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 Les limbes
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Lun 28 Aoû 2017 - 11:59
Le train file, vieux et croulant, entre les étoiles des routes stellaires. Une locomotive à vapeur fatiguée siffle sa douleur alors qu'elle traine péniblement six wagons. Parmi les sept compartiments, on a le tout premier où siège le chauffeur. Le dernier contient le moteur. L'avant-dernier sert de soute à bagages et l'on peut aussi y mettre ses animaux de compagnie, si on en a, à croire les quelques cages qu'on y trouve. Les trois wagons du milieux sont pour les passagers. Le vaisseau spatial n'est pas énorme et en piteux état... comme tout transport qui daigne passer par Port Royal. Sans parler des sinistres bruits que crache la vieille carcasse de métal, elle tremble comme sur le point de tomber en morceaux et la rouille y est envahissante. Ca sent l'usure et c'est sale, des bestioles y grouillent en masses. Cafards, mouches, araignées et autres joyeusetés se baladent ici comme à la maison. Tout ça n'est pas très rassurant... et me voilà, dissimuler sous une pile de valise dans l'avant-dernier wagon. Pathétique. Les sans-cœurs sont censés pouvoir se téléporter de monde en monde en passant par le domaine des ténèbres... et je sais que je le peux le faire, ne sachant juste pas encore comment. Pour mon voyage comme clandestin, je conserve ma forme humaine pour deux raisons. La première c'est que sous cette apparence, je prend moins de place et c'est bien plus pratique pour se cacher. La deuxième c'est que... en restant suffisamment sous ma forme humaine, je m'y habitue comme on s'habituerait à porter des poids qu'à la fin, on ne sentirait plus. Dès lors que je reprends ma véritable apparence, je me déleste de ce poids et c'est si agréable ! Si agréable qu'en "redevenant humain", je dois me réhabituer, c'est pénible. En plus de ça, ma forme humaine me bride... et tant qu'à faire, je préfère être au maximum de mes capacités seulement si j'en ai besoin.
Mon voyage n'est pas dès plus confortable, ainsi écrasé par plusieurs kilos de bagages.

J'en ai marre des cœurs passables de Port Royal, je n'ai jusqu'ici dévorer que des quidams et lambda. Mon appétit grandit à chaque repas, je m'accoutume comme le ferait un drogué. J'ai besoin de plus. De mieux. Je veux des cœurs puissants et riche en lumière. Evidement, les provinces de la Lumière apparaisse comme l'endroit le plus logique pour ça. Or, le monde du jouet ne me semble pas si intéressant. Quand au Pays Imaginaire, les mercenaires y ont des intérêts et actuellement... c'est le seul groupe qui voudrait plus ou moins de moi, potentiellement. Je préfère éviter de me griller auprès d'eux, on va donc éviter le grabuge là-bas. En plus, si jamais je parviens à m'attirer leur confiance, je n'ai pas intérêt à leur nuire en aucune façon. Au pire, sous forme de sans-cœur, le Centurio ne m'identifiera mais après ça... ? Pas question de toucher aux sirènes ou aux indiens par rapport aux intérêts de Port Royal... et s'en prendre à la lumière revient à s'en prendre aux peaux-rouges. Reste les fées et les enfants perdus que je doute pouvoir attraper. Quand au Château Disney ? C'est sûr qu'un incroyable festin m'attends là-bas mais ce serait avoir les yeux plus gros que le ventre.
Après l'attaque de la Coalition Noire, le Sanctum me semble une proie de choix. La prudence sera de mise, ils ont survécu à énormément de choses bien plus dangereuses que moi... mais au Domaine Enchantée, j'en suis sûr, y a moyen de moyenner.

Sauf que le voyage me parait long... bien trop long. Quelque chose ne va pas. J'ai faim. Très faim. Trop faim. Peu à peu, ça devient plus fort que moi. Je suis pris de spasmes... me voilà qui doit retenir mon propre corps de se jeter sur le premier cœur venu. Ma volonté lutte contre mes instincts. Si je perd le contrôle, je risque de ne plus pouvoir réfléchir et d'endommager le vaisseau ou tuer le chauffeur. Et ensuite quoi ? Je me crash sur un monde et en meurt ? Je dérive dans l'espace à jamais ? Les risques sont énormes, bien trop pour que je prenne le risque. La meilleure solution, c'est encore de manger tant qu'il me reste une once de raison. Me nourrir avant de devenir une bête sauvage.

Au moment où je m'extirpe des valises, le contrôleur passe dans le coin et me voit. Pourquoi fallut-il qu'il passe à ce moment-là ?! On admet que je me rend... on va probablement me ligoter dans un coin et me surveiller. Le train n'arrêtera pas sa course, je ne serais récupéré et amené en prison qu'une fois arrivée au domaine enchantée. Problème : impossible de passer sous les radars désormais... encore moins en dévorant des cœurs et... je suis foutu. Quoiqu'il arrive, ma nature de sans-cœur reprendra le dessus avant qu'on arrive. La prochaine fois, s'il y en a une, je m'assurerais d'être rassasié avant de voyager dans une cage spatiale dont ma survie dépend. Me voilà dans une impasse. Impasse qui suffit à achever ce qu'il me reste de volonté. Avec un peu de chance, je me crasherais quelque part et y survivrait !

...

Je surgis dans le troisième wagon en partant de la fin et je m'abandonne à la faim ! Personne n'en réchappera ! Terreur et effroi envahissent les quelques passagers présents en me voyant. Mon visage se résume désormais à deux ronds et un sourire de citrouille jaunes luisants. Ma chevelure cendre triple de volume jusqu'à me caresser les reins... et ma peau est noir violacée. J'ai des griffes digne d'une ombre... et je dépasse aisément les deux mètres, presque obligé de me courber pour ne pas toucher le plafond. Sans même avoir besoin de réfléchir, je me rue à la poursuite des passagers qui me fuient. Mon long corps m'encombre, me force à me tordre et me plier douloureusement en tout sens pour avancer. Me servant autant de mes bras que de mes jambes, j'ai alors la semblance d'un monstre à quatre pattes même si de base, j'ai une morphologie plutôt humaine. Sauvage et débile, j'use de mes longs membres pour frapper à tout va... dévore le cœur de ceux qui ne se déplacent plus ou alors trop lentement... puis je m'enfonce plus en avant.

Je surgis dans le troisième wagon en partant de la locomotive... même chose que précédemment !

Puis surgis dans la dernier wagon avant la locomotive et le manège recommence... mais cette fois, les passagers sont bloqués avec moi. La porte en direction du chauffeur est bloqué tandis que de mon corps, je fais opposition à l'autre. Un bruit retentit... et soudain, nous sommes tous momentanément déséquilibré. Un sursaut de conscience me prend alors... l'équipage s'est retranché dans la locomotive et l'a détaché des wagons pour qu'elle continue seule sa route.
Je me rue aussi vite qu'il m'est permis en direction de la locomotive... et étire mon ombre en un gigantesque bras... ce dernier défonce la porte puis agrippe la locomotive de ses griffes. Incapable de retenir le vaisseau, c'est lui qui m'emmène avec lui.

Hors du wagon, je n'ai plus d'ombre dans le vide spatial... voilà qu'un sans-cœur dérivait, seul, dans le vide et l'ennui des routes stellaires. Des heures durant, peut-être même des jours, la créature en perdit toute notion du temps. Sa seule activité fut d'observer les étoiles, lunes, mondes et différents astres. Autant de lumière qui le fascinait, le rappelait à cette faim dévorante qui le hantait et l'obsèderait à jamais, sans fin. Son instinct profond aspire à la survie, à se nourrir de cette la lumière sans laquelle l'ombre ne peut exister ; son être n'étant fait que de ténèbres, il a besoin de lumière pour continuer à exister. Cet éclat qu'il consume... cette lumière qui densifie son ombre et l'étend. Une torture désespérante dont seul sa destruction pouvait le libérer... mais cet échapatoire, il ne pouvait s'y résoudre.
Pourtant, à errer ainsi sans le moindre cœur à dévorer, le néant restait bien le seul sort réaliste qui l'attendait.

Face à cette impasse, la créature souffrait en silence, végétait d'agonie comme on meurt de faim et de soif en plein désert. Jusqu'à cet instant... sa faim demeurait, atroce et le dévorant... mais son être ne se consumait plus. Surkesh eut la sensation d'être enfin chez lui, se sentit comme un poisson dans l'eau, baignait dans un océan de ténèbres qui maintenait sa substance. Souffrir n'est jamais agréable... mais ressentir qu'il allait survivre fut d'un réconfort plus grand que sa douleur.
Dans sa dérive, lui qui était dans un état semblable au sommeil, percuta un rocher...


...et putain je l'ai senti passer ! Ma tête a cogné la tête la roche et me laisse désorienter un instant avant de comprendre ma douleur. Je serre mon crâne de ma griffe droite, frotte, me gratte, marque un temps certain de repos pour retrouver mes esprits. Ce n'est qu'après que je comprend être incroyablement faible... il me faut un cœur, de la lumière peu importe sa forme, c'est tout ce qui m'intéresse là tout de suite. A mon grand désarroi, tout autour de moi, je ne vois que ténèbres qui s'étendent à perte de vue, à l'infini dirais-je. Si seulement ça se résumait à ne pas en voir la fin... je n'en vois pas le début non plus, perdu comme en plein désert. Tel un humain qui chercherait un peu, je ne veux qu'un peu de lumière et instinctivement, j'erre.

C'est violet... tout ici est violet dans toutes les teintes... des ténèbres liquides s'étendant un océan qui d'un pas, un seul, tout entier vous engloutirait. Me voilà donc qui machinalement, bondit d'une plate-forme rocheuse à l'autre... et parfois, doit m'aider d'un sort pour vaincre la distance. Mon ombre, une et indivisible, n'est pas ici au mieux... elle est là mais la lumière, ici si sombre, l'empêche d'avoir grande ampleur. C'est donc de ma matière noire que je m'aide, la faisait qui me fait quelques ailes ou s'étend en un grappin. Quelques sans-cœurs que je croise, m'épie soudain... mais on ne se menace pas, donc on ne s'intéresse pas. Parmi ceux que j'aperçois, certains disparaissent... se fondent dans leurs propres ombres comme avalées par de petits marais ; ainsi voyagent-ils jusqu'à des mondes où on trouve encore de la lumière. Une capacité qu'il me faut apprendre puisqu'ainsi perdu, je mettrais des années à retrouver mon chemin... et peut-être ne le retrouverais-je jamais.
Les mercenaires... je tient toujours à ma place dans ce groupe... on ne réussit pas seul et pour satisfaire mes ambitions, ma faim dévorante, j'aurais besoin d'alliés. Peut-être iront-ils jusqu'à me protéger ? Là aussi, l'adhésion à ce groupe sera un long chemin dont je ne trouverais peut-être jamais la fin. Au moins, si l'errance est mon destin, je sais qu'à condition de pouvoir cheminer par les voies des ténèbres, la fin des mondes sera un refuge sans pareil.

Et tant que je ne saurais pas cheminer par les voies des ténèbres, je resterais coincé là. Loin de l'univers et de ses guerres ; loin de son piment, de sa folie. Un univers pleins de lumières et sans ennuis. Ce même ennui, la seule chose qui me différencie encore d'une simple créature, la seule chose qui me donne encore une personnalité. L'ennui, c'est bien la seule chose qui me hante encore et me pousse à allez plus loin que mes simples instincts.

J'avance... j'erre... et même moi j'espère, un jour ou l'autre, tombé sur un cœur. Que c'est pathétique... j'ai passé ma vie d'humain à m'enfoncer toujours plus avant dans les ténèbres... et finalement ! Désormais j'en suis complètement... je ne cherche plus qu'un peu de lumière. Tout ce que je voudrais, ce serait rendre cette existence aussi palpitante que la précédente. Pas de peine, ni de chagrin... juste quelques regrets... mais je vais l'avant. Les limbes ne m'ennuieraient pas plus, moi qui mérite l'enfer. Tout autour traine des sans-cœurs qui comme moi, errent... sans but... et c'est notre châtiment.
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