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Matriarche Écarlate

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le Jeu 8 Juin 2017 - 17:43
De retour d'Illusiopolis, la Shin-Ra m'avait de nouveau confié une mission. Je n'étais pas fière de ma mission précédente : je m'étais trop laissée guider par mes émotions. J'ai commis des erreurs, je pense. La mission n'était pas un échec, mais j'ai le sentiment que j'aurai pu faire mieux... Peut-être ? Je ne sais pas. A peine le temps de me remettre de la fusillade au Vaisseau-Mère que je retrouve Francis. Francis. Francis, quoi. Vous auriez vu son sourire quand je me suis approchée de son vaisseau pour décoller, on aurait dit un enfant. Un enfant avec un bout de cigare dans la bouche, mais un enfant quand même. Enfin, vous me comprenez. Le temps que Francis finisse de préparer le vaisseau, je m'assois à l'intérieur et ... Je m'endors. Pour un petit moment.

" Starships were meant to flyyyyyy ! Hands up, and touch the skyyyyyy !" vibrait dans la cabine, me sortant de ma torpeur alors qu'on avait déjà décollé depuis un moment, manifestement.

"Francis, coupez votre musique de sauvage, je vous prie.
- Oh, elle est pas mal celle-là pourtant !" dit-il, un peu grognon. Il me regarde un instant, en voyant mon regard, il a dû se dire que c'était plus sage d'éteindre.

Francis me précise que nous serons bientôt arrivés à destination. Une demie heure tout au plus. Satisfaite, je me remémore ma mission rapidement : je dois mettre fin à une mutinerie dans une mine de gemmes dans une zone dénommée " Forêt de Sherwood". Je me demande pourquoi le directeur n'a pas tout simplement envoyé des agents combattants de la Shin-Ra pour éliminer les responsables de la mutinerie : j'imagine que le climat de conflits actuels dans le monde entre les rebelles et les forces gouvernementales locales a dû peser dans la décision. Me voici négociatrice pour la Shin-Ra dans un monde en conflits. Quelle nouvelle réjouissante ! La direction m'avait prévenu de la nature des habitants de ce monde et de la géographie locale : je m'étais habillée en conséquence. Pas de bottes en cuir à talons hauts cette fois-ci, des bottes standards, une tenue en cuir adaptée au voyage dans les bois. Cependant, je me réservais une petite touche de féminité avec quelques accessoires, comme mes boucles d'oreille. En toc, oui. Je ne vais pas prendre le risque d'amener des objets trop précieux dans une région habitée par un "Roi des Voleurs", ce serait insensé de ma part. C'était la première fois que je venais à la Forêt de Sherwood. Cette idée d'atterrir dans un lieu inconnu et en guerre me faisait plus peur que de devoir négocier avec des ouvriers mutins, étrangement.

J'allais devoir user de ruses pour bafouer les esprits des mineurs et les convaincre de retourner au travail dans les plus brefs délais. Plus vite le problème était réglé, plus vite la Shin-Ra me confierait des missions croustillantes ! Le plan de route initial nous emmenait à Nottingham, la ville de ce monde. C'était une procédure standard, mais plus on s'approche du point d'arrivée, plus mon instinct me dit que ce n'est pas une si bonne idée. Ce monde a des rebelles sur les bras dans la forêt. De ce que j'ai pu entendre au Vaisseau-Mère, les autorités sont très tendues au niveau des va-et-vient entre la ville et la zone forestière, notamment à cause desdits rebelles. Si j'atterris en ville, il y a beaucoup de chances que des gardes me suivent - ou d'autres gêneurs- et compromettent ma mission dans la forêt. De même, je ne peux pas atterrir trop profondément dans la forêt : en premier lieu, car je n'ai pas la connaissance du terrain et ensuite, car je n'ai pas envie de tomber nez-à-nez avec des rebelles armés.

" Francis. Changez l'itinéraire. Utilisez la localisation de la mine pour nous trouver une clairière où atterrir."

Francis acquiesce et détourne légèrement sa trajectoire. Nous survolons la forêt à présent, et je n'ai toujours qu'une vague idée de comment réduire cette mutinerie à néant. Je ne sais pas pourquoi, mais en pensant à ces mineurs, je pense à des fourmis qui se seraient rebellées contre la Reine. La Reine étant la Shin-Ra dans cette métaphore. La clé du problème n'est peut-être pas la Reine ici. Il va falloir que j'aille voir ces mutins et leurs responsables pour comprendre l'origine de la révolte et en fonction de cela, je verrai comment les ramener dans mon giron. Enfin, le giron de la Shin-Ra, vous m'avez compris. Nous sommes entrés dans le monde. Nous survolons actuellement une forêt. J'imagine que c'est la fameuse Forêt de Sherwood, on m'avait prévenu qu'elle était de taille impressionnante, mais là c'est à défier l'entendement, un peu comme le ventre de Francis. Les arbres ont le feuillage épais et leurs longues branches semblent vouloir s'étirer à l'infini vers le ciel dans une sorte de compétition végétale hors normes. On peut deviner au loin quelques formes de pierre. J'imagine que cela doit être la ville. Francis vole près des arbres pour éviter que nous nous fassions repérer. Judicieux de sa part. Moins de témoins, c'est toujours bien. Nous nous mettons à tourner autour d'un point.

" Francis, vous êtes perdu ?
- Non, non... C'est le soleil qui affole mes systèmes de pilotage..." me répondit-il, légèrement hésitant.

Après quelques minutes, il repart vers le nord. Je m'accoude à mon siège, je me tiens correctement pour ne pas le froisser. Quand je pense que la direction m'a fait croire que c'était un "pilote expérimenté avec de nombreuses années d'expérience". Problèmes d'orientation mis à part, il semblait être plutôt à l'aise, c'est vrai. Puis, nous ne nous étions pas encore écrasés sur le sol, ce qui en soi, est plutôt bon signe. On oublie trop souvent ces petits détails qui ont leur importance dans la vie. Après quelques minutes supplémentaires, Francis trouve une petite clairière où nous pouvons nous poser. Nous atterrissons calmement, dissimulés par l'épaisse forêt. La clairière est ensoleillée, un vrai petit endroit verdoyant rempli de vies sauvages végétales. La luminosité autour du vaisseau tranche avec celle par-delà les premiers arbres situés à quelques mètres. Les nombreuses feuilles obstruent la lumière du jour, créant un environnement plongé dans une certaine pénombre. La forêt doit être effrayante la nuit. Pas étonnant que les rebelles se cachent ici, ainsi que ce fameux "Roi des Voleurs". Francis m'accompagne quelques instants dehors.

" Vous êtes sûre de votre coup cette fois-ci ? La ville est pas très loin sinon.
- J'ai survécu à Illusiopolis Francis. Je ne pense pas que deux arbres et quelques fougères sauvages vont avoir raison de moi en quelques heures.
- C'est vous qui voyez." finit-il par dire.

La clairière est constituée d'herbes hautes, arrivant à la hauteur de mes genoux. Quelques souches d'arbres gisent là, et d'après la mousse qu'il y a dessus, elles sont là depuis un moment. Nous sommes exposés ici, c'est indubitable. Cependant, pour poser le vaisseau, nous n'avons pas tellement d'autres choix. Après quelques brèves observations, je retourne au vaisseau avec Francis. Il sort une carte de la région. Il me dessine quelques directions.

" Alors ma petite dame, c'est pas compliqué... N'importe quelle femme peut y arriver ! Hé Hé ! Alors, oui... Donc... La mine est là, à l'Est d'ici. A vu de nez, je dirai qu'il y a deux kilomètres à parcourir. Avec la forêt et tout ça, je pense qu'il vous faudra une heure pour y aller. Mine de rien, la forêt est plein de chemins bizarres et les lignes droites, ça n'existe pas ici. Donc venez pas me crier dessus après si vous avez deux heures au lieu d'une, c'est pas ma faute.
- C'est noté, Francis. Des remarques sur les habitants du monde ?
- Je ne me suis jamais habitué à ces animaux qui parlent et agissent comme nous. Méfiez-vous des cochons.
- De quoi ?
- Oubliez. Un souvenir difficile. Vous ne comprendriez pas." dit-il, les yeux baissés.

Ne souhaitant pas rester à parler des souvenirs "douloureux" de Francis et de ses années avant la Shin-Ra, je lui notifie mon départ et je lui précise que si dans trois jours, je ne suis pas de retour... Qu'il appelle des renforts et qu'ils viennent me récupérer. Pas très rassuré, il me regarde partir avant de remonter dans son vaisseau et de fermer toutes les portes. Craignant certainement une attaque. Je m'avance dans les bois, j'ai ramassé un bâton pour m'appuyer et marcher. J'avance avec prudence, j'essaye d'effacer un peu les traces de mon passage par sécurité. Je m'attends à croiser n'importe qui ou n'importe quoi ici. De toute façon, je ne suis, en apparence, pas armée. Sauf si les rebelles ou les gardes locaux ont des outils permettant de voir à travers les vêtements, et étrangement, je ne le souhaite pas vraiment au vu des circonstances. Je suis un sentier tortueux, j'essaye de me repérer par rapport à la carte de Francis. Je crois que je suis la bonne route. Après une heure de marche, je ne suis toujours pas arrivée. Je continue d'avancer en essayant de nettoyer mes traces. C'est alors que je remarque une trace de pas sur le sol.

Je me penche sur cette trace pour l'inspecter. Hum. Cela a l'air d'être une botte humaine. Il y a donc des gens dans les parages, peut-être des rebelles ? Peut-être des gardes ? Je suis peut-être déjà suivie ou alors... Je me redresse lentement. Ils m'observent peut-être déjà à l'heure qu'il est. Qu'est-ce que je fais ? Si je cours, je risque d'ameuter trop de gens, si je ne bouge pas, ils vont peut-être m'attraper. Je me remets à marcher, en tentant de paraître la plus naturelle possible. Je m'arrête même pour sentir la délicieuse odeur de petites fleurs sauvages bleutées. La senteur me rappelle le marché aux fleurs de ma ville natale, Chengdu. J'aurai pu y aller si je n'étais pas en mission ici, tiens. J'en aurai profité pour voir mes parents et leur dire que tout va bien. Je reprends rapidement mes esprits, c'est vrai que je suis suivie. Je commence à accélérer un peu la marche. Je finis presqu'en marche rapide au niveau des fougères, traçant mon chemin comme une furie. Je ne vais pas courir quand même, c'est si vulgaire et enfantin !

Je continue mon petit numéro pendant un moment, et au bord de l'essoufflement, je trébuche sur une racine et je m'effondre sur le sol comme une vieille patate en râlant. C'est mal entretenu ces chemins !  Vivement que le gouvernement collecte les taxes pour faire des routes décentes. C'est in-accep-table cette situation. Je me redresse en m'appuyant sur un vieux chêne... Mais un détail me perturbe... Cet arbre-là... Je suis déjà passée devant tout à l'heure. Après un examen des environs, je me rends compte que j'ai tourné en rond et que j'ai été suivie par... Moi-même. Song Huayan, tes compétences en survie devront être améliorées.

Après que j'ai juré de ne rien dire de cette histoire à Francis, je reprends une autre direction que j'espère être celle de la mine. Après une bonne demi-heure de marche, je finis par effectivement arrivée à la lisière d'une clairière qui semble servir d'accès principal à la mine. Il y a des chariots avec des minerais, quelques tentes et feux de camp, des vigiles et du matériel de mineurs. Cela me semble être une bonne piste. Je remarque immédiatement la forme étrange des habitants de ce monde : ils ressemblent en tout point à des humains dans leurs attitudes, sauf qu'ils sont des animaux. Mais comment font-ils pour se nourrir par conséquent ? Ils se mangent entre eux ? C'est étrange tout ça. Je demanderai à Francis à l'occasion, peut-être qu'il n'est pas si inutile que cela après tout.


Mon effet de surprise ne durera pas longtemps. Autant commencer les négociations au plus tôt. Je sors de derrière mes fougères et je m'avance vers l'un des vigiles. Il ressemble à un panda, mais avec des couleurs différentes. Et il n'a pas de tâches blanches. Peut-être un cousin éloigné, ou alors c'est le soleil qui lui a fait perdre sa couleur blanche, qui sait ? Il me pointe une lance devant le nez en me demandant qui je suis. C'est une question légitime, vu les circonstances. J'essaye de rester calme face à cet immense individu, je reprends mon souffle et je me mets à table :

" Je m'appelle Madame Song. Honnête commerçante de par-delà les mondes. Je viens des Terres du Dragon et j'ai entendu parler de votre situation actuelle. Je suis venue parler affaires avec votre chef.
- Comment vous nous avez trouvé ?
- L'une des personnes à qui vous vendez vos gemmes m'a parlé de vous bien sûr et elle m'a donné vos coordonnées géographiques, tout simplement." répondis-je, tâchant de croire un minimum à ce que je racontai à ce vigile. Il avait l'air suspicieux. Tout le monde le serait dans sa situation. Il abaisse sa lance, il me jauge du regard. Il doit se dire qu'au vu de mon gabarit, je ne dois pas être un souci très compliqué à éliminer si je me révèle dangereuse. Il fronce les sourcils.

D'autres vigiles nous ont vu discuté. Il appelle l'un de ses collègues, un canard en armure :


"Qu'est-ce qui se passe Jaime avec la dame ? Elle n'a rien à faire ici, elle dégage, c'est tout.
- Je sais Tony, mais elle dit être une commerçante et qu'elle veut parler affaires avec le chef.
- Aaaaaaah, il fallait que tu me le dises plus tôt, gros badaud que tu es ! Venez avec moi Madame !" dit le canard en me regardant. Je vous avoue que sur le moment, j'imaginai plus la taille du plat de canard pékinois qu'on pourrait faire avec ce Tony. Je dois me recentrer sur la mission, la mission. On entre dans une grande tente adossée à l'entrée principale de la mine. Les mineurs et les vigiles me regardent tous plus ou moins discrètement. Ce n'est pas forcément un regard agressif, mais ils doivent bien se demander ce que fait une personne comme moi ici. Dans la grande tente, je vois un gros cochon attablé en plein repas.

Devant lui, une quantité assez impressionnante de tartines avec du beurre, des confitures de fraises et de mûres. Il a une large serviette avec des petits carrés blancs et rouges accrochée à son col. Il semble être dans une combinaison de mineur, d'ailleurs il a un casque avec une petite lampe dessus. En me voyant entrer, il pose la grosse tartine beurrée qu'il avait dans la main :


"C'est qui ça Tony ? Cela ne te dérange pas de me perturber pendant mon repas ?!
- Je comprends monsieur le Contremaître Ribbs... Mais je me suis dit que je pouvais vous interrompre pendant votre goûter pour vous présenter une invité commerçante venant d'un autre monde...
- Interrompre mon goûter ? Pauvre fou ! Tu as interrompu mon troisième goûter !
- J'entends bien monsieur le Contremaître Ribbs mais...
- Oui ça ira ! J'ai compris ! C'est encore une conspiration contre mon régime ! Vous ne voulez vraiment pas que je maigrisse, c'est ça ? Retournez à votre poste Tony avant que je vous licencie pour incompétence et complot insurrectionnel !" beugla le contremaître en direction du canard, qui décida de quitter la tente, non sans marmonner quelques mots à l'encontre de son chef.

Le cochon me regarde un moment. Il s'essuie les mains, dégoutantes de beurre et de confitures, il a l'air méfiant. Il a les sourcils froncés, il bouge sa langue de gauche à droite pour nettoyer ses dents des morceaux de nourriture bloqués et finalement pose sa serviette sur la table de bois disposée devant lui. Nous restons un moment à nous regarder. J'attends le moindre signal de sa part pour m'annoncer. Il s'agite un peu, s'appuyant d'un côté de sa chaise, puis de l'autre, cherchant une position plus confortable. Je ne soutiens pas son regard, mais je reste souriante. J'en profite pour sortir mon éventail de ma tenue pour m'éventer et montrer que je suis bien étrangère aux environs. Il décide finalement à me faire un signe pour que je puisse m'asseoir sur une chaise disposée à sa droite. Je le remercie d'un signe de tête et je m'installe. Ma petite vadrouille dans la forêt m'aura usé les jambes et une chaise, même aussi inconfortable que celle-ci, ne sera pas de refus.

" Vous voulez quoi ?
- Je suis une commerçante. Je suis ici pour faire des affaires avec vous.
- Vous êtes envoyée par la Shin-Ra ?" me demande t-il. Question piège : si je dis oui, je me ferme la négociation, si je dis non je vais devoir ruser. Pas le choix, le non s'impose ici. Je vais devoir être sournoise sur cette affaire.

" Non, je suis une indépendante.
- Vous me rassurez à vrai dire.
- Ah ? Pourquoi ?
- J'ai peur que la Shin-Ra nous envoie de gros moyens pour nous faire rentrer dans les rangs, mais bon, le passé c'est le passé ! C'est quoi votre proposition ?" dit-il d'un ton plutôt enjoué, tranchant avec ses précédentes intonations plutôt agressives.

Malgré cet engouement apparent, je sens bien qu'il a l'air inquiet. En tant que contremaître, il doit certainement savoir mieux que tout le monde ce qu'il risque à se rebeller officiellement contre notre compagnie. Même si je suis ici pour accomplir la volonté de la direction, j'accorde à Ribbs un certain courage. Même si dans son cas, c'était risqué. Très risqué. Il a eu de la chance que la situation locale soit déjà explosive pour éviter l'envoi de troupes au sol qui elles n'auraient pas attendues d'être reçues à table. Je lui dispense un large sourire, pour tenter de le rassurer un peu plus. J'effectue quelques mouvements d'éventail, puis je décide de répondre à son interrogation :


" J'ai appris que vous aviez quitté le giron de la Shin-Ra. Avant de m'étendre sur ma proposition, je souhaiterai savoir ce qui s'est passé entre vous et la compagnie ?" dis-je d'un ton posé, calme. Peut-être un peu trop froid. Je vois que le cochon respire un grand coup. Il pose ses mains sur la table, il baisse un peu les yeux. Il semble réfléchir, il penche un peu la tête sur le côté. Je suppose qu'il pèse le pour et le contre. Il finit par lever les yeux vers moi :

" Les salaires de base étaient trop bas. On travaillait à extraire des gemmes, pour au final se retrouver avec à peine de quoi vivre. Avec le conflit actuel dans la région, entre les rebelles et Nottingham, la nourriture s'est raréfiée et les prix ont augmenté pour tout. J'avais sept enfants, j'admets que ça me coûte chère. Mais même les célibataires avaient à peine de quoi vivre...
- Vous "aviez" sept enfants ?" demandai-je. Le cochon baissa les yeux et son groin semblait s'humidifier à vu de nez. Cette simple affaire semblait cacher des choses beaucoup plus sombres que ce que je pouvais imaginer.

" J'ai deux enfants qui sont morts de faim... Avec la mutinerie, on pensait pouvoir récupérer suffisamment d'argent sur la vente pour pouvoir sortir nos familles de la misère. Même si on a réussi à effectivement pouvoir gagner plus, la situation a tellement empiré avec Nottingham et les rebelles que la nourriture reste manquante. C'est dur, mais on a pas le choix. Le temps qu'un camp ou l'autre gagne, nous les civils, nous devons attendre et souffrir en silence. On a voulu briser ce cycle en se révoltant mais au final ça nous a attiré des problèmes et on n’arrive toujours pas à joindre les deux bouts.
- Mais alors, pourquoi toutes ces tartines sur la table si vous manquez de nourriture ?
- J'ai... Faim. Je sais que je ne devrais pas mais dès qu'on reçoit un peu de nourriture je me goinfre. Et encore, je vous assure que j'essaye de me maîtriser en faisant un régime. J'ai perdu dix kilogrammes en un mois, c'est vous dire.
- Ah... Oui. Je suis désolé pour vos enfants. Je ne pensai pas que la situation locale était si dramatique."dis-je, en marquant une pause.

Ces gens semblaient souffrir de la guerre, c'est indéniable. Mon problème, c'est que je ne suis pas venue ici aider ces gens, je suis venue pour rétablir l'autorité de la Shin-Ra. Je ne peux pas me permettre d'user la manière forte, déjà car je n'ai pas d'armes et ensuite car au vu du contexte, ce serait contre-productif : un groupe important de mineurs qui a faim et qui est en colère, c'est jamais quelque chose de joyeux, pour personne.


La direction de la Shin-Ra veut cette mine, mais les mineurs ne veulent pas de la compagnie. Cependant, ils ont l'air suffisamment désespérés pour lancer des négociations commerciales avec une femme étrangère trouvée dans les bois autour de la mine en tenue de voyageuse. Donc, là où il y a du désespoir, il y a une fenêtre. Le seul moyen de reprendre le contrôle de la situation, c'est d'aider ces mineurs à s'en sortir et pouvoir nourrir leurs familles.  La situation est si critique qu'ils se sont rebellés contre la Shin-Ra, mais ils sont raisonnés : ils ne l'ont pas fait par unique appât du gain, ils l'ont fait pour survivre. Il y a une offre : la Shin-Ra propose de récupérer la mine et les mineurs souhaitent pouvoir survivre. Une offre, une demande. Il va falloir satisfaire les deux parties, tout en dissimulant l'implication directe de la Shin-ra dans la négociation. Cela va être compliqué.

" Hé bien, Contremaître Ribbs. Malgré les tragédies qui s'abattent sur vous et vos compagnons, je peux peut-être vous aider en vous proposant une refonte de votre modèle de développement. Cependant, avant de vous détailler ma proposition point par point, je souhaiterai que vous me fassiez visiter vos installations... Je souhaiterai voir les gemmes de mes propres yeux avant de vous offrir quoique ce soit.
- Il n'y aucun souci. Je vais faire le tour avec vous." dit-il, en s'essuyant le groin avec sa serviette.

Nous nous levons ensemble, et nous quittons la tente. Il remet sa tenue correctement, prend une lanterne et m'ouvre la voie. Nous entrons dans la mine. Maintenant que j'ai saisis le principal souci des mineurs, qui est la nourriture, je me rends compte que la plupart des gens sont affaiblis physiquement. Certains ont la peau sur les os, d'autres ont des traces de pertes de poids assez marquées, beaucoup sont fatigués. Le Contremaître me montre quelques gisements de gemmes. Mes yeux se mettent quelque peu à briller. Ces gemmes doivent se revendre à un prix exorbitant sur le marché. Non, je ne prendrai rien. Rassurez-vous. Je sais me tenir quand il faut. N'étant pas très à l'aise dans les profondeurs de la terre, je lui demande de me faire remonter. Nous retournons à la surface, il me montre la chaîne de "conditionnement" : c'est la partie où les mineurs trient les gemmes des déchets et qu'ils mettent les heureuses élues dans des caisses à destination du centre de la Shin-Ra. Ils sont assez bien organisés et en plus les ouvriers ont l'air de pouvoir porter des charges plus lourdes que des humains, du moins pour ceux qui me dépassent en taille et en poids. Cela augmente le rendement, au moins sur cette partie de l’exploitation. Les ouvriers ont un esprit volontaire. Malgré les épreuves et les souffrances tant physiques que psychologiques, ils continuent de travailler en donnant leur maximum. C’est indéniablement quelque chose à prendre en considération dans l’offre que je prépare. Je me dis que la Shin-Ra a tout intérêt à employer la négociation avec ces gens plutôt que la force : perdre des ouvriers comme ceux-là, c’est à termes perdre de l’argent et du rendement.

« Contremaître Ribbs. Les dernières prospections qui ont été effectuées : sont-elles plutôt enthousiastes sur les réserves de gemmes dans les sous-sols ?
- A vrai dire, on a commencé le travail relativement récemment avec la Shin-Ra. Les réserves sont à peine entamées. Il y a du travail pour plusieurs années encore, si on continue sur le même rythme. » me répondit-il.

Donc il y a un potentiel, des réserves et une unité de production déjà en place. Le seul problème, c’est l’organisme qui gère l’ensemble. Une idée se dessine au fur et à mesure de ma visite. La Shin-Ra se moque de savoir comment elle perçoit sa marchandise et ses gains, donc je vais lui donner un petit masque et tout le monde n’y verra que du feu. Les ouvriers ont l’air de me prendre suffisamment au sérieux qui plus est. C’est bon signe. Nous finissons la visite des installations, ma foi, très rudimentaires. Nous ne sommes pas ici sur un niveau de technologie similaire au Vaisseau-Mère, c’est certain. Nous regagnons la tente principale, d’autres responsables sont présents. Le jour commence à tomber et le soleil, déjà discret, disparaît peu à peu derrière les arbres.

Le chef des vigiles, Tony le canard, rentre assez précipitamment dans la tente à son tour. Il court vers le Contremaître Ribbs :
« Contremaître, il y a des gardes de Nottingham qui approchent ! J’ai peur qu’ils fouillent le coin à la recherche de rebelles ! » dit-il, agité.

Les personnes présentes sous la tente me regardèrent. Certains avec méfiance, d’autres avec inquiétude. Le Contremaître Ribbs m’agrippe le bras soudainement et me tire vers l’arrière de la tente :


« Nous n’avons pas le choix, cachez vous dans ce tonneau et priez pour que ce soit moi qui vienne vous chercher tout à l’heure ! » me dit-il, à voix basse.

Suivant ses consignes, je rentre dans le dos, et je referme le couvercle. Ribbs enlève le bouchon du tonneau pour me laisser de l’air et que je puisse voir un peu ce qui se passe. Je sens qu’on me soulève et qu’on me porte à côté de la mine, sur un tas de caisses. Une patrouille de six gardes s’avance dans le camp. Le contremaître Ribbs et Tony vont à leur rencontre. Ils discutent pendant un petit moment. Vu le groin de Ribbs qui remue dans tous les sens, je doute que ce soit une discussion cordiale. Les six gardes sont armés et ont les visages fermés, résolus. Ribbs et Tony s’écartent, les mineurs, ouvriers se sont arrêtés de travailler et regarde les invités-surprises avec méfiance. Ils commencent à inspecter le camp, ils fouillent quelques caisses et semblent satisfaits d’y trouver des gemmes. Je les entends rigoler un peu et… Ils se mettent à prendre mes gemmes ! Euh… Les gemmes de la mine ! Les ouvriers ne font rien, ils regardent les soldats se servir, leurs mines se décomposant au fur et à mesure. Ils n’ont pas d’autres choix que de subir. Sans la protection de la Shin-Ra, certains se permettent des actes qui auraient été punis autrement. C’est lâche. Ils se remettent un peu à fouiller, à la recherche de rebelles.

Ils s’approchent de ma position. Je ne souhaite prendre aucun risque et je me meus comme je peux dans ce tonneau pour lancer un sort. Un Instant Silencieux. Comme cela, ils n’entendront pas ma respiration ou que sais-je encore ? Je les entends parler, ils demandent à Ribbs de pouvoir fouiller les caisses.


« Ouvrir les caisses ? Pour que vous puissiez voler encore ? !
- On ne vole pas, on réquisitionne au nom de Nottingham !
- C’est ça oui ! Et ma femme est une poule aussi pendant qu’on y est ?
- Tu as un problème avec les poules sale cochon ?!
- Seulement avec celles qui se croient tout permis !
- Tu oses t’opposer à l’autorité en place ? Si c’est le cas, tu peux déjà dire au revoir à tous tes ouvriers ! » finit par dire le capitaine des gardes.

Ribbs ne fit pas un mot de plus. Il sait certainement ce que le capitaine suggérait comme idée. Etrangement, je ne lui en voulais pas. Je peux comprendre que dans une telle situation, on ne puisse pas vraiment changer le cours des choses. Je me concentre sur mon sort, pour le maintenir. J’attends, silencieuse et alerte. Je les vois s’approcher de plus en plus. Je sens mon cœur qui bat de plus en plus fort. Ce n’est pas vraiment de la peur, plus une forme d’adrénaline qui monte peu à peu. Ils ouvrent les premières caisses, toujours sous le regard du Contremaître Ribbs et de Tony. Je sens qu’ils saisissent le tonneau pour le déplacer. Ils le font basculer et le font rouler. Je suis comme dans le rouleau d’une vague, je tourne dans tous les sens, me cognant aux bords. Les gardes s’apprêtent à ouvrir le tonneau, je suis mal partie…


« C’est bon les gars ! Pas de rebelles à l’horizon. On rentre à Nottingham avant qu’ils fassent trop sombre ! » cria le capitaine des gardes.

Ouf ! Je l’ai échappé belle. Les gardes abandonnent le tonneau et retournent auprès de leur chef et repartent sur le sentier par lequel ils étaient arrivés plus tôt. Quelques instants plus tard, le Contremaître Ribbs revient vers moi et ouvre le tonneau en me tendant sa patte : « Vous pouvez sortir, ils sont partis. » me dit-il, essayant d’être rassurant. Je m’extirpe du tonneau comme je peux. Peu ravie de la tournure des évènements, je ne peux que comme ces gens, subir les conflits locaux. La nuit commence à tomber, certains mineurs retournent vers leur maisonnée tandis que d’autres vivent dans des baraquements légèrement à l’écart de la mine. Le Contremaître Ribbs me fait savoir qu’il rentre chez lui, emportant un sac de provisions récemment arrivé, et qu’il reviendra à l’aube. Je ne sais pas si c’est depuis que la Coalition Noire est à l’œuvre dans la région ou si les lieux sont ainsi depuis toujours, mais la forêt a un aspect inquiétant, presque menaçant. C’est assez perturbant. Tony propose de m’escorter jusqu’aux baraquements où je pourrai passer la nuit. Je le suis, toujours pleines de questions quant à la condition des habitants de ce monde. Que mangent-ils ? Comment vivent-ils sans s’entretuer ? Comment font-ils pour parler ? Si je raconte à mes parents que j’ai discuté avec un canard armé d’une lance et habillé comme un humain, je pense qu’ils se poseraient de sérieuses questions quant à l’état de mon esprit. Les baraquements ne sont pas des habitations luxueuses, loin de là. Les ouvriers qui y vivent sont assez jeunes pour la plupart. Je me penche vers Tony et lui demande :

« Pourquoi la plupart des habitants des baraquements ont l’air plus jeunes que les autres employés que j’ai vu pendant la journée ?
- Ah, beaucoup sont des réfugiés à vrai dire. La mine est un peu à l’écart des zones rebelles et de Nottingham. Beaucoup de ces jeunes se sont enfuies et sont sans-familles. D’où les baraquements, d’ailleurs. Les autres vivent dans la forêt ou proche de la ville. » me répondit-il, discrètement pour éviter de trop attirer l’attention des travailleurs.

Les baraquements sont assez bien entretenus, au vu du contexte. Ici aussi, on surveille la nourriture avec attention, chaque morceau est rationné pour le bien de tous. Ils me regardent pour la plupart avec des yeux curieux, pour eux aussi cela doit être être original de voir un être comme moi ici. Tony me conduit à une « salle » vide, avec une couverture au sol, il m’indique que ce sera là où je pourrai dormir cette nuit en attendant le lever du soleil.


« C’est rustique, mais au moins vous êtes en sécurité ici. »

Il referme la porte, me donnant un peu d’intimité et ne souhaitant certainement pas à subir mes commentaires sur l’endroit. Au moins, je n’ai pas à aller fricoter avec les rebelles. C’est déjà ça. Bien, bien. Installons-nous alors ! Je fais le tour de la pièce du regard, il n’y a pas vraiment de place pour marcher de toute façon. Je m’assois sur la couverture posée à même le sol. Je me remets un peu de la journée. Je détecte une présence suspecte, proche. Quelque chose ou quelqu’un est proche de la fenêtre de ma petite chambre. On m’espionne ? Moi ? Je sors un des couteaux de ma botte que je garde en main. Je me concentre sur la petite fenêtre, je vais l’ouvrir tout doucement. Les bois de la fenêtre se mettent à grincer, me signalant que mon pouvoir semble marcher. La fenêtre est ouverte. J’attends un peu avant de bouger. Rien. Mais je sens toujours une présence, soit mes pouvoirs deviennent fous, soit l’individu ne bouge pas. Je vais aller chercher tiens. J’essaye de me déplacer silencieusement vers la fenêtre, ce qui est difficilement faisable vu l’état du parquet. Je me plaque contre le mur, je risque un œil pour regarder dehors : rien. C’est bizarre. Je range mon couteau dans ma botte et je sors carrément la tête pour voir.

« AH ! » sursautai-je, faisant désormais face au petit espion. Je me saisis de lui et le fait passer par la fenêtre pour le poser sur le sol de ma chambre.

« Dites donc ! On espionne les demoiselles dans leurs chambres ?
- Nan mais j’ai pas fait exprès !
- Tiens donc ! Comment tu t’appelles ?
- Noah, madame ! Mais je ne vous espionnai pas, je vous jure ! Ce sont les mineurs qui m’ont dit qu’il y avait une dame d’un autre monde à la mine ! Du coup, j’ai voulu voir de mes propres yeux ! » dit le petit espion.

C’est un enfant. Un petit corbeau, manifestement. Je remarque que son plumage est sale et qu’il a une tenue en mauvais état. Ses grands yeux noirs me regardent avec intérêt, rien de malsain, plus une forme de curiosité enfantine. Je me demande ce qu’il pouvait faire bien là, tout seul, dans un camp de mineurs à cette heure si tardive. Je retourne m’asseoir sur ma couverture, en lui demandant de faire de même.


« Où sont tes parents ? Ils travaillent tard le soir et tu es tout seul ?
- Mes parents sont partis, madame, c’est le Contremaître Ribbs qui me l’a dit.
- Partis ? Partis où ?
- Des messieurs du Sheriff de Nottingham sont venus les chercher il y a plusieurs semaines. Le Contremaître Ribbs m’a dit qu’ils avaient des problèmes et qu’ils étaient partis pour longtemps, au-delà de la forêt ! » me dit-il d’un ton plutôt enjoué.

Je garde mon sourire de façade, mais ce qui ce petit me raconte est absolument dramatique. Ses parents ont dû être arrêtés et exécutés par les autorités et ils se retrouvent seuls à errer dans le camp de mineurs comme un mendiant. Même s’il ne prend pas conscience de sa condition actuelle, il souffrira en grandissant.


« Tu as des oncles, des tantes, des frères ou des sœurs ?
- Nan madame ! Mes parents n’avaient pas beaucoup de famille. Ce sont les contremaîtres qui ont accepté que je puisse habiter dans les baraquements et prendre un peu de nourriture pour moi.
- Tes parents travaillaient ici ?
- Oui, mon papa était mineur et ma maman aidait à trier les gemmes.
- Attend un instant ici, Noah. » dis-je. Je me lève et je sors de la chambre.

Je demande aux mineurs d’une pièce voisine s’ils ont un peu de nourriture pour moi. Ils me passent avec rapidité une cruche d’eau et des morceaux de pains avec un petit pot de confiture de fraises des bois. Je les remercie et repart dans ma chambre, où le petit Noah étire ses ailes en m’attendant. J’installe la nourriture sur un tabouret de bois et je l’invite à approcher :


« Mange ce que tu veux Noah. Je n’ai pas très faim moi.
- Oh merci, c’est gentil ! » dit-il, se jetant presque sur la nourriture.
Je me redresse un peu, le laissant manger à sa faim. Vu la vitesse à laquelle il mange, il doit être vraiment affamé. Je me découvre presque sentimentale. Arnaquer des gens peu honnêtes, des riches, des gouvernements, des criminels, des voleurs, des soldats pour mon profit, c’est dans mes cordes. Je l’ai déjà fait, et je le referai.  Arnaquer des gens qui n’ont déjà plus rien et à peine de quoi manger… Je comprends les impératifs de la Shin-Ra mais là il y a clairement une situation qui doit atténuer notre jugement sur eux. Je perdrais la face si j’arnaque ces mineurs et ce pauvre orphelin. Je me tourne vers la fenêtre, que je laisse ouverte pour faire rentrer un peu d’air frais. Je regarde la lune qui monte peu à peu : comment je vais faire pour régler la situation ?


« Vous venez d’où madame ? » dit le petit miséreux. Il me sort de ma rêverie, je me retourne vers lui. Je lui offre un sourire, et je m’accroupis près de lui. Il s’assoit par terre, attendant comme une histoire. Ce n’est pas une histoire triste que je dois lui raconter, sinon ce petit ne s’en sortira jamais.

« Je viens d’un monde qui s’appelle les Terres du Dragon. Mon pays est la Chine. Nous adorons la nourriture et nous combattons les méchants Huns qui essayent de nous envahir. Nous aimons raconter des histoires sur les prouesses de nos guerriers ! Mon papa à moi est marchand et ma mère fait des tissus aussi.
- Oh c’est trop bien ! Cela ressemble à quoi la Chine ?
- Bonne question, Noah. La Chine est un pays qui a de nombreux paysages, il y a la mer, les montagnes, les vallées et des fleuves ! Dans le sud, il fait très chaud et humide, tandis qu’au nord il fait très froid l’hiver, très chaud l’été ! Les maisons sont faites en pierres, en bois et en tuiles !
- Et vous avez aussi un vilain Sheriff qui vient embêter vos parents ?
- Non. Enfin, si. Mais il ne s’appelle pas Sheriff chez nous, on l’appelle le « Percepteur des Impôts ». Il vient pour nous demander de payer les taxes, mais il est moins méchant qu’ici.
- Tu es venue ici pour nous aider ?
- Hum… En quelque sorte, oui.
- Comment tu vas faire ?
- Hé bien… Je vais essayer de proposer des solutions aux contremaîtres et s’ils sont d’accord, on pourra peut-être améliorer la vie de tout le monde.
- Et pourquoi tu fais ça madame ?
- Pour… Hum… C’est mon travail, voilà ! » répondis-je, légèrement gênée par la dernière question. Il acquiesce, toujours avec les yeux grands ouverts. Cette affaire va être compliquée à résoudre. Je vais essayer de me reposer pour que les négociations commencent le plus rapidement possible demain.

« Noah, tu as quelque part où dormir ? » demandai-je, avec ton sérieux mais pas trop autoritaire, je ne souhaite pas l’effrayer. Il baisse la tête et les plumes. Je pense que j’ai ma réponse.

« Mets-toi sur la couverture Noah, tu dors ici ce soir. Va te coucher, il est tard pour un petit comme toi ! »

Il sautille pendant quelques et sans mots, il se pose sur la couverture. Fermant les yeux. Je ferme la fenêtre et je me couche près de lui. Quand je pense que je vais dormir avec un bébé corbeau qui parle. Quel monde étrange. Je reste éveillée pendant une bonne partie de la nuit, je veille en partie sur le petit mais je pense surtout à ma mission. Je pense avoir une petite idée : l’actionnariat. J’ai entendu parler de cela à Illusiopolis : les employés deviennent actionnaires de la compagnie et donc ont des dividendes lorsque la mine vend plus. L’apport de départ pourra être fourni avec ce que les mineurs ont gagné depuis la mutinerie. Cela coûtera un peu plus chère à la Shin-Ra mais entre cela et perdre tous les profits éventuels, ce petit sacrifice ne devrait pas entacher la survie de l’entreprise.

La nuit se finit calmement. Le jour se lève. J’entends des bruits dans les baraquements, tout le monde se lève pour une nouvelle journée de travail. J’en profite pour me refaire une petite beauté. Je jette un coup d’œil à Noah. C’est la première fois que j’éprouve autant de pitié pour des personnes dans ce genre de situations. Je m’accroupis et je commence à lui nettoyer un peu les plumes avec le peu de moyens que j’ai sous la main. Il se débat vainement, il sait qu’il ne peut échapper à mon emprise !

Une fois la toilette faite, je sors des baraquements avec Noah à la recherche de Ribbs. Nous croisons Tony qui nous indique que Ribbs nous attend dans la tente principale, la même qu’hier, avec les autres contremaîtres. Ils sont prêts à recevoir mon offre. Hé bien, c’est le moment de briller pour mes fameux talents de négociatrice. Ne riez pas. Je fais ce que je peux pour survivre dans cet univers. Je m’approche de la tente, je demande à Noah de m’attendre à l’entrée. C’est pour les grandes personnes à l’intérieur. Je rentre. Il y a dix contremaîtres autour de la table, dont Ribbs. Ils ont l’air sérieux et concernés. L’air est électrique. J’ai intérêt à être convaincante, sinon c’est fini pour la mission. Silencieuse, je m’assois sur la chaise qui me semble désignée. Je garde la tête haute et un léger sourire. Il ne faut absolument pas laisser paraître une quelconque once d’anxiété.


« Nous vous écoutons, madame. » dit Ribbs, le groin sec.

Je repris ma respiration. Je regarde tour à tour chacun des individus. Je sors mon éventail, certains le regardent avec intérêt, d’autres préfère se concentrer sur moi.

« Messieurs les contremaîtres, laissez-moi d’abord le plaisir de me présenter. Je suis Madame Song, je viens d’un autre monde. Je suis une femme d’affaires et votre situation actuelle, attirante économiquement mais désastreuse en termes de niveau de vie, me force à devoir changer l’offre initiale que j’avais en tête en venant vous voir. Je souhaitais auparavant vous proposer un contrat standard, uniforme, presque semblable à celui que vous aviez avec votre ancien employeur. Cependant, au vu des éléments nouveaux que j’ai pu constater de mes propres yeux, je souhaite vous offrir une autre alternative. L’actionnariat. Qu’est-ce que c’est et comment le mettre en place ? C’est très simple. Vous allez utiliser l’argent qu’il vous reste pour investir dans votre mine et devenir une entreprise indépendante. J’insiste sur le côté « indépendance », messieurs. Cet argent, tous les employés devront le donner à cette nouvelle entreprise, devenant des actionnaires. Cela veut dire que lorsque la mine engrange des bénéfices, vous gagnez une prime en plus de votre salaire actuel. Cependant, comment touchez-vous l’équivalent de votre salaire si la Shin-Ra ne vous paie plus ? C’est très simple. Je vous propose de devenir mes partenaires commerciaux : toutes vos marchandises devront être envoyées à un lieu de livraison, sur un autre monde appelé Illusiopolis, à l’adresse de l’entreprise : « Nirash ». Cette entreprise achètera toutes vos marchandises et vous vous servirez de cet argent pour payer vos salaires et touchez vos dividendes. Nirash a un partenariat de transports avec la Shin-Ra, donc vous n’aurez qu’à suivre les procédures logistiques précédentes. De plus, au nom de Nirash, je pense que nous pouvons faire en sorte de vous accordez des vivres pour vous et vos familles gratuitement, le temps que les mois sombres que vous traversez s’achèvent. Je me doute que vous vous attendiez à plus, mais je ne peux pas aller au-delà que cette proposition. » finis-je par dire. Je m’appuie sur mon dossier de chaise, attendant leurs réactions. Ils murmurent entre eux, je n’entends pas tous les mots. Les discussions sont animées et toutes semblent convergées jusqu’aux oreilles de Ribbs.

Ce dernier se redresse de sa chaise, dans un lourd silence. Il respire bruyamment par son groin et finit par m’adresser ces mots :


« Madame Song. Nous sommes ravis que vous ayez pris en compte notre situation douloureuse. Nous pensons que votre proposition est raisonnable et responsable. Rick a écrit ce que vous nous avez proposé, nous n’avons plus qu’à signer. » dit-il, d’un ton un peu plus enjoué qu’hier bien que toujours un peu meurtri par les évènements.

On me fait passer le fameux contrat, écrit de manière très rudimentaire. Au moins, il n’y a pas d’arnaques cachées. Je le relis pour la forme, et je signe au nom de la Nirash. Cette blague. Nous continuons à discuter calmement, les contremaîtres étant satisfaits d’avoir de nouveau un peu d’espoir en l’avenir. Ribbs me raccompagne à la sortie de la tente. Il me salue amicalement et me laisse repartir. Je commence à m’éloigner pour retourner dans les bois, lorsque je sens quelque chose tapoter ma botte.


« Alors, Madame ? Cela s’est bien passé ? » dit Noah, le petit corbeau. Je l’avais oublié ce petit. Qu’est-ce que je peux bien lui dire ? Je suis tiraillée entre mon esprit professionnel et mon cœur. Pour une fois qu’il exprime quelque chose suffisamment fort pour lutter contre ma raison.

« Oui, Noah. Normalement, vous devriez tous aller mieux d’ici quelques temps… Mais fait attention aux rebelles et aux gens de Nottingham quand même. Ils ne sont pas tous gentils. Je dois rentrer chez moi. J’espère que je te reverrai un jour ! » dis-je, assez rapidement avant de continuer ma marche.

Je ne dois pas me retourner, je ne dois pas me retourner, je ne dois pas me retourner. Je commence à incliner la tête… Non, je dois retrouver Francis et rentrer. Vite. Je marche rapidement dans la forêt, remontant ma précédente piste. Au bout d’une heure et demie, je retrouve Francis, torse nu, bide à l’air en train de bronzer au milieu de la clairière. Me voyant arriver, il remet vite ses vêtements et monte en vitesse dans le vaisseau. Il craint certainement que je lui fasse un rapport de mission peu valorisant.


« Tout s’est bien passé ?
- Plus ou moins. La mission est remplie.
- Ah super ! Allez, on rentre au bercail. J’ai plus de bières, ça commençait à me manquer.
- Il y avait quatorze bouteilles de bières dans le vaisseau au décollage Francis.
- Ne me jugez pas, Madame. » dit-il, un peu honteux.

C’était la première fois que Francis m’appelait Madame. Il y a un début à tout, même au respect. On décolle lentement et nous nous mettons à survoler les bois. Nous commençons à prendre de l’altitude.

« Francis.
- Oui ?
- Faites demi-tour. Emmenez-moi à la mine.
- Quoi ? Mais pour faire quoi ?
-J’ai dit : « Faites demi-tour. ». » répondis-je, avec un ton sec.

Il fait finalement demi-tour et nous retournons à la mine, cette fois-ci beaucoup plus proche. Je sors du vaisseau à peine posé et je cours en direction de la mine. J’aperçois Noah, il est assis dans l’herbe et il semble attendre que quelqu’un vienne le chercher. Je me cache derrière un buisson. Je fais exprès de faire un peu de bruit, il remarque le buisson bouger. Il se lève et s’approche, curieux. Il finit par me voir et sautille en l’air avec ses petites ailes !


« Allez vient ! Je vais t’emmener voir des gens très gentils ! Ils vont prendre soin de toi ! »

Nous retournons au vaisseau de Francis. Nous décollons de nouveau, en route pour le Vaisseau-Mère. Cependant, je demande à Francis de tricher un peu et de passer par les Terres du Dragon avant. Francis ne comprend pas trop et il m’emmène comme prévu. Nous nous rendons à la capitale, là où se trouve ma résidence. Je cache le petit Noah et je l’emmène à ma demeure où je retrouve Xupeng, l’eunuque de ma famille qui est ravie de me voir. Il va rester ici quelques temps et il va devoir s’en occuper. Surpris de la nature du petit être, je lui raconte son histoire et il est aussi touché que moi. Xupeng reste surpris, il se rend bien compte que c’est un acte de clémence de ma part. Chose qui n’était pas arrivée depuis longtemps maintenant. Nous organisons un repas, avec Francis et le petit Noah. Quelques heures plus tard, nous repartons au Vaisseau-Mère. Francis et moi, nous commençons à nous connaître un peu et malgré nos conflits habituels, nous estimons avoir au moins fait quelque chose de juste, pour une fois.
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le Ven 9 Juin 2017 - 11:18
Marrant, j'pensais pas que tu ferais autant avec cette mission ^^

A nouveau, c'est vraiment une chouette mission. Tu plantes vraiment le décor, prends le temps pour de petites sous-intrigues... Tu nous fais un texte complet quoi, et c'est cool ! Bon, faut avoir du temps devant soi pour tout lire évidemment, et c'est pour ça que je m'excuse de te noter aussi tardivement.

Revenons à la mission.

Tout d'abord, il y a Francis. J'y avais pas trop prêté attention à la première mission, ne pensant pas qu'il s'agirait d'un PNJ récurrent. Maintenant que je comprends le truc, je me dis que l'idée est sympa. D.Va dans une de ses missions, avait déjà fait un passage où elle discutait avec le pilote, mais personne encore n'avait son pilote attitré. Je pense que ça peut déboucher sur de bonnes choses ! Le développement des PNJ qui entourent les personnages est, pour moi, aussi important que le personnage en lui même. Ils permettent d'aider à construire l'univers de son propre personnage, et ça donne énormément de fluidité. Je pense à ton introduction qui est quand même assez longue... Ben sans Francis, je pense que ça aurait donné moins bien. La discussion rend le truc plus agréable je trouve. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire, en tout cas je salue l'idée.

Pour ce qui est des mines et des mineurs, je dois t'avouer que j'avais pas du tout pensé à cette optique. Quand je donne une mission j'imagine un peu ce que ça pourrait donner une fois finie, tout ça... Et là, j'ai été surpris ! J'aime bien être surpris sur les missions Smile Du coup, c'est cool. Et puis, quand on y pense, la situation que tu installes est vraiment cohérente avec l'état actuel du monde. C'est vrai que c'est la misère un peu partout, c'est vrai que les mineurs pouvaient être dans la merde. Ils ne sont pas dans une position facile, et là où je présentais le truc comme une révolte toute bête, on s'aperçoit qu'en fait ça cache des choses beaucoup plus tristes, plus humaines (un comble pour des animaux !). Je dévie aussi vite fait du sujet avant d'oublier : l'humour. L'humour dans ton texte est assez fin, comprendre qu'il n'est pas...comment dire... Y'en a pas à toutes les lignes quoi. C'est par petites touches assez discrètes, et ça aussi c'est agréable. Couplé avec "l'humanisation" de ton personnage, ça rend bien ! On s'aperçoit que Huayan à un coeur, finalement. Ce qui est loin de la carapace que tu présentais plus tôt. Début de développement ? En tout cas, c'est cool !

Malgré ça, t'arrives quand même à les prendre pour des débiles ! La "Nirash"... Ils sont vraiment pas fute-fute ! Cela dit, le fait de régler leur problème par l’actionnariat est pas bête du tout. Si on se met d'un point de vue économique, (et pour le peu que je connaisse de ce monde Very Happy ), ça me parait relativement bon. Par ce biais, t'arrives à concilier ta mission et tes pensées. J'aime bien.

Après, pour moi, le point fort de ce RP, c'est Noah. C'est vraiment lui qui vient changer au lecteur la façon de voir ce RP. Dès qu'il entre en scène, et si l'on est pas un salaud (!), on se sent impliqué. Genre, l'empathie se créée facilement. Et finalement, comme je le disais plus haut, on est aussi surpris par la façon dont ton personnage réagit. Happy end finalement pour le petit oiseau qui va pouvoir vivre heureux.

Bref, j'ai vraiment bien aimé ce que tu as fait de cette mission, à la fois bien pensée, surprenante par rapport à l'idée que je m'en étais faite, et qui nous fait découvrir un peu plus ton personnage.

Et à nouveau, vu la quantité je ne peux que saluer la rapidité avec laquelle tu l'as écrite !

Mission normale :
22 xp, 200 munnies, 3 PS en Magie !

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