Coeur Oublié

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Capitaine
XP:
317/350  (317/350)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Jeu 15 Mar 2018 - 22:15

Un moment de calme, comme si le temps lui-même c’était figé à l’instant où Sora s’était posé sur le fer de sa lance. Il attendait sa réaction. Elle acquiesçait d’un mouvement de tête, silencieux, glissant ensuite sa main gauche au bout de sa hampe et la droite à mi-longueur avant de positionner ses jambes afin de catapulter le porteur de la Keybade vers les cieux. Elle sentait le bois se tordre sous le poids de son ami ainsi que ses muscles se tendre sous l’effort, jusqu’à ce qu’enfin, le garçon prenne de la hauteur et embrasse les cieux.

Il avait à joindre Primus de l’autre côté du pont, il allait falloir plus qu’un simple bond pour l’aider à joindre la Générale.

Passant son arme dans sa patte gauche, elle fléchissait les jambes à son tour et se propulsait afin de l’atteindre dans les airs. Il battait légèrement des bras, cela la faisait sourire, pour ensuite lui tendre sa patte pour qu’il puisse dorénavant être guidé. Il avait la hauteur, il ne lui manquait plus que direction. Enlaçant son poignet, elle tournait sur elle-même jusqu’à positionner ses jambes sur son torse et le pousser vers Cerbère.

Freyja avait confiance en lui pour la suite, elle le regardait filer un bref instant jusqu’à ce qu’elle retombe dans une acrobatie sur la pierre du pont. Retour à la réalité, dans le sang et la rage.

La rate se redressait lentement, le regard perdu dans les escarmouches entre les soldats du régent et les rebelles. Il semblait que cette bataille se soit transformé en véritable charnier, sauf que cela, elle ne s’en rendait pas encore réellement compte. Un loup se jetait sur elle, l’épée haute dans les cieux, prête à dévorer sa chair. Elle avait remarqué le coup que trop tard, reculant désespérément tout en cherchant à bloquer de sa hampe, la rate n’était parvenue à rien d’autre que d’empêcher l’acier de s’enfoncer trop profondément dans son propre cou. Un cri de douleur, la rage et le sang. Ce liquide chaud qui s’écoulait dans le col de sa veste alors qu’elle faisait pivoter son arme pour écarter le loup ainsi que l’épée gorgée de carmin

Elle reculait d’un pas hésitant, l’une de ses pattes contre la plaie dans un espoir fugace d’empêcher à ce qu’elle ne se vide et tombe à genoux. La vision trouble, elle voyait son ennemi la charger de nouveau, la rate se contentait de bondir en arrière en guise d’esquive et se cognait contre l’un de ses alliés, le faisant tomber dans sa propre chute.

Dos contre la pierre, désarmée et prise pour cible par son assaillant. Le vent passait dans ses cheveux, le casque qu’elle portait venait probablement de tomber. Elle ne pouvait que constater l’inéluctabilité de sa fin approchée. Le loup était au-dessus d’elle, l’épée à deux main et il allait surement la planter dans son coeur en arborant le plus carnassier des sourires. Cette histoire ne pouvait se clôturer ainsi, elle le refusait. Enrager, elle levait l’une de ses jambes, tordant son corps dans le mouvement pour que son pied frappe le coude du bourreau et dévie l’estoc.

Une mèche de cheveux argentés s’envolait, emportée par le vent. Freyja levait alors son autre jambe et tournait son bassin en ciseau afin de balayer le sol et faire chuter le loup. Animée par la colère et le désespoir, elle s’asseyait sur son torse et abattait ses poings sur le museau de l’animal. Un acte brutal, sourd et sans la moindre délicatesse. Une lueur sombre brillait dans le regard de la rate qui ne cessait qu’à l’instant où elle ne pouvait plus faire la distinction entre le soldat et les pierres ensanglantées du pont.

Elle ne voulait pas mourir seule, pas ici, pas au-dessus de la rivière et sans avoir croisé son sourire une dernière fois.

Une fois le bruit sourd dans ses oreilles apaisées, elle se redressait tout en empoignant la hampe de sa lance. Il y avait encore temps à faire. Freyja tenait difficilement sur ses jambes, à la limite de chanceler, elle empoignait son arme avec une ardeur redoublée avant de foncer vers un autre ennemi. La rage au ventre, elle bondissait en avant, passant la pointe de sa lance en demi-cercle autour d’elle, tranchant sans la moindre hésitation au travers des rangs des loups. Ils n’étaient qu’esclave du régent, pourtant, continuer de lutter. La rate n’allait pas s’encombrer de compassion.



_______________________________
 
 
Un Garçon Ordinaire

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Lieutenant
XP:
305/270  (305/270)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 25 Mar 2018 - 16:02
Sora volait au dessus du pont et de la bataille.

Ce n'était pas exactement comme au Pays Imaginaire, il n'avait pas de poudre de fée, il ne contrôlait ni la direction ni la vitesse. Freyja s'était chargée de donner l'impulsion, la trajectoire qui le mènerait où il devait aller. Lui, il n'avait que la sensation éphémère de liberté et déjà, il devait se soucier de l'atterrissage. Son instinct lui dictait d'empoigner son épée longue à deux mains et de la tendre devant lui. C'est ce qu'il fit. Il embrocha un loup en plein plexus, la lame traversa le corps et son bout vint frapper le sol. Il se servit de cet appui improvisé pour effectuer un splendide salto avant, lâchant l'épée.

La réception sur les pavés du pont laissait à désirer : il dut fléchir un genou à terre. Mais ils avaient réussi. Il se releva et retira son arme toujours plantée dans le cadavre du loup, cherchant du regard la rate. Il crut la deviner dans la confusion qui régnait de ce côté là du pont. De l'autre côté, il repéra la Générale Primus qui ne retenait pas ses coups. Elle essayait visiblement de le rejoindre au centre, empêchée par une énième vague d'ennemis. Il pouvait aller l'aider ou.. vaincre Cerbère.

Cerbère. Trois dalmatiens à la solde du clown. Ils étaient là à quelques mètres, en position debout, occupés à se battre avec Petit Jean. Ils le harcelaient avec leurs hallebardes, une pour chaque dalmatien. Vêtu d'une armure de plaque en haut du corps, l'ours parait plus qu'il n'attaquait et reculait petit à petit vers le bord du pont. Ils allaient le jeter à l'eau ! Sans attendre, Sora leur fonça dessus épée en main. Alors qu'il arrivait sur leur flanc droit, l'un des dalmatiens leva une de ses larges oreilles tombantes. Les deux autres firent tout de suite de même et ils se repositionnèrent pour l'accueillir, vite, trop vite. Sora vit une hallebarde se tendre pile devant lui, prête à l'embrocher.

"Quoi ?"

Il freina sa course juste à temps et, prenant appui sur ses pieds, fit un bond rapide en arrière. Bien lui en prit : ce dalmatien, tellement tacheté qu'il en avait l'air malade, venait d'avancer de deux pas. Sora jeta un regard colérique au bout de la hallebarde, un dard déjà maculé de sang. Sourcils froncés, il  esquiva le coup suivant en sautant par dessus l'arme, leva son épée en l'air, prêt à l'abattre sur le museau de l'ennemi. Il ne vit que trop tard une autre hallebarde transpercer l'air. La hache à son bout lui taillada la cuisse droite au vol. Douleur. Il tomba au sol juste à côté des dalmatiens et sans avoir pu frapper.

Un rapide coup d’œil à sa cuisse lui confirma que son pantalon était déchiré, qu'il saignait. Des souvenirs de Port Royal lui remontaient en tête. Pas le temps ! Il se redressa en grognant et vit que les dalmatiens s'étaient repositionnés. Maintenant ils l'entouraient, leurs trois armes effilées pointées sur son corps, sans aucun espoir de fuite sinon un saut, mais le fer ennemi était bien trop près. Ils aboyaient en cœur en le fixant d'un air mauvais, fanatique. "Pour Kefka". C'était pour préparer un coup puissant, il le sentait. Il y avait un rythme dans les aboiements.

A la troisième série de trois aboiements, ils amenèrent tous les trois leurs hallebardes en arrière. De nulle part débarqua alors une masse en armure de plate qui percuta violemment le dalmatien trop tacheté, l'envoyant valser. L'ouverture inopinée permit à Sora de rouler hors de danger et les deux autres dalmatiens chargèrent dans le vide. Sora se releva et hocha la tête en direction de Petit Jean. L'ours l'avait sauvé, c'était certain.

"Hé, p'tit gars ! Faut qu'on attaque ensemble ou on est fichus."

"D'accord !" répondit Sora. Et d'un geste, il lui indiqua de se positionner assez loin de lui. Avec de la chance, une menace simultanée diviserait les dalmatiens. Ceux-ci s'étaient déjà regroupés et semblaient attendre l'attaque. Sora les contourna d'un côté, Petit Jean de l'autre. Ils se firent signe de la tête et, conjointement, se ruèrent vers Cerbère. Prestement, les trois dalmatiens joignirent le bout de leur hallebardes en l'air. Des étincelles fusèrent à la jonction, elles envahirent l'air alentour et formèrent deux boules qui vinrent frapper Sora et Petit Jean, les coupant en pleine avancée.

C'était très désagréable, une décharge dans tous les membres de son corps, dans ses os. Sora en perdit le souffle et grimaça de douleur. Incapable de bouger, il ne put que voir les dalmatiens fondre sur Petit Jean et profiter de son impuissance pour infiltrer leurs armes sous son armure de plaque. Que cherchaient ils a faire ? Il le comprit lorsqu'ils tirèrent de toutes leurs forces sur les hampes de leur hallebardes. L'armure de plaque de l'ours se détacha de part et d'autre, les pièces tombèrent lourdement au sol. Petit Jean était sans défense.

"Non !" cria Sora en se forçant à avancer mais, encore sonné, sa cuisse tailladée, il titubait. Cette douleur l'empêchait de se battre, il devait l'oublier ! Il serra les dents et ferma les yeux pour la forcer à se taire, au moins pour un moment. Rapidement, son corps devint plus léger, son esprit plus clair. Lorsqu'il rouvrit les yeux, ils avaient retrouvé leur assurance. Il fonca vers Cerbère, les dalmatiens tenaient en joue Petit Jean, dessinant des figures dans l'air avec leurs armes. Si la situation n'était pas si dramatique, on aurait pu admirer l'esthétique et la synchronisation de leurs mouvements. Sora s'en fichait pas mal : en un saut, il était au dessus d'eux, tailladant dans tous les sens, par la droite et la gauche, par le haut et le bas, pour les blesser tous les trois. Sonnés par l'avalanche de coups, ils étaient à sa merci. Il concentra sa force, "Prends ça !" et frappa une dernière fois, bien plus fort, envoyant valdinguer le dalmatien aux yeux bleus qui couina son désarroi.

Les deux autres haletaient, récupéraient encore de son attaque. Debout mais le dos courbé, ils pointaient leurs hallebardes au sol. Petit Jean en visa un et enfonça son épée courte dans le flanc, le faisant râler. Sora plaqua sa main sur le museau de l'autre dalmatien et dit sèchement : "Brasier." Les flammes filèrent de ses doigts gantés pour immoler la gueule de l'animal qui lâcha un gémissement continu. Il dévia le regard, un peu dégoûté. De part et d'autre du pont, il y avait aussi du feu, d'énormes boules qui faisaient toujours flamber le chaume des maisons, carbonisaient les morts flottant sur la rivière. Aucun rebelle, aucun sbire de Kefka ne venait se mêler à leur combat. Soudain, une déchirure dans son dos lui fit lâcher le crane brûlé et se retourner. Le dalmatien aux yeux bleus s'était déjà relevé et lui avait enfoncé la hallebarde juste au dessus de la hanche. Mais Sora ne ressentait plus la douleur. Leurs regards se jaugèrent, rage contre rage. Son opposant l'attaqua en piquant. Sora esquiva d'un pas de côté et se rua pour enfoncer le bout de son épée dans le poitrail ennemi, provoquant un glapissement de surprise. Quand il la retira, le sang jaillit de la blessure et le dalmatien chancela avant de tomber au sol.

A côté, Petit-Jean luttait contre le dalmatien tacheté. Il venait d'attraper sa hallebarde et de tirer sèchement dessus pour que le corps élancé de l'animal vienne buter contre sa peau coriace d'ours. Les os de l'adversaire craquèrent sous le choc, le chien mordit la poussière. Sora et Jean se regardèrent alors, les seuls debout au centre du pont. Ils avaient... gagné ?

Trois aboiements synchronisés leur firent comprendre que non. Contre toute attente, les dalmatiens blessés, brûlés, cassés, se redressaient encore et en trois bonds prodigieux se retrouvèrent de nouveau côte à côte à joindre le bout de leurs hallebardes. "Oh non..." grogna Sora en voyant les étincelles. Vite, une barrière magique ! Il eut tout juste le temps de l'ériger autour de lui... pas sur Petit-Jean, qui, une fois touché par la boule d'étincelles fut pris de spasmes. Sora sentit son corps s'engourdir mais pas de douleur cette fois. Il devait en terminer vite, mais comment ? Cerbère approchait, les trois chiens commençaient à l'entourer. Les prendre à leur propre piège, oui, c'était la solution. Il les laissa faire, garde baissée, sueur perlant sur le front. Une fois encore, les trois hallebardes le cernaient de toute part, pointées sur son corps trop frêle. Si ça ratait...

"Pour Kefka."
Sora vérifia qu'il pouvait bouger. Oui, mais trop lentement encore.
"Pour Kefka." Il ferma les yeux, trouvant en lui la capacité de se mouvoir plus vite. Comme l'éclair.
"Pour Kefka." Les dalmatiens reculaient d'un pas, prêts à le transpercer trois fois. Juste avant que le fer ne le déchire, Sora fila en l'air. Dans son élan, Cerbère ne put que continuer a percer.. dans le vide. Les trois dalmatiens se culbutèrent et retombèrent sur leur fessier.

C'était le moment. Sora reprit pied au milieu d'eux et brandit son épée, tranchant net leurs gorges dans un cercle horizontal. Leur sang fit comme tout chez eux : il gicla en harmonie. Lentement, leur tête ploya, leurs corps aussi et ils s'affalèrent pour un dernier repos. Le dernier regard de chacun fut pour les deux autres. Ils expirèrent ensemble : c'était la moindre des choses.

Le cœur battant à tout rompre, Sora releva la tête. Petit Jean sortait de sa torpeur, il avait le souffle coupé. "B.. Bien joué, compagnon. Oudelali, ouais. Oudelali", grogna-t-il sans enthousiasme. Pour toute réponse, Sora avisa le cadavre de Cerbère, une main sur sa cuisse droite qui saignait encore. Déjà la douleur revenait, et celle dans son dos se dévoilait. Il retint un gémissement et une larme. "Ca m'apprendra à vouloir les sauver quand ils sont petits", glissa-t-il entre ses dents. "On est.. On est tous mignons quand on est petit. Après on grandit. Ils ont vécu la misère, mais leur haine.. était du mauvais côté." "Hm."

Autour d'eux, de chaque côté du pont, la bataille faisait encore rage, mais Sora et Petit Jean savaient qu'elle serait bientôt terminée. La guerre, elle, continuait. Pour oublier sa souffrance, les pensées de Sora revinrent vers les rebelles qui se battaient toujours. Vers Primus. Vers Freyja.
Le Dévoué

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Lieutenant
XP:
208/270  (208/270)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Lun 26 Mar 2018 - 20:07
Au royaume des morts.
Les survivants sont rois.

J'agitais mes armes avec une fureur sans pareille. J'accumulais les victoires, le sang sur mon armure, les blessures qui s'accumulent, l'adrénaline qui parcours mon corps est un brasier. Il y a cette chose insondable au fond de moi qui hurle, qui se déchaine, qui s'exprime.

Je suis le plus fort. Qu'en est-il d'eux?

Des ombres appartenant au passé.

Les cendres volent au gré des vents, se répendant dans l'air, agressant les poumons. J'exhale d'une rage incontrôlable, d'une envie de me déchainer, de détruire tout ce qui lèverait ne serait-ce le petit doigt face à moi.

Je tue.

Je détruit ce que des années ont bâtie, la vie même, mon feu ravage ce qui se tiens autour de moi.

Je domine mes ennemis par la force, je leur brise le corps, je leur brise l'âme à la force de mes poings. Je suis baigné dans un liquide écarlate, et pourtant j'en ai envie de plus. Toujours plus.

Et c'est alors... Après des victoires nombreuses, personnelles, égoïstes. Je me sentais...

Vulnérable

Je me retournais, maniant à la force de mes mains ma hache qui s'est émoussée, deux survivants, un grièvement blessé qui ne vivra pas plus longtemps, éventré, et son comparse, blessé plus légèrement. Le serre contre lui dans des larmes, le regard est un mélange entre la peur, et la haine.

Qu'ai-je fait?

Je regarde mes mains, lâchant mon arme. Ai-je toujours été comme ça? Ai-je toujours été un monstre sans empathie? J'ai tué. Tué, tué tué... Ne suis-je pas si différent de mon père? Suis-je fou? Si je les laisse vivre, ils rejoindront l'ennemi pour se faire tuer à leur tour. Est-ce que cela change quelque chose? Est-ce qu'il y a une raison? Ai-je raison? Ai-je tort? Je fais quelque chose de bien en aidant un camp. Je fais quelque chose de mal à ces gens à un niveau personnel.

Non reprends toi. Tu es là pour la guerre. Le combat, l'adrénaline, le sang dans tes veines...

Non ce n'est pas moi. Ce n'est pas moi.

Je ne peux pas être comme ça, je ne peux pas répandre la mort et la désolation sans raison! Le combat est une raison? Est-elle valable?

La douleur me fait revenir à mes pensées. Une douleur vive, qui m'arrache un cri, je lève la tête, un archer, qui a raté la tête. Je l'aurais mérité.

C'est peut-être pour ça. Que je tue.

Personne n'est fiable. Il n'y a que moi qui le suis. Je me met à couvert. J'observe la flèche, elle est bien plantée, elle me dévore. Je ne suis pas stupide, je ne l'arracherais pas. Je la briserais pour éviter que quelqu'un la retire à ma place. Je n'ai pas de potion de soin, pas de magie, pas de super pouvoir. Je ne suis qu'un  homme.

J'ai laissé le doute envahir mon esprit. Je respire avec difficulté, j'attrape l'arbalète, il me reste deux carreaux. Je penche la tête, une flèche se plante dans le bois, je grogne, j'encoche. Je provoque un deuxième tir de flèche, le temps qu'il en encoche une nouvelle, c'est moi qui ai décoché mon carreau. Dans un hurlement il chute et s'écrase.

Je redresse mon arbalète.

Si je l'emporte, c'est parce que j'ai quelque chose à faire dans cette vie. Si je ne les tue pas d'autres le feront. Pour des idéaux qui sont peut être des mensonges. Je n'ai pas à me cacher.

Je tue.

Parce que je suis le plus fort.

Ils fuient vers le château. Mais mon corps me fait défaut. Les flammes s'élèvent dans les yeux, la fumée, les cris, la haine...

J'erre.

... Mais qu'est ce que je dis! C'est complètement dingue ce que je suis entrain d'admettre!
Je suis pas comme ça, je peux pas juste tuer parce que j'aime ça et m'en tirer ! C'est comme ça qu'on fait des gros cons comme mon père!
Faut trouver un coin avec des premiers soins, sinon je suis bon à être une tomate qui se vide de son jus!
Coeur Oublié

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Capitaine
XP:
317/350  (317/350)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Mar 27 Mar 2018 - 13:47

Le sang pulsait à la tête de la rate alors qu’elle extirpait la pointe de sa lance d’un torse. Ennemi ou ami ? Elle l’ignorait, tout bonnement.

Freyja semblait être dans un état second, une sorte de transe dans laquelle son esprit s’était fermé. Il ne restait qu’un corps froid, aveuglé par une seule et unique crainte qui parvenait à mouvoir ses muscles. Le tranchant de son arme ruisselait, virevoltant dans les airs dans un chant mortuaire sifflant aux oreilles des victimes de cette bête sans âme. Désormais, l’odeur de la mort régnait, personne ne pouvait plus l’ignorer. Telle une tumeur s’accrochant à leurs âmes, grossissant à chaque coup porté et se terrant dans leurs bonnes consciences. Dans des années, elle viendra rappeler l’horreur de cette journée et l’amertume de cette guerre.

Un rhinocéros se dressait devant-elle, agitant une masse d’arme sans discontinuité avec le même regard fou que la rebelle. Ils n’avaient plus rien à perdre. La rate glissait sur la pierre humide afin d’échapper à la trajectoire mortelle dont la charge lui était destinée. La hargne la guidait, projetant sa lance en avant, le revers d’un poing la frappait en plein visage tel le coup d’une masse. L’envoyant valdinguer à plusieurs mètres, glissant sur le sol comme une poupée chiffons.

La rate s’étouffait un instant contre la pierre du pont, une boule de la gorge, parvenant difficilement à happer quelques bouffées d’un air vicié.

Bien des histoires se sont clôturées au-dessus du Trent, la sienne pourrait être la suivante. Péniblement, dans une toux grasse, Freyja posait sa main pour se redresser et fixer l’inéluctable. Les armées disparates des rebelles ne s’enfonçaient plus dans une mêlée, ils étaient repoussés par la dernière ligne des hommes du régent. Qu’importe l’allégeance, plus aucuns ne désiraient mourir et tentaient le fou dans l’espoir d’une vie de lâche.

Les cris parvenaient à ses oreilles, Cerbère était tombé, raison de la débandade dans les rangs de l’ennemi. Un espoir de victoire pour les rebelles qui ne laissaient pas l’opportunité leurs échapper. Un loup passait, désarmé, cherchant à rejoindre les hauteurs du château. Un jappement de douleur, un hibou venait de l’agripper de ses serres avant d’entailler sa gorge et laisser retomber son corps.

Entre le marteau et l’enclume, personnes ne se souciaient des râles du fer. Elle ne pouvait que le constater sur l’instant où son âme reprenait le contrôle de son corps.

Plus de morts, plus de sang, plus de rage. Le rhinocéros tentait de s’en aller, lui aussi. Il allait bientôt succomber sous l’amoncellement de rebelles qui le guidaient jusqu’à sa perte. Des coups d’épée, de dague dans un corps agonisant. La bataille devait être remportée. Un loup criait, demandait de l’aide alors qu’un sanglier enfonçait une lame dans son ventre et le poussait ensuite dans les eaux sombres. Partout où se dirigeait le regard de la rate, le même spectacle macabre. Une brûlure grimpait le long de sa gorge, affaissant son buste et ouvrant sa gueule pour que la bile se mélange au sang.

Elle sentait un poids sur ses épaules, soudains, culpabilisant jusqu’au point de faire trembler ses jambes. Elle chutait au sol, une nouvelle fois. Personne ne se souciait d’elle. La douleur s’ajoutait à cela, brûlante, comparable à des tisons qui s’enfonçait dans sa chair. La crainte revenait, faisant rougir ses yeux alors qu’elle se refermait sur elle-même, frappant son front contre ses genoux.

Que cela cesse, que le bruit cesse, que la mort cesse.



_______________________________
 
 
Le Drapeau Blanc

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Général
XP:
225/550  (225/550)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Mer 4 Avr 2018 - 2:32
« Ha ! » expira-t-elle dans un cri en enfonçant son épée dans le cœur d’un loup. Il tomba à ses pieds et c’est seulement lorsqu’il cessa de bouger qu’elle leva les yeux de son corps, observant le champ de bataille. La rive était ensanglantée, des dizaines de corps jonchaient le sol et de nombreux hommes couraient vers le sud, vers le château. « Tirez sur ces hommes ! Ne les laissez pas rejoindre le bastion ! »

Elle se pencha pour ramasser son épée, sentant cette douleur aigue près de son épaule où une flèche l’avait touchée. Si proche du sol, elle devait résister de tout son corps à l’envie de s’asseoir. Heureusement, si ses jambes ne pouvaient plus la porter, si son cœur ne pouvait suivre la cadence, sa volonté était intacte, non… Elle n’en était que plus forte. Cerbère et ses hommes étaient vaincus. L’attaque avait été telle que les fuyards n’avaient aucune chance de rejoindre le château. Les soldats avaient en effet été attaqués de tous les fronts et… tout cela justifiait la moindre de ses décisions. Les brigands avaient avancé, au prix de nombreuses vies, bien sûr, mais sans laisser le moindre goût de victoire à Kefka et son armée.

Général Primus observa alors son armée… Quelques dizaines d’hommes étaient encore debout. Il y avait plus de morts que de blessés, et plus de blessés que de soldats encore capables de se battre.


« Unité communication ! » cria-t-elle en faisant disparaître son épée et en se dirigeant vers un homme au sol. Un jeune adolescent courut vers elle mais reçut son ordre si vite qu’il ne l’atteignit jamais… Faire venir les unités médicales, voilà ce qu’il devait faire. Tout en maintenant sa paume sur la plaie béante d’une femme-chevreuil, elle chercha parmi tous les combattants, tombés ou non, ceux dont elle redoutait la mort. Elle vit Ambre, heureusement, aidant déjà quelques autres hybrides à trier les rebelles des soldats du régent… les vivants des morts et finalement, les blessés qui pouvaient être sauvés de ceux qui auraient besoin d’un prêtre ou d’un ami. Elle reconnut Freyja, qui avait survécu à ses deux premières missions et qui avait sans le moindre doute offert de belles opportunités aux brigands. Sora était là. Elle l’avait vu vaincre Cerbère avec Petit Jean. La générale avait prévu de s’occuper d’eux mais… dans le vacarme de la bataille, dans la réalité du combat, elle n’avait jamais pu les atteindre.

C’était sa survie qui la rassurait le plus, elle ne pouvait le cacher. Cette victoire était celle du héros de la lumière. Il avait fait plus que vaincre Cerbère. Il avait transformé une épouvantable boucherie, qui serait pour beaucoup de rebelles la bataille la plus sanglante et cruelle qu’ils vivraient sans doute dans leur vie, en une belle victoire pour les cent-trente rebelles stationnés au nord de la ville.

Les secours arrivèrent, emportant les blessés au nord de la ville, retraversant pour cela le pont le plus vite possible. Elle resta là, rive sud, à côté des dizaines et dizaines de morts, accompagnée d’une petite dizaine d’hommes et de femmes qui n’avaient pas souffert du combat, alors qu’une infirmière s’occupait du mieux qu’elle pût de sa blessure au-dessus de la poitrine.

Arrivèrent, au bout de quelques minutes, selon le plan de bataille, les cent-cinquante rebelles encore menés par Robin, Petit Jean, Will, et accompagnés du Shérif. Elle laissa le silence s’installer dans la foule, tandis que chacun d’entre eux observait avec horreur les traces de la violence qui avait été commise ici. Et… loin de la table de commandement, la générale se concerta avec l’état-major.


« Les survivants font peine à voir, Générale. » déclara Petit Jean, qui de tous les combattants, était l’un des plus amochés.

« Oui… » prononça péniblement Ravness, la voix enrouée, quasiment aphone. « Oui. » répéta-t-elle, se demandant ce à quoi elle-même devait ressembler. « Laissons-les se reposer au nord de la ville jusqu’au début de l’attaque du château. Nous ferons tout ce qu’il faut jusque-là, ils… ils stationneront au point de commandement et protègeront les unités de soutien. »

« J’ai envoyé des unités rappeler les arbalétriers en poste près des ponts. » maugréa le shérif. « Et le nord est totalement évacué… »

« Toutefois, compagnons… » Il pointa d’un index le ciel au-dessus de la ville. Une fumée noire s’échappait de nombreux endroits de la ville. L’incendie n’était pas dangereux, du moment que les civils n’y étaient pas exposés… mais il avait un effet incontestable sur tous les hommes se battant déjà sur les ruines d’une cité. « Nottingham ne survivra pas à ce jour. Veillons à évacuer le sud avant que ses habitants ne meurent avec elle. »

« Oui. » Elle se retourna et appela Système d’un geste de la main. La machine, elle-même endommagée, arriva rapidement et… d’elle dépendrait la suite des événements. « Voilà où nous en sommes. Premièrement, nous devons avancer les troupes à quelques centaines de mètres du château sur une ligne de stationnement. Deuxièmement… Système. Vous survolez la partie sud de la ville… nous ne pouvons perdre de temps à la fouiller. Les quelques déserteurs ne m’intéressent pas, je veux savoir s’il y a des troupes, des escouades armées stationnées quelque part dans la ville. Tirez un signal dès que vous avez une réponse. » Le robot hocha la tête et attendit. « Exécution. » Une nouvelle fois, peut-être la troisième ou quatrième de la journée, elle vit la jeune femme décoller dans le ciel et disparaître derrière des bâtiments. Ravness toussa quelques secondes avant de reprendre la parole. « Quand nous recevrons son signal, les unités de soutien rejoindront le sud et nous attaquerons. »

« Envoyons déjà des hommes partout dans la partie nord pour assurer l’évacuation des civils, ma p’tite dame. Les possibilités qu’il y ait une présence ennemie ailleurs que dans le château sont minimes et… des centaines de vie sont en jeu, nous devons prendre le risque. »

« Le problème est qu’avec l’incendie, c’est trop risqué de les évacuer par le nord. C’est toute la ville qu’ils devront traverser, c’est impensable ! » fit remarquer Will, obtenant un acquiescement de la part de la générale.

« La porte sud n’est pas sécurisée. Bon, nous allons faire ce que vous proposez, Petit Jean. Mais les hommes devront attendre le signal positif de la part de Samus avant la sortie par la porte Sud. Je vous laisse coordonner l’évacuation. Shérif. » Elle salua d’un signe de la tête l’ours qui fit volte-face avant de retourner au point de commandement.

« Avançons, rebelles ! » cria Will l’Ecarlate à l’intention de l’armée qui répondit d’un hurlement.

Et c’est ce qu’ils firent… Assez désordonnés, l’armée se déploya et avança vers le château, qui les supplantait. Le long du chemin, elle ne cessa d’en observer la plus haute tour, de laquelle jaillissait de temps à autre des boules de feu venant s’écraser dans la ville. Plus tard, alors qu’ils ralentissaient, elle sentit de la pluie tomber sur son visage. À vrai dire, elle ne savait depuis quand elle tombait mais… ne pas l’avoir remarquée plus tôt la surprit. La pluie avait un effet assez précis sur son esprit, la rendant moins stricte, plus approchable et conciliante. Oui, cela expliquait certaines choses… Elle n’était pas sûre que dans un autre contexte, elle aurait accepté de s’éloigner du plan de bataille.


« Générale. »

Ambre vint l’interpeler, accompagnée de Sang-Bleu, alors que les troupes s’arrêtaient, ayant toutes entendu le signal de Robin, un huissement signifiant qu’ils étaient assez proches du château pour s’arrêter et se préparer à la suite. Ce qui dans une armée régulière, aurait fait que tous les hommes se seraient tenus à leur poste, droits et immobiles… ou encore, dans les armées plus modernes, que les hommes s’allongent pour être les plus discrets possibles, mais qui, parmi la grosse centaine de rebelles, signifiait qu’ils pouvaient au choix grimper sur le toit d’une maison, se reposer ou discuter. La générale n’essayait plus depuis des années d’assurer une certaine cohérence parmi ces esprits dont le choix avait justement été de toujours rester libre.

« Soldats. » prononça-t-elle comme un salut à ces deux officiers. Ambre aurait pu rester en retrait, comme Freyja, le lieutenant Sora ou tous les autres ayant participé à la bataille sur le pont… mais malgré sa sombre mine, elle était restée à son poste.

« Sang-Bleu a repéré un drôle de type pas loin du pont. C’est pas une cape grise, il vient d’un autre monde mais enfin… il s’est visiblement mêlé au combat. Il a tué pas mal de soldats du régent. »

« Permission de l’approcher ? Lui être blessé. » demanda Sang-Bleu.

Elle soupira, bien sûr. Comment réagir autrement. Ce qui pour un autre semblait être une bonne nouvelle était un imprévu indésirable à ses yeux. S’il avait vraiment tué de nombreux hommes, ne pas le contrôler était dangereux. Elle refusait d’avoir un élément encore plus rebelle que les autres dans cette ville…

« Allez-y ensemble. Prudemment. Emportez de quoi le soigner et… vous aviserez. Mais je ne veux pas de chien fou dans les rues. Soit il nous aide, soit il s’en va. Dépêchez-vous et si vous avez le temps de me le présenter, je veux le voir. »

Les deux officiers partirent aussitôt, ordres en tête.

_______________________________
Coeur Oublié

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Capitaine
XP:
317/350  (317/350)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Ven 13 Avr 2018 - 19:28

Le silence. Apaisant. Calme. Une brise caressant le visage telle une promesse. Freyja relevait le regard, quittant la vision de ses mains pour celui des nuages dans les cieux.

Des nuages, gros et gris, volèrent dans l’azur du ciel. Il semblait flotter alors qu’un doux crachin frappait le pavé des rues. La rate n’avait pas retrouvé son casque. L’eau tombait sur ses longs cheveux avec douceur, semblable à des caresses. Les yeux mi-clos. Elle aspirait à ce calme, s’en délectant et ne voulait plus jamais avoir à se relever et à retourner de l’autre côté du pont.

Était-ce ainsi que tout devait se terminer, dans les ruines d’une ville qui ne l’avait jamais accueilli.

Ouvrant de nouveau les yeux, elle tournait son regard tout autour d’elle. Les lamentations parvenaient de nouveau à ses oreilles, les suppliques des survivants du charnier qu’avait été le pont. Elle se tenait non loin d’un ours, silencieux, il tenait sa mâchoire à l’aide de ses pattes dans l’espoir qu’elle ne tombe en lambeau. Une femme d’église, une poule en bure noire, s’approchait finalement de lui afin de porter secours. Il baissait son regard, révélant un pan de sa veste de ses doigts.

Un épais bandage, rougissant par endroits, était imposé sur tout son torse. Le poids sur ses épaules lui semblait insoutenable. Elle avait les épaules basses, soupirant longuement avant de refermer les boutons de son vêtement tout en contemplant ses doigts.

Du sang, elle avait du sang sur les mains. Elle qui avait un pelage gris, il était désormais terni par le liquide carmin qui ne semblait pas vouloir partir. Frénétiquement, elle forçait de son pouce sur le dos de sa patte dans l’espoir de le faire partir. En vain. Il y avait encore trop à faire, tant à vivre en cette funeste journée qu’elle ne parviendrait à se débarrasser de cette noirceur au creux de ses mains.

Tant à faire, tant à donner dans cette guerre…

Les yeux de la rate se levèrent une nouvelle fois, se dirigeant vers les hauteurs du château de Nottingham. Le seul véritable objectif de cette journée. Ce qu’ils vivaient, ce qu’elle vivait, pour seulement franchir les herses de la fortification pour faire tomber le clown. D’ici, personne ne pouvait ignorer Kefla du haut de sa tour à cracher l’enfer sur terre. Il n’y avait que lui, que cet homme à vaincre pour que tout cesse. Proche, pourtant si lointain. Encore combien de séquelle devait s’infliger le peuple pour que tout se termine.

Elle commençait à douter que tout allait se terminer un jour. Lentement, elle baissait le regard. Pourquoi était-elle ici. Encore une erreur, comme elle avait tant l’habitude d’en faire.

La rate levait sa patte, massant lentement ses paupières avant de glisser le long de son visage pour fixer une fois de plus la réalité de son monde. Pensait-elle vraiment que tout allait changer ? Pauvre idiote. Elle n’avait pas sa place dans cet univers. Un chien-fou, elle n’était rien de plus. Plus de collier autour de son cou, elle court de monde en monde à la chasse d’une chimère sans la moindre idée de ce qu’elle ferait après. Freyja disait être animée par la vengeance, sauf qu’elle ignorait totalement ce qu’elle ferait en face du régent.

Le souffle qu’elle expulsait ne lui faisait plus mal, malheureusement. Être renversée par la voiture, avec cela, elle se sentait vivre. D’un effort qui lui semblait insurmontable, elle relevait les yeux pour le distinguer. Lui. Il était là, encore. Vivant, debout, entier. Sora, le seul homme n’ayant jamais cru en elle. Elle souriait à s’en faire mal alors qu’il s’approchait. Il ne devait pas être terni, il ne devait pas perdre cet éclat, pas à cause d’elle et de cette tumeur qu’elle traînait.

Félicitations, Sora. Tu es le véritable héros dont ce monde avait besoin.
Une pensée ne franchissait pas ses lèvres, alors que celle-ci lui brûlait la langue. Il était celui qui allait devoir tant donner, un héros que tous avaient besoin.



_______________________________
 
 
Un Garçon Ordinaire

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Lieutenant
XP:
305/270  (305/270)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Dim 15 Avr 2018 - 16:21
L'objectif était atteint et tandis que les méchants battaient en retraite, les gentils pansaient leurs plaies. C'était un moment habituel pour Sora, celui où il pouvait se soigner, régénérer sa magie, échanger avec ses compagnons. Tout lui disait que la bataille finale serait bientôt engagée et qu'il fallait profiter de ce moment pour reprendre des forces. Hélas, ses talents de prédiction s'arrêtaient là.

Il n'avait pas prévu le carnage. Il n'avait pas prévu les morts, la douleur, les cris et ce sang qui lui collait à la veste, au pantalon, au visage. Le sang de Cerbère. Il n'avait surtout pas prévu que tout se répète, encore et encore. Le cycle était le même. Le reste était pire, plus triste, plus violent, plus douloureux encore. En sortant de la Pierre Angulaire, il avait imaginé un instant des mondes en paix, des mondes réunifiés, mais l'étrange Nikoleis l'avait tout de suite ramené à la réalité. Alors il était venu ici a Sherwood, s'était fait de nouveaux amis et s'était mis en tête de les aider à mettre un terme au règne du tyran de ce monde. Sûrement y aurait-il à la fin une serrure qu'il pourrait sceller avec sa Keyblade ? Ça ne le surprendrait pas.

Mais pourquoi ? Puisque malgré tout ce qu'il avait fait avant, rien n'était réglé. Tout était pire.

Titubant entre les brancards de fortune qui amenaient les blessés loin des combats, son regard fut attiré sur la droite. Il vit s'échouer sur la berge de la rivière le corps d'un hippopotame criblé de flèches. A sa taille était encore accroché un tambour percé. Il reconnut là le pauvre bougre qu'il avait laissé fuir en sautant du pont. Il s'arrêta pour observer le cadavre, tête basse, yeux mi-clos. "Attention, laissez passer" disait-on de part et d'autre, mais il ne bougea pas. La pluie collait ses cheveux à son front.

"Bon sang, Timor... Timor..." entendit-il sur sa gauche. Suivant un brancard, un lapin se lamentait. Sur le brancard, les yeux grands ouverts, la langue pendante, était allongé l'homme tortue. Au premier assaut, Sora l'avait poussé à aller se battre. "On a besoin de tout le monde", avait-il dit.

C'était sans doute vrai, pensa Sora en reprenant son chemin. Au beau milieu du chaos organisé, il croisa Freyja, trempée, avachie, en sang. Seul un sourire éclairait le visage de la rate mais pour la première fois, il lui semblait faux. Le vieux réflexe revint au galop : comment la rassurer ? Il s'entendit dire en grimaçant : "J'aurais rien pu faire tout seul". C'était sans doute vrai, et une sourde colère monta en lui. Au moins la rate n'était pas blessée, juste épuisée. Il avait tellement envie de lui dire que tout finirait bien, lui redonner courage, mais il n'en était plus convaincu. L'ombre avait raison : il n'était plus le héros. Quel genre de héros laissait autant de gens se faire tuer ?

Il s'assit sur le rebord d'un muret à côté de Freyja, posa son épée au sol et soupira doucement. Sa main gauche vint serrer le pendentif en forme de couronne collé à sa poitrine. *Donald, Dingo... pourquoi vous n'êtes pas là ?* A coup sûr, ils l'auraient fait sourire, même dans de telles circonstances... mais non, ils ne répondirent pas à son appel. A la place, une poule vint avec des bandages pour panser sa blessure sanguinolente à la cuisse. "Désolée mais je vais devoir déchirer un peu votre pantalon pour appliquer le bandage." caquetait-elle. Il la regarda bizarrement un moment, puis hocha la tête. "D'accord." Et il la regarda découvrir sa jambe droite. De toute manière, ses habits étaient devenus des vestiges. Il en changerait.

"Freyja ! Sora ! Vous êtes trop forts !"

Sora tourna la tête. Encore plein d'énergie, le jeune Bobby arrivait dans sa cape verte qui le protégeait de la pluie. "J'ai pas vu les combats, mais on m'a raconté ! Le super vol plané ! Et chtac, les trois têtes d'un coup !" Il avait sorti sa petite épée de son fourreau et tourna avec elle, s'emmêlant les pattes et chutant au sol. Il se releva aussitôt, comme si de rien n'était. Visiblement, rien n'entâchait son enthousiasme. Maintenant, il avisait Sora sans sembler remarquer ses blessures ni la poule qui lui bandait la cuisse. Sora lui rendait son regard avec une certaine tendresse, oubliant sa souffrance un instant. "J'espère que tu restes prudent, Bobby. Les messagers comptent sur toi." "Oh oui, on reste bien en arrière. Je sais que si je suis bien les ordres, je pourrai rentrer à la Lumière. Tu diras du bien de moi, pas vrai ?" Sora pouffa et enfonça le chapeau vert sur la tête du lapereau, récoltant un "Hé !" de protestation.

"Messager, rejoignez vos camarades. Nous allons repartir. Exécution", fit un coq brun en courant-voletant. Il ne s'arrêta pas, cherchant déjà le prochain messager à rapatrier. Sora et Bobby échangèrent un nouveau regard, plus contrit. "Bon ben..." "Vas-y", l'encouragea Sora. Le laperau hocha la tête et fit mine de partir. Il se retourna néanmoins. "Tu m'as pas dit... pour la Lumière ?" Sora cligna des yeux deux fois avant de hocher la tête. Il n'en fallut pas plus à Bobby pour afficher un sourire éclatant et repartir avec encore plus d'entrain. "Dites bien le bonjour à Kefka de la part de Bobby la Terreur !" cria-t-il par dessus son épaule.

Sora sourit à Freyja et haussa les épaules, légèrement amusé. "Il est sans reproche et sans peur." "J'ai fini. Vous avez d'autres blessures ?" interrompit la poule, visiblement pressée. Sora observa le bandage gris qui serrait sa cuisse. "Non. Merci." Finalement, la blessure dans son dos n'était pas si grave. En tout cas, elle lui faisait moins mal. Il récupéra l'épée, se leva et invita la rate à faire de même. De sa main libre, il balaya la mèche trempée qui obstruait son chant de vision. Aucun regard pour le bout de pantalon qui jonchait maintenant les pavés. Sa tête était tournée au delà du pont, de la fumée, des flammes et de la pluie. Vers le château.

"Maintenant, ça va être sa fête."
Le Dévoué

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Lieutenant
XP:
208/270  (208/270)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Jeu 12 Juil 2018 - 10:41
"Bonjour ! Est-ce que vous avez besoin d'aide?"

J'étais dans le dur, je dois être honnête, à force de se battre on fatigue et on est blessé... Et là il y a cette sorte d'ange, qui vient me dire bonjour d'un air convivial, me demander ça alors que je suis pas mal usé? En plus je faisais une mauvaise passe l'instant d'avant... Allez on reste positif, on fait un sourire.

"En dehors de quelques blessures ça et là, d'un manque de munition et d'armes usées? Nan, tout va bien"Je lâchais un rire, mais ça trahissait bien ma fatigue.
Elle a un rire tout léger, et une réponse immédiate " Mais sinon... Vous saignez quand même? Vous voulez qu'on s'occupe de ça?"
Ce à quoi je rétorque "Je dirais pas non du moment que vous enfilez pas un doigt dans la plaie " la plaie... Nan, plutôt les plaies.

"Ok, on va vous aider à retirer votre armure
- Je garde mon caleçon au moins?"

Plus je suis blessé, plus je pense que mon humour laisse vraiment à désirer. Comme certains diraient... c'est beauf. Cette fois ci elle a un rire gêné. Ils se débrouillent pour retirer les sangles en cuir usée, la plate cabossée est un peu lourde mais elle est surtout déséquilibrée, c'est une armure que j'aime mais il va falloir la jeter. On applique les premiers secours, on s'occupe de penser les plaies, elles ne sont pas trop grave, mais pourraient toujours s'infecter d'un moment à un autre, c'est ça le plus dangereux.

Je ne pouvais m'empêcher de demander... Alors que je serrais les dents, c'est une douleur minime comparé au risque de vider de son sang  " Les soins sont au frais de qui? C'est offert?"
Il y avait cet homme, qui ne semblait pas d'ici, et qui avait un peu de mal à s'exprimer "correctement" mais tout est relatif et au moins je le comprenais. "Général Primus envoyer nous. Elle diriger forces armées de rébellion"

Je me gratte le sourcil, je réfléchis, Général Primus... Qui était-ce déjà? Si c'est la grande de la lumière, à Port Royal les plus informés disaient que c'était une femme de 3m de haute, un grand garçon manqué mais bizarrement j'y crois pas.
La femme me fait un sourire en tirant un coup sur un bandage, je déraille pas je garde mon grognement de douleur pour moi, je souffle juste du nez. Elle continue "On est de la lumière! Nous sommes là depuis... deux ans... quand même."

Deux ans hein? Déjà? Ce conflit s'est éternisé, ce n'est bon pour personne. Mais l'indien précise, enfin j'assume que c'est un indien "Nous, depuis deux ans, la générale depuis plus longtemps encore"

"Selon Primus, nous avons sur eux des avantages qui nous permettront de gagner mais... Avec vous à nos côtés, on va réduire nos pertes et ce serait super"

Voilà quoi... Où on en est hein... Pas remporter la victoire, pas vaincre l'ennemi, juste... Réduire les pertes. La guerre c'est vraiment quelque chose de moche. Et moi je suis là.

P'tit temps de réflexion "Vous venez quand même voir un mec qui vient de foutre à terre des soldats et des soldats et si j'dis oui et que je vous la met mauvaise. Vous faites quoi?" Un aïe à cause des blessures, puis un rire "Pas de prison ni de jugement hein, une exécution sommaire ce serait bien." C'est un peu le genre de remarque un peu noire mais il fallait être honnête. C'était plutôt pour m'imposer un code de conduite.

"Oui !" Ambre a un air gêné, peut être parce qu'on a engagé la conversation comme ça. "Vous vous appelez comment, puisqu'on en parle ?" Ben oui la politesse.

"Heinrich Ventrecroc, mais comme Ventrecroc c'est un surnom c'est juste Heinrich"
J'aime bien cette manière de se présenter. Elle est assez... Assez détendue.

"Ok... Donc messire... Franchement vous avez l'air de faire ce que vous voulez mais oui. Avec la Générale, si vous nous faisiez un coup tordu, y a de grandes chances pour qu'elle vous exécute direct après le combat. Mais cela dit ! Je vois pas ce que vous pourriez mal faire... Si vous voulez du sang, elle va vous envoyer en première ligne, vous ferez le massacre que vous voudrez et elle vous remerciera si vous n'avez pas tué des alliés avec. Le seul truc, c'est qu'elle préférerait savoir où vous êtes et ce que vous faîtes."

Un rire, je me tapote le biceps. Avec un franc sourire. L'air de faire ce que je veux? Non l'instant d'avant je FAISAIS ce que je veux.
"Eh ben... Faut en vouloir pour vouloir d'un type comme moi sur son jeu d'échec. Je suis déjà un pied dans le conflit et c'est pas trop mon genre de partir sans avoir terminé ce que j'ai commencé. Vous avez des informations sur la situation? Ce serait mieux de connaître la stratégie avant de s'engouffrer tête baissée. Parce que ça seul je peux, mais en groupe c'est autre chose"
"Moi être sincère. Si vous n'acceptez pas le commandement de la générale, nous raccompagner vous à la sortie."
Le silence gêné, ça ce n'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd, avant que la fameuse Ambre ne reprenne. Mais j'ai pas l'impression qu'il m’ait écouté, au moins.

"Ce qu'il veut dire, c'est que la générale aimerait que vous nous aidiez mais que par contre, elle n'aimerait pas que vous gêniez ses plans. Bon changeons de sujet ! La strat... Déjà y a de grandes chances pour que la générale vous garde sur la main tant qu'elle ne sait pas ce qu'elle va faire de vous. Mais l'idée, c'est que le château est entouré de douves, qu'il y a un pont-levis et une herse. Notre but est de faire tomber le pont-levis avec les moyens du bord... Pendant que ces moyens vont être mis en place, tous les archers vont, à couvert de procédés rebelles, mettre la pression aux soldats sur les murailles du château de Nottingham. Une fois que le pont-levis sera abaissé, nous avancerons et soulèverons la herse de l'extérieur. Quand elle sera levée, nous entrerons et terminerons cette bataille."

Un plan judicieux, mais dire "nous terminerons cette bataille" en entrant c'est un poil trop positif. Presque niais. Surtout avec un mage en face, t'as vite fait de mettre un pas dans le pied de la porte que tu sens l'odeur de la chair brûlée.

"Ok. Et moi j'entrerais en jeu là où on me placera. C'est pas compliqué. J'penses pouvoir tout faire, sauf un saut la tête la première dans les douves. J'ai pas vu de crocodiles mais ça m'étonnerait pas qu'il y en ai"

"Pas dans les douves mais intra muros, oui !"
... C'est vrai qu'il y a des crocodiles en face. Plutôt des crocodhommes.

"Dans tout les cas va falloir que j'aille voir la générale, j'imagine"
"Affirmatif, messire Heinrich." Elle tire un coup sec sur le bandage. J'ai serré les dents, et je me suis redressé.
-Moi c'est l'officier Ambre et voici l'officier Sang-Bleu, à propos."
-Non. Heinrich sans messire." Je me redresse et récupère ce qui reste de mon armure, une épaulière, les bottes et les jambières... On croirait un guerrier venu du nord. "C'est donner beaucoup d'importance à un simple mercenaire, dans cette situation... Et enchanté!"

Ambre rigole légèrement, hoche la tête et dit : "Franchement, évitez quand même de dire que vous êtes mercenaire, vu le contexte."
-Pas du centurio. Freelance" je levais l'index, il fallait préciser.
-Ce serait bien que vous la connaissiez aussi bien que moi. C'est une grande dame mais... pour elle, il y a la lumière, les civils et puis ceux qu'elle n'aime pas."
-On verra dans quel groupe je fais partie, on en retire déjà deux..."
-Vous lui demanderez, il faut qu'on se dépêche, Heinrich."
J'ai été un peu interrompu. C'est vrai que cette discussion commençait à s'éterniser. Et il n'est jamais bon de s'éterniser dans une guerre.
-Ouai, ça me laissera le temps d'imaginer un cri de guerre"

Je reprenais cette hache à deux mains que j'avais trouvée tantôt. Je passais le pouce sur le fil de la lame et constatait qu'elle a tenu le choc, par chance ou par maîtrise. J'ai une allonge suffisante pour la plupart des situations, l’arbalète restera une compagne fidèle. Mais il fallait se dépêcher. Alors... Je deviens un charognard et récupère les munitions dont j'ai besoin en suivant Ambre & Sang Bleu.

La destination m'est encore inconnue. Mais je le découvrirais bientôt.
Le Drapeau Blanc

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Général
XP:
225/550  (225/550)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Sam 21 Juil 2018 - 3:01
Ses pensées, toutes, étaient dirigées vers Alpha. Elle savait pourquoi. Avec le nouveau shérif, Aiden, il était le dernier lieutenant de Kefka. Elle ne le craignait pas autant qu’elle avait pu redouter Cerbère et Roc… mais elle était certaine, absolument convaincue, qu’il lui reviendrait de s’en occuper, avant, juste avant d’éliminer Kefka lui-même. Bien sûr, c’est aussi ce qu’elle avait cru pour Cerbère, mais par raison, non par cœur. Alpha serait peut-être la dernière victime de cette guerre civile, car lorsque lui serait mort, cette bataille redeviendrait ce qu’elle avait toujours été au fond, une guerre de l’humanité contre celui qui martyrisait ces terres. Alpha représentait tout ça. Sans lui et tous les lâches qui étaient à présent morts, ce peuple ne se serait pas déchiré.

Ravness leva les yeux vers le donjon du château de Nottingham. À vrai dire, la plupart des soldats stationnés là regardaient ce même point. Il s’en échappait toujours des gerbes de feu, auxquelles tout le monde s’était habitué, contre toute attente… Et il y avait le régent, bin sûr.
Une dizaine de minutes devaient s’être écoulées depuis qu’ils étaient arrivés sur la ligne de stationnement. Elle aurait pu profiter de ce temps pour préparer les soldats, pour leur donner des ordres. Mais elle était fatiguée, tout comme eux. Et en cet instant, la dernière chose dont elle avait besoin, c’était d’un commandant lui expliquant ce qu’elle devait faire. Comme pour confirmer cette pensée, la générale vit dans le ciel voler un drôle d’oiseau s’approchant bon gré mal gré de la zone de combat, émettant un grésillement que dans le crépitement des flammes l’on pouvait parfois distinguer. Une caméra vidéo, sans doute envoyée par l’éclaireur pour y récolter quelques images du dénouement de cette guerre. Après quelques secondes, la jeune femme prit une décision, interpellant une écureuil, du moins elle eut l’impression que c’était une femelle.


« Aidez-moi s’il vous plait. »

La jeune hybride s’approcha, déposant ses armes à ses côtés.

« Comment je peux vous aider, générale ? »

« Arrangez mes cheveux, s’il vous plait. »

La femme fut surprise mais s’agenouilla prestement devant elle et défit sa coiffure avec précaution, enlevant la barrette en métal dans ses cheveux pour la déposer temporairement à terre.  

« Je vous brosse les cheveux ? »

« Si vous avez de quoi. » prononça-t-elle à mi-voix, les yeux rivés sur les traces de goutte. Et elle avait de quoi, d’une certaine façon, glissant avec précaution ses doigts dans la chevelure blonde de la générale. Ayant abandonné la coquetterie en même temps que sa sensibilité sur le champ de bataille, elle pouvait se passer exceptionnellement d’un soin rugueux mais efficace. Les griffes incurvées de son aide de camp venaient gratter son crane, lui procurant une très agréable sensation allant même jusqu’à lui faire fermer les yeux. Jusqu’à une douleur vive.

« Ah désolée. Vous êtes blessée ici, à l’arrière du crâne. »

« Pas de souci. Faites attention. »

« Je ne mets rien ? »

« Non c’est gentil. »

L’écureuil finit son travail, avec cette même précaution, replaçant la barrette de métal dans sa coiffure relâchée. La générale ne voulait pas paraître prétentieuse, même dans ses plus intimes pensées, mais elle supposait que d’une certaine façon, penser à tout autre chose comme à une coiffure, devait aider cette femme à penser à autre chose qu’à la guerre pour quelques minutes.

« Je vous aide à vous laver le visage ? »

« Non merci, ça va. »

À vrai dire, si elle lui avait demandé de l’aide, c’était avant tout pour la caméra. Elle craignait les plaisanteries de Roxas, le simili qui lui menait une vie infernale au château de la lumière, si des images étaient prises d’elle avec des cheveux en bataille et une barrette pendant le long d’une mèche. Pour autant, apparaître sur ces mêmes images avec un visage propre laisserait croire qu’elle s’était tenue éloignée du combat jusqu’à la fin. Elle se leva finalement, remerciant une nouvelle fois l’hybride étant venue à son secours et observa l’ouest, d’où devait venir le signal de Système. Une fois celui-ci tiré, les civils seraient évacués de la partie sud de la ville, et les unités de communication et médicales rejoindraient la ligne de stationnement, ainsi que les hommes étant en retrait près du pont dans la partie nord, y compris le lieutenant Sora. Une fois qu’ils seraient arrivés, le front avancerait, laissant le commandement sur la ligne de stationnement.

Et de l’ouest, précisément, avant même un signal, arrivèrent la sergente et l’officier suivis d’une autre personne. Elle se leva avec facilité, engaillardie par la perspective d’avoir des problèmes supplémentaires au sein de son armée. A bien y réfléchir, la générale excellait dans les moments où les siens, les gardes par exemple, lui faisaient honte. Et si cet homme n’était pas à elle quelques minutes auparavant, il avait franchi le cap d’une nouvelle existence depuis qu’il avait accepté de suivre la rébellion.
Ambre arriva à elle et sans se mettre au garde-à-vous, présenta le nouveau venu d’une voix claire et chantante.


« Heinrich Ventrecroc, générale. C’est un solitaire. » s’empressa-t-elle d’ajouter avec un sourire espiègle. Elle s’écarta ensuite, lui laissant observer cet homme. Ravness s’avança et lui tendit la main, sans détourner son regard du sien. C’était un homme raisonnablement imposant, au visage pâle, à l’air relativement crasseux, ce qu’elle ne jugeait pas vu la situation. Il avait perdu beaucoup de sang, et même une fille aussi coquette que Ambre portait déjà sur son visage les marques du combat.

« Général Primus. Merci de rejoindre le combat. Je vous promets que si vous faites du bon boulot aujourd’hui, la lumière vous récompensera. Vous resterez à mes côtés et je vous dirai quoi faire, c’est entendu ? »

Elle n’attendait pas de réponse mais au-dessus de l’épaule de son interlocuteur, elle vit toutefois dans le ciel le signal de Système, une fusée éclairante, une occasion de clôturer le chapitre des présentations. Sa motivation n’avait jamais failli mais cette pause lui avait rappelé la nécessité de cette journée, le bien fondé de leur action. Aussi voulut-elle faire un geste. Ravness savait que des dizaines de gens s’étaient toujours moqué d’elle, de ses manières, de sa rigueur, de ses crises de nerf. Elle ne s’en moquait pas, à vrai dire, cela la mettait encore davantage en colère… mais de temps en temps, elle arrivait à se dire qu’elle pourrait survivre avec encore un peu moins d’amour propre qu’elle n’en avait déjà. Aussi se dirigea-t-elle vers une maison au milieu de la ligne de stationnement qui s’étirait sur des centaines de mètres. Elle entra sans hésiter, suivie, elle l’espérait, par le solitaire, et… tout en ignorant les flammes commençant timidement à gagner l’escalier, elle fit ce qu’elle put pour atteindre le toit. Quelques brigands la regardaient déjà s’exposer ainsi. Elle ne savait pas faire de discours. Elle fit apparaître son épée, la pointa vers la fusée de lumière projetée par Système… et hurla de sa voix la plus grave et la plus cassée. Quelques secondes suffirent à déformer la hauteur et le ton de sa voix pour en faire un bruit informe… qu’elle répéta encore une fois en ciblant cette fois-ci le château de son épée. L’énergie, voilà ce qu’elle voulait transmettre. Elle recommença encore, consciente d’être le leader le moins captivant que verraient ces soldats. Et encore… jusqu’à ce que les brigands, rieurs ou troublés, décidèrent de crier avec elle, tout du long de cette ligne traversant le quartier.

Ils furent, quelques minutes plus tard, rejoints par le commandement, les unités médicales et de communication, et avancèrent. Robin était devant avec Will l’Écarlate, tandis qu’elle restait au sein du corps de l’armée, vérifiant l’organisation de la suite.  Au fil de la marche les rapprochant du château fortifié, des pavois gigantesques de paille et de bois furent distribués à certains volontaires, parmi les plus costauds. Certains durent s’y prendre à plusieurs pour le transporter tout en avançant d’un pas décidé. Les paysans, parmi l’armée rebelle, savaient que contrairement à l’idée admise, une botte de paille n’est pas susceptible de s’embraser. La surface de la botte allait bien entendu brûler, mais l’intérieur non, aussi le rembourrage naturel de ces murs faits de bois arrêterait les flèches et le feu.
Ils arrivèrent finalement devant les murailles, encore hors de portée des tirs.


« Faites une ligne de ces barricades ! »  hurla-t-elle. « A une soixantaine de mètre des douves ! Cinquante centimètres entre chaque barricade ! Ne restez pas groupés ! Deux pour maintenir la barricade debout, les archers derrière ! Ceux qui ne tiennent pas la barricadent et ceux qui ne tirent pas, en arrière, hors de portée de la muraille ! » Elle répéta chacun des ordres plusieurs fois, bien que tous les brigands avaient été formés à l’exercice. Et alors qu’ils s’approchaient des douves les séparant des murs du château, les tirs ennemis commencèrent. Une distance de plus ou moins soixante-cinq mètres entre leurs tireurs et les rebelles faisait que directement derrière les barricades, un petit groupe n’était pas trop vulnérable. La générale s’arrêta avec une partie de l’armée rebelle restant en retrait. Celle-ci se déploya, sans son ordre. Chacun partit s’abriter des flèches, tandis que d’autres, des archers, décidèrent de leur propre chef de monter sur le toit de maisons parfois en flammes pour tirer, à découvert, de leur position sur les soldats du régent sur le chemin de ronde.

La ligne de barricades prit forme, parsemée de quelques trous ici et là. Une vingtaine de ces pavois avaient été distribués, pour autant de groupes d’assaut. Avant d’atteindre la ligne des soixante mètres, deux étaient tombés.
Pour Ravness, c’était déjà la deuxième fois qu’elle devait assister une opération de loin, en ayant pour ainsi dire le même rôle.


« Ne tirez pas ! » hurla-t-elle à plusieurs reprises, quasiment huée par quelques rebelles en arrière. Elle passa outre toutes les exclamations, continuant à exhorter ses hommes à rester à couvert. Vu l’attaque particulièrement lente qui avait été mise en place, puisqu’ils ne disposaient pas d’un accès direct au château ou même aux murailles de ce château, protégées par des douves… la priorité était de faire tomber le pont-levis. Ils devaient garder ça en mémoire. A traits de flèches, la guerre était déjà perdue… Il fallait suivre le plan et son commandement et… l’ennemi exerçait une pression à peine viable sur les barricades, écrasant ces dernières de tirs. Le moindre archer qui tenterait de se mettre à découvert pour tirer une flèche prendrait le trop grand risque d’être abattu, même par hasard.

« Robin ! » hurla-t-elle encore une fois, la voix cassée par tant d’efforts, jugeant le moment opportun, après trente secondes insupportables à voir ses hommes pris pour cibles. Le roi des voleurs n’attendit pas la suite. Les mains en porte-voix, il imita un animal… pas assez fort pour être entendu à plus de vingt mètres. Heureusement, un compagnon était assez proche et imita le cri, lui-même imité plus loin. Et prenant des directions inattendues, le cri réussit à se répandre.

« Attendez ! » continua-t-elle de bruire sans se décourager… alors que, le regard tourné vers le nord, elle vit un rocher catapulté depuis la ville, vers le château. Celui-ci s’écrasa dans les douves, malheureusement, mais produit l’effet escompté. Les archers sur les murailles se mirent à couvert et pour un peu plus de trois secondes, la pression subie par les brigands se calma. Ils n’eurent besoin d’un ordre et commencèrent à riposter. Toutefois, comme elle l’avait pensé plus tôt, on ne gagne pas un château à traits de flèche.

« Unité communication ! » cria-t-elle en se retournant. Elle trouva un gamin armé d’un sourire et lui ordonna sèchement, sans réussir à lui enlever : « Les cinq catapultes doivent se coordonner. Qu’elles ne tirent pas en même temps ! » Il partit aussitôt alors qu’elle se tourna distraitement vers Heinrich. « Les chaînes retiennent le pont-levis, oui ? » Elle désigna d’un doigt les deux attaches des chaines retenant la passerelle. On ne distinguait pas les chaines, bien sûr, seulement l’endroit où celles-ci retenaient le pont-levis fermé. « On doit les détruire. C’est du métal. » Elle fit un signe. D’un pas lourd arriva l’armure de technologie contrôlée par Système. Son état était déjà loin de celui auquel elle était habituée. Certaines étincelles jaillissaient parfois des plaques de son armure.

« Ouvre le feu. Concentre-toi sur l’attache de droite. »

Système décolla du sol alors que Ravness gronda : « Tirez à volonté ! Doublez la pression sur leurs archers ! Et que Dolce prépare son sort le plus puissant ! »

_______________________________
Le Dévoué

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Lieutenant
XP:
208/270  (208/270)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Mar 18 Sep 2018 - 9:15
Il n’y avait pas de temps pour se reposer, j’ai fait la rencontre du Général Primus, très belle femme, mais très formelle, avec une bonne poigne. Le ton est posé, mon service contre une récompense. Ça, c’est du mercenariat. Au moins si ça me permet de me poser un peu.

Le manche de la hache sur le sol, la sueur sur le front, après cette poignée de main, j’ai senti la nécessité de m’essuyer un coup le visage, une fusée éclairante, la hache se soulève du sol et j’accompagne la Générale, mon arme est à mes côtés car une attaque pourrait être si vite arrivée.

Traversant une maison, dévorée doucement par les flammes, cette dame était digne, l’épée à la main, cette volonté d’être un véritable Chef, respecté, sa voix qui s’éleva et s’étouffa, mais elle ne lâcha pas cette affaire, avant que les brigands rallient leurs cris, le mien aussi.

Les ordres étaient lancés, mâchés, répétés, des barricades installées, d’infortune, mais suffisant pour l’instant. L’armée rebelle ne se soumet pas si facilement, il est difficile de contenir ses hommes. Ainsi avais-je décidé de rester aux côtés de la Générale, en attendant mon heure.

Le plan était simple, il fallait détruire des chaines. Mais je ne suis pas l’acteur de ce plan. Je ne suis encore, que témoin. J’observais le champ de bataille, le manche de mon arme, étranglée par mes poings, la respiration calme. Les flèches volaient dans les deux sens, les jurons, les insultes, les cris.

Les tirs de l’armure animée heurtaient la chaine, acharnée mais disciplinée, les brigands lâchaient des exclamations d’encouragement derrière leurs barricades, avant d’être rappelés à la dure réalité de la guerre sous les pointes sifflantes.

Certains tombent de la muraille, d’autres finissent par se vider de leur sang, certains ne le voient même pas venir, épargnés par le terrible sort de l’agonie. Les tirs de canons continuent à heurter les chaines, mais à chaque seconde de trop, des vies continuent de disparaître de chaque côté. J’étais là, pour vous raconter cette guerre.

La chaine endure tous ces tirs, mais combien de temps tiendra-t-elle encore? Je ne vais pas cracher sur le fait de pouvoir me poser un peu. Mais toujours paré au cas où la suite des opérations prenne place. On verra ce que ça donne.
Membre

Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Capitaine
XP:
12/650  (12/650)

XP :

Voir le profil de l'utilisateur
le Sam 22 Sep 2018 - 13:06
Système s’acharnait contre les attaches du pont-levis. Elle analysait la structure des maillons grâce au scanneur intégré dans son casque. Celui-ci lui révéla quelques défauts dans sa construction. Elle se concentra alors intensivement sur ces quelques faiblesses.

Les encouragements qu’émettaient les bandits s’accentuèrent quand différentes failles apparurent sur les anneaux de fer. Cela galvanisa l’androïde et elle redoubla d’efforts. Elle savait que tous comptaient sur elle pour que la mission de sauvetage de la cité se poursuive dans cette voie. Et elle ne voulait pas les décevoir.

Quand enfin, l’attache était sur le point de rompre, elle prit son élan et fonça de tout son poids dessus. La structure, déjà bien fragilisée par les tires, se brisa net. Le pont-levis, maintenant retenu uniquement par la deuxième chaîne, bascula de quelques mètres. Cependant, il ne se déploya pas non plus totalement.

Des cris de joie se soulevèrent depuis la foule de bandits derrière elle. Système se retourna et les contempla. Elle ressentait une certaine fierté nouvelle. Savourant ce sentiment, elle en oublia quelque peu sa mission et ne prêta pas attention au signal d’alerte qu’émit son casque.

C’est quand l’assemblée de truands blêmit qu’elle se prit de plein fouet une volée de flèches. Elle ne put aucunement l’esquiver. Un des carreaux parvint miraculeusement à trouver sa réserve d’énergie qui lui permettait de se maintenir dans les airs. Une explosion relative retentit et la jeune femme se vit propulser vers une des maisons non loin. Elle percuta avec violence la façade.

Ses instruments criaient des alertes en cascade, tout chez elle avait subi d’importants dommages. Elle pouvait apercevoir sur le restant de son affichage tête haute, fracturer en partir à cause de l’explosion, que tout était signalé en rouge avec un sigle d’attention clignotant. Et puis, soudainement, une phrase apparue devint tout. EXTINCTION SYSTÈME DANS UNE MINUTE. Une peur panique s’empara de l’androïde. Cela allait donc se finir ainsi ? N’aurait-elle jamais pu remplir la mission que son créateur lui avait confiée ? Ce genre d’interrogation ne cessait de tourner dans sa tête avant que son dernier moment n’arrive.

Et puis, tout devint noir. Son protocole de sommeil permanent s’activa. Elle ferma alors sans le savoir les yeux et reposa désormais paisiblement, encastrer dans un amas de chaumes.
messages
membres