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Mer 25 Jan 2017 - 9:31
« Bon sang... »

Le consul enleva ses gants qu’il glissa précipitamment dans une de ses poches avant d’amener ses mains devant sa bouche et de souffler dessus à plusieurs reprises et longuement pour tenter de les réchauffer. Son corps entier était à ce point gelé que le seul souvenir comparable qui lui vint à l’esprit était sa rencontre avec Mizore qui l’avait littéralement figé dans la glace.

Marchant d’un pas rapide dans le quartier résidentiel, balayant les maisons d’un regard précipité, le consul parvenait à peine à respirer tant chaque bouffée lui gelait les vestiges de ses poumons d’autrefois. Il n’avait de cesse, cherchant la maison de la consule, de penser à sa compagne, la chanteuse. Comment pouvait-il… à ce point souffrir du froid en vivant à ses côtés ? Dormir à côté d’une femme dont la température corporelle était de -15°C aurait sans doute du l’entraîner. L’embrasser aurait du l’immuniser aux impitoyables neiges éternelles, et pourtant…

Le jardin radieux subissait un hiver cruel, à peine sauvé par la dernière nouvelle en date : l’apparition d’un nouveau monde, Costa del Sol, où il fait toujours superbe. Voilà. Genesis décida de se concentrer sur cette pensée, une plage. Oui… précisément, une plage où il ne pouvait aller, à moins d’être couvert de la tête aux pieds, de peur de dégoûter ses voisins. Le tragédien se renfrogna sur lui-même, pressant encore le pas. S’il n’avait pas craint une chute mortelle pour sa réputation, il aurait sans aucun doute couru… Mais s’il ne neigeait pas, le sol était particulièrement glissant.

Il pensa à Costa del Sol, cherchant à se réchauffer par n’importe quel moyen. Mais combien de temps lui fallut-il pour songer à ce que le monde représentait, une source de tourisme, de profit, absolument incomparable ? C’était précisément en hiver que les cités dorées allaient craindre l’impact de ce monde sur leur économie. La meilleure solution, conclut-il, aurait été d’intégrer le monde insulaire dans les cités dorées, mais quelles étaient les chances du Consulat ? Certes, sa province était plus riche que n’importe quelle autre, si ce n’est la Shinra, mais elle était dans une situation qu’un monde de ce genre ne pouvait envier, du moins pour l’instant. La guerre ne siérait pas à Costa del Sol. Soit… Le Consulat devrait s’en occuper après la guerre, et donc après sa mort.

Le consul soupira longuement de soulagement lorsqu’il vit le numéro de la maison, identique à toutes les autres en extérieur. Il franchit le sentier dans le jardin et arriva jusqu’à la porte en quelques pas, avant de frapper à celle-ci. Elle se fit longue et… il ne put lui en vouloir. Genesis ne s’était pas annoncé, avait décidé ce matin, une heure auparavant, de la nécessité de s’entretenir immédiatement avec elle. Aussi devait-il s’attendre à une maison en désordre, car c’était ainsi que ressemblait sa tour. Bien que…

Bien que Pamela eût droit à trois mogs de ménage qui travaillaient bénévolement. Genesis fronça les sourcils en se rappelant ce léger détail. Il avait un peu honte.
Non, il était mortifié d’avoir fait ça, devinant les horreurs que les trois mogs faisaient à l’insu de Pamela. Genesis les avait recrutés un mois plus tôt, plus ou moins, et leur avait promis d’être aux côtés d’une femme splendide le jour, et dans la Forge du Consulat la nuit. Bien sûr, ils avaient accepté. À vrai dire, n’importe quel homme aurait accepté, lui y compris.

La porte s’ouvrit finalement. Il n’était pas beau à voir, non seulement à cause de sa maladie mais aussi parce que le froid lui avait ôté toute prestance, mais… il parvint à oublier le froid lorsqu’il la vit. Son regard fut capturé en… moins de quelques secondes par la beauté de la consule mais… de toute sa force, le tragédien reprit ses esprits et, évitant durant les premières secondes de regarder Pamela, il parla enfin.


« Bonjour Pamela. Je suis navré de vous déranger et d’arriver inopinément dans votre domicile. »

Mais navré ou pas, il devait sacrifier un peu de sa politesse pour insister sur les exigences de la situation.

« Je dois m’entretenir avec vous. C’est urgent. Puis-je entrer ? »
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Mer 25 Jan 2017 - 15:18




Encore enveloppée dans des draps en satin, Pamela s'étira dans son grand lit, profitant encore des dernières petites minutes avant qu'une nouvelle journée de travail pointe le bout de son nez.

Sentant quelque chose près de ses pieds, elle retira rapidement la couverture qui était sur elle et aperçu à cet instant un des mogs recroquevillée en boule au pied de lit.

- Ça va ? Je ne te dérange pas ?
- Ho pardon, j'avais... Froid. Kupo...
- T'as froid ? Bouges, ça te réchauffera.


Pamela quitta rapidement son lit, rejeta la couverture sur Profiterole qui n'avait presque pas bougé. Elle enfila ensuite rapidement une petite robe de chambre en satin aussi, qui était de couleur crème avec des petits pois noirs dessus.

Elle passa rapidement à la salle de bain pour découvrir son reflet. Image qu'elle voulu oublier très rapidement et se contenta de se brosser les dents et ressortit très rapidement de la pièce.

Elle descendit rapidement l'escalier pour apercevoir les deux autres trublions qui étaient en train de se battre avec des coussins qui était -à l'origine- sur  un des canapés du salon.

- Hey les dissidents !
- Kupo !
- C'est lui qui a commencé... Kupooo.
- Han, t'es une balance. Ça ne se fait pas !
- Je m'en fiche de savoir qui a commencé. C'est juste que c'est le matin et vous commencez déjà à m'énerver.
- Vous énerver ? Ho non, il ne faut pas ! Kupo !
- Il n'y en a pas un de vous qui voudrait être adorable et faire du café ?


À peine cette phrase a été prononcé que Profiterole descendit les marches en quatrième vitesse pour se mettre face à la jeune femme qui faisait une petite grimace.

- Kupo ! J'y suis !
- Tu te rattrapes bien. T'es mignon.


Pamela passa une main dans sa longue tignasse rousse pour essayer de la dompter et de leur donnée une apparence moins sauvage.

Elle ramassa au passage les coussins qui avaient servis d'armes un peu plu tôt pour les reposer sur le divan avant de s'installer dessus.

Elle ferma les yeux une dernière fois lorsqu'elle entendit encore les mogs en train de se battre, mais cette fois dans la cuisine.

- Hey ! Si vous continuer de vous boxer de la sorte, je vous vire.
- Kupo. Vous ne pouvez pas !?
- T'as vraiment envie de tenter le diable ?


Cupcake qui avait quitté la cuisine pour répondre à la sorcière retourna très rapidement à l'intérieur pour se remettre au travail en compagnie des deux autres mogs auxquels il ordonna de se calmer.

La jeune femme prit une profonde inspiration et souffla très lentement en prenant un magazine posé sur la table pour commencer à le feuilleter. Lorsqu'elle entendit frapper à la porte.

- Il n'y en a pas un de vous qui voudrait aller ouvrir ?


Voyant qu'aucunes des créatures ne quittaient la pièce pour répondre à la jeune femme, elle se releva du canapé et se dirigea vers la porte.

- Non, j'y vais en fait. C'est bon...


Pamela s'avança un peu plus vers l'entrée tout en levant les yeux au ciel et les roula.

Bande d'ingrats...


Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle aperçut Genesis Rhapsodos sur le pas de la porte. Elle resta sans voix un instant avec des yeux grands ouverts ne comprenant vraiment pas sa venue ici.

J'espère que ce n'est pas à cause des mogs. Je n'ai pas envie de les rendre. Je me suis presque habituée à leur présence.


Pamela resta perdu dans ses pensées un instant mais revint rapidement sur terre lorsque le tragédien s'adressa une nouvelle fois à la elle.

- Je dois m’entretenir avec vous. C’est urgent. Puis-je entrer ?


Pamela tendit tout simplement son bras vers l'intérieur et se recula de deux pas pour lui permettre de pénétrer. Il avait l'air complètement gelé par le froid qu'il y avait dehors.

Je regrette presque mes vacances...


La jolie rouquine referme la porte derrière lui et demanda aux mogs d'apporter assez rapidement du café tout en proposant au consul d'entrer dans le salon où elle se trouvait un peu plus tôt.

- Faites comme chez vous. Que puis-je pour vous ?











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Mer 29 Mar 2017 - 1:01
Il inclina légèrement la tête et avança dans la maison. Il arriva dans le salon, où il put voir deux des trois mogs qu’il avait lui-même recrutés. Ils le reconnurent et… pourtant, aucun n’avait pu oublier la façon dont ils s’étaient adressé à lui, ils se figèrent, ne dirent pas un mot et s’en allèrent accomplir la tâche que la consule leur avait donnée. Dire qu’eux-mêmes étaient des consuls sonnait étonnamment. Pour l’instant, la forge n’était pas construite, aussi occupait-il seulement leurs journées ici mais… ils deviendraient, contre toute apparence, très importants pour le Consulat. Oui, ces trois êtres vicieux devaient être choyés. Genesis n’était pas persuadé d’avoir rendu un grand service à Pamela, toutefois sur ce point, autant restait-il honteux, autant demeurait-il plus catégorique. Le Consulat est composé d’hommes et de femmes et d’autres créatures sur un même pied d’égalité, acceptant de prendre des responsabilités pour accomplir une mission commune. Aussi, chacune de ces personnes devait accepter de parfois sacrifier son confort personnel pour la pérennité du groupe.

Le porte-parole s’assit et sourit gentiment à Pamela, attendant qu’elle s’asseye aussi. Il la fixa quelques secondes, inspira une longue seconde, essayant de chasser cette appréhension qu’il avait dans le cœur.


« Pamela, j’ai appris que la pomme d’or vous avait choisie. »

Elle ne l’avait pas caché sans raison, sans doute. À vrai dire, c’était bel et bien un lourd secret et il était persuadé que dans un cas semblable, il aurait gardé cela pour lui aussi. Mais il l’avait découvert. Tenté de croire qu’il finissait toujours par apprendre ce qu’il se passait sur son territoire, ayant avec lui le soutien de centaines de consuls, de soldats, d’habitants loyaux, d’alliés et sans parler de l’assistance divine qui était propre à son groupe. Même le Sanctum ne pouvait se vanter d’être ainsi soutenu par neuf divinités légèrement plus loquaces qu’Etro et Aphrodite, excentrique déesse de l’amour.

« Vous êtes parmi toutes la plus belle femme. » prononça-t-il sans honte et sans détacher son regard de la jeune femme qui… était habillée certes légèrement mais de manière peu appropriée à la gravité de la situation. Autant dire que s’il racontait cet entretien à Mizore, Pamela serait dans son discours vêtue traditionnellement.
… Et il ne révélerait pas non plus lui avoir dit qu’elle était la plus jolie fille de l’univers. Quoique Mizore fût très tolérante envers les exigences du métier du porte-parole, concernant les jolies femmes, il savait que la pomme d’or avait un effet indésirable.


« Je ne comprends pas pourquoi vous ne m’en avez pas parlé, Pamela. » avoua-t-il, détournant légèrement les yeux vers les rideaux de la pièce. « Vous deviez vous douter que je serais de votre côté, que le Consulat vous protégerait. »

Il regarda de nouveau la consule de l’horticulture, espérant une réponse sincère. Mais devant ses yeux, arriva un mog habillé en soubrette, une tasse de café en main. Les yeux des deux mâles se croisèrent et Genesis crut distinguer une pointe de défi dans le regard de… Il avait oublié son nom. À vrai dire, l’Atelier devait être érigé avant qu’il ne s’inquiète des noms de ceux y travaillant avec Ulthane.
Il ne détourna pas le regard, affrontant les yeux meurtriers du mog jusqu’à la dernière seconde où il se retourna et s’écarta de la scène alors qu’un autre mog venait servir Pamela. Genesis but une gorgée, davantage pour se réchauffer que pour se réveiller.
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Mer 29 Mar 2017 - 13:20




La jeune femme alla rejoindre sur l'autre causeuse le tragédien qui lui souriait gentiment. Elle ramassa ses cheveux dans ses deux mains pour essayer de former un chignon fait un peu n'importe comment pour être plus à l'aise. C'est ne que lorsque le tragédien pris la parole qu'elle reposa ses mains sur ses jambes croisées.

- Pamela, j’ai appris que la pomme d’or vous avait choisie.


La jeune femme resta silencieuse un instant et grimaça légèrement. Elle compris immédiatement que le consul n'était pas revenu pour les mogs. Dans un sens, elle le regrettait presque. C'était un sujet de discussion qu'elle aurait préféré éviter. Cette « chose » qui était désormais sienne lui causait quelques problèmes, même si parfois, elle pouvait en tirer avantage.

Cependant, Genesis continuait de parler. Ce n'est pas comme s'il ne voulait pas laisser la jeune femme répondre. Mais il voulait avant tout parler.

- Vous êtes parmi toutes la plus belle femme.


La jolie rouquine remarqua très bien que le tragédien n'était pas très à l'aise en prononçant ces mots. Pas parce qu'il ne les pensait pas, mais la Pomme était en train de faire effet sur lui... Et cela dérangeait légèrement la jeune femme, c'était tout de même son supérieur hiérarchique.

Je ne pouvais être un enfant moche à la naissance !?


Pamela se redressa légèrement lorsque deux des mogs réapparurent dans le salon en possession des cafés que la sorcière leur avait demandé un peu plus tôt.

- Je ne comprends pas pourquoi vous ne m’en avez pas parlé, Pamela. Vous deviez vous douter que je serais de votre côté, que le Consulat vous protégerait.


Lorsque le tragédien eut terminé de parler, Pamela remarqua bien que Profiterole et lui se lançaient de sombres regards. Elle secoua sa main libre vers la créature, comme pour lui faire comprendre de quitter la pièce.

- Dis, tu voudrais bien...
- Oui ! Kupo !
- Nous laisser.
- Hoooo... Kupo...
- C'est une conversation privée...


La petite créature reparti à la cuisine, un peu vexé.

- Veuillez l'excuser. D'habitude, il n'est... Non en fait il est tout le temps comme ça.


La sorcière but à son tour une petite gorgée de café, mais reposa immédiatement la tasse sur le guéridon près d'elle.

Ho... Il est infect. Il faudrait que je leur apprenne à faire la différence entre un café et un jus de chaussette.


Pamela se racla un peu la gorge avant d'essuyer les quelques gouttes de café qui étaient restés sur ses lèvres avant de répondre au consul.

- Je suis désolée que vous ne l'ayez pas appris directement par moi. Mais si je ne l'ai pas fais. C'est que j'avais une bonne raison. Cet objet...


Pamela s'arrêta un instant en voyant un des mogs qui s'était - à peine- caché, il n'était pas du tout discret soit dit en passant. Il s'était tout simplement posé près de la porte du salon. La sorcière lui jeta à son tour un regard noir avant de regarder de nouveau Genesis.

- Je disais ? Ha oui, cet objet. Il... Il peut me causer des problèmes. Et je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise ou même dans une situation à laquelle vous auriez pu avoir du mal à vous défaire. Je l'ai gardé pour moi, uniquement pour vous protéger.


La jeune femme baissa légèrement la tête, un peu honteuse, avant de reprendre la tasse de café qu'elle but d'une traite avant de grimacer se souvenant que ce breuvage était vraiment immonde.











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Jeu 13 Avr 2017 - 6:28
Alors que Pamela parlait, Genesis jeta quelques coups d’oeil aux mogs, derrière lui. L’un d’eux était en effet sur le seuil de la porte de la pièce et les écoutait attentivement. Davantage que leur présence, ce fut les regards de la sorcière à leur encontre que le consul remarqua. Elle semblait agacée par eux mais la relation semblait conviviale. Sans parler de foyer… Genesis se satisfaisait de voir que ces domestiques ne désaccommodaient pas la dame.

« Et je ne voulais pas vous mettre mal à l'aise ou même dans une situation à laquelle vous auriez pu avoir du mal à vous défaire. Je l'ai gardé pour moi, uniquement pour vous protéger. »

Il souffla du nez et fit un sourire en coin en regardant à nouveau la jeune femme, évitant de prêter trop d’attention aux sentiments qui montaient en lui à son égard.

« Je suis condamné, Pamela, vous le savez. Je ne pensais pas vivre autant de mois depuis que je l’ai annoncé, mais il n’empêche que mon état empire de jour en jour. Alors… Disons. »

Son sourire se fit plus franc, affectueux. Son point de vue était un peu plus sombre que cette vérité, toutefois il ne souhaitait pas expliquer à son interlocutrice qu’il était un peu plus que mourant.

« Disons que je serai celui qui prendra les risques et qui vous protégera vous et le Consulat et que… jusqu’à ma mort, vous me ferez confiance. » Il fit une bref pause, non sans continuer de sourire. Son corps parfaitement réchauffé lui faisait oublier que jusqu’à il y a quelques minutes, le froid le paralysait à ce point. La chaleur de la maison ou… simplement elle. Quelque chose l’avait bien épargné. Ce qu’il pouvait affirmer, du moins pas à cet instant-là où il subissait précisément ce préjudice, c’est qu’en la regardant, son esprit s’embrouillait toujours un peu plus et… il lui était arrivé d’être tenté de dire certaines choses qu’il ne pensait pas ou qu’il se refusait à penser. « Et c’est une bonne nouvelle, Pamela. Une excellente nouvelle. »

Il fit derechef un arrêt, ne détachant pas son regard de Pamela.

« Je vous résume brièvement la situation. La précédente détentrice de titre de « plus belle femme », celle-là même qui possédait la pomme d’or avant vous, n’est autre qu’Aphrodite. C’est elle qui m’est apparue pour m’annoncer que vous aviez la pomme d’or et cet immense pouvoir. Mais. » Genesis leva la hanse de sa tasse de café pour désigner le plafond d’un geste gracile, haussant un sourcil. « Elle reste plus puissante que vous et moi. Et elle vous déteste pour mériter plus qu’elle le fruit de la discorde. Aussi m’a-t-elle demandé de vous cacher ou tout du moins de ne pas vous exposer, ce qui au Consulat revient au même. » Somme toute était-ce un résumé brusque. Pour autant, vu le dénouement de la chose, que Genesis estimait bien plus que satisfaisant, il jugeait inutile d’insister sur le drame de la situation. « Je suis parvenu, et je n’en suis pas peu fier, Pamela… à lui faire changer d’avis. »

Il but finalement une gorgée de café. Il n’aimait pas suffisamment ça pour dire si oui ou non il était bon. Néanmoins, il était chaud et c’est ce qui lui importait. De plus il guettait bien trop la moindre réaction de son interlocutrice pour désormais accorder la moindre importance au moindre détail extérieur.

« Cette pomme était votre secret. Je vous propose de révéler au monde entier que vous la détenez. Je graisserai les pattes qu’il faudra pour qu’on vous accorde une interview complète auprès de l’éclaireur, qu’on répète partout que vous êtes… la femme la plus désirable et belle du monde, choisie par Aphrodite elle-même parmi toutes les magnifiques consules pour porter la pomme d’or. Et nul n’en doutera. Des magazines de mode, des revues people, des photos à la sauvette le prouveront grâce au moindre cliché de vous. »

Et c’était peut-être le plus excitant : l’attente de sa réaction. Il se revoyait lui parler de son avenir lors de leur première rencontre. Cette histoire de pomme n’était qu’une suite logique des choses et d’une certaine façon, il avait l’arrogance de penser être responsable d’une certaine manière de ce qui était arrivé. Déjà il y a quelques années, il avait beaucoup misé pour avoir un « oui » d’elle. L’avoir au Consulat était un rêve. A présent, la garder et l’utiliser à bon escient étaient… ce qu’il ferait de mieux de toute sa vie pour son groupe. La meilleure chose qui pouvait arriver au Consulat.

« Vous avez la beauté et vous avez le talent, Pamela. Je vous avais dit que je ferais de vous une star, jadis. Nous y sommes. Qu’en dîtes-vous ? »
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Jeu 13 Avr 2017 - 13:16




Pamela était vraiment gênée par cette révélation. Une déesse lui en voulait, c'est alors qu'elle se releva tout en essayant de répondre.

- Je... Je...


Elle ne faisait que bégayer, aucune vraie réponse ne pouvait sortir de sa bouche. Elle restait sans voix. Cet homme, son supérieur avait presque défier une déesse pour pouvoir réussir ce qu'il avait voulu depuis leur rencontre.

Pamela commençait à faire les cent pas dans son salon, toujours pieds nus. Puis elle aperçu les mogs revenir vers le salon, elle s'empressa d'aller fermer les portes coulissantes du salon pour être seule avec Genesis.

Ce n'était pas pour avoir une intimité avec lui, mais seulement, qu'elle ne savait pas comment réagir et ces trois créatures dans ses pattes n'arrangeaient pas les choses, ils la regardaient comme si elle était un simple morceau de viande et qu'ils n'avaient pas eu à manger depuis une quinzaine de jours.

En se retournant, elle voyait le tragédien toujours assis sur le canapé, il n'avait pas bougé, Pamela, elle, était comme un lion en cage.

- Je veux être honnête avec vous.


La jeune femme alla s'assoir près de lui, prit une profonde inspiration, souffla lentement, et sans même regarder le consul, elle reprit la parole.

- Je vous dois tout. Avant d'être une consule. J'étais une mercenaire, ça vous le savez. Mais j'étais à la recherche d'un passé auquel je voulais mettre fin. Et sans notre rencontre, ce soir là, au Moulin Rouge, sans cette offre, je n'aurai pas pu être là aujourd'hui. Cette quête m'aurait détruit à petit feu...


La jeune femme ferma les yeux et et eu à cet instant une vision de son éden détruit.

J'ai une nouvelle vie désormais, et ça grâce à lui. Je ne peux donc pas refuser une offre comme celle-ci.


La sorcière ne rouvrit pas les yeux, elle ne voulait pas voir le regard que son supérieur aurait pu avoir sur elle à cet instant.

- Vous avez réussi à faire changer d'avis cette déesse. Mais imaginons un seul instant, qu'avec toute cette médiatisation autour du Consulat et moi. Elle venait à... Changer d'avis. Elle pourrait avoir envie de me tuer, pire même, détruire tout ce que vous avez crée. La fin du Consulat.


La respiration de la jeune femme était différente. Elle était terrorisée à cette idée. Ses yeux toujours fermés, elle sentait cependant qu'ils se gonflaient.

- J'aimerai pouvoir le faire, mais je ne veux pas être à l'origine de votre perte et de tout cela. Je...


Inconsciemment, elle posa sa main sur celle du tragédien avant de reprendre.

- J'ai peur.


C'était un aveu que la sorcière n'avait jamais fait. Et encore moins depuis qu'elle était en possession de la Pomme d'Or. Mais tout ce qui lui arrivait depuis qu'elle était devenue la nouvelle propriétaire de cet objet lui plaisait... Parfois. Mais en contrepartie, elle était-elle même devenue un objet de convoitise et de jalousie.











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Sam 15 Avr 2017 - 0:27

« Je veux être honnête avec vous. »

Elle s’assit alors à ses côtés, juste à quelques centimètres et commença à parler. Et quoiqu’il l’écoutât, ce fut comme si le monde s’était arrêté de tourner à cet instant. Comme immobilisé dans le temps, son regard était figé sur elle.

« Je vous dois tout. »

Pamela ne le regardait pas, non… Et la voir ainsi de profil, de si proche. Pouvoir observer son visage aussi proche d’elle. En la fixant, Genesis n’avait plus que deux liens avec la réalité : la voix de la jeune femme et l’impression que son corps tout entier était noué. Il arrivait à peine à respirer, sous le trac de cette proximité.

« Cette quête m'aurait détruit à petit feu... » 

Son parfum l’empêchait de réfléchir pleinement. Avec énormément de mal, il essayait de se concentrer sur ses mots mais lorsqu’elle ferma les yeux, c’en fut trop pour lui. Sans doute était-ce la pomme d’or mais ce simple fait fit germer un immense espoir en loi. C’était la confiance absolue, une intelligence entre eux deux, qui permettait sans doute à Pamela de fermer les yeux devant un homme. Combien avant lui avaient eu ce droit ? Elle devait savoir que chaque homme la désirait. Comprenait-elle alors que c’était aussi son cas ?

« Vous avez réussi à faire changer d'avis cette déesse. »

Ce n’était pas la première fois qu’il était à ce point pétrifié devant elle mais pour la première fois, une envie qui lui semblait la plus sincère au monde prit son cœur. Plus que jamais auparavant, en la fixant, il eut envie de l’embrasser. Et cette pulsion, cette obsession soudaine, lui fit oublier ce qu’il était. À nouveau, il lui semblait être ce beau jeune homme de vingt-cinq ans aux cheveux écarlates et aux yeux passionnés. Et cet homme-là avait toutes ses chances, se disait-il, confiant.


« J'aimerai pouvoir le faire, mais je ne veux pas être à l'origine de votre perte et de tout cela. Je... » 

Lorsqu’il sentit la main de Pamela sur la sienne, cette chaleur en lui devint soudainement insoutenable. Ses pensées n’étaient plus que flou et sa propre existence un doute. Un éclair de lucidité l’inquiéta. Il n’avait pas la puissance ou la volonté nécessaire pour résister au pouvoir de la consule.
Il sursauta alors et réprima un râle lorsqu’il sentit une vive douleur dans ses jambes. Son esprit s’éclaircit soudainement alors que, faisant bien attention à ne pas alerter la jeune femme, il redressa sa tasse de café dont une partie du contenu était à présent sur ses jambes. Bien qu’à peu supportable, il remercia cette douleur de l’avoir sorti de cette torpeur.


« J'ai peur. » 

La voix de la sorcière lui sembla comme légèrement brisée, annonçant ce qui davantage que les yeux clos d’une belle femme, pouvait serrer le cœur du tragédien : des pleurs. Il posa la tasse de café sur la table basse et posa son autre main de la jeune femme, la serrant entre les siennes.
Il détestait se l’avouer, car il n’avait jamais connu plus belle chose, mais regarder Pamela trop longuement lui était trop dangereux.


« En tout bien tout honneur, Pamela, je ferai ce qu’il faudra pour que ça n’arrive pas. Vous êtes un miracle pour m... » Il s’interrompit, baissa légèrement les yeux sur ses mains pour chasser ses propres émotions et penser comme le porte-parole du Consulat qu’il était. « pour le consulat. La plus belle chose qui lui soit arrivée. Vous ne causerez pas sa perte, je vous le promets. »

Une nouvelle fois, il sentit sa poitrine se serrer. Plus que tout, il espérait qu’elle n’avait pas prêté attention à ce lapsus. Continuer à aimer Mizore était sa volonté suprême, depuis que Pamela avait reçu cette pomme… Il ne voulait être tenté davantage et… encore moins être éconduit par la sorcière en se montrant trop aventureux. Bien qu’il souhaitât préserver son amour des pouvoirs de la consule, il ne pensait pas survivre à un rejet de la part de la plus belle femme de toutes.
Elle fermait les yeux mais Genesis lui adressa tout de même un sourire. Sa voix se fit plus chaleureuse, sembla même plaisanter.


« Je vous révèle un petit secret. Aphrodite et moi sommes assez proches. Sans parler d’amitié, elle se considère comme ma bonne conscience. » Et sa mauvaise par la même occasion, selon ses propres mots. Mais il était inutile de faire passer la déesse de l’amour pour plus monstrueuse qu’elle ne le semblait déjà pour l’élue de la pomme d’or. « J’ai le sentiment qu’elle ne vous fera aucun mal, tant que votre existence lui sera profitable. D’où l’importance d’insister auprès de l’univers entier sur le fait que c’est elle qui vous a choisie pour détenir la pomme d’or. Aphrodite partage un défaut avec moi, Pamela : Elle n’oublie jamais quel est son intérêt, tout comme je n’oublie jamais celui du Consulat. Et… toute haine qu’elle vous accordera mise à part, elle profitera de votre exposition médiatique. »

Il aurait voulu tenir la main de Pamela encore des années, aussi – et à nouveau, était-ce à cause de la pomme d’or qui laissait aller son cœur en pâmoison – voulut-il suggérer encore une idée, prolonger cette discussion.

« Est-ce que cela vous rassurerait si je demandais à Aphrodite de jurer sur le Styx de ne jamais vous faire de mal tant que nous respectons tous deux notre part du marché en apportant prospérité à son culte ? C’est un serment absolument sacré pour les dieux que même une déesse n’oserait bafouer. »
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Sam 15 Avr 2017 - 11:03




La jeune femme sentit les mains du tragédien resserrer la sienne, elle commença à retrouver un rythme cardiaque plus lent, elle se sentit à ce instant apaisée.

« Est-ce que cela vous rassurerait si je demandais à Aphrodite de jurer sur le Styx de ne jamais vous faire de mal tant que nous respectons tous deux notre part du marché en apportant prospérité à son culte ? C’est un serment absolument sacré pour les dieux que même une déesse n’oserait bafouer. »


Pamela rouvrit ses yeux et se mit à regarder le consul. Il était à quelques centimètres d'elle, elle le regardait droit dans les yeux, les siens légèrement rouge par la douleur de ce souvenir néfaste.

Elle se mit à sourire discrètement et souffla un « merci », elle se sentait en sécurité à cet instant, mais restait silencieuse, elle était subjuguée par cet homme. Il avait peut-être aujourd'hui le physique d'un vieillard mais, ce n'était pas ça qui dérangeait Pamela. Elle se contrefichait de cette apparence. Le simple fait fait de se savoir protégée était amplement suffisant pour elle.

Son visage, n'était vraiment qu'à quelques centimètres de celui du tragédien, la jeune femme se mit à regarder ses lèvres puis de nouveau ses yeux. De façon très douce, mais son regard s'assombrit tout aussitôt ; c'était tout de même son patron.

C'est alors qu'elle retira sa main des siennes et partit près de la fenêtre du salon qui donnait sur son jardin. Toujours plongé dans une pénombre à cause de cette heure.

- Ho, ce n'est pas vrai...


Pamela cherchait à se cacher à ce moment, elle se sentais stupide.

- Veuillez m'excuser.


La sorcière ne voulu plus regarder le tragédien. Elle essuya ses yeux sans pour autant lui faire face.

- J'ai dis ne pas vouloir vous mettre dans une situation mal à l'aise. Et voila que je le fais. C'est contre ma volonté, je suis vraiment désolée !


Alors qu'elle continuait de s'excuser en long, en large et en travers, elle entendit la porte du salon coulisser. Elle se retourna immédiatement, et jeta son bras droit en direction de celle-ci. La porte se referma aussitôt -grâce à sa magie- sur le mog qui voulait pénétrer dans la pièce.

Ils sont mignons, mais il me tapent doucement sur les nerfs...


La jolie rouquine osa se retourner vers le Consul qui ne bougeait pas. Et aperçu à cet instant qu'il avait renversé du café -s'il était possible d'appeler ça ainsi- sur ses jambes.

- Je suis désolée... Pour ça aussi. Dit-elle en pointant du doigts les vêtements de l'homme.


Pamela reprit une profonde inspiration avant de souffler.

- C'est d'accord. Je veux bien le faire.











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