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Ven 28 Juil 2017 - 12:27
Le silence. C’est ce qui prévaut dans le vide des routes stellaires. Depuis la fenêtre de ma chambre sans personnalité, ni décorations, j’observe les multiples vaisseaux de la Shin-Ra qui flottent autour du gigantesque Vaisseau-Mère. Une petite chambre, affublée d’une salle de bains optimisée pour prendre le moins de place possible. Les murs de métal et de matières composites étranges pour moi rappellent que nous ne sommes dans aucun monde ici. Nous sommes à la croisée des chemins, d’une certaine façon. Je sais que certains employés de la Shin-Ra décorent leurs petites chambres, pour la personnaliser un peu, ou se rappeler leurs mondes d’origine. Je n’ai jamais décoré cette chambre. Je ne fais que laisser des affaires ici, jamais rien de réellement important. Cette chambre est utile malgré tout, elle me rappelle que je ne suis pas vraiment « moi » ici. La femme que j’étais a cessé d’exister le jour où son mari a disparu. Je ne suis qu’une projection de femme, une projection pour survivre. Je retrouverai ce mari un jour, et lorsque ce dessein sera accompli, alors je disparaîtrai pour laisser la place à ma vraie personnalité. Par conséquent, je n’ai jamais demandé de meilleurs appartements. Après tout, je ne reste que rarement très longtemps au Vaisseau-Mère. Juste le temps de rassembler des affaires et je repars en mission.

Cependant, après mes aventures à la Costa del Sol avec Francis, le Directeur avait choisi de me garder proche de la Shin-Ra. C’est ainsi qu’aujourd’hui, je n’irai pas bien loin. Je finis de me préparer pour ma nouvelle mission. J’enfile un tailleur élégant noir et blanc, je finis de me coiffer. Un peu de rouge à lèvres rouge, dernière vérification pour ma coiffure. Je cache quelques stylets dans des poches spéciales de ma tenue. Je suis prête. Je sors de ma chambre.

J’avance d’un pas lent et nonchalant à travers les longs couloirs du Vaisseau-Mère. Il n’y a pas que le vaisseau gargantuesque qui est fait de métal. De nombreux employés ont succombé aux enseignements basiques de la Shin-Ra et sont devenus des esprits de métal, des rouages au service de la gigantesque machine interstellaire. Je ne crache pas dans la soupe, comme vous pourriez l’imaginer, c’est uniquement une constatation. La vie est une voie parsemée de carrefours où il faut faire un choix, ce qui implique des sacrifices. Certains sacrifices sont plus faciles à faire que d’autres. Pour survivre, j’ai dû abandonner ma dignité, mon honneur. J’ai brisé des vies. J’ai tué. Je continue de survivre et un jour, ma traque s’arrêtera. Un jour, j’irai rejoindre mes ancêtres. Chacun doit faire un jour son bilan.

Je continue de me diriger dans les dédales du vaisseau, heureusement que je le connais un peu sinon je me serai perdue depuis longtemps.  C’est dans cet environnement peu familier que je crois apercevoir un individu familier. Je m’arrête un instant pour être sûre de moi : une forme familière, une tenue familière, une démarche familière. J’en suis sûre maintenant. Je m’avance vers cette personne, qui marche dos à moi, et d’un ton charmeur –mais professionnel- je dis :


« Comment va l’entraînement ? »

La personne s’arrête et se retourne rapidement vers moi. Bingo. C’est bien Gunther, le cochon du monde de la Forêt de Sherwood qui m’avait accompagné lors d’une mission. Il a l’air fatigué, peut-être de retour de mission ?

« Ah, Madame Song ! Cela fait plaisir de vous revoir. Je ne m’attendais à vous voir ici, à vrai dire ! Vous n’êtes pas sur le terrain ?
- Francis a réussi à me priver de sortie. Je mène une mission dans le secteur de production aujourd’hui. J’espère pouvoir sortir d’ici à la prochaine.
- Ah pas de chance ! J’espère que je serai avec vous pour ma prochaine. Même si vous m’avez humilié la dernière fois, au moins vous utilisez mes capacités. La dernière mission que j’ai fait, j’étais sous les ordres d’une espèce de tyran qui ne nous accordait pas la moindre importance. On aurait tous été sacrifié pour le bien de la mission s’il avait fallu, c’est vous dire. Enfin, c’est pas tout ça, mais je dois aller faire un rapport. Bonne mission Madame Song !
- Oui, en effet… A bientôt, Gunther. »

Touchant. Comme quoi, je suis apparemment une femme responsable qui exploite ses subordonnées correctement. Ce que Gunther ne sait peut-être pas, c’est que je l’aurai sacrifié, s’il avait fallu. Je ne l’aurais pas fait par plaisir, mais comme je l’ai dit : pour avancer sur sa voie, il faut savoir faire des sacrifices.

Après quelques minutes de marche supplémentaires, j’arrive enfin dans le département « Production et Marketing » du Vaisseau-Mère. Je vous souhaite la bienvenue dans ma nouvelle mission. Je sors dès à présent mon éventail pour commencer à me donner un peu d’air tant je pressens cette mission comme angoissante et absolument pas intéressante pour mes intérêts personnels. Je m’avance vers une jeune gourgandine, d’après sa tenue qui ne laisse absolument pas supposée qu’elle est mariée ou vierge, qui semble être une secrétaire de l’accueil.


« Je dois voir un certain Karlos Legarfield, ordre de Monsieur le Directeur en personne. Faîtes vite, je n’ai pas toute la journée. »

La secrétaire me regarde avec un air furieux mais contrôlé. Elle se doute que je ne suis pas la nouvelle technicienne de surface. Elle tapote sur un écran pendant un instant puis se lève et m’invite à la suivre. Nous avançons dans ce qui ressemble à un grand atelier de textiles. Des machines et quelques membres du personnel supervisent la grande production de notre entreprise. Nous arrivons dans une salle remplie de vêtements tenus par des mannequins ou des cintres. Un homme d’une taille surprenante – il est plus petit que moi- et vêtu bien curieusement s’affaire autour d’une femme qui sert à faire les essayages. Deux femmes et un homme-ours que je devine du monde de la Forêt de Sherwood observent le petit être faire son œuvre et prennent des notes.

« Monsieur Legarfield, voici votre… Rendez-vous du jour. Je vous laisse avec elle.
- Merci ma chérie, c’est fantastique. » répond il sans même regarder la secrétaire partir.

Karlos Legarfield, styliste et « animateur de mode et de tendances » de la Shin-Ra, s’occupe des productions de vêtements civils à destination du grand public. C’est un homme de petite taille comme je l’ai précédemment évoqué, il a les cheveux bruns frisés, de grandes lunettes qui lui font des yeux de mouche, une large chemise blanche à pois noirs accompagnée d’un foulard en soie mauve. Quant au pantalon, il est très serré et est de couleur rose fluorescent. Le tout couronné par des bottines en daim. Sans compter sa voix absolument pas suave et chamrante, on dirait la voix d’un adolescent pré-pubère qui n’a pas encore mué.  Je sens qu’on va se marrer.

« Messieurs et mesdames, enchanté. Je suis Madame Song. Je suis envoyée par Monsieur le Directeur en personne pour vous conseiller, monsieur Legarfield, pour la nouvelle collection qui devrait bientôt sortir pour le public de la Costa del Sol. Normalement, je ne serai là qu’aujourd’hui, mais selon les besoins je serai peut-être là d’autres jours. J’espère que nous pourrons travailler en excellents termes.
- Et moi dont ma belle. C’est magnifique tout ça, mais retournons au travail. Justement tu tombes bien, approche. »

Gardant mon apparente tranquillité, je m’approche du centre de la salle où la femme servant pour les essayages est en bikini rose fluorescent à pois noirs. Karlos se place à côté d’elle, et me regarde. Je salue rapidement de la tête les autres personnes présentes, chacune a un badge : l’ours s’appelle Boris, il est au marketing. Les deux autres femmes s’appellent Iris et Natacha, respectivement des services production et mode.

« Honnêtement madame Song, même Boris en string a moins de poils qui sortent du maillot que ça quand même, non ? Je dis pas ça pour vous vexez vous, là, mais enfin quand on fait les essayages devant des gens qui n’ont pas que ça à faire, on fait un effort et on vérifie. Nan mais comment je fais moi avec ça ? Bon indépendamment de cela, comment vous trouvez madame Song ce bikini ? Je n’arrive pas à me décider. » dit-il.

Ce n’est clairement pas le genre de vêtements que j’ai l’habitude de porter. En Chine, la pudeur et l’élégance doivent primer en public : cette tenue est vulgaire et peu attirante. Sans compter la couleur et les pois qui seraient capable d’aveugler des aveugles tant que c’est vif.

« La coupe est intéressante. Parcontre, le rose fluorescent est peut-être trop… Fluorescent ? »

Karlos me regarde, il regarde le bikini. Il relève ses lunettes. Il fait de grands yeux, puis les repose sur son nez.

« Ah oui effectivement, ça arrache. Vous pouviez pas me le dire Natacha ?
- Mais monsieur, c’est vous qui…
- Bla bla bla. Toujours des excuses ! Bon, Iris mon petit, tu me feras un changement sur le ton du rose fluorescent, tu me mets un truc qui pète moins. Je rappelle qu’on doit éviter les incidents. J’aimerais rappeler qu’avec l’idée de génie qu’on avait eu l’année dernière sur les bikinis en fourrure en plastique, on avait eu plusieurs dépôts de plainte à cause des allergies provoquées sur la peau ! Alors, cette année, on va éviter des dépôts de plainte pour des rétines décollées à cause de votre incompétence. Va te changer toi, va mettre le petit ensemble numéro quatre. »

La jeune fille disparaît dans une cabine. Karlos se tourne vers ses assistantes.

« Bon les filles. On en est du reste de la production, c’est bien tout prêt qu’on puisse montrer à l’envoyée de Monsieur Rufus ?
- Euh… Oui, tout est en ordre. On doit juste voir les derniers modèles aujourd’hui, on arrange en fonction et on lance demain.
- Très bien, amenez nous tout ça qu’on regarde une dernière fois. »

Les assistantes et Boris amènent toutes les affaires, je ne sais pas comment on va faire pour voir tout. La collection entière est là. La mannequin sort de sa cabine, et c’est le début d’une longue série d’essayages pourvue de commentaires plus farfelues les uns que les autres de la part de notre ami Legarfield.

« Donc vous voyez cette catégorie est un déluge de tissus chamarrés, le clou de cette partie est bien entendu la robe chryséléphantine inspirée du monde d’Agrabah, cela va de soi. »

« Les maillots de bain, c’est ma-gni-fi-que. C’est Costa del Sol, du coup j’ai voulu apporté une touche solaire à notre collection. Une touche solaire, mais sans oublier la fraîcheur de la mer. D’ailleurs, mon fer de lance pour cette partie de la collection est mon châle avec de véritables crustacés accrochés dessus. C’est la fo-lie quoi. »

Une petite sonnerie stoppe notre travail un instant, c’est l’heure du déjeuner. Les assistants, avec l’accord de Karlos sortent de la salle. Karlos m’invite à le suivre dans son bureau, où il a des plats plus raffinés qu’à la cantine du Vaisseau-Mère. Il s’assoit sur son siège, qui le rehausse à une taille convenable. Il sort les plateaux et les pose sur la table.

« Bon appétit, madame Song. C’est mieux que la gerbe qu’ils servent à la cantine pour économiser les coûts.
- Je vous remercie. »

Nous commençons à manger dans le silence. Toujours derrière ses lunettes, il n’exprime presque pas d’émotions, il est difficile de savoir à quoi il pense réellement. C’est quelque chose qui nous fait au moins un point commun.

« Depuis combien de temps travaillez-vous ici ?
- Cela va faire dix années. Je ne vais pas me plaindre, c’est plutôt bien. Puis, j’ai des congés payés, c’est toujours ça de pris. Comment vous trouvez la collection ?
- Plutôt bien. Je vous avoue que c’est dans la lignée de ce que j’ai pu voir récemment à la Costa del Sol. Les fabricants indépendants doivent suivre les tendances de la Shin-Ra pour survivre non ?
- Effectivement, il s’inspire beaucoup de nous. Il faut dire que nous avons un vaisseau qui permet de faire beaucoup en peu de temps.
- Sans compter les gros bras de l’entreprise, j’imagine.
- C’est sûr que c’est impressionnant. Bien qu’on les emploie peu de notre département. On a surpris à plusieurs reprises certains à regarder trop près des femmes qui faisaient les essayages. »

Nous marquons une pause dans la conversation. Le temps de manger quelques bouts.

« Vous venez de la Terre des Dragons, c’est cela ?
- Oui, en effet.
- Vous devez trouver ce que je fais très étrange n’est-ce pas ?
- Je ne mentirai pas en disant que c’est en effet… Perturbant.
- Je m’en doute, oui. Mais c’est le monde qui est ainsi. Les gens veulent des créateurs fous et des vêtements plus exubérants et dénudés. On affole nos sens, on consomme et puis on recommence. Je me rends bien compte que ce que je fais est parfois ridicule. Cependant l’important est que tant qu’un pigeon achète, on continue.
- Je vous comprends bien. »

Encore un petit silence.

« Vous me laissez perplexe, madame Song. Vous ne ressemblez pas au commun des agents de la Shin-Ra. Pourquoi avoir rejoint la Shin-Ra si ce n’est pas trop indiscret ?
- Qu’est-ce qui vous fait dire cela ?
- Vous êtes trop raffinée pour avoir rejoint cette entreprise uniquement pour vous émancipez des règles sociales de votre monde d’origine. Donc, j’imagine qu’il y a une autre raison.
- La nécessité. Le raffinement coûte chère. Particulièrement pour une femme. Vous ne le savez que trop bien.
- J’espère que cela va mieux maintenant. Du côté de cette « nécessité ».
- Tout à fait, la Shin-Ra est une entreprise passionnante sur bien des points. Elle me permet de discuter en ce moment-même avec un créateur de mode après tout, le rêve de toute femme quelque soit son monde d’origine.
- Certes ! Certes ! Ah ! Ah ! Ah ! »

C’est sur ces quelques mots que nous finissons notre repas. Nous sortons du bureau et après quelques instants, les assistants reviennent. Nous reprenons les essayages. Malgré l’intérêt faux que je porte à ces vêtements, cette discussion n’est pas anodine pour moi. Il me renvoie à ma mission première, celle de retrouver mon époux. Je n’ai que faire de cette entreprise après tout, je ne suis ici que pour survivre financièrement en attendant la fin de mes recherches. Ce n’est certes pas ici que je retrouverai mon mari disparu, mais la disparition ne date pas d’hier. Ce sera un travail de longue haleine, quelques jours de moins ou de plus ne changeront plus grand chose maintenant.

Fin de journée. Je suis épuisée. Toute l’équipe l’est, sauf Karlos qui semble exaspérer que nous souhaitions aller dormir. Je ferai des heures supplémentaires sur cette mission demain. En attendant, je vais aller dans mes appartements. J’ai besoin d’être seule après des heures dans une seule salle pour voir un à un des vêtements plus insignifiants les uns que les autres. Les collections de l’entreprise ne sont vraiment pas mon style. Puis en l’occurrence, c’est pour les plagistes, ce n’est pas de la « mode pour agent de terrain armé ».

Je refais le chemin vers ma chambre. Je remplis mon code secret sur le digicode et je place mon œil gauche devant l’analyseur. Mesures de sécurité pour chaque chambre paraît-il. Ils peuvent toujours rentrer dans la mienne si cela les chante, à part des robes, des tenues traditionnelles, des éventails et quelques bijoux sans grande valeur, il n’y a rien d’intéressant. Mes munnies ne sont pas si faciles à atteindre ! Je retrouve la pièce comme je l’avais quitté.


Je fais porter mon repas à ma chambre via le service en charge de l’alimentation des employés. Je n’ai pas réellement envie d’aller dîner dans une cafétéria dont l’odeur principale est un mélange entre de la sueur humaine et du gras. Certes, le service d’étage vous prend un peu d’argent au passage, mais au moins c’est comestible. Je m’assoie devant ma petite table, sur ma petite chaise, à déguster lentement ma petite salade. J’ai l’impression de perdre mon temps sur ce vaisseau. Je ne pensais pas être une femme de terrain pourtant, mais manifestement je me suis trompée. Peut-être est-ce dû au fait que je ne peux techniquement pas vraiment manipuler des membres de la Shin-Ra pour mes propres intérêts ? Peut-être bien. On ne peut plus s’amuser de nos jours.

N’ayant rien de très intéressant à faire pour l’heure, je me dirige vers ma couche pour m’endormir. Karlos m’attend certainement à l’aube –façon de parler- dans son « laboratoire des tendances ». Une simple couche, pour une personne. Je me glisse dans les draps blancs, de relative bonne qualité. J’appuie sur un petit interrupteur pour faire baisser mon volet, je ne tiens pas à être réveillée par une quelconque luminosité venant de l’extérieur. Je m’endors lentement.

Je me réveille en pleine nuit. La pièce est toujours plongée dans l’obscurité. Quelque chose n’est pas normale, je le sens. Je sors les deux stylets que j’ai sous mon oreiller et les garde dans mes mains. J’entends un bruit. Ce n’est pas un bruit du Vaisseau-Mère. Tout est extrêmement silencieux, le moindre son s’entend. Cela ressemble à un bruit de pas. Un pas rapide. Je m’avance vers ma porte. Je regarde par l’œillet permettant de voir dans le couloir. Rien. Le noir complet. J’ouvre la porte. Qu’est-ce qui se passe ? Il devrait y avoir au moins les veilleuses allumées. Je lance un scan et je sens la présence de quelqu’un. C’est proche de moi. Je me dirige vers la présence que j’ai sentie. Je me dirige vers la gauche en sortant de ma chambre, j’avance à pas feutrés dans ce long couloir plongé dans les ténèbres. J’arrive au bout du couloir, il n’y a personne. Je regarde à gauche, rien. Je regarde à droite, j’entends des bruits de pas. Je continue de chercher l’origine des pas en avançant sur la droite. Plus de bruits. Légèrement inquiète, je décide de retourner vers ma chambre. Rapidement. Alors que je remplis le code pour ouvrir la porte, je vois sur ma gauche une forme se dessiner dans l’obscurité. Je sens une présence. Une grande forme, humanoïde je crois. Elle est à quelques mètres.


«  Qui est là ? »

Pas de réponses. Je suis comme paralysée, j’en oublie de finir mon code. Il n’y a donc plus qu’une solution. Je commence à générer mon fouet éthérique dans ma main. J’espère qu’il n’est pas trop douillet, ça va faire mal. La forme avance lentement vers moi. Je me concentre pour former rapidement l’arme éthérique. La forme est proche. Je ne vois toujours pas son visage et je n’ai pas d’indices sur qui c’est, mais je ne vais pas jouer au détective maintenant. Je saisis vigoureusement mon arme. Je décide de frapper en même temps que la forme charge. Je brandis mon fouet éthérique et le fait abattre sur la forme.

« Qui es-tu ?! »

Un cri déchire le silence pesant du Vaisseau-Mère.

Je me réveille dans ma couche, je suis en sueurs. Je sors mes deux stylets de dessous l’oreiller comme pour me défendre. J’allume la lumière. Il n’y a rien. C’était un cauchemar.


« Le Vaisseau-Mère ne me va décidément pas… »

Je me lève et me dirige vers la salle de bains pour me préparer. Je vais bien arriver avec trois heures d’avance, mais après tout je finirai peut-être plus tôt comme cela. Dans la douche, j’essaye de me remémorer mon cauchemar. Cela paraissait tellement réel. Je ne suis habituellement pas sujet aux cauchemars et ce depuis plus de trois années. Enfin, cela peut arriver, j’imagine. J’enfile mes vêtements, je prends mes affaires habituelles et je me dirige vers le bureau de Karlos. Personne, bien entendu. Il doit être cinq heures du matin.

Je n’ai pas de compétences en mode et je ne sais pas vraiment quoi faire de mes dix doigts mais, j’ai de l’imagination. Je me concentre un long moment. Je vais faire un petit cadeau pour la collection de Karlos. En utilisant mes pouvoirs psychiques, je modèle à la force de mon imagination une robe d’été d’inspiration chinoise avec quelques caractéristiques qui plaisent à Illusiopolis. Cela fera un côté « exotique et moderne » qui, j’en suis sûre, plaira à Legarfield. Je la pose bien en évidence au milieu de la pièce et je continue la vérification des différents modèles déjà commencée la veille.

Karlos arrive avec son équipe vers 6h30. Absolument pas surpris de me voir. Il se dirige directement vers ma création. Il l’observe sous toutes les coutures, comme à la recherche d’une imperfection. Il reste silencieux pendant plusieurs minutes, la regardant. Puis, il s’approche de moi.


« C’est vous qui avez fait ça ?
- Tout à fait.
- C’est absolument MA-GNI-FI-QUE ! Prenez-en de la graine, bande de fainéants ! »

Il fait déplacer la robe au centre de production pour lancer l’étude du modèle pour ensuite le fabriquer en plus grande ampleur. Puis revenant à nos affaires, il m’invite à aller dans son bureau.

« Alors ma chérie, on va faire un petit jeu. J’ai une interview à donner dans quelques jours au sujet de la nouvelle collection dans un magazine très influent à la Costa del Sol. Tu vas m’aider à répéter mes réponses. Je te donne le papier avec les questions que la journaliste me posera et on répète, enfin voilà tu as compris le concept. »

Il me tend une page, avec plusieurs questions. Il se recoiffe un instant et me donne le départ.

« Bonjour M. Legarfield. Je tenais d’abord à vous remercier de bien vouloir accorder une interview à notre magazine.
- C’est un plaisir pour moi de pouvoir parler de mes créations.
- Comment caractériseriez-vous votre nouvelle collection printemps-été ?
- Je dirai que ma nouvelle collection est avant tout l’aboutissement d’une profonde réflexion sur la nature elle-même de la mode. Au niveau où je suis, on ne parle plus vraiment de collections, de saisons, mais plus de façonner de nobles matières en des œuvres d’art que vous pouvez porter à partir de 299,99 munnies. Pour répondre à votre question, je dirai que ma nouvelle collection est résolument solaire et céleste.
- Je vois… Comment faîtes-vous pour avoir autant d’idées de création et d’inspiration après tant d’années passées à créer sans relâche ?
- La mode pour moi, c’est une vie en soi. Je crée le matin, l’après-midi, le soir, dans les toilettes, la cuisine, la chambre à coucher, qu’elle est magnifique, et je me dis : la mode c’est l’art, c’est partout quoi. C’est mon petit brin de folie quoi.
- Quelle est votre pièce préférée dans votre nouvelle collection ?
- Nous avons concocté une ma-gni-fi-que robe d’été à destination. Un mélange d’exotisme et de modernité qui plairont j’en suis sûr. Les femmes ont aujourd’hui faim de changement, nous avons centré notre collection sur cet aspect. D’où le solaire.
- Bien entendu, cela paraît évident. Que pensez-vous des collections concurrentes qui semblent vouloir prendre votre place ? Notamment en engageant de jeunes créateurs.
- Vous savez, il n’y a pas vraiment de concurrence. Nous sommes des artistes, nous créons. Nos créations seront appréciées par certains, détestées par d’autres. C’est ainsi. Vous savez, le goût et les couleurs, ce genre de choses.
- Avez-vous déjà des pistes de réflexion sur votre prochaine collection automne-hiver ?
- Bien entendu. Je pense qu’il est encore un peu tôt pour en parler, mais nous sommes sur le coup, comme toujours !
- Qu’est-ce que ça fait de remporter le dé d’or sur trois années consécutives ?
- C’est une grande satisfaction car cela veut dire que mon corps de métier m’attribue des qualités exceptionnelles et j’en suis par conséquent très fier.
- La question aléatoire du mois : comme vous le savez, notre rédaction formule une question au hasard sur l’actualité à notre personnalité. Vous, en l’occurrence. Quel est votre sentiment sur la situation sur le monde de la Forêt de Sherwood ?
- Comme le disait mon maître à pensée Skouvaladsceau, qui était une sorte de mystique un peu fou mais qui se foutait un peu de la gueule du monde mais avec une certaine crédibilité : la guerre, c’est affreux.
- Bien. Merci beaucoup de nous avoir accordé cette interview monsieur Legarfield ! »

Il avait l’air satisfait de sa performance. Je n’ai pas souhaité commenter. S’il est là depuis si longtemps, c’est qu’il doit être apprécié et estimé… Dans son domaine. Nous finissons les dernières vérifications. Une fois le tour de la collection faite et la consommation de plusieurs aspirines, je salue toute l’équipe et m’en retourne à ma chambre. Karlos m’invite même à repasser quand je le souhaite et qu’il m’en doit une belle au vu de mon petit cadeau.

Tout en écrivant mon rapport dans ma chambre pour saluer la nouvelle collection et parler des modifications apportées ainsi que de l’apparente compétence de Karlos, je ne peux m’empêcher de penser qu’il fut fort étrange que la direction m’envoie là-bas. Enfin, j’imagine que c’est une sorte de tâche secondaire qu’ils attribuent aux employés suite à des accidents. Peut-être.


Je finis le rapport et m’en vais le déposer dans le département correspondant, glissant un mot pour le Directeur. Je retourne à ma chambre, attendant mes nouvelles instructions. Les heures passent et avec elles, une crainte monte en moi. La crainte d’un nouveau cauchemar. Qu’est-ce qui a pu déclencher cela dans mon subconscient ?

Nous verrons.
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Dim 3 Sep 2017 - 11:56
Madame Song, la direction s’excuse des retards ayant survenu sur la notation de votre mission. Nous allons, de ce pas, mettre tous les dossiers en veille et nous occuper de celui-ci dans les plus brefs délais.

Voilà, ta notation arrive enfin, navrée du temps que ça a prit. T’as peut-être vu l’absence de Roxas, il n'a juste pas moyen d’écrire le commentaire et j’viens m’occuper de celui-ci.

Donc, qu’est-ce que j’ai à dire de cette mission ? Eh bien, j’avoue avoir apprécié ce que j’ai eu à lire ! Généralement, j’ne regarde pas les ordres de mission avant de lire les missions, histoire de ne pas m’imaginer d’intrigue avant de découvrir les idées du rpiste. En l’occurrence, toi. Donc, en parcourant ton écrit, j’ai rapidement compris en quoi consistait ta mission et l’idée m’a dessiné un sourire jusqu’aux oreilles. Sauf qu’avant de parler de la mission et de Karlos, j’ai un truc à dire.

Un de mes passes temps favoris est de lire chaque rp posté sur le forum, et j’te suis depuis tes débuts chez nous. Et honnêtement, j’adore la façon dont tu lies chacun de tes rp, transformant chaque mission en une longue trame possible à suivre.

L’exemple ici, c’est simplement le retour de parole avec Gunther, un sacré cochon si tu veux mon avis ! Enfin, c’est cool de voir ce lien et que tu puisses faire vivre les pnjs au travers de tes écrits.

Bon, cessons donc de te ballotter de belles paroles ! Il est temps de parler du coeur de la mission, le design des robes avec le bon Karlos de la Shin’ra.

Le plus intéressant est, d’après moi, que tu ne te lances pas dans l’affaire en jouant les boss. Genre, le Président m’envoi et j’vais vous demander de faire à ma manière et comme ça. Tu respectes les pnjs et tu définis un caractère (librement inspiré) tout au long de ton rp, et j’crois que c’est ça que je préfère. Tu prends le temps de tout faire, de définir le personnage (qui pourra probablement être utilisé par d’autres) et ses motivations dans l’endroit où il se trouve.

Par exemple, avec le portrait que tu dressais, j’avais du mal à croire qu’il laisse ton personnage toucher au tissu ou quoi que ce soit d’autre. Même si t’es une envoyée du Président, j’le voyais pas abaisser son pantalon pour te laisser faire. Donc, l’idée de se pointer après ton cauchemar et de faire ta propre idée sans lui, j’apprécie particulièrement.

Voilà, en fait, j’ai pas vraiment de point noir en lisant cette mission. Du moins, pour le fond de ta mission.

Les gens te le diront ici, j’suis pas le plus fin en terme d’orthographe et de conjugaison. Néanmoins, en lisant ta mission, j’ai remarqué certaines constructions un peu bizarre. Genre, l’utilisation d’un futur et du présent dans la même phrase ou bien des fautes de conjugaison au pluriel. Soit rassuré, rien de dramatique dans l’histoire, simplement qu’une petite lecture à la fin de ton écrit peu balayer énormément d’erreur ! Enfin, voilà ! C’est le meilleur conseil que j’peux donner avec ce genre d’erreur.

Mission accomplie !


Facile : 12 points d'expérience + 120 munnies + 2 PS en Psychisme !

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