faire apparaître sa Keyblade. Tout pouvait se régler, ici et maintenant, afin que cesse cette folie...

« Est-ce que tout va bien ma chère ? »  

Aqua sursauta légèrement en entendant le ton à la fois perplexe et inquiet de Monsieur de Montgermont. Elle en avait presque oublié la réalité. La jeune femme prit une longue inspiration en fermant les yeux afin de retrouver son calme. Elle fit le vide en elle, se concentrant sur la lumière qui brillait dans son cœur, sur celle qui brillait dans le cœur de Cendrillon, jusqu'à atteindre de nouveau la sérénité. Alors seulement, elle rouvrit les yeux.

« Tout va bien. » répondit-elle paisiblement.

Elle avait failli agir de manière déraisonnée sous le coup d'une impulsion, ce qui aurait certainement été sa pire erreur. La colère ne l'aurait menée nul part, elle ne pourrait protéger la lumière qu'en étant en paix avec elle-même. De plus, elle était persuadée que Death n'était pas seul. Il devait y avoir des gardes dans la salle de bal, même si elle ne les voyait pas, et elle ne s'imaginait pas pouvoir lutter contre la Coalition toute entière. Intervenir était donc une idée à éviter pour le moment. Pourtant, il fallait absolument qu'elle fasse quelque chose pour essayer de sauver Cendrillon ! Aqua était intimement persuadée qu'elle était la clé pour sauver ce monde. La clé pour lui rendre sa lumière. Elle réfléchit à toute vitesse, et eut une idée. Pour l'instant la lutte était vaine, mais il y avait peut-être un autre moyen de remporter la victoire !

« Mon oncle, pourrions-nous sortir quelques instants ? L'air est étouffant ici ! » dit-elle avec un léger sourire en se retournant vers le noble qui l'accompagnait.

Il eut un haussement de sourcil interrogateur mais acquiesça, comprenant certainement qu'elle souhaitait lui parler en privé. Aussi se dirigèrent-ils tous deux vers la terrasse, fortuitement déserte. L'air frais de la nuit lui fit le plus grand bien. Aqua s'accouda à une rambarde et contempla l'horizon. Malgré une légère brume, elle apercevait au loin le Palais Royal. Tout semblait calme vu d'ici, à mille lieux de ce qui était en train de se dérouler à l'intérieur de la résidence. La jeune femme se détendit légèrement. Au moins, ils ne risquaient rien à cet endroit. Du moins temporairement.

« Allez-vous m'expliquer désormais ? » demanda le noble à la fois curieux et méfiant.

La Maîtresse de la Keyblade lui répondit par un regard sérieux, et sortit de son corset une feuille pliée en quatre qu'elle lui tendit. Lors de sa précédente mission, Monsieur de Montgermont lui avait révélé ce qu'il savait de la Coalition Noire. Aujourd'hui, c'était à elle de lui rendre la pareille. Du bout des doigts, il se saisit du papier qu'il déplia avant de le parcourir des yeux. Un éclair de surprise traversa son regard !

« C'est... » commença-t-il en perdant de son assurance.

« Un rapport. » compléta-t-elle d'une voix sérieuse. « Écrit de la main de Death. » Elle connaissait presque par cœur cette page qu'elle avait lue et relue depuis qu'elle l'avait trouvée dans un couloir du Palais. « Ces lignes devraient vous intéresser. » ajouta-t-elle posément en les désignant du doigt.

« Et pour le Palais des Rêves ? » lut-il à haute voix. « Les paysans nous mangent dans la main, une partie des nobles est rangée de notre côté. » Il ouvrit de grands yeux en découvrant la suite. « Les choses avancent, la Coalition Noire parviendra à se débarrasser de toutes traces de noblesse au travers des mondes... Il y a une chose que je dois parvenir à accomplir, et il s’agit de celle-ci : parvenir à éradiquer la noblesse avant d’être moi-même anéanti par la vie. » Il y eut un instant de flottement sous le poids de ces révélations avant qu'il n'ajoute d'un ton lugubre. « Seigneur... C'est pire que ce que je craignais. » Il se passa une main sur le visage, et Aqua posa sur son bras une main compatissante. Elle ne savait pas quel était exactement le plan de Death, et ce bal n'en était certainement pas la finalité... Mais il s'agissait de leur meilleure occasion de l'arrêter !

« Qu'attendez-vous de moi ? » lui demanda-t-il après avoir repris ses esprits.

« Vous connaissez tous le monde ici. » répondit-elle doucement. « Dites-leur la vérité. Dites-leur qui est véritablement Death. Même si beaucoup d'entre eux sont égoïstes et ambitieux, ils changeront peut-être d'avis en apprenant qu'ils ont été dupés. » Et elle ne perdait pas de vue que même s'ils avaient pactisé avec le diable, ils en étaient tout autant les pantins et les victimes. La Maîtresse de la Keyblade regarda de nouveau vers l'horizon. Malgré tout ce qu'ils avaient fait, les nobles devaient tout de même être protégés. Et sans ses soutiens, le poids de la Coalition Noire au Palais des Rêves serait beaucoup plus faible. « Tout n'est pas perdu, il nous reste encore une chance ! » conclut-elle avec un sourire optimiste et un nouvel espoir dans le regard.

Monsieur de Montgermont approuva lentement en caressant sa courte barbe, puis se redressa de toute sa taille, levant la tête haute et réaffirmant sa naturelle aristocratie. Elle le sentait prêt à agir, prêt à défendre son monde.

« Je m'en charge. Et vous... ? »

« Je vais appeler du renfort pour intervenir dès que possible. » Sans Cissneï et Roxas, elle ne pourrait pas faire grand chose. Elle espérait que leur mission se déroulait bien de leur côté, et qu'il leur serait possible de la rejoindre au plus vite. « Si les choses tournent mal... » Il y avait un peu de crainte dans sa voix. Hélas, elle devait envisager cette éventualité... La Maîtresse de la Keyblade se tut un court instant, avant de reprendre avec un sérieux absolu « Surtout, ne prenez aucun risque. Et essayez d'évacuer autant de civils que vous le pourrez. »

Le noble approuva, puis lui souhaita bonne chance dans une révérence avant de se retirer, la laissant seule sur la terrasse. Le sort en était jeté. Sans perdre une seule seconde, Aqua se pencha vers le micro caché sous sa robe et commença son rapport de la situation.

« Cissneï, le Prince et Cendrillon sont ici. Nous devons à tout prix les mettre en sécurité ! Ainsi que... »

Mais elle n'eut pas le temps de terminer sa phrase ! Il y eut un bruit sourd, et une secousse vint faire trembler le sol sous ses pieds de manière nettement perceptible ! La jeune femme tourna lentement la tête vers la porte-fenêtre qui donnait sur la salle de bal... Que se passait-il à l'intérieur ?
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Dim 29 Oct 2017 - 16:35
« — Eeek ! » sursauta une femme d’âge mûr à côté de lui, surprise. Son verre de vin manqua de teindre sa robe d’un funeste rouge sombre.

Presque tous s’étaient tournés vers la porte, dans une espèce d’attente semi-curieuse, semi-mobide.

Qu’est-ce qu’il se passait bon sang ?!

L’infiltré avait tout juste réussi à rejoindre la salle de Bal. Passé par la cave dont une imposante trappe donnait sur l’extérieur, il y avait croisé le sympathique (et malheureux) Georges. Ce dernier finirait la soirée caché au plus profond des réserves, sa livrée en moins.
Des personnes étranges dont l’intrus n’avait pas bien discerné les traits s’étaient introduits par l’entrée des serviteurs. Par précaution, il n’avait pas voulu les suivre de crainte qu’il ne s’agisse de la sécurité.

S’ils ne l’avaient pas été ?

Avait-il seulement bien fait de persévérer ? De s’inviter ?

Toute cette sombre mascarade de Bal quitta son esprit instantanément — Cendrillon, la belle Cendrillon ; son Prince. Cette femme qui avait disparu aussi vite qu’elle était venue. Les nobles emplis d’émerveillement. Il se foutait bien d’eux à vrai dire.

Une seule question : c’était normal ça ? Ce bruit ? — Death était le seul qui avait gardé son attention lorsque les murs tremblèrent.

Si cet espèce de malade avait bel et bien décidé de zigouiller tout le monde, quelque chose devrait se lire sur son visage. Ou rien, au contraire ! Mais au moins il pourrait discerner un indice. Il l'espérait.

Ce que l’escroc vit sur les traits du Boucher était peut-être plus inquiétant encore.

Un haussement de sourcil.

Vous ne comprenez pas.

Un haussement de sourcil !

Ce n’était pas prévu. Il ne l’avait pas prévu. Le démon, Boucher de Grimm, terrible et sombre dirigeant de la Coalition — tout ce que vous voudrez, peu importe comment vous aimiez l'appeler ! Il cherchait, là, comme tous ces autres guignols en tenue d’apparat, la raison de ce bruit.
Connaissant la maison, le jeune intrus doutait franchement que les hommes de Death aient voulu lui faire une « petite surprise ».

Les invités et serviteurs aussi, probablement.

Il y avait comme un flottement. Le regard de quelques uns allèrent se perdre vers l’organisateur. En quête de réponses. En quête d’une parole qui les rassurerait. N’importe quoi ?
Viendrait-elle cette parole ? Elle ne venait pas — ou peut-être était-ce qu’une seconde semblait être une éternité ?

La gorge nouée, l’estomac en vrac. Quelque chose allait mal tourner.
Ou bien l’escroc était-il devenu un peu trop parano ?

Son regard quitta Death pour parcourir la salle en quête du lieu le plus sûr — ou du meilleur point d’observation. Un chemin surplombait la salle, en faisant le tour, comme un long balcon ouvragé.
Discrètement mais rapidement, il s’esquiva. Il laissa la bouteille qu'il avait en main, puis il rejoignit l’un des passages des serviteurs, pressant le pas.

Un jeune type aux cheveux bruns et aux yeux ahuris accourut dans sa direction. Rah ! Il n’avait pas de temps pour ces conneries !

« — Ah ! Toi ! Tu sais c’qu’il se passe ?! l'interpelait-il. On a tous entendu un énor
- Non je sais pas. J’essaie de rejoindre le balc
- Le balcon intérieur ?! — principe d’urgence acquis, le menteur n’allait pas retenir contre le serviteur le fait de l’avoir à son tour coupé — Tu crois que ça vient de la salle de bal ?!
- Peut-être… »

Il mentait. Il savait que ça ne venait pas de la salle de bal. Si ça se trouve, ce n’était même qu’un… bruit étrange qui n’aurait pas de conséquences ? Non, ça ne pouvait pas être le cas. Son karma était assez bas pour qu’il soit persuadé que cela n’était pas le cas. Cette opération commençait pourtant si bien !
Mais si cette chose, ce bruit, était l'annonce d'une opération fauteur de troubles (et il en avait vu plus d’une)… mieux valait ne pas être trop près des invités d’honneur de la soirée.

C’était ce qu’il se disait du moins.

« Suis-moi ! »

L’infiltré n’allait pas se faire prier. Et les couloirs des serviteurs étaient sûrement le moyen le plus discret de se mouvoir dans la demeure.
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Lun 30 Oct 2017 - 10:53
« - Diantre, mon aimé, me voilà hallucinée. Ne serait-ce à son bras accrochée, la Princesse que nous voilà retournée ?

- Ma mie,  vos yeux ne vous troublent nenni. J’en suis tout autant abasourdi. »


Le couple enfarinée n’en finissait pas de s’éventer, commentant en rimes sur chaque convive dans une sorte de jeux d’esprit. Surement leur façon de combler l’ennui. Lenore et Stephan s’en étaient vite lassés, observant toujours la salle de bal, ses issues, son personnel, jusqu’à tomber du regard sur le maître de cérémonie et son hôte.

L’esprit de la rousse fut pris dans un vortex, ignorant tout le reste autour de sa proie, fière et pompeuse, profitant de la villégiature en ce monde. Sa main serrée si fort, tremblait alors qu’elle réprimait difficilement son envie de se jeter dans un combat.


« Tu vas tenir ? » S’inquiéta l’ex pirate en un chuchotement faible.
Il n’eut qu’un hochement de tête sans un regard pour seule réponse.

Death avait amené Cendrillon comme si de rien était, approuvé par l’ensemble des nobles de cette fumisterie. Il marquait des points, c’était un coup intelligent. Lenore, elle fulminait intérieurement. Avaient-ils donc oublié où était la Princesse toutes ses années ? Elle ne pouvait se résoudre à le laisser gagner gain de cause dans ce monde.

Son esprit bouillonnait de reproches et de sarcasmes. Elle devait leur ouvrir les yeux sur la réalité de ce monstre. Sur l’état de Cendrillon, bien loin d’être épanouie et ravie de sa libération. Elle-même reconnaissait les épaules affaissées, le regard hésitant  et fuyant, le sourire forcé. Elle voyait le frémissement subtile de peur au moindre geste de la bête à son bras. La captivité laisse des traces profondes sur l’âme que Lenore présentait par empathie.




Un bruit sourd fit trembler les murs et les coupes de champagne, gagnant l’attention de la majorité de l’assemblée. La sorcière du val avait-elle changé d’avis et lancé un assaut avec ses paysans rebelles ? C’était bien trop tôt ! Elle avait pourtant prétendue ne pas vouloir se risquer ce soir ! Ou peut-être avait-elle perdu le contrôle sur l’impétuosité et l’esprit revanchard de la plèbe.

Lenore grimaça à l’idée. Ils ne feraient que se faire massacrer d’un affrontement direct avec les gardes et les nobles présents et la Coalition Noire gagnerait quel que soit le camp vainqueur. C’était hors de question ! Elle devait briser leur emprise sur ce monde. Voler un élément au château de cartes de son adversaire.

Elle s’avança dans la foule, sinuant entre les estomaqués et les inquiets. Elle devait saisir cette chance unique avant qu’il ne soit trop tard. Elle monta sur la table provoquant les reproches étouffés des gens de bonnes manières. Elle avançait ainsi au culot comme toujours au dépit d’un Stephan se passant une main sur le visage, récupérant une coupe et la levant bien haut au-dessus de sa tête.


« Je propose un toast !! A la Coalition Noire ! Qui vous offre la Princesse Cendrillon. Frêle et tremblante après tant d’année de captivité dans le cachot sordide qu’ils lui ont offert après vous l’avoir enlevée… Et vous le remerciez en plus. Ricana-t-elle. Un pas de plus en plongeant son regard provoquant dans les yeux jaunes de Death.

- A la Coalition Noire ! Qui soutient et fournis hommes et armes à la noblesse pour détrôner le Prince et briser la rébellion paysanne qui n’existe pas! Elle étira son sourire sous les hoquets et les marmonnements indignés. Du mouvement se faisait sentir autour du Prince, sa garde resserra les rangs pour le protéger, lui et la Princesse qu’il avait fini par prendre dans ses bras pour la protéger.

- A la Coalition Noire ! Qui soutient et fournis hommes et armes à la plèbe aussi, pour lutter contre ses affreux nobles qui les oppriment... si si .  Ils sont des deux côtés. » Dit-elle l’air de confier un secret avec une voix amusée presque enfantine. Les reproches se firent plus sonores, soulevant l’indignation de l’assemblée.

Lenore bu le verre et jeta la coupe vide derrière elle avant de faire un simulacre de révérence et de descendre d’un bond de la table. Une partie des invités s’approcha plus pressante devant le Prince et Death alors que la mercenaire se mêla discrètement à cette foule, rapidement rejoint par Stephan tendu par l'urgence du combats et de la fuite.


«  Qu’est-ce à dire que cette mascarade !? Nous exigeons des explications immédiatement.

- Je crains qu’elle ne dise la vérité.» Appuya un noble avec un papier dans les mains.
Un brouhaha monta rapidement, les uns se pressant vers l’incriminés, les autres vers la sortie, les gardes du Prince faisant rempart pour isolé le couple royal de l’odieux chef de la Coalition Noire.


«  Et maintenant que tu es repérée ? S’inquiétait Stephan en lui saisissant le bras.
- Tu escortes le Prince et la Princesse. Il faut absolument qu’ils s’en sortent indemnes grâce à nous.

- Il n’est plus à ta portée alors viens toi aussi. » Conclut-il en la forçant à avancer.
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L'Assassin écarlate
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Lun 30 Oct 2017 - 15:05



L’officier Zoot et ses hommes avaient été désigner pour participer à la protection d’un bal qu’organisait la Coalition Noire pour une célébration qui l’échappait totalement et qui ne l’intéressait pas plus que ça. Tant qu’il était payé, c’était ce qui l’importait le plus. On les avait conduits dans une pièce spacieuse près de la salle de bal afin de pouvoir agir rapidement au moindre pet de travers.

Il était posé dans un fauteuil bourgeois, les pieds croisés sur un meuble prévu à cet effet et son arme à feu traînant sur l’accoudoir, à portée de main. Il avait ouvert la fenêtre non loin de lui afin de fumer et déguster son éternel cigare qui le suivait quoi qu’il fasse. Ses soldats, eux, bavardaient ou jouaient au billard qui trônait fièrement au milieu de l’endroit.

Les premiers instants de la cérémonie passèrent rapidement, sans vraie agitation. Mais à présent que le temps commençait à se faire plus long, toute la compagnie n’espérait qu’un peu d’action en cette morte soirée. Certains commençaient même à s’endormir dans les sofas bien trop confortables, ce qui arriva même à Zoot. Seul le tabac calciné de son mégot de cigare vint le réveiller une fois totalement consumé. Pour des soldats qui devaient rester totalement à l'affût, c’était un beau tableau valorisant.  Il décida alors d’assumer son rôle et ses responsabilités de supérieure hiérarchique.


— Allez, on s’réveille tas d’feignasse. J’sais qu’on s’emmerde, mais c’est pas digne de vous, alors l’prochain qu’j’vois roupiller, il s’ra corvée patate pendant deux s’maines.


Bien qu’il ait dit cela d’une fois pas très menaçante, cela donna un coup de fouet à ses gardes noires et ils se levèrent tous afin de retrouver une certaine contenance. Soudainement, comme répondant à une prière, l’intendante de la Garde Noire, Abigail Underwood, vociféra un ordre à travers les émetteurs-récepteurs intra-auriculaire qu’elle lui avait confié avant le bal.  

— Officier Zoot, de la cohue commence à se créer dans la salle.  Je voudrais que vous et vos hommes ailliez sécuriser chaque entrée du bâtiment. Que personne n’entre ou ne sorte, c’est compris ? Le premier qui veut vous passez en faisant du forcing, vous l’abattez sans sommation. Ordre du grand patron. Abigail, terminé.

— Bien, intendante ! fit-il, en portant la main à son oreille. Ecoutez, vous tous ! Notre chef voudrait qu’on aille s’poster à chaque porte de la maison ! Branle-bas d’combat, comme à l’entraînement. Je n’veux personne qui les traverse, que ca soit de dehors ou dedans.

Tous les gens présents dans la pièce eurent un grand sourire aux lèvres, content qu’un peu d’action se dévoile à l’horizon, et saisir leur arme avant de se précipiter par groupes de deux ou trois vers toutes les issues possibles. Cela allait peut-être se révéler plus palpitant qu’ils ne l’avaient cru à la base.
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Ven 3 Nov 2017 - 3:01
À nouveau au sein d’une piétaille servile voir obséquieuse, qui se terre dans des quartiers sombres et dissimulé pour mieux servir leurs maîtres. Sauf que cette fois, Naran était caché au sein des serviteurs, et non pas celle qui les tenaient en joue.
Cet état de fait ne lui plaisait pas. Pas du tout.

Dès son entrée, sa priorité avait donc été de trouver une sortie. Une échappatoire à cette folie où elle avait suivi Lenore, prête à la seconder dans sa folle course pour sa vengeance.
Il faut dire que pénétrer le manoir de la Tulyp lui avait donné le sentiment de se jeter dans la bouche du loup ; ou plutôt, de déclencher un piège qui depuis se refermait peu à peu sur eux.
Peu de gardes ; mais tant de monde, tant de visages hautains et distingués qui se pressaient au pied du trône de la Coalition…

Lenore lui avait confié les grandes lignes de son plan. Son culot, son irrévérence, et surtout sa rage envers la faction qui l’avait mutilé étaient… Impressionnants. C’était pour cela que Naran l’avait suivie chez Triller ; Qu’elle avait participer à l’interrogatoire sanglant qui s’y était déroulé... Et pour cela aussi, qu’elle se retrouvait infiltrée dans le bal du chef de la Coalition Noire.
Après avoir évalué le plan comme « suicidaire, mais à tenter », Naran s’était donné pour mission de prévoir la fuite des Mercenaires, une fois leur méfaits commis. Un projet tout aussi ambitieux, évidemment…



Depuis son arrivée à l’entrée des domestiques, Naran avait découvert un certain envers du décor. Là où s’élevait, centrale et exubérante, la fastueuse salle de balle, une énorme cuisine et deux garde mangers l’alimentaient constamment. Là où trônait un magnifique escalier de marbre, une demie douzaine d’autre, de bois plus discret, parsemaient le manoir pour y laisser fourmilier ses dizaines de serviteurs. Ces espaces secrets n’avaient pas le même verni lustré ; pas les mêmes ornements ou bas-reliefs ; Mais ils étaient partout, reliant chambres de bonne aux cuisines, aux salons, aux salles de bains et aux caves à vin.

Naran prenait ici un plateau vide, là un plein, pour justifier ses rapides enjambées dans les couloirs et discret escaliers. Elle étudiait du coin de l’œil les portes et fenêtres, les lieux où étaient posté les rares gardes du Roi, même les courants d’air qui traversaient parfois la demeure.
Petit à petit, plusieurs options se dégageaient. Mais quelque chose la tracassait. Le peu de garde était bien trop suspect. Quelque chose se tramait qu’elle n’arrivait pas à percevoir.

La tête perdue à sa paranoïa soudaine, Naran se perdait peu à peu dans un dédale de couloirs de plus en plus désert et de salons fermés à clé, un énième plateau à la main. Soudain, elle entendit des éclats de voix, des bribes de musiques. Pressée de retrouver un lieu familier, elle s’avança, et débarqua sur le balcon intérieur de la salle de bal. Mais ce qu’elle y vit la fit pâlir.


Lenore s’était déjà avancée, prononçant un discours, certes mordant, mais très prématuré. Rien n’était encore prêt, et pourtant la rousse avait choisi de frapper maintenant. Pressée par le temps, par un imprévu ? Naran n’en savait rien, et ne pouvait que la regarder, bouche bée. Elle était belle, dans sa révolte, dans son cri de rage face à Death. Mais elle paraissait aussi bien frêle, seule, perchée sur une table au beau milieu de la salle.
Même si Naran honorait la bravoure de son geste, elle sentait l’inquiétude l’envahir. Comment assurer la fuite des Mercenaires maintenant à découvert ? Ses yeux paniqués dardaient dans tous les recoins de la large salle, à la recherche d’une piste, d’une sortie qu’elle pourrait leur offrir. Son esprit lui proposait la vision du corps de Lenore, sans vie, parce qu’elle avait failli à sa mission.

Un vent de désordre soufflait sur l’assemblée. Ce n’était pas seulement le discours de Lenore, que beaucoup aurait pu railler ou ignorer. Quelque chose d’autre, quelque chose de plus terrible, menaçait l’assemblée.
Naran s’apprêtait à descendre, qu’elle croisa le regard de deux domestiques qui montait au balcon. L’un avait l’air vaguement angoissé de la plupart des convives, et elle l’ignora. L’autre par contre…

L’autre semblait la reconnaitre. Et son visage se décomposait peu à peu. La mercenaire le détailla, fouillant sa mémoire pour savoir où est ce qu’un serviteur du Palais des Rêves avait bien p-
Ah.
La tête brulée du Sanctum. Ahon… Ou quelque chose comme ça. Mais qu’est-ce qu’il pouvait bien foutre ici ??

Peu importait. La priorité, à l’instant, était de guider les Mercenaires hors d’ici. Naran poursuivi sa route, évitant le prêtre (… Agent de terrain ? Espion ?) pour se ruer vers la rambarde, scrutant la foule où avait disparu Lenore… Trop concentrée sur sa recherche d’une mèche rousse parmi les convives pour percevoir les soldats qui se plaçaient devant toutes les issues.
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La Clé du Destin
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Ven 3 Nov 2017 - 14:19
Un rythme de pas lent, un sillage des plus morbides, il s'apprêtait à rentrer dans le Salle de Bal du manoir. Death était présent, il n'y avait plus aucun doute possible, mais il n'était pas la seule figure intéressante figurant à cette soirée. Au fur et à mesure qu'il se rapprochait, il avait senti des présences s'éloigner. Il avait aussi entendu des paroles prononcées par une voix qui, sans lui être familière, arrivait à lui remémorer des souvenirs agréables.

Les ténèbres de son cœur avaient fini par prendre le dessus, une bien douce ironie pour quelqu'un qui pensait en être dépourvu il y a quelques mois encore. La lumière, elle, ne s'était pas éteinte pour autant, mais sa lueur était faible, vacillante... Un plongeon dans les abysses desquelles il ne reviendrait peut-être pas. Bernkastel avait-elle provoqué cette chute ? Était-ce le dernier présent qu'elle offrait à ce monde ? Ou était-ce un acte inconscient, mais amenant de lourdes conséquences ? Quoi qu'il en fut, de retour au ciel, l'Éternelle devait bien rire, fière d'avoir emporté son assassin dans sa chute.

Alors qu'il continuait de progresser en direction de la Grande Salle, une poignée d'hommes vinrent à sa rencontre. Armés, ils le braquèrent et le sommèrent de s'arrêter. Il ne répondit que par un sourire intéressé. Il allait leur faire ravaler leur prétention. Personne n'allait pouvoir l'arrêter, encore moins de pauvres pions sans réel intérêt. Celui qui semblait être leur chef ordonna alors à ses hommes de faire feu. Hélas, ils n'eurent le temps d'appuyer sur la détente de leurs armes qu'il s'était déjà déplacé à leurs côtés. Surpris, mais faisant preuve de sang froid, ils s'apprêtèrent à le frapper avant de ressentir une étrange douleur au niveau du buste. Ils baissèrent leur regards avant de voir l'intrus, une jambe fléchie, les bras tendus et plongés dans leurs entrailles. Leur respiration se fit d'abord saccadée, puis leur incapacité à respirer finit par faire son œuvre. Il se retourna vers le chef présumé de ces hommes.


Je viens pour la fête. T'es le videur ? Dit-il, désignant les portes derrière lui du bout de son index.

L'homme écarquilla les yeux avant de retrouver son calme. Il fronça les sourcils et brandit son arme décidé à en finir avec cette intrusion. Évidemment, l'intrus ne le vit pas de cet œil et, d'un geste maîtrisé, il se saisit de son arme avant la lui arracher et de la lui planter dans le crane. L'homme tomba à genoux avant de chuter au sol. Il n'émit cependant aucun son. Pas même un râle. L'amateur avait été tué sur le coup.

Finalement, les lourdes portes de bois s'ouvrirent. La silhouette ténébreuse commença à apparaître aux yeux de tous. Ses vêtements étaient souillés du sang de ses précédentes victimes. Sur sa peau coulaient quelques gouttes de vie qu'il avait reçu par éclaboussures. Pourtant, il ne fut pas de suite au centre de l'attention. Un semblant de discorde semblait régner parmi les nobles. Mais dès lors que l'un d'eux eût posé un œil sur lui, alors tout redevint plus calme. La musique s'arrêta et quelques regards inquiets se tournaient vers le dirigeant de la Coalition Noire.


Service de sécurité. Vous faites trop de bruit.

Toisant la fourmilière qui s'agitait devant ses yeux, il ne pouvait s'empêcher d'esquisser un sourire. Ils n'allaient pas fuir. Ils ne le pouvaient pas. Mais lui, il jubilait. Silencieusement, il se dressait la liste des différentes façons qu'il avait de tuer cette assemblée. Puis, las, il se contenta simplement d'invoquer ses keyblades avant de profiter de sa puissance nouvelle pour éliminer les deux nobliauds les plus proches. Un battement de cil suffit. Le jeune couple était à terre, maculant le sol de la salle de bal. Lentement, se redressant sur ses jambes, il se tourna vers le chef de la Coalition Noire.

Me regarde pas comme ça, j'propose une activité. T'allais... quand même pas faire le jeu du carosse ?

Puis, il posa les yeux sur les musiciens qui s'étaient arrêtés.

Balancez un truc qui bouge.
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Le Boucher de Grimm
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Sam 4 Nov 2017 - 22:58

La paupière du visage de Death tressaillait, la colère le gagnait progressivement alors que tous les éléments problématiques s’enchaînaient à grande vitesse.

D’abord Lenore, le visage balafré de cette brûlure qui n’avait suffi à la calmer. Ensuite, Roxas qui apparaissait dans l’encadrement de la porte avec un regard semblable au sien. Une blague, une infamie, la disgrâce. Il était à un doigt que tout se déroule comme prévu, non, il allait devoir déposer une nouvelle carte sur la table de jeu. À son grand déplaisir.

Deux lièvres à chasser, deux prises de choix même s’il n’avait aucune envie plus grande que de passer sa faux sous la gorge de Lenore. Heureusement pour elle, l’entrée de cet « élément perturbateur » lui avait donné l’occasion de se glisser dans la foule. Cela n’allait pas se passer comme cela, non, il avait travaillé trop longtemps pour voir tout s’effondrer devant ses yeux.

Voyons, vous n’allez pas refuser la demande de notre invité de marque. Le grand Roxas, maréchal de la Lumière nous fait l’honneur de sa présence, accéder à sa requête avant qu’il ne tue d’autre personne ! Jouer, enivrez-vous !
Il voulait lui broyer le crâne, enfoncer sa faux dans son torse et le décapiter de sa hache. Tellement d’envie, semblable à des délices. Cependant, Namtar n’était pas un imbécile et il savait parfaitement que cela n’était pas à ça portée. Il devait jouer de ça, avec ça. La musique reprenait, même si les artistes tremblaient en loupant leur premiers accords, cherchant à passer au-dessus de la crainte qu’inspirait le meurtre qu’il venait d’observer.

La bête se retournait brièvement en direction du prince et de sa garde.

Il semblerait que les négociations sont terminées, mon Prince. Pas le temps pour de beaux discours, vous avez votre Princesse, j’aurai votre monde. La raison est simple, vous parviendrez à quitter ce bal par ma personne et vous disparaîtrez de la surface de ce monde.
Comment…
Taisez-vous ! Votre femme contre votre royaume, ce n’est pas négociable et vous avez déjà la promesse d’une vie heureuse. D’ailleurs, vos gardes seraient plus avisés de protéger votre peuple que vous… Monarque déchu.

Fermant brièvement les yeux, Namtar invoquait quatre rondouillards qui apparaissaient entre le couple princier et les gardes. Écartant ceux-ci et escortant déjà le prince dans la sortie derrière la scène. Le démon se retournait devant la salle de bal encore bondé, cherchant d’un oeil la présence de Lenore avant qu’il n’invoque un nouveau sans-coeur, en dehors du château, avec pour mission de partir au sud le plus vite possible. Autant dire que l’apparition des ombres avait le mérite d’avoir été remarqué.

Il n’avait rien d’autre à faire, dorénavant. Il pourrait dégainer son arme et faucher assez d’âmes pour calmer sa colère, une fois de plus, ce n’était pas la chose à faire.

Il écartait alors les quelques réfracteurs ayant eu la bonne idée de lui faire face pour descendre de la scène et s’avancer dans la salle, faisant apparaître son imposante faux dans le but d’écarter la troupe autour de lui. Maintenant, il n’y avait plus personne pour le déranger. Il ouvrait grand ses bras, prêt à prendre quiconque contre son coeur, avant de continuer de parler

Votre amie avait raison, levons nos verres à la Coalition Noire, celle-ci ayant apporté son soutien à votre monde alors que tous les autres se foutaient royalement de votre sort. Cette fille aux paroles touchante, ne serait-elle pas une mercenaire ?! Quelqu’un dans cette salle pourrait me parler d’eux, de leurs actions pour vous soutenir alors que votre Prince tyrannisait le monde, pas la peine de parler car la réponse est non ! Ils sont aussi égoïstes que le portait qu’elle tentait de dresser de moi !

Il tournait sur lui-même en parlant, entre les murmures et malgré cet homme dressant fièrement un papier comme une preuve cherchant à appuyer les paroles d’autrui. Finalement, il stoppait sa ronde pour pointer Roxas de son doigt.

Levons nos verres à la Coalition Noire, qui a besoin d’organiser un bal pour voir arriver l’un des plus grands guerriers de l’univers ! Cela n’est-il pas magnifique, la Lumière de présente dans votre monde, plus personne n’y croyait, sauf qu’elle est là et devant vous… Après avoir tué vos concitoyens. Levons nos verres à ceux qui n’ont pas versé le sang dans votre monde, contrairement à ce que tout le monde pense, et qui cherchera à vous défendre comme la lumière devrait le faire.

Laissant ses bras tomber le long du corps, la lame de sa faux heurtant le sol dans un bruit sourd, Namtar fixait Roxas dans les yeux tout en souriant.

Alors, grand Maréchal, vous êtes venue m’arrêter… J’attends…



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Éclat de l'Océan
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Ven 10 Nov 2017 - 23:06
« Assez ! » cria Aqua d'une voix autoritaire tout en jetant son arme de toutes ses forces. La Keyblade vola à travers la salle de bal, passant au dessus des nobles, et vint finalement frapper Death. Hélas, la puissance qu'elle y avait mis avait été amoindrie par la distance, et c'était à peine si ce coup était parvenu à le faire reculer d'un ou deux pas... L'arme revint dans sa direction et elle l'attrapa au vol tandis que les têtes des invités se tournaient dans sa direction pour découvrir quelle était cette nouvelle irruption. Dire que Cissneï, juste avant qu'elle ne revienne de la terrasse, lui avait conseillé de s'éloigner du manoir... Et voilà qu'elle venait de révéler sa présence à tous. Ce n'était certainement pas la meilleure stratégie à adopter, mais elle n'avait pu se retenir d'intervenir. Pas en entendant la fin du discours de Death, et ce mensonge qui la révoltait au plus haut point. Elle ne pouvait tolérer que la Coalition se pose en défenseur de ce monde, pas après tous le mal qu'ils avaient fait ! Aussi, elle avait décidé d'agir. Au moins ne serait-elle pas seule puisqu'elle avait aperçu, du coin de l’œil, Roxas à l'opposé de la pièce.

La Maîtresse de la Keyblade balaya du regard l'assemblée de nobles. Le vent de panique qu'elle avait pu ressentir en entrant semblait s'être atténué pour devenir une angoisse contenue, prête à éclater à la moindre occasion. Monsieur de Montgermont était là, au milieu de la foule, guettant ses faits et gestes avec une grande attention. De toute évidence, il comptait sur elle désormais. Et elle ne comptait pas le décevoir....

« N'écoutez pas cet homme. » déclara la jeune femme d'une voix rassurante. En commençant à avancer au milieu des convives, Aqua se déchaussa, sentant le sol froid sous ses pieds à chaque pas malgré ses bas. Son attention était maintenant entièrement focalisée sur le chef de la Coalition Noire, et elle avait bien l'intention de lever le voile sur ses mensonges. « La Lumière a toujours été là pour vous protéger... » continua-t-elle calmement. Dans son esprit défilèrent les visages de ceux qui, par tous leurs efforts avaient essayé d'aider ce monde. Ceux qui avaient fourni des médicaments aux plus pauvres. Le Roi Mickey qui avait apaisé la colère des villageois. Elle-même qui avait proposé son aide au Prince... Si seulement il avait accepté l'offre de la Lumière, à l'époque, au lieu d'écouter Dame Bernkastel, les choses se seraient sans doute déroulées différemment... « Et ce soir, nous sommes là une fois de plus. »

Elle prit une grande inspiration, essayant de ne pas laisser la colère la gagner, avant de reprendre « J'ai vu autrefois les ruines de ce monde, consumé par les ténèbres. Avez-vous tous oublié ? » Sa dernière question sonnait comme une supplique. Comment pouvait-on avoir vu son monde détruit et pourtant s'engager sur des sentiers obscurs ? Elle espérait de tout son cœur que cela les résonnerait, et elle était prête à se battre pour préserver le Palais des Rêves d'un nouveau règne de l'ombre. « C'est tout ce que la Coalition Noire a à vous offrir. » conclut-elle gravement.

Aqua lança à Death un regard dur et déterminé. Quel qu'en soit le prix, elle l'arrêterait. Tout en pointant sa Keyblade dans sa direction, elle déclara fermement « Votre règne ici s'achèvera avant d'avoir commencé ! » Et, d'un geste rapide, elle toucha le fragment d'armure qu'elle portait à l'épaule. Il y eut un éclat de lumière aveuglant et des morceaux de tissu couleur lavande tombèrent au sol, tranchés net par l'apparition de l'armure grise et bleue qui venait de se matérialiser autour de son corps. D'un bond, elle s'éleva dans les airs pour venir se positionner plus près de son adversaire et adopta une posture de combat en dirigeant la lame de son arme vers le bas, légèrement en retrait. Dès qu'il le faudrait, elle serait prête à la brandir.

Malgré la réputation de Death, malgré les ténèbres qui obscurcissaient cette soirée et malgré les gardes de la Coalition qui allaient certainement arriver d'ici peu, la Maîtresse de la Keyblade ne ressentait aucune peur. Elle savait, au plus profond d'elle-même, que ce qu'elle faisait était juste. D'une voix inflexible, elle ajouta « Je suis Maître Aqua de la Lumière, et je vous somme de quitter immédiatement ce monde et de rendre sa liberté à la princesse ! »

Pour s'assurer qu'il était également prêt, Aqua jeta un coup d’œil vers Roxas... Et elle eut un bref mouvement de recul tandis que sa posture perdait de son assurance. Si elle paraissait déstabilisée, le casque de son armure masquait toutefois l'expression d'horreur qu'arborait son visage. Elle vit tout d'abord les deux nobles massacrés, étendus au sol et baignant dans leur sang. Puis, ces mêmes gouttes de sang qui coulaient lentement des Keyblades du jeune homme... « Roxas... Mais qu'as-tu fait... » murmura-t-elle de manière lointaine, comme absente à elle-même. Elle ne voulait pas croire à l'évidence juste sous ses yeux. Elle ne parvenait pas à comprendre ce qui se passait, comment il avait pu en arriver là... Ce fut le blanc complet dans son esprit pendant quelques secondes, puis ce vide se mua subitement en une véritable tempête ! Les avertissements du Général Primus, les accusations du Consulat, les meurtres qu'on lui attribuait... Avaient-ils tous raison depuis le début ? Et comment pouvaient-ils prétendre protéger ce monde désormais, alors que le mal était fait ?

Le regard d'Aqua remonta sur la chemise de Roxas maculée de sang, et elle aperçut enfin son visage, déformé par la rage, ainsi que ses yeux jaunes. Seulement alors, elle comprit ce que Cissneï avait essayé de lui dire. Avait-il succombé aux ténèbres... ?

Non ! La Maîtresse de la Keyblade se redressa de toute sa taille. Non, ce n'était pas Roxas qui était en face d'elle, pas celui qu'elle connaissait. Ce n'était plus qu'une sombre caricature pervertie par les ténèbres. Pouvait-elle le sauver ? Le vrai Roxas devait être là, quelque part, si tant est que sa lumière n'ait pas complètement disparu. Même si elle avait pu se montrer sévère avec lui à plusieurs reprises, Roxas était l'un de ses camarades. Un ami. Elle ne laisserait pas cette chose le remplacer, elle ne le laisserait pas se perdre dans l'obscurité ! Il fallait le ramener vers la lumière avant que tout espoir ne soit perdu. Portant sa deuxième main sur la garde de son arme, Aqua raffermit sa prise et pivota légèrement dans la direction du jeune homme, essayant tout de même de garder Death en ligne de vue. Alors, elle brandit sa clé vers Roxas et lui intima avec toute la détermination qu'elle avait...

« Quoi que tu sois, laisse-le revenir tout de suite ou tu en paieras le prix ! »
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Dim 12 Nov 2017 - 21:55
Il avait peur.

Il avait peur et pourtant ses jambes s’étaient faites aussi rigides et inamovibles que les racines d’un chêne centenaire.

L’escroc devait choisir. Et vite. Jamais une opération à laquelle il avait participé n’avait autant dérapé. Jamais.
— Pouvait-on encore dire que ce n’était qu’un dérapage ? Non. Bien sûr que non. Non. Evidemment que non. C’était bien plus que ça. C’était bien pire que ça.

C’était une catastrophe. Cette femme rousse dont l’intrus avait à peine entendu le discours alors qu’il grimpait les marches. Cette femme qui avait initié un mouvement de protestation chez certains, un silence gênant chez d’autres. Cette femme qui avait lancé son verre en arrière pour le laisser se briser comme résonne le tocsin. Une catastrophe.

C’était une malédiction. Cette mercenaire. Narantuyaa. La seule. L’unique femme pouvant le reconnaître comme un membre du Sanctum. Et elle était là. Et elle avait plongé son regard dans le sien. Elle avait accouru à la rambarde, elle ne s’était pas attardée sur lui. Mais elle n’avait pu ne pas le reconnaître. Ce n’était pas possible. Elle l’avait reconnu. C’était sûr. Il le savait. Oui. Une malédiction.

C’était un désastre. Roxas. Roxas, le Maréchal de la Lumière. Roxas au pas sinistre. Roxas ouvrant les portes. Roxas abattant ce couple de nobliaux. Ses vêtements, son visage. Maculés du sang témoignage d’une réalisation sinistre. La Lumière. La Lumière était là. Mais la Lumière n’était pas là pour sauver. La Lumière était là pour laver ce monde dans une tempête écarlate. Pourquoi n’était-il pas comme il avait imaginé un Maréchal de la Lumière être ? Pourquoi avait-il tué ces gens plutôt que de se ruer sur le dirigeant de la Coalition ? Quelle était cette impertinence effrayante et qui lui avait arraché les entrailles ? Un désastre.

C’était une calamité. Death. Death qui écartait les gardes du Prince. Death qui tonnait son emprise sur ce monde. Death qui invoquait sa faux, prêt à se battre. Des sans-coeur apparus, immenses et infâmes. Cette salle de Bal allait-elle devenir une arène où tous les invités ne seraient que des dommages collatéraux ? Une curiosité malsaine enserrait les poumons de l’escroc. Une curiosité-sarment à peine contrebalancée par ses tempes battant son esprit. Mais dégage de là espèce de débile ! Une calamité.

C’était un cataclysme. Cette Aqua qui s’était interposée. « Assez ! » avait-elle tonné. Celle qui avait envoyé sa keyblade. Celle qui avait lancé les hostilités au sein de ce trio infernal. Quoi encore ? La Lumière avait été là, disait-elle ? Mais les invités, là, de suite, se moquaient bien que la Lumière ait été là ou non. Ils se moquaient que la Coalition ait ou non fait couler le sang ici — que diable les intéressait le sang des autres quand le leur menaçait de couler à flots sur le dallage pur de la salle ?
Rester ? Courir ? S’immobiliser ? Partir ? Se taire ? Hurler ?
Un cataclysme.

La débâcle. La crainte en chacun alors qu’elle s’était tournée vers le Maréchal.
Nous étions là. Cet instant. Leur destin semblait pendu aux lèvres et aux armes du blondin. Qu’il aille abattre Death, ou qu’il s’attaque à la jeune femme. Son choix déterminerait la suite des évènements.

Où était-elle passée cette rousse qui s’était dressée, fière et brûlante d’une volonté aiguisé et implacable, quelques instants plus tôt ?

Un précipice. L’escroc se sentait au bord d’un précipice où chaque parole, chaque action menaçait de l’engloutir. La prochaine action serait la dernière dont il serait témoin. Il devait fuir. Comment et quand sortir de sa cachette étaient les seuls paramètres qui comptaient.

Invités et serviteurs avaient retenu leur horreur dans leur gorge, leurs visages peints d’une pâle mortification. Le sang. Un tressaillement horrifié. Les sans-coeur. Les premiers mouvements de panique. Les armes dégainées et balancées. C’en était trop. Bien trop. Une jeune femme avait été la première à briser le silence mortuaire et peut-être prémonitoire qui s’était installé — elle s’était ruée vers l’une des porte-fenêtres dans un mouvement nerveux et hâtif. Elle devait fuir. Fuir pour sa vie. Espérer pouvoir s’en sortir.

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Ven 17 Nov 2017 - 10:30
Des rondouillards !!

Death n’était pas sensé pouvoir invoquer des sans-cœur ! Surkesh avait pourtant assuré sous la torture être le seul capable de cette magie à la Coalition Noire !

Stephan avait eu un mouvement de recul et devait penser la même chose alors que son regard agacé croisait celui de Lenore. Pas besoin de mots pour le comprendre. Les gardes royaux s’acharnaient à vouloir sauver leurs majestés, leurs coups rebondissant sur des ventres rebondis tendus comme des tambours de guerre, ou détournés par des bras épais. Leurs poings dégageaient les rangs des soldats impuissants pour s’ouvrir un chemin par lequel ils entraînaient le couple princier terrorisé.


« Il faut les prendre de dos, c’est leur seul faiblesse à ceux-là »
Dit l’ex-pirate en attendant la réaction de la rousse.

La mercenaire était partagée. Son premier réflexe avait été de vouloir sauver le monarque et sa femme. Non pas par altruisme, mais pour briser les plans de la Coalition Noire sur ce monde, leur retiré sous le nez leur emprise, leur pièce maitresse. Death voulait échanger la princesse contre ce monde… C’était hors de question !

Il avait brillamment retourné son discours à son avantage, manipulant les faits pour se faire valoir. Lenore en était furibonde. Il était doué et elle lui avait peut être offert une belle occasion de se faire mousser. C’était hors de question.

Le prince devait absolument rester en place à diriger ce monde. La princesse aimée de tous, à ses côtés. Elle y veillerait personnellement en dégageant ses sans-cœurs autour d’eux.



Mais il y avait également cet improbable triangle.
Trois rages, trois haines. Aussi disparates que possible.

Deux maitres de la keyblade, face à Death. Ils allaient le tuer sous ses yeux sans qu’elle ne puisse rien y faire, sans pouvoir donner le coup de grâce à cette proie qui la narguait, qu’elle pourchassait depuis si longtemps.

Deux regards puant de ténèbres, en contraste, se défiant l’un l’autre et avec au milieu la menace d’un soldat de la lumière.

Deux têtes mises à prix dont l’une n’était pas à la portée de n’importe qui, réputés plus fort que Natsu et Auron réunis. Devant ce regard d’or implacable et ce sourire sadique, Lenore se sentait aussi insignifiante que lorsqu’elle avait dû se tenir devant le Loup de Grimm. Il était rongé par les ténèbres et personne ne pourrait l’empêcher de quoi que ce soit, basculant dans la trahison. Pas même Death, ni même cette Aqua, ni même la combinaison impossible des deux.

Lenore ressentait la nécessité de prendre part à ce combat. Pour ne pas laisser passer la chance de planter sa rage dans le cœur du Boucher de Grimm. Ne pas laisser s’envoler la possibilité de se venger si bêtement. Elle pensait également au besoin des mercenaires de se faire mieux voir par la lumière. Laisser la femme en bleu se faire démonter par la combinaison de ces deux monstres, n’était pas dans son intérêt. Au contraire, être à ses côtés même occasionnellement serait un bonus utile.





Elle devait faire un choix stratégique en quelques secondes, ignorants ses émotions bouillonnantes. Un choix déchirant. Elle leva les yeux vers le balcon supérieur où elle voyait Naran et lui fit signe de les rejoindre, elle et Stephan. Ils avaient besoin de plus d’aide pour éliminer les ténèbres de cette pièce, pour raffler ce monde à la barbe de ce satané adversaire en priant pour qu’il vive assez pour savourer son échec dans cette partie.


« On s’occupe des rondouillard. » Répondit-elle à son camarade.

Ils fendirent la foule anxieuse pendus aux lèvres du triangle, le souffle coupés en attente de la décision de la machine de mort qui avait interrompu le bal, les hommes protégeant les femmes, une main sur leurs épées d’apparat inutiles, d’autres prêtant main forte aux soldats pour dégager le couple princier, et les plus faible d’esprits courant en tous sens vers les portes, les fenêtres, les couloirs pour sauver leurs misérables vies égoïstes. Des coups de feux retentirent, nombreux, automatiques ainsi que des cris rajoutant à l’horreur de cette soirée.





Lentement le quatuor de rondouillards poussait le prince et la princesse vers une sortie, luttant contre les soldats acharnés. Rapidement Stephan sortit ses couteaux de lancer, Lenore décrocha son collier de chaines d’or et hurla aux soldats d’attirer l’attention sur eux.

Tous deux saisirent l’occasion, lorsque dans un sursaut de représailles l’un des rondouillard fit un bond pour abattre son poids et ses bras dans la masse des gardes. Les deux mercenaires se glissèrent sous sa forme ronde pour se relever dans son dos. La chaîne mordant les ténèbres de son dos comme un fouet, les armes de jet de son camarade se plantant en plusieurs points, le rondouillard se dissipa dans un nuage sombre.


« Qu’est-ce que vous faites ?! » S’écria le Prince en serrant dans ses bras une Cendrillon prostrée.

« Je vous sauve la vie… Majesté »
Elle avait failli l’appeler Ducon sous un réflexe d'incompréhension à sa réaction.

Les deux autres sans - cœur se tournèrent vers les mercenaires prêt à abattre leurs poings énormes pour se débarrasser des nouveaux intrus. A leurs tours, les gardes profitèrent de la distraction pour planter dans leurs dos leurs lances et lames.


« Cessez immédiatement !... Je vous en conjure… Il va reprendre Cendrillon et je n’y survivrai pas. Qu’importe ce monde si… »

« Vous ne lui devez rien du tout !
Hurla Lenore en saisissant le Prince par le col. Pour elle, il était hors de question de capituler. Elle n’est qu’une monnaie d’échange, si tu cèdes, elle sera enfermée pour toujours dans cette situation.

Elle profita d’une onde de choc au sol, pendant que le dernier rondouillard se battait contre les soldats et Stephan, profita de la légère perte d’équilibre du Prince pour lui arracher des mains Cendrillon, poupée de chiffon chuintante de peur et de désespoir.

« Elle t’as l’air libre et heureuse là ? Lenore avait du mal à contenir sa rage dans sa voix rauque et brisée. Le seul vrai moyen c’est de rester sur ton trône avec elle, et de foutre la Coalition dehors. Ils sont responsables de tout ce qui arrive ... à ce monde.

T’es une princesse de cœur pas vrai ?
Dit-elle à Cendrillon en tournant son visage vers le sien, agacée par ses larmes. Son comportement faisait résonner son empathie, ses souvenirs qui venaient à bout de sa raison. Personne… aucune prison, ne peut changer qui tu es. Regarde-les ! Ils se font massacrer sous tes yeux et tu ne comptes vraiment rien faire ?! » Sa voix s’était emportée, impatiente, ayant l’impression de s’adresser à son passé.

Lenore avait besoin que ce couple princier prenne part à la bataille au moins donner des ordres, reprendre main sur leur monde et ne plus fuir. La princesse et le Prince la regardait avec de grands yeux, sans comprendre la rage qui l’habitait, elle une inconnue, même pas de ce Pays.

Un soldat fut projeter au sol prêt d’eux, le dernier rondouillard s’apprêtait à l’écraser sous son poids en lui sautant dessus.


« Non ! » Une onde lumineuse soudaine le repoussa, le faisant grogner de douleur. L’éclat avait éblouis la mercenaire, ses yeux peinait à se remettre de la brûlure qu’elle avait ressenti à ce moment alors que son corps lui semblait apprécier la douce chaleur qui l’avait touché.

Lorsque sa vue revint un peu, Lenore vit que la Princesse avait la main encore tendue vers le monstre, elle-même étonnée de ce qu’il s’était passé alors que le Prince venait près d’elle pour la reprendre dans ses bras.
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Ven 17 Nov 2017 - 14:42



Je venais enfin d’atterrir. Même s’il est vrai que je possédais mon propre vaisseau et depuis un petit moment, je savais le piloter. Mais j’avais mis du temps à trouver un endroit où le poser pour éviter toute attention. Et bien évidemment, je devais après ça marcher… Longtemps pour enfin retrouver les habitants que j’avais vus il y a un moment pour leur annoncer la disparition de Marianne.

Je devais donc me débrouiller pour retrouver mon chemin dans le noir, car oui, la nuit était tombée, sinon ce n’était pas drôle…

Le prochain qui a idée d’organiser un bal le soir… Je l’égorge, surtout si je dois agir dans l’ombre comme aujourd’hui…


Je tentais d’habituer ma vue à l’obscurité, mais j’arrivais tout de même à percuter quelques arbres et stupide comme je suis… Je m’excusais. Ce n’est qu’au bout du troisième arbre que je venais de tamponner que je décidais d’arrêter les politesses et continuais ma route -en essayant de ne plus en emboutir- pour retrouver les hommes de ce monde.

Ce n’est qu’au bout de plusieurs et longues minutes que je finis par retrouver l’endroit où je leur avais fait part de cette triste nouvelle. Quelques lumières dans les petites chaumières montraient qu’il y avait du monde… Ou au moins un semblant de vie ici.

Je m’avançait vers la plus proche et frappais à la porte, quelqu’un vint me l’ouvrir assez rapidement.

- Vous !? Mais que faites-vous ici ?
- J’ai besoin de vous.
- Maintenant ?
- Oui, demandez à tous les autres de venir, je dois vous parler c’est important…


Je quittai le pas de la porte et m’avançai vers le semblant d’estrade qui m’avait servi à faire mon discours la dernière fois et j’attendis patiemment que tout le monde arrive.

Lorsque tout le monde fût présent, je ne pris pas de hauteur mais pris une profonde inspiration pour leur parler, je ne voulais cependant pas parler trop fort si jamais une oreille indiscrète s’était glissée jusqu’ici.

- Comme vous le savez sûrement, un bal à lieu en ce moment au Palais des Rêves. Death va faire son maximum pour que vous puissiez être de nouveau un peuple libre. Mais cet acte, n’est pas passé inaperçu. D’autres gens de différents monde, sont aussi venu pour essayer de contrecarrer les plans de Death et il pourrait se retrouver en danger d’un moment à l’autre.
- Que devons-nous faire ?
- Si jamais ça tourne mal lors de cette soirée, Death va faire venir un sans-cœur, un nocturne vert. Il ne sera pas très grand, il portera une sorte de chapeau, son corps sera vert, d’où son nom.
- Un sans-cœur ? Mais ça ne va pas la tête !?
- Justement. Il ne vous fera rien. Il ne se bat pas, c’est pour ça que Death a choisi d’invoquer ce type de sans-cœur. S’il e voulait vraiment pas votre bien et que vous ayez une nouvelle vie, il n’aurait pas chercher à vous protéger avec cet être.
- Ce n’est pas faux. Et donc ?
- Ce sans-cœur sera une sorte de messager. Il faut que vous ouvriez bien l’œil, comme je voulais dit, il n’est pas très grand. Et quand vous le verrez, vous devrez vous munir de vos armes qu’on a vous fourni et vous devrez vous dirigez vers le château pour l’aider et ainsi montrer que vous nous avez confiance car nous sommes venus vous aider. Que vous avez choisi vers quel clan vous retourner. Que vous savez faire vos propres choix. Et ainsi montrer à toutes ces autres personnes qu’elles se trompent sur toute la ligne en disant que la Coalition Noire n’est qu’un ramassis de…


Je n’eus pas le temps de terminer ma phrase et mon regard se focalisa sur la forêt derrière. Mes yeux s’étaient habitués à cette pénombre, mais la lumière des maisons des habitants aidait aussi à voir un peu mieux.

Je vis à cet instant, le fameux sans-cœur que je venais de décrire à ces hommes et femmes.

- Vous savez ce qui vous reste à faire…


Tous se mirent à crier de joie et retournèrent dans leur maison pour prendre leurs armes et retournèrent rapidement vers moi tout en levant fièrement leur nouveau moyen de défense et partirent en direction du château. Je décidai de les suivre juste au cas où, ça tournerait mal pour eux aussi…









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L'Assassin écarlate
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Ven 17 Nov 2017 - 19:25




— Vous prétendez avoir été toujours  là, maître Aqua, dis-tu d’un ton que tu veux provoquant, mais qui à mobiliser le plus de troupes en ce jour ? Notre force armée viendra à bout de tout nos ennemis.

Tu sors de derrière un pilier qui te cachait aux yeux des convives, une longue robe noire à froufrou rouge et noir sur te fondant parfaitement dans la foule du bal. La surprise et l’effroi se lissent sur le visage de ces gens, d’un par la tournure des évènements, et de deux par le sang qui dégouline de Roxas. Cet homme n’a plus rien à voir physiquement avec celui qui t’a accompagné jusqu’Agrabah quelques mois plus tôt. Il a les traits plus sombres et une certaine haine est lisible dans son regard. Un long frisson parcourt ton échine, mais tu prends garde de ne rien laisser paraitre pour ne pas te trahir. Face à cet être à la puissance démesurée, tu ressens une peur certaine.

Tu portes la main à ton oreille droite et communiques tes ordres à ton second pour cette mission.

— Officier Zoot, j’ai besoin de vous dans la salle de bal avec toutes vos unités. Code Delta Tango Charlie Foxtrot Romeo.
—Bien compris.

Soudainement, tout s’enchaine plus vite. Une horde de sans-cœurs que tu imagines invoqué par ton supérieur déboule dans l’assemblée. Tu les toises quelques instants, espérant qu’il les contrôlait bien comme il faut. Mais de plus, une rouquine, que tu reconnais avec surprise comme celle que tu as croisée à la convention de vaisseau et qui à déclarer un discours sanglant contre la Coalition plus tôt, et ses compagnons sortent de la foule afin de s’opposer  à eux. Ils ont difficiles, au début, à venir à bout de  leurs ennemis ténébreux, mais une intervention lumineuse de la part de Cendrillon arrête net le dernier encore debout. Cela t’ébahit un brin, mais tu ne te laisses pas décontenancer. Tu entends finalement les pas lourds de tes soldats résonner dans les couloirs adjacents. Tu les vois s’introduire dans la salle de bal, arme à feu contre épaule.
 
—Mesdames et Messieurs, je vous demanderai, repris-tu plus solennellement , un peu de calme. Nous n’hésiterons pas à tirer sur les récalcitrants. Alors s’il vous plait, ne faites plus rien de stupide.

Tu essayes de regarder ton boss afin de capter son attention et de saisir la prochaine marche à suivre.  
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La Clé du Destin
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Jeu 23 Nov 2017 - 17:12
Et tout le monde parlait, encore et encore. De nombreuses silhouettes entraient en scène devant ses yeux. Il y avait eu tout d'abord cette Maîtresse de la Keyblade qui venait de le défier. Il sentait certaines parties de son corps frémir alors qu'il s'imaginait déjà lui planter ses armes dans le buste. Il lui ferait payer son arrogance, il se le promettait. Mais elle n'était pas la seule à s'être mise à découvert en cette salle de bal. Il y avait aussi eu cette femme rousse que son autre lui avait déjà eu l'occasion de rencontrer. L'Intendante de la Garde Noire. Son attitude à elle aussi méritait d'être punie, feintant le contrôle total de la situation.... Tant de cibles potentielles, et aucune idée de par laquelle commencer.

Et puis, un immense flash lumineux éblouit toute la salle. Il ne put s'empêcher de se couvrir les yeux tant la Lumière était forte... mais c'était son cœur qui réagissait le plus à cet éclat. Comme une légère brûlure qui aurait pu le consumer de l'intérieur s'il s'en était trop approché. La luminosité de la pièce retomba alors peu à peu, et dès lors qu'il fut capable d'ouvrir les yeux, il chercha d'où ce sort avait bien pu venir.

Il finit par la voir, la première rousse de la soirée. Elle s'était débarrassée des sans-cœurs que Death avait invoqué quelques secondes plus tôt. Pas un seul instant ne s'était-elle dressée face à lui, préférant voler au secours du monarque de ce monde. C'en était presque vexant. Il pensait devoir la remettre dans le droit chemin. Sans la lâcher du regard, il commença à lentement lever un bras pour la faire décoller du sol. Il l'éloigna de la Princesse avant de légèrement fermer sa main. C'était ses os qu'il faisait se resserrer peu à peu, lentement... Mais broyer son squelette n'était pas son intention, non... Il l'amena au-dessus de Death dans l'optique d'écraser le dirigeant de la Coalition Noire avec le corps de son ennemie. Il pouvait percevoir une résistance grandissante venant de la rousse, mais rien qui ne fut capable de lui faire lâcher son emprise.

Il fit pivoter sa prise jusqu'à ce que sa longue chevelure de feu soit pendante en même temps que son autre main se voyait rayonner d'une douce lueur orangée. Ce fut seulement lorsque son sort fut prêt qu'il projeta le corps en lévitation vers le sol et qu'il lança sa boule de feu de la taille d'une balle de Blitzball. Ainsi alignée avec la personne présentant le plus d'intérêt à ses yeux dans cette salle, il se décida enfin à se ruer sur eux. Le temps d'un battement de cil et il était déjà à leur hauteur, décochant son plus beau coup de pied directement dans le buste de la jeune mercenaire. Il vit le corps se plier sous l'impact avant de finalement partir en arrière et percuter le Boucher de Grimm. Il tendit le bras gauche pour attraper le poignet de son arme vivante et leva son poing droit avant de l'abattre sur la mercenaire. Le carrelage de la salle de bal imprima sa silhouette lorsqu'elle rejoignit le sol.

Gardant Death dans son champ de vision, il tendit la main en direction du visage de la mercenaire au sol et commença à incanter un sort. Son énergie magique commençait à prendre la forme d'une pique de glace et lorsqu'elle eût presque terminé de se former, il tourna son regard pour le poser sur celui qui semblait se rapprocher de l'image que l'on se faisait d'un faucheur.


Nan, ce serait trop facile. Une fête n'est appréciable que sur la durée !

La glace se dissipa, et le bras qui la créait quelques secondes auparavant fila à toute vitesse vers les côtes de Death. Il le frappa d'un coup rapide et puissant avant de lever sa jambe et de lui asséner deux coups rapides, l'un dans la tempe et l'autre sur le côté du genou. Sans laisser de pause à son adversaire, il le saisit par la gorge et le lança en arrière, le toisant toujours un peu plus à chaque seconde qui passait.
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Sam 2 Déc 2017 - 19:16
Le corps de Lenore s’affaissai mollement au sol. Naran sentait un liquide poisseux couler de ses propres phalanges. Ses ongles s’y étaient enfoncé, dans un effort glacé pour se tenir immobile.

Son orgueil lui hurlait de sauter à bas de son perchoir, et foncer sur Roxas. De briser ses dents sur le marbre du sol ; d’arracher ses doigts pour les lui enfoncer dans les orbites ; de déchirer sa chair pour en extraire son squelette.
Mais quelque chose la figeait sur place. Sa raison, peut-être. Ou plus simplement son instinct de survie.
Que pouvait elle face à ce monstre ?

Son sang bouillonnait dans ses veines, battait à ses tempes, martelant un rythme effréné. Sans le savoir, sans l’admettre, Naran avait peur. Son impuissance lui était de plus en plus évidente, amplifiant sa haine et son horreur.
Son cerveau, un jour entrainé à la tactique et la stratégie, peinait à avancer, fixé qu’il était sur le corps flasque de Lenore, la terreur de Stephan près du couple princier, l’insolence de Roxas qui nonchalamment venait d’envoyer valser tous ses espoirs.

Les gardes s’étaient engouffrés dans la pièce, leur port martial imperturbable face au déluge de violence. Les invités en panique hésitaient entre Charybde et Scylla, fixant tour à tour Roxas sanguinolent et les armes scintillantes des soldats noirs.
Ces derniers emplissant l’espace, tuméfiant de noir la masse colorées des invités, emportant avec eux un silence terrifié. Ils se déployaient avec précision, bloquant peu à peu toute les issues. Naran se raidit.
Escaliers, portes et arcades, tous les accès à la Salle de Bal étaient maintenant occultés par leurs uniformes noircis.

Observant la scène, Naran sentait chaque minute ses options diminuer. Elle ne pouvait pas abandonner ses compagnons d’armes, et pourtant… Pourtant l’accès à la salle de Bal était bloqué par les soldats et la foule terrifiée : Elle ne pouvait s’y glisser sans se faire remarquer, voir faire couler le sang. Quant à sauter du haut des escalier, oh, elle l’aurait tenté… Si Roxas ne s’était pas montré d’une puissance tout bonnement terrifiante.  Attirer l’attention sur elle maintenant signerait son arrêt de mort.


Assez. Si le chemin était bloqué ici, elle s’en trouverait un autre. Prise d’un élan rageur, Naran fit volteface.

En se retournant, elle croisa le regard d’Agon. Le visage du jeune homme était pale, horrifié, et pourtant quelque chose dans sa posture indiquait… Indiquait quoi, précisément ? Un certain sang-froid peut-être, une forme d’instinct… Est-ce suffisant pour lui donner l’énergie, la volonté de fuir ? De combattre s’il le fallait ?
Dans un autre temps, Naran se serait amusé de voir le prêtre ici. Elle se serait interrogée sur ses motivations, aurait peut-être même joué le jeu de la diplomatie… Mais présentement, elle essayait juste d’évaluer s’il se mettrait en travers de sa route, ou si, au contraire... Il lui avait proposé un accord impossible, un jour. Serait-il aujourd’hui ouvert à une alliance de circonstances ? Savait-il seulement se battre ?

Le temps le dira. Naran s’avança dans le couloir assombri, laissant derrière elle le jeune homme faire ses propres choix.
Son pas se pressa, amorti par un tapis de passage aux motifs psychédéliques. Dans son esprit, la vue du bal s’effaça, laissant place au plan des couloirs et salons du manoir. D’abord, sortir de ce piège à rat. Une fois dehors, contourner le manoir par le jardin, atteindre les portes fenêtre, et… Et puis quoi ? Attendre que la tempête passe comme un lâche ? Non. Planifier, évaluer, et frapper quand ses ennemis seront au plus faible, quand ils auront épuisé leurs forces l’un contre l’autre.

La mercenaire entendit deux personnes prendre sa suite, et la suivre à travers le dédale de corridors. Bien. Tous ses sens en alerte, elle accéléra.
Gauche, tout droit, porte à droite… Naran se laissait guider par ses vagues souvenir. Elle dévala un escalier de service désert, atterrissant sans grâce sur un palier de bois vieillissant, et défonçant presque la porte qui y menait à un hall silencieux. Derrière elle, les pas pressants de ses compagnons de fortunes résonnaient.

Soudain, elle ralentit. Quelque chose avait changé ici. A son premier passage, cette porte avait été ouverte, dévoilant un salon poussiéreux aux meubles couverts de draps. C’était là qu’elle avait trouvé une première échappatoire ; Là que deux larges fenêtres les laisseraient atteindre le jardin… Mais depuis, quelqu’un était passé par ici, avait refermé la porte.

Sur ses gardes, la mercenaire examina les environs. L’urgence ne lui laissait pas le temps d’assouvir sa paranoïa, et elle finit par ouvrir la porte du salon. Derrière elle, Agon et un serviteur à bout de souffle la questionnaient du regard. D’un mouvement d’épaule, elle leur indiqua de la suivre, et pénétra la pièce obscure.


Une cheminée de marbre rose, quelques méridiennes et de lourds rideaux de velours, le tout tombé dans une mesure d’abandon ; Projetée par la lumière du hall, des ombres se louvoyaient derrière les sculptures qui ornait la pièce. Nerveuse, Naran ne pouvait s’empêcher un coup d’œil vers l’enfilade de pièce qui se profilait au fond de la salle. Tout était plongé dans l’obscurité, laissant peu de chance à une patrouille impromptue.
La mercenaire s’approcha des rideaux, les tirant d’une main pour dévoiler de hautes fenêtres. Aveuglée un instant par la poussière qui s’en détacha, elle manqua presque de voir une ombre se dessinait à sa gauche. L’éclat d’une arme, un scintillement bref dans la pénombre… Elle se jeta sous un buffet de chêne, avant qu’une rafale de balles ne vienne ravager les fenêtres.

Alors que les éclats de verres retombaient dans un tintement discordant, Naran en profitait pour se glisser derrière un canapé. Près de la cheminée, il semblait que Agon avait eu le même reflexe qu’elle ; Il avait plaqué au sol leur troisième comparse éberlué à l’abris derrière un large sofa.

Accroupie, Naran resta à couvert pour observer le tireur. Elle remarqua avec consternation que le bois massif des meubles se déchirait peu à peu sous le coup des balles, leurs plumes et rembourrages s’envolant dans un nuage gris. Elle n’avait pas beaucoup de temps.
Le bruit des balles ralentit : La mercenaire eut un regard pour les quelques mètres qui la séparait du tireur, et profita d’une accalmie pour s’élancer. D’un bond, elle se jeta sur l’assaillant, venant percuter son sternum de son poing gauche.

Son uppercut heurta l’armure dans un choc sourd. Sous le choc, sa cible pressa la gâchette, laissant une volée de balle s’enfoncer profondément dans le parquet. Surprise, Naran avait reculé… Erreur fatale, quand son ennemi est armé d’un fusil d’assaut. Elle vit le canon de l’arme se relever, la cibler ; Elle allait tenter de le désarmer d’un coup de pied quand-

Quand le garde s’effondra sur lui-même. Agon venait de l’assomer d’un coup de… Est-ce que c’était un tisonnier ?
Gardant sa barre de fonte dans une main, le jeune homme se pencha sur le garde. Sans un regard pour elle, Agon commença à fouiller le soldat évanoui. Ses mouvements étaient concentrés et efficaces, au point que Naran en resta un instant abasourdi.
La mercenaire fixait les gestes mesurés du prêtre, à peu près sûre que ce genre de comportement n’était pas… Probablement pas ceux d’un prêtre normal. Ou alors elle avait grandement sous-estimé le Sanctum et la foi d’Etro…  

Le sanglot étouffé du serviteur, encore carapaté derrière son sofa, la tira de sa réflexion. Ce n’était pas le moment d’interroger le prêtre sur son expérience en matière de combat à la barre de fer. Naran jeta un œil à travers la fenêtre morcelée. Avec le bruit causé par l’arme du garde, des renforts pourraient arriver à tout moment.

Son inspection finie, Agon se releva, et étudia la fenêtre.
Il était prêt à partir.

« Attend. »
… Mais qu’est ce qu’elle espérait de lui ?
« J’dois encore rester ici. » Elle eut un mouvement d’épaule vague vers... Vers le Bal, vers Lenore et Stephan au milieu d’un beau bordel. « Mais toi, si tu t’en sort… »
Optimiste, ça. C’est bien, ça motive les troupes.
« Prévient les Mercenaires. Pour Roxas, pour Death et la Princesse de Cœur… Pour Lenore. »
Il ne lui devait rien. Quel intérêt aurait-il d’aller dans un monde perdu où il ne serait pas le bienvenu…
« Je sais pas comment ça va finir ici. Mais au cas où on s’en sort pas… Faut qu’ils sachent. »
La peur la rendait pessimiste, apparemment. Faut dire, avec une bête comme Roxas dans le manoir, leurs chances de survie n’étaient pas au beau fixe. Qui sait ensuite, ce que les vainqueurs laisseraient filtrer sur l’évènement.
« L’accueil sera ptet meilleurs si tu dis que tu viens de ma part. Tiens, ça t’aidera à les convaincre… »
Naran lui tendit un petit morceau d’ivoire, attaché à une fine lanière de cuir.
« Bonne chance. »
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Le Boucher de Grimm
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Mer 6 Déc 2017 - 10:52

Le corps de Lenore étendu sur le sol, cette douleur dans les côtes ainsi que l’impossibilité de respirer l’espace de quelques secondes, un bourdonnement dans les oreilles et le craquement du genou de Death. Tant de douleur brève, fatal, avec le sourire du bourreau lorsque les regards se sont croisée. Il était comme tétanisé, incapable de réagir tant tout cela c’était produit en un instant. Maintenant, c’était la douleur brute de son crâne rencontrant le sol et cette main serrant sa gorge que son cerveau lui faisait parvenir.

Il semblait que la lutte soit terminée avant même d’avoir commencé.

Son arme, la faux, reposait au sol à l’endroit où il se trouvait lorsqu’il était encore assez fier pour se vanter. Dur retour à la réalité. La porteuse de la Keyblade ou la personne à l’origine de cette lumière dévastatrice pouvait l’achever en un instant, il était faible et désarmé. Qu’est-ce qu’ils attendaient, l’autorisation du tout-puissant présent dans cette salle de bal ? Non, il refusait de finir ainsi, tué tel un animal lors de tel jour. Les caprices de la vie, de la mort, ce n’était pas pour lui.

Oui, faisons durer le plaisir… Roxas…
Cette enveloppe de chair était inutile, elle ralentissait la bête. Progressivement, toujours allongé sur le sol, le veston se déchirait pour faire apparaître une paire d’ailes membraneuses. La peau se mutait en os et une toge recouvrait désormais le corps du Namtar pour masquer son visage alors qu’il poussait sur ses membres pour se redresser et faire apparaître l’épée en osmium d’Auron. Il n’avait que celle-ci et sa hache sur lui pour l’instant, un bien piètre armement contre le grand maréchal.

Toutefois, il devait combattre, se lever et l’abattre. Il était entouré de personnes le détestant et ce n’était pas en fuyant comme un couard qu’il serait respecter. Dans cette salle trop petite, seul le chaos pouvait l’emporter.

Et il allait se confronter à celui-ci. Resserrant l’emprise sur la poignée de son arme, il donnait un coup rapide en diagonale, partant du pied du démon et visant le visage du maréchal. Un coup dans l’eau, il reculait à peine pour l’esquiver. Un pas en avant, la bête ramène son arme et tente un coup d’estoc avec la poignée de celle-ci, son adversaire dévie le coup. Il est bien plus rapide que ne peut l’être Namtar, cette idée l’enrageait. Le distraire par la parole ? Inutile. Il avait terrassé deux personnes dans la salle son prononcer un mot, et il a ouvert sa grande gueule par pure provocation. Et qu’importent les réflexes du démon, il ne parvenait pas à le toucher, deux tentatives avaient suffi pour qu’il comprenne.

Il ne restait plus que l’option de la masse, le submerger pour qu’il ne remarque pas un coup dans cette mêlée générale. Pas la peine de rameuter les nobles, ils ne feront rien. Il était seul dans cette entreprise.

Assénant un nouveau coup horizontal, une nouvelle fois esquivé, Namtar bondissait en arrière et posait sa main libre sur le sol. Il n’avait pas envie de dévoiler son jeu, encore moins devant une Princesse de Coeur et deux Maître de la Keyblade, sauf qu’il n’avait pas le choix. Concentrant sa symbiose sur le sol, il faisait apparaître une marée noire laissant émerger progressivement des sans-coeurs dans le coeur de la salle de bal. Un ordre simple, prospérer et viser les plus faibles pour renforcer les rangs des ombres. Qu’importe la noblesse, et puis, les paysans ne devraient pas tarder à arriver.

Si ce monde ne pouvait lui appartenir, il ne serait à personne et une nouvelle preuve de l’inefficacité de la Lumière.

Des ombres, des soldats, des rondouillards, des vouivres, des nocturnes de toutes les couleurs, une fleur de Brume s’immisçant déjà dans le lustre de la salle. Il n’était pas bien puissant, néanmoins, le nombre était à leur avantage et voilà qu’il dévorait déjà les personnes trop proches de Namtar. Lui qui se présentait comme un sauveur, n’avait l’air de rien d’autre que d’un bourreau cherchant à renforcer ses rangs. Il s’agissait de la dernière carte qu’il pouvait abattre, il avait épuisé toute sa maîtrise de l’arcane pour les appeler.

Et avec un peu de chance, autant de ténèbres dans un aussi petit endroit inviteraient les sans-coeurs déjà présents au Palais des Rêves. Après tout, il ne lui restait que cela. Muet suite à cela, il se ruait de nouveau dans la mêlée, assénant autant d’attaque que possible, jonglant entre ses deux armes dans un ballet inefficace contre cet être enivré de pouvoir. Jusqu’à ce que, comme porté par la gloire et la volonté, le tranchant de la hache du bourreau embrassait la chair de Roxas, déchirant seulement sa chemise d’un trait net.

Il n’était pas invincible, il était possible de le faire saigner.



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Éclat de l'Océan
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Dim 10 Déc 2017 - 0:41
D'un bond, Aqua se projeta en arrière, effectuant un salto dans les airs tout en tirant une petite boule de feu dans la direction de l'agente de la Coalition Noire qui s'était approchée. Elle espérait  que cela la retarderait. La Maîtresse de la Keyblade aurait voulu répondre à sa provocation, lui dire que leurs « troupes », pour reprendre ses mots, ainsi que leur folie n'allaient mener qu'à la destruction de ce monde... Mais l'heure n'était plus aux sommations, la situation n'avait déjà que trop dégénéré. La jeune femme atterrit au milieu d'un petit groupe de nobles tétanisés, harcelés par des ombres qui avaient déjà eu raison de certains d'entre eux. A ses côtés un homme tomba au sol, un sans-cœur sur le torse qui levait bien haut sa griffe, prêt à la plonger dans sa poitrine pour lui voler son cœur. D'un coup sec de son arme, Aqua le délogea, l'envoyant valser plus loin, et balaya du regard la scène tout autour d'elle, essayant de l'appréhender dans son entièreté.

Tout cela devait n'être qu'un affreux cauchemar. Les nobles qui succombaient tout autour d'elle, les coups de feu qui retentissaient à intervalle régulier, les sans-cœurs qui proliféraient et cette atmosphère de ténèbres infinies qui s'étendait un peu plus à chaque seconde qui passait... Ainsi que l'état de Roxas. Aqua se sentait maudite. Combien de fois devrait-elle faire face à ses amis possédés par les ténèbres qui les habitaient ? D'abord Ven, puis Terra, et maintenant lui. Et combien de fois devrait-elle voir le mal corrompre le Palais des Rêves ? Il y avait dans la salle de bal tellement de ces créatures de l'ombre, jusque dans le lustre qui avait pris vie, qu'elle avait l'impression que ce monde était de nouveau plongé au cœur du Domaine des Ténèbres. Elle devait absolument faire quelque chose ! Mais seule, quelles étaient ses possibilités ? Aqua chassa ses doutes, fronçant les sourcils avec détermination derrière son casque, et serra son arme si fort dans son poing qu'elle sentit une légère douleur parcourir les os de sa main. Elle n'abandonnerait pas ce monde, ni aux ténèbres ni à la Coalition. Elle était un Maître de la Keyblade, et elle ferait tout ce qui était en son pouvoir pour protéger les innocents !

Depuis les airs, des vouivres fondaient sur le petit groupe dans lequel elle se trouvait. Au sol des rondouillards fonçaient dans leur direction, dégageant à coups de ventre les nobles qui se dressaient sur leur passage... La jeune femme amena la garde de son arme au niveau de son visage, concentrant la lumière en elle. Non loin, elle sentait briller la présence lumineuse de Cendrillon qui l'apaisait, lui donnait du courage et semblait même renforcer l'éclat de son propre cœur. Lorsque les sans-cœurs arrivèrent à leur niveau, prêts à les frapper, Aqua tendit brusquement sa Keyblade à l'horizontale devant elle en position de garde. Alors, elle relâcha tout cette énergie accumulée pour l'expulser hors de son corps, formant autour d'eux un dôme protecteur de pure lumière ! Dans un flash aveuglant, les créatures s'écrasèrent sur les parois rayonnantes du dôme et reculèrent de quelques mètres. Ce qui allait lui laisser suffisamment de temps pour essayer de réduire leur nombre...

Aqua saisit son arme à deux mains et la leva au dessus de sa tête. Immédiatement, la lumière qui constituait le bouclier glissa vers le sol jusqu'à s'y incruster, formant tout autour de la jeune femme un cercle lumineux. La Maîtresse de la Keyblade se dressa sur la pointe des pieds et commença à pivoter sur elle-même... D'abord lentement, puis de plus en plus vite ! Suivant son rythme, la lumière du cercle gagna en intensité jusqu'à finalement irradier ! Alors, de la pointe de son arme s'échappèrent par salves de nombreuses sphères lumineuses qui volèrent au hasard à travers la pièce, traversant et désintégrant certaines des créatures : quelques ombres et quelques soldats disparurent dans un nuage de fumée noire, une vouivre touchée en plein vol s'écrasa lourdement au sol, consumée. La jeune femme s'immobilisa pour constater les effets de son sort. Hélas, il en restait encore beaucoup trop ! Et le sans-cœur qui avait élu domicile dans le lustre allait être particulièrement dur à déloger. Il lui fallait du renfort.

« Cissneï ! » dit-elle à haute voix en direction du micro qu'elle portait « La situation ici est en train de devenir incontrôlable, je... »

Des coups de feu retentirent et la Maîtresse de la Keyblade chancela sous le choc. Reprenant rapidement ses esprits, elle baissa les yeux vers son plastron noirci par les impacts de balles. Heureusement, elles n'étaient pas parvenues à traverser son armure. Aqua soupira. Elle en avait presque oublié la présence des gardes de la Coalition ! Elle ne pouvait pas à la fois protéger les nobles et Cendrillon, repousser les sans-cœurs et lutter contre la garde. Il lui fallait faire un choix et espérer qu'il soit le bon pour sauver ce monde...

Son regard se porta sur le duel qui opposait Roxas à Death, ou ce qu'il en restait depuis sa transformation. Est-ce que vaincre le dirigeant de la Coalition suffirait à leur faire quitter le Palais des Rêves ? Et surtout, une autre question s'imposait à sa conscience : Death était-il véritablement la plus grande menace présente dans cette pièce ? Elle avait vu de ses propres yeux la cruauté dont Roxas avait fait preuve envers cette femme quelques instants plus tôt. Sa puissance était connue et redoutée de tous... Et surtout, il avait le pouvoir de manipuler une Keyblade. Les souvenirs de son apprentissage et les légendes qui entouraient cette arme lui revinrent en mémoire. On disait de la Keyblade qu'entre de bonnes mains elle pouvait sauver les mondes, mais qu'entre de mauvaises elle pouvait tout aussi bien les condamner. Le laisser ainsi, en proie aux ténèbres, c'était courir le risque de faire s'effondrer l'équilibre de l'univers tout entier... Un risque qu'elle ne pouvait se permettre de prendre. Elle sut alors ce qu'il lui restait à faire.

D'un geste sec, Aqua leva son arme et, dans un nouveau flash, elle se volatilisa. Au même instant un sceau lumineux apparut au dessus de Death et, soudain, la Maîtresse de la Keyblade réapparut, plongeant sur le chef de la Coalition dans une colonne de lumière ! Aspirée par le portail qui l'avait fait apparaître, elle enchaîna avec un second plongeon sur la silhouette encapuchonnée, le faisant légèrement reculer sous l'impact. Maintenant qu'elle avait séparé les deux opposants, elle pouvait faire ce qu'elle avait en tête. La jeune femme fut de nouveau aspirée par le sceau et, pour son troisième coup, elle se matérialisa au dessus de Roxas et plongea sur lui l'arme en avant...

Le son de leurs armes qui s'entrechoquaient retentit dans ses oreilles, et elle sentit le contrecoup se répandre dans tout son bras. Le jeune homme avait paré son assaut avec une facilité déconcertante. C'était à peine si elle l'avait vu bouger pour lever son arme. Keyblade contre Keyblade, elle essayait tant bien que mal de pousser de toutes ses forces pour briser sa garde. Peine perdue, d'autant que la contrer ne semblait pas lui demander le moindre effort. « Roxas ! » dit-elle en serrant les dents, essayant vainement de le contenir alors que déjà son arme ployait sous sa force. « Je sais que tu m'entends ! Tu dois... » Les mots sortaient difficilement dans sa respiration saccadée. « Tu dois lutter ! Ton cœur est plus fort que ça ! »

Il fallait qu'elle trouve un moyen de le raisonner, de le faire revenir. A deux, ils auraient peut-être une chance. Et, plus que tout, l'idée d'échouer de nouveau à ramener un de ses amis de l'obscurité lui était insupportable...
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Hier à 16:52
Le gout du cuivre et de la poussière alors qu’elle inhalait enfin. Elle avait déjà vécu des secondes similaires, où la tragédie s’était déroulé à une vitesse plus rapide que le temps lui-même. Dans ce même monde qui lui portait malheur. Sous ses yeux ont avait arraché la vie, sans qu’elle ne puisse réagir. On lui avait arraché une douleur inconcevable la renvoyant à sa faiblesse et son incapacité. Son inutilité.

Cette fois encore elle avait hurlé de douleur alors que ses os se mouvaient de façon improbable. Elle avait essayé de lutter avec son corps, avec son esprit, mais que pouvait-elle vraiment faire contre cette même force implacable qui l’avait déjà marqué ? Etait-ce la même personne où ce genre de monstre étaient-ils bien plus fréquent qu’elle n’aurait jamais imaginé ? Il avait joué d’elle comme d’une poupée de chiffon, expulsant l’air de ses poumons en un râle de souffrance étouffé par le bruit des combats, du choc.

Le marbre avait éclaté sous la force qui l’avait projeté au sol. Son esprit étourdit luttait contre l’inconscience. Etouffant le reste du monde pour sa propre survie, filtrant les données pour éviter de se noyer sous la souffrance.

L’odeur du sang et de la poudre. Des volutes glaciales courant sur le marbre comme une vague croupie. Les cris de douleur et de peur résonnaient dans la salle de bal. Les piétinements urgents et les râles de créatures. Alors qu’elle restait étalée, retrouvant sa capacité à respirer, qu’elle retrouvait l’usage de son propre corps d’un tremblement faible, le monde était plongé dans le tumulte du chaos. Lenore ne voulait pas finir ensevelis par les ténèbres.

Elle força ses forces à regagner ses bras, ses jambes, pour se relever. Les sans cœur déferlaient, affamés, sur une population en panique. Où était Stephan ? Il devait protéger le couple princier à tout prix. Il ne pouvait pas s’occuper de Lenore en même temps, et qu’aurait-il pu faire de plus ? Où était Naran ? Son regard avait croisé le sien tétanisé là-haut pendant une fraction de seconde.

Sa vue se voila de rouge semblable à son cauchemar. Une plaie à son arcade sourcilière déversait son sang sur un œil. Le filtre vitreux écarlate qui s’apposait à la situation ne faisait qu’écho à un rêve qui l’avait terrifié. Malgré cela, elle percevait les flashs lumineux d’une attaque contre le démon de la Coalition Noire. Son corps s’était déformé pour prendre l’aspect d’une faucheuse comme la décrit l’imaginaire populaire. Elle n'était même pas étonné qu'il se voile de cet accoutrement.

Elle se retrouvait une fois de plus à observer la fin d’un monde, le massacre d’une population, les sens perturbés par l’odeur de cuivre et de fumée. L’esprit perdu entre sa mémoire et le présent. Elle s’accroupi pour chercher de la main au sol l’éclat un verre rouge, une lame noire qu’elle portait normalement à sa cuisse, un morceau de marbre suffisant pour servir d’arme. Ses doigts s’agrippèrent autour d’un manche qui tira plus à elle pendant que tous étaient concentrés sur les combats.

Elle se redressa observant la lame de la faux qu’elle avait en main. Celle de la faucheuse tombé lors de l’assaut du Maréchal. Alors que tout le monde l’avait oublié au sol, agonisante, elle concentra pour réveiller toutes ses forces. Cette arme était la volonté de toute une vie. Elle ignorait la tournure de la situation pour ne se focaliser que sur ce but ultime qui l’avait tenue debout tout ce temps.

Ses mains serraient le manche de la faux. Son entrainement à la lance allait être plus qu’utile. Aussi silencieusement qu’elle pouvait, elle avançait dans le dos de sa cible. Elle allait venger les morts de Grimm. Venger Svetlana. Se venger elle-même pendant qu’elle en avait l’occasion. Mettant sa douleur, sa rage et toute sa vie dans le maniement de la faux pour l’abattre en diagonale sur cette capuche pour mordre le cou et descendre jusqu’au cœur et finir par trancher en deux ce monstre qui lui avait tout pris.
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