Le Dévoué

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le Mar 19 Fév 2019 - 9:39
La perte de sang n'est pas grave, j'ai assez d'adrénaline là dedans.

<< Ce n'est pas une autorisation ça, c'est un ordre, Générale! >>

Je repris ma hache dans cette poigne, fronçant les sourcils, à l'affût. Suivant la générale. Abattant ma hache sur ceux qui étaient déterminés mais pas assez fort. La générale se bat bien, autant montrer que j'en ai toujours à revendre! J'attrape un bras tendu en ma direction, pour m'asséner un coup de dague, un coup de poing dans le coude, un hurlement de douleur, je lui arrache son arme et je soulève son membre, un, deux, trois coups de dague en direction de l'aisselle. Puis un coup de poing, il est à terre mais il se videra de son sang bien assez vite.

L'avancée continue en suivant la générale, en cassant une ou deux bouches sur le chemin. Je vois un adversaire lever son arme pour achever un soldat au sol, je lui tire violemment le genou à l'aide de la hache et abat mon courroux sur son dos d'un coup bien mérité. On n'achève pas quand les environs ne sont pas sûr! Je sentais que les combats seront de plus en plus rapprochés et que là où on allait, j'allais avoir besoin d'un peu plus de couverture. Arracher une épée et un bouclier à des cadavres sanguinolent, ils n'en auront plus tellement besoin. Bloquant les coups et contre-attaquant en même temps, taillant les jambes en plaçant une garde haute.

Arrivés devant une porte, je me penchais sur la serrure et je regardais mon partenaire, Petit Jean. << Je propose la manière brute. >>

Sans vraiment attendre ni réponse, ni approbation, je saisi ma hache et vise juste à côté de la serrure pour fragiliser le bois. La discrétion n'est pas très utile vu qu'ils étaient entrain de fuir. Une fois que le bois était assez endommagé - et ça a pris un peu de temps je dois admettre -, un grand coup de pied façon pirate de port-royal pour ouvrir la porte royalement! Et se faire accueillir par une flèche, dans le bouclier certes. Mais une flèche quand même.

Les meubles, sans dessus-dessous, retournés, et nous voilà les invités d'honneurs ! Dieu merci ça fait une couverture relativement acceptable, c'est surtout dû à la garde-robe renversée, mais de l'autre côté, plus on va déblayer plus on sera à découvert. Je n'aime pas trop ça. En vérité je n'aime pas ça du tout. Petit Jean à mes côtés déblaye comme il peut, et moi dès que j'ai le malheur de montrer ne serait-ce qu'un bout, je me prends une flèche. On est couverte par les forces de la générale comme ils peuvent, mais c'est pas facile.

J'essaie de retirer et de trouver des armes de jet improvisées, mais ces pieds sont ridicules, ils casseraient en un rien de temps. Petit jean me tends un tabouret, et je fais un jet de tabouret athlétique façon... Pirate bourré de port-royal! Sans vraiment chercher à viser, plutôt à déranger. Je ne sais même pas si le tir à fait mouche. En même temps ce serait compliqué de toucher comme il faut la cible dans une pièce pareille, dans un environnement pareil, dans une ambiance pareille. Tout ce qu'il reste à faire, c'est déblayer!
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le Mer 20 Fév 2019 - 22:24

La fièvre du combat rongeait quiconque se trouvait au coeur de la cour du Château de Nottingham. Les gémissements plaintifs, les cris de rage, le crissement des armes et des amures. Freyja se sentait comme saoul au coeur même de la bataille, rendu ivre par la douleur et la fatigue qui ne semblait jamais vouloir s’arrêter.

Elle désirait tant gouter au repos, bondir en arrière et quitter à jamais la hantise de ces murailles.

Seulement, ce n’était pas le moment. Elle ne devait plus fuir. Des années durant, elle n’avait fait que cela et ne c’était pas en ce lieu qu’elle allait honorer cette vieille habitude. La rate avait encore une chose à accomplir, un dernier acte avant de succomber à ce qui exprimait l’essence même de cette jeune femme. Une main ensanglantée, pressant la tâche qui ne cessait de grossir à sa chemise, elle tanguait péniblement entre les corps sans vie et les morts à en devenir.

Compagnon, nous y sommes presque !
Freyja tournait la tête, nerveusement, levant le museau aux paroles qu’elle parvenait à distinguer. Était-ce Robin, Petit-Jean, le Général ? Il semblait que même ses oreilles refusaient à comprendre ce qui se passait.

Pourtant, il y avait cette ombre qui grossissait et cachait les nuages à la vue de la rate.  Elle levait les yeux et il semblait que le dernier des rhinocéros se dressait devant-elle, la masse ruisselante de sang, le corps d’un sanglier à ses pieds. Le périssodactyle levait son arme au-dessus de son épaule, fauchant le sol avec pour aucun autre but que d’accentuer sa liste de trophée.

Fuyant la mort, la rate laissait glisser ses pieds et tombait en arrière, esquivant de justesse. Ayant planter sa lance dans le sol, elle tirait dessus pour se relever et planté la pointe au cou de l’animal. Ornant d’une nouvelle pointe le corps du monstre. Elle tournait, reculait, poussait sur ses jambes alors que la lame s’enfonçait plus profondément et produisait un cri guttural qui jamais ne s’effacera de son esprit. Par chance, Freyja n’était pas la seule à avoir tenté de faire tomber la bête et il s’affaissait sur lui-même et s’écrasait au sol.

Le sol trembla, elle se recula alors pour extraire son arme et reprendre sa position au sein de cette bataille.

Que pouvait-elle faire de plus. Les pattes de la rate étaient couverte de sang, celui du rhinocéros ayant coulé le long de sa lance et teintant celle-ci du carmin de ce jour. Le filtre. Elle avait déjà aperçu cette couleur prédominante en ce jour et pourtant, tout était gris et seul brillait sa présence de rouges. Loup se battait, marquant leurs crocs au cou des rebelles. Un hibou tournait la tête sous la douleur, un de ses ennemis tirant dans sa gueule un large morceau de chair. À côté, ils étaient trois à planter leur arme dans un corps sans vie.

Elle aura pu vomir à ce spectacle, pourtant, elle semblait s’y être habitué.

Soudain, le temps s’arrêtait et son regard se figeait. Il était là, à quelques mètres d’elle alors que sa propre lance s’extirpait du corps d’un lièvre. La cape grise tombait devant lui, inerte et leurs deux prunelles se figeaient. Un pincement lui venait au coeur, pompant de plus belle, faisant frissonner et dresser son poil à sa vision. Lui ? Il répondait d’un mouvement sec, les crocs à découvert et une trainer de sang sur son passage.

Toi !
Il semblait hurler ce mot, cet unique mot. Freyja l’imaginait, il devait bien s’agir de cela. Il levait son arme, pointant la lance en direction de la rate. Une belette cherchait alors à s’interposer, il tournait sur lui-même, un mouvement lent et calculé dans un cri strident. Celui de l’acier fendant l’air. Le rebelle ne s’arrêtait qu’à l’instant où son corps toucha le sol, les yeux inertes de toute vie.

Aiden, non…
Elle était partagée. Les bras refusaient de lui obéir et s’abaissaient alors que son esprit hurlait de fuir, de courir loin de tout cela.

Pourtant, ce n’est pas elle qui faisait le premier pas.

Le sherif de Notthingham se propulsa, fonçant au travers du champ de bataille et préparant un coup d’estoc. L’instinct de survie battait la raison de Freyja. Elle chutait sur le côté pour éviter l’attaque et se redresser d’une roulade.

Qui es-tu ! Dis-le moi…
C’est moi, Freyja, tu devrais le savoir.

Ses genoux tremblaient, s’entrechoquaient, la voix de la rate se faisait éraillée et peinait à prononcer ses mots. Il était là, elle le voyait, il n’était qu’à un pas de l’étreinte.

Elle est morte !
La fièvre semblait plus forte chez lui, aucune compassion ne se lisait dans ses yeux et son geste ne trahissait rien. Il plongeait de nouveau, dressant sa pointe vers les cieux et s’apprêtant à fendre la rate en deux. Brisée, Freyja bloquait péniblement le coup avant de donner un coup de pied pour se dégager de la mêlée. Il jouait alors de son arme, la passant dans son dos avant d’accentuer la fréquence de ses frappes.

Elle pensait qu’elle accepterait ce moment, serait parée à le vivre. Il n’en était rien. Freyja reculait et s’effondrait à chaque échange entre les deux amants.



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Le Drapeau Blanc

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le Jeu 28 Fév 2019 - 14:05
« Vite ! » criait Will l’Écarlate à Petit Jean et Heinrich. La générale ne réagit pas, entièrement concentrée sur la bataille qui faisait rage devant eux, sans pouvoir s’y plonger. Ils allaient finir cette guerre, ça ne faisait plus aucun doute. Elle observa les remparts jusqu’ici encore aux mains des régents, rapidement investis par des brigands. Des combats y faisaient rage, inéquitables et violents, opposant des loups à peine armés à des hybrides en tous genres, fatigués mais enragés. Il restait malgré tout ici et là dans la cour des formations de soldats plus compactes, ayant pu se préparer à l’assaut rebelle. Rhinocéros, éléphants et hippopotames étaient, dans ces groupes, épaule contre épaule, en garde.

La victoire était à eux. Aussi bons soldats étaient ces géants, ils ne résisteraient pas face aux capes grises. Et… une fois Kefka mort.
Derrière elle, Heinrich et Petit Jean repoussaient ou tiraient les meubles et les chaises, qui les empêchaient d’entrer dans le donjon, gênés par quelques tirs imprécis des soldats à l’intérieur. Si l’Écarlate et elle, ainsi que quatre rebelles qui les avaient rejoints, étaient autour d’eux pour les couvrir, il s’avérait que déjà à cette heure de la bataille, les ennemis étaient trop dispersés ou sur la défensive pour s’attaquer à une huitaine de combattants unis. Ils en avaient éliminé quelques-uns. Et ils attendaient, nerveux mais animés par l’énergie de cette dernière minute, du moins pouvait-elle le supposer pour les autres.

S’il y avait moins de résistance dans la cour, il y avait encore le risque. Elle croisa les yeux d’Ambre, le visage teinté de sang, se frottant le front de son coude. Celle-ci hocha simplement la tête avant d’aider un autre rebelle dans son combat. À vrai dire, la Générale serait contente si sa seconde ne l’accompagnait finalement pas dans le donjon.


« Générale, Will ! » cria Petit Jean derrière elle. Ils se retournèrent prudemment. Il restait quelques meubles derrière la porte défoncée, mais rien qu’ils ne pourraient enjamber ou pousser. Ravness avança en première, faisant un signe à Heinrich, le bouclier contre le corps, et pénétra dans le donjon. Une flèche fusa. Elle leva son bouclier et arrêta la flèche, avant de continuer à marcher, plus dynamique, plus violente. La générale fit de larges coups d’épées devant elle pour briser les objets qui la gênaient alors qu’elle parait une autre flèche. Enfin… elle sortit du fouillis de barricade, avança dans la pièce pour voir ses ennemis. Devant elle, au rez-de-chaussée de ce donjon, étaient groupés plus ou moins sept loups, dont quatre qui les menaçaient de leur arc, retenus d’un ordre donné par une main levée. Alpha attendait, une longue épée dans l’autre main. Le loup noir, dernier de la Meute, regardait les huit brigands entrer dans la tour, protégé par une dizaine d’énormes combattants, rhinocéros, éléphants, hippopotames. Aucun d’entre eux ne semblait réellement effrayé et… ils avaient l’avantage du nombre. Mais Alpha la regardait profondément, chacune de ses respirations bruyantes ressemblait à un soupir.

« Tu peux te rendre. » prononça Will, chacune de ses mains tenant une dague. « Non. » répondit aussitôt la générale. « Vous avez pas besoin de mourir. Et vous savez que c’est fini. C’est Kefka qu’on v.. « Non. » répéta-t-elle sèchement, sans détacher son regard de l’ennemi. Huit contre presque vingt. Ce ne serait pas facile mais… Alpha avait raté depuis longtemps l’opportunité de se racheter. Oui, ils risquaient tous de mourir ici pour ce refus mais elle ne pouvait accepter de tâcher ses principes plus encore. Alpha fit un non de la tête.

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le Jeu 28 Fév 2019 - 22:00

Bien trop vite, Freyja se retrouvait acculée contre la muraille de château. Il n’y avait plus aucune échappatoire. L’hampe de sa lance se cognait contre la pierre alors qu’elle tentait vainement de contrer un nouvel assaut du shérif, le cri du métal résonnait aux oreilles de la rate et les pointes de leurs armes embrassant le sol. Leurs visages étaient si proches.

L’un emprunt d’inquiétude, de peur et d’une crainte en allant jusqu’à guider les larmes à ses yeux. Alors que le second annonçait l’exact opposé.

Arrête de mentir…
Aiden crachait ses paroles, exprimant le dégoût qui semblait l’envahir à la vue de cette rate. Les crocs acérés, le regard brûlant. Elle ne cherchait rien d’autre qu’à fuir cette vision. Elle dressait son genou, frappant son adversaire au ventre et profitant de l’ouverture pour se glisser et s’extirper de cette emprise.

Écoute-moi, pour une fois ! C’est moi. Pourquoi est-ce que tu refuses à le croire.
Elle se retournait, redressant son arme à cause de la peur qui l’envahissait. Lui, il se retournait maladivement, un bras sur les côtes et approchant d’un pas lent.

Tu ne peux pas être Freyja, elle est morte. Je le sais.
Non, je suis bien vivante.

Il bondissait de rage aux dernières paroles de la rate, levant son arme et tranchant l’air d’un mouvement sec. Freyja parvenait in extremis à éviter le coup, plongeant en arrière et rejoignant les airs dans une cabriole pour se retrouver au sommet des murailles.

Les après-midi à l’abri des blés, assis sur une barrière !
Elle criait ses mots à son attention, semblable à des fragments de souvenir qu’elle jetait dans les airs. Des histoires qu’eux seuls pouvaient partager. Il criait d’autant plus fort, plantant la hanse dans le sol et brandissant pour la rejoindre. Elle esquivait alors le coup, plongeant sur le côté et glissant sur le chemin de ronde immaculé de corps.

La ferme !
Nos promesses, nos histoires sur la forêt de Sherwood.
La ferme !

Une autre attaque, un coup aérien propulsant deux traits dans les airs que la rate se retrouvait à esquiver d’une roulade.

Le noeud de soie que tu m’avais offert…
Tais-toi, tais-toi… Tais-toi !

Il plongeait, prolongeant son corps dans son mouvement dans l’impulsion. Freyja sautant sur l’une des meurtrières mais n’esquivant pas le coup de queue la fouettant en plein visage. Elle reculait, déboussolé, parvenant seulement à esquiver le coup d’estoc.

L’incendie de la forêt !
La rate criait ses derniers mots, paralysant le shérif l’espace d’un moment avant qu’il ne se jette et enchaîne les coups d’estoc après avoir déposé sa hampe sur son avant-bras. Elle n’avait d’autres choix que de fuir. Elle reculait d’un bond, un second, se retrouvant au sommet de la herse alors que la rage imbibait la cour du château.

Aiden et Freyja, seuls au sommet du chemin de ronde, se fixant les yeux dans les yeux pendant que les larmes naissaient dans le creux de ceux de la rebelle.

S’il te plaît, Aiden…
Elle se voulait suppliante, ignorant presque les bruits et la guerre. Quoi qu’il arrive, son coeur ne voulait écouter que ces paroles.

Ne m’oublie pas…
Ce n’est pas toi.

Tout semblait s’arrêter. Freyja se retrouvait figée, la bouche ouverte, observant le regard de l’homme qu’elle aimait lui adresser un regard dont elle n’avait pas la force pour le supporter. La mâchoire tremblante, la pointe de sa propre lance frappant la pierre, elle tendait désespérément un bras en avant. Un mot, une phrase cherchait à quitter la frontière de ses lèvres. Les yeux suppliants.

Elle entrouvrit finalement ses lèvres quand un sifflement résonnait à ses oreilles.

Elle avait un dernier souffle, ses rétines s’écarquillaient alors que sa vision se teintait de noir. Nerveusement, elle cherchait à capter l’air. Le bruit répétitif du métal inondait la scène alors que son arme tombait au sol et que sa main se guidait à son cou. Le pelage de Freyja changeait de ton, s’illuminant du liquide carmin qui semblait s’écouler entre ses doigts.

Je t’aime…
Les jambes de la rate n’avaient plus les forces pour la portée. Elle titubait, posant sa main sur la muraille avant de glisser et tomber à la renverse. S’engouffrant dans le vide, guidé par le souffle du vent sur sa peau avant la finalité de sa chute.



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le Jeu 28 Fév 2019 - 22:36

Le Sherif de Nottingham se redressait, laissant glisser la hampe le long de ses doigts alors que son regard se figeait sur celui de la cape grise. Les yeux envahie de rage devant cette vision.

La rebelle était morte.

Il dégageait de la pointe de son arme la patte qu’elle tendait, affichant la plaie à son cou, une entaille laissant filtrer la vie.

La rate était morte.

Il la regardait. Pitoyables, faibles, elle ne pouvait être celle qu’elle s’imaginait être. La femme qu’il avait aimée n’était pas cette geignarde pathétique.

Cette femme était morte.

Elle prononçait quelques mots, chutant, disparaissant finalement de sa vue. Le coeur d’Aiden se figeait dans sa poitrine alors qu’un tremblement l’envahissait.

Elle était morte.

Le Sherif s’avançait, laissant la pointe de son arme retomber sur le sol alors que sa vision passait les pierres jusqu’à se diriger vers la cour du château. Cette rate. Elle reposait, inerte au sol, face contre terre et son sang se répandant sur le pavé. Les trois mots résonnaient dans sa tête alors qu’une larme coulait le long de sa joue.

Freyja…
Le voile devant ses yeux se levait. Il eut un soupir, incontrôlable, se transformant en sanglots alors qu’il passait outre la muraille et tombait au pied du corps. Il tremblait, posant un genou à terre, attrapant la rebelle par les épaules.

Freyja était morte.

Son coeur s’arrêtait, ses yeux se figeaient dans le livide de ceux de son amante. Il tentait de la réveiller, la secouer, l’appeler. Il hurlait, jurait, se maudissait. La Sherif ne parvenait pas à croire ce qui venait de se produire, il ne pouvait simplement pas imaginer ce qui venait de se passer, il lui était impossible de concevoir ça.

Ses mots se mélangeaient à ses sanglots.

Et la rage éclatait. Elle était morte, par sa faute et il n’avait rien fait. Il ne l’écoutait pas, complètement aveuglé par… Par quoi ?! Il ne comprenait pas, il ne parvenait pas à réfléchir.

Aiden se maudissait, mourrait intérieurement alors qu’il enlaçait ce corps sans vie dans ses bras.

Non, non… Non. Non, non, non, non.
Tant et tant d’émotion se mêlaient dans le Shérif. Donnant un gout amer à tout ce qui l’entourait. Brouillant ses yeux dans les flots. Dégageait quelques choses du plus profond de son corps. Un miasme noir semblait émaner de son corps, l’enveloppant lui et son aimé et le consumant.

La petite fille de Sherwood était morte.

Dans toute la cour du château, des miasmes noirs éclataient de part et d’autre. Des sans-coeurs. Ils venaient à ce couple au bord du précipice, avide de gouter à toutes les ténèbres qui semblait naître du Shérif. Archers au bonnet pointu et soldats à l’épée dansaient au coeur de cette scène. Rebelle et garde du régent se figeaient devant cette vision.

Désolé…
Il s’enfonçait dans cette tignasse teintée de sang, plongeant son visage à son épaule. Le sang se mêlant à ses larmes.



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Un Garçon Ordinaire

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le Ven 1 Mar 2019 - 3:18
Sora avait tout vu.

Ses poumons étaient vides et il n'arrivait plus à inspirer. Il fallait paniquer mais il n'en avait même pas la force. Elle était tombée du haut de la muraille, brutalement, trop vite, bien trop lourde.

Pourtant Freyja avait volé. Avec sa lance, elle avait volé.

Les combats continuaient autour d'eux dans un vacarme de cris et de chocs. Lui restait là, bêtement planté, incapable de se mouvoir et de crier. Il voulait détourner le regard, il était déjà bien trop près. La cape grise ne bougeait pas.

Pourtant Freyja avait dansé. Dans sa lutte de crocs et de sang pour le protéger, Sora en était certain, elle avait dansé.

Son assassin avait sauté auprès d'elle, son amant la serrait fort comme s'il pouvait la faire revenir. Ca ne marchait pas. *Ce monde est maudit.* pensa Sora. Ses jambes commençaient à tanguer et des picotements lui montaient à la tête. Par réflexe, il inspira.

Des sans coeur dans la cour, sur les murailles. Quelques uns d'abord, puis de plus en plus. Tout le monde semblait surpris. Tout le monde sauf lui. Il se dirigea vers les plus proches, keyblade dans les mains et frappa. Le bruit sec et mou du choc, le petit gémissement inhumain, il connaissait. Il avait entendu ça tant de fois. Ses gestes revenaient, machinaux, interrompant leur petite valse ridicule, les empêchant de voler le coeur d'un hippopotame. Il avait échoué. Du coin de l'oeil, il aperçut un autre petit groupe de mini soldats foncer sur lui en se dandinant avec leurs grotesques épées. La keyblade les faucha méthodiquement, l'un après l'autre, et les coeurs s'échappèrent vers le ciel pour tomber sous le joug d'un autre tyran. Il n'avait pas été là pour elle.

Une douleur à la cuisse, rien du tout. La flèche d'un sans coeur archer posté sur les marches qui menaient au chemin de ronde. Sora prit un peu d'élan, tendit les bras en arrière par dessus sa tête et lui envoya son arme droit dans le bonnet. Peut-être que ce n'était pas le monde, le problème. Trois archers venaient d'apparaître sur les marches, là où gisait Chaîne Royale. Il courut vers eux, esquiva leurs tirs sans grâce et en envoya valdinguer deux d'un seul coup de pied. Il récupéra sa keyblade juste à temps pour assomer le dernier. Il aurait du ressentir son départ bien plus que ça, il aurait du pleurer. Sa gorge se serra. Ca le rendait malade.

Les sans coeur pullulaient dans la cour, créant une vraie pagaille. En sous-nombre, les dévots de Kefka se retranchaient, certains tentaient de fuir comme s'ils avaient trouvé pire qu'eux. Les rebelles se battaient encore contre tout le monde. Des boules de feu fusaient du mur, lancées par un homme-chien au pelage blanc. Elles étaient assez efficaces, se dit Sora. Son regard retomba sur l'assassin et Freyja, encore soudés par les ténèbres, entourés de sans coeur affamés. Sans réfléchir, il sauta de l'escalier, se réceptionna en pliant les genoux et darda vers eux. Comment faisait-elle, déjà ? Ah, oui. Montrer les crocs. Allonger l'arme pour percuter. Glisser en arrière et, dans un mouvement circulaire, viser le cou. Prendre appui sur l'arme pour voler, danser. Faire mal, saigner. Crier de rage, souffrir. Sora voulait faire tout ça à la fois, être tout ça à la fois. S'il le pouvait, alors elle serait là. Il suffisait d'y croire.

Il suffisait d'y croire.

L’avenir me terrorise…


*La rate est morte*, énonça doctement sa part d'ombre, dans sa tête. *Quel gâchis. Tu aurais du me la laisser quand on en a eu l'occasion.*

Oui. C'était Freyja qui avait raison, au final. Son chemin était tracé depuis le départ, et bien idiot celui qui avait tenté de le changer. Les mots d'espoir qu'il anonnait à la ronde, qu'il pensait investis d'un certain pouvoir, tous ces mots semblaient retomber maintenant au fond de sa gorge et ils avaient un goût de cendre. Qu'il était ridicule ! Au mieux, il n'avait abattu que deux de ces pathétiques sans coeur.

"Attention, compagnons, en voilà un gros !"

*Robin.*

Mécaniquement, sans méthode réelle, Sora cogna les petits sans coeur autour de lui, et cogna encore jusqu'à ce qu'ils disparaissent enfin de sa vue. Il se prit bien quelques coups d'épée mais la douleur sur son flanc droit était encore la plus forte. Au moins le sang avait cessé de couler. Il tourna la tête vers la voix de Robin et vit le gros, l'énorme sans-coeur qui venait d'apparaître. On aurait dit un de ces rondouillards, balourd, yeux inexpressifs, sauf que celui-ci était bien plus imposant et portait un chapeau d'archer qui lui rappelait celui de Bobby, avec une plume violette bien trop grande. Son gros ventre était cerné de petites cibles rouges et blanches, solides, qui tournaient autour de lui comme autant de ceintures, assez lentement.

"Visez les cibles !" cria Sora en manquant s'étouffer. Sa gorge était sèche. Il déglutit et reprit : "C'est la seule chose qui lui fera mal." Puis, pour l'exemple, il se rua vers l'ennemi, passa sa keyblade au dessus de sa tête et l'abattit sur une des cibles mouvantes qui tangua sous le choc. Il frappa encore, jusqu'à ce qu'elle cède et le rondouillard fit un saut. Par réflexe, Sora se replia en arrière, évitant de justesse l'onde de choc qui l'aurait propulsé plus loin. "Quand il saute, écartez vous !"

"Bien compris. Allez, criblez moi ce gros boudin de flèches !" Certains rebelles montaient sur la muraille pour la sécurité, pour l'angle de vue. D'autres s'occupaient des petites frappes. Ils s'organisaient, malgré la fatigue et l'inconnu. Ils croyaient en Robin, leur héros.

Félicitations, Sora. Tu es le véritable héros dont ce monde avait besoin.

Sora sourit, ricana même en envoyant sa Keyblade trois fois contre le sans-coeur aux cibles. Quand Freyja lui avait dit ça, il l'avait pris au pied de la lettre. Maintenant, seulement maintenant, il comprenait l'ironie.

*J'suis désolé mais t'es plus le héros, Sora.*

Par contre ouais, ça c'était clair. Il partait en couille, il avait joué au con. Roxas l'avait prévenu, il ne l'avait pas écouté. L'espèce de sans coeur gras du bide rassemblait ses cibles pour n'en former qu'une seule et putain, elle était énorme. Genre même Riku avec les yeux bandés il aurait pu la toucher. "Cassez vous !", je dis aux rebelles qui restent la comme des andouilles à regarder le sans coeur lever sa grosse cible. Puis je vois que c'est sur ma gueule qu'il veut la balancer. Et merde ! J'me casse de la mode super ninja en espérant qu'il est pas trop mou du bulbe, faudrait éviter qu'il dégomme Freyja même si bon, elle est morte. Mais ce serait dommage. Au moment ou il envoie son machin, je saute haut, très haut, hop, et je plane...

Je vole...

Jusqu'au mur d'à côté sur lequel je marche pépère, à la verticale, pour débarquer sur le chemin de ronde. Les rebelles qui sont là me regardent l'air bizarre mais c'est pas important. En bas, la cible a finalement envoyer bouler pas mal d'entre eux avec les meubles qui trainaient là.

"Ca y'est, il m'a énervé."
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le Lun 11 Mar 2019 - 2:00
J'entendais la générale déterminée, répétant des non à tue tête. Je sentais qu'à 8 contre 20, et aussi fort qu'un homme ou un animal puisses-t-être dans ses retranchements, que pour le remporter il fallait être prêt à vendre chèrement sa peau. Bien que je peux avoir la volonté de la vendre, est-ce que je vais finir par la vendre?

Jamais. On va se battre comme si. En profitant de ce moment de flottement pour sortir une pierre à aiguiser de ma sacoche, ce son répété de cette lame que j'aiguise, je ne sentais pas de peur, je ne sentais pas de trac, je sentais cette confiance qui planait chez l'ennemi, assurés d'une victoire par le nombre, la position. Je secouais la tête.

<< Je vous le dit, je ne vois que des morts en sursit. >>

Quelques pas, la hache préparée, un rhinocéros, dans un lieu comme ça je vais pas pouvoir faire des grands gestes, il va falloir se limiter, garder cette épée que j'ai trouvé, affronter l'ennemi au corps à corps,  à coup de gnons plus que d'arme! Mais la mêlée est confuse, lente, loin du rythme où un coup fait un mort. Le choc de l'acier, l'adrénaline qui remonte dans les veines, les étincelles, le coup de tête pour mettre le rhinocéros à terre! Lever son arme et... Se faire interrompre par un vautour avec une lance! Dans l'épaule en plus! La douleur me fait sentir con et surtout, constater que derrière cette ligne, il y a encore des ennemis qui nous attendent!

<< Attention! Il y en a d'autres derrière! >>

Je regardais le rhinocéros ce qui se redressait, agissant avec menace sa morgenstern, le sourire arqué, passant l''épée de main en main. Rassemblant l'énergie dans mes tripes, hurlant avec férocité dans la ligne d'ennemi en face de moi pour les renverser. Me ruant dans le combat de nouveau, avec une force présente, imposer le respect à la pointe de ma lame, si ce ne sera pour tuer, ce sera pour faire paniquer. Je doute en tuer autant qu'avant, aussi vite, avec autant de ferveur, il fallait surtout tenir la cadence. Pas au nombre de coup donnés, mais au nombre de coup qu'on peut encaisser. Parades, bottes, coup de pied, tout est bon pour faire gagner du tout.

J'entends les rares cris de ceux qui tombent, et je serais incapable de dire à qui est l'avantage. Je vois un rhinocéros lever une arme, un coup de couteau de lancer bien placé, un signe de tête à l'envoyeur!

Le combat continue.
Le Drapeau Blanc

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le Jeu 11 Avr 2019 - 22:10
La générale se rua sur trois rhinocéros formant un rempart entre un archer et elle. Elle leur bondit dessus, l’épée brandie, prête à frapper. D’un coup de bouclier, elle écarta les pointes des lances et frappa de sa main droite. Sa lame toucha à la joue un des mastodontes, sans le tuer, ne faisant que le balafrer violemment et le repoussant. Les deux pieds à terre, elle frappa de deux coups d’épée l’air pour éloigner un des deux rhinocéros et débuta un affrontement avec ceux-ci, parant les nombreuses attaques d’estoc de son bouclier et tentant quelques bottes de son épée, sans succès. Du coin de l’œil, de ses oreilles, elle pouvait mesurer la violence du combat autour d’elle, au sein du donjon du château de Nottingham. Sora, les remparts, la herse, les compagnons. Tout cela lui semblait déjà loin. Ravness avança d’un pas gauche volontaire, baissant légèrement sa garde pour tenter quelques attaques hautes, parées ou esquivées par des rhinocéros qui se mirent sur la défensive, reculant de quelques pas.

Un coup, un réflexe, lui fut portée par une lance. Elle leva vivement son bouclier pour ouvrir une brèche à la pointe, avant de le rebaisser aussitôt, claquant la lance contre le sol, bloquant celle-ci avec son bouclier. Elle frappa mais… à ce moment, sentit une lourde main saisir son avant-bras. La seconde d’après, ses pieds décolèrent du sol, son corps tout entier fut emporté par une ruée. Ravness comprit qu’un rhinocéros l’avait emportée dans sa charge, traversant l’entièreté de l’étage. Elle aperçut la balafre sanguinolente au visage de son agresseur. Tout alla très vite. Son dos fut frappé contre un mur, elle s’effondra aussitôt. Avec rage elle essaya de se relever, voyant du coin de l’œil que le rhinocéros récupérait un des nombreux débris présents à terre. Il s’approcha et, l’instant d’après, la frappa violemment au dos. Il recommença mais… la générale raffermit sa préhension sur la poignée de son épée et trancha, sec, le pied du gargantuesque soldat. Elle se releva aussi vite que lui tomba au sol. Les deux autres rhinocéros, à l’autre bout de la salle, abattirent ensemble un brigand sous poings et guisarmes, avant de se ruer vers elle à leur tour. D’un cruel coup de pied, la générale frappa l’estropié à la mâchoire.

Elle lança son bouclier comme un disque, frappant un premier rhinocéros au genou, le faisant ployer et ralentir dans sa charge. Le deuxième fut épargné de son lancer, pas du reste. Une flèche jaillit d’en-dehors du champ de vision de la générale, touchant le rhinocéros au flanc et le faisant s’effondrer. Une grimace se dessina sur le visage de la générale. Elle courut vers le rhinocéros titubant et sauta sur lui, jusqu’à ses épaules, lovant ses cuisses autour du cou du géant, l’aveuglant de son propre corps. Sa lame transperça le dos de son ennemi, le faisant tomber, lui aussi.


« Ah ! » rugit-elle de douleur lorsque dans sa chute, le rhinocéros écrasa son talon. Elle dégagea de son bras le corps du soldat, pour se relever péniblement et se diriger vers le rhinocéros blessé par la flèche. Mais un loup la surprit, se ruant sur elle dans un hurlement de peur et de rage. Son épée se planta dans son flanc comme le bâton de Moïse dans les flots. Ravness lâcha aussitôt son arme, sous la douleur, et par réflexe, saisit les poignets du loup entre ses menottes. D’une violente pression, animée par sa souffrance, elle lui brisa, le faisant lâcher prise sur sa lame. D’un geste, elle le fit tomber, s’assit sur lui et de ses mains, l’étouffa alors que près d’elle s’approcha un brigand, conscient de sa vulnérabilité.

La générale se releva, finalement, avant d’enlever l’épée dans son corps, la gardant en main. Elle tituba, s’approcha d’un soldat, ignorant le brigand. C’était Alpha. Lui aussi avait fini son combat, lui aussi semblait blesser. Comme une provocation, elle fit apparaître dans sa poigne le bouclier des valkyries, produisant cette lancinante lumière.


« Allez… » murmura-t-elle avant de s’approcher de son adversaire. C’était le dernier chien de la Meute. Il ne restait que lui…

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Un Garçon Ordinaire

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le Ven 12 Avr 2019 - 0:30
Du haut des remparts du château, Sora fixait le gigantesque sans-coeur et la dizaine de cibles qui lui tournoyaient autour. Tous ses sens étaient submergés. Il lui semblait voir au dela de lui, ressentir chaque vie, chaque être tout autour sans qu'il ait a poser les yeux dessus. Les sans-coeur, les rebelles, les rares soldats de Kefka qui restaient encore, comme des pions sur un échiquier. Comme ils étaient tous si petits et ridicules comparés à lui. Il pouvait tout faire, il était le maître du jeu. Et pourtant, il n'était pas tranquille. Le déferlement d'émotions menaçait de lui faire perdre la tête. La fausse assurance. La tristesse. Une fureur insondable, dirigée contre l'univers tout entier. Une puissance terrible, si extrême qu'il ne se sentait pas assez fort pour la contenir, pour la canaliser.

Pourtant, Roxas lui avait fait ce don. Il devait l'utiliser.

Alors là, je m'élance genre champion du monde d'athétisme et bam, je suis dans les airs. Je vole pas vraiment mais ouais, c'est un beau saut, assez long pour m'amener au dessus de ce connard de sans-coeur qui continue à faire le mariole en balançant ses cibles à la gueule des rebelles retranchés. Je prends ma Keyblade à deux mains, je la lève bien haut et je canalise mes ténèbres-

*Non !*

Je canalise ma lumière, elle fait briller le bout de Chaîne Royale et, d'un coup brusque et violent, j'envoie mon arme au pied du gros sans-coeur en criant : "Apocalypse Fall !" Ouais, je sais pas trop d'où ça vient mais ça pète et j'aime bien balancer des noms qui pètent, c'est mon style !

Quand la keyblade transperce le sol de la cour, ça fait une grosse explosion de lumière qui aveugle tout le monde. Enfin, grosse explosion... Pas si maousse que ça. Non, en vérité, ça fait même pitié. Bon, ça aura au moins eu le mérite d'assomer le gugusse et quelques sans-coeur autour. Les rebelles, qu'étaient pas trop cons, en profitaient pour venir le tabasser et dégommer les cibles qu'il lui restait. Moi, j'étais retombé sur mes pieds à cinq mètres de là, avec classe et un léger dégoût. Franchement, ça aurait du être mieux. Un peu rageux, j'empoigne ma Keyblade et je la tend droit vers le giga sans coeur. Feu, terre, glace, eau, temps, ténèbres, lumière, j'ai l'embarras du choix. Les éléments sont à moi. Allez, je me décide pour un-

Badum.

Badum.

Que se passait-il ? Une douleur étreignait soudain sa poitrine. Un énorme poids l'opressait. Sora tomba à genoux, une main contre son coeur. Celui-ci tambourinait fort contre sa cage thoracique, comme s'il cherchait à s'échapper, à fuir, à le déchirer de l'intérieur. Prostré contre ses genoux, Sora retint un cri de douleur.

Impossible d'y résister.

Badum.

Un nouveau coup, trop fort le força à redresser le buste. Une lègère brise fit voler ses cheveux et flotter les haillons qui lui servaient encore de vêtements. Dans ce temps suspendu, à travers ses yeux embués, il vit une orbe luisante de jaune s'échapper lentement de sa poitrine. *Non, reste*. Il tenta bien de la retenir avec sa main, mais elle se dilua en filaments qui, mûs par le vent, glissèrent entre ses doigts gantés.

"Roxas..." souffla Sora.

Il était perdu. Pourquoi, pourquoi revivait-il ce moment, et pourquoi maintenant ? Devait-il subir encore ce sentiment de perte ? Il l'avait caché, enfoui pendant longtemps pour que personne ne s'en inquiète, parce qu'il s'était cru suffisament fort pour se permettre de l'oublier. Pour oublier que oui, Roxas lui manquait terriblement, tellement qu'il l'aurait bien crié à la cour du château, au monde entier, si seulement il en avait eu la force. Mais cette force le quittait, l'abandonnait là, le laissant avec la sensation étrange et fugace d'avoir perdu quelqu'un de cher, de précieux, un ami qu'il n'avait même pas connu.

L'orbe reconstituée décolla pour rejoindre le ciel et, très vite, elle traversa un nuage.
Sora la regarda partir et baissa la tête, les bras ballants. Le vent était retombé.

Le monde lui paraissait si froid, maintenant. Toutes ses blessures semblaient s'ouvrir à nouveau, lui rappelant la réalité de son état. Même ses genoux, posés contre le pavé trop dur de la cour, lui faisaient mal. Il était faible, faible et seul. Cette vérité lui arracha un sanglot, mais déjà autre chose cherchait à remplacer son chagrin. Une colère diffuse qui grandissait vite, très vite, sans rien pour l'arrêter. Elle lui faisait serrer les poings et les dents. Il la connaissait bien, elle était familière, presque rassurante. Et à cet instant, il lui était si facile de s'y abandonner.

"Sora !"

Robin était là, près de lui, comme un rempart. Il tirait flèche sur flèche sur les sans coeur qui s'approchaient de trop, les arrêtant net dans leur course. Sora releva le menton, fit cligner ses yeux humides pour dévisager le renard dont la main allait chercher une nouvelle flèche au carquois. Leurs regards se croisèrent un instant, bref mais suffisant. Il y avait dans celui de Robin une détermination parfaite, de celles que Sora avait parfois sû afficher.

Robin voulait en finir.

Sora se releva. Tous ses muscles étaient engourdis, son corps meurtri, vidé, épuisé, mais contre toute attente, il tenait encore debout. Tendant le bras, mimant la détermination de Robin, il appela de nouveau sa Keyblade. Abandonner était hors de question. Ils devaient défaire les sans-coeurs et battre Kefka, maintenant. Il allait aider les compagnons de Robin, gagner cette guerre et retrouver Roxas.

Le sans-coeur géant s'était relevé lui aussi. Il n'avait plus que quatre cibles gravitant autour de son ventre, et les rebelles les laminaient de flèches en se protégeant derrière des barricades improvisées avec tables et rateliers vides glanés dans la cour. Sora aurait bien aimé l'achever mais son corps lui disait non. Il n'avait pas de potion, ne se sentait pas capable de lancer le moindre sort de soin. Alors, à regret, il s'écarta, s'élança de l'autre côté de la cour, vers les sans-coeurs qui le séparaient de l'amas noir où Freyja et son amant gisaient encore. Il frappa les ombres, les épéistes aussi dur qu'il pouvait et Robin se chargeait de tirer sur ceux qui l'attaquaient au flanc et par l'arrière. Un épéiste plus coriace résistait aux coups de Sora en fanfaronnant, faisant tournoyer son épée comme pour le narguer. Sora lui asséna un coup ascendant pour le faire voler vers Robin qui l'acheva d'une flèche, le faisant disparaître dans une nuée noire.

Le porteur de Keyblade se remit en position, les pieds ancrés au sol, les genoux et le buste légèrement courbés. Il était proche de Freyja maintenant mais il ne pouvait toujours pas la voir. Un espoir fou le prit : et s'il était encore temps ? De toute manière, il n'allait pas les laisser comme ça, à la merci des ténèbres. Il n'avait qu'à abattre ces sans-coeur, courir, plonger dans la masse noire et.. faire quelque chose, il trouverait forcément.

Les sans-coeur avaient une autre idée en tête. Ils ne s'agglutinaient plus autour de lui, ne cherchaient plus à l'affronter. Au lieu de ça, ils regardaient tous au même endroit. Les ombres agitaient leurs antennes dans cette direction, les archers leurs bonnets.

"Qu'est-ce qu'ils fabriquent ?" demanda Robin en levant son chapeau d'un doigt pour gratter la fourrure de son crâne.
"Quelque-chose les attire." Quelque chose d'autre, quelque-chose de très puissant, qu'il n'avait pas ressenti depuis... Sora ferma brièvement les yeux pour se concentrer, il devait en être sûr. Sa keyblade trembla dans sa main et tira doucement sur son bras, le faisant tourner légèrement sur la droite. Elle pointait une grande porte dans la cour, une porte grande ouverte qui menait à l'intérieur du chateau. Le bout de Chaîne Royale brillait de lumière, comme une incitation.

Sora savait ce qu'il devait faire. Il eut un regard pour l'amas de ténèbres où gisait Freyja, toujours cachée à sa vue. Son poing se serra et il se retourna vers Robin.

"C'est bon, je m'en charge !"
"Tu es sûr ? Ils sont quand même très nombreux." Robin semblait hésitant. Sora repensa à Primus, à ce qu'elle lui avait dit au château Disney lors de leur première rencontre. Ses paroles l'avaient tellement marqué qu'il pouvait s'en souvenir sans peine. *Nous n'avons pas besoin de keyblades dans cette guerre.* Ses yeux se posèrent sur Chaîne Royale, qu'il tenait à la verticale, pointée au ciel, puis il sourit à Robin : "Je sais ce que je fais. Protège tes compagnons !" Le renard opina du chef, lui fit un salut en abaissant son chapeau et courut rejoindre les autres rebelles, toujours aux prises avec le sans coeur géant et un bon nombre de ses sbires. Sora se retourna aussi et, Keyblade à l'épaule, suivit les vagues de sans-coeur qui, déjà, se ruaient à l'intérieur du chateau.

Dans le donjon, Primus, Heinrich et les autres devaient tout donner pour atteindre Kefka et mettre un terme à sa tyrannie de feu. Ils préparaient la paix. Robin et ses rebelles en feraient quelque chose de beau, quelque-chose qui en valait la peine. Sora redoubla de vigueur en pensant à son rôle dans tout ça. Un rôle qu'il connaissait par coeur, pour lequel il semblait destiné.

Il allait sauver le monde.
Coeur Oublié

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le Sam 13 Avr 2019 - 2:55

Elle ne reviendrait pas, jamais, c’était la fin. Il était responsable de cette fatalité. Le bourreau de sa propre histoire.

Aiden ouvrait les yeux, le visage sans vie hantait son esprit.

Le poids à ses bras était de trop, une chaîne à ses épaules l’enlaçant et il s’en retrouvait à laisser Freyja reposer en paix. Elle semblait si calme. Il déposait le dos de sa main sur sa joue dans une ultime caresse et abandonnait son deuil à l’oubli. Où se trouvait-il ? Tout était flou dans son esprit, un nuage semblait l’envoûter et taire ce qui l’entourait.

Le rat aux deux visages était appelé et il allait jouer sa dernière mascarade.

Le shérif se redressait une arme dans chaque main. Il y avait le souvenir d’une promesse qui germait à son esprit, des mots susurrés au centre d’un champ de blé, il avait déjà trahi son serment en se retrouvant seul. Il avançait, abandonnant Freyja et embrassant la noirceur qui l’entourait.

- Compagnons, sur les remparts !
Il levait son regard, distinguant les archers sans-coeur au sommet de la muraille. Était-il encore temps de se racheter. Il bondissait d’une impulsion sur sa lance et plantait la seconde dans l’une des ombres. Il n’avait plus le goût du sang, seulement l’envie que tout cela cesse.

Freyja aimait chanter, il s’en souvenait... Il allait faire siffler l’air pour entendre sa voix…

L’une des armes dans son dos et la seconde en avant. Il se propulsait en avant et fendait l’air. La première lame sifflant et transperçant une ombre avant de partir en arrière, la seconde empruntant un chemin parallèle et orchestrant une mélopée macabre. Le shérif traversait la muraille et éradiquait la menace, accordant un regard à son dos dans l’espoir de l’entendre.

Et il n’y avait rien à écouter.

Il plantait alors son regard dans celui de Robin, le renard s’interrogeait autant que le Shérif. Celui-ci bondissant ensuite et plantant les deux lances dans le corps d’un loup tentant une attaque en traître.

Freyja avait, elle aussi, un regard espiègle comme le héros de Nottingham… Il voulait revoir cet éclat au moins une fois…

Décrochant les armes de sa victime, le rat se retournait et entaillait les traits d’un autre loup. La guerre ne changerait jamais, seulement ses enfants.

- Shérif, nous n’avons pas besoin de vous ici.
- Vous avez raison… Kefka...

Il se retournait alors, fixant la plus haute tour du château et fléchissant ses jambes pour bondir alors qu’une poigne l’agrippait à l’épaule. Il réprimait l’une de ses lances, s’attardant au renard.

- Le garçon, Sora. Il a besoin d’aide.
- Humf…
- Il a aidé votre amie.

Freyja avait le don de s’enticher des idiots…

Le Shérif ne prononçait pas d’autres mots, détournant le regard du clown et rejoignant l’intérieur du château. Il ignorait ce qui l’attendait. Tout ce qui l’animait, c’était de bien faire.



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Le Dévoué

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Aujourd'hui à 1:11
J'ai du sang dans les yeux, du sang sur les mains, peut être même dans ma gorge.

Quel glorieux massacre. Peut-être même digne des plus grandes chansons... Mais les soldats tombent des deux côtés, combien sommes-nous debout? D'un coup d’œil, après avoir retourné une épée dans les tripes d'un vautour, nous n'étions peut-être que... Cinq ou six, si on me compte, la générale, quelques personnes destinées à vivre un autre jour. En face ils sont toujours plus nombreux, c'en est presque interminable. Les mains sur le manche de mon épée, le cor toujours attaché à la ceinture. Je le pris en main. Soufflant dedans pour renforcer mes alliés, de nouveau.

Nous sommes moins nombreux... Mais nous serons bien plus fort!

Je chargeais avec plus de vigueur qu'avant, ma fidèle arme à mes côtés, tranchant le bec d'un vautour avant de lui asséner un pied dans le visage, entrainant sa tête contre le sol dans le bruit morbide d'un crâne brisé, la terreur dans le regard de nos adversaires, les armes sont levées, le combat continuera ! Féroce, comme un lion, bien décidé à combattre jusqu'à plus soif ! Le fil de la lame suit la trajectoire que je lui impose, elle est vindicative, elle rendra honneur à la volonté de la Générale et de la Lumière en ce jour!

Je redresse mon regard et ma garde, parant un coup d'épée de manière habile, envoyant un coup de genou dans les côtes du loup qui me tenait en respect, avant de sentir une douleur dans l'épaule, de la part des archers d'en face, toujours présents. Certains recevaient des cadeaux à la pointe acérées de la part de Petit Jean, je saisis mon adversaire en l'envoyant sur les loups, ça les tiendra quelques minutes! Quand mon attention se retourna un instant vers mes alliés...

Je vis un éléphant frapper avec rage un loup noir, la sauvagerie de son regard s'est éteinte, la cape volant vers le sol, assommé. Je profitais pour sauter sur le dos de l'agresseur, les mains ancrées sur les cornes, cette monture devient folle de rage, tentant de se débarrasser de moi avec le peu de moyen qu'il possède. Des cris de douleurs se mélangèrent avec des cris de rages.

Pour le peu que je me souviennes, un éléphant sans défense c'est vraiment moche, un trophée dans chaque main, une course effrénée en ma direction, levant les bras et au moment propice... Le voilà aveugle et sans défense. Ha! Il y a une certaine satisfaction à tirer d'une telle exécution! Bien qu'il ne soit pas encore mort, mais le pousser en direction de ses alliés pourra faire gagner du temps. Saisir une lance au sol, protéger Petit Jean en clouant une main d'un loup qui bandait un arc contre un mur, lui trancher à l'aide d'un écho de l'âme...

Les morts horribles font de parfait avertissement. Je ne savais pas si le dernier de notre côté, à la cape grise, était galvanisé de voir de tels combats, ou si la terreur d'être dans le camp du monstre l'aidait à se concentrer.

D'une main, je saisis un tabouret qui traine pour fracasser un crâne.

Le sang, le feu, l'acier.

C'est la rage du combat!
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