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Mer 4 Jan 2017 - 21:34
[Mini-série]


"Merci d'être passé, et très bonne journée à v..."

Il n'avait pas écouté. Comme tous les autres. Les gens sont tellement malpolis. Je soupirais, grimaçant légèrement. Je regardais mon bureau, en désordre, comme d'habitude. Je soupirais encore. Je faisais tapoter mes ongles contre celui-ci, un instant. J'observais la grosse horloge de papa. Onze heures seulement. Repassant une mèche brune derrière mon oreille, je me levais finalement.

Je faisais le tour des chambres, une à une, vérifiant qu'il n'y ait plus personne, refaisant les lits, changeant les draps, ce genre de choses. Elles sont vraiment dans un piteux état. Certaines plus que d'autres, d'ailleurs. En même temps, au vu de la clientèle... Enfin, je ne veux pas dénoncer qui que ce soit, mais la plupart des habitués qui viennent ici pensent que c'est juste un endroit où l'on peut venir faire... Sa besogne, et repartir. L'homme impoli de tout à l'heure était bien l'un des seuls à rester la nuit. Mais je ne le reverrais sûrement jamais. J'aimerais mieux ne pas savoir ce que papa doit penser de moi maintenant...

Je redescends. Déjà douze heures et quart, Elena doit m'attendre depuis quelques minutes maintenant. Je réajuste ma robe, enlevant la poussière qui pouvait s'y trouver, me dirigeant vite vers l'école. Elle me fait signe, et j'accourt, grand sourire aux lèvres. Elle me le rend.

"Tu es en retard, Lucy."

J'acquiesçait, grimaçant un peu. Ce n'était pas comme si c'était la première fois de toutes façons.

"Comme d'habitude."

Mais il fallait qu'elle le mentionne. Je lui lançais un regard de défi, lui souriant avec ce petit quelque chose dans l'oeil qui dit "J'ai fait une bêtise et je m'en fiche".

"Et qu'est-ce que tu vas faire ? Me punir ?"

"Lucy Hardwell, ce n'est pas parce que tu n'es pas une de mes élèves que je ne peux pas le faire." répondit-elle, d'un ton un tant soit peu sévère. Son petit rictus amusé la trahissait.

Elena Marsh, l'institutrice. Enfin, apprentie institutrice. Elle aussi devrait reprendre le flambeau de sa mère. C'est sûrement pour ça qu'on est devenues amies, au départ. C'est mon rayon de soleil. Nous n'avons pas tout à fait le même âge, elle est plus jeune que moi. Étrangement... C'est un peu comme une grande soeur, pour moi. Dès que j'ai un soucis, je sais que je peux compter sur elle et sa sagesse. J'aimerais lui rendre la pareille, malheureusement je ne suis pas aussi avisée... Je l'envie, quelque part. Elle est intelligente, belle, organisée, et plus jeune, surtout ! Puis elle était promise a un beau métier. J'essaie de ne pas penser à ces choses, ça me fiche le bourdon.

"Alors, avec Karlson ?"

"Quoi, "Avec Karlson" ?"

"Ben, tu sais..."

"Non, je ne sais pas. Karlson est barman au Double Colt, Lucy. Et puis je serais morte et enterrée avant que l'on ne me voit poser ne serait-ce qu'un orteil dans ce sordide saloon."

"Quelle rabat-joie. Ça ne te réussit pas, l'école."

Elle levait un sourcil dans ma direction, semblant ne pas comprendre.

"Je blague, détends toi." Je faisais une pause. "Cela dit, j'aimerais bien qu'un homme comme lui soit intéressé par moi. Il n'est pas spécialement beau, mais il a un certain charisme. Toujours si calme et mystérieux..."

Elle émettait un espèce de grognement dégoûté.

"...C'est toujours mieux que l'épicier."

Elle laissait échapper un gloussement. Je continuais sur cette voie. Jouant des mains pour illustrer mes paroles.

"C'est vrai, quoi. Je finis par avoir peur d'aller faire mes courses. J'ai l'impression qu'il est là, quelque part, à me reluquer en agitant son groin ! "

"Lucy !" s'exclama-t-elle, joignant enfin son rire au mien, ainsi qu'une petite tape sur l'épaule, pour me dire d'arrêter.

Elle était toujours si classe, si mesurée. Elle n'aimait pas parler dans le dos des gens. Pleine de principes, Elena. Mais quand moi je le faisais, elle adorait ça. Enfin, seulement quand c'était pour rire. Vraiment, pleine de principes, Elena. Si bien qu'elle essaie constamment de me les inculquer. Ça ne marche pas beaucoup, mais bon, on s'aime quand même. Tous les jours on se retrouvait pour discuter de banalités, ou plus rarement de choses sérieuses. Elle a une pause tous les midis, quand ses élèves mangent, alors j'en profite, et je demande au Sheriff de garder un œil sur mon auberge.


Celui-ci est d'ailleurs passé, un peu plus tard dans la journée, vers quatorze heures. Il semblait... Sérieux ?

"Salut, Lucy."

Je lui fit un petit signe de la main, après avoir lâché mon stylo. Comme à son habitude, il jetait un oeil aux alentours, observant le hall d'entrée avec ce petit air nostalgique.

"Comment allez vous aujourd'hui, Gabe ?"

"Oh, tu sais. Comme d'habitude. Et toi, tu t'en sors, avec le boulot ? Tu n'oublies pas hein, si tu as..."

"...Besoin d'aide, je n'ai qu'à te faire signe et tu vas me trouver quelqu'un. Je sais, je sais."

Il sourit brièvement. Il est toujours si gentil avec moi. Mon père et lui se connaissaient de longue date, alors forcément, pour lui, il veille sur moi. C'est adorable. Adorablement triste.

"Je voulais te parler de quelque chose."

"Hm ?"

"Il y a un étranger qui est arrivé aujourd'hui."

"Vous n'avez pas besoin de m'envoyer des clients vous savez."

"Ce n'est pas ça. J'aimerais juste que tu fasses attention, que tu gardes un oeil sur lui."

Qu'est-ce qu'il pouvait bien avoir de si spécial pour que le Sheriff Gabe me demande de l'espionner ?

"Je ne te demande pas de le surveiller, ou quoi que ce soit. Mais... Si tu remarques quelque chose de spécial, d'anormal... Tu viens m'en parler."

J'acquiesçais, bien qu'un peu surprise. Ce n'était pas dans ses habitudes, ce genre de demandes. De ce que je sais, Gabe n'a jamais été du genre à demander de l'aide -surtout pour son travail-, et encore moins à épier les gens.

"Je te laisse, j'ai du boulot. Oh, au fait. N'oublie pas, la diligence passe demain, prépare toi à recevoir du monde."

"Oui chef !"

Il laissait échapper un léger rire, avant de me faire un signe de la main, et de s'en aller. A la seconde où il a passé la porte, j'entends un grognement, et un cri.

"Oh, Everett, fais attention où tu vas, bon sang !"

Là, c'est moi, qui rit.



Vingt et une heure trente. Les clients habituels commencent à arriver... Et repartir. Vingt munnies chacun. C'est bête, mais les gens en général ne restent pas plus de trois heures. Fut-il un temps où c'était à soixante cinq munnies la nuit. La Belle Auberge de Roger Hardwell. On en est bien loin. Au fond, j'ai honte. Dès que j'y pense, j'ai comme une boule dans la gorge. Si mon père était encore là, il verrait à quel point c'était une erreur de ne pas vendre cette affaire. Maintenant c'est moi qui l'ai, et ce que j'en ai fait...

Quand il est mort, déjà, les clients ont commencé à déserter, à croire qu'ils ne venaient que pour lui. Bien sûr, le prix a dû baisser, on a fait construire plus de chambres, puis ça ne marchait pas, alors on a rendu le tout encore plus abordable... Au final, c'est juste devenu une porcherie pour ivrognes qui ont l'entre-jambes qui les démange. J'ai honte. La porte grince.

Un homme. Jeune, aux cheveux... Gris ? C'est sûrement l'étranger dont m'avait parlé Gabe plus tôt. Il observe la salle, comme le Sheriff... C'est une épée, dans son dos ? Il semble insatisfait. Je souris, naturellement. Le simple fait qu'il ne soit pas accompagné d'une quelconque roulure totalement ivre m'emplit de joie.

"Bonsoir !"

...Une joie non partagée, apparemment. Il a l'air épuisé, agacé. Qu'est-ce... Sa main, elle est...

"C'est combien pour une nuit ?"

"E-Euh..."

Mince, où j'ai mis les tarifs, encore ?! Ah, j'aurais dû ranger ce foutoir ce matin !

"D-Désolée... On ne voit pas beaucoup d'étrangers vous savez... Les gens d'ici sont un peu durs, la politique différente, tout ça..."

Mes yeux croisent les siens une fois de plus, il sourit. Je ne peux m'empêcher de faire de même, quoi de mieux pour couvrir la gêne ?

"Ce n'est rien, vous n'avez qu'à me donner le tarifs pour les habitués. De toutes façons j'suis là pour un moment."

Il va falloir au moins que tu te soûles si tu veux que je te traite comme une habitué, mon bonhomme. Je soupirais, je n'avais plus envie de chercher. Puis de toutes façons il était là pour un moment, alors autant lui faire un prix.

"Très bien, vous avez gagné. Ça fera vingt munnies."


Dernière édition par Hoper le Mar 26 Sep 2017 - 6:56, édité 1 fois
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Mar 24 Jan 2017 - 16:04

Aujourd'hui est un autre jour. Le soleil se lève à peine, et je m'étire dans mon lit, laissant échapper un long soupir aigü de satisfaction. Je me retourne, ma joue entrant en contact avec mes cheveux bruns, soufflés par mon nez. Je profite de ce doux moment où rien ne compte, ces quelques secondes où mon cerveau n'est pas encore totalement éveillé, et où le confort du sommeil n'est pas encore envolé. Je ferme les yeux, reprends une inspiration, puis expire. Ça y est, c'est fini, il faut se lever, maintenant, Lucy.

Je... Passerais sur les détails de la toilette. Un dernier coup d'eau sur mon visage, un dernier coup de brosse dans mes boucles brunes, et ça y est, je suis prête pour une autre journée. Enfin, cette journée ne serait pas comme les autres. La diligence arrivait, et cette fois, il fallait que je mette les bouchées doubles. J'étais bien déterminée à redorer le blason de mon enseigne. En arrivant dans le hall, je trouvais l'étranger, déjà debout, de si bonne heure.

"Bonjour." Fis-je, le ton sympathique.

"Bonjour." Fit-il, le ton monotone.

Il avait le chic pour m'énerver, celui-là. Enfin, je n'étais pas énervé, à proprement parler. Plutôt agacée. Ce n'était pas la première fois que quelqu'un n'était pas réceptif à mes sourires, mais bon sang, celui-ci, c'était un étranger. Je n'avais que quelques mots à dire au Sheriff et il s'occuperait de son cas, et ce serait bien fait ! Enfin... Je ne le ferais pas, c'était loin d'être mon genre. Mais bon, ça le tuerait de sourire, sans que ce soit pour se moquer de moi ?

Il s'en allait, et tant mieux ! J'avais du boulot, aujourd'hui, et pas de temps pour penser à ce... Mal élevé. Je commençais par ranger ce bureau. Ce serait plus efficace pour travailler, déjà. Je triais les dessins, les feuilletant en souriant. Quelques uns du Sheriff, d'autres d'Elena. Oh, c'est le petit Everett. Moi. Et... L'étranger. Je les rangeais tous dans un tiroir, comme renonçant à ma potentielle vie d'artiste.

Je retrouvais bien vite la feuille des tarifs que j'avais gribouillée comme ça, mais elle n'était plus d'actualité, j'en referais une nouvelle, bientôt. Je commenças ensuite mon tour à l'étage du bas, nettoyant tout de fond en comble. Les chambres ici étaient un peu plus grandes qu'à l'étage, pouvant accueillir deux personnes. Elles contenaient aussi un petit meuble, pour ranger des choses, elles sont conçues pour des gens qui voudraient rester pour une durée prolongée, en réalité. Mais personne ne les utilisait, alors la poussière s'était accumulée, forcément...

A fond dans mon ménage, en train de frotter le plancher avec un chiffon pour enlever les quelques tâches de... Je ne veux même pas savoir ce que c'est, je suis dérangée par un toquement de porte. L'étranger. Je me relevais avec hâte, ma position n'étant pas correcte pour parler à qui que ce soit. Je tapais sur le tissus de ma robe pour en enlever les saletés, avant d'afficher mon plus beau sourire, comme d'habitude. Il n'y répondait pas, comme d'habitude.

"Je peux vous aider ?"

"Vous avez une cuisine ? Je peux l'utiliser ?"

Droit au but, comme toujours. Il ne perd vraiment pas le nord. Puis cette tête qu'il affiche, son expression me court vraiment sur les nerfs. Ça t'arrive de sourire, bon sang ?!

"...Vous avez des tarifs pour ça aussi ?"

Je mettais bien trop de temps à répondre. Je secouais la tête, sentant mes joues rosir. Je suis si facilement distraite, c'est fou. Enfin, s'il arrêtait de bouder en permanence, ça m'aiderait, aussi.

"Non non ! A vrai dire nous avions un cuisinier avant mais..."

"Oui, bon."

"La cuisine est un peu plus loin, il vous faut passer par la salle à manger et-"

"Merci."

Il s'en allait, pressé.

"Mal élevé." gromelais-je, avant de lui crier "Et ne me laissez pas de vaisselle !"

Je reprenais mon ménage, ma bonne humeur s'étant complètement envolée, maintenant. Je m'empressais de terminer les chambres du bas, une espèce de satisfaction m'envahissant au fur et à mesure. Ça fait du bien de s'occuper un peu de l'endroit... D'avoir la conviction que ça va marcher. Avec un peu de chance, les clients qui arriveront dans l'après midi seront peut-être conquis par l'endroit, et me feront de la pub. Encore mieux, il ne voudront même plus partir !

Je prenais une pause, il était bientôt midi, et j'allais enfin voir Elena. Enfin, c'était elle qui venait, cette fois. On est dimanche, donc pas d'école, aujourd'hui. En général, nous allons dans la salle à manger, et on prend un thé ensemble. C'est agréable, vraiment.

L'étranger est devant moi, il a visiblement terminé de manger. Il sort, et je suis ses pas à distance assez raisonnable, pour éviter une quelconque interaction avec lui. Il était bien la dernière personne à qui j'avais envie de parler à l'instant. J'entends le Sheriff crier, alors je m'empresse de sortir voir ce qu'il se passe.

"RENDEZ VOUS UTILE !"

C'était à l'étranger qu'il parlait. Ils discutaient un court instant, avant que Gabe ne se dirige vers la mairie.

"Sheriff Kennedy !" Il s'arrêtait un instant, un main sur son chapeau. "Qu'est-ce qu'il se passe ?"

"Les peaux rouges attaquent la diligence, je cherche des hommes pour aller aider les voyageurs." Il désignait du menton mon auberge. "Y'a quelqu'un là-bas ?"

La question... Transperça le contexte. Je fit non de la tête, et il fit une légère moue, comprenant ce à que je pensais. Il changeait *presque* le sujet.

"Je vais voir le Maire. Reste à l'abris, d'accord ? On sait jamais, avec ces sauvages."

"Ne vous inquiétez pas, elle sera avec moi."

Je sursautais. Cette histoire d'indiens m'était déjà montée à la tête. C'était seulement Elena, qui avait sûrement entendu la conversation. Je me tournais vers elle après que Gabe se soit rué à la mairie. Elle souriait. Elle avait dit ça comme si elle pouvait me protéger. Ça... M'a agacé, un peu. C'est bête.

"Tu n'es pas une enfant, je sais."

"Rho, tais-toi un peu." Dis-je, ouvrant la marche vers mon bâtiment.


Nous étions maintenant assises, à discuter, nos tasses fumantes embaumant la pièce dans laquelle nous étions d'une douce senteur aromatisée. Nous avions seulement entrouvert les volets des fenêtres, laissant à peine le soleil entrer, créant une petite ambiance intime. Le bout de mes doigts taquinait ma tasse, jouant avec la chaleur de celle ci.

"Tu vas bien ?"

Si j'allais bien. Gabe était certes dans l'urgence, mais il avait manqué de délicatesse. Bon, je prenais la mouche, c'est  vrai. Mais il n'y a que la vérité qui blesse, et il fallait le dire, il n'y avait personne dans mon auberge. Je ferais tout aussi bien de jeter la clé sous la porte et de faire autre chose.
Un contact doux venait me tirer de mes songes. La main d'Elena. Elle est là, penchée vers moi. Je me dégage de sa faible emprise. Je grimace, avant de lui répondre.

"Ça va."

Ça sonnait plus comme une question qu'une réponse. Bien sûr que non ça n'allait pas. Je soupirais, et tournait mon regard. Je n'allais pas lui dire tout ce qui n'allait pas. Tous mes doutes, mais angoisses, mes hontes. Je ne voulais pas qu'elle soit cette personne qui passe tout son temps à me protéger. Je veux pouvoir me débrouiller toute seule, un peu.

"Son bol..."

Ma voix tremblait. Je laissais la colère prendre le dessus sur la tristesse. L'étranger avait laissé son bol sur la table, avec ses couverts. Je fulminais intérieurement. C'était comme si ça représentait tout ce qui me dérangeait dans ma vie. C'était précisément ce pourquoi les choses n'étaient pas comme je voulais qu'elles soient. Les gens n'ont strictement aucun respect pour ce que je fais, pour ce que je suis.

"...Oui ?"

"Je lui avais dit de faire la vaisselle !"

"Attends, de qui tu parles ?"

"De l'étranger, aux cheveux gris."

"Si cet homme te pose problème, Lucy, tu peux en parler au Sheriff Kennedy, il pourra-"

"Ah, non ! Je vais m'en occuper moi même ! Je vais lui remettre les pendules à l'heure, toute seule, comme une grande !!"

Elena sembla croire à une blague. Elle laissa échapper un léger rire mais lorsque mon regard foudroyant se tourna vers elle, elle toussa.

"J'en ai marre qu'on me prenne pour une enfant, et qu'on me manque de respect, dans c'bon sang d'bon soir d'trou perdu d'ville, là !"

Elle se mit à rire pour de bon.

"Excuse moi mais... Quand tu te mets en colère... Ton accent ressort..."

Je tentais de me contenir, mais son rire à fini par m'atteindre, et me faire perdre tous mes sentiments négatifs... D'une certaine façon. C'est pour ça qu'on est si proches. Elle sait toujours me rendre heureuse, je ne sais pas comment elle s'y prend, mais c'est comme ça.

Une petite heure passait. Elena avait à faire, pauffiner finissait par s'en aller. Je continuais de peaufiner mon auberge, la diligence avait vraiment beaucoup de retard. Peut-être que l'incident avec les indiens était plus grave que ce que j'avais pu penser. C'est commun que les indiens attaquent, même si c'est triste à dire, mais en général les choses rentrent dans l'ordre assez vite. Il faut dire que comparés aux hommes du gouvernement et autre casse-cous qui défendent les villes, leurs armes ne sont pas très élaborées. Mais bon, il arrivait aussi que les choses se passent mal, et si c'était le cas, la suite des événements serait compliquée... Pour tout le monde, pas que pour moi.


Assise à mon bureau, je dessinais pour évacuer mon anxiété. Je finissais par poser ma tête dans ma main, le coude sur le bureau, ma petite bouille sûrement horriblement déformée. Devant moi il y avait mon autre main, mes fins doigts faisant circuler le crayon entre eux. Je le laissais m'échapper quand quelqu'un entrait en trombe dans le bâtiment. Je me redressais avec hâte pour voir l'étranger. Là, je plaquais mes mains sur mon bureau, et me levais d'un coup, ma chaise en bois faisant un bruit désagréable dû au frottement contre le bois.

"Écoutez moi bien, vous !"

"Non, vous, écoutez moi bien !"

"Hein, Quo-"

"Asseyez vous, et tâchez de ne pas tout gâcher !"

Je m'asseyais machinalement, pas sûre de comprendre ce qu'il se passait, alors que la porte s'ouvrit encore, laissant passer une personne, puis une autre, et bien d'autres encore, si bien que le hall fut bientôt rempli. Mon coeur battant, je me hâtais de sortir le gros cahier qui me servait à noter les noms et les chambres prises, soufflant rapidement dessus pour que personne ne voit la poussière qui s'y était accumulée.

"Mesdames, messieurs, voici l'endroit dont je vous ai parlé." Il avait fait ça ? "Vous ne dormirez pas mieux ailleurs qu'ici, je vous le garantis !" C'est vrai ? "Les chambres sont un peu petites, c'est vrai, mais c'est parce que la demande est tellement forte que c'est dur de satisfaire tout le monde."

Il était en train de servir à ces braves gens un ramassis de bêtises, mais il le faisait avec tellement de confiance en lui que même moi j'avais du mal à savoir s'il le pensait vraiment.

"La charmante Ms.Hardwell ici présente s'occupe de tout à elle seule, et je pense qu'elle sera prête à vous aiguiller concernant la ville, ou même si vous avez d'autres questions..."

Quelques voix s'élevaient et je pouvais entendre déjà des louanges concernant mon travail et la qualité de l'endroit alors qu'ils venaient à peine de passer le pas de la porte. Ils buvaient les paroles du jeune homme à l'épée, pour une raison qui m'échappait.

Mais... Il a dit charmante ?

C'est les joues légèrement rosies que je saluait les gens de la diligence de la main. Avais-je passé tellement de temps dans ce trou à rats plein d'hommes mal éduqués que j'en ai oublié comment recevoir un simple compliment ? Ou peut-être était-ce parce que c'était quelqu'un qui venait d'ailleurs ?

"Concernant le prix..." Il tourna vers moi son regard bleu, un court instant, et quand j'allais prendre la parole, il me coupa. "... C'est à 45 munnies la nuit." Mes lèvres étaient figées, ma bouche entrouverte, mes yeux pleins de surprise. "Pour les plus grandes chambres bien sûr. Si vous êtes seul il y en a de plus petites, pour 40 munnies." Mon coeur battait à la chamade alors que je ne savais pas quoi faire. C'était un peu comme de l'arnaque, en soi. Enfin, pas vraiment, ces prix avaient existé, auparavant.

"Cela dit, au vu des événements qui vous forcent à venir ici, Ms. Hardwell a très gentiment proposé de vous faire à chacun une réduction de 10 munnies, le temps que la diligence soit réparée."

Il était malin. C'était un moyen de me faire bien voir, et en même temps de gagner plus d'argent. Il s'approchait maintenant de moi et posait une main sur mon épaule avant de se pencher et de chuchoter.

"Il faut que nous parlions."

Il s'en allait tout aussi vite qu'il était arrivé, dans sa chambre très certainement, me laissant en proie à une horde de clients souriants et prêts à payer leur loyer. C'était... Beaucoup d'argent. Certains payaient à l'avance. Tous me remerciaient de ma générosité. S'ils savaient.

Je me demande ce qu'il a à me dire. Je me demande d'ailleurs pourquoi il m'a aidé de la sorte. Mais pour l'heure, je me concentrais sur mon travail. Je souriais, acquiesçant, serrant des mains, et toutes les autres conventions sociales nécessaires pour que mon affaire fonctionne.

"C'est moi qui vous remercie. Tenez, vos clés. Ça fera 30 munnies."
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Noirâtre Acceptation
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Mar 21 Mar 2017 - 18:21
La première partie est franchement pas mal. Déjà, ce que j’apprécie dans le style c’est le côté pas trop contemplatif, assez descriptif et bref à la fois, qui va à l’essentiel. C’est assez doux aussi.

Au final, tout allait bien au début jusqu’à ce que je voie des erreurs que je vois vraiment régulièrement sur ce forum : un rp au passé, avec un usage ponctuel du présent qui n’est pas justifié.

« Je faisais le tour des chambres, une à une, vérifiant qu'il n'y ait plus personne, refaisant les lits, changeant les draps, ce genre de choses. »

puis après

« Je redescends. Déjà douze heures et quart, Elena doit m'attendre depuis quelques minutes maintenant. Je réajuste ma robe, enlevant la poussière qui pouvait s'y trouver, me dirigeant vite vers l'école. Elle me fait signe, et j'accourt, grand sourire aux lèvres. Elle me le rend. »

puis encore

« J'acquiesçait, grimaçant un peu. Ce n'était pas comme si c'était la première fois de toutes façons. »

Voilà, on a un récit avec des actions décrites l’une à la suite des autres. Tu passes du passé au présent pour revenir au passé, ce n’est pas logique vu qu’on est dans la même temporalité.

Sinon, ouais, les dialogues sont vraiment pas mal, les personnages sont sympathiques. Tu mets bien l’ambiance et ça semble réaliste.

Connaissant mal Hoper (j’ai juste lu la fiche) je me suis demandé jusqu’à la fin le rapport de cette fille avec lui, puis je l’ai vu arriver et j’ai compris.

Deuxième partie donc :

On découvre un peu mieux le caractère de Lucy et c’était pas plus mal. On découvre finalement une fille assez susceptible qui prend la mouche parce qu’un mec se montre froid et indifférent envers elle. Et je dis « Cool, elle n’a pas que des qualités ».

J’avoue que la conclusion m’a un peu surprise, je dois dire que je ne l’avais pas du tout venir.

Bien sûr, je me doutais qu’il allait se passer un début d’histoire entre ces deux-là, mais je ne m’attendais tout bonnement pas à ça du peu que je connaissais d’homer.

Concrètement, ce qu’il a fait ici, c’est quand même super généreux et serviable et je l’imaginais pas comme ça, même pour une fille sur base de la fiche. Cette organisation m’a franchement fait penser aux mecs qu’on voit dans les romans à l’eau de rose (c’est pas une insulte venant de moi Very Happy), le mec froid et indifférent à la base énerve la fille jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’en fait, ce mec est génialement gentil et fou d’elle. Bon, là c’est dans les romans, je dis pas que c’est exactement la même chose et je critique pas.

Mais voilà, c’était un bon rp ^^

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