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 La voilà ton horloge !
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Noirâtre Acceptation
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Ven 3 Mar 2017 - 11:49
Tout ce qu’il avait dit était vrai. Je n’avais strictement aucune envie d’être à la Cité du Crépuscule, parmi tous ces autres. Pas plus que je ne souhaitais être à nouveau mêlée à cette histoire d’horloge et surtout au sujet sensible de l’assistance d’un artisan du Palais des Rêves dans les affaires de la Coalition Noire.

En effet, bien que cette histoire était parvenue à rester discrète jusque là, je craignais que cela s’ébruite et que cette aide s’avère préjudiciable pour notre invité, quoi qu’il serait de toute façon bien rémunéré.

Mais s’il avait décidé de venir à la Cité du Crépuscule, d’accepter cet emploi — et cela je ne pouvais l’oublier — c’était surtout parce que Monsieur de Lully l’y avait un peu encouragé. Je n’avais pas bien compris pourquoi mais il l’avait fait.

Tous les matins, le même spectacle avait lieu dans les rues : Monsieur de Valois prenait la route de la gare avec hommes et outils passant devant les quelques habitants qui osaient s’aventurer dehors. Je ne pouvais pas dire que l’ambiance était électrique ou dangereuse, mais je devais continuer à m’en inquiéter et à veiller à ce que tout se passe bien pour nous et notre invité. De cela, j’avais fait la promesse. Et j’étais déterminée à la respecter.

J’avais fait promettre à Monsieur de Valois — dans son intérêt — de taire son nom, même auprès des membres de la Coalition. Les seuls au courant étaient évidemment ses hommes, et eux avaient tout intérêt à taire le leur. Je leur avais également fait porter des habits courants pour la Cité du Crépuscule et non ceux qu’ils portaient traditionnellement dans leur monde, pour qu’une fois encore on ne suspecte pas leur origine. Tout cela pour que personne n’ait l’idée d’un jour aller trouver une personne coopérant avec la Coalition — un crime pour bien des gens.

En vérité, je ne voyais pas bien pourquoi quelqu’un voudrait empêcher la fin de la reconstruction de ce cloché. Après tout, c’était un symbole de cette ville bien avant que nous ne soyons là. Pourtant, il fallait faire attention, car avec cet Hayner les réactions n’étaient pas toujours prévisibles. Et le symbole de la prospérité de notre groupe ne devait pas lui plaire.

Ainsi je restais là, toute la journée durant, dans le chantier ou dans ses alentours avec quelques hommes — que je tenais à distance — tout en inspectant que rien d’inquiétant ne se profilait.

De temps en temps, je recevais un message de Death souhaitant un rapport de l’évolution des choses, du bon déroulement du planning. Tout cela me donnait presque l’impression d’être revenu au bas de l’échelle. Il me fallait cependant reconnaître une logique là-dedans : il aurait été peu vraisemblable que Monsieur de Valois accepte de traiter avec une personne autre que celle l’ayant amadouée en vue d’accepter cette mission. J’avais donc mérité cette punition.

Le château de la bête me manquait, plus que je ne l’aurais cru. Bien sûr, ce n’était pas un monde dépourvu de ténèbres — et d’ailleurs moi non plus — mais le soleil y avait toujours sa place et il parcourait le ciel chaque jour, invariablement. Et cette forêt… aussi belle que terrifiante, était une preuve que la nature avait encore ses droits. En comparaison, le quartier général de la Coalition ressemblait à une société aseptisée et mourante. Comment Death pouvait-il y demeurer ? Peut-être cela lui plaisait-il.

Je n’avais pu m’empêcher de remarquer que lors de ses visites, il semblait s’acclimater fort bien au confort du château. Sur ce sujet, je devrais me montrer vigilante.

Autre désavantage notable : en ce lieu, je préférais couper toute communication avec Maxence. Il était  évidemment hors de question qu’il se jette dans le repaire des loups. C’était trop dangereux et je préférais que son visage ne soit pas marqué dans l’esprit de toute la garde noire. Je ne pouvais pas non plus lui envoyer des messages ou en recevoir, de peur qu’ils soient interceptés, lus.

En somme, je ne me sentirais jamais chez moi dans cette ville et je ne ferais jamais confiance à ses habitants, à une exception près. Elise, autrefois une enfant, à présent presque une adolescente. Elle était la même de mon point de vue, d’une grande douceur et d’un optimisme inespéré étant donné les lourds bagages qu’elle devait porter à cause de son enfance cruelle.

Elle non plus, je ne pouvais trop la voir. De temps en temps, je déposais moi-même une lettre à travers la fente de sa porte. Parfois, elle me faisait signe à travers la fenêtre. La voir presque enfermée là entamait fortement mon mental, brouillait même ma vision. Elle ne serait jamais heureuse à la Cité du Crépuscule. Ou du moins, pas tant que « nous » serions là. Comment avais-je pu laisser la situation se dégrader à ce point ? Comment avais-je pu ne rien faire depuis ces années où je la savais là, perpétuellement menacée par nos forces injustes.

Peut-être le temps était-il venu d’intervenir. J’en avais les moyens à présent.

S’il y avait bien un monde où fuir était difficile, c’était sans doute dans cette ville. Plus encore que dans d’autres mondes de notre coalition, tout le monde était surveillé, suspecté, accusé — parfois à tort, parfois à raison. Ceux qui prenaient le chemin de la station shin-ra sans être dans nos rangs devaient s’attendre à être fouillés, interrogés. De fait, on ne pouvait décidément pas se permettre de risquer la fuite d’un rebelle. C’était la principale raison pour laquelle, de peur d’être raflées par erreur, les familles « innocentes » n’osaient pas fuir cette misère.

Mais mon influence et la relative confiance que j’avais acquise auprès de mon seul et unique supérieur devait me permettre de faire passer des gens de mon choix en toute sûreté et sans remettre en question leur intégrité.

Aussi, tandis que les ouvriers travaillaient sur le chantier et que les gardes faisaient leur ronde, je me mis à l’écriture d’une lettre à l’attention de l’oncle et de la tante d’Elise. Car c’était encore à eux de décider. Peut-être avaient-ils d’autres raisons d’être restés ici jusqu’alors mais il fallait au moins essayer.


« Madame, Monsieur,

Comme je le crois, vous savez qui je suis. Vous avez sans doute lu les nombreuses lettres que j’ai envoyées à votre nièce ainsi que celles qu’elle a eu la gentillesse de me répondre. Comme vous le savez sans doute également, je me suis toujours sentie un peu responsable d’elle, ou du moins de son bonheur. A vos yeux, peut-être, je n’ai aucun droit sur elle, et je n’en réclame aucun, sinon celui de vouloir être une aide. Une aide, d’une personne comme moi — avec les responsabilités et la culpabilité qui sont miennes — vous semble peut-être inappropriée, honteuse. J’ai pourtant toujours eu l’impression que vous ne me jugiez pas si mal. En témoigne la liberté que vous donnez à votre nièce en la laissant garder contact avec moi.

Si mes paroles sont maladroites c’est que je suis sincère et bien intentionnée. Je n’ai jamais rien espéré qu’une vie honnête et droite pour Elise, à l’opposée de celle que j’ai peut-être accomplie jusque là. Et je pense qu’en ces temps compliqués, une telle vie ne peut avoir lieu ici, entre ces murs, sous un ciel dénué de soleil, dans cet air lourd et presque artificiel. Je pense que vous devez, depuis toute ces années, subir une souffrance, des représailles et des pressions que personne ne devrait jamais avoir à subir. Ici pourtant, c’est une réalité à laquelle on n’échappe pas.

Je ne souhaite plus m’éterniser en de mielleuse paroles, alors voici ce que je souhaite : je veux qu’Elise puisse terminer son enfance en toute sécurité, avec sa famille — vous — dans un endroit où elle n’aurait plus à avoir peur. Si je ne pouvais réaliser que cela, pour le temps qu’il me reste à faire dans cette vie — qu’il soit long ou court — ce serait déjà un grand accomplissement. Il existe bien des mondes, différents de celui-ci, peut-être en connaissez-vous. Certains sont sous la protection de groupes, plus ou moins bienveillants — je préfère ne pas me prononcer là dessus ;  d’autres sont encore indépendants et jeunes. Si j’étais égoïste — ce que je suis peut-être la plupart du temps mais pas ici — je vous dirais de vous rendre dans un monde qui subit mon influence. Mais je ne pourrais réellement vous y garantir la sûreté et le bonheur car je sais que rien de bon ne sort de toutes nos influences. L’argent et le pouvoir oui ; la sécurité pour un temps sans doute ; mais le véritable et durable bonheur ne fait pas partie de toute cette équation. Je vous laisse donc seul juge d’une destination. Ma proposition est celle-là : je vous offre de quitter ce monde, en toute sécurité et sous ma surveillance. Je vous escorterai là où il vous plaira. Vous pourrez prendre les affaires dont vous avez besoin, emmener des paquets que nous ferons embarquer dans le vaisseau Shin-ra, sans que jamais aucune question ne vous soit posée, sans que jamais fouille ne soit faite vous concernant. Quand je serai certaine que vous serez en sécurité, je repartirai et vous laisserai en paix.

Je vous prie de ne pas me répondre par courrier, je préfère que tout cela reste entre nous. Je viendrai m’enquérir de votre décision dans une semaine.

Concernant votre décision, sachez que je n’impose rien et que je n’essaierai pas de convaincre Elise dans votre dos. Je pense simplement que c’est la meilleure solution, mais vous êtes ses tuteurs, ses parents et c’est à vous que revient de prendre cette lourde décision, en votre âme et conscience.

Bien à vous,

Vesper Earl. »


J’étais consciente des risques que je prenais en écrivant cette lettre, un risque qu’ils refusent, qu’ils se trompent sur mes intentions, un risque qu’ils ne partent pas et qu’en plus de cela, tout contact soit coupé avec elle. Pourtant, profondément, je sentais que pour une fois, j’avais bien agi. Pour une fois, j’avais pris une décision, une véritable décision, non imposée par qui que ce soit. Je pliai donc la lettre et la glissai dans une poche, bien à l’abri.

Les jours suivants passèrent sans réels obstacles. Tous ceux qui passèrent à proximité de la gare se contentèrent de regarder brièvement l’avancement des travaux et de passer leur chemin. Quand je remarquais qu’un habitant passait plus régulièrement qu’un autre ou se montrait plus insistant dans sa contemplation, je le suivais pour l’interroger sur la raison de sa présence sur la place, sur son identité, son métier. A chaque fois j’essayais de deviner si leur histoire tenait la route.

Un matin pourtant, quelque chose d’inhabituel s’était produit sur le chantier. Quand nous arrivâmes sur place, sur les murs de la gare tout autour de la porte, on pouvait voir d’énormes tags sans doute destinés à intimider quiconque souhaiterait la poursuite de ce chantier. Des insultes sur les membres de la Coalition, sur le chantier et sur ses ouvriers ainsi que des menaces. Tout cela n’avait pas pour but d’empêcher la construction du clocher mais plutôt de remettre à nouveau en question le pouvoir que nous avions mis en place, sa crédibilité.

Immédiatement, ma plus grande crainte fut que Monsieur de Valois fût effrayé par ces relatives menaces. Et j’avais bien raison de m’inquiéter.


-Ecoutez Mademoiselle… Moi, je ne veux pas de problème et c’est ce que vous m’aviez garanti. Je ne veux pas être pris à parti dans ce conflit. Tout ce que je fais, moi, c’est installer une horloge.
-Je ne peux pas vous garantir que vous ne serez pas pris à parti durant votre séjour ici. En revanche, je vous assure que votre sécurité n’est pas compromise.
-Vous le pensez vraiment ? Regardez ces messages ! Ils ont plutôt… éloquents.
-Je les regarde, oui. Et je vous assure que si ces rebelles avaient voulu réellement empêcher la construction de cette horloge, ce n’est pas de vulgaires écritures que nous aurions sur ces murs. La rébellion est armée, et parfois lourdement. Elle aurait pu faire exploser le clocher ou je ne sais quoi d’autre. Or, ils ne l’ont pas fait. Tout ce qu’ils veulent dans cette histoire c’est nous faire passer pour des incompétents incapables de surveiller un chantier.


A partir de cet instant et dans le but d’empêcher le moindre incident, une équipe de nuit fut créée pour surveiller le chantier et ses alentours et empêcher qui que ce soit d’y pénétrer.

Les ouvriers et Monsieur de Valois purent ainsi terminer leur oeuvre dans une relative tranquillité, quoi que manifestement pressés d’en avoir fini avec cette ville. Ainsi, après environ deux semaines, l’horloge était installée et prête à être mise en marche.

Sa mise en marche se fit de façon plutôt discrète, sans une grande inauguration.  Tout cela dans le but de ne pas échauffer les esprits et de ne pas rassembler trop de monde en même temps. Un jour, à huit heures du matin, on put entendre à nouveau pour la première fois les rouages de l’horloge se remettre en marche comme s’ils ne s’étaient jamais arrêtés.
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Le Boucher de Grimm
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Lun 6 Mar 2017 - 13:28
Ainsi, me voici pour ENFIN noter cette mission de Vesper ! Depuis le temps que je l’attendais…

Bref, une chose à signaler. Peut-être parce que je vis avec toi, mais on sent sur le début et la fin de la mission que cela te saoule de faire ça. Autant Vesper que la personne dernière. Cependant, ça rend plutôt bien ! J’apprécie l’idée que tu parles du Château de la Bête dans ses termes, comme tu vois celui-ci comme « ta » maison. Depuis le temps que tu vis dedans aussi, que ce soit dorénavant dans la chambre de Belle et avant dans ta chambre de Bonne. C’est toujours cool de voir la vision des choses d’un personnage sur son contexte.

Et pourquoi est-ce que je dis cela ? Parce qu’ici, c’est une des rares fois où je vois les gens faire attention au contexte de la Cité du Crépuscule et à penser à ce qu’il se passe réellement dedans ! Je ne parle pas des rebelles, c’est du déjà vu. Je parle simplement du soleil noir et de l’impact que cela doit avoir sur l’humeur des gens, j’apprécie de voir cela.

Pour ce qui est du déroulement de la mission. C’est bien, mais pas non-plus ouffisime. L’objectif est rempli, et la petite note à la fin est sympathique.

Toutefois, il y a un truc que je trouve assez cool. Et tu te doutes de quoi je parle, c’est la lettre aux tuteurs d’Elise. C’est marrant, j’me souviens du rp où tu as rencontré ce pnj à la Cité du Crépuscule et suivit son évolution au fil des épisodes. Sauf qu’il y a un truc dont je ne m’attendais pas, c’est simplement de faire ce que tu comptes faire. J’ne suis pas en train de dire que t’allai la laisser pourrir dans cette ville morte, non, mais je m’attendais à une sortie plus « épique », pas à la mode des résistants en 40 qui faisait sortir les Juifs en scred pour éviter les vilains allemands.

C’est d’ailleurs ce que je trouve assez bon dans cette idée, c’est le parallélisme ainsi que la façon dont tu les fais sortir. Tu as grimpé les échelons pour atteindre les sommets, et contrairement à ce que tu dis, tu as autant de poids sur la balance que moi, pour finalement utiliser ton pouvoir dans un but personnel. Très altruistes, nous sommes d’accord, mais tu ne feras probablement sortir que cette famille du joug de la Coalition Noire.

C’est drôle, l’idée de faire sortir quelqu’un pour racheter un peu de conscience est finalement égoïste vu qu’il n’y aura qu’un élu. Tu vois ce que je veux dire ? C’est con, mais j’aime vraiment cette idée. J’ai de l’empathie pour Vesper avec ça ! Bref, un bon rp et intéressant à lire et relire.

Mission accomplie !

Facile : 10 points d'expérience + 100 munnies + 2 PS en Vitesse

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