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Mar 20 Juin 2017 - 22:41
« Je vais tout expliquer. »

Cette phrase était porteuse de beaucoup de sens pour Fabrizio. Il l'avait utilisée un bon nombre de fois dans sa vie, trop pour les compter à vrai-dire. Cependant, il devait admettre qu'il ne l'avait que peu utilisée dernièrement, car sa position au Sanctum l'immunisait contre le genre de situation où, justement, il serait amené à se justifier. Jusqu'alors, il n'avait jamais vraiment considéré qu'il était bien loti quant à cette immunité justement ; c'était aujourd'hui, sous ce magnifique soleil de printemps, qu'il réalisait son ultime privilège et vivait un moment de choix dans sa vie ; il s'expliquait devant une bande de paysans en colère. Et jusqu'ici, il ne rencontrait pas un grand succès.

« Ah oui ? Et bien je vous en prie, aidez-moi à comprendre comment vous pouviez avoir besoin de- » le paysan lui présenta sa main, et énuméra sur ses doigts ses exactions du jour. « Troubler le calme du village, ignorer de présenter vos requêtes au conseil municipal, sciemment entrer dans des réserves de grain qui ne vous appartiennent pas, mettre à sac lesdites réserves tout en y étant entré par effraction ! »

Le maire de la ville le regardait avec insistance ; l'homme était tout de même resté fort courtois et n'avait pas hurlé un instant. La crédibilité de son interlocuteur fut alors mise à rude épreuve puisque, expliqué sans vraiment trop de sens, le raisonnement de Fabri quant à l'étrange épidémie que subissait le village était tout sauf clair. Alors, bien entendu le seigle était infesté de champignons, mais il fallut une vingtaine de minutes pour que le maire passe outre son précieux silo violenté. Il regrettait d'avoir envoyé Ian Goguen faire état de l'avancée – et la complétion, par ailleurs, de la mission, car dans son envie d'éviter un aller-retour, il s'était retrouvé en face d'un type qui n'avait pas du tout envie de le laisser parler.

Le maire n'était pas un mauvais gars, ce n'était que légitime de se demander ce qui avait bien pu se passer. Fabrizio comprenait ses torts ; il aurait du prévenir qu'il avait carte blanche pour trouver la ou les causes de l'épidémie. Il n'en avait pas fait grand chose et n'avait prévenu personne, choisissant de battre la campagne avec pour toute indication ses intuitions pas forcément justes. Au moment de rendre les comptes, il se trouvait légèrement stupide.

« Vous comptez peut-être remplacer notre stock de grain en allant saccager le silo d'un autre village peut-être ? »

« Mais non, la situation était exceptionnelle, vous comprenez bien que le Sanctum n'opère pas comme ça par plaisir ni par habitude. »

Mais oui bien sûr.

« Vous ne répondez pas du tout à ma question jeune homme, nous sommes à la fin de la saison, les récoltes n'ont pas commencé et nous n'avons pas de quoi tenir. Expliquez-moi donc comment vous allez procéder en réparation. »

Fabri haussa les épaules, par réflexe. Il préférait encore relaver le corps de Swain. Lui au moins il ne parlait pas.

« Il y a certaines propriétés fermières qui posséderaient assez de grain pour assurer la subsistance du village jusqu'au temps des récoltes. » s'entendit-il dire. « Ça éviterait d'impliquer un autre village, et j'ai l'assurance que le grain n'est pas contaminé. Je me chargerai de ça personnellement. Je vais m'occuper de... de ça. »

Il ponctua sa phrase d'un geste en direction du silo et des grains éparpillés sur son porche. Le maire parut satisfait de l’explication, comme le prouva son hochement de tête et son souhait d'une bonne journée au soldat du Sanctum, qui resta sur place. Il regrettait déjà son idée. Et il n'aurait jamais du renvoyer Ian, d'ailleurs.

Considérant qu'il avait là aussi carte blanche quant à sa manière de se débarrasser des derniers sacs de la récolte de l'année passée, Fabri prit sur lui et retourna dans le silo les récupérer. Si l'atmosphère et la température de l'intérieur du bâtiment de pierre était plu qu'agréable, le soleil était monté haut dans le ciel et tapait fort ne cette fin de matinée. Il était accompagné d'un très léger vent qui n'était définitivement pas assez fort pour rendre la température plus supportable. Et du chant des oiseaux qui ne servaient à rien. Non, définitivement, renvoyer Ian à au château n'avait pas été une bonne idée, pensait Fabri alors qu'il accomplissait son cinquième aller-retour.
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Sam 24 Juin 2017 - 0:14
« Je l’ai trouvé ! » — Rhys trotta avec aisance vers Fabrizio, tandis qu’Agon le suivait à quelques mètres de distance.

Ah, Fabrizio. Le Fabrizio Valeri ! Le seul, l’unique ! Il faisait moins le fier hein, maintenant qu’il avait lui aussi passé un moment à Mornevie ! Le prêtre esquissa un sourire au souvenir de sa première mission, et de celui qui la lui avait donné.

Un petit gars plutôt jeune, mais qui avait sa place au Sanctum. Cheveux bruns, un peu longs, yeux verts marquants et corpulence à la graisse à jamais bannie. Il s’entraînait régulièrement, à n’en pas douter. Et puis l’armure en jette toujours.

Un petit gars qui avait ses amis, des gens pour l’estimer. Puis d’autres pour ne pas l’apprécier. Mais qu’en dire ? Fabrizio Valeri était au-dessus de ça disait-on. Au-dessus d’eux — ceux qui avaient pu ou pouvaient maugréer de se voir commandés par un individu qui put être leur petit frère pour certains, ou leur fils pour d’autres.

Fabrizio Valeri, en somme.

Le prêtre non plus n’avait pas eu pour le jeune homme les pensées les plus tendres. Longtemps, il lui avait gardé un petit ressenti pour son « voyage chez les bouseux incendiaires ». Ou encore, sa « farandole des obligations cléricales ». Des expériences qu’il aurait préféré ne jamais avoir vécu.
Mais tout aussi désagréables qu’elle lui avait été, cette mission lui avait permit de rencontrer Gregor Martigan. Ce paysan qu’il finissait (à l’usure) par apprécier. Lui, et d’autres, comme le jeune Ian ramené dans les ordres.
— Et il fallait rappeler que si Fabrizio avait envoyé Agon calmer les ardeurs de certaines familles de Mornevie en premier lieu, c’était car il espérait un règlement pacifique de la situation. Ce pour quoi, en toute honnêteté, on ne saurait le blâmer.

Agon devait-il ajouter à cela qu’il lui devait probablement la vie, comme beaucoup d’autres ? N’était-il pas celui qui avait ordonné l’évacuation des civils ? Pendant l’attaque de la Citadelle par la Coalition.

Alors à la réflexion, il avait passé l’éponge sur l’ardoise de sa propre mauvaise foi. L’homme de foi n’avait jamais pesté contre le garçon que parce qu’il l’avait envoyé, lui, faire un office bien peu enthousiasmant. En théorie déjà, puis surtout en pratique.
En théorie, faire oeuvre de médiation entre familles paysannes n’était pas aisé de l’avis du prêtre. D’une part.
Mais en pratique, jamais Fabrizio n’aurait pu savoir que son émissaire manquerait de se faire démolir le visage par un chef de famille, ou brûler au Brasier. Il pouvait donc difficilement le retenir à son compte.

Que de rencontres charmantes, n’est-ce pas ?

A dire vrai, parler de quelques anecdotes autour d’une limonade bien fraîche n’aurait pas été de refus. Le soleil tapait sur la tête des deux acolytes depuis quelques heures désormais. Rhys était un monstre de sang froid et d’endurance (ou alors de comédie) à ses heures perdues. Ce n’était pas le cas du prêtre. Pas face à cette chaleur en tous les cas. Il y avait des limites à ce qu’il pouvait supporter. Il tentait de faire bonne figure, mais la perfide sueur se faufilait par gouttes à la racine de ses cheveux ! — Etro ! Comme la terrasse d’un quelconque café eut été la bienvenue, dans la douceur d’une brise maritime… mais l’heure n’était pas à cela. Et il n’y avait pas de café bercé de brise maritime non plus en ces lieux.

Agon et Rhys était supposés rejoindre une équipe du Sanctum envoyée à Mornevie. Soit, comme ils semblaient le constater, Fabrizio en seul et propre. Le village avait été la cible d’une épidémie, empoisonnement, ou qu’en savaient-ils encore : ils n’avaient pas eu les détails, mais tout ceci était apparemment une affaire close.
Close. A moins que l’Archiviste Heltzer n’ait été un peu rapide en besogne..? Maintenant qu’il approchait, Agon voyait son confrère en proie avec un énorme sac de grains qui avait l’air de tout… sauf d’un incident résolu.

Le but de sa venue était aussi simple que nécessaire. Le prêtre avait déjà passé un temps au village. Désormais que le Sanctum lui était une fois encore venu en aide il s’agissait de faire un peu de représentation. Montrer que l’ordre était là, qu’il était bon, être proche de la population.

Pourtant sans s’attendre à être reçus tels des héros (loin de là)… ni Agon, ni Rhys (son accompagnateur en armure), ne s’étaient préparés à un accueil si… malaisant.

Ce n’était pas que les hommes et les femmes de Mornevie les regardaient hostilement. Non. Ou refusaient de leur parler. Moins encore. Mais quelque chose n’allait pas. Et ils s’étaient convaincus que le héros mondial qu’était Fabriozio saurait leur expliquer ce qui avait pu instaurer cette gêne. Aucun d’eux ne pouvait se douter de la sombre inquiétude qui planait sur Mornevie tandis que les récoltes du village paraissaient filer entre les doigts de ses habitants, malgré la promesse que « les choses seraient arrangées ».

« — Ah Monsieur Valeri, nous vous trouvons enfin, souffla Agon en arrivant à portée.
- J’espère que vous n’avez pas prit un coup de chaud ! Tenez prenez un peu de mon eau. Il faut boire par ce temps. »
Sans beaucoup plus de cérémonie, le templier aux cheveux de jais tendit sa gourde au garçon. Pendant un instant, l’idée qu’ils aient déjà pu travailler ensemble effleura l’esprit du prêtre. Mais peut-être était-ce tout simplement que son protecteur était familier avec tout le monde.

« Rhys a raison. » Il préférait dégager rapidement le débat sur le comportement à adopter en cas de fortes chaleurs. Et que « Rhys le Grand Frère » aurait abordé s’il avait eu une demi-seconde pour ce faire. « Agon Wiley, dit-il en s’inclinant légèrement. Je ne sais pas si vous vous souvenez de moi. Vous m’aviez envoyé ici pour ma première mission au retour d’Illusiopolis. Enfin inutile de s’attarder là-dessus. J’ai été, ainsi que le templier Rhys — il le désigna un geste de la main — envoyé par l’Archiviste Heltzer pour vous rejoindre. L’Archiviste a eu vent de la fin des troubles de Mornevie et m’a fait parvenir ses désirs. A savoir, que nous vous rejoignions afin d’en apprendre plus sur ce qui avait pu se produire et accompagner la population. Certains ont sûrement des craintes, des questions. Ou simplement besoin d’une oreille attentive. » Voilà une introduction qui était faite. Le prêtre prit une inspiration. L’une des questions à venir était délicate, et il craignait la réponse. « Ca a été pour vous ? Le bilan n’est pas trop lourd..? Pour le village. »
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Ven 30 Juin 2017 - 23:16
La fin des troubles de Mornevie ? Ian devait être arrivé. Cette révélation lancée sur le ton de la conversation, dramatisant quelque peu les faits, mettait en relief toute la journée. Fabri haussa un sourcil ; combien de temps avait-il bien pu se passer depuis qu'il avait commencé à consciencieusement vider le silo ? Combien de temps depuis qu'il avait envoyé Ian prévenir les autorités compétentes que l'épidémie n'était rien d'autre qu'un probable effet boule de neige lié à une mauvaise récolte et des forces de la nature ? Il n'en avait, mais alors, aucune foutre idée.

En prenant la gourde tendue par le Templier, qu'il connaissait forcément de vue, il fallait juste se rappeler d'où, et le remerciant au passage, Fabri regarda Agon du coin de l’œil. « Alors, pour faire court, disons que... »

Il chercha ses mots, le temps de quelques secondes. Pendant ce temps et de manière fort involontaire, il se résumait ce qu'il connaissait d'Agon Wiley. Agon, c'était un prêtre, qui avait écrit un rapport de six pages sur une mission dont personne n'avait voulu et qu'au final, Fabri lui avait balancé en priant qu'il ne voie pas les tâches de trois tasses de café sur la lettre dudit paysan. Qui avait envoyé cette lettre déjà ? D'un côté, il espérait que Wiley ne lui en voulait pas ; cette mission devait être faite. Ce n'était pas pour autant qu'il allait s'excuser, ceci dit.

Agon était légèrement plus grand que lui, et ne semblait pas bien vieux. Fabri ne savait bien entendu pas quel âge il avait, il n'avait jamais vraiment eu besoin de le savoir. Il avait l'air de souffrir de la chaleur. Bon, c'était un prêtre, il devait probablement vivre dans le temple d'Etro. Rhys avaient l'air de supporter cette magnifique journée bien mieux que lui. Bien mieux qu'eux-deux, en fin de compte.

« Alors déjà, personne n'est mort. On arrête de s'inquiéter, c'est pas conseillé avec la chaleur. »
ajouta-t-il avec un regard appuyé à Rhys. « Ensuite, pas de maladie, juste des plantes moisies, et comme beaucoup de gens en ont mangé, ils sont tombés malades. »

Il se trouva légèrement négligé, à hausser les épaules aussi simplement en face d'un clerc et d'un soldat du rang, mais les faits étaient là ; la mission s'était en fait conclue de manière fort simple. Beaucoup de panique pour peu de choses. Il y avait eu beaucoup de raisons de s'inquiéter, tout d'abord parce qu'une épidémie dans un village de paysans sans réelle indication de sa provenance avait tout d'inquiétant. Surtout après un hiver fort étrange où le mouvement des troupes locales vers la Citadelle, en cruel manque d'hommes, n'avait fait que brasser des personnes en des lieux qui leur étaient inhabituels. Il y avait eu tellement d'indices trompeurs, tellement d'idées qui dirigeaient vers une fausse piste. « Alors c'était ni la peste, ni le choléra, ni aucune autre saloperie. »

Le bilan était lourd, parce que le bilan se résumait en sacs de seigle, sacs de farine, sacs de n'importe qui qui avaient étés stockés dans ce silo et qui avaient pu être contaminés par la saloperie qui avait rendu le père d'Ian Goguen à l'état de limace – il allait épargner la version crue à ce pauvre prêtre.

Subitement, en terminant de faire un tas net avec les sacs, il se demanda comment le prêtre aurait pu se débrouiller, si ça avait été son devoir de découvrir quelle était la mystérieuse maladie. Oh, c'était un prêtre, il s'y connaissant probablement en maladies, en soins et en prières curatives. Quoique, parmi ses connaissances, Fabri avait peut-être une ou deux personnes qui n'y connaissait rien en magie mais qui faisaient preuve d'une grande sagacité quant à l'univers médical. Aub' n'en était qu'un exemple, mais sa mère était médecin. Et Aleile, qui avait, depuis le décès de sa sœur Sedris lors de l'attaque de la Coalition Noire, entamé une formation d'apprenti alchimiste dans une boutique de bonne réputation de la ville.

Tous les habitants de ce monde avaient, cependant, une affinité quelconque avec la magie. Cela avait tout d'abord étonné Fabrizio, qui avait compté au sein de sa famille nombre de chasseurs de sorcières de renom. Il avait passé des années à essayer de comprendre, puis de cesser de craindre cette magie, qui étaient présente dans chaque être et dans chaque pierre de ce monde.

Il s'était toujours considéré comme imperméable à la magie, mais, comme l'indiquait sa facilité à faire naître une petite flamme dans le creux de sa paume afin de mettre le feu aux sacs de céréales, ce monde avait fini par détendre sur lui. Il y aurait pu avoir des manières bien pires de ressembler à un local que de connaître trois sorts et d'en utiliser au moins un par an, tout de même. Il aurait pu se trouver un amour pour la culture de pommes de terre et la cuisine du terroir - Etro soit louée, ce n'était pas le cas.

«  Je vous déconseille d'aller essayer de démarcher le maire pour des détails supplémentaires, ce type est con comme un poulet sans tête et il va encore refaire un sermon. »

Fabri recula de quelques pas, et fit signe au prêtre comme au soldat de faire de même alors que la fumée, naissant sous le tas commençait à s'élever dans le ciel. Elle fut bientôt accompagnée de flammes grandissantes. Il recula d'un pas supplémentaire, pour faire bonne mesure, n'ayant pas un excellent souvenir de l'effet dévastateur des flammes sur sa propre peau.

Non, il n'avait aucune peur de tout ce qui était feu et incendies, même si les événements de l'année passée avaient largement réduit sa propension à se tenir proche de flammes, fussent-t-elles bougies ou tas de sacs brûlants allègrement dans la brise d'un début d'après-midi.

« J'y pense. » reprit-il après quelques instant de silence. « Vous connaissez pas mal de gens dans le coin non ?  Est-ce que vous êtes familier avec les Arsenault ? Il faudrait réussir à les convaincre de prêter gentiment un peu de leur réserves de grain au village, histoire de les dépanner. Je sais qu'ils ont de quoi. Mais c'est pas comme s'ils avaient envie de partager quoi que ce soit. »
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« Eh bien… » — Agon tourna la tête vers Fabrizio. Il avait jusque là été occupé à regarder les récoltes prendre feu. Oh bien sûr, il avait remarqué les brûlures qui tapissaient la joue du garçon, et coulaient le long de son cou. Il savait très bien d’où elles lui venaient. Son regard se fit et plus grave et plus posé, pendant une demi-seconde de silence qui le ramena aux évènements qui suivirent l’attaque.
Lorsqu’il était revenu à la Citadelle, enfin.
Lorsque le lendemain il s’était pris de la morbide inquiétude de savoir si ceux qu’il avait pris en sympathie ne le gratifieraient plus de leur présence.
Lorsqu’il avait été jusqu’au dispensaire de fortune de Ruth, indéboulonnable médecin.

L’endroit ne semblait plus, de la vision qu’il en avait eue à la porte, qu’un amas de corps agonisants presque posés les uns sur les autres — une sorte de fosse commune, au détail près que ceux qui y avaient été jetés vivaient encore. C’était cette vision qui lui était revenue lorsqu’il tourna la tête vers le garçon. Valeri était sûrement passé par là.
Une demi-seconde introspective bien peu enchanteresse, suivie d’un sourire aussi forcé qu’il pouvait l’être à la seule évocation du buffle Arsenault. « … dire que je leur suis familier, c’est peut-être s’avancer un peu. »

Après tout, le chef de famille le prenait pour un abruti complet. C’est le moment où vous avez le droit à un résumé des épisodes précédents.

Tout s’était décidé quelques mois auparavant. Tandis qu’Agon prenait ses marques en tant qu’ecclésiastique. Un gamin (Fabrizio) lui avait donné pour mission de se rendre à Mornevie. Petit bled autour duquel gravitaient cinq terres tenues par des familles tantôt paysannes, tantôt artisanes.

Les faits tels qu’ils lui furent énoncés étaient simples : Arsenault et Bourget se livraient une guerre des champs sans merci, et cette dernière avait même eu des retombées sur les terres d’une pauvre petite vieille qui n’avait rien demandé : Marguerite Givry.

La vérité, c’était que Ian (celui-ci même qui avait accompagné Fabrizio à Mornevie, exactement), avait sévèrement en travers de la gorge que la grabataire qui ne se servait plus de ses terres, en refuse l’exploitation exceptionnelle à sa famille dont le terrain avait été plus que tout autre fortement touché par la sécheresse. Pour faire simple, ils étaient vraiment dans la merde et elle leur avait tourné le dos avec un petit sourire tout doux.
Sa vengeance serait terrible, et il prit sur lui d’empoisonner le peu de cultures qu’elle se réservait au vinaigre. Pour éviter qu’on ne se concentre trop sur Givry, il avait commis quelques actes de vandalisme sur les terres des Bourget ou des Arsenault. Affaire de brouiller les pistes.
Sauf que ça avait trop bien pris et que les deux familles avaient commencé à sérieusement s’en prendre l’une à l’autre. A un point tel que le père Arsenault, découvrant les dons mystiques de sa fille, lui avait forcé la main pour qu’elle joue les incendiaires chez les Bourget. Elle irait, ou bien il irait, et cela risquait d’être plus violent.

Autant vous dire qu’Agon n’avait pour lui aucune sympathie. Quand bien même les Bourget auraient effectivement vandalisé les terres des Arsenault (et ils l’avaient sûrement fait en quelques occasions), le chef de famille Arsenault était d’un sang chaud dangereux. Dans l’escalade vers la violence, il était celui qui montait le premier à la marche supérieure.

Mais lorsque le prêtre découvrit la vérité derrière cette affaire, il prit sur lui de sauver la mise au jeune Ian Goguen. Un gosse qui avait sacrément dévié du droit chemin. Les morts ne parlent pas, et il y avait eu un mort sur lequel Agon avait pu rejeter la responsabilité que Ian aurait dû supporter. Le gosse avait été embrigadé par cet homme plus âgé. Pour faire amende honorable il rejoindrait Etro au sein du Sanctum, et caetera. Et voici comment Ian rejoint les rangs de l’ordre religieux. Une recrue peut-être peu honorable, mais Ian avait de bons côtés que l’on savait apprécier. Il avait déraillé, et Agon avait été son ange de la seconde chance.

Côté Arsenault, Agon ne s’était pas senti de priver Alice de futur en expliquant que c’était elle qui avait mis le feu chez leurs rivaux. Bien que, quelque part, contrainte par son père, elle devrait payer pour ce crime qui, au-delà du vandalisme pur, aurait pu coûter la vie aux Bourget.
Alors il avait expliqué que selon lui, les feux avaient été du fait de son bouc émissaire, pour faire grimper d’un cran la violence attisée chez les deux familles. Et que cela aurait bien pu fonctionner.

Alors Arsenault père se sentait sûrement bien malin de n’avoir pas été démasqué. Au-delà du fait que pour lui, Agon était un fouille-bousin. Le type envoyé par une quelconque autorité religieuse pour fouiner dans ses affaires !

Imaginez bien, il dépréciait le prêtre autant que le prêtre pouvait le déprécier.

Agon prit une inspiration. « Le chef de famille n’avait pas trop apprécié que je sois envoyé pour régler ses différends avec les Bourget. Honnêtement, ce n’est pas par sa collaboration que les choses se sont calmées ici… 
- Sa femme peut-être ?
- Peut-être… j’avais pas pu lui parler réellement lors de mon passage. C’est surtout son mari qui a parlé pendant notre entrevue. Pour être franc, ses enfants ont été ceux avec qui j’ai eu le plus de retour. Jérémie et Alice. Les deux plus âgés.
- C’est un début ! — Rhys sourit avec enthousiasme. Agon, lui, ne semblait pas gagné par son positivisme.
- Ce n’est pas comme si Arsenault père allait se laisser influencer par ses enfants, et c’est lui qui a le dernier mot. Enfin. Je crois savoir qu’ils ont une partie des grand-parents chez eux, dont ils s’occupent. Peut-être écouterait-il plus les anciens, et encore. S’il apprenait qu’on avait essayé de les convaincre précisément pour toucher sa corde sensible, je ne sais pas comment il le prendrait. »

Petite moue de réflexion sur le visage, le prêtre fit craquer ses doigts avant de reprendre. « Je l’ai connu pendant une période de trouble, si je peux le dire ainsi. Peut-être ne sera-t-il pas aussi braqué aujourd’hui. Vous l’avez vu vous ? » — il avisait Fabrizio, interrogateur sans pour autant croire à un miracle.

Rhys passa la main sur sa nuque. « J’ai du mal à comprendre. Je veux dire, mettons même qu’il ne soit pas quelqu’un de généreux, vous imaginez les retombées que son refus pourrait avoir ? Le village va être à cran. Ce ne serait même pas un bien pour sa famille de refuser, si ? »
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