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Le Ouaouaron

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le Sam 10 Juin 2017 - 2:24
« Le château Disney est en vue. Zulu, briefing ! »

Zulu se redresse. Réflexe de militaire. Il n’est plus soldat, pourtant. Plus depuis très longtemps. Il s’est blessé gravement pendant son service. Un incident qui aurait pu être évité. Il a perdu sa première jambe sur le champ de bataille. Il a perdu la deuxième quelques jours plus tard. Infection horrible. Pus nauséabond. Érythème nécrophagique. On a coupé la deuxième par prévention. C’est ce qu’on lui a dit. C’est ce qui lui a sauvé la vie.

Il s’est recyclé en livreur. A fait pousser sa moustache pour la pérennité. A commencé à porter des vestons trop grands. Est devenu bon vivant, pataud. A arrêté de voir la vie en noir. Il a même commencé à siffloter. Les humains heureux semblent siffloter. Je vous jure. C’est la faute de la guerre. Ce n’est plus une impression. C’est une certitude.

La maladie. La mort. La haine. La colère. L’ennui. La peur de demain. Des autres. De l’environnement. C’est la faute de la guerre. Toujours la faute de la guerre.

« Une heure et trente-cinq après la défaillance. Pas une minute de plus. C’est le cap. Après, ils auront un doute. Si je ne suis pas de retour, tu décolles. Je trouverai bien un moyen de partir.

Entendu, Commandant. N’oubliez pas de dire que vous venez en paix si on vous happe dans les jardins ! »

Le vaisseau est sur le seuil du QG de la Lumière. Zulu nous identifie par l’intercom. Une voix stridente nous autorise l’entrée. On ne se fait pas attendre. On entame notre atterrissage. J’en profite pour me faufiler derrière les bancs. Je me cache. En effet, le problème, c’est d’entrer. On ne laisse pas entrer un intrus dans les bibliothèques. Surtout pas un intrus de la Shin-Ra. Le plan, c’est d’entrer sans qu’on m’aperçoive. Une fois dans le château, je trouverai bien mon compte.
Le plan est probablement boiteux. Il pourrait aussi friper des relations diplomatiques. Je le concède. Non, je ne le cache pas. Ce n’est rien d’autres qu’une infiltration. De basse qualité, qui plus est. Un pilote sans jambes et un amphibien sans armes. Voilà un plan qui pourrait mal tourner. Ce serait logique.
Le plan est sûrement boiteux. Je ne le cache pas. Mais mes intentions ne sont pas mauvaises.

Nous atterrissons. Finalement. Zulu est le premier à sortir. Il rengaine ses jambes mécaniques. Il disparait de mon champ de vision. J’entends des voix. La sienne. Deux plus aiguës. On parle de Shin-Ra. De matériaux. De colis urgents à livrer. Tout se passe bien. Zulu réapparait quelques secondes plus tard. Il écarte son majeur et son auriculaire. Les dés sont jetés.
Je sors de ma cachette. Je monte sur le siège avant. Par le rétroviseur, je m’assure que la voie est libre. Elle l’est. Je sors du vaisseau. Lance un regard à gauche. Un plus furtif à droite. Une des sorties est accessibles à une dizaine de mètres. Je regarde la porte. La voie est toujours libre. Je me glisse sur le côté de la carlingue. Mes pas sont légers. Je ne fais aucun bruit. Du moins, je tente d'être silencieux. La porte n’est plus qu’à cinq mètres. La fuite est à proximité.

Les voix aiguës reprennent. Zulu revient à la charge. Son regard est paniqué. Je comprends que je dois agir. Je recule. Me pose sur l’autre côté du cockpit. Je frôle le vaisseau jusqu’à atteindre son extrémité. Je regarde derrière moi. Je tire ma tête devant. À gauche. À droite. Zulu et les voix sont probablement dans le coffre. Je les entends chercher les matériaux. Trier les colis. Parler d’inventaire.
Je me dis que c’est le moment ou jamais. Effectivement. Ce l’est. J’active mon OmniTech. Je lance une décharge électro-magnétique légère sur le moteur. Brouhaha. Chaos. Un bourdonnement persiste pendant une dizaine de secondes. Implosion contrôlée. Court-circuit. Les réacteurs s’éteignent. Et quand ils s’éteignent, je ne suis plus là. Une heure trente-cinq minutes. Top chrono.

Je quitte le hangar. Je me cache derrière un muret de briques. Je regarde l’horizon. Décidément, il pleut beaucoup. C'est le torrent. Le ciel est gris. Il ne semble pas vouloir changer d'humeur. Les jardins sont mouillés. Inondés, presque. L’air est humide. L’ambiance est marécageuse. Ce n’est pas une mauvaise chose. Et pour le confort. Et pour cette expédition.
Les jardins sont vides. Les gardes se tiennent sous les toits. La plupart, en tout cas. J’en vois certains faire leur ronde. Je les analyse. J’analyse leur démarche. Leur itinéraire. Leur tendance. Les faiblesses dans leur équipement. On n’est jamais trop prudent. Surtout sur le territoire d’une autre faction. Surtout dans ces temps un peu sombres.

En quelques minutes, un plan s’est formé. Je choisis le moment optimal. Je sors de ma cachette. Je me glisse derrière une rangée d’arbustes. Selon mes calculs, il ne devrait pas y avoir de garde là-bas. En effet. Je continue mon trajet vers l’aile secondaire. Moins de risques de croiser qui que ce soit. Je cours derrière un épais tronc d’arbre. En profite pour reprendre mon souffle. Pour faire un tour d'horizon. Pour m'assurer que tout se passe bien. Je me penche quand même vers mon avant-bras. Une heure vingt-huit.
Toujours personne en vue. Je m’avance un peu plus lentement. Je me répète. On n’est jamais trop prudent. Je me glisse derrière de hautes haies. Je continue ma route. J’entends des pas. J’entends des pas de plus en plus près. Je perds le contrôle un moment. Ça arrive aux meilleurs d’entre nous. J’active mon OmniTech en panique. Je fais glisser les fonctions. Met en marche les systèmes de camouflage. Un nuage de nano-particules est éjecté de ma combinaison. En temps normal, les nano-particules devraient refléter la lumière. Donner l’impression que je ne suis pas du décor. En temps normal, je dis.
La pluie est trop forte. Elle frappe le nuage trop rapidement. Le camouflage dure une seconde. À peine une seconde complète. Mon corps semble se dématérialiser un instant. Je réapparais à l’autre. Tête à tête avec un garde. Une garde.


« Je peux vous aider… »

Quatre secondes. Quatre secondes bien rondes.

« Monsieur ? »

Elle voit bien que je ne suis pas d’ici. Elle voit bien que je ne sais pas où je vais. Que je cherche mon chemin. Je me rappelle que je n’ai pas de mauvaises intentions. Que je viens en paix. Je souris. L’effet n’est pas tout à fait réussi. La sentinelle ne sourit pas. Elle s’apaise un peu, par contre. Je n’ai pas d’armes. Je ne suis pas menaçant.
Je lève mon avant-bras. Mon OmniTech est toujours allumé. Je montre mes plaques d’identification. Mes anciennes plaques d’identification. Une holographie de mon visage est projetée. On voit mon nom complet. Mon statut d’alien. Ma licence de pilotage. Tout est là. Tout, sauf une mention de la Shin-Ra. Rien ne sert d’envenimer la situation. Ce serait absurde. Tout à fait absurde.


« Oui. Désolé de vous incommoder. Je cherche la bibliothèque.

Par là. »

Une heure vingt-deux. La sentinelle est de moins en moins hostile. Toujours méfiante, mais peu hostile. Elle range son épée. Elle baisse le menton. Pointe dans une direction. Je la remercie. Ferme mon OmniTech. Me dirige plus calmement vers les bibliothèques. Une voix me retient. La sienne.

« Monsieur ! Tâchez de ne pas utiliser votre… appareil là-bas. Ça pourrait perturber les autres. »

Je confirme. Je reprends mon chemin. Je l’entends marcher derrière moi. Elle me laisse aller. Mais elle ne me quitte pas. C’est son travail, après tout. Surveiller les arrivants louches. Observer leurs déplacements. S’assurer que rien ne déraille. Elle verra bien que je ne représente rien. Je ne suis pas venu en tant que soldat de la Shin-Ra. Je ne suis même pas venu ici en leur nom. Je suis venu en tant que Roméo. Avide de savoir. Prêt à tout pour cerner une logique derrière les intelligences artificielles.
Je me rappelle pourquoi je suis là. Space Paranoids. Ansem le Sage. Je reviens à tous mes esprits. Je chemine vers la bibliothèque. Elle n’est plus très loin. J’entre tout d’abord par l’aile secondaire. Je marche dans un couloir. Puis un autre. Je suis les directions. Mon instinct. Le plan du château daté de plusieurs années trouvé dans les bureaux de la compagnie. Je suis un peu de tout ça. J’arrive à destination sans trop de problèmes. Une heure seize.

La bibliothèque est gigantesque. Des étagères dans tous les sens. Des livres de toutes les couleurs. Sur tous les sujets possibles. Des bouquins énormes. Des plus petits qui tiennent dans le paume d’une main. Je vois même un lecteur se battre avec le sien. Littéralement. Des crocs sortent de la couverture. Je suis stupéfait. Je suis tenté de m’approcher pour voir. Pour constater. Pour comprendre cette magie. Je ne voudrais pas égayer des soupçons. Je m’y résigne. M’enfonce dans une allée adjacente.
Je regarde autour de moi. Je parcours les titres. J’essaie de trouver la logique. Je doute qu’il y en ait une. Je ne pense qu'il y ait de l'ordre ici. Je continue tout de même de chercher. Je ne partirai pas d’ici les mains vides. En fait, oui. Peut-être. Peut-être que je partirai d’ici les mains vides. Je dirais la tête pleine d’idées, plutôt.
C’est important de clarifier ce genre de nuances. La sémantique est lourde en conséquences.

Je continue de parcourir la bibliothèque. Du haut d’une étagère, mon attention est captée. Je crois apercevoir les mots « robotique » et « virtualité ». Je crois même lire « intelligence artificielle ». Je ne me laisse pas berner par le mirage. Je décide d’en avoir le cœur net. Je grimpe sur une échelle en bois. Un peu bancale. Certains paliers sont grandement instables. Je ne perds pas le pied. Je grimpe comme un expert.
Tout en haut, je lis les titres. Je regarde les livres. Les prends. Les touche. Les sens, presque. Cela fait bien un moment. Des mois, peut-être. La Shin-Ra accapare… beaucoup de mon temps. Me retrouver ici me plait. Me réconforte, même.
J’empoigne un livre. Un deuxième suit le mouvement. Un troisième et un quatrième également. Ils dégringolent. Frappent plusieurs étagères au passage. Tombent sur les pôles de mon échelle. Je chancelle un instant. Je réussis à retrouver mon point de gravité l'instant d'après. Celui de l’échelle également. Manœuvre réussie. Cacophonique, certes. Mais réussie.

Je regarde mon OmniTech. Une heure deux. J'ai toute la vie devant moi.

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