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Jeu 30 Mar 2017 - 20:02
L'obscurité.

Je suis là, comme flottant au milieu d'un océan de ténèbres. Partout où je peux porter mon regard je ne vois que ça, du noir. Du noir et soudain, deux silhouettes, lumineuses. Elles avancent côte à côte, dos à moi. Je ne crois pas qu'elles savent que je suis derrière eux, elles avancent droit devant elles sans se retourner.

J'ai un mauvais pressentiment, je sais que je dois faire quelque chose mais quoi ? Les avertir ? Oui c'est ça, il y a un danger quelque part mais elles ne le savent pas, j'en suis certain. Je ne sais pas d'où me vient cette certitude mais j'y crois dur comme fer.

La tranquillité qui m'habitait se mue soudain en stress, vite ! Je dois bouger, les avertir, faire quelque chose, n'importe quoi qui puisse attirer leur attention ! Mais je me rends compte alors que mon corps ne répond plus. J'ai beau me concentrer de toutes mes forces impossible de faire réagir le moindre muscle.

Je suis impuissant.

Et sous mon regard paralysé se forme alors un monstre derrière les silhouettes. Elles n'ont rien remarquer et continuent de marcher. Je suis au bord du supplice, je tente n'importe quoi pour les prévenir du danger mais mon corps ne réagit pas davantage. Le monstre lève alors un trident gigantesque et...

Je me réveille en sueur. La douleur de mes récentes blessures me fait aussitôt grimacer mais ce n'est pas le plus douloureux. Le remord, lui, me fait bien plus mal.

Ça fait maintenant deux jours que je suis revenu de ma mission à Atlantica mais la culpabilité me hante toujours avec autant de force. C'était ma première mission en tant que chef d'escouade, j'avais dix personnes sous mes ordres pour calmer quelques sans cœurs. Deux ne sont pas revenu.

C'est un échec. Atlantica a beau être libéré et les sans cœurs avoir disparu c'est quand même un échec. Je ne devrais pas réagir comme ça je le sais. Après tout je connaissais à peine les deux gus en question, c'étaient juste deux types que j'avais croisé quelques fois au détour de couloir, et puis combien de personnes avons-nous sauvé grâce à notre intervention ?

C'est un échec.

Ces gens sont mort parce que j'ai été un chef merdique et même si ont avaient éradiqué tout les sans cœurs du monde ça n'aurait rien changé à ça. Je ne suis pas un leader, juste un putain de lanceur de glaçons et j'ai été con de croire que je pouvais servir à autre chose qu'à ça.

Lorsque je me suis engagé au Sanctum c'était pour pouvoir protéger les autres. Croire que moi aussi je pouvais aider d'autres personnes à se sentir en sécurité, rendre utile ma putain de carcasse. Et jusqu'à il y a peu j'avais le sentiment d'y être parvenu.

Mais il a suffit d'une seule mission un peu compliquée pour que mon incompétence mène à la perte de deux personnes qui valaient certainement bien plus que moi.

Rejetant rageusement ma couverture au mépris de la douleur que ce simple geste provoqua je décidai de me lever. Ça ne servait à rien de rester au fond de ma piaule à me morigéner comme ça, faire un peu d'exercice m'aiderait à penser à autre chose.

Saisissant mes béquilles je jette un coup d’œil à la fenêtre. Le soleil est déjà levé, vu la saison y doit être vers les sept heures. Au moins y'aura un peu d'activité ce sera toujours plus sympa que de déambuler dans des couloirs vide.

Gémissant légèrement sous l'effort je me hisse sur ma jambe valide, l'autre étant immobilisée dans une attelle. Commençant à parcourir la courte distance qui me sépare de la porte je commence à me demander si c'était vraiment une bonne idée de bouger.

Parce que le moins qu'on puisse dire c'est que ma dernière sortie à Atlantica m'a laissé dans un sale état. Une jambe dans le plâtre ou l'équivalent moyenâgeux du coin, des bandages répartit de manière un peu aléatoire sur mon corps, des hématomes un peu partout et un beau coquard à l’œil droit. Saupoudrez le tout de quelques nuits de sommeils bien trop courte et vous obtiendrez un portrait digne de remporter n'importe quel concours d'Halloween.

Mais bon, soit je sers les dents sur mes béquilles soit j'finis par me suicider dans mon pieux, j'décide donc d'ouvrir la porte et...et ben qu'est ce que j'fais ? Non parce que tant qu'à souffrir autant que ce soit productif.

L'idée qui m'vient en premier est d'aller voir Mamie Bellette, mon ami du quartier fauve. Depuis bientôt un an que j'suis là elle a toujours su m'parler avec les bons mots, elle savait toujours me réconforter même quand je n'en avais pas besoin. Et aujourd'hui c'est peut être la seule chose qui pourrait me faire du bien. Parler, pouvoir me sortir cette putain de journée du crâne c'est tout c'que je demandais.

J'suis donc parti pour le quartier fauve quand, après quelques pas pénibles, j'ai fini par changer d'avis. Déjà parce que le quartier fauve ça faisait putain de trop loin dans mon état, mais aussi parce que j'étais plus tout à fais aussi sûr qu'en parler avec la vieille était une bonne idée.

C'était certainement la championne pour consoler qui que ce soit j'doutais pas de ça mais...elle me comprendrait pas sur ce coup-là. Elle avait jamais eu personne sous sa responsabilité, pas militairement parlant en tout cas. Elle savait pas ce que c'était de perdre des personnes sous ses ordres.

Par contre il y avait une personne qui connaissait tout ça. Une personne qui avait dû provoquer un affrontement meurtrier pour permettre la mort de Swain. C'était nécessaire pour la sauvegarde du Sanctum et seule elle avait eu le courage de le faire et de supporter les conséquences de tout ça. Et, bonus, elle était bien plus proche que le quartier fauve.

Et me voilà donc à boiter vers la chambre de Cassandra Pentaghast.

M'dame Pentaghast...Clairement fallait que j'sois au bout du rouleau pour venir lui parler de ça. Oh me faites pas dire c'que j'ai pas dit hein, je l'estime vraiment. Depuis que je l'ai rencontré ça a d'ailleurs toujours été un genre de modèle pour moi avec son regard fier et droit et sa volonté de protéger quiconque en avait besoin. Je pense que si mon gamin avait perdu sa paire de bollocks il lui aurait ressembler.
Mais bon c'est Pentaghast quoi, plus dure qu'une barre de fer et plus sévère qu'une épidémie de peste. C'est pas vraiment le genre de personne qu'on va voir parce qu'on s'est fait un bobo au genou.

Sauf que là mon putain de bobo je l'avais dans l'âme et c'était la seule à avoir une boite de pansement assez grosse, fallait au moins que j'essaye.

En chemin je croise pas mal de gars du Sanctum forcément, et à chaque fois j'ai la même réaction, je baisse les yeux et fais tout pour éviter le moindre contact.
Ma convalescence à Atlantica a duré plus longtemps que celle de certain de mes hommes, c'est donc eux qui ont fait le rapport à ma place.

Ça me soulage quelque part parce que ça veut dire qu'on a mit les familles des victimes au courant des décès de leurs proches avant mon retour et que je n'aurais donc pas à le faire.
Mais d'un autre côtés ça veut dire que toutes les personnes que je croise peuvent potentiellement être au courant des faits.

Et de savoir ça ça me donne l'impression que tout le monde me juge. Je lis de la pitié ou des reproches dans leurs regards, leurs moindres murmures devient de la médisance, leurs plus petits gestes est rempli d'animosité.
'Faut vraiment quj'évacue tout ça, je suis en train de devenir fou.

Arrivé devant la porte je m'arrête un instant. Après en avoir autant chié pour marcher jusque là ce serait bête de faire demi-tour mais...j'ai du mal à me décider. J'ai déjà beaucoup de mal à parler aux gens en temps normal mais là c'est puissance dix. Les reproches, les jugements que je redoutais tant en croisant les autres je les aurais si je rentre là-dedans c'est sûr. Sans doute qu'elle allait me mépriser, peut être allait-elle même me cracher dessus.

Mais si il y a juste une chance sur dix pour que j'arrive à me sortir tout ça d'la tête alors tout le mépris du monde n'aura pas été un trop grand prix.

Inspirant à fond je toque à la porte. Une réponse me parvient, étouffée par l'épaisseur de la porte, priant pour que ce soit une réponse positive  j'ouvre et pénètre dans la chambre.
A l'intérieur de celle-ci se trouve M'dame Pentaghast redressée dans son lit qui m'observe d'un air plutôt sévère.

A la taille de ses cernes je crois deviner qu'elle ne passe pas vraiment de meilleur nuit que les miennes mais j'ai moins peur de sa tête que de sa réaction si elle se dit que j'lui fait perdre son temps.
Inspirant une nouvelle fois j'me lance.


« -Heu...B'jour M'dame Pentaghast, est-ce que vous auriez un...moment à m'accordez s'vous plait ? »
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Sam 1 Avr 2017 - 16:54

Le son du marteau heurtant la cloche de l’horloge de la Citadelle résonnait dans la ville, avertissant chacun des habitants de la ville qu’il était dorénavant sept heures. Une nouvelle journée démarrait alors que Cassandra ouvrait péniblement ses paupières, se retournant dans son lit, elle sentit la douleur l’assaillir au niveau de son bas-ventre et cela lui fit interrompre instantanément son mouvement. Elle était fatiguée de répéter inlassablement le même geste et de serrer les dents à chaque réveil. Passablement énervée, elle ferma de nouveau ses yeux et tenta de se convaincre mentalement qu’il ne lui restait pas longtemps avant que la douleur ne disparaisse. Retenant son souffle, elle bloqua se dernier avant de terminer sa manœuvre et se retrouver sur le dos dans son lit.

Encore une journée à ne rien faire, à attendre que le temps passe et que le couperet se mette en place. Cette inactivité commençait lentement à ronger le peu de patience qui lui restait.

Amenant ses mains au visage, elle frotta ses paupières à l’aide de la base de ses paumes avant de se concentrer de nouveau afin de pouvoir passer en position assise. Depuis combien de temps portait-elle la même chemise, trois ou quatre jours ? Elle ne tenait plus le compte, mais elle ne rêvait de rien d’autre que d’un bon bain. Il s’agit bien d’une des seules choses qu’elle avait appréciée en sortant des geôles suite à la nuit de Swain : prendre un bain chaud et revêtir d’autre vêtement, du tissu n’étant pas imbibé de la crasse et de son propre sang. Soupirant un instant, son regard se laissa tomber pour ensuite fixer sa blessure et ses yeux s’humidifièrent l’espace d’une seconde. Par réflexe, elle alla déposer sa main droite sur le pansement en expulsant ce qui lui restait d’air dans les poumons.

— …
Elle ne disait rien, elle n’avait pas le courage de dire quoi que ce soit alors qu’elle redressa son regard pour observer l’autel disposé dans le coin de chambre. Il y a encore quelques jours, elle se serait levée et aurait allumer la bougie présente devant le symbole de la tortue. Toutefois, elle n’avait pas l’envie, ni la foi, de faire cela aujourd’hui.

Enfermée dans ses pensées, elle sursauta presque en entendant quelqu’un frapper à sa porte, lui arrachant une brève douleur. Ramenant sa couverture sur son corps, passant le dos de sa main afin de faire disparaitre ses larmes, elle finis par donner verbalement son accord. Pareil à elle-même, elle fronça les sourcils en s’imaginant le paladin Maxwell rentrer dans sa chambre afin de partager les nouvelles du monde et briser la morosité de sa journée. Sauf qu’à l’instant ou l’entrebâillement de la porte permettait de distinguer le visiteur, ce furent les traits du Templier Fiathen qui se distinguèrent. Du moins, Pentaghast remarquait le coquard ornant son visage et donnant une nouvelle couleur aux cernes que lui aussi possédait, de plus, il ne semblait pas réellement à l’aise quand il posa sa question.

— Je n’ai rien d’autre à offrir que de mon temps, Fiathen. Entrer donc.
Poliment, elle leva son bras pour montrer la chaise de son bureau, positionner pas loin de sa couche par le Paladin. Il n’était pas là pour en profiter, autant que cela serve à cet homme. Par ailleurs, lui aussi se déplaçait difficilement à l’aide de sa paire de béquilles. Il ne refuserait probablement pas de s’asseoir, du moins, cela dépendant de la raison de sa visite impromptue. Et à voir l’état dans lequel il se trouvait, ça ne présageait pas une ronde dans les couloirs du château.

Et Étro savait pertinemment qu’elle espérait que ce ne soit pas une autre affection demandée par l’ordre des Templiers. Elle avait déjà fait exception en allant interroger le Primarque nouvellement découvert et elle n’avait pas l’once d’une envie de rendre service, même si elle se voyait mal refuser quelque chose au vieil homme. Il avait fait tellement pour le Sanctum et la ville qu’elle se verrait mal lui refuser quelque chose. Prions simplement pour que cela ne concerne pas ce qu’elle craignait, même si se serait incongru qu’il ait été choisi pour délivrer un pareil message.

Maintenant qu’il avait pris place sur la chaise, Cassandra patienta un instant avant de lui demander la raison de sa présence dans sa propre chambre.

— Bien, que puis-je faire pour vous, y a-t-il un problème qui requière mon attention…?



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Dernière édition par Cassandra Pentaghast le Mar 18 Avr 2017 - 12:11, édité 1 fois
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Lun 17 Avr 2017 - 2:50
Bon elle m'a pas viré, ça aurait pu commencer plus mal. Claudiquant jusqu'au tabouret qu'elle m'indique je m'écroule dessus plus que je ne m'y assois. Bordel ça fais du bien. Posant mes béquilles en équilibres sur le bureau à proximité je rassemble mes esprits, cherchant comment amorcer la discussion.

«  -Bien, que puis-je faire pour vous, y a-t-il un problème qui requière mon attention…? » 

Pendant un instant je suis tenté de lui dire qu'on a besoin d'elle pour une corvée quelconque ou de tailler le bout de gras avec des banalités histoire de m'esquiver mais...non j'vais pas rajouter la lâcheté à mon incompétence. Prenant une légère inspiration j'me lance.

« -Alors...j'viens pas pour vous d'mander de porter des caisses de vieux journaux rassurez-vous. »

Un p'tit sourire conclut ma phrase, c'est vraiment mon genre de plaisanter comme ça mais j'avais besoin d'un peu de temps pour...prendre mon élan quoi.

« -Non j'viens vous causer...pardon vous parler à titre personnel. Voila y a quelques jours j'ai eu une mission à Atlantica,  des sans cœurs à éliminer, j'avais dix autres frères sous mes ordres et...à cause de moi on est pas tous rev'nu. »

A ces mots j'sers mes poings, sentant toute la culpabilité revenir. Quand j'reprend la parole j'sens ma voix trembler légèrement malgré moi.

« -Bref j'vous passe les détails, j'veux pas vous faire perdre votre temps plus que nécessaire, c'est juste que je...disons qu'j'y pense...trop. Beaucoup trop.

Une inspiration pour reprendre une contenance. Ça va mieux.

« -Du coup j'me suis dit qu'en tant que templier en chef et tout vous aviez dû connaître ça vous aussi et... »

Et comment vous faites pour supportez le poids d'la boucherie que vous avez causez M'dame Pentaghast ? Comment vous faites pour vous lever tout les matins alors qu'une foule de croix vous rappelle tout ceux qu'vous avez entraîné dans la mort ? Plutôt suicide par pendaison ou par défenestration ?

Non. Définitivement je la respectais trop pour le simple fait qu'elle arrive à endurer tout ça, j'allais pas en rajouter une couche.


« -...et qu'est ce que vous faites dans ce cas là M'dame Pentaghast ? Comment vous gérez ça ? »

Puis la fixant du regard j’attends sa réponse, légèrement anxieux. Est ce que j'allais avoir droit à un sermon ? A du mépris ?
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Mar 18 Avr 2017 - 13:55

Elle… Elle ne s’attendait pas à cela. Elle aurait préféré mille fois avoir à se lever pour déplacer des piles de carton, plutôt que d’avoir ce genre de débat.

Cassandra regarda un instant le vieil homme, désemparée de ne savoir quoi répondre sur le moment. Parallèlement, personne ne venait jamais se confier à elle. C’était une grande première dans sa vie, elle cherchait toujours à éviter un maximum ce genre de contact avec un autre membre des Templiers ou même du Sanctum. Enfin, ce n’est pas comme si elle pouvait se lever et quitter la pièce afin d’éviter cette conversation. De plus, la dernière fois qu’elle s’est mêlée aux histoires d’une autre personne, cela n’a pas réellement eux le résultat escompté. Maintenant qu’elle connaissait la raison de sa visite, elle pouvait distinguer la culpabilité qui prenait forme sur son visage. Elle la reconnaissait, elle voyait cela chaque fois qu’elle regardait au travers d’une glace.

Et voici que Fiathen arrive dans sa chambre afin d’avoir cette discussion sur la responsabilité et le poids des morts. Elle ressassait cela depuis des jours, allant jusqu’à se morfondre et à imaginer comment les choses se serait déroulé si elle était restée passive. Allait-elle décharger son amertume sur cette pauvre personne, lui qui semblait venir en quête d’une once de réconfort.

Pentaghast avait beau douté jusqu’à dans ses propres valeurs, ce n’était pas une raison suffisante pour l’envoyer paître.

— Fiathen…
Cherchant à attendrir ses traits, ou du moins, à ne pas paraître énervée par rapport à ce qu’il venait dire. Elle cherchait à éviter cette voix volontairement dure, il n’était pas un soldat venant prendre son ordre de mission. Simplement, un homme.

— À aucun moment, je n’ai été chef des Templiers ou bien un membre important dans votre ordre. Et pour être honnête, jamais je n’ai demandé à être autre chose qu’un simple soldat. Vous pouvez en être témoin, j’ai donné des ordres ou même forcé certains de vos frères à partir en ronde à des heures impossible. Toutefois, je n’en avais pas le droit et j’ignore encore pour quelles raisons on me laissait faire. Peut-être parce que je suis trop enthousiaste et que les gens ne voulaient pas me contredire.
Marquant une pause, Cassandra dessinait un mince sourire à son attention. Aucun mensonge ne franchissait ses lèvres. Durant des années, elle n’avait eu aucune autre motivation que de vouloir bien faire, elle se fichait des titres et de la gloire. Seule la protection des habitants du domaine comptait réellement à ses yeux, protéger et servir.

— Cependant, vous avez raison… Le poids des morts et la culpabilité d’être la cause d’un véritable génocide… C’est bien cela que je dois « gérer » au jour-le-jour et personne ne peux m’aider dans cette tâche.
Le sourire s’effaçait progressivement, laissant place à un visage vide. Le regard de Cassandra se perdit dans le vide, ne s’attachant plus à celui de Fiathen pour se laisser guider vers l’autel.

— Il y a de cela un an, j’aurai cherché à vous sermonner. Disant qu’ils savaient dans quoi ils s’engageaient et pourquoi ils combattaient, qu’il s’agissait d’un plan d’Étro, que la Déesse accueillait dorénavant leurs âmes dans la Lumière du Créateur. Ne pas pleurer la mort, mais justement d’avancer pour que leur sacrifice ne soit pas vain et honorer leur mémoire.
Fermant les paupières un instant, retournant son regard pour fixer de nouveaux Fiathen dans les yeux.

— Malheureusement, je n’y crois plus moi-même.



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