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 L'enthousiasme éternel
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Mer 16 Aoû 2017 - 15:04

[mini-série]

L’incertain, le vengeur, et un grand bol d’air frais
★☆☆☆☆☆

« Bien ! J’espère que vous êtes prêts ! »

Dans la cabine du vaisseau Shinra, Rhys s’était redressé avec un dynamisme léger (et tout à fait caractéristique de sa personne). Ses deux camarades quant à eux, de jeunes recrues du Sanctum, l’observaient comme s’il fut le type étrange du village. Lui, là. Vous voyez très bien qui. Ils ne le comprenaient pas.

Rhys était, certes, un bol d’air frais. Un enthousiasme éternel. Un sourire que l’on était toujours sûr de trouver pour s’épauler dans les moments difficiles. Pour autant l’esprit des aspirants qui l’accompagnaient était prit de nombreuses préoccupations, et la bouille de farfadet de leur supérieur ne leur semblait qu’honnêtement déplacée. Ils hochèrent la tête silencieusement. Mhm. Les voir ainsi embêtait Rhys en un sens.
Non pas qu’il ne les comprenne pas. Une première vraie mission dans un monde étranger, cela pouvait avoir de quoi impressionner.
Mais allons ! Ce n’était pas la première fois que Rhys s’occupait d’un tel passage de cap pour de jeunes aspirants ! — et il s’en était toujours merveilleusement bien acquitté. Ces deux frères ne feraient pas exception.

Les deux frères.

Hasel était un jeune homme appliqué, et prometteur, avec de grandes facilités. Il s’était engagé, comme son frère aîné, après l’attaque de la Citadelle par la Coalition Noire. Il voulait aider, il le voulait sincèrement. Mais de se rendre si tôt dans un monde dont on murmurait que l’influence de ces « monstres » était extrêmement forte le rendait nerveux. Qui sait ce qu’il allait voir ? Qui sait quelles horreurs ils subiraient s’ils étaient confrontés à l’un des agents de la terrible organisation ? Pourraient-ils seulement se reposer sur l’un des habitants de ce monde sans craindre qu’il ne soit traître ?
Il n’avait que seize ans, et son cerveau bouillait d’inquiétude. Celle-ci, augmentée d’un manque viscéral de confiance en soi. En ses compétences.

Il est bien difficile de demeurer serein lorsque l’on doute même de ses capacités à rester en vie.

Rhys, aussi sûr de lui qu’il pouvait paraître, avait connu ce problème. Mais il appartenait désormais à une enfance qui lui semblait lointaine, du haut de ses vingt-cinq années. Cette mission… oui ! Il en faisait son objectif secret. Cette mission lui permettrait de faire prendre conscience à cet aspirant de son potentiel et de ses forces. Ses yeux croisèrent ceux de Hasel, et il lui adressa un sourire doux, un regard rassurant. La recrue n’esquissa qu’un sourire gêné avant de détourner le regard, embarrassée.

Y’avait du boulot.

Eibe, assis à côté du garçon, avait quelque chose de plus froid. Il réagissait autrement. Il était déterminé. La Coalition ne l’effrayait pas. Même s’il avait été pétrifié devant leur tour de force au Domaine, il espérait presque voir l’un de leurs agents ici. Et ce, bien que la Coalition n’avait rien à voir, directement du moins, avec leur mission.
Il leur ferait payer — la destruction, les blessés… les morts. De ce que Rhys avait apprit de leur instructeur, il avait moins de facilités que son cadet mais une volonté implacable. Bien que le vétéran trouvait cette hargne plus avantageuse que n’importe quelle arme et se félicitait d’un élève si impliqué, le templier restait dubitatif.

La vengeance a cela de vicieux qu’elle n’avait jamais rendu les individus meilleurs.
Et il le savait d’expérience.


Il était temps de les mettre dans le bain. La cabine allouée aux hommes du Sanctum était bien petite — deux banquettes usées par les voyages en vis-à-vis — mais elle leur permettrait de pouvoir échanger sans craindre d’être écoutés par le tout venant. Le templier s’était adossé à la porte d’une sorte de verre épais (du plexiglas lui avait-on dit une fois ?). « — L’un de vous peut-il me faire un récap’ de l’ordre de mission ? » Echange de regards, une discussion silencieuse qui se finit bien rapidement. Eibe prit la parole. Voix grave, bien moins sèche que ce que son attitude pouvait suggérer.

« Il y a trois semaines, une prêtresse du Sanctum, Vildiane Weiss, a été envoyée en mission dans le monde dit du ‘Palais des Rêves’.
Son but était d’entrer en contact avec un collectionneur s’étant établi dans un village reculé. Ce dernier prétendait détenir des documents propres à intéresser le Sanctum.
 » De ce que Rhys en avait appris, le type en question avait réussi à mettre la main sur de vieux manuscrits portant sur Etro ou les Eternels. Supercherie ou réelle trouvaille, c’était justement ce que Vildiane Weiss devait découvrir. Heltzer avait fait des pieds et des mains pour que cette mission ne soit pas remise à plus tard et avec tout le bordel que la Coalition avait mis au Domaine… Vildiane était partie oui, mais seule.
Ce qui devait arriver arriva.

« — La prêtresse n’a pas donné signe de vie depuis près de deux semaines. Nous sommes envoyés afin de la retrouver et nous assurer de sa bonne santé et de son retour saine et sauve parmi nous. 
- Bon résumé, dit-il en acquiesçant. Par où on devrait commencer selon vous ? Hasel ?
- E-eh b-bien — il bafouillait en se redressant d’un coup — J-je… je crois que nous avons à notre disposition le plan de route que devait suivre la prêtresse Weiss alors… ce pourrait être bien de le suivre ? Je veux dire. On pourrait parler aux habitants des villages sur le chemin, savoir s’ils l’ont vue passer et quand ? Ca nous permettrait de… vous voyez ?
- Je vois oui. Et c’est une bonne base — Rhys ne délaissait pas son sourire. Nous arriverons au Palais des Rêves en fin de journée donc nous nous arrêterons dans le bourg non loin pour la nuit. On se mettra en route demain.
- Pourquoi ne pas se mettre en route immédiatement ? On peut camper. » Aah Eibe. C’était comme si Rhys l’avait fait. Impétueux, et malgré cet air si droit et rigide, d’une impatience certaine.
« — Honnêtement, si on peut s’épargner le risque des animaux sauvages, des sans-coeurs sortis de derrière n’importe quel arbre et Etro-sait-quoi d’autre, je pense que l’auberge est une meilleure option pour ce soir. On est plus performants quand on a pas passé la nuit à se les cailler dehors avec la bruine sur le visage croyez-moi ! »

Et puis il fallait recueillir des informations en ville.
Il n’était évidemment pas convaincu. Le temps de faire ses preuves viendrait pourtant bien assez vite. Inutile de s’y hâter.

Le vaisseau ne tarda pas à atterrir. Les heures qui séparaient le petit groupe de la nuit passèrent au gré du trajet qui se tenait entre eux et leur auberge. Une bâtisse modeste disposant de chambres pour les bourses des gens du commun aux revenus décents, comme aux moins munis. Eux passeraient la nuit dans une chambre au mobilier du plus strict essentiel.

Quatre lits, une étagère basse. Les trois hommes ôtèrent ce qu’ils avaient d’armure pour se mettre plus à l’aise.

Celle d’Eibe était sûrement la plus lourde, car plus complète. Une armure dans un style d’une sobriété pure. Ses quelques ornements singuliers en faisaient toutefois un bien personnalisé. Un héritage plus qu’une armure confiée par le Sanctum. Bien entretenue. Quelqu’un de soigneux.
Rhys préférait de loin avoir plus de mobilité et se reposer sur sa capacité à parer, de sa lame comme de son bouclier. S’il était touché, il souffrait bien plus qu’un camarade couvert de ferraille de la tête aux pieds, mais sa rapidité faisait bien de lui une cible difficile.
Hasel possédait le même type d’équipement. Bien que de moins bonne qualité. Le garçon sortait de son paquetage un livre épais tandis que son frère était déjà assis sur son lit, à aiguiser sa hache. Eibe ne put retenir un soupir plus proche d’un râle. Regard plissé, accusateur.

« — Pourquoi tu as ramené ça ?
- Pour lire..? On reste plusieurs jours. Je me suis dit que…
- Que tu pourrais lire le soir ? Tu es censé dormir ou monter la gar — »
Ah non ! Les choses ne se passeraient pas comme ça sous son commandement ! « WOW ! Eh ! — Rhys coupa net l’aspirant en haussant le ton — On se calme là. Ce soir on est en auberge, pas paumé dans la Fin des Mondes à devoir monter un camp de vacances. S’il y a un soir de détente à prendre dans ce monde c’est ce soir. »
De l’astronomie. Il n’avait pu s’empêcher de jeter un oeil à la couverture du bouquin. « Donc lit qui veut. » Le templier n’aimait pas avoir à faire ce genre de rappel à l’ordre. Il préférait de loin avoir des camarades amis que des subordonnés à tenir en laisse. Mais force était de constater qu’ils étaient parfois nécessaires.

Une minute.

Une autre.

L’ambiance ne se faisait pas plus légère avec cette altercation. Eibe gardait les yeux sur son arme. Hasel sur ses mains. Pffft. Rhys soupirait intérieurement. Les jeunes vraiment. « J’ai quelques trucs à faire en ville. Hasel, viens avec moi. Ah, et prend ton épée ! »

—————

Ce soir était soir de fête et Rhys comptait bien en profiter pour apaiser un peu l’un de ses protégés. Rhys était ce genre de personne. Tous les aspirants dont il avait eu la charge, ou ceux avec qui il avait travaillé, étaient ses protégés.

Apaiser son protégé. Le connaître un peu plus déjà.

« — Alors comme ça tu aimes l’astronomie ? questionnait-il.
- Une amie m’a prêté ce livre.. — gêné, Hasel passait la main sur sa nuque.
- Oh, je vois.
- Enfin j’ai déjà quelques bases hein.
- Sujet passionnant non ?
- Vous vous y connaissez ? — et le voilà qui levait vers Rhys un regard curieux et intrigué. Contact : fait.
- Peu. J’ai une connaissance qui me parlait parfois de ça. Un peu comme toi du coup ?
- Ah-ah, on va dire ça. En vérité c’est moi qui lui ait demandé de m’en parler.
- Pourquoi ? Enfin comment est né cet intérêt soudain ? Si je me souviens bien ton frère et toi avez aidé à l’atelier de menuiserie de vos parents. Ce n’est pas spécialement tourné vers… vers l’astronomie.
- Oh eh ben. En fait c’est un gosse dans mon quartier qui m’a dit que le ciel était le même pour tous les mondes. Un p’tit apprenti sorcier. Ca m’a interpellé, j’ai voulu en apprendre plus. Forcément, bien des hommes de lettre m’ont fermé leurs portes. Mais il y en a un qui me l’a ouverte et qui m’a enseigné ce que je voulais savoir. Et sa fille me conseille aujourd’hui en lectures.
- C’est bien d’avoir des intérêts en dehors des armes et des missions. »

Le garçon ne semblait pas convaincu. Son regard se perdit sur les lumières dansantes d’une taverne pleine d’activité, puis il passa la main dans ses courts cheveux châtains. Silencieux. « Ce que t’a dit ton frère te trotte en tête non ?
- C’est… un peu, laissa-t-il échapper avec une crispation dissimulée. Il a raison. Je devrais être moins… plus professionnel.
- Comme je l’ai dit. C’est un soir de relâche. Tu avais raison d’en profiter avant que nous ne soyons dans le coeur de l’action.
- Mhm.
- Et puis. Je vais t’avouer un truc — Rhys adressa un petit regard à son interlocuteur, pour s’assurer son attention — On a tous notre petit quelque chose qui nous rappelle à qui nous sommes, en dehors de notre office.
- C’est à dire..?
- Bientôt, tu seras Templier, comme moi. Et pour tous les autres, on sera deux boîtes de conserve en métal au service du Sanctum. Un soldat du rang, et un autre. Mais on a tous des motivations différentes, et tous quelque chose qui fait de nous plus « qu’un templier ». Tu es un intéressé d’astronomie, je suis un amoureux de romans noirs. Et garder ces petites choses, c’est important. Ton frère apprendra à le cultiver aussi. »
— Hasel parut comme pensif un instant. Avant de demander, un peu penaud : « — Des romans noirs ?
- Un style de roman po… des enquêtes souvent. Un style sombre.
- Vous venez d’où vous ?
- Jardin Radieux !
- Oh. C’est comment ?
- C’est… un peu difficile comme question en fait. C’est… bien, je dirais ? Bien pour le tourisme. Le Consulat y a fait beaucoup de choses. C’était ma maison.
- Et main —
- Ma nouvelle maison s’appelle Domaine Enchanté. » Il sourit. Hasel n’insista pas.

Le Jardin Radieux. Le reverrait-il un jour ? Les choses ne semblaient pas aller vers le beau fixe avec le Consulat.
Le Jardin Radieux.
Ses rues lumineuses, ses passants.

Son marché aux fleurs.

Rhys secoua la tête. Pour ce que cela importait désormais.

Ils arrivèrent sur la place principale.

« — Ah mais voilà ! Enfin ! » Rhys éclata d’un rire enthousiaste tout en frottant ses mains. Il était temps de se détendre !

Une place ronde. L’estrade sur tréteaux. Bancs et tables sortis. Les tambourins. Les flûtes. Les chants. Les pas battant les pavés. Les rires. Sourires. Cris contre un tricheur à la table des joueurs. Chopes qui s’entrechoquaient.

« — Allez, en route ! Danse !
- Je ne suis pas très…
- Mais si tu l’es ! Allez ! » — et Rhys le jetait dans la ronde d’une puissante tape dans le dos.

Mais c’est qu’il était bon en plus ! Le templier le regardait aller au gré des instruments, passant de dame en enfant, d’enfant en vieillard, de vieillard en garçon. Embarrassé d’abord, il regardait plus ses pieds que les visages joyeux qui l’observaient, nourris de cette touchante maladresse. Un pied souffrit bien toutefois de son inexpérience. Deux. Peut-être trois.
Et ensuite.
Petit à petit.
Il prenait de l’assurance. Et il sourit lui aussi.

Il se débrouillait en fait bien mieux que le templier, qui avait bien failli faire tomber deux de ses partenaires. Rhys s’était donc écarté, se rapprochant des musiciens et échangeant avec quelques locaux qui le renseignaient sur les ragots du coin, les rumeurs. Pourraient-ils lui donner des astuces pour voyager par ici ? Avaient-ils entendu parler d’une représentante du Sanctum qui soit passée par là ?

Aussi détendue que soit son attitude, et autant qu’il pouvait prêcher un peu de détente, le templier n’en était pas arrivé où il était en ne se préoccupant pas de ses missions — Il parlait et battait la mesure du pied en gardant un oeil sur le garçon.

La danseuse.

Des pas précis et légers. Des courbes harmonieuses et des gestes d’une élégance rare. Une chevelure brune qui allait et venait au rythme d’une chorégraphie propre, et qui lui alliait le tissu carmin de sa jupe longue et évasée. Une beauté de magazines comme on en trouve dans les vaisseaux de la Shinra.
Et elle avait décidé que ce jeune étranger serait un partenaire amusant.

Hasel. Chanceux, ou victime ?

Il n’y avait qu’à voir la douce malice qui animait les traits de la joueuse lorsqu’elle se trouva en face de lui. La tourmenteuse. Combien de fois avait-elle fait tourner la tête de garçons à peine entrés dans ce qui, pour le monde d’où le garçon venait, était l’âge adulte ? Plus d’un, sûrement. Ca ne loupa pas. « Votre ami devient tout rouge ah-ah ! » éclata le voisin du templier. « Il est jeune. Laissez-lui le temps vous verrez. » Mais à dire vrai, la scène était amusante et touchante. Un rictus amusé s’invita sur les lèvres de Rhys.
« — On devrait peut-être se pousser un peu, dit-il en jetant un oeil derrière-lui. J’vois que les comédiens se préparent. »

Personne n’avait évoqué Vildiane. La prêtresse avait sûrement cherché à se faire discrète.
Une initiative louable, sûrement.
Le souci étant que trouver une personne qui tâche de ne pas laisser de traces s’avérait bien plus ardu que si elle se moquait de ce qu’elle laissait derrière elle.

Puisse Etro faire qu’elle n’ait eu qu’à faire une halte dans l’une des communautés sur sa route.

Demain ne serait plus le temps des danses. Rhys tira légèrement sur ses gants.
—————



Dernière édition par Agon Wiley le Sam 9 Sep 2017 - 19:49, édité 2 fois
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Mar 22 Aoû 2017 - 2:28


Journal épistolaire d’un aspirant


Tu ne le liras pas avant mon retour.
Mais une promesse est une promesse.

Jour 1 —

Ma chère Marla,

Me voici arrivé au Palais des Rêves. La première fois que je quittais notre monde, et je crois que je ne me suis jamais autant amusé de toute ma vie. Nous avons atterri tard, et le templier Rhys, mon superviseur, a décidé que nous passerions la nuit à l’auberge.

Nous sommes sortis et j’ai pu découvrir un peu le bourg où nous séjournions. C’était soir de fête et j’ai pu prendre part aux danses. Je t’en montrerai quelques pas à mon retour.
Il faut que je te parle de mon supérieur ! Il a quelques notions d’astronomie, et c’est un lecteur. Après la pièce jouée sur la place principale, nous nous sommes écartés pour une petite heure d’entraînement avant de parler un peu plus. Il m’a confié tenir la rédaction d’un petit magazine Chasse et Pêche diffusé dans les vaisseaux de la Shinra en partance du Domaine. Je ne l’aurais jamais imaginé.

Je ne sais pas trop comment il peut trouver le temps pour ce genre de choses à côté de ses obligations de templier. Il m’assure qu’on trouve son rythme. Que moi aussi, je verrai un jour que si je veux faire quelque chose, je peux le faire. Qu’il suffit de s’en donner les moyens. Qu’être un homme d’armes au service du Sanctum ne veut pas dire laisser tomber le reste, si on en a une véritable envie.

C’en est rassurant en un sens. Tu le sais, je doute parfois d’avoir choisi la bonne voie.
Je veux pouvoir être utile à mon prochain. Demain, si les miens sont en danger je veux avoir le pouvoir de faire quelque chose. Et même si ce n’est pas par les armes que j’aime régler les problèmes, je dois savoir les manier face à ceux qui n’ont jamais recours à une autre méthode de négociation.
De savoir que cela ne veut pas dire abandonner tout ce que j’apprécie ou ce que j’ai voulu réaliser — avant, ailleurs — me fait plutôt chaud au coeur.
Nous pourrons peut-être finalement bien faire ensemble ce cours gratuit et ouvert d’astronomie. En tous les cas, je ferai ce qu’il faut pour.

Etro te garde.

PS : Je viens de demander à mon superviseur s’il accepterait de nous faire venir des livres publiés au Jardin Radieux. Il a dit qu’il en serait ravi.


Jour 2 —

Ma chère Marla,

Nous sommes partis à l’aube aujourd’hui, après avoir rencontré l’un des contacts de Rhys. Aucun d’entre nous n’est natif du monde. Une bonne idée d’avoir voulu d’un local pour nous permettre de faire bon chemin.

Nous avons marché en forêt quasiment toute la journée. Et j’ai pu apprendre à connaître un peu notre guide, Jules Bondieu. Un messager depuis dix ans. Il connaît bien les environs. Je l’ai interrogé sur la présence de la Coalition Noire dans ce monde.
Ses réponses m’ont semblé assez vagues, mais il en ressort que la menace est bien présente.

Pourtant, lorsque je l’écoute, je n’ai pas le sentiment que tous soient contre cette organisation.

Qui dans le peuple de ce monde pourrait soutenir ces bouchers ? Savent-ils ce qu’ils ont fait chez nous, à quelques heures à peine en vaisseau de leurs hameaux ? Savent-ils ce qu’ils ont fait en Grimm ? J’interrogeais notre guide.
« Loin des yeux, loin du coeur » dit-il. Je n’aime pas trop cette idée.

Rien que d’y penser, j’en ai froid dans le dos.

Malgré tout je dois te le dire. J’imaginais ce monde plus sombre. Le soleil brillait au-dessus du feuillage des arbres, et descendait en halos lumineux sur nos têtes. Rien qui égale la Forêt aux Etangs mais tout de même ! Ceci écrit, je comprends un peu mieux la confusion des étrangers qui visitent notre forêt maintenant que j’en vois une dans un autre monde. Les arbres sont chaotiques ici. Leurs branches partent dans tous les sens.

Je dois te parler d’Eibe. Ca ne s’arrange pas. Il est… parfait, en tant qu’aspirant, je ne dis pas le contraire.
Il est aux aguets, monte la garde lors de nos pauses, veille constamment à l’entretien de son équipement.
Mais il ne se comporte plus, me parle plus comme avant. Je ne sais pas vraiment comment l’expliquer.
J’ai le sentiment d’être jugé en permanence. D’être une espèce de chose incapable. Je fais pourtant de mon mieux. Je m’entraîne, il paraît même que je suis plutôt doué. Je tiens mon poste. Je respecte les procédures qu’on nous a enseigné. Peut-être ai-je fait une erreur, à un moment, oui. Mais assez pour mériter ça ? Il agit comme un type à qui j’aurais causé du tort alors que je ne pense pas que ça ait été le cas à un seul instant.

Il faudra que j’aie une discussion avec lui, mais je ne sais jamais comment l’aborder.
Je vais m’occuper de sécuriser la zone autour de notre campement avec Bondieu.

Etro te garde.


Jour 3 —

Ma chère Marla,

Nous avons pu rejoindre le hameau de Bourval avant la tombée de la nuit. Les nouvelles sont bonnes. La prêtresse que nous recherchons est bien passée ici. Nous sommes au moins sur la bonne piste. Rhys comme Eibe sont inquiets du fait que cela remonte à plus d’une semaine et demie.
Mais pour moi, nous savons déjà que quelque chose a dû la retenir. Nous ne serions pas là autrement. Nous pouvons au moins confirmer qu’elle avait quitté le bourg où nous nous sommes arrêtés à notre arrivée. D’après nos informations, elle aurait poursuivi sur la route prévue. Nous repartirons au matin.

Je n’avais pas vu jusque là mon superviseur montrer un signe d’inquiétude. Et je crois bien que c’est même une chose dont on m’avait dit qu’il n’avait jamais l’air. Inquiet.
« A la fois rassurant et déconcertant, Rhys. »
J’ai envie d’être optimiste. Et j’ai rapidement retrouvé chez lui son assurance.

Nous prenons le temps de refaire nos réserves, nous devrons camper demain soir. Des chevaux nous auraient sûrement permis de faire tout ce chemin bien plus vite mais nous avons été envoyés urgamment par l’Archiviste Heltzer et je crois qu’il ne nous a pas alloué une bourse bien conséquente. J’en suis sûr en vérité, puisque Rhys me l’a passée pour que je me charge de combler nos manques de matériel et nourriture.

Eibe et Rhys se sont séparés de Jules et moi pour une partie de l’après-midi. Je les ai aperçus en pleine discussion non loin du centre-ville alors que je m’occupais de négocier une toile de tente. La mienne ne tiendra pas sous les pluies qui sont prévues dans les prochains jours selon notre guide.
J’espère que Rhys ne lui faisait pas de remarques me concernant. Eibe me voit déjà assez pour un enfant. Si en plus notre supérieur parle pour ma cause, je crois que je ne m’en sortirais jamais.

Etro te garde.

PS : Je me suis entraîné avec Rhys ce soir. Selon lui, j’ai des bases très solides avec une très bonne assimilation. Mais il pense qu’il serait bon que je m’entraîne un peu plus aux arts mystiques.
Crois-tu que la maître mage en bas de ta rue m’accepterait comme apprenti ?


Jour 4 —

Ma chère Marla,

Notre périple se poursuit, et nous nous installons à l’orée d’une clairière ce soir. Il y a un petit cours d’eau non loin, parfait pour nous désaltérer sans craindre de rogner sur nos réserves. Il a fait lourd aujourd’hui. La nuit nous apporte un peu de fraîcheur.
J’ai découvert que notre guide, Jules, avait connu Rhys avant son entrée dans notre ordre. Comme le messager m’avait déjà dit ne jamais avoir quitté son monde, je dois dire que ça m’a rendu curieux. Les mondes sont ouverts oui, mais peu sont ceux qui voyagent d’un monde à un autre. Il y a bien sûr les mondes qui attirent les touristes, comme la Costa del Sol, mais je n’avais pas le sentiment que ce soit le cas du Palais des Rêves.
Alors je me suis demandé pourquoi un Rhys venant du Jardin Radieux aurait décidé de quitter son monde pour celui-ci, avant d’être engagé dans l’une des organisations inter-mondes.

Mais à peine je commençais à questionner Jules, qu’Eibe haussait le ton. Je sais que ce ne sont pas mes affaires. Il a eu raison sur ce coup-ci. Si j’ai des questions, autant les poser directement à l’intéressé. A la réflexion, je crois même que le guide était un peu gêné que je l’interroge. Je ferai attention à l’avenir.

Je voulais parler à Eibe ce soir, mais il m’a renvoyé promener en m’expliquant qu’on aurait tout le temps après la mission. Que je devais me reposer, que mon tour de garde viendrait dans la nuit.

Il a sûrement raison.

Je me coucherai ce soir en regardant le ciel. Je ne pensais pas que mon monde me manquerait après quelques jours seulement.

Plusieurs mondes, un ciel.

Etro te garde.


Jour 5 —

Ma chère Marla,

C’est avec inquiétude que je t’écris ces premières lignes. Je crois que nous sommes perdus. Et même les bêtes semblent nous avoir laissés à notre sort. La forêt est désespérément silencieuse.

Nous avons parcouru des kilomètres, et tourné en rond. Perdu le chemin. L’orage grondait — nous sommes passés, repassés, à des endroits où nous avions déjà marché. Bondieu arrive à garder la tête froide, je crois. Il ne montre pas trop d’inquiétude. Mon superviseur lui, essaie d’être rassurant comme toujours mais je ne suis pas dupe.

Il s’explique avec Eibe en ce moment. Heureusement, la pluie s’est calmée il y a quelques heures. Je ne sais pas ce qui lui a pris. Mon frère est si protocolaire pourtant. Il a commencé plus tôt à se montrer hostile envers Rhys. Je savais qu’il serait agacé, renfrogné, que son énervement serait visible en voyant que nous n’avancions pas mais de là à presque engueuler son supérieur ? Ca ne lui ressemble pas. Tu connais Eibe aussi. Peut-être pas autant que moi. Il est capable de prendre son temps. Je ne sais pas si je te l’avais raconté, alors voilà une petite anecdote.
Eibe peut être impulsif, peu patient. Et comme il devait reprendre l’atelier de menuiserie de père, c’était bien un problème. Ma mère l’a forcé à faire de la broderie avec elle pendant une heure chaque jour pendant des mois. C’est là qu’il a appris à pouvoir se réfréner pour faire des travaux qui demandaient concentration et discipline. Et bien qu’il l’ait appliqué à de nombreuses matières plus tard, et qu’il le niera sûrement, je suis quasiment sûr que ça lui vient de là ! Il a d’ailleurs continué à broder ensuite. Il fait des choses magnifiques.
Mais je ne l’ai plus vu toucher une aiguille depuis l’attaque.

J’ai l’impression qu’il se calme. Notre superviseur n’est pas trop carré, heureusement. Je pense qu’il aurait pris une sacrée sanction autrement.

Nous devons faire ensemble le tour de la zone ce soir. J’en profiterai pour essayer de le calmer. Si on doit rester prisonniers de ces bois encore un jour, il ne faut pas qu’il se laisse aller.

Moi non plus.

Etro te garde.


Jour 6 —

Ma chère Marla !

Nous avons retrouvé la civilisation ! Par hasard je dirais, presque, nous avons atteint le village de Valgris.  Nous devons être la mi-journée, je vois le soleil haut dans le ciel.

C’est assez écarté de notre itinéraire initial, mais je suis surtout heureux de savoir que nous ne sommes plus en sursis. Nous n’avions pas prévu de nourriture pour un long voyage. Je ne sais pas ce qu’il serait advenu de nous.

On m’appelle pour une réunion d’équipe. Je t’écrirai ce soir.
—————

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Dernière édition par Agon Wiley le Sam 9 Sep 2017 - 8:29, édité 1 fois
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Mer 23 Aoû 2017 - 18:59

Le démon de la Coalition Noire se trouvait encore dans le Palais des Rêves, arrivé dans un village de pouilleux répondant au nom de Valgris afin de tendre un piège, une nouvelle fois. Namtar allait, pour la durer de son séjour, conserver l’apparence de Death. Un choix discutable, pourquoi conserver cette enveloppe de chair faible et fragile. La raison était simple, conserver les apparences. À force d’user de la patience, la bête pourrait aller jusqu’à attendre que la vieillesse fauche ses ennemis. Malheureusement, le temps faisait défaut à cet univers.

Il n’avait jamais d’autre choix que d’agir sans prendre le temps d’y réfléchir.

Il avait reçu cette lettre scellée d’une certaine Alena, jurant sa fidélité à la Coalition Noire et ayant un présent afin de prouver ses bonnes intentions. À l’instant où il avait posé pied au sol, il sentait que quelque chose clochait ici, un regard suffit pour comprendre ce qui se passe devant soi.

Elle s’était approché de lui, bien habillée et propre sur elle, un sourire ornait son visage alors qu’elle faisait une courte révérence. Contrairement aux deux personnes l’entourant. La bête souriait légèrement devant cette preuve de respect avant d’inviter son hôte à se redresser.

— Inutile de telle chose avec moi, est-ce que je ressemble à un noble ou à un roi ?
Elle se redressait, son sourire ayant disparu de son visage alors qu’elle répondit négativement de la tête. La bête se contentait seulement d’avancer vers elle.

— Vous êtes notre maître, ne vous dois-je pas le respect ?
— Pas la peine de vous confondre en excuse ou en politesse, je m’en moque. Seules vos actions m’intéressent, et telles sont les raisons de ma réponse à votre invitation.

Agir avec dédains et recracher toutes formes de politesse. Death était comme ça, il adore montrer qu’il était le plus fort par sa seule puissance et que personne ne l’avait mené sur son trône. Voilà les cartes que le démon possédait en main et avec lesquelles il devait jouer. Lui qui adorait entendre des flots intarissables de compliment à son intention, il eut un pincement au coeur à devoir refuser cette adoratrice. Elle lui tourna alors le dos, avançant dans les rues de ce village tel un chef, pour ensuite l’interpeller.

— Alors suivez-moi, vous comprendrez qui je suis en voyant ce que j’ai à offrir.
— Enfin, un éclair de génie…

Peut-être était-ce de trop, se disait-il. Même si la marque de la Coalition Noire brillait sur ce monde, il n’appartenait pourtant pas encore au groupuscule, les liens étaient encore fragiles et il devait probablement mesurer ses paroles pour conserver son avantage. Alena était devant lui, ses deux gardes du corps la suivaient de près. Un homme, à sa droite, d’une carrure exemplaire et semblant prêt à broyer n’importe quel crâne de ses deux mains. Et à sa gauche, une jeune femme, moins impressionnante que l’autre.Toutefois, si elle avait sa place à ses côtés, c’était pour une raison précise.

Ils avancèrent, ensemble dans les rues de la ville alors que les villageois observaient la troupe. Semblaient-ils inquiet ? Nullement, ils se permirent même de saluer cette femme. Tentot le sourire aux lèvres, d’autre avec respect en ôtant leur chapeau. Le démon eu presque du mal à croire que cela soit possible, la Coalition Noire avait agi à la manière d’un sauveur dans ce monde, et ils acceptaient cela en connaissant les monstruosités commises ailleurs. Ainsi donc, les hommes ne cesseront donc jamais de le surprendre.

— Une femme est arrivée il y a trois semaines, répondant à l’une de mes rumeurs disséminées dans l’univers.
Le démon quittait son observation passive, passant au côté d’une maison bruler avant de pénétrer plus en profondeur dans le village. Elle ne s’était pas arrêtée pour parler, conservant son allure et tournant légèrement la tête pour que sa voix parvienne aux oreilles de son invité.

— Une prêtresse du Sanctum, avide de document sur les Éternels. Suite à votre déclaration de guerre, il m’a semblé judicieux d’attirer ce genre de personne à nous, pour des informations.
— Attirer une personne afin de la piéger, quelle originalité ! Voilà au moins deux mois que je ne l’ai fait…
— Vous… Un de nos informateurs nous confirme que des Templiers ont atterri il y a moins d’une semaine et qu’ils étaient à sa recherche.

Malgré lui, Namatar leva les yeux aux ciels. Était-ce tout cela que pouvait lui fournir Alena ? Une prêtresse probablement en mauvais état et une troupe d’hommes d’armes à plusieurs lieux d’ici. Avant qu’il ne puisse poser de question, ils se retrouvèrent devant une maison de fort bonne taille, gardée de deux autres personnes aux traits particuliers. Un homme-loup, tenant une hallebarde dans les mains et une fée virevoltante à un mètre de hauteur, probablement originaire de Fantasia ou du Domaine Enchanté.

Et sortie un large trousseau de sa poche et cherchait une clé avant d’ouvrir la porte. Ses longs cheveux blonds tombèrent sur son visage, qu’elle remit en place derrière son oreille d’un geste de la main. elle n’avait toujours pas relâché ses traits depuis la première remarque de Namtar.

— Elle est enfermée dans cette maison, malheureusement, elle ne nous à rien révéler sur les actions du Sanctum depuis votre attaque.
— A-t-elle été torturée ? Ou l’avez-vous simplement interrogée ?
— Son visage n’a rien, si c’est la question que vous vous poser. J’ai estimé que cela serait de votre ressort, et non du mien. Est-ce une erreur ?

Une solution, une utilité à tout cela germait lentement dans l’esprit du démon alors qu’il observait au travers de la porte le corps d’une femme, allongé sur un canapé et visiblement en mauvais état. Des vêtements tachés de sang par endroits, brûlée à d'autres. Il se retournait alors pour fixer la chef du village et lui sourire en retour.

— Non, vous avez brillamment agi, vous pouvez être sûre d’être félicité à la fin de mon voyage.
— Voulez-vous que l’on vous laisse avec elle ? Mes hommes pourraient…
— Ici, je n’ai besoin que de vous et vous seule, rentré donc avec moi.

Elle hésita un instant, alors que la montagne de muscle l’accompagnant la fixait lourdement, elle finit par accepter et rentrait dans la maison au côté de Namtar, refermant la porte après leurs passages. Lui, il se contentait d’avancer dans la pièce afin d’attraper la Prêtresse et l’asseoir sur une chaise, elle était toujours inconsciente.

— Son nom ?
— Elle dit se nommer Vildiane, est-ce que cela à une réelle importance.
— Ma chère Alena, nous allons jouer à un jeu ensemble. Voulez-vous que je vous donne les règles.

Il observa longuement l’envoyée du Sanctum, attrapant sa mâchoire de sa main afin que rien ne lui échappe.

— Les… Règles…?
— Une pièce de théâtre, où vous tiendrez votre rôle et le mien sera celui de la pauvre prêtresse attendant son escorte de chevalier pour rentrer à la maison.
— Cela est impossible, nous ne pouvons grimer la…

Avant qu’elle ne puisse finir sa phrase, la taille et la corpulence du chef de la Coalition Noire changeaient. Perdant quelques centimètres alors que ses cheveux s’allongèrent pour descendre au milieu du dos et prendre une couleur aussi noire que le charbon. Enfin, il se retourna pour faire face à Alena et lui sourire alors que ses yeux devinrent bleus et que ses lèvres virèrent au rouge sang.

— Ne me sous-estimez pas, ce sera là, votre plus grande erreur.
— Ce n’était pas mon attention.
— Préparons le bal ! Qu’il me retrouve facilement, et surtout, qu’il ne découvre pas cette femme. Cependant, qu’elle vive, elle peut toujours être utile.

La chef de village hocha la tête avant de se retourner et ouvrir de nouveau la porte, laissant sortir Namtar sous sa nouvelle forme et avancer dans les rues de la ville. Si elle n’avait rien conté, ce serait la charge des Templiers de lâcher quelques secrets du Sanctum, la partie allait être si simple que ça en devenait presque navrant.



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Sam 26 Aoû 2017 - 5:07


Les choses sérieuses


Je n’ai pas confiance en ce Bondieu. Moins en tous les cas depuis qu’il nous a perdu dans les bois. Quel messager avec son expérience se perd sur un chemin mille fois parcouru ? Nous ferions mieux de nous trouver quelqu’un d’autre et rapidement, peu importe que mon superviseur et lui aient un passé commun.

Ce qui me chiffonne, c’est que même en partant du principe que ça ait pu arriver, il avait été trop calme. Professionnalisme ? Hasel me dirait que c’en était. Mais je m’en moque. Je prendrai le rôle du paranoïaque, ça ne me dérange pas.

Alors je veille Bondieu. Il parle avec deux femmes. L’une est blonde, cheveux attachés en une tresse qui semble parfaite et le port droit. L’autre a une coupe carrée, cheveux bruns, le teint hâlé. Carrure plus marquée que la femme à tresse. Pas difficile en même temps.
Bondieu me jette un regard et me salue de la main. Je le salue de même. Non je ne me cache pas. Ce n’est pas mon fort et puis je ne fais que « l’accompagner » en ville. Il salue des connaissances ? Il connaît ce village sans trop s’expliquer que nous ayons tant dévié de notre route ? Bien, aucun problème Jules. Je reste là, je t’attends.

Autant laisser mon frère et ce Rhys ensemble. Ils s’entendent à merveille et moi il me tape sur les nerfs. Il sourit trop. Il agit trop comme une sorte de grand frère. Et je n’en ai pas besoin. Ce que j’aurais voulu voir,  par contre, c’est un superviseur. Un vrai superviseur. Quelqu’un qui inspire et dirige.

Je suis un aspirant cherchant à rejoindre les troupes du Sanctum, pas un gosse perdu en quête d’une nouvelle mère ! — Merde. Je souffle un coup. Quand est-ce que mon étonnement s’est changé en agacement ?

Il m’avait semblé particulier, d’abord.
Puis il y avait eu cet échange avec Hasel, et il m’avait pris à part le lendemain matin avant que mon frère ne se réveille.
Il m’avait demandé pourquoi j’étais un aspirant, mes objectifs… ce que je pensais qu’être un templier voulait dire.
Protéger autrui. Apporter les valeurs d’Etro. C’est ce que je lui avais dit.
Et puis il avait voulu me dire que d’être Templier ne signifiait pas seulement mettre un bouclier entre l’individu et celui qui lui veut du mal. Mais aussi comprendre l’autre.
Je sais bien où il voulait en venir. Il voulait sûrement que je me remette en question par rapport à Hasel.

Mais il en est hors de question. Cet homme ne fait que faire miroiter à Hasel une réalité qui n’est pas. Et Templier, ce n’est pas sa place.

Hasel, c’est encore un enfant émerveillé par tout ce qu’il voit et apprend. Il se croit devenu fort mais je sais qu’il ne l’est pas assez. Il aurait pu devenir tout ce qu’il voulait, mais il a fallu qu’il me suive.

Et il est doué.
Et les instructeurs ont été impressionnés.
Et il s’est accroché.
Alors ils l’ont félicité et ils l’ont gardé avec le sourire.


Mais je sais, moi. Quand viendra le moment où il faudra blesser à une autre personne. Quand il faudra passer aux choses sérieuses. Il n’y arrivera pas. Ou alors ça le tuera.
Templier, ce n’est pas sa place. Et si personne ne veut lui faire comprendre, c’est à moi de le faire.

Et ce guignol le remplit de fleurs et de sourires qui n’ont pas leur place sur un champ de bataille !

Calme-toi Eibe. Ca ne te ressemble pas. Maîtrise-toi.
J’ai vraiment été trop loin dans cette forêt. J’ai passé un cap. Nul ne doit irrespect à son supérieur et j’ai fauté. Que Rhys et moi n’ayons pas les mêmes visions ne veut pas dire que je doive me comporter de cette façon.
Non. Je suis la personne responsable.
Mais quel… — mon poing se serre instinctivement.

Bondieu revient vers moi et je jette un oeil aux jeunes femmes qu’il a quittées. La blonde semble m’adresser un sourire. Tsk. Je lui en esquisse un, de politesse, mais sans plus. Je ne suis pas là pour me faire des amis.

« — Vous avez fini ?
- Oh, oui, oui, me répond-il avec un sourire faible. Nous n’avons pas encore mangé depuis notre arrivée. C’est pour ça que nous avons rejoint le centre-ville initialement d’ailleurs. J’ai sur moi la bourse de l’Archiviste que m’a laissé Rhys.
- Trouvons votre boulanger dans ce cas. »

Nous progressons dans une ruelle étroite avant de rejoindre l’artère principale du village.

Et je la vois.

La chose me bloque quelques secondes, au moins. Le temps de réaliser, et d’assimiler. Elle m’a vu. Mon armure ne fait pas de moi une personne discrète. Mais… quoi ? Elle est là ? Vildiane Weiss est là ? — Nous en avions un portrait dans le dossier de mission. Mais je ne comprends pas. Comment ? Le village est écarté du chemin qu’elle devait prendre. Perdue, comme nous ? Ce serait… les probabilités…

« N’est-ce pas..? » Jules me glisse ces quelques mots, interrogation qui n’en est pas une.
Pour moi, je ne peux que dissimuler mon trouble. Je ne me rends même pas compte que j’acquiesce lentement. Il nous suffirait de faire le chemin inverse et rentrer ? Je ne sais trop qu’en penser. Etait-ce si simple… ou bien..? La mission devait ne pas être complexe, je le sais. Et pourtant…
Mon armure. Elle n’est pas frappée des symboles du Sanctum. Peut-être que…

Je songe un instant à temporiser. Pour une fois. Rejoindre Rhys et Hasel pour leur faire part de la présence dans le village d’une femme dont le signalement correspond à la Prêtresse Weiss.

Mais je n’ai pas le temps de faire grand chose de cette pensée. Mon guide s’est déjà avancé d’un pas, apostrophant la jeune femme.

« Prêtresse Weiss ! »
—————

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Dernière édition par Agon Wiley le Sam 9 Sep 2017 - 8:29, édité 2 fois
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Dim 27 Aoû 2017 - 19:30

Un nom, simple, diriger à son intention et précédé d’une fonction. La prêtresse stoppait sa marche et se retournait d’un mouvement lent pour découvrir le visage d’un homme accablé par l’âge et les voyages. D’un geste lent, elle pencha la tête lentement sur la gauche alors qu’un sourire sincère se dessinait sur son visage.

Voici plusieurs jours que le dirigeant avait emprunté cette nouvelle identité, néanmoins, il ne s’était pas habitué à ce qu’on le nomme par celle-ci. Des fidèles, dans ce village, il pouvait en compter des dizaines. Et ceux-ci étaient trop bêtes pour comprendre l’importance du rôle qu’il se devait jouer, combien de fois a-t-il eu besoin de rappeler à la responsable de cette bourgade ou à ses vassaux de ne pas l’appeler par son véritable nom.

Plutôt, par le nom qu’il avait volé à ce crétin de Death. Ils sont idiots, même cette Alena, elle gouverne uniquement parce qu’elle est la moins bête de la région. Cela revenait à un miracle qu’il a réussi à garder son calme dans cet endroit.

— Nous connaissons nous ?
Il s’arrêta devant la prêtresse, répondant à la dame par le même sourire qu’elle venait de laisser transparaître. L’espace d’un instant, le démon détachait son regard du nouvel arrivant et observait les alentours pour remarquer un homme en armure.  Aucun signe d’appartenance sur celui-ci. Prudent, tout comme l’avait été  Vildiane à son arrivée. Elle s’était avancée dans le pays sans aucun signe lui permettant de l’associé au culte du Sanctum, outre un collier à son cou représentant un animal marin. Peut-être s’agissait-il de l’erreur ayant permis à Alena de découvrir le but de son voyage.

— Je n’ai pas eu droit à ce plaisir, non. Il y a ici certaines personnes qui vous recherchent.
— Êtes-vous sûr qu’ils sont ici, pour moi ?

Il répondit d’un simple regard, lourd de sens, avant de se retourner pour faire appel à l’homme en armure, ce dernier finit par s’avancer après plusieurs secondes, non sans cacher son irritation grandissant à chacun de ses pas. D’incompréhensions, le voleur de visage plissait légèrement les yeux avant de balayer ce questionnement pour fixer le regard bourru de ce nouveau personnage.

— Madame.
La prêtresse hocha légèrement la tête alors qu’il saluait respectueusement le rang fictif de son interlocutrice. Non sans, l’espace d’un instant, lancer un regard noir à la personne ayant provoqué cet échange.

— Voilà… Un mois… Où nous sommes sans nouvelles de vous, et il a été décidé chez les hautes instances d’envoyer des hommes à votre recherche. Nous sommes trois et… Rhys vous expliquera mieux que moi.
— Ce n’est pas grave, l’erreur est entièrement de ma faute, il aurait fallu que j’avertisse les prêtres de l’état des choses.
— Voulez-vous que j’aille chercher Rhys et Hasel ?
— Oui, c’est une bonne idée.
— Ils doivent être exténués après un aussi long voyage.

Le démon tentait de conserver son sourire, garder le rôle qu’il s’était attribué. Toutefois, le gaillard face à elle nourrissait un regard suspicieux à son égard sans qu’il ne puisse faire quoi que ce soit à son égard. Les poses, les mimiques de la véritable Weiss, il n’avait pu les observer afin de les reproduire. N’ayant d’autres choix que l’improvisation, il pouvait être démasqué sous une unique condition : que cet homme ou ses compagnons connaissent la prêtresse et le démasque dans l’heure.

— Eibe.
— Enchantée… Paladin ?

Il plissait légèrement des yeux, sans dire mot avant de tourner le regard pour fixer la direction prise par le premier homme. Alors que pendant ce temps-là, la montagne de muscle accompagnant toujours la dirigeante de l’endroit faisait son apparition au bout de la rue en même temps que l’arrivée de deux autres hommes en armure et du guide l’ayant interpelé.

— Trois hommes pour partir à ma recherche, ne pensez-vous pas que cela est de trop ?
— Parfois, la sécurité prévaut de faire appel à la prudence… Les gars, nous l’avons trouvée…

Une fois de plus, Namtar se contentait de sourire et de faire une courte révérence en signe de politesse. Ainsi, ils étaient donc trois et face à lui. Les rouages s’entrechoquaient progressivement, il n’y avait plus qu’à espérer qu’ils soient confiants quant à la réussite de leur mission et qu’Alena ne ruine pas tous les efforts entrepris jusqu’à maintenant.


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Le Templier, ses deux aspirants, le Démon et la sorcière


Un templier, ses deux aspirants, un guide et un démon entrèrent dans une taverne.

L’histoire ne semble guère, il est vrai, bien s’annoncer. Pour qui en revanche est une autre question.
Mais si d’aventure je vous révélais que le démon n’était autre que Namtar, la sombre engeance qui emprunta le corps et les fonctions de la mort elle-même au sein de la Coalition Noire, vous pourriez bien distinguer qui de nos larrons se trouvait en position délicate.
Si vous n’étiez pas bien sûr de votre choix, peut-être devrais-je vous révéler une bien triste vérité. Ni le templier, ni ses protégés, ne pouvaient alors distinguer sous les traits d’une prêtresse qu’ils avaient pour quête de retrouver, le perfide. Le démon leur était dissimulé, quoique pourtant sous leurs yeux bien ouverts.

Sous la surveillance du tenancier, attablés tous ensemble, ils échangèrent quelques mots de bonne mesure, avant d’aborder les faits — et les questions fusèrent.
Comment se portait la prêtresse ?
Pourquoi s’être écartée du chemin qu’elle devait emprunter ?
Et pourquoi demeurer si longtemps dans le petit village où ils se retrouvèrent ?


Le templier écoutait ses réponses avec calme et sourire ; de ses deux aspirants pourtant, l’un ne partageait pas ce qui paraissait être la joie d’une mission dont la fin s’annonçait. Son esprit bouillonnait. Etait-ce que tout ceci était trop simple pour être réel ? Ou était-ce que ses attentes étaient déçues, trahies ? Qu’espérait-il ?

La maléfique créature parviendrait peut-être à calmer ses doutes. Mais son discours n’est pas celui qui nous importe ici. Laissez-moi vous conter une histoire d’ambition, et de manipulation. Non pas celle du démon, mais celle d’une sorcière.

Il était une fois — la formulation est d’un classique déplorable, certes. Mais les clichés ne le sont jamais devenus pour rien. Il était une fois, donc, une sorcière. La sorcière venait d’un monde où le soleil ne se parait plus que de noir, et dont les habitants avaient appris à faire cesser les pleurs de leurs espoirs agonisants non tant par volonté que par résignation. Il y avait là ceux qui attendaient, et ceux qui choisissaient — « Lutter ou céder » disait le slogan.
Mais la sorcière n’avait jamais pensé que de s’acoquiner à ceux qui avaient façonné les nouvelles robes de l’astre solaire était « céder ». Il s’agissait là d’une opportunité à saisir, et dont elle se saisit. Réfléchie, indépendante, la sorcière se ferait bien vite une place de choix parmi ceux dont la loi est celle de la jungle. Du moins le crut-elle. Mais l’obscur village où elle se trouva quelques semaines plus tard était bien loin de la combler.

Oh il fut facile, ô combien facile, d’en subjuguer les habitants. De leur montrer mille et une merveilles dont les savants de leur monde n’avaient fait que rêver. De tromper leur esprit, leur confiance de sa magie.
Il fut facile, ô bien facile aussi, de choisir ceux qui deviendraient les premiers membres de sa Garde. De les former, d’en inviter d’autres à force d’ambitions dont elle fit miroiter la réalisation.
Il fut facile, tout autant, de se débarrasser du noble trop noble qui doutait de sa bonne influence sur ses sujets, son domaine. De réduire sa Maison comme sa maisonnée en cendres.

Parfois, il semblait que le vent soufflant entre les branches des arbres mimait leurs supplications et leur désespoir dans les derniers instants.

Les agents de la Coalition venaient, allaient, trouvant en ce village l’endroit le plus sûr — mais où viendrait pour la sorcière le salut ? La possibilité de pouvoir aller plus haut, plus vite ? De quitter ces paysans pour qui elle n’avait pas plus d’intérêt que pour les fourmis ? Anthrisque, sa fée, lui murmurait que tout ceci viendrait bientôt. L’opportunité.

Et elle vint.

La prêtresse. Enfin ! Avoir la main-mise sur le membre d’une organisation qui n’était pa la sienne ! Imaginez ! Les secrets qu’elle pourrait apprendre ! — Ils seraient la clef de la reconnaissance tant attendue.
Il faudrait du temps, mais peu à peu, elle abuserait d’elle comme de tous les autres. Elle y parviendrait.

Pourtant, sa patience, avec les jours, les mois, s’érodait. Pourrait-elle attendre plus ? Pourrait-elle supporter d’être insultée chaque jour de par son simple exil en ces terres reculées ? Anthrisque le lui murmurait aussi : elle méritait bien plus. Oh oui, bien plus.

L’arrivée dans ce monde du templier et de ses deux aspirants lui sonna comme la plus douce des mélodies. Elle avait bien fait de se constituer un réseau d’informateur parmi les messagers et les guides de la région. Ils en savaient en vérité bien plus que les bardes. Une délicate mais dangereuse machination prenait forme dans son esprit embrouillé de possibilités.
Elle pourrait avoir plus de reconnaissance encore, se disait-elle, si elle livrait ces trois individus. Non ? — Ou bien peut-être la destineraient-ils à demeurer ici, si elle y était utile… l’idée la tuait jusque dans l’âme. Mais pouvait-elle faire plus ? Elle prendrait le risque. Et message fut porté à ses supérieurs de la présence dans le monde de quatre individus appartenant à un groupuscule ennemi.

L’arrivée de la Mort elle-même bouscula toutes ses attentes. Lui, en personne ? Etait-ce trop beau ? Enfin !

Mais il la tournait en ridicule. Il lui parlait comme si elle fut un esprit inférieur. Anthrisque le lui glissait, même le Boucher de Grimm ne devait pouvoir écorcher de ses mots la Sorcière du Val.
Il lui promettait des félicitations ? Elle n’était pas un enfant en attente d’une belle image de la part de son professeur. Elle voulait être vue, reconnue, avancer, progresser, devenir aussi grande et crainte que le Boucher de Grimm !

L’idée la plus folle qui put lui venir naquit.


Le templier ne comprit que peu la raison pour laquelle une enfant paraissait lui faire signe, par la fenêtre. Nul autre n’était en mesure de la voir. Jeune enfant d’une dizaine d’années aux longs cheveux bruns et aux yeux verts marqués par l’inquiétude. Intrigué, lorsqu’elle disparut en courant sur le côté, il s’excusa de la table.
La discussion touchait de toutes manières à sa fin. Ils partiraient le lendemain — jusque là, chacun était libre. Le plus jeune des aspirants proposait au traître démon de se joindre à eux pour le repas, tandis que le templier passait la porte.
Dehors, il aperçut la chevelure brune de l’enfant dépasser d’un coin de la bâtisse. En quelques pas il l’avait rejoint. Immédiatement, elle lui prit la main, elle lui disait de la suivre. Il avait beau lui demander, serein d’apparence, ce qui la tracassait, elle ne lui répondit guère.

Ils arrivèrent bien vite à l’arrière d’une imposante bâtisse. Le verre sale des fenêtres ne permettait pas d’en distinguer l’intérieur. La petite sortit de sa poche une clef qu’elle tourna dans la serrure.
Que faisait-elle ? Où avait-elle trouvé ça ? Aux questions du templier, elle répondait qu’elle l’avait prise à son père, qu’il fallait qu’il l’aide. Et bien qu’il tâchait de la rassurer, ses mains tremblaient de crainte.
Le templier savait qu’une personne se trouvait à l’intérieur, il le sentait. Mais qui ? Pourquoi voyait-il chez l’enfant tant de peur ?

La peur. Le templier n’en saurait peut-être jamais la réelle raison. La peur d’échouer à la mission donnée par sa Dame. Et dans la demeure voisine, la sorcière attendait.
Que penserait le templier en découvrant le corps meurtri de la prêtresse ? Il se rendrait forcément compte de la ridicule supercherie du démon.
Que penserait le templier en écoutant l’enfant sangloter en lui racontant son histoire ? Comme le démon était arrivé et avait effrayé le village, comme il gardait la main-mise sur eux. Comme elle voulait qu’il les aide, par pitié.

Le coeur du templier se serra. Mais il afficha un sourire tendre.

Il ne laisserait pas son village ainsi.

Anthrisque souriait à la sorcière. Trois hommes du Sanctum et un village viendraient à bout du monstre.
Et une fois cela fait. Un village viendrait à bout de trois hommes du Sanctum fatigués ou peu méfiants.

Alors seulement. La sorcière livrerait à la Coalition ceux qui avaient tué le démon.
La reconnaissance.


Mais d’après vous, quelle sera la fin de cette histoire ?
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Sam 2 Sep 2017 - 23:44

Une telle supercherie, un tel manque de respect envers de simple humain. Intérieurement, le démon riait aux éclats durant toute cette scène à la taverne. Ils étaient bêtes à manger du foin, tellement heureux d’avoir accompli leur mission qu’ils baissèrent leur garde. Ici, au sein même du village, la bête aurait pu se repaître de leurs chairs avant même que ceux-ci ne se rendent compte de leurs erreurs. Tant d’idées se bousculaient dans son esprit, Namtar ne parvenait pas à se décider sur ce qu’il avait à faire. Le goût du sang l’inspirait, néanmoins, la saveur de la victoire était bien plus appétissante.

Il avait envie de faire grossir ses propres rangs, ceux des ombres accompagnant le sillage de désolation laissé derrière la Coalition Noire. Toutefois, ils étaient bien trop lumineux, surtout l’homme ayant quitté la table de l’auberge. Cet homme, Rhys, resplendissait au milieu du village. Au point de le blesser que par sa seule présence.

Rapidement, le plus jeune des deux aspirants recommençait à parler. Des questions, toujours des questions par rapport au décision de Vildiane. À croire qu’ils étaient suspicieux, toujours à chercher la bête noire ou l’erreur dans le récit que le démon contait. Mentir, tenter et provoquer. Ainsi étaient les armes qu’il disposait autour d’un repas sur cette table. Et par chance, les personnes présentes jouaient leur rôle à la perfection, aucune fausse note de la part des pantins d’Alena.

Là où nous étions, il n’était guère compliqué d’entretenir un mensonge. L’actuel dirigeant de la Coalition Noire connaissait les motivations du voyage de la prêtresse, il n’avait qu’à broder autour de cela et mimer les valeurs de l’église de ses ennemis.

Une étrange mélodie m’a guidé jusqu’ici, et les paroles des villageois m’ont touché au plus profond de mon coeur. Ici, ils subissent la terreur du groupuscule ténébreux à longueur de journée ! Ils avaient besoin du réconfort de notre Déesse. Des blessés, ils étaient ici par dizaines et je suis resté afin d’apporter soutien et soin. J’ai été idiote de ne pas avoir prévenu l’ordre, vous vous êtes inquiéter pour rien du tout. C’est ici même que j’ai découvert bien des secrets grâce à nos hôtes.
Dans chaque mensonge, il y a une part de vérité. Ici, il ne fallait pas omettre cette règle et il devait impérativement captiver son audience. Lâcher ainsi des informations, un brin d’espoir, une lumière dans les ténèbres. Seulement l’un écoutait ce qu’il disait, l’autre conservait son éternel scepticisme.

Conservant les traits de la prêtresse, Namtar posait ses mains sur ses genoux afin de s’avancer par-dessus la table, mimant le secret à partager. Hasel était tombé dans le piège, et s’approchait à son tour. Il aurait pu tellement de chose, telle que de se débarrasser de l’aspirant sous le regard médusé de son ami. Et par la suite, enchaîner sur le sceptique et attendre le retour du dernier. Non. Il devait réfréner ses envies, la survie et la pérennité de son groupe passaient en priorité.

— Des bruits, des rumeurs parcourent le monde. Parlant d’un bal organisé par le dirigeant de la Coalition Noire lui-même, dans un Domaine voisin, le roi de ce monde serait présent. Et aussi…
La vérité, l’assurance afin qu’il puisse croire à la suite du discours.

— La Princesse Aurore, la fille de notre Roi, va être déplacée de la Cité du Crépuscule pour une destination encore inconnue. Voici notre chance pour que la fille retrouve son royaume.
— Hasel ?! Viens un instant, j’ai besoin de toi…

Namtar relevait le regard, observant le Templier par-dessus l’épaule de l’aspirant quittant déjà la table pour rejoindre son supérieur au pas de course. Eibe, quand à lui, suivant son frère du regard avant de reposer ce dernier sur la prêtresse. Massant son menton, il répondit, probablement par politesse.

— Ça me semble trop beau pour être vrai, autant de temps à chercher, et voici l’occasion rêver d’ramener la Princesse ? Ôtez-moi d’un doute, ça me semble trop beau.
— Parfois, il suffit d’y croire.

Pouvait-il pousser le vice jusqu’au bout, un démon irait-il jusqu’à la pire des effronteries. Oui, il le pouvait et n’hésiterait pas un instant. Il leva sa main, si douce sous cette apparence, et allait la poser sur celle de l’aspirant. La réaction fut sans équivoque, il ne savait comment répondre. Et c’est à cet instant que Rhys et son acolyte revenaient dans l’auberge, l’épée au clair et pointant la prêtresse du fil de sa lame.

— Eibe, écartes-toi tout de suite. Quand à vous…
— Que… Que faites-vous ?! Vous savez qui je suis et…

Garder son calme et conserver les apparences, Namtar ignorait ce qui se passait même s’il avait des doutes. Rien n’était encore perdu, il suffisait d’un rien pour que les choses continuent. Et la première chose à faire, c’était de conserver le rôle qu’il jouait.

— Silence ! J’ai trouvé Vildiane, et cette enfant m’a tout raconté.
— Vous n’êtes pas aussi stupide que cela, alors.

L’aspirant avait déjà quitté la table, dégainé son épée et retrouvé ses alliés. Il était inutile, maintenant, de continuer la comédie. Il savait, et le démon ignorait comment. Un jeu d’influence auquel il participait sans qu’il s’en rende compte, c’était fort possible. Conservant le visage pur de la prêtresse, le démon se releva en poussant la chaise pour faire face aux hommes du Sanctum. Il n’avait pas le choix, les pions étaient avancés et c’était désormais à lui de jouer.

— Dommage, vous retournerez perdant, il aurait suffi que vous écoutiez plutôt que partir fouiner…
Pas de temps en long discours, Eibe était déjà avec l’arme en main et chargeant dans la direction de la frêle prêtresse présente devant lui. Au travers de cette chair, Namtar souriait devant la stupidité. D’un geste, elle tendit son bras sur la droite de son coeur et invoquait son immense faux qu’il amenait sans mal pour parer le coup porté sans la moindre difficulté. Devant ce spectacle, il n’eut rien d’autre de conter, seulement un sourire s’étirant sur un visage devant la promesse de sang.



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Sam 9 Sep 2017 - 8:27



Etro. Toi qui sais. Toi qui vois.


Tu sursautes presque alors que le choc métallique retentit.
Alors que la hache de ton frère est déviée comme on balaye une parole.

La prêtresse le rejette puissamment. Peux-tu vraiment l’appeler ainsi ? Eibe percute une épaisse table de bois. Il pousse un râle tandis qu’elle s’écarte. Rhys avait bondit, s’était rué sur elle plus vite que n’importe quelle bête de chasse. Elle l’esquive.

Qu’est-ce que cette chose ?

Ton regard cherche quelque chose. Quoi ? Tu ne sais pas. Il passe rapidement sur le comptoir déserté. Sur Bondieu qui rampe vers la porte. Puis ça te frappe de plein fouet sans que tu ne prennes de coup. Cette chose esquive Rhys. Rhys ! Il est pourtant le plus rapide ! Le plus précis ! Il — il doit y avoir quelque chose. Une idée, vite.

« EIBE ! A couvert ! » — Rhys se met entre l’ennemi et l’aspirant le temps qu’il se désengage, bouclier en avant. Mais la prêtresse ne paraît pas vouloir passer à l’offensive. Pourquoi ? L’usurpateur se joue-t-il de vous ? « HASEL ! » La prêtresse exécute un mouvement sec de sa faux, qu’il pare non sans contrecoup. Oui ! Bouge Hasel ! Mais bouge ! Tes pieds restent collés aux lattes de bois une seconde, éternelle. L’instinct primal qui te dis « N’y va pas ! ».
C’est la voie que tu as choisie.
Tu accours.
Tu te places sur la défensive alors que ton superviseur occupe la prêtresse, feintant vers ses jambes.  Elle esquive. De justesse. Mais elle sourit finement. Comment peux-tu seulement espérer peser dans la balance ? — Ce n’est pas le moment de penser à ça !

La Coalition était vraiment là.
Ressaisis-toi !

C’était tombé sur vous.
Concentre-toi !

Eibe renverse une table quelques mètres derrière vous. Tu tournes instinctivement la tête pour le voir se mettre à genou, à couvert. « Bouge ! » — Quoi ? — « Hasel, bouge ! »

    Etro, toi qui sais, toi qui vois.

Tu te sens compressé avant de partir en arrière. La voix d’Eibe commence à résonner dans la salle. Tu heurtes le sol douloureusement. Rhys est au-dessus de toi.

    Protège ceux qui brandissent leur lame en ton nom.

Le démon reprend sa posture de garde après un coup circulaire — il aurait pu t’être mortel. Si le templier ne t’avais pas plaqué… oh non !

    Que de ton regard bienveillant tu les veilles, à l’heure où le coeur se dresse seul devant les ténèbres.

La prêtresse lève sa faux. Vous êtes au sol. Tu cries. Tu commences à crier mais la peur réprime ton avertissement. Le maintient dans ta gorge. « ATTEN — » Tu sens déjà la mort posée sur toi. Mais elle ne fait que te frôler du bout des doigts. Un flash soudain t’aveugle. Elle te délaisse ? Pour combien de temps ? Rhys se redresse dans l’instant — tu vois le mur de lumière pure. Sa lueur inonde la pièce. En son centre, tu vois la lame de la faux. La prière est tue. Derrière vous, Eibe tend le bras dans votre direction.

Le templier lui jette un regard. Une seconde de répit offert par ton frère, peut-être. Une vie sauvée sûrement. Une seconde d’échange silencieux. Ils savent ce qu’ils ont à faire. Pourquoi n’arrives-tu pas à faire comme eux ? Debout ! Tu te redresses. D’un coup d’un seul ton mentor disparaît sur ta gauche. Vite. Position défensive. Sur ta droite, il réapparaît. Le mur tombe, il se rue sur l’ennemi. Le monstre semble se rire de vous. Amusé. D’un geste maîtrisé, il passe outre la garde de Rhys. Le frappe aux côtes de la hampe de son arme. Mais, quoi ? Le templier semble perdre en consistance, s’efface, s’effondre, s’envole comme la poussière que l’on souffle.

Dans le dos du démon, le véritable templier reparaît. Cette fois, il l’aura. Sa main gantée atteint le dos de l’usurpateur. Décharge.

    Etro, toi qui sais. Toi qui vois.

Ton frère entame de nouveau la prière. Machinalement, tu la murmures avec lui. Etro, toi qui sais. Toi qui vois. Ton coeur tambourine dans ta poitrine. Il te pousse, te porte. L’ennemi grogne un râle profond. Ses traits se contractent d’une douleur vive et brève — l’ouverture ! Tes muscles compressés par la peur se meuvent pourtant. Tu as la volonté.

    Protège ceux qui brandissent leur lame en ton nom.

Tu sens, le courage, en toi.

    Que de ton regard bienveillant tu les veilles, à l’heure où le coeur se dresse seul devant les ténèbres.

Ta voix se délie dans ta gorge. Tu cries. Tu as peur. Mais tu agis.

    Bénis leurs armes de ta Lumière ! Qu’elle rejaillisse sur l’âme de tes ennemis !

Non. Tu ne te défileras pas. Pas alors que l’on passe aux choses sérieuses. Une foulée, deux, ton bras armé se tend. Ta lame se pare d’une faible lueur. Tu t’apprêtes à pénétrer la chair de cette chose. Ce n’est pas la prêtresse ! Tu te le dis alors que ton regard croise celui du monstre… et pourtant.

Mais il se meut — as-tu été trop lent ? Ton épée manque son coeur, se plante sous ses côtes, côté gauche.

    Qu’ils tremblent devant la volonté implacable de tes serviteurs. Que leurs sombres desseins vacillent devant ta pureté.

Il ne sourit plus. Pourtant. Tu ne le crains pas. Tu ne le crains plus. Il saigne comme tout le monde. Ou est-ce cette prière que tu te marmonnes qui te donne le force de soutenir son regard de haine ?

    Lève dans leur esprit le voile que Shemazaï y posa. Qu’ils voient. Qu’ils ressentent. Le mal. La peine que de leurs mains ou de leurs mots ils ont causé.

Soutenir son regard. Une demi-seconde. Il t’éjecte d’un coup de pied de ferme. Ton souffle se coupe. Garde fermement ton épée. Ne la lâche pas ! Le mur. Tu te sens partir, tu t’affales au sol. Tu distingues à peine ce que Rhys hurle.

    Qu’ils leur reviennent comme mille coups portés en leur chair.

Ouvre les yeux. Tu ne peux pas partir ! Respire. Tu t’entends haleter en redressant la tête. Ton mentor se tient entre un Eibe retranché et le démon. Est-ce que ces prières lui font réellement quelque chose ? Tu ne peux détacher tes yeux d'un Rhys qui pare des coups qui ne cessent pas. Ta vue se fait plus précise. La prêtresse serre les dents. Sa mâchoire se contracte d’une douleur contenue. Mais son regard se délecte du plaisir du combat, et du sangcelui qui paraît sur le corps du templier lorsque dans ses offensives incessantes, la chose parvient à entailler sa chair.

Rhys tient. Combien de temps ? Il est rapide. Mais pas toujours assez. Son bouclier se fend progressivement sans céder. Et l’ennemi sourit. Il ne semble pas même s’épuiser. Son sang coule mais il paraît n’en avoir que faire. Il attaque sans se mettre en danger. Il blesse sans abattre. Il fait couler le sang par larmes et non par torrents — juste assez pour montrer qu’il domine.

    Etro. Toi qui sais. Toi qui vois.

Se rit-il de Rhys ou prend-il plaisir dans cette joute inégale ?

    Protège ceux qui brandissent leur lame en ton nom.

La peur.

    Le métal qui sépare les innocents du mal.

Balaie-la.

    Protège leur coeur de la brume sombre qui les guette.

Lève-toi.

    Sur le champ de bataille où le désespoir côtoie la douleur —

Quelque chose en toi te tient debout. Quelque chose en toi te permet de courir de nouveau vers le monstre déguisé.

    — protège leur âme de ta douce étreinte. Guide-les de ta main bienveillante.

Le village a besoin de vous. Tu as l’espoir. L’espoir que vous trois — aujourd’hui — vous puissiez faire quelque chose de grand.

    Etro. Toi qui sais. Toi qui vois.

La foi.

—————

Alena surveille depuis l’entrepôt de l’autre côté de la place. « Ca a commencé. » Anthrisque se pose sur son épaule. « Tu connais ta mission. Va te charger de renforcer ces templiers. Je ne veux pas qu’ils tombent trop vite. »

La fée opine et fait battre ses ailes, s’élevant d’un petit centimètre. Sa Dame la met en garde. « Sois discrète. »

Anthrisque esquisse un rictus joueur. Mais la seconde suivante, elle est déjà loin.

Alena se tourne vers Bondieu. Le guide avait réussi à sortir de la taverne. Bien, il serait utile. Elle ramène les mains et les joint devant son ventre — son regard est trop calme. Le froid doux d’un automne qui s’éternise. Cette opération ne doit pas se solder d’un échec et elle le fait.

« Jules, vous accompagnerez l’équipe de démolition. » La bouche du guide s’entrouvre mais sa contestation est tuée dans l’oeuf. « Ce n’est pas une proposition. » Lentement, elle appuie sur la douce corde de sa crainte. C’en est trop facile. Bondieu. Combien de fois avait-elle joué avec son esprit, ses émotions ? « Rejoins-les. » Il se dirige vers une petite équipe de villageois devant laquelle la lieutenant de la Sorcière, Ciara, attend. Leur mission est simple. Ils devraient disposer ce que le village avait de poudre, de dynamite, pour faire tomber cette taverne. Alena se moquait bien de perdre le vin. Ou que les templiers soient ses victimes collatérales. Il fallait que dans la chute de ce bâtiment, Death périsse.

« — Tu es prête ?
- Oui, répond sobrement Ciara. Je superviserai la pose des explosifs. Fitz et Bryn m’aideront pour les Matrices.
- Aucun risque que ça manque ? - cela faisait des jours que le plan mûrissait, mais est-ce que cela avait été assez ?
- Ce clebs de Bryn a eu plus de mal à l’apprentissage mais ne t’en fais pas. Tout le monde est prêt. Tu auras à peine le temps de jouer avec eux que cette taverne ne sera plus qu’un souvenir. »

Alena acquiesce. Son équipe part pour la plus importante des tâches. Enfin, elle fait quelques pas en direction de son Protecteur. Ashenti, montagne de muscles pensante, pose sur elle un regard ferme et déterminé. « Met les hommes en place. Si Death sort de cette taverne lorsqu’elle sera tombée, je veux qu’ils l’abattent. » Alena tire sur ses manches, rigide de nervosité et d’excitation. Il n’y a rien de plus réjouissant que de mettre à exécution une machination, toute aussi dangereuse qu’elle soit.
« — S’il survit. Ils n’oseront peut-être pas attaquer tu le sais.
- Parce que ce sont de simples pécores ?
- Et lui la Mort. Le Boucher de Grimm.
- S’il en est un qui n’attaque pas, je lui rappellerai qu’il faut craindre la Sorcière du Val autant que ce connard. »


Dernière édition par Agon Wiley le Mar 12 Sep 2017 - 8:42, édité 1 fois
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Lun 11 Sep 2017 - 15:14

Le démon aurait pu continuer des heures durant, rien que pour la délectation de voir cet espoir continuer de briller dans leurs yeux. Ils résistaient, ils combattaient, ils avaient la hargne du champ de bataille. En ce monde, le démon n’avait pas encore eu droit à un tel traitement de faveur.

Là où la Coalition Noire dominait, les peuples étaient soumis et ne lui donnait aucune satisfaction.

Il a fallu attendre les disciples de la catin d’Étro dans un village morne et sans intérêt pour raviver les flammes de la guerre. Cette lumière, cet éclat sur leurs lames et dans leurs coeurs, elle était tentatrice. Namtar voulait tendre les doigts, la tenir, la contenir, l’apprécier. Cependant, elle brulait son corps et son esprit, une chimère intangible qu’il ne désirait que par envie. Il voulait s’en délecter, et si cela était nécessaire, il l’attraperait au fil de sa faux.

Un cri. La bête tourne subvertissement son regard et remarque le troisième homme charger dans sa direction, son sourire s’élargir et s’estompe à l’instant ou une lame se plante dans son ventre. Un moment d’égarement, une fenêtre pour le soldat, il n’en demandait pas autant. D’un bond en arrière, la prêtresse extirpait la lame de sa chair, reprenant ses appuis et toisant ses adversaires.

Arborant son sourire, déformant son visage d’une joie indescriptible, le démon savait que cette enveloppe ne retiendrait plus la hargne de ses ennemis. Dorénavant, il allait devoir montrer son vrai visage et avec ça, ce qui l’animait réellement. La scène semblait en suspens, le jeune garçon reprenait ses appuis après sa charge et leur mentor reculait d’un pas en arrière, une main posée sur la plaie qu’il avait hérité durant ce bref affrontement.

Un craquement résonna alors dans la pièce.

Une paire d’ailes membraneuses fit son apparition dans le dos de la prêtresse. Ses doigts s’allongèrent et devinrent gris, semblable à une griffe mortuaire, le tissu de cette robe devenait de plus en plus sombre pour recouvrir le visage du démon. Le corps semblait lui aussi être transfiguré, étendant son ombre pour atteindre les pieds des hommes du Sanctum.

— Vous êtes méritant, vos noms ne seront pas oubliés à la fin de cette journée.
Répondant à la provocation, ils revinrent à la charge. Nulle crainte ne se lisait dans leurs visages à l’instant où Eibe recommençait à psalmodier, ils étaient aveuglés par la foi et restèrent indifférent devant le véritable visage de la Coalition Noire. Pauvres imbéciles.

À l’aide de la hampe de sa faux, le démon parvint à bloquer l’attaque ascendante du plus jeune. Néanmoins, il n’eut pas le temps de contre-attaquer, le plus apte des trois avait chargé un nouveau sort dans le creux de sa main et attendait le moment opportun pour le déchaîner sur son ennemi. Il n’y parviendrait pas une seconde fois. La bête se concentra le temps d’un battement de paupières pour faire disparaitre son arme, redonnant l’élan à Hasel et le faisant partir en avant. D’un pas sur le côté, il évitait alors le prolongement de sa lame et invoquait de nouveau sa faux pour parer le coup de Rhys.

Il aurait tant voulu posséder un visage pour narguer ses adversaires.

Brisant le concours de force en faisant disparaitre une nouvelle fois sa faux, Namtar avançait alors d’un pas et brandit son bras gauche en avant, ignorant cette lame emprunte de lumière transperçant la manche de son bras pour emprisonner le visage de leur mentor dans sa poigne. Il ne parvint pas à retenir un cri de rage et emprunt de colère

D’un revers de sa main libre, il frappa l’aspirant au visage, l’obligeant à reculer d’un pas alors qu’il ignorait la douleur en soulevant Rhys par le crâne. Il sentait ses griffes osseuses s’enfonçant dans la chair et la chaleur du sang au bout de celle-ci. Fini de jouer. Il tournait alors sur lui-même afin d’éjecter Rhys contre la planche du bar et se retourner devant les deux Templiers encore debout. Le plus jeune avait conservé son épée en main, le démon ne remarquait qu’à l’instant la douleur parcourant son bras et le sang noir coulant sur le sol.

Contractant ses ailes autour de son corps, le démon fixait dorénavant Hasel et il n’allait pas s’arrêter tant que cette lumière n’aura cessé de briller.

Emprisonné dans sa concentration, le démon remarquait seulement une aura luire autour de sa cible alors qu’enfin, les mots de Eibe parvenaient à ses oreilles. Il ne parvenait pas à comprendre ses paroles, cependant, il remarquait le nouvel entrain qui animait le plus jeune de la troupe. Soit, il désirait mourrir en héros. Laissant tomber son bras valide le long de son corps, la faux réapparut dans celle-ci alors que le démon s’élançait en avant et plantait le bout de sa hampe dans le ventre de l’aspirant.

Il parvint à supporter le contrecoup, repoussant la bête et cherchant à planter son épée dans le coeur. Namtar eut le bon réflexe de reculer, ses mouvements semblaient plus vifs alors qu’un étincellement brillait au-dessus de son épaule. Il donna un second coup, encore plus rapide, sa lame se plantait dans le sol et brisait les lattes de bois sous le choc. Quelque chose se passait, la bête le voyait bien, son regard passait brièvement sur le troisième homme et celui-ci semblait plonger dans sa méditation.

D’où pouvoir venir un tel sursaut de vigueur, de force et dextérité ?! Un tintement venant de derrière lui l’alertait alors qu’il semblait lui-même ralenti dans ses mouvements.

Emporté par sa réussite, Hasel continuait d’avancer, forçant la bête à reculer d’un pas après l’autre et dresser sa faux aussi subitement qu’il le pouvait. Est-ce que la catin venait de prendre possession de l’un de ses croyants pour lui ?! Non. Il ne voulait pas le croire et ne laisserait pas un misérable lui tenir tête. Il était désigné pour mourir, et cette âme ne connaîtrait le répit qu’à l’instant où le démon le déciderait.

Il dressait son épée au-dessus de sa tête avant de l’abattre, permettant au démon de partir sur le côté et contrer le coup par le fil de sa faux. Tenant l’arme du bout de la hampe, il tirait sur celle-ci pour déstabiliser son adversaire et l’obliger à reculer. Une opportunité, il abandonnait encore l’arme de la mort et tournait sur lui-même pour faire apparaître l’épaisse hache que Death avait ramené de la fin des mondes. Emporté par son élan, il frappait de toutes ses forces le torse de son adversaire, brisant l’épée qu’il avait ramenée à lui pour contenir le coup et l’envoyer valser contre une table renversée.

Reprenant ses appuis, il échangeait ses armes une nouvelle fois alors que le cri d’un frère déchirait l’atmosphère de la taverne. Ce n’était pas encore fini. La bête chargeait sur un Hasel tentant de se relever, frappant le visage de l’aspirant de son pied, il avait osé le défier, il n’allait pas s’arrêter à ça.

Du sang ruisselait sur son visage, la bête s’en délectait et le plus belliqueux revenait à la charge avec sa hache.

Le démon parvint à esquiver le coup sans mal, une attaque charger de haine et non en quête de justice, un coup raté. Il se contentait de parer l’attaque avant de frapper Eibe du revers de la main afin de le renvoyer à sa place. Profitant du moment, Namtar amenait sa main droite au niveau du fer de sa faux et attrapait les cheveux de l’aspirant avant de glisser le fil de l’arme à sa gorge. Il retint son geste un moment, tournant alors sa tête en direction du frère incapable de réagir. Un geste suffisait, il n’allait pas permettre à ce que personne ne loupe cette exécution. Témoignage de la folie des hommes de s’attaquer à lui.

Le temps semblait suspendu quand un très faible bruit traversa la pièce, celui de la chair découpée et d’un corps tombant mollement sur le parquet de la taverne.



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Sam 16 Sep 2017 - 0:24


Rideau


Son coeur s’était brisé sans qu’on lui donne le droit d’en mourir. Ses éclats s’étaient répandus dans un océan de désespoir, agité par une colère profonde et peinée. Sourde et muette.
Le monde avait à l’instant perdu ce qu’il avait de plus précieux.

Il aurait tant voulu. Courir vers Hasel et le prendre dans ses bras. Tenir son corps encore chaud de ses mains, et hurler sa douleur comme un exorcisme pour ses maux. Il savait. Il l’avait senti à l’instant même où cela s’était produit. L’âme de son frère quitter son corps. Mais la bête se tenait là. Entre lui et son droit de se laisser aller à son chagrin. Un chagrin qui déchirait sa poitrine à défaut d’avoir encore un coeur à poignarder.

S’il ne pouvait laisser couler ses larmes, il laisserait libre cours à fureur.

    La Sorcière tira un fil. Et le flot de sa rage lui fit oublier l’abîme de sa tristesse.

Il chargea. Jamais ne s’était-il senti si puissant. Si déterminé. Et il l’était pour tuer. Une lueur mutine portait son bras, poussait ses jambes, avec plus de force qu’il en aurait seulement été capable. Sa hache s’abattit violemment sur la hampe de la faux du démon — Crack — mais celle-ci ne céda pas. Ce n’était même pas ce qu’il cherchait. De toutes ses forces il avait porté ce coup qui visait non pas le monstre mais l’arme. Juste assez pour l’abaisser, juste assez pour ramener son bouclier par-dessus la faux, à la gueule de celui qu’il devait abattre et le lui enfoncer dans ce trou béant qui lui servait de faciès. Et espérer qu’il n’ait pas le temps de faire disparaître son arme.

Manqué.

La Mort partit sur la droite du guerrier, invoquant sa hache pour un coup vertical. Une arme sombre ouvragée aux ornements d’argent, luisant d’une intense lueur orangée et incendiaire. Eibe eut à peine le temps de pivoter afin de ramener son bouclier pour s’en protéger. L’insidieuse pointe stylisée qui trônait au centre de la lame du démon traversait presque son bouclier.
Affaissé, le bouclier levé, l’aspirant voyait là son opportunité. Son bras partit en avant. Le pique de sa hache se planta dans la cuisse du meurtrier. Il n’eut que faire de son grondement furieux lorsqu’il poussa sur ses appuis pour tenter une frappe de taille — mais la chose avait délaissé son arme et d’un battement de ses ailes rachitiques, s’était désengagée.

Il ne fallait pas lui laisser de répit ! — La course du combattant reprit, plus rapide, mue d’une rage indicible.

En une seconde, peut-être moins, le monstre le balaya d’un revers de sa faux tout juste invoquée. Eibe s’écrasait au sol. Sa lourde armure fendue au côté droit. Sa chair entaillée. Le cocon de métal tenait, protégeait comme possible son porteur sans pouvoir tenir indéfiniment contre les assauts de la créature. Pour combien de coups encore ?
Eibe ne se le demandait pas. Il se redresserait.

« — C’est tout ce que tu as ? Le jeune avait plus d’entrain. »

Ultime insulte. Pire des provocations. Et elle lui était délivrée avec une pointe de malignité écoeurante.

    La Fée souffla sur son corps endolori. Et le torrent de sa haine lui fit oublier la douleur.

Il se redresserait oui. Une fois, dix, cent s’il le fallait. Tant que cette lueur entretiendrait son âme.
Et il se redressa. Une fois. La chose faucha ses jambes. Mais d’un mur de Lumière, ne faucha pas sa vie. Deux. Elle brisa son bras gauche de son pied avant qu’il ne tente de la frapper pour se dégager. Trois.

Son bouclier fendu, son armure cabossée, son âme vacillait entre ce corps et l’Ailleurs. Il se tenait debout devant l’ennemi et le harcelait avant qu’il ne brise sa garde. A chaque fois. Combien de fois ? — Il ne savait pas.
Mais Eibe n’avait jamais été que persévérance et ténacité. Et ce n’était pas d’être fauché par cette faux grotesque qui l’abattrait. La faux. Ecoeurante mosaïque de crânes d’onyx aux yeux brillants et froids. Plus large même qu’il ne l’était.

Mais sa lueur l’abandonna aussi cruellement que le meurtrissait son adversaire. Le temps venait.

    La Sorcière et la Fée s’en allèrent. Et sa tristesse et sa douleur lui revinrent. Son désespoir.

Il se tenait là, debout et chancelant. Coeur. Corps. Âme. Brisés. La mare ténébreuse qui suivait le démon parvenait à ses pieds, comme une faille obscure dans laquelle il put se laisser engloutir.
Un bruit métallique et un râle peiné le rappelèrent à la réalité. Le voile qui pesait sur ses yeux se leva un instant. Devant lui, le monstre venait de parer de sa faux la lame de son mentor — avant de le rejeter puissamment en arrière.

Comment Rhys se tenait encore debout était un mystère, même pour lui. Clavicule et côtes en morceaux, plaies apparentes, chaque respiration lui arrachait un souffle rauque et souffrant.
Mais il avait dans son regard une conviction. Celle que s’ils ne s’élevaient pas contre cette bête, nul ne le ferait ou le pourrait.

Rhys comme Eibe revinrent à la charge. Ils étaient égaux à cet instant.
— Et également brisés.

Le sang du démon coulait mais il ne laissait rien paraître. Le leur teignait leurs armures et leurs visages déformés par une douleur tue. Ils tentaient de jouer de ruse pour l’atteindre ; l’un faisait diversion pendant que l’autre tentait de porter un coup au monstre, mais les options s’amenuisaient. Et à chaque fois que le templier tentait une décharge, à chaque fois qu’il se rendait invisible quelques secondes ou voulait abuser des sens de son ennemi en lui montrant un double, sa capacité à pouvoir le refaire diminuait drastiquement.

Eibe valsa dans le mur et cette fois ne se releva pas. Sa conscience l’abandonnait alors que ce qui lui restait de volonté tentait de lutter. En vain. Un rideau sombre s’abattit sur lui — et la dernière chose qu’il entraperçut fut l’ardente et funeste lueur de la hache du démon.

La créature l’avait appelée à sa main, et il la soulevait sans sembler vouloir bouger de sa position. Il allait la lancer — instantanément, la panique saisit le templier déjà aux prises avec la faux de son adversaire. Il ne pourrait pas la rejeter, courir, dévier la hache une fois lancée — il ne pouvait non plus sauter comme un être surnaturel, et s’attaquer directement à ce bras assassin. « — N’y pense pas ! » implorait-il.
Namtar eut probablement sourit s’il l’avait pu.

La hache partit.

Namtar eut probablement un regard déconcerté s’il l’avait pu.

Lorsque sa hache heurta une douce bulle protectrice qui entourait l’armure de l’aspirant pour l’épargner.
Lorsqu’elle lui revint.
Lorsque le templier hurla sa peine en s’affaissant.
Lorsqu’il tomba à genoux devant lui.
Lorsqu’il vit la plaie béante et inexplicable à son aine.
Avait-il vraiment été si stupide ? Le démon s’interrogeait, peut-être.

Il se tenait là — et sa faux libre, tout juste prête à pouvoir emporter le cœur lumineux qui l’avait tant agacé.

Mais il était l’heure.
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Lun 18 Sep 2017 - 12:26

Namtar observa durant de longues secondes le Templier à ses pieds, faisant disparaître ses armes alors qu’il le jugeait de toute sa hauteur. Ainsi, voilà ce que l’on nommait le sens du sacrifice. Cet homme avait la même lueur dans le regard que l’ancien Primarque du Sanctum, celui de l’idiot prêt à prendre sur soi afin de gagner quelques malheureuses minutes de vie à un condamné.

Un sacrifice puéril, une douleur inutile dans la trame de sa vie. Ainsi, il voulait souffrir.

D’un coup de pied, il faisait glisser l’épée sur le sol pour le désarmer. De sa main, il empoignait la tignasse imbibée de sueur. De son bras, il forçait pour qu’il se redresse devant lui. Approchant le mort en sursis de son visage, il déformait légèrement sa voix d’une note douce afin de rappeler le ton de la prêtresse.

— Un acte futile, son destin reste inchangé… Tout comme le tien…
Un seul geste, une action et il en aurait fini avec toute cette histoire. Il le fallait, le sang du démon se répandait sur le sol et il faiblissait à chaque minute passée dans cette taverne. Peut-être que les membres du Sanctum auraient pu y parvenir à l’anéantir. Malheureusement pour eux, cette histoire n’était pas la leur. Amenant sa main libre le long de son corps, Namtar invoquait une nouvelle fois sa faux qu’il empoignait, prêt à l’abattre et ôter cette lumière du coeur de cet humain.

Une flamme, une détonation, un choc.

La taverne volait en éclat dans une déflagration spectaculaire, illuminant tout le village dans une brève lueur ainsi que le visage des villageois, et surtout celui d’Alena qui observait le spectacle avec délectation. Les restes de la bâtisse retombèrent au sol, l’alcool s’enflammait et nourrissait le brasier alors qu’un être percutait violemment le marbre de la fontaine du village.

Namtar gisait au sol un moment, ce fut dans un râle qu’il déployait sa paire d’ailes l’ayant protégé tel un cocon. Lui, ainsi que le Templier répondant au nom de Rhys.

Il ne devait pas sa survie à la chance, non. Voilà des années que le démon avait compris que cela n’était pas pour lui. Il ne pouvait remercier que sa vitesse et ses réflexes pour être parvenu à se protéger de la sorte. Péniblement, il se relevait et tournait son regard devant cette foule armée de torche et de fourche. Il avait compris, il n’était pas seul à avoir été joué ce soir. La présence de la montagne de muscle, craquant ses phalanges à l’intention de la bête, était une preuve suffisante.

Tout cela n’allait pas s’arrêter ainsi, il lui restait une tâche à accomplir et celle-ci gisait à ses pieds. Il n’allait pas quitter ce monde avec l’insatisfaction d’un travail inachevé.

Le démon invoquait sa faux, frappant le sol de sa hampe et posant celle-ci au sol. Il ne devait pas se montrer faible, il devenait se tenir droit et fier devant quiconque cherchait à le défier. Il fixait alors le lieutenant de la vipère, le temps était comme en suspend, alors qu’il pointait d’un doigt son prochain adversaire.

— Vous n’êtes pas sans savoir qui je suis, ta maîtresse cherche réellement à m’évincer ou à précipiter sa mort…
— Ne la sous-estimez pas, ce serait là, votre plus grande erreur.

Et il charge à son tour, dressant son poing au-dessus de son épaule et prêt à l’abattre sur mon visage. Namtar restait stoïque, attendant le coup pour l’esquiver d’un pas de côté et donner un poing dans ses côtes, lui coupant le souffle l’espace d’un instant et forçant à reculer. Il n’allait pas continuer longtemps comme ça. Prenant appui sur sa fille, il se propulsa pour frapper de ses deux pieds le torse du colosse et le projeter en arrière avant de revenir au sol, haletant sous la douleur.

Il ne pouvait plus combattre seul, qu’importent les risques, il allait devoir jouer cette carte.

Canalisant son énergie dans la main ouverte, il appelait à ses ténèbres avant de clore son poing et faire émerger des rondouillards du sol. Ils étaient quatre, tapant leur ventre alors que le démon ordonnait à ceux-ci de faire face à ses ennemis, d’agir tel un mur protecteur. Maintenant qu’il était seul, face à la fontaine et le Templier à ses jambes, il allait pouvoir emprunter son dernier trophée.

Il empoignait Rhys à la nuque et le soulevait du sol avant de plonger sa tête dans l’eau de la fontaine. Il tentait de résister, de sortir la tête à la recherche d’oxygène, le démon n’en voulait pas. Tout cela n’était qu’un jeu et il devait avoir un gagnant. Namtar sortirait victorieux d’au moins l’une des parties se jouant ce soir, dans le village de la catin aux yeux plus gros que le ventre.



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Jeu 21 Sep 2017 - 4:31



Le marché aux fleurs

Le rebord de la fontaine. Sa pierre froide. S’appuyer. Pousser. Plus ! Vite !

— Tu peux le faire !

Mais ses bras sont épuisés et sa force s’en est allée.

— Ca ne sert à rien.

— Ce n’est pas le moment de commencer !

— Rhys, ça ne sert à rien. C’est fini.

— Si je pousse assez fort…

— Tu as vu ton état ?

Gorge serrée. Poumons hurlant à l’aide — juste un peu de cet air si vital…

— Je sais que c’est la merde.

— Ce n’est pas le moment de t’emporter.

— Et alors ?! Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?! Je meurs si je ne fais rien !

Ses doigts se crispent sur la pierre. Que sa bouche ne s’ouvre pas, ne cède pas à ce désir brûlant d’oxygène !

— Ce n’était pas important avant.

— Ca l’est ! — Tenir… tenir…

— Etro ce que c’est ironique, que tu te retrouves à cette place-ci. La place de ton premier tué.

Une main invisible l’étrangle. De l’air… de l’air…

— Ne pense pas à ça, ne pense pas à ça…

— Rhys c’est la fin. Il vaut mieux ne pas paniquer.

— Etro. Toi qui sais, toi qui vois…

— C’est mieux.

Le souffle qu’il ne parvient plus à garder lui échappe. Mille boules de cristal qui ne lui prédisent qu’un sombre avenir.

— N - !

Son corps lui échappe. Ses poumons s’agrippent au bord de ses lèvres. Son coeur le bat à mort — paraît briser sa poitrine.
L’inéluctable. L’eau pénètre en fleuve dans sa gorge. Ses poumons. Incendié de l’intérieur — il essaie d’hurler. Brûlure infâme. Profonde. Mordante. Inattendue. Contre-nature. Impossible. Ses derniers reliquats d’air le quittent. Ses jambes. Ses bras ne lui obéissent plus. Lutte. Tiens bon. Lutte.

Tout était si clair il y a un instant. Et tout s’étiole désormais.


— Essaie de…

La voix — sa voix ? — se perd. Loin.

Le coeur s’endort. Il se calme. Berce l’âme. Un battement qui s’adoucit. La conscience qui se tait.

Ne reste que le souvenir d’une odeur. L’odeur des fleurs. La mémoire d’un beau jour d’Eté. De son soleil bienveillant. Le Jardin Radieux.
Ses rues lumineuses, ses passants.

Son marché aux fleurs.

Il croit y faire un pas, un autre. Entendre le bruit d’un rire et la voix amère d’une vieille dame en plein marchandage. Revenu à ses jours d’innocence dans une illusion toute éphémère.
Brève.

L’eau caresse son visage dans un dernier baiser.
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Jeu 21 Sep 2017 - 23:42

Trois âmes de lumière, trois morts. Le démon pouvait profiter de cette mince compensation suite aux évènements de cette soirée. Lentement, il se redressait pour observer son public de l’autre côté du mur de rondouillard. Il parvenait à maintenir le contrôle, ils étaient inactifs et empêchaient quiconque de s’approcher de lui.

Utiliser pareil artifice contre les hommes du Sanctum aurait été une perte de ressources inutile. Néanmoins, Namtar se retrouvait en face d’âme aussi noir que la sienne.

Alena était là, à une trentaine de mètres et arborait déjà le sourire de la victoire. Petite idiote. Il allait falloir plus qu’un village de pleutre et une bande de gamins sortie d’un musée des horreurs. Le loup, le pugiliste, la fée et le mage répondaient à ses ordres ? Il allait falloir montrer à cette sorcière comment est-ce que les engrenages tournaient dans cette grande entreprise qui était la mienne. D’autres âmes trouveraient le chemin de la faux, il en faisait la promesse solennelle. Et elle, du haut de son intellect, elle serait la dernière afin de pouvoir contempler son royaume sombrer à ses pieds.

Seulement, cela ne se ferait pas aujourd’hui. Pas maintenant. Le démon était trop faible, et il refusait de perdre la face devant elle. Il avait joué et avait perdu, il fallait parfois savoir accepter la défaite pour revenir disputer une nouvelle partie.

Conservant son arme, utilisant cette dernière telle une canne, le démon claquait des doigts pour faire avancer les rondouillards ainsi que leurs bras puissants. Écartant son mal les malandrins se proclamant habitant de ce monde. Il n’était rien dans les plans de la bête, désormais, ils seront le terreau de l’avenir de ce monde. Continuant à se concentrer, le démon appelait à lui d’ombre sans-coeur pour garnir les rangs, dix soldats feront l’affaire. Ainsi qu’une vingtaine d’ombre de plus. Il arrive que les mécréants ne comprennent rien d’autre que le langage de la force.

— Alors… Alena… C’est tout ce que tu peux me proposer…? Ou bien, faudrait-il que j’invite plus de sans-coeur dans ton village. Personnellement, je ne m’en lasse pas.
Son sourire s’efface progressivement, le démon n’en demandait pas tant. Celui-ci continuait d’avancer avec ses invocations, même si chacun de ses pas demandait plus de concertation pour tenir la laisse des pantins. Voilà ce qu’il allait faire.

— Ton armée de pouilleux contre la mienne.
Puisant dans ses ressources, appelant toujours plus de ténèbres à lui, les ombres commencèrent à se multiplier. Il n’y en avait plus vingt, maintenant, elle était cinquante et la bête perdait lentement le contrôle. Lâcher ainsi des sans-coeur dans un village, en voilà une méthode de barbare. Toutefois, le coeur de Namtar était prêt à sombrer à leurs côtés et ils n’attendaient que ça. Il allait devoir fuir dans les plus brefs délais.

Il déploya ses ailes avant de se laisser soulever du sol, rompant complètement le lien alors que les ombres se ruèrent sur le premier coeur venue. Le démon sentait son dos bruler à chaque impulsion, il ne pourrait tenir bien longtemps.

— Commence déjà avec celle-ci, nous nous retrouverons bien assez tôt…
Battant plus fort, se soulevant plus haut, la silhouette de Namtar s’évanouit dans la nuit par-dessus les cris des habitants du village. Bientôt, les ombres seront rassasiés et elles retourneront dans leur domaine. En attendant, le démon piquait pour rejoindre son vaisseau et quitter ce monde.

Il avait bien plus à faire pour asseoir sa domination qu’il ne le pensait.



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Mar 3 Oct 2017 - 15:39
Agon. Je suis plutôt emballée par ce premier rp. Bon, je dois dire que je me suis endormie juste après l’avoir lu, mais c’est la faute aux médocs. Smile

Non vraiment, j’ai ressenti quelque chose de vraiment différent par rapport à ce que j’ai vu sur Agon. En fait, c’est ça le truc : j’ai ressenti. Tu as vraiment réussi à créer une empathie pour les trois personnages qu’on (enfin je parle pour moi) ne connait que depuis le début du rp. Les dialogues sont vraiment bons, ils donnent vie au rp, ils sont justes et rafraichissants. Les trois natures sont très différentes mais vraiment crédibles quand elles coexistent ensemble.

Le deuxième message avec Hasel. Je dois dire que je me suis dit « Mon dieu, j’aurais carrément pu écrire ces lignes. » Oui vraiment, j’ai déjà écrit des choses de ce type, dans ce format, et je dois dire que je me suis vraiment retrouvée dans ce que tu as écrit. Et je te ferais même la même critique que je peux me faire : peut-être que certaines choses sont dites avec un peu de maladresse. Ce que j’entends par là c’est qu’elles ne viendraient logiquement pas naturellement dans un rp, mais on les dit pour le lecteur. Parfois ça fonctionne très bien, parfois un peu moins. Pour moi, il y a typiquement ce genre de phrase : « Tu le sais, je doute parfois d’avoir choisi la bonne voie. » Ce n’est pas choquant non plus, et encore une fois, j’aurais fait pareil, mais voilà ça reste mon avis …

Pour le reste c’est vraiment très bien écrit. On apprend à apprécier le personnage, on découvre un personne très douce, sensible, qui vit mal sa relation avec son frère.

Je me suis juste fait la réflexion : Tiens, est-ce qu’il peut faire « deux (puis après trois) mini-séries différentes dans un rp ? » C’est à dire faire en même temps une mini-série avec un personnage et une mini-série avec un autre personnage.

Initialement, le concept était de faire une série de rp avec un même personnage et quand c’était fini, c’était fini (on en avait fini avec ce personnage), mais on ne devait normalement pas l’interrompre avec une mini-série concernant un autre personnage. Ici, c’est un peu particulier puisque les personnages sont ensemble. Donc voilà, je ne pense pas que ce soit grave, et il faut dire que les règles de la mini-série ont bien évolué depuis le début, mais j’avais quand même envie de t’en toucher un mot.

Death. En fait, si j’avais pas fait l’erreur de scroller un peu plus bas, j’aurais vraiment eu une bonne surprise. Parce que du coup, j’ai pu voir que t’avais mis un avatar en mode mini-série et tout, et c’est dommage, parce que sinon j’aurais vraiment pas vu venir le coup de la métamorphose. C’est peut-être évident mais non, je l’aurais pas vu venir. Les dialogues avec la lèche-cul sont pas mal. Il est dur et intransigeant. Il y a quelques erreurs aussi.

Je me suis demandé pourquoi un homme loup et une fée gardaient la maison. Je ne vois pas très bien ce qu’ils ont à faire dans ce monde, mais bon, j’ai peut-être loupé un truc.

Pour le reste, c’est une bonne intro, j’ai hâte de découvrir comment tu vas en tirer parti.

Après, les motivations évoquées actuellement sont un peu faibles « juste découvrir ce que le sanctum fait depuis l’attaque ». Bah bof quoi, enfin je trouve.

Agon. On m’avait prévenue ! Oui, du coup, dans ce rp tu as vraiment exploité plusieurs styles via ces trois personnages. Ici, on est sur du plus spontané, du plus franc. Ce personnage est assez intransigeant, il est tellement dur avec son frère. Et ce qui peut passer pour de la bienveillance peut aussi faire passer pour de la jalousie ou de la condescendance. « Je veux être celui qui… ». Je ne sais pas du tout quels sont tes plans vis à vis de ce personnage, je sais juste ce que j’ai lu, mais ouais, il est assez antipathique. Pour autant, c’est un très bon rp, agréable à lire. Ca m’a fait penser au film « le royaume de Ga’Hoole ». Tu as d’un côté le frère gentil et rêveur qui pourrait passer pour plus « faible » et de l’autre côté, un frère avec du caractère, assez dur mais vaillant. Et finalement, ça tourne plutôt mal pour leur relation. Mais ça décrit assez bien la complexité des rapports entre frères, l’idée de rivalité, de pression à être le meilleur. Encore une fois, je sais pas si c’était ton idée, mais ça m’a fait penser à ça.

Death. Bon, euh, comment dire « D’un geste lent, elle pencha la tête lentement sur la gauche alors qu’un sourire sincère se dessinait sur son visage. » On va peut-être éviter de parler de sourire sincère, à la limite « prétendument sincère » ou « faussement sincère ». Je ne te surprendrai pas si je te dis qu’il y a quelques erreurs de temps au début de ton rp. Pour le reste, on sent bien tout l’agacement de Namtar. Il est vraiment très condescendant vis à vis des humains et plus particulièrement de son hôte, ce qui est assez logique pour un démon millénaire ou je-ne-sais-quoi.

Pour moi, ton erreur a peut-être été de partir du fait qu’elle ne connaissait pas les envoyés du Sanctum, ou en tout cas Eibe puisque c’est lui qui est sur place. Puisque tu ne connais pas la femme pour laquelle tu te fais passer, tu ne sais pas qui elle connait, tu aurais peut-être du les laisser parler en premier pour voir ce qu’il en était, tu vois ? Parce que imaginons  qu’elle est censée les connaître, ce serait plutôt bizarre si elle faisait mine de les voir pour la première fois. Voilà, selon moi, Namtar aurait du y penser.

Ce qui est bien c’est que tu évoques la suspicion, l’idée qu’ils puissent la connaître et que ça pourrait te poser problème pour les convaincre.

Agon. Ce rp est excellent je trouve. Bon, c’est encore dans un autre registre, un autre style, il m’a fallu un certain temps pour faire le lien entre la fille qui parlait avec Death et la sorcière de l’histoire, et c’est seulement quand tu as parlé de la fée, que j’ai percuté. Ce qui est excellent c’est que je ne sais pas comment vous avez écrit ce rp. Est-ce que vous aviez parlé auparavant de l’histoire de cette femme ou Death l’a créée et tu as décidé a posteriori d’en créer l’histoire ? J’adore le concept d’écrire une histoire collaborative comme vous l’avez fait ici. Chacun a fait sa part : l’un l’a introduite, a raconté ce qu’elle laisse paraître, l’autre son histoire et sa motivation. C’est excellent. J’ai adoré aussi le fait qu’elle est très très soupe-au-lait. Elle se fait mépriser et aussitôt elle improvise ce plan : piéger Death, s’en débarrasser. C’est terriblement ambitieux. Après, ça soulève la question de « jusqu’où peut-on aller avec les pnjs ? » Ici, tu as déjà trois personnages appartenant à ta mini-série, et tu prends le contrôle des PNJs, les villageois, qui sont censés être rattachés à la Coalition d’une manière ou d’une autre. Je ne sais pas si c’est très normal… J’imagine que tu as décidé que la sorcière se rebellerait, et c’est vraiment cool, mais ce faisant tu crées un déséquilibre pour Death, alors qu’il avait créé un village sur lequel il avait de l’influence. Je ne sais pas si je m’exprime avec clarté, mais en gros, tu contredis ce qu’il dit et tu le mets en situation périlleuse. C’est comme si je me ramenais au Sanctum et que je disais que 40 gens travaillent pour Vesper dans vos rangs. Je caricature énormément, et ici, tu ne dis pas qu’ils sont pour le Sanctum, que du contraire. Néanmoins, tu contredis tout de même ce qui a été dit par Death alors que c’était finalement assez logique étant donné ce qui a été fait par la Coalition au Palais des Rêves.

Pour le reste, je maintiens le fait que j’ai adoré ce rp, et si Death estime qu’il n’est pas nécessaire de modifier, c’est bon pour moi Smile.

Death. Tu as vraiment joué le jeu. De ton côté, tu as bien avancé, incarnant même les trois personnages pour que ton rp ait un minimum de contenu aussi. Ainsi, tu te mets aussi en difficulté et ça risque de devenir intéressant. On peut aussi se demander pourquoi Namtar a parlé du bal, de la princesse, aux templiers, quel est son objectif derrière ces paroles.

Je vous retrouve après la fin du rp que je viens de lire d’un coup. J’avoue qu’à partir du moment où il y a des scènes de combat, je ne profite pas autant et je ne prends pas le temps de détailler chaque rp. Pour autant j’ai plusieurs choses à dire.

Agon. Les combats sont très bien exécutés. Ce que j’ai préféré est évidemment la mort lente et douloureuse de chacun de tes héros du Sanctum. Tu as bien pris le temps, tu as rendu ça triste et émouvant. On ressent vraiment beaucoup d’empathie pour ces personnages alors qu’on ne les a connu que le temps d’un rp. Les scènes que tu as décrites sont pleines de violence et de beaux moments, alors je dois te féliciter pour ça. C’était une très bonne mini-série.

Death. Tu as vraiment réussi à jouer le jeu. En fait, ce qui est super avec ce rp, c’est que vous avez réussi tous les deux à jouer le personnage de l’autre sans aller trop loin, en respectant ses forces et en étant cohérent. Ca a donné un rp qui avançait bien, ce qui est loin d’être toujours le cas dans un rp de combat. Et je ne suis pas sûre de pouvoir m’en vanter. La rivalité créée avec la sorcière est très intéressante aussi. Tu n’as pas outrepassé tes pouvoirs je trouve, tu es resté logique par rapport à tes statistiques.

Pour conclure, je dirais que même si j’ai mis du temps à lire ce rp, la fatigue en étant la raison, j’ai vraiment apprécié vous lire. Vous avez tous les deux géré, vous avez été bons joueurs et vous nous avez raconté une très bonne histoire. Je ne sais vraiment pas comment vous avez géré ça en coulisse, ni ce sur quoi vous vous étiez mis d’accord, mais je suis bluffée.

Death Razzérilleux : 35 points d’expérience + 360 (bonus de 60) munnies + 3 PS (2 en défense, 1 en symbiose)
Agon : (mini-série oblige) Très Facile : 5 points d'expérience + 50 munnies + 2 PS en défense (dont un ps bonus).
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