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Jeu 10 Aoû 2017 - 13:14
« Et un thé à la fleur de cerisier de la Terre des Dragons pour vous, Miss. » dit l’élégant barman de derrière son comptoir en bois massif.

Je répondais avec un modeste signe de tête, montrant ainsi que j’avais bien noté que c’était à moi qu’il s’adressait. Une fois de plus, je me retrouvais dans un bien élégant endroit d’Illusiopolis. Le Blue Dragon. Une sorte de « speak-easy » pour gens malhonnêtes et suffisamment riches pour pouvoir se permettre de rentrer ici. Une sorte de havre de paix pour mafieux, ici, aucune agression n’ait toléré par la direction. Jusqu’à présent, peu de gens avaient dérogé à la règle, un peu de calme dans cette ville de fou ne fait pas de mal. Instinctivement, je porte ma tasse de thé au niveau de mes narines, en quête d’une odeur d’amandes. Pas que je n’aime pas les amandes, mais le cyanure a pour particularité d’avoir une odeur proche de ces dernières. On est jamais trop prudentes face aux petits malins qui jouent avec les poisons. Je reste au comptoir, contemplant les quelques personnes déjà présentes dans l’établissement. Ce n’est pas très fréquenté en début de soirée, il y a même encore un grand monsieur passant la serpillère sur le sol. Ce qui n’est pas très intelligent, vu que le sol est du parquet. Le bois n’aime pas l’eau. Je me tourne légèrement vers l’entrée du bar, si quelqu’un rentre, je peux le voir en premier. Petit avantage tactique proche de l’inexistant. Je ne suis pas encore assez puissante pour être vraiment efficace à cette distance. Dans quel bazar m’étais-je encore mis pour le compte de la Shin-Ra ? Pas que je commence à en avoir assez, mais je vais finir par demander une augmentation de salaires, ou une prime de risques mensuelle. Après tout, j’élimine des gens pour eux pour un salaire qui reste relativement modeste. Surtout que ça me prend du temps toutes leurs histoires. Sans parler du dernier coup que m’a fait Francis. Même si j’espère qu’il s’en sortira sans trop de soucis, il reste une de mes plus grandes frayeurs. Pourtant, j’en ai vu dans ma courte vie. Je ressasse mon début de mission, rassemblant les pièces du puzzle ensemble pour pouvoir ensuite prévoir la suite de mon action.

Je débarque du transporteur de la Shin-Ra. Francis ne m’accompagne pas cette fois-ci. Un pilote, plus professionnel et consciencieux que lui me conduit jusqu’à Illusiopolis. Nous ne parlons pas dans la cabine. Il est jeune, malgré son uniforme de pilote, on peut voir qu’il n’est pas là depuis longtemps dans l’entreprise. Contrairement à Francis, le silence doit le rassurer. Je n’ai pas envie de parler non plus. Je dors mal ces jours-ci, le Vaisseau-Mère a une mauvaise influence sur ma psyché. Je lui indique qu’il pourra me joindre à cette adresse en cas de problèmes et qu’il devra certainement patienter plusieurs jours avant de pouvoir bouger ses fesses de l’astroport. Il incline la tête tout en me spécifiant qu’il sera fait selon mes ordres. Décidément, cela me change de Francis qui se précipite lors de mes absences pour acheter de la bière. Je sors de l’astroport.

Illusiopolis ne change jamais vraiment. Oui et non à vrai dire. Illusiopolis ne change pas dans la mesure où la ville est une sorte de métropole anarchique où l’urbanisme n’existe pas. Une tour s’élève aujourd’hui à un emplacement et quelques mois plus tard, elle aura triplé de taille. Sinon, bien entendu, elle change. Tout est toujours en travaux. Tout n’est que vacarme, tout n’est que saleté, tout n’est que poussière. Nous n’avons qu’une valeur marchande et un potentiel de violence ici. Je m’amuse à utiliser mes pouvoirs en symbiose pour colorer mes cheveux en blond. Le tout avec un équipement assez discret, j’évite qu’on me suive. Après tout, qui se douterait qu’une fille en provenance de la Terre des Dragons soit blonde ? J’ajoute une paire de lunettes de soleil et le tour est joué. Ah ! Ah ! Ah ! Naïfs qu’ils sont. Ce n’est pas au vieux singe à qui l’on apprend à manger la banane.

Ma mission est trop dangereuse pour stationnée dans un hôtel classique, donc il faut nécessairement que je me rende dans un endroit avec une bonne couverture et qui a le « matériel » dont j’aurai potentiellement besoin. Le « Lupanar Joyeux » de ma chère Toma semble être fait pour moi. Après tout, je lui ai rendu un sacré service en réglant son petit contentieux avec son ancien mari lors de ma dernière mission dans cette ville. Nous étions en début d’après-midi. Je pourrai rentrer discrètement par l’entrée des artistes du Lupanar Joyeux. Je prends un taxi, je ne vais pas perdre du temps à marcher jusque là-bas. Je regarde avec mépris par la fenêtre du véhicule. Les habitants de cet endroit sont comme de petits insectes vivants ensemble dans une grande fourmilière. Sans compter qu’il au minimum un tiers de la population qui s’adonne à des activités criminelles. Des voyous, des délinquants, des criminels. La crasse de tous les mondes est ici. Et dire que quelque part, je fais partie de ces gens, me révulse moi-même. Je n’ai pas le choix, il faut bien survivre le temps que je retrouve mon mari.

J’arrive à l’entrée d’une ruelle, non loin du Lupanar Joyeux. Je paie le taxi et j’attends qu’il parte. Je m’enfonce dans la ruelle déserte. Quelques bennes à ordures qui débordent, quelques conduits qui crachent de petites bouffées de fumées blanches, une odeur insupportable. Quelle joie d’être ici. Je tourne une première fois sur la droite. Tiens, ils ont installé un grillage. On va régler ça vite fait. Je me concentre un instant. Je tente d’écraser le grillage grâce à la force de l’esprit. Cela marche, mais pas suffisamment. Il faut vraiment que je gagne en puissance. C’est pas en me faisant arrêter par un grillage de deux mètres que je retrouverai mon mari. J’utilise mes pouvoirs pour former une arme éthérique, avant de me rappeler que cela ne marchera pas sur un grillage. Décidément, ce n’est pas mon jour. On va devoir se servir de notre imagination. J’utilise mes pouvoirs pour former un gros parpaing. Puis, j’utilise mes pouvoirs psychiques pour projeter lourdement l’objet sur le haut grillage. Le parpaing atterrit sur le haut du grillage, qui s’affaisse sous son poids. Je ne peux toujours pas passer. Je recommence l’opération quatre fois. Au bout de la quatrième, je peux passer au-dessus en levant un peu les jambes. Dure journée. Je continue mon petit chemin dans la ruelle, puis je tourne à gauche. Mauvaise pioche.

Un homme est à terre, il ne bouge pas. La marre de sang à côté de lui m’indique qu’il est probablement mort. Deux hommes sont agenouillés à côté de lui, ils le fouillent. Un troisième homme fait le guet et me remarque aisément. Il lance un mot à ses camarades, je n’arrive pas à les entendre mais ils viennent vers moi. Ils ont des armes blanches dans les mains, ils n’ont pas l’air sympathiques. Très bien. Je vais tenter la manière pacifique.


« Laissez-moi passer. Je ne m’intéresse pas à vos affaires. Je ne vous ferai aucun mal. »

Ils s’arrêtent à quelques mètres de moi. Ils se regardent et soudainement éclatent de rire. Celui du milieu, reprenant ses émotions, me lance avec un air bien trop présomptueux à mon goût :

« Et qu’est-ce que tu pourrais nous faire toi ? Ah ! Ah ! Allez, facilite-nous la tâche et enlève tes vêtements poupée. »

Regrettable. Dire que je n’aime pas la violence, théoriquement.

« Pardonnez-moi alors, messieurs.
- Te pardonner pourquoi ?
- Pour ça. »

Je fais glisser un couteau de ma manche gauche et se faisant je le propulse par l’esprit vers mon interlocuteur. Avant d’avoir pu dire quoique ce soit, il se retrouve avec la lame dans la gorge. Il tombe au sol, ses amis étant quelque peu interpelés par le phénomène tardent à réagir. Mon interlocuteur n’était pas mort encore. Il tenait le coup. Je n’ai pas visé correctement apparemment. Il a les deux mains sur sa gorge, tentant de freiner son funeste destin. Cela me laisse le temps de former mon fouet éthérique et d’attaquer l’un de ses camarades. Après avoir ostensiblement agité mon fouet en l’air pour les effrayer, je l’abats sur l’une de mes victimes. Il s’effondre en tremblant sur le sol. Parcouru de spasmes violents et bavant comme un cochon. Celui-là n’avait pas grand chose de base… J’ai dû détruire ce qu’il restait. Je suis tartignolle des fois, huhu. Le dernier ne prend pas peur et bondit sur moi armé d’un grand couteau. Il m’écrase de son poids sur le sol, et me plaque le couteau sous la gorge.

« Tu vas payer connasse ! »

« Ridicule. »

Il me regarde l’air incrédule, les sourcils froncés. Il doit me prendre pour une folle. Je me concentre sur mes cheveux qui encerclent sa gorge et qui le serrent de plus en plus au fur et à mesure que les secondes passent. J’en profite pour changer la forme de mon fouet éthérique en une dague éthérique que je plante dans son flanc droit. Les deux attaques combinées le bloquent. Il lâche son couteau qui glisse sur le côté, je reprends l’avantage. Je continue de serrer. Je regarde ses yeux, j’attends que ses pupilles se relâchent. Une fois finie je pousse le corps sur le côté. Quel bazar. Je traîne les corps près de quelques sacs poubelles posés contre le mur. Je récupère ma lame de la gorge du monsieur au passage. Que fais-je de celui qui n’est pas mort ? Manifestement, mon fouet éthérique l’a assommé. Je me plais à le contempler, inspirée par un sentiment de toute puissance. Apparemment, ils n’appartiennent pas à un gang. Sinon ils auraient des signes distinctifs, et ils se battraient beaucoup mieux. Je n’ai pas de temps à perdre. Il m’a vu, c’est déjà de trop pour rester en vie pour cette mission. Je prends une de leurs armes et je finis le travail. Heureusement que la visibilité sur la scène était réduite. Sinon, je n’aurai rien pu faire. Je reprends mon chemin.

« Que me vaut l’honneur de la visite de Mademoiselle Song en cette bel après-midi dans notre si charmante ville ? »

Toma n’avait pas changé, et son accent très étrange non plus. Nous étions dans son bureau, toutes les deux cachées derrière nos éventails. Moi dans une tenue propre à une mission de terrain, elle dans un corset bien trop petit pour elle.

« Madame Song. Je suis mariée, je te rappelle.
- Ton mari a disparu. Et depuis le temps, il est certainement mort.
- Je n’en sais toujours rien. Tant que je n’ai pas une preuve tangible de sa mort, je continuerai à chercher.
- Et tu as beaucoup chercher ces derniers temps, hum ? »

Elle marque un point. Avec les missions de la Shin-Ra, je n’ai pas eu vraiment le temps d’accentuer mes recherches.

« C’est toujours en cours.
- Après, ce ne sont pas mes affaires après tout. Ce que je trouve dommage, c’est que tu perds de précieuses années… Tu ne seras pas toujours aussi fraîche. Je parle en connaissance de cause.
- Nous n’avons pas les mêmes produits de beauté ma chère. Puis tu as un visage plus expressif, ça marque plus les rides.
- Plus sérieusement, j’imagine que tu n’es pas venue ici pour me dire que j’avais des rides. Il te faut quoi cette fois-ci ?
- J’ai besoin que tu me caches ici, à l’abri des regards indiscrets. J’aurai probablement besoin de quelques armes aussi.
- J’ai la tête d’une trafiquante d’armes ?
- Garde tes fausses excuses aux mafieux du coin Toma, je te connais suffisamment pour être sûre que tu as quelques armes en réserve en cas de problèmes.
- Soit. Parcontre, j’ai le droit de savoir ce que tu viens faire à Illusiopolis. »

Toma et moi, nous avons une certaine confiance en l’une et l’autre. Forgée par le temps et les adversités, je pourrai presque parler d’amitié. De plus, je sais qu’elle ne revendra pas d’informations dans mon dos. Elle sait que je suis plus maline qu’elle et elle ne voudrait pas me mettre en colère, en aucune façon.

« Bien, vieille branche. Je dois faire en sorte que le chef du Gang des Songes soit abattu sur le territoire d’un autre gang. L’objectif est de créer un conflit entre ce gang et un autre. Histoire que la Shin-Ra puisse continuer ses opérations dans le calme et la sérénité.
- De ce que je sais, le Gang des Songes n’est pas constitué de gars très intelligents. Mais, j’ai entendu des rumeurs.
- Quel genre de rumeurs ?
- Ce ne sont que des rumeurs, mais il paraît qu’il y a des gens au-dessus des « chefs » du gang. Des gens qui eux, seraient largement au-dessus du pécore moyen qu’on croise en ville.
- A la limite, il ne faut qu’un conflit entre ce gang et un autre. Je ferai ma petite enquête. Je trouverai bien une cible suffisamment gradée et pas trop difficile à supprimer.
- Fait gaffe. Moi, je ne me mêle plus des affaires des gangs comme tu le sais, mais fait attention : je le sens moyen ton gang des Songes. Rien que le nom est bizarre.
- Si on devait paniquer dès qu’un nom est bizarre, tu n’aurais aucun client dans ton établissement Toma.
- Arrête, je suis l’un des meilleurs lupanars de la ville.
- Si tu le dis. »

La discussion terminée, Toma me conduisit directement dans une chambre dont l’entrée est camouflée par un miroir. La pièce est petite, sans fenêtres. C’est propre, un petit lit et une coiffeuse. Cela devrait suffire. Pour se laver, il faudra aller aux douches des filles. Toma me donne les horaires où les filles doivent se doucher, me laissant ainsi la possibilité d’éviter d’être trop en contact avec des personnes de l’établissement. Là où Toma était discrète et muette comme une tombe, je n’avais aucune garantie pour ses filles. Après avoir posé mes affaires. Je me rafraichis un peu. Je sors du Lupanar Joyeux par derrière. Je décide d’aller en exploration. Je change certains de mes traits caractéristiques, je n’ai pas envie qu’on me reconnaisse. Notamment la forme de mes yeux et ma couleur de cheveux. Je ressemble à Toma plus jeune, tiens. Je marche à travers les ruelles sales et franchement dégueulasses pour rejoindre l’artère principale la plus proche. Il me faut rejoindre le territoire du Gang des Songes, mais avant je vais me rencarder auprès d’autres gangs. Il doit bien y en avoir un qui a du ressentiment pour eux ou qui ont envie de prendre leur territoire. De mémoire, il y a un gang pas très loin des quartiers du Gang des Songes. Je vais aller voir s’ils sont toujours sur place.

Je fais arrêter un taxi et je lui donne une adresse dans le fameux quartier :


« Ah non désolé ma petite dame ! Moi je vais pas là-bas ! »

Sur ces mots, il s’en va rapidement. Bien, donc si les taxis ne veulent pas aller dans ce quartier, c’est que cela ne sent pas bon. C’est parfait. Je décide de m’y rendre à pied. En traversant la ville, je vois des regards se poser sur moi. La plupart viennent d’hommes, parfois de femmes même si c’est plus rare. A croire que les blondes ont vraiment la cote ces temps-ci. J’ai même parfois des gredins qui me sifflent sans honte. C’est dommage que je ne puisse pas m’en charger, à cause de potentiels témoins. Sinon, je leur écraserai les parties avec une certaine joie. Sadique, moi ? Non. Vindicative, peut-être. Personne n’est parfait, et cette ville a tendance à faire ressortir nos pires aspects.

Je suis proche du quartier où je me rends. De mémoire, c’est le Bloodfist Gang qui fait sa loi sur ces blocs. J’espère que c’est toujours le cas, ils ont une sale réputation et c’est pas des enfants de bonnes familles. Je vois qu’il y a des guetteurs. Ils ne sont pas très discrets, mais au moins ils savent quand quelqu’un vient les visiter. Je me dirige vers celui qui m’effraie le plus. Un espèce d’homme géant, il doit bien faire plus d’1m90, pour au moins cent-vingt kilos. Il est bien gras, comme un cochon. Il a l’air étonné que je vienne lui parler.

« Vous êtes du Bloodfist Gang ?
- Ça dépend. Qui le demande ?
- Votre mère.
- Fait gaffe connasse.
- J’aimerais parler à quelqu’un de responsable si c’est possible.
- Qu’est-ce tu veux ?
- Je ne partage pas mes informations avec des sous-fifres.
- Bah tu passes pas. »

Je me concentre un instant et j’offre à mon interlocuteur une belle frayeur. Il se plaque contre le mur en me regardant avec horreur.

« Ouais, ouais tu peux passer… Va voir Freddy ! Putain je me suis chié dessus les gars ! »

Je remarque que les autres guetteurs ont vu la scène. Armés de leurs moyens de communications, j’imagine que tout le quartier est déjà au courant qu’une blondasse a terrorisé le gros guetteur en ne faisant techniquement rien. Enfin, je reste une femme élégante et raffinée après tout, huhuhu : parfois il suffit de peu pour effrayer un gueux. J’avance donc dans la rue qui se présente devant moi. Les habitants vaquent à leurs occupations quotidiennes, rien d’anormal pour l’instant. Je remarque cependant qu’à certaines fenêtres des immeubles, on m’observe. Je n’ai pas intérêt à lâcher ma transformation, sinon ils vont tous rappliquer pour me brûler sur un bucher. Je redouble d’efforts pour la maintenir tout en me dirigeant droit devant moi espérant qu’un des membres du gang viennent me voir. Après plusieurs minutes à marcher lentement, personne. Bon. Cela prend trop de temps. Je m’arrête, je croise les bras et je regarde les personnes qui m’observent depuis les fenêtres. Ils peuvent voir que j’attende avec impatience. Cela les fera peut-être bouger. Au bout de quelques minutes, un jeune homme s’avance vers moi. Habillé pauvrement, mais avec une grosse chaîne en or, avec un gros poing en or attaché. Il a un bandana rouge autour de la tête et n’a pas l’air très heureux de devoir bouger ses fesses pour venir me chercher.

« Suis-moi toi ! »

Je m’exécute. Nous nous avançons vers un immeuble, après avoir rejoint le hall, toujours gardé par des hommes peu recommandables, nous descendons dans ce qui s’apparente à un ensemble de caves. En bas des marches, une porte blindée. Il y a un digicode.

« Tourne la tête. »

J’aurai bien souhaité voir le code, mais je n’ai pas le choix. Je me tourne. J’en profite pour regarder la caméra braquée sur la porte. Je fais un geste de la main, pour saluer mes observateurs. Politesse et courtoisie avant tout. La porte se débloque, je suis mon hôte. Ce qui devait être autrefois des caves individuelles n’est plus. Les murs ont été abattus, reliant chaque cave avec une autre, créant une sorte de vaste complexe souterrain. Je sens de l’alcool et d’autres produits. Ce n’est pas un endroit pour gens honnêtes, c’est certain. On m’emmène devant une autre porte. Mon escorte tape trois fois d’une manière très distincte. La porte blindée s’ouvre. Il me fait un signe de tête pour que je rentre. La porte se referme derrière moi.

Je découvre une pièce qui semble être bien protégée, plongée dans l’obscurité. Je remarque un espace où plusieurs écrans de surveillance sont posés. Apparemment, tout le quartier est quadrillé par des caméras plus moins discrètes. Cela semble être une bonne chose, pour eux, tout du moins. Un amas de fumée se dégage de la pénombre. Un homme se redresse, un pétard entre les lèvres. On dirait une petite racaille du quartier. Je remarque qu’il a plus de chaînes en or que ceux qui j’ai pu apercevoir. J’espère que ce n’est pas leur méthode pour dissocier els gradés des autres, parce que c’est d’un ridicule affligeant. Enfin, vous me direz, ce ne sont pas nécessairement des intellectuels notoires qui se planquent dans des caves.


« Yo ! Je suis Freddy ! J’ai vu que t’as effrayé Gustav à l’entrée du quartier ! Sacré exploit mdr ! Qu’est-ce tu veux ma jolie ? »

Manifestement, ce n’est pas le chef du gang. Peut-être son bras droit, ou quelque chose de similaire. Le chétif Freddy me regarde avec intérêt. Il regarde un peu trop mes seins d’ailleurs, on voit que c’est un homme. Pour achever l’exercice de charme, je me tourne un instant pour bien observer la pièce. Freddy doit en profiter pour regarder mes fesses. Elégance, où es-tu ?
Je me retourne vers lui.


« Il y a des caméras dans cette pièce ? »

Il me regarde un instant avec un air fort interrogateur. Puis un sourire apparaît sur ses lèvres et il se frotte les mains.

« Ah tu veux qu’on … ?
- Non, sale porc. Seulement, j’ai des informations et je n’ai pas envie que tout le monde l’entende.
- Ah ok. »

Il a l’air déçu. Pas que Freddy soit moche, mais un peu quand même.

« Ici, c’est la seule pièce où il n’y a pas de caméras. Tout le reste est équipé. Tu peux parler librement. »

Je reste dubitative. Il n’y a pas de caméras, mais il y a peut-être des micros. Je prends le risque, il n’a pas l’air armé de toute façon. Je reprends ma forme originale. Cela me permet de faire une pause. Freddy me voyant changer se recule dans la pénombre, vraisemblablement en train de chercher un pistolet ou quelque chose de similaire.

« Pas de panique, je ne suis pas armée Freddy. Comme je l’ai dit, j’ai des informations pour ton gang. »

Freddy me regarde avec de grands yeux. Il s’avance un peu vers moi.

« C’est… t’es quoi en fait ?
- Une femme plein de ressources.
- Ah t’es une femme, ça me va toujours…
- Même pas en rêve.
- Mais, ça veut dire que tu peux changer la taille de tes… ?
- Oui. Mais je ne pense pas que ce soit urgent comme type de questions.
- Bah…
- Non.
- Ok, tu veux quoi ?
- Tu connais le Gang des Songes ?
- Ouais, c’est des malades les mecs.
- Des malades ?
- Leur chef est con comme un balai. Ils ont ouvert un strip club, je crois. Mais c’est difficile d’y aller, ils ont armé tout le quartier il y a quelques mois.
- Armé le quartier, c’est-à-dire ?
- Bah ils ont donné des armes aux habitants du quartier. Du coup, c’est le gros bordel. Genre t’as une grand-mère, elle a flingué son voisin car il faisait trop de bruits pendant qu’elle faisait un scrabble avec ses copines. Quel enculé ce mec mais bon. Ils ont un total contrôle sur le quartier, personne peut les challenger à cause de ça. Trop de gens indépendants, armés, qui tirent pour que dalle. Genre même la Shin-Ra leur cherche pas trop la merde. »

Ah, là ça m’intéresse. On va jouer sur cette corde.

« Je crois savoir que le territoire du Gang des Songes n’est pas très loin. J’imagine que vous avez des conflits avec eux.
- Cela arrive. Ils sont très cons, ça aide pour se foutre sur la gueule. Mais on y touche moyen car ils ont des gars au-dessus du chef qui sont dangereux. Mais genre très dangereux à ce qu’on dit.
- J’en ai entendu parler. Ils vont vous attaquer.
- QUOI ? ! »

Voici mon plan. Je vais m’amuser. Je préviens les Bloodfist d’une attaque du Gang des Songes, ils seront donc sur la défensive. Quant à moi, je vais aller convaincre le chef du Gang des Songes d’attaquer les Bloodfist. J’accompagnerai la cible à éliminer, et dans le chaos de l’affrontement je l’éliminerai. Ce plan machiavélique, je m’étonne moi-même ! Ah ! Ah ! Ah !

« Regarde bien mon visage Freddy. Voilà ce que nous allons faire. J’ai un compte à régler avec le Gang des Songes. Je vais me joindre à leur attaque. Toi et les autres, vous tiendrez le quartier du mieux que vous le pouvez. De toute façon, ils ne pourront pas vous déloger, vous êtes trop nombreux pour ça. Moi, je serai avec eux et au moment que je jugerai opportun, je tuerai l’un de leurs chefs. Cela devrait décomposer leur assaut et cela vous permettra de contre-attaquer.
- Et qu’est-ce qu’on gagne à se battre contre eux ?
- S’ils n’ont plus de chef, ils perdent du territoire et vous en gagner.
- Ça se tient. Pourquoi je dois retenir ton visage ?
- Parce que je veux que tes gars évitent de me tirer dessus volontairement. Si je meurs, je ne peux pas tuer leur chef.
- Ok. Je vais prévenir le boss et on se tiendra prêt.
- Ravie de t’avoir rencontré Freddy. »

Je reprends ma forme de jeune blondasse et je toque à la porte. On m’ouvre et je sors de l’immeuble, puis du quartier. Personne ne m’en a empêché. J’ai pu en profiter pour bien vérifier qu’ils étaient armés. En tout cas, ils sont bien organisés. Assez étrange pour un gang d’ailleurs. Cela devrait faire l’affaire pour ma mission. Je m’avance dans une rue. Une voiture démarre rapidement derrière moi, elle s’approche furieusement de moi. Je m’écarte rapidement du bord de la route. La porte de la voiture s’ouvre. Un homme avec un pistolet me vise.

« Monte dans la voiture ! »

Je m’exécute, je n’ai pas le choix. Un homme conduit la voiture vers une destination inconnue. Le gars qui me pointe du pistolet me regarde.

« Tu foutais quoi chez les Bloodfist toi ?
- En quoi ça vous regarde ?
- Le Gang des Songes fait ce qu’il lui plaît connasse ! T’as intérêt à parler, on est pas des rigolos nous !
- Soit. Je me sens faiblir face à votre autorité… Déconcertante. »

Manifestement, ces gars étaient en planque pour surveiller le quartier du gang rival. Ils ont dû être interpelé par ma présence. Je n’ai pas l’air d’un de leurs membres. Lançons le jeu de la manipulation.

« Je faisais du repérage.
- Pour qui ?
- Pour moi. J’ai un compte à régler avec les Bloodfist. En quoi ça vous regarde ?
- La ferme ! Tu vas répondre à mes questions. Comment est gardé le quartier ?
- Ils ont des caméras partout et des guetteurs. Il y a des guetteurs dans les rues mais également dans les appartements, ils regardent depuis leurs fenêtres.
- Combien ils sont ?
- Je ne sais pas. Je n’ai pas compté.
- Ils sont bien armés ?
- Plutôt oui, j’ai même repéré des armes à feu assez récentes. Plus récent en tout cas que votre pistolet. Vous êtes sûr qu’il est pas rouillé ?
- Fait pas la maline avec moi ! Bruce, arrête toi là ! Tu as vu le fameux Freddy ?
- Peut-être, pourquoi ? Il est fameux ?
- Il paraît que c’est lui qui gère la surveillance du quartier. Tu sais ce qu’on va faire ?
- Non, mais je sens que vous allez me le dire.
- Tu vas aller au Blue Dragon. Tu connais ?
- Oui.
- On t’enverra quelqu’un. Tu lui diras tout ce que tu sais.
- Et si je ne fais rien ?
- On te retrouve et on te bute. Ou pire.
- Soit.
- Bruce, dépose-la ici. Rendez-vous dans quatre heures là-bas. »

La voiture s’arrête, à peine je descends du véhicule qu’il repart à la vitesse de l’éclair. C’est vrai qu’ils n’ont pas l’air très intelligents. Je me glisse dans une ruelle et je reprends ma forme originelle. Je rentre en vitesse au Lupanar Joyeux. Discrètement, je rentre dans ma petite chambre. Je me prépare. Je mets ma tenue de mission habituelle, combinaison de cuir élégante. Bottes hautes. Des armes de jet placées soigneusement dans des parties non-visibles. Toma m’a déposé un petit cadeau sur ma table de nuit. Un petit mot est écrit de sa main à côté :

« Toujours être prête. »

Je sais ce que c’est. Je déballe le petit cadeau. Une grosse fiole soigneusement empaquetée. Un liquide verdâtre est à l’intérieur. Elle le distille toujours donc. Toma fabriquait autrefois une sorte de poison, qu’elle appelle « Morphée ». Mettez ça sur votre arme, et un contact avec le sang de votre adversaire devrait lui créer une réaction en chaînes menant à un arrêt du cœur. Une autre utilité est de partir dignement, en maître de soi-même. Si j’ingère ce produit, je pourrai mourir, sans douleur en quelques minutes. Comme si je m’endormais. D’où le nom. J’en place quelques gouttes sur deux de mes lames, que je cache dans mes manches. Le reste, je le glisse dans mon manteau noir. Ce sera pour moi si les choses tournent mal pour moi. Je finis de me faire belle. Puis je pars le plus discrètement possible du Lupanar Joyeux. Je me dirige vers le Blue Dragon. Je rentre facilement, je connais le code.

Nous sommes en début de soirée. Pas beaucoup de gens encore. Je me dirige vers le comptoir. Le barman me regarde.

« Ce sera quoi pour vous Miss ?
- Un thé à la fleur de cerisier, je vous prie.
- Dure journée ?
- Oui, vous connaissez la chanson. »

J'attends de voir qui on va m'envoyer. A ce stade, je ne peux qu'espérer quelqu'un qui n'a pas le quotient intellectuel d'une huître. Quoique c'est bon, les huîtres. Après tout, le Gang des Songes ne se pointerait peut-être pas... Bon, je profite un peu de mon thé et je verrai bien qui mord à mon hameçon. Une soirée divertissante en perspective...
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Jeu 10 Aoû 2017 - 22:25
« Et voilà ta bière, connard. »

Hum… Non. J’aurais pas du la commander celle-là. J’me tape le front contre le bar et reste comme ça, les yeux qui visent mes pieds qu’j’voyais même pas. C’était dur… Dur, dur, dur, dur…
Dur.


« J’ai plus d’fric. »

La serveuse a rien répondu. C’tait pas… LA serveuse, t’sais. On était dans l’pire boui-boui du quartier mais va chercher la logique, j’allais toujours là-bas. En fait, c’tait p’têt’ justement pour la serveuse. Loin d’être bonne, putain… mais j’aimais bien comme elle me parlait. Ca m’rapp’lait l’port royal, quand j’y avais pas encore foutu la merde. Nan clairement… Les mercenaires c’tait fini. J’voyais pas comment j’allais y r’mettre un pied.
Mais elle avait c’truc, cette serveuse, d’la vieille dégueu qui t’sert et qui crach’rait dans ton verre qu’ça t’étonn’rait pas. Et ouais… c’est une denrée rare qu’j’trouvais certainement pas chez les consuls.
Les mecs étaient trop sophistiqués… Ils te matent une meuf qui raconte des histoires donc écoute, y z’ont pas les mêmes goûts qu’tout l’monde.

J’me suis rapp’lé qu’j’devais jamais payer.


« Ah ouais c’est vrai… J’dois rien payer. »

Ouais…

« Ouais... »

J’pense qu’c’est pour ça qu’elle m’engueulait toujours, cette serveuse.

« J’pense c’est pour ça qu’tu m’engwueule tuju. »

Woah… j’avais pas compris c’que j’voulais dire. La pâteuse, mec, la pâteuse.
J’ai rôté ma vie puis j’ai essayé d’regarder ma bière dans les yeux mais elle était trop haut, ça m’donnait trop mal au cou.


« Mais qu’est-ce que tu fous ici ?… Tu vois pas qu’tu fais pitié ? »

Putain mais j’ai trop raison. C’est vrai qu’j’fais pi… Ah nan j’confonds, c’tait pas moi ça. Mais j’savais pas plus qu’elle c’que j’foutais là. Y avait une bonne raison, à la base mais j’me souv’nais juste qu’c’était un prétexte pour m’bourrer la gueule à l’oeil et mater des stripteaseuse.
Un r’gard victorieux et un sourire… bah victorieux s’sont dessinés sur mon visage et j’me suis tourné sur moi-même en m’redressant ! Deux s’condes plus tard j’dégringole sur le côté, f’sant tomber mon tabouret. J’me relève malgré l’appel de la mort pour pas oublier d’regarder les stripteaseuses mais…


« C’est dans l’autre bar. »

« ‘Ain ! »

« Quoi ?! »

J’crois qu’j’voulais dire putain mais qu’j’avais trop bu pour l’dire et surtout qu’j’voulais pas qu’la serveuse m’entende.
Mais putain, frère… J’avais l’impression d’avoir rien bu et j’étais dans un état horrible. J’allais mourir après vingt bières max ?! Mais ouais… Première cuite en un an. Et genre j’rev’nais d’un pays où on buvait pas donc v’la l’niveau. J’avais perdu tout c’que j’avais, à commencer par mon taux d’cholestérol.

Quand j’me suis r’tourné, deux ans ou deux minutes plus tard, y avait trois gars d’bout d’vant moi.


« On te demande. »

J’ai posé une main sur l’mec… genre que’qu’part entre son nez et son épaule et j’lui ai dit dans l’oreille, qui s’situait entre sa bouche et son front :

« Je suis là ! »

Il a eu l’air dégoûté par mon haleine et alors que j’m’arrêtais d’réfléchir pour roter, ils m’ont tiré avec eux vers le paradis.
Pasque cinq minutes plus tard à marcher dans les rues du gang des songes, avec plein de personnes et tout… j’entrais là, dans le… paradis !


« Attends j’r’prends mon souffle. »

J’ai essayé d’être discret en matant les seins d’une stripteaseuse qui se stripteasait…

« D’accord mais on parle là ! »

J’ai pointé un fauteuil pas loin de la stripteaseuse, où on pourrait tous s’asseoir.

« Je vous attends. »

J’ai dégagé les gens qu’étaient sur l’fauteuil en m’faufilant entre eux et en m’étalant, avant d’me coucher d’tout mon long sur le canapé, le bras en oreiller et les seins bondissant de Cristal comme veilleuse.
Et j’ai rêvé une trentaine de minutes avant qu’y m’réveillent. Ca allait pas vraiment mieux. Nan c’était pire… Cristal ou en tous cas la fille qu’j’avais baptisée Cristal avait été remplacée par une noire et… bah j’voyais flou donc ça d’venait compliqué d’distinguer la femme sexy du bras dégueu d’un connard qu’était pas moi, foutant des billets sous la corde de son string.
J’ai r’gardé les patrons. A priori c’était moi donc j’avais vite grimpé l’échelle de la rue. Alors qu’j’avais rien fait. C’tait Roxas et Ukiyo qui bossaient ici. Moi j’venais pas. Ou alors pour faire c’que j’faisais ici.


« On a besoin de toi, Jecht. » qu’il a dit, le mec en costard avec des ch’veux colorés blonds. J’avais oublié son nom donc… mais j’ai pas oublié d’le décaler pour essayer d’me concentrer sur la danseuse la plus proche.

« Hm ? »

« On a croisé une pouf et on l’a bloodfist. »

« Quoi ?! » qu’j’ai hurlé, m’rattachant à la réalité brusqu’ment ! C’est qui ces cinglés ?! « Vous avez fait quoi ?!! »

« J’ai dit… On a croisé une pouf qui sortait d’chez les bloodfist. »

« J’me disais bien. » J’savais pas qui étaient les bloodfist mais si ça concernait une pouf, j’pouvais écouter l’équation.

« Visiblement, elle cherche à les atteindre… Nos mecs l’ont laissée partir et lui ont donné un rendez-vous au Blue Dragon. »

« …Le bar gay ? »

« Non, c’est… Tu sais où c’est ? »

« … C’est au bar gay ? »

« On te conduira. »

« Mais je... »

« On a besoin que l’un de tes potes ou toi s’en occupe… Ils l’ont laissée filer très vite. Elle est peut-être des leurs ou peut-être pas donc. »

« … Ouais. Ukiyo et Roxas... » merde j’d’vais p’têt’ pas dire leur nom. J’étais plus sûr. « Euh… et Barnabé. » j’allais les embrouiller. « … ils sont... » Gros gros doute. J’ai fait une méga bourde ou… ? « moins efficaces qu’moi dans c’genre d’affaire. » J’ai essayé d’regarder Louis dans les yeux. « J’suis un expert en pouf. »

La mauvaise nouvelle c’est qu’c’était dans deux heures. La mauvaise, c’est qu’il allait falloir parler.  
Et just’ment, deux heures plus tard, j’étais largué d’vant l’blue lagoon. J’ai entré… J’suis…
J’ai r’fusé qu’on prenne ma veste pasque j’avais pas de veste. Un autr’mec m’a attrapé l’bras. Il était costaud mais j’l’ai r’gardé et…


« Oula, c’est la fin de soirée pour toi. »

« Mais il est super tôt ! » qu’j’ai protesté. Mais j’avais une autre réponse plus maligne. J’ai montré d’un geste très technique qu’j’avais encore pas mal d’sous et ça m’a ouvert les portes du paradis. Pas d’stripteaseuse mais pas moins pire…
Au bar, une blanche, brune avec des lunettes. Un genre tellement p’tite riche. Ouf. J’me suis approché pasqu’elle r’gardait dans ma direction. ``È' répondait pas vraiment à c'qu'on m'avait décrit mais c'était la seule meuf bonne du bar et... è'r'gardait vers moi j'vous dis ! J’évite le sol mouillé, titube ma mère et… arrive à son niveau. J’la r’garde de bas en haut à moins de cinquante centimètres d’elle.


« J’ai pas am’né mon costard, tu pourrais... » J’ai approché ma main droite du bas d’son dos. Un peu au-d’ssus des fesses « m’prêter l’tien ? » mais ai r’noncé  à l’idée d’toucher. Ca m’avait jamais porté chance. J’ai juste essayé d’dessiner les courbes d’son dos avec ma main, à quelques centimètres d’sa combi.
J’ai tourné la tête pour roter. Gentleman. Puis j’l’ai r’gardée dans les yeux, essayant d’voir à travers ses lunettes. J’ai gratté ma barbe, me suis accoudé au bar juste à côté d’elle en la matant bien flagramment, mec…


« Si t’es v’nue, c’est qu’tu voulais m’raconter… » J’ai saisi le verre qu’était juste d’vant elle et l’ai am’né à mes narines. « Euh… m’rencontrer. » Merde… ma réplique. J’ai r’posé l’verre, pas trop convaincu. Cette meuf… j’l’emballais tant qu’j’me sentais un peu bourré ou j’crevais ici.

« J’s’rai pas difficile, j’t’écout’rai pour une belle vue. »

Putain… J’avais déjà été bourré moins connard que ça, d’souv’nir.

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