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 Ní neart go cur le chéile
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Dim 11 Déc 2016 - 0:09
La nuit était tombée, rapide, silencieuse. L'automne commençait à peine et c'était comme si l'été disparaissait sans mot dire. Dans le ciel, Fabri voyait depuis l'ombre la clarté d'un millier d'étoiles. Il en oubliait pendant un moment tout le reste, tant cette vision était singulière. A chaque fois qu'il trouvait un instant de calme, il se demandait si c'était le dernier, puis le contemplait, comme rassuré. Sa sérénité d'un instant face à ce ciel couvert d'étoiles n'avait aucun prix. Sa surprise face à cette vue s'était muée en un calme silencieux, et ainsi, il priait à sa manière. Le calme et l'absence de voix, de mouvements et de pensées laissa son esprit vagabonder sans chercher à s'attacher à une inquiétude ou un remord.

Un coup de vent cinglant le ramena à la réalité et, alors que ses yeux quittaient leur observation du ciel, ses sens reprirent possession de son corps. Il revint à lui, ne s'étant pour autant jamais endormi. Se souvenant de la douleur dans chacun de ses muscles ainsi que de la terre sur ses mains. Alors qu'il n'en avait pas encore nettoyé le sang, il avait creusé les tombes de ces soldats qu'il avait lui-même tué, du moins quelques unes pendant que tout le monde s'affairait à faire disparaître les traces des événements de l'avant-veille. Levé avant le soleil, il avait regardé sa course céleste alors qu'il s'était acquitté des tâches répugnantes qui lui avaient étés données, sans mot dire, comme la veille. Une pénitence silencieuse. Il n'avait jusqu'alors trouvé que peu de sens à la pénitence, mais c'était bien un besoin qu'il n'avait jamais vraiment eu jusqu'à présent, alors qu'il n'avait jusqu'alors jamais ressenti face au monde qu'une haine étrange. Il avait en ce moment l'impression que le monde ne lui devait plus rien, mais qu'au contraire, lui, lui devait quelque chose en retour.

Ces pensées lancinantes l'avaient hanté le jour durant ainsi que le jour qui l'avait précédé, et ce ne fut qu'à la tombée de la nuit qu'il avait battu en retraite dans un jardin, haut dans la citadelle. Il s'était posé sur un banc sans la moindre cérémonie, s'étant préparé à sommairement envoyer paître les visiteurs incongrus avec son nom et son grade comme boucliers. L'inconvénient avec ses nombreuses connaissances dans la Citadelle et le fait qu'il savait à peu près où tout le monde était susceptible de se trouver, c'était bien que tout le monde pouvait, en retour, le trouver à toute heure. Il passait donc une partie respectable de son temps à trouver des coins reculés où passer une après-midi, le temps d'une sieste, le temps de lire un livre, de réfléchir. Ou de disparaître quand le devoir l'appelait et qu'il n'avait simplement pas envie d'y répondre.

C'était ainsi qu'il avait raté la cérémonie.

Allongé sur son banc, le regard perdu dans le ciel. Dans un clos ceint de hautes murailles, tapissé de verdure. Un lierre grimpait sur le mur, de l'eau s'écoulait paresseusement d'une fontaine qui y était accolée. Des fleurs en cette saison tardive, aucun bruit ; un havre de paix qu'il avait immédiatement pris pour acquis alors que le regret lui poignardait le cœur. Car la Citadelle était en émoi et il le savait bien ; les pensées de ses habitants, leurs sentiments et leurs vies se répercutaient contre ses murs en un écho constant, donnant tout détail sur ce qui se passait en son sein. Plus le temps passait depuis l’événement -déjà des heures, une journée entière.

Il tiquait à chaque bruit de pas dans les cloîtres attenants ; craignant une personne à rediriger ailleurs, loin de lui. En quelques minutes il en était venu à abhorrer le contact. Quelques instants de plus, disait-il, à chaque bruit ; il allait jusqu'à frôler la pensée de l'imploration à la Déesse. Etro, un peu de calme. Mais, que quelqu'un fuyant son devoir en vienne à La prier aurait été un blasphème. Alors ses épaules se tendaient et il fermait les yeux en attendant que le bruit passe. Et il était passé.

Par trois fois peut-être, jusqu'à ce qu'une quatrième fois ; la dernière, il se rapproche avant d'être étouffé par l'herbe du clos.

Et à ce moment là, Fabrizio sut qu'il était découvert. Un ultime sentiment de tristesse, une infime notion de désespoir ; le tout en un peu moins de quelques secondes.

« Sire Valeri ? »

Et pourquoi pas votre altesse ? La voix lui fit l'effet d'une claque, mais il l'essuya sans mot dire. Il roula des yeux et regarda la personne qui s'adressait à lui.

Sa longue robe blanche désignait une prêtresse d'Etro. Oiseau d'un orageux augure alors qu'il était en lieu et place d'un gamin rappelé à l'ordre. Alors qu'il se redressait en position assise, il détailla son interlocuteur d'un regard plus attentif. Il devait bien la connaître de vue ; elle s'inclina. Lui, fit un signe de tête, l'invitant à continuer.

« Votre présence est requise d'urgence dans les Appartements du Primarque ; son état inquiète fortement le corps médical. Ce dernier se voit refuser catégoriquement l'entrée. »

Elle s'inclina une fois de plus.

Quelle merde.

« D'accord. J'y vais. »

Il n'y avait pas besoin de demander pourquoi cette prêtresse était directement venue le voir. L'inquiétude qui l'animait désormais et qui l'avait fait se lever en un réflexe était l'unique preuve qu'il avait de ne pas s'arrêter et de retourner sur son banc à ne rien faire. Il avait répondu rapidement et était parti aussi sec, ignorant les personnes sur son chemin. Il passa par un dédale de ruelles et d'escaliers dans cette partie peu familière de la Citadelle. Il se souvenait d'instinct de la position de certains bâtiments, et n'avait pas besoin d'indications. En continuant par le chemin qu'il pensait alors être le bon, il finissait toujours à s'y retrouver.

Fabrizio rejoignit les quartiers du Primarque ; la présence de gardes se faisait plus dense. Leurs armures impeccables les différenciait en tous points des soldats postés aux murailles à la présence de laquelle il était nettement plus habitué. Il ne venait ici que peu, et jamais sans raison. Ces derniers temps, sa présence s'était faite beaucoup plus sporadique. En réalité, ça faisait déjà un bout de temps qu'il n'était pas venu, en y réfléchissant bien. Pourtant, il n'y avait pas un son, pas une couleur qui ne lui était inconnue. Le son de ses pas sur le sol dallé et la lumière de la lune par les larges fenêtres d'un autre cloître.

La porte des appartements était ouverte et, à l'intérieur, une foule de médecins en tuniques blanches ainsi que quelques Paladins.

« Quand est-ce qu'il est sorti pour la dernière fois ? »

Le paladin ainsi questionné mit quelques secondes à répondre.

«  Depuis la cérémonie ; il ne souhaite pas que nous entrions. »

Le jeune homme acquiesça en silence et songea quelques instants.

« Qu'un médecin m'accompagne, vous autres, sortez. Dans le couloir, avant que vous déclariez l'état de siège devant une chambre; vous ne devriez pas être ici. »

Dans un froissement de tissu, les personnes présentes s'exécutèrent. D'un signe supplémentaire, Fabrizio fit également reculer les Paladins, jusqu'à l'extérieur. Il soupira. Le médecin présent était une femme, les traits marqués par les derniers jours, elle portait elle aussi un long tablier blanc par dessus une tunique de même couleur. Ses cheveux sombres étaient sévèrement attachés, mais son visage portait un air neutre ; sinon une légère appréhension. Dans son sac, du nécessaire médical. Rien de dangereux. Fabrizio n'était lui-même pas armé, même si l'habitude eut tôt fait de lui faire garder un poignard dans sa botte et des aiguilles dans ses cheveux hâtivement attachés en cas de coup dur.

Il lança un regard entendu au médecin et frappa à la porte.

« Primarque. » il espérait que ce dernier reconnaisse sa voix, au moins.

Fabri mettait tout en œuvre pour penser à un moyen de lui faire ouvrir cette foutue porte.

« Vous n'êtes pas sorti depuis une journée entière, le Sanctum s'inquiète de votre état. »

Il frappa de nouveau et attendit. Aucune réponse.

Son cœur bondit dans sa poitrine et un doute insidieux perça son esprit. Il y avait un problème.

« Vous connaissez très bien ma capacité à crocheter des serrures et croyez-bien que ce n'est pas celle-ci qui me résistera longtemps, Seigneur Hewley. »


Il tendit l'oreille, espérant ; priant pour une réponse. Jurant. Que se passait-il ?
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Lun 12 Déc 2016 - 13:16
« Primarque. »

Angeal ne l'était pas... ne l'a jamais été, n'étant pas plus digne d'en chauffer la place... et refusait de répondre à ce titre après tout ce qui c'était passé face à Swain. Rien qu'à entendre ce mot, il en fut fou de rage et de désespoir, serrant avec tristesse la dernière lame de la Sainte Noel. Si le pouvoir de ce pendentif n'égalait pas la statue, de le porter autour du cou... c'était comme devoir trainer un poids avec le cœur.

« Vous n'êtes pas sorti depuis une journée entière, le Sanctum s'inquiète de votre état. »

Fabrizio... l'un des quatre premier guerrier du Sanctum... comme Angeal et contrairement à Noel, il n'était pas mort. Contrairement à Heinrich et Angeal, il ne s'était pas enfui. Dans tout le Sanctum, nul n'a plus donné que celui-là, nul n'a pris plus de risque et nul n'a plus sacrifié son âme : de tous, c'était celui en qui le paladin avait le plus confiance. Toute confiance. Dès qu'une mission n'est pas officielle, est sale ou contredit par obligation les valeurs du Sanctum : c'est à lui qu'on a demandé de se salir les mains.
Sans jamais se plaindre, là où le Boss même du groupe enchainait les dépressions rien qu'à faire un peu de politique et de diplomatie... rien qu'à essayez, plutôt.

« Vous connaissez très bien ma capacité à crocheter des serrures et croyez-bien que ce n'est pas celle-ci qui me résistera longtemps, Seigneur Hewley. »

En effet, Angeal la connaissait et savait éperdument que c'était autant un guerrier qu'un voleur, pouvant se faire assassin... cet homme était systématiquement ce dont on avait besoin. Il était ce qu'il avait besoin d'être au moment où il le devait et se montrait résigner au possible, en ayant fait une force. A ce niveau-là, Fabrizio acceptait ce qu'il ne pouvait changer bien plus facilement qu'Angeal. Ce dernier était assis sur son lit... relevant sa tête écrasée par la honte, respirant profondément et calmement pour réguler son organisme en feu ; il tâcha de paraitre en aussi bon état que possible. De son état, Angeal pu dissimuler son désespoir et sa honte, pas sa face ternie par les évènements, ni les nombreuses traces de cette nuit sanglante.
C'était le plus ancien du Sanctum avec Angeal et le seul à avoir côtoyer les trois derniers Primarque, probablement le seul à connaitre le surhomme avant sa prise de pouvoir. A y repenser, c'était une certitude et si ne servait de se lamenter, il le faisait... puis qu’avec plus de tact de la part d'Angeal, le Roi Stéphane aurait sans douté été plus coopératif.

D'ailleurs... Fabrizio n'était nulle part... tantôt templier, tantôt paladin, tantôt enquêteur... et hormis le clergé, il connaissait touts les postes militaires du Sanctum comme personne. N'ayant pas changé d'avis, le faux-primarque ne voulait recevoir personne et c'était la même chose pour tout le monde... or, Sir Fabrizio Valeri n'était ni personne, ni tout le monde.
C'était un jeune ami que Angeal avait vu progressé et grandir... là où Henri, qu'il pensait son meilleur ami, l'avait trahi. Autrement dit, le paladin avait pris Fabrizio sous son aile et ne l'avait jamais regretté.

Assis sur son lit, la tête écrasée par la honte, la face ternie par le drame, l'esprit en doutes et le corps brisé au point de ne pas pouvoir décrire ses propres blessures. Relevant la tête, tâchant d'avoir une posture militaire mais obtenant celle d'un fier infirme, il respira profondément et tâche d'arrêter de trembler... puis se leva, difficilement, sentant ses os subir chaque pas comme si ce fut un coup de masse.

« Tu peux entrer. » Déclara Angeal sur un ton que la surprise rendait froid et austère, sur la défensive. Refuser les soins était de la fierté mal placé, de l’orgueil et de la bêtise... Fabrizio ne le tolèrerait pas. Alors que celui-ci entrait, Angeal fit barrage de son bras tendu au médecin, tâchant de paraitre aussi doux que possible à la jeune femme. « Pardonnez-moi... mais je dois m'entretenir seul avec Sir Valeri... et vous êtes libre de votre temps. »

« Vous devez recevoir des soins ! »

Elle n'avait l'air que d'une simple médecin et même si Angeal était son patient, donc sous ses ordres, ça l'étonna d'être ainsi défié. L'étonna mais en aucun ne le vexa, l'agaça ou l’énerva... il comprit à quel point son comportement était frustrant. Sans ça, le visage de la dame lui rappelait quelque chose et... l'habit ne fait pas le moine.

« Les blessés sont nombreux et j'ai trop de travail pour me balader en tenue mais je suis une prêtresse. Le Clergé exige votre rétablissement au plus vite, on ne vous demande pas votre accord. Laissez-vous soigner, c'est un ordre unanime du Haut-Clergé. »

« Pardon... je me laisserais soigner, je le jure... mais j'ai besoin de m'entretenir avec Fabrizio avant cela. » Répondit-il, le visage doux et ouvert mais les yeux subtilement plus sévère. Le Clergé a l'autorité absolue mais jusqu'ici, jamais il n'oublia de qui dépend sa survie. « Dès que notre entrevue se termine, je l'enverrais chercher une armée de guérisseur si le clergé le souhaite. Ne perdez pas votre temps à attendre car comme vous le disiez : vous avez un travail affreux et vous en avez beaucoup. »

La prêtresse en tenue de médecin regarda alors Angeal comme une mère regarde un enfant peu coopératif... et ses yeux menaçant presque le boss, elle partit sans rien dire, fermant la porte derrière elle. Le paladin retourna s'asseoir et ce fut pour lui le plus grand des soulagements. Posant des yeux chagrinés sur Fabrizio, Angeal n'eut même pas à forcer son sourire qui apparu de lui-même.

« Je... » Il hésita, n'ayant jamais été à l'aise avec ça. « ...te remercie d'être venu... et pour ne rien te cachez, j'aimerais qu'on passe un moment ensemble pour se détendre. Sans stratège ni dieux dégénérés ni coalition noire, ni puissance. Aujourd'hui, je serais de bien piètre compagnie mais je dois te demander quelque chose. »

Car Fabrizio, comme Angeal et Heinrich en son temps... savait tout du Sanctum, du tout début jusqu'à la toute fin. Il n'ignorait rien et était pourtant toujours là. A sa grande joie, pour sa plus grande fierté, Fabrizio n'avait plus rien à voir avec le gamin peureux et hésitant qu'on avait connu autrefois. C'était devenu un chef sans titre, nul ne savait exactement ce qu'il faisait là mais Sir Valeri faisait partit des meubles au sens le moins péjorative du terme.

« C'est une proposition et tu peux la refuser... ce poste sera comme le mien, jamais tu n'en réchappera si tu l'acceptes. »

... Ce n'était pas facile à demander, encore moins à expliquer et d'infliger ça à Fabrizio fut en l'instant plus douloureux que tout le reste. Soudain, Angeal se mit à parler à voix basse, murmurant sur un ton dès plus grave.

« Je compte former un nouvel ordre au Sanctum... un ordre secret... et cet ordre-là... n'aura de compte à rendre à personne, pas même au clergé sinon au Primarque... et encore, pas sans philtre. » Ça paraissait un blasphème ou une hérésie ; c'était pour le paladin une nécessitée. « Je compte fonder une police secrète, indépendante du clergé et pouvant agir... sans restriction aucune. Comprends que les Inquisiteurs n'existe pas, n'ont jamais existé et n'existeront jamais. Tu en seras à la tête mais nul ne le saura, aucune légitimité en ressortira, aucun droit et aucun honneur non plus. Les Inquisiteurs ne serviront qu'à régler les problèmes, par tout les moyens et en outrepassant nos valeurs. Les Inquisiteurs tortureront, exécuteront, feront disparaitre des gens, parfois même des membres du clergé et malheur à celui qui posera des questions... ils feront tout ce que le Sanctum ne peut ou ne veut faire. »

Honteux, Angeal passa une main sur son visage, pouvant difficilement regarder Fabrizio en face... mais plongea finalement son regard dans le sien et ne cacha pas un seul instant sa détresse, les yeux humides.

« En résumé, je te demande de sacrifier ton âme et de régner sur les ténèbres du Sanctum. Si les paladins sont les soldats d'Etro ; les Inquisiteurs seront malgré eux sur la voie du nuage noire... toute lumière protège une ombre. Les Inquisiteurs existeront de toute façon, à toi de voir si tu veux en porter la charge mais à mes yeux, tu es le seul capable d'endurer cette mission. »

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Mar 20 Déc 2016 - 3:24
Il ne savait pas vraiment où se mettre, pour le coup. Voir Angeal dans cet état -alors qu'il ne l'avait pas vu depuis un sacré bout de temps, était-il bon de préciser, c'était quand même quelque chose qui ne le laissait pas de marbre, loin de là. Peu de choses le laissaient de marbre, en réalité. Mais celle-ci le démolissait plus que bien d'autres, pour tout dire.

« Ah, d'accord. »

Bien entendu, le savoir en vie et non au bord de la mort, ou enfui comme une certaine personne qu'il connaissait et qu'il avait envie de balancer dans un puits -c'était Henr- enfin, Heinrich, si les précisions n'étaient pas suffisantes- était un vrai soulagement. Cependant, ce qu'il avait à dire était vraiment quelque chose.

Il l'écouta, silencieusement et sans essayer de l'interrompre. Il pouvait interrompre tout le monde, et leur mentir aussi tant qu'à faire, mais il ne faisait pas ça avec Angeal. D'une part parce qu'il n'avait bien souvent pas à le faire, mais également parce qu'il n'avait pas envie, et ça déjà c'était plus particulier. Il aurait pu rester planqué en attendant une petite semaine, histoire de laisser les choses se tasser, la terre au dessus des tombes de se recouvrir d'herbe, tout ça. Mais bon, le Primarque l'avait appelé. Alors il s'était ramené, et voilà qu'il était nerveusement en train de rabattre les manches de sa chemise sur ses avants-bras encore couverts de terre.

« Vous savez, enfin, tu sais, ces histoires d'âmes, si j'y croyais, j'aurais pas fait exploser la moitié des égouts de la Citadelle, j'aurais pas tué un type à son procès et j'aurais pas visité l'appartement de Swain en pleine nuit. Le seul moyen de... s'engager sur la voie du Nuage Noir, comme tu dis, c'est d'être persuadé de s'y engager. Qu'on soit réalistes trente secondes... »

Que dire, que faire ? Angeal avait l'air de mourir sur place, et il n'y avait rien de plus désagréable. Il y avait quelque chose d'antithétique ; voir ce leader craquer de cette manière fort silencieuse et passablement effrayante. L'idée de sauter par la fenêtre lui semblait plus rassurante que de tenter de continuer la conversation. Qu'est-ce qu'il allait bien pouvoir faire si le Primarque... fondait en larme ou quoi que ce soit ? Fabri avait déjà consolé des gens, et il avait probablement déjà pleuré dans les bras de quelqu'un, mais ici c'était différent. Il n'aurait peut-être pas du venir ; il aurait du laisser de l'eau couler sous les ponts.

Il ne voyait pas comment rassurer quelqu'un qu'il considérait comme un père, là où le sien s'était toujours montré stoïque et sans défaut paraître, possédant toutes les qualités d'un soldat. La comparaison lui fit mal au cœur parce que ce dernier avait arrêté de vivre d'une manière des plus injustes, tué parmi beaucoup d'autres.

« C'est un mal nécessaire. Et j'en suis. C'est pas comme si j'allais découvrir le métier non plus. »


Si c'était possible pour lui d'empêcher une chute prématurée du Sanctum ; et même de l'empêcher tout court, il était évident qu'il ferait tout son possible. Il avait tué plus qu'à son tour pour cet endroit qui l'avait accueilli ; qui l'avait d'abord regardé étrangement tout d'abord, mais qui au final, l'avait accepté comme s'il était né ici. Et il était prêt à tout pour ne pas avoir à revivre un événement de l'acabit de celui qui l'avait mené ici. Un événement dont il ne se souvenait déjà plus clairement et qui n'était plus qu'un vieux souvenir, comme une suite d'images. La lumière de la lune au travers d'un vitrail, l'éclat tremblant des bougies et le sang qui coulait entre les dalles d'une chapelle. Il soupira, cherchant à contourner ces souvenirs gênants.

« Regarde-toi... Je ferais tout ce que je pourrais si ça pouvait enlever la charge de tes épaules. »

Il détourna le regard ; c'était insupportable. « Par contre, ça va pas continuer comme ça. » reprit-il en haussant légèrement le ton.

Il se dirigea vers une fenêtre, qu'il ouvrit vivement. L'air frais de l'automne s'engouffra à l'intérieur, de même que la clarté du ciel nocturne. Une bonne diversion de la morosité du Primarque.

« Je veux bien en porter la charge. » dit Fabrizio en s'éloignant de la fenêtre et en allant récupérer quelques feuilles s'étant envolées à cause du brusque courant d'air. « Mais hors de question que rester dans l'ombre d'un quelconque Nuage Noir. C'est pas une mentalité à avoir, non ça, c'est juste une pierre qui entraînera ton Inquisition par le fond. On va pas faire de la torture gratuitement, et on va certainement pas bouffer des vierges parce que c'est le troisième samedi du mois. Si je suis amené à gérer l'Inquisition, d'accord elle n'existera pas et ne sera en aucun cas relié au Sanctum officiellement, mais s'il y a un gars qui m'a l'air louche, je le balance du haut d'une muraille. Ce sera un accident de travail très triste mais il faudra ce qu'il faudra. »

Il alla ouvrir la seconde fenêtre, une fois sûr que plus aucun document ne s'envole. Faisant attention à ne pas croiser le regard d'Angeal.

« C'est un coup à faire revenir Grell, et ça j'en ai pas vraiment envie. »


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Mar 20 Déc 2016 - 20:24
« Nos Dieux ! » Lâcha-t-il dans un rire qu’il voulut discret. « Le jour où je meurs, je sais que le Sanctum sera toujours entre de bonnes mains et tu sais bien mieux que moi en quoi consiste ce travail. C’est ta charge, ça l’a toujours été et ça le sera toujours. »

Angeal Hewley n’en revenait pas… non content d’accepter cette lourde tâche, qu’après tout, il remplissait depuis le début, Fabrizio Valeri était devenu homme au point de remettre le paladin-en-chef à sa place. Sans irrespect, parfaitement à sa place, celui qu’on avait parfois surnommé le Pardon Enchainé restait d’une force mentale à toute épreuve. Rien ne l’abattait, rien ne l’effrayait… quel peut être la nature du drame qui marque ce jeune homme ? De cet homme, digne et droit, qui était déjà tombé de si haut que jamais il ne pourrait tomber plus bas. Nul ne pouvait plus rien faire contre lui, de sa résignation naissait une volonté indéfectible. Face à ça, il était désormais hors de question de jouer les martyrs à moins qu’un Eternel ne le lui demande. Redressant comme faire se peut sa posture d’infirme et séchant ses yeux de sa manche, le paladin tâcha d’être un mentor digne de son protégé. L’air frais qui rentrait dans cette pièce, renfermé depuis l’entrée d’Angeal, lui faisait un bien fou… presque autant que ce petit rire qu’il s’était permis.
Cherchant un sujet léger, il n’en trouva mais face à Fabrizio, on pouvait plus ou moins rire de tout. Ça lui paraissait désormais tellement évident que sa charge, il ne l’a jamais porté tout seul. Lui-même, Fabrizio, Lulu et Cassandra méritaient décidément un Primarque.

« Henri… tu l’aurais revu, apparemment… et j’espère que tu lui as bien expliqué ce qu’on pensait de sa démission ! J’espère qu’on peut considérer son honneur lavé mais c’est à toi de me le dire. Quoiqu’il en soit, ces sandwichs me manquent tellement… » Dit-il dans un sourire, ne pouvant cacher sa déception malgré tout mais reprit plus léger. « … ils auront toujours une place dans mon cœur et laissent un sacré vide dans mon estomac. »

Angeal n’avait ni mangé, ni bu de la journée… et ne s’était appliqué que de faibles sorts de soins, c’est-à-dire les siens. C’était une sorte de don, ayant appris la méthode de Genesis mais n’ayant jamais été très porté sur la magie, bien que le psychisme commence à lui parler. Quant à la symbiose, autant oublier. Se levant difficilement, repoussant fièrement mais sans véhémence l’aide que Fabrizio aurait pu lui proposer. Le faux-primarque se saisit alors d’une canne non loin de lui et se mit à marcher, effrayé par le point commun avec Swain… allait-il devenir comme lui ? Un ancien héros qui, désormais, serait un homme de mal malgré lui. En l’affrontant et pour le vaincre, il se faisait la sensation d’être comme lui… et juste après ça, il enfila une cape brune à capuche, se dissimulant comme possible.

« Fabrizio, tu n’as pas faim ? Moi oui mais… je n’ai pas trop envie de croiser du monde… et je ne vois pas qui, à part l’inquisiteur-en-chef, peut nous trouver un coin tranquille. Manger un bout, boire un verre et se détendre un peu… au fond, on le mérite bien. »

C’était surtout Fabrizio qui le méritait, de même que Cassandra et Lulu… mais Angeal ne voulait plus se lamenter ou sombrer dans de ridicules dépressions. Il en avait bien trop fait, en bien comme en mal, pour ça. Quant à Grell et au Nuage Noire, Angeal ne voulut même pas en prononcer les noms, faisant comme si jamais il ne les avait évoqué.

« Et je te rassure, c’est moi qui régale ! »

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Jeu 29 Déc 2016 - 0:33
« Vous... tu me parles de mourir et de vendre mon âme, deux minutes plus tard tu me demande si j'ai la d- si j'ai faim, est-ce que tu es conscient que la moitié de tes soldats font le pied de grue devant ta porte et qu'on a envoyé quelqu'un me traquer dans toute la citadelle parce que selon toute évidence, je suis le seul à qui t'aurais bien pu ouvrir !?  »

Fabrizio était ouvert à la discussion ; maintenant que le mal était fait et qu'il avait été sorti de son marasme, il avait fort envie de débattre, et il se trouvait qu'Angeal lui laissait un champ considérable pour... Se plaindre.

Il n'aurait jamais dit qu'il se plaignait ; ce n'était pas son genre. Mais sa soudaine véhémence ne pouvait porter d'autre nom, et il le réalisa alors qu'il allait aborder un sujet plutôt fâcheux.

« Et en plus, tu... faut qu'on remettre Henri sur le tapis. »

C'était une libération, de parler à Angeal. Parce qu'à part Hen... Heinrich. A part lui ; il était la seule personne à qui il pouvait parler en connaissance de cause ; en connaissance de choses et d'autres, en ayant Grell dans un coin de la tête, en se souvenant de ce qu'était le Sanctum avant. Ils étaient en réalité les premières personnes de cette existence qu'il avait fait sienne en arrivant dans ce monde inconnu après avoir fui le sien à l'aveugle. Comme un lâche -Marie avait trouvé le terme juste, et il s'en était rendu compte. Sa gorge se noua, et il ne sut pourquoi, dans l'immédiat. En réalité, il y avait tellement de raisons qu'il n'eut ni le temps ni l'envie de les départager.

« Il est reparti comme la dernière fois, est-ce que t'as cru qu'il se serait arrêté pour te passer le bonjour ? J'aurais du l'enfermer ! C'est ce que je ferais la prochaine fois que je le croise ! »

Il avait parlé à Angeal, avant, mais jamais d'une manière aussi... Impolie. Voire même odieuse. Il allait de soit qu'après chacune de ses phrases, il se jurait de se taire et évitait soigneusement son interlocuteur du regard.

Il se dirigeait vers la porte alors que son esprit fonçait vers des conclusions hâtives et incomplètes. Ah, oui, il avait faim aussi. Mais... mais on s'en foutait ! Est-ce que c'était une excuse pour lui refiler un autre travail des plus étranges ? A ce moment, il se le demandait. C'était comme de se retrouver dans un rêve. En réalité ; c'était ça. Il s'était endormi sur ce banc et il ne s'était pas encore réveillait. En ce moment même, il dérivait dans l'abîme de l'inconscience.

Ou peut-être pas.

Alors qu'il allait sortir en prévenant Angeal de son accord pour trouver un coin où manger, il revint un peu plus à la réalité.

«  Mais ça va pas être possible - »

La moitié des Paladins attendait, derrière la porte. Aussi, Fabri fit volte-face et regarda Angeal. Ce dernier peinait comme un vieillard.

Il n'avait jamais vu l'agonie de son père, mais c'était peut-être la chose la plus proche.

« Je crois que je dors encore. »

Ah, ta gueule toi.

« On peut pas sortir par là. »

Non, sans blagues.

Il dirigea son sort de soin le plus puissant sur le Primarque. Il ne pouvait pas sortir dans cet état. Ce sort n'allait pas soigner le Primarque ; il avait cependant assez de puissance pour arranger son état en quelque chose de plus présentable.

« On me paie à manger, je viens. »

Il se redirigea vers la fenêtre qu'il avait ouverte quelques instants plus tôt.

Il n'en pouvait plus, de se tenir face à un homme qu'il ne pouvait pas regarder, à qui il ne savait comment s’adresser. C'était un enfer. Et pourtant, il n'avait pas envie de partir, il n'avait pas envie de fuir. Ne plus jamais fuir.

Les étoiles ; la paix. Son esprit s'éclaira quelque-peut. D'ici, les gardes ne pouvaient pas les voir ; le couloir ne formait aucun coude dans lequel une fenêtre aurait pu être percée. Ce n'était qu'une tour, savamment construite, dont il connaissait l'architecture basique.

«  Très estimé Primarque. » reprit-il. «La sortie, c'est par là. Je porte votre carcasse ou vous vous sentez de descendre tout seul ? Y'a une gouttière, au cas où, juste pour prévenir. »

Le vouvoiment moqueur était peut-être la meilleure solution en fait.
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Lun 2 Jan 2017 - 19:55
« Honnêtement... je ne suis en état pas en état de fuguer. » Dit-il, sobrement et avec sérieux, poursuivant d'un ton beaucoup plus léger en plaisantant bien qu'objectivement, ça ne fut pas drôle pour un sous. « Et après mûre réflexion, ce n'est plus de mon âge. »

Sur l'instant, l'idée lui paraissait mais pour de bon, ça serait trop lourd de conséquence. Angeal devait se ressaisir, être plus stable et plus solide psychologiquement. Se détendre ne signifiait pas faire n'importe quoi, s'en vouloir ne nécessitait pas la dépression et du haut de sa position, il était de bon ton de rester sobre. Sa chance, encore une fois, était d'avoir un allié fidèle en la personne de Fabrizio et une collaboratrice fiable telle que Lulu : des gens qui ne faisaient pas de courbettes, capable de le remettre à sa place. Que dire d'un soldat aussi fiable que le Commandant Pentaghast ? Angeal n'était jaloux d'aucun groupe... ne briguait ni leurs puissances, ni leurs influences, ni leurs richesses, ni leurs territoires et tous pourraient se vanter d'écraser le Sanctum sur des aspects ou d'autres. Aucun d'eux n'avait ses membres, ses collègues et ses amis, c'était une certitude.
Le sort de soin de Fabrizio était... disons qu'il pourrait se targuer d'être deux fois plus doué dans ce domaine que le surhomme, ça restait minable comparé au plus lambda des mages blancs ou prêtres guérisseurs. Qu'importe, le paladin était reconnaissant de cette attention mais aurait du mal à en percevoir les bénéfices, hormis une douleur amoindrie.

« Bien, on a plus rien de secret à se dire. Si ça ne te dérange pas... » Angeal eut bien du mal, cherchant à paraitre drôle ou ironique, se contenta d'être lui-même et espérait que son protégé ne le prenne pas mal. Ça se voulait juste une plaisanterie. « ...je vais m'offrir les soins d'un vrai guérisseur dès qu'on aura fini ! De toute façon, tu n'aurais pas pu porter ma carcasse. »

Si, il aurait pu...  et n'était pas si loin de pouvoir déraciner un arbre, d'ailleurs, déjà capable de briser la pierre s'il y allait à fond. Concernant sa résistance, Fabrizio n'a jamais eu l'esprit aussi rigoureux que Angeal, ça ne saurait tarder mais pour l'heure, le paladin savait mieux endurer la magie par habitude. Hormis cela, il était aussi robuste que lui tout en étant un humain ordinaire, génétiquement parlant et bien plus jeune. Sans oublier son adresse et sa vitesse supérieure. Ça faisait si mal tout en inondant le boss -prions pour que ça ne dure- de fierté mais dans un duel où touts deux seraient en pleine possession de leurs moyens : Fabrizio l'emporterait et ça ne serait pas si serré. Se levant pour atteindre la porte, puisant dans son orgueil pour rester stoïque, il déclara au paladin que s'il voulait toujours rester seul avec Fabrizio, il leur ordonna d’aller chercher la présence d'un prêtre guérisseur dès son départ. Et leur demanda un bon repas chaud, sans pour autant leur ordonner mais les paladins réagirent comme si. Puis enfin, il s’excusa de son comportement immature. Au final, c'était bien plus simple que de chercher à fuir ses responsabilités et si c'est pour des sujets sensibles, ils se contenteront de faire attention puis d'en parler à voix basse. C'était sa révélation du soir, on avait pas tellement besoin de lui, finalement... et ça lui faisait le plus grand bien.
Puis il retourna s’asseoir sur son lit, que Fabrizio fasse de même puisque vu son ton, l'heure n'était plus aux politesses guindés et tant mieux.

« Sans oublier ce dont je t'ai déjà parler, il serait grand temps que tu rejoignes officiellement les Paladins ou que tu deviennes Chef des Templiers. Pour l'instant, parlons de... » Angeal allait dire Heinrich Ventreroc mais non, au Sanctum, ce n'est pas sous ce nom qu'on l'a connu et côtoyé pendant des années. « ... Henri. Je l'ai considéré en ami, l'un de mes meilleurs... et je le voyais même comme un frère. J'ai très mal pris sa démission. Enfin, ce n'est pas sa démission que j'ai mal pris, c'est sa façon de le faire... sans même nous dire au revoir. J'ai trouvé ça lâche. »

Angeal soupira, pleins de regret en essuyant la sueur de son visage, celle-ci causer par son état. Le maigre sort de Fabrizio avait donné un sursaut à son organisme et celui s'était revigoré, puisant de lui-même dans ses ressources pour se régénérer. Là encore, grâce à sa génétique, le surhomme se régénérait tant qu'il restait passif et immobile, se faisant bien plus résistant par la même. Fabrizio pouvait être fier d'avoir atteint le niveau du paladin-en-chef, sans tricher, lui... mais si son protégé l'avait carrément dépassé, la faute lui en revenait. Non, il n'a pas négligé l'entrainement mais a bien trop compter sur son potentiel physique inné et n'a pas assez penser à sa technique de combat.

« Je comprends ta rage et la partage mais quel âge avais-tu au moment de rejoindre le Sanctum ? Seize ans. Pour ma part, j'ai la trentaine passé et Henri reste une vieux de la vieille. Je ne te dis pas approuver ou expliquer son comportement mais... il y a quelque chose que tu n’appréhendes pas et tu n'y peux rien : notre cœur s'érode avec les années. As-tu idée du nombre de fois où j'ai voulu quitter le Sanctum et partir sans me retourner aussi lâchement qu'il a pu le faire ? Toute la force qui est en toi ne t'en protègeras pas éternellement, nos esprits sont bien moins solides qu'on voudrait le croire. Je ne peux juger si arbitrairement un aussi vieux guerrier... et je ne peux pas renier tout ce qu'il a fait pour nous. Même si ça me ferait du bien de juste tout oublier ou de le traiter en simple déserteur, je vaux bien plus que ça et toi aussi. »

Humblement et à plus forte raison depuis qu'Henri n'est plus là, Angeal se résignait humblement à sa position d'ainée, plus jamais on ne l'entendrait geindre ou même se plaindre. Henri a balayé toutes ces années... de galères, d'amitiés, de petits gloires, de hontes... le paladin se refusait à faire de même. Son ton était plutôt sévère mais Fabrizio le connaissait et ne s'en vexerait pas... au contraire, c'était probablement tout ce qu'il attendait de lui.

« Prends-le comme un ordre si ça peut t'aider à le faire... mais je veux savoir ce que tu as sur le cœur. Je connais à peine ton histoire, tu ne partages jamais tes ressentiments... et à force de tout garder pour toi, tu exploseras ou imploseras. Si je ne t'avais pas eu pour me soutenir comme ce soir, j'aurais probablement fait la même chose et... c'était à lui de venir nous voir pour qu'on l'aide. Ça y est, je me suis repris et ressaisis, j'ai juré de ne plus jamais avoir à le faire. Qu'as-tu sur le cœur... » Et sa phrase allait terminer par son nom mais un surnom était plus approprié... marquant son affection, à jamais, Fabrizio porterait ce titre dans son cœur. « ... chiot blasé ? »

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Jeu 12 Jan 2017 - 20:08
C'était... beaucoup de choses à enregistrer, pour une simple discussion. D'accord, Fabri s'y était un peu attendu. Mais dire qu'il s'était attendu à tout c'était franchement loin de la vérité. Non, il s'était attendu à quoi, une discussion après la fin d'une année merdique pour tout le monde ? Après avoir buté des gens, histoire de faire un constat. 'Bon, qu'est-ce qu'on a fait cette année ? Tu veux quoi pour Noël ?' ce genre de chose. Pas de 'je vais crever, tu peux t'occuper de beaucoup BEAUCOUP de choses pendant mon agonie s'il te plaît ? Attention si tu dis non, je vais pas bien le prendre'. Ainsi, pendant que Fabri songeait à quoi répondre pour ne pas paraître indécent, Angeal avait continué à parler, et à énoncer fait après fait, passant d'un sujet à l'autre. Il avait tellement à dire.

« Ce que j'ai sur le cœur ? »

Qu'est-ce que c'était que cette question ? Reprendre la discussion par là c'était déjà un bon début ; et Fabri avait déjà eu une paire de secondes fort respectable pour y penser. Son esprit avait passé ces secondes à probablement courir en rond et à hurler mais ça, c'était fort naturel. Sur le cœur, ok qu'est-ce qu'il avait sur le cœur. Tellement de choses ! « Rien d'intéressant, franchement. » dit-il en souriant. C'était la chose la plus naturelle à répondre.

C'était plutôt pour gagner du temps, le temps qu'il organise ses pensées. Il vivait avec son passé, ses souvenirs ; comme chacun. Aussi le raconter en quelques lignes, en rajoutant aussi ce qu'il avait sur le cœur, et aussi s'il voulait oui ou non entrer chez les Paladins ou les Templiers.

« Premièrement, j'aurais pu te porter, déjà. »

Non vraiment, il n'était pas prêt à se décider à rejoindre autre chose là maintenant, alors autant répondre à ce qu'il pouvait répondre. S'il avait pu partir, il serait parti, mais il était en face d'Angeal Hewley et ce dernier venait de lui dire qu'il avait changé depuis qu'il était arrivé ici, ergo, qu'il n'était plus aussi lâche qu'il ne l'était quelques années auparavant. Curieux choix que de fuir après avoir reçu ce genre de compliment, tout de même. Alors il essayait tant bien que mal de répondre aux questions du Primarque.

« Deuxièmement. Toutes les personnes sont différentes. Certaines se fichent bien de ce qui a pu se passer. J'te le répète, c'est en te persuadant que tu t'écroules que tu as le plus de chances de t'écrouler. C'est un état d'esprit. Et si je quittais le Sanctum, j'irai où ? J'ai voulu partir une fois. Mais à part errer comme un maraudeur sans aucun endroit vers lequel revenir, où est-ce que j'aurais pu aller ? »

Il regarda Angeal, qui semblait l'écouter, attendant le moment où il lui disait de se taire. Ce moment qui ne venait pas.

« Je sais qu'Heinrich a des valeurs, enfin il en avait avait maintenant j'en sais trop rien. Je compte plus les fois où il sortait des trucs sur le courage, qu'il utilisait tout le champ lexical de la chevalerie. C'était crédible jusqu'à ce qu'il se tire ; qu'il ait prévenu qu'il avait mieux à faire oui mais comme ça ? Je me dis que tout le monde peut être comme ça, pire encore, que tout le monde est comme ça. Y'a un monde entre croire qu'on peut tenir debout contre vents et marées et simplement admettre qu'on est faillibles. Y'a des combats qu'on peut pas gagner. Faut trouver un équilibre entre se convaincre de ne pas être infaillible et savoir qu'on l'est... »

Il s'assit lourdement sur le lit, songeant à la suite de sa phrase. Angeal ne lui avait toujours pas dit de la boucler, cela voulait dire deux choses ; qu'il écoutait ce qu'il disait et était d'accord, ou qu'il était subjugué par la stupidité de ce raisonnement sorti d'une tentative de pensée raisonnée et logique venant de Fabrizio. Il parlait pour parler, et se surprenait pas son semblant de logique qui, en réalité, sonnait juste et venait du fond de son cœur. « C'est du pragmatisme. Et vu la situation il vaut mieux en faire preuve. »

La situation. Oui, ils sortaient d'une guerre civile et tout autour d'eux, hors de leur petit monde, d'autres instances s'agitaient alors qu'ils enterraient leurs morts. Fabri croisa les bras, réfléchissant encore et toujours.

« J'ai grandi à la Cité des Rêves, mon père était un soldat, mes deux frères aussi. Ils sont morts dans les émeutes, j'ai été convaincu que c'était la faute du Consulat pendant longtemps mais je commence à réaliser que c'était juste histoire d'accuser quelqu'un.  »

Ce n'était pas logique.

« En vrai, mon père m'a jamais caché qu'il m'avait trouvé devant sa porte. Il a préféré me garder plutôt que de me laisser geler ou de me refiler à l'abbaye du coin. Je me souviens pas avoir été ailleurs. » Fabri s'allongea, ou plutôt, il se laissa tomber en travers du lit. « Tout le monde le savait déjà, donc il me l'a pas caché, je pouvais être le fils de n'importe qui, mais j'étais le sien. Je sais toujours pas pourquoi j'ai survécu et... et pourquoi eux sont morts. Tout ce qui rendait ce monde habitable avait disparu alors je suis venu ici, je te mentirais si je disais que j'avais un but en venant ici. Je pensais pas avoir retrouvé un semblant d'appartenance ou de connerie du genre jusqu'à ce que le Sanctum soit menacé et que je réalise que j'y tenais plus que tout. Je ferais tout pour que ce genre de chose ne se reproduise pas. »

Il regardait le plafond avec un intérêt vide. Plongé dans des détails insignifiants de jours depuis longtemps passés.

« C'est pour ça que je fuirais pas, entre autres. »
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Sam 14 Jan 2017 - 23:46
Angeal mentirait en prétendant avoir tout compris, Fabrizio et lui-même s'échangeant chaotiquement leurs états-d'âmes. En découlait néanmoins une conclusion : la plupart de ceux qui était au Sanctum n'y était pas tant pour une idéologie ou même les Eternels... mais surtout parce qu'il n'avait nulle part où allez. Le paladin n'était resté que pour ses membres, dont celui à qui il parlait en ce moment alors que son protégé avait échoué dans ce groupe. Tous deux partageaient cette absence de but mais cet âme assez noble pour chercher à faire un peu de bien. De manière assez vexante, Angeal entendait une certaine sagesse dans les propos du jeune homme. Sans doute que Fabrizio resterait au Sanctum bien après le paladin... mais ce dernier non plus, ne fuirait pas, se résignant à ce morfondre puisqu'au fond, il aimait ça. Aimait être ce héros torturé et tourmenté qui souffre de ne pas pouvoir porter toute la misère du monde sur ses épaules.

« Je suis fier de toi. » Dit-il sobrement observant le mur en face de lui pendant que Fabrizio laissait ses yeux errer au plafond. « Et oui, j’admets être au moins aussi déçu que toi par Henri. Pour nous deux, on est déjà tombé bien trop bas pour que quelque chose ou quelqu'un puisse encore nous atteindre. Un dragon pourrait se déchainer sur la Citadelle que ça ne nous démonterait pas. Et moi non plus, je ne fuirais pas. Viens, on va manger. »

On tapa soudain à la porte avec toute la délicatesse dont est capable un paladin, apportant jusqu'aux deux vétérans du Sanctum une grosse marmite de pot-au-feu et, une charmante attention, des bouteilles de vins. Angeal, au vu de son état, se jeta presque sur le repas, n'attendant pour se servir d'immense loucher de bouillon envahit de bœufs avec différents légumes. Son appétit ne trompait pas sur son envie de continuer à avancer et de profiter de simples plaisirs comme ça... Fabrizio commença à servir le vin, l'ambiance était confortable.

« Soyons pragmatique. Tu... sérieusement Fabrizio, tu ne t'es jamais vu prêtre... ? Toi qui réussis à remettre debout l’éternel dépressif que je suis. De toute façon, je te vois partout à faire n'importe quoi tant que c'est au Sanctum... mais t'es aussi bien à boire un coup avec moi. »

Angeal ne se voyait pas redonner dans le pathos mais Fabrizio, c'était un fils... un petit-frère... un neveu... son protégé à qui il souhaitait le meilleur et avait pourtant infligé le pire. Comment le paladin avait pu laissé Grell en faire ce qu'il voulait au cours de missions donnés ? Décidément, c'était difficile de trouver un bon souvenir au Sanctum... mais toutes ces sales histoires forment des liens indéfectibles.

« Tu te rappelles la dernière attaque par Konan et Black Tears ? Finalement, j'ai découvert que le barbare s'appelle Jecht et est mercenaire, l'autre se nomme Ukiyo mais soit. Tu te rappelles comme on s'est tous jeté dans la bataille à ce moment-là ? Personnellement, j'ai eu affaire à un barbare puant l'alcool et... cette Nova Titanesque, j'ai bien cru que je n'en réchapperais pas. J'ai jamais croisé quelqu'un avec autant de force. Il était comment ton ennemi ? C'était mage, je crois ? »

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Mer 25 Jan 2017 - 23:35
«  Oui bein oui, un prêtre c'est ça. C'est parce que je sers le vin comme si j'avais fait ça toute ma vie, c'est ça ? Nan, les prêtres ils seraient prêts à se lever à quatre heures du matin pour aller prier, c'est trop d'abnégation, plus que ce que je peux donner. »

Il avait fallu que ce soit pendant un repas, aussi tard soit-il, que le sujet de l'attaque du Sanctum soit remis sur le tapis. Même si Fabrizio s'était attendu à absolument tout sujet, ce dernier le surprit et il réfléchit quelques instants afin de trouver quoi répondre. Avant toute chose, il se resservit un verre, et remplit de nouveau celui d'Angeal. Soupirant, il se remémora quelques souvenirs, certains clairs, d'autres obscurs. Le voile des années, de l'oubli. Tant de choses s'étaient passée ce jour là, mais tant de choses s'étaient passées depuis également.

Il hésita, se leva, se rapprocha de la fenêtre, verre à la main. « Ouais, c'était un mage... »

Que dire de plus ? Sinon qu'il était grimé d'une étrange manière et était fou à lier ? Franchement.

« C'était juste un taré. Au final Heinrich a failli nous faire tous les deux cramer. C'était pas aussi glorieux que ton combat je suppose. Ukiyo s'est barré, en espérant qu'il soit mort depuis. »

Qu'il soit mort en bouffant un os de poulet. Merde à la fin. Pourquoi  chercher à se rappeler de choses aussi sinistres ?

« Tu devrais pas rester bloqué à ça, c'est pas un souvenir qui est sympa à se remémorer. »


Voir Angeal comme ça, c'était quelque chose d'étrange. Un peu comme de voir un soldat sans son armure, comme de sortir dans le palais la nuit. C'était un espace liminal vide où le temps s'était arrêté. Fabri ne savait pas ce qui s'était arrêté pour le Primarque, mais il y avait quelque chose. Et c'était terrifiant. Alors il se tut, buvant un peu plus à regret, laissant le silence retomber comme une chape de plomb. Ce n'était pas qu'il aimait boire, ou au contraire qu'il n'aimait pas ça. Ses pensées allaient et venaient, cherchant ce qui pouvait bien arriver à Angeal. Puis il cherchait également des choses à dire . Il avait envie d'en dire plus, et des choses plus joyeuses, surtout. Mais la terre sur ses mains lui rappelait de justesse les corps qui reposaient désormais sous terre. Hommes qui pour certains d'entre eux avaient péri sous ses ordres et par sa main.

Tirés comme des lapins. Achevés, égorgés sur le sol. Une lame au creux des reins.

« Nos ennemis étaient forts, mais toi aussi tu l'es. Tu parles comme si t'avais déjà une centaine d'année, qu'est-ce que je peux faire pour te faire penser à autre chose ?  Dis-le moi. Tu me dis que je peux tout faire, alors aide-moi un peu !»

Il avait haussé le ton sans vraiment le vouloir. Une chaleur qui n'était tout sauf bien venue s'emparait de ses sens. Non, il n'était pas ivre. Son verre était vide, mais il n'alla pas le remplir de nouveau, autant en laisser pour le paladin qui avait peut-être plus soif que lui. Il regarda par la fenêtres, quelques secondes, comme vexé. En quête constante de choses qui avaient un sens. Il cherchait plutôt désormais à organiser son débat plutôt qu'à vraiment chercher des choses à dire, car ces dernières avaient fini par lui venir, au final.

« Tu me parles comme si tallais crever. Là, dans deux secondes j'ai l'impression que tu vas me dire que tu me lègues trois munnies et ton armure. » reprit-il. « Et si tu fais ça, je te jure que je te jette par la fenêtre. »

Il pointa le Primarque de son verre, d'un air de défi, le regardant, cette fois, droit dans les yeux.
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Dim 5 Mar 2017 - 21:50
« Je ne te lèguerais que Buster Sword... » Angeal afficha un sourire plein de défi, lui, le jeter par la fenêtre ? « ... je n'ai jamais été un marrant. Ce vin ne risque pas d'arranger les choses mais je tiens le coup, ne t'en fait pas. D'ailleurs, si tu as un souvenir "sympa" à te remémorer, n'hésite pas, je t'attends. »

D'ailleurs, le Sanctum ne sera jamais réputé être un groupe sympathique. Tout ceux qui y viennent vivent dans la souffrance, la honte... c'est ce dont ce groupe est fait : de sacrifices. Fabrizio avait lui aussi sa part... comme Lulu et Cassandra... comme chaque templier et paladin. Tout ça pour des dieux qui ne se montrent pas ou que ça fait bien rire. Peut-être que le jeune homme n'est pas si résigné qu'il pouvait en avoir l'air. Pour Angeal, le souvenir de cette attaque avait ceci de sympathique que son groupe s'en était relevé et n'a pas été tout simplement éradiqué. Maigre réconfort quand on connait les motifs réels de cette attaque. Entre ça et le rapt d'Aurore... on pouvait bien sûr accuser Angeal de voir le verre à moitié vide. Le fait est qu'à ses yeux, chaque attaque que le Sanctum essuyait sans tomber avait quelque chose de positif. La guerre civile face à Swain, comme son déroulement... n'avait rien de positif et les mots de Fabrizio non plus. Alors même que le paladin cherchait simplement à discuter, il en était à faire dans le drame sans que ce soit son but. Pas besoin d'être vieux d'une centaine d'année pour être terriblement fatigué de la vie.

« On arrive à l'heure où tu vieillis d'un coup. Ce n'est plus à toi de compter sur moi... le Sanctum a compté sur moi, ça s'est terminé dans le sang et la disgrâce du Sanctum. Si tu compte sur moi au combat, là oui, tu auras bien raison mais sinon, tu fais une grave erreur. »

L'honneur n'est pas dans l'intention ou même l'acte. L'honneur est dans la réussite et la victoire, dans les conséquences de nos agissements. Responsable d'un véritable massacre, Angeal avait bel et bien perdu son honneur, se tenir debout n'y changera rien. Swain, à l'instant de sa mort, affichait un terrible sourire et eut comme dernières paroles : tu as perdu. Ça ne voulait pas dire que le stratège avait gagné mais Angeal avait bel et bien perdu, Fabrizio ne devrait pas tant se reposer sur lui. Ce qui ne veut pas dire que le surhomme devait chouiner sur ses épaules non plus. Angeal n'allait pas mourir demain mais... vu son rôle, mourir lui était possible à chaque instant et Fabrizio, si on en croit ses paroles, avait du mal à l'accepter.

« Je suis fort. Tu l'es tout autant que moi et peut-être même un peu plus mais nos ennemis le sont bien plus encore. Tu es prêt pour la guerre qui s'annonce ? Elle sera bien pire que tout ce qu'on a pu rencontrer jusqu'ici. »

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Mar 7 Mar 2017 - 22:44
Ce vin était dégueulasse.

« Arrête d'être cryptique, arrête de regarder derrière. Regarde la réalité en face pendant au moins deux secondes ! »

La réaction d'Angeal était... particulère. A dire vrai, elle était plutôt carrément indécente. Le Sanctum avait arrêté net les machinations de Swain en tuant ses alliés, et en le tuant lui-même. Ils étaient devenus des meurtriers, quoiqu'ils le fussent déjà avant. Et la réaction d'Angeal était de préparer son testament tout seul dans sa chambre, à sourire tranquilement en se remémorant des choses et d'autres. C'était impensable et indigne d'un leader.

Fabrizio était furieux, son incrédulité avait laissé place à une stupeur glacée. Il fixait le Primarque, cherchant ses mots. C'était comme s'il n'avait jamais pu parler de sa vie, comme si tout souvenir d'avoir un jour prononcé une phrase correcte s'étaient évanouis dans le néant. Il devait trouver des arguments pour étayer ses dires, des idées pour organiser ses pensées. Une vague de rationalité s'empara de lui à cet instant. « C'est pas en se battant que tu arrangeras les choses maintenant, le combat est terminé. Mais ça veut pas dire qu'il faut se poser dans un coin et regarder l'herbe pousser. Faut regarder au delà, faut penser à demain et aux jours qui vont suivre bordel ! »

Il se surprit à hausser le ton, mais n'y prêta pas plus attention. Le Primarque ne répliqua pas, ce que Fabri interprêta comme une autorisation tacite. Le Primarque pouvait bien répliquer, pour le coup, il s'en foutait.

« T'aurais pas poussé tes soldats au combat pour fuir par derrière en regrettant, hein ?  Pense un peu à eux, à défaut de penser aux répercussions de tes actes ! Pense à Pentaghast qui s'est battue jusqu'à manquer de crever ! Pense à l'autre crevure qu'est quand même revenu pour nous aider alors qu'il est parti sans rien dire ! Je sais pas, tu veux des bons souvenirs ? Si je commence maintenant j'aurais pas fini de t'en parler dans une foutue semaine. Et tu veux laisser le Sanctum à genoux après ça... »

Il pensait à la dévotion de Cassandra Pentaghast, qu'il avait vue priant avec tout son cœur dans les premières lueurs de l'aube, alors que le temple d'Etro était froid et vide. Il se souvenait de la détermination de Heinrich alors qu'il se battait contre nombre d'ennemis plus forts que lui. Il avait vu les Templiers se relever chaque jour au poste de garde, à six heures, à midi, au soir, à patrouiller dans les rues, à s'organiser quand les effectifs manquaient pour que jamais la muraille reste aveugle.

«  Tu me demandes si je suis prêt, Angeal, mais c'est pas la question. Je suis aussi prêt que n'importe qui d'autre ! Qu'est-ce que tu peux être borné à ignorer tout ça ! »

Il avait appris à aimer ce monde jour après jour. Ses étés clairs et brillants. Les tours de la citadelle se perdant dans la brume. Les semaines de pluie, les murs de pierre. Il gardait dans ses souvenirs un million de détails, des lacs aux rivières, des plaines aux montagnes. Le visage de centaines de personnes.

Il soupira, il avait chaud. Ses pensées n'étaient pas claires, mais là encore, elles ne l'avaient jamais forcément toujours étés. Il maugréa, cherchant quelque chose d'autre à dire et se laissant rattraper par la stupidité de ses propres propos. Un sentiment de honte l'envahit et il t'enta en vain de l'ignorer. C'était irrespectueux de parler ainsi envers son supérieur, envers un chef religieux, envers n'importe qui. Il avait des standards et avait toujours essayé de les respecter dans la plupart des cas. Cette soirée était un fiasco.

Il avait envie de le frapper autant qu'il avait envie de s'excuser.
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L'Ainé des Surhommes
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Mer 8 Mar 2017 - 17:32
" Pentaghast qui s'est battue jusqu'à manquer de crever ? L'autre crevure qu'est quand même revenu pour nous aider alors qu'il est parti sans rien dire ? Lulu qui a été mise au centre de tout ça ? Et ce que tu as été amener à faire ? Ce sont justement ça les répercussions de mes actes. On aurait récupéré Aurore... j'aurais été capable de la protéger, rien de cela ne serait arriver. "

Angeal se refroidit, posant un regard dur et sévère sur Fabrizio qui comprenait mais qu'à moitié. Le paladin ne cherchait pas se plaindre et ne cherchait nul réconfort, essayait simplement de faire comprendre à son protégé ce qu'était le si lourd et impitoyable poids des responsabilités. C'était justement ce que Lulu avait tenté de lui expliquer sans que le paladin ne parvienne à comprendre, peut-être ne le voulait-il simplement comme Fabrizio à cet instant. Il n'y a pas de bien ou de mal, il n'y a que des actes -bons ou mauvais- et les conséquences qui s'ensuivent -bonnes ou mauvaises-. C'était pour Angeal une certitude que Fabrizio faisait partit intégrante du Sanctum et ce, depuis le premier jour... même si chacun avait son avis dessus, il en était l'un des piliers. Peu savent pourtant tout ce que ce jeune homme a fait pour le groupe, tout ce qu'il a pu sacrifié et... oui, il y a peu, Angeal pensait comme lui, surtout à ses membres. C'est bien normal, il en sera toujours ainsi mais qu'il veuille le voir ou non, qu'il le comprenne ou pas, rien n'allait comme il fallait au Sanctum. Le paladin se leva et fit face à son protégé, rude comme la pierre.

" C'est bien beau d'être prêt, Fabrizio, maintenant il faut y allez. Lulu ne nous doit rien mais refuse de s'impliquer comme on en a besoin. Henri est partit. Cassandra s’évertue à penser qu'elle n'est qu'une simple soldat comme une autre... et toi, oui toi, Fabrizio, comment se fait-il que tu en sois là où tu en es ? Tu pourrais faire beaucoup plus et tu le sais mais tu n'en as pas envie. Peut-être que ça te fait peur mais tu es l'un des visages que les gens accepteront de suivre... mais tu ne l'assumes qu'à moitié. Nous ne sommes plus à l'époque où le Sanctum se résumait à quatre guerrier assurant la sécurité d'un groupe d'illuminé. "

Noel Vermillion, Henri, Angeal et Fabrizio... c'est comme ça que tout a commencé. Deux enfants paumés et deux guerriers en quête d'un objectif. Finalement, le saint-homme qu'il suivait était un dieu qui n'a fait que les manipuler, tout cela a continué avec les mensonges et manipulations de Shemazaï... pour que finalement Angeal soit le seul à accepter de porter la charge du Sanctum. Bien sûr, il était responsable et ne cherchait en aucun cas à se dédouaner... Henri avait lui aussi accepter une partie de ses responsabilités. Fabrizio ne l'avait pas fait... et c'était incroyablement difficile de lui dire qu'après tant de sacrifices de sa part, ce n'était toujours pas assez, ça ne serait jamais assez. Angeal défit le nœud qui retenait la dernière larme de Noel autour de son cou... la cristallisation de son espoir et de sa peine post-mortem... mais aussi la preuve que les Eternels peuvent pardonner l'échec. La mission de Noel en tant que martyr était de protéger Galenth Dysley et elle a échoué... mais ce dernier a toléré qu'elle ne puisse que le venger. Bien courageux sera le Primarque qui devra dénouer cette histoire complexe... mais lors de l’exécution, Fabrizio n'était pas là. En résumez, ce jour-là... le Sanctum a vengé son fondateur et pire ennemi, tout ça sous l'impulsion de Shemazaï, la plus hideuse créature -divine ou non- qui ne fut jamais.

" Le mur des réalités se fiche de la noblesse de nos intentions ou de notre détermination... se fiche bien de toi, moi, Cassandra, Henri, Lulu ou n'importe qui d'autre. Si tu es aussi prêt que n'importe qui d'autre, c'est très loin d'être suffisant. J'avais prévu de passer un bon moment mais finalement non, je suis là pour te faire comprendre que les sacrifices et la souffrance ne suffisent pas. "

Et sur ses mots, il tendit la dernière lame de Noel Vermillion, la sainte du Sanctum, à Fabrizio.

" On peut vaincre et réussir avec ou sans honneur. On ne peut qu'échouer et perdre dans le déshonneur. "

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Le Pardon Enchaîné
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Jeu 27 Avr 2017 - 21:12
« Le mur des réalités ? »

Il fallait dire ce qui devait être dit ; même avec une bouteille de vin entière, Fabrizio n'était pas assez ivre pour comprendre l'attitude cryptique d'Angeal. Sa réalité à lui avait été plus sombre dernièrement, et il ne s'était pas permis de telles divagations. Il n'avait jamais vraiment été un poète, ni même doué avec les mots dans une moindre mesure. Ça n'avait jamais été son travail.

Angeal l'accusait de ne pas faire assez, de ne pas se donner corps et âme à la Déesse. Il avait envie de lui dire bien des choses, mais ne parvint pas à trouver une formulation décente. Il n'avait pas cette espèce d'aura dont faisait preuve Pentaghast, oui, encore elle, qui donnait envie à ses soldats de la suivre jusqu'aux tréfonds des enfers. Il n'avait pas cette divinité cryptique dont faisait preuve Angeal en cet instant même. Il était lui, et en vérité, il faisait vite le tour de ses qualités et de ses défauts. Il savait bien se battre, chose tout de même nécéssaire. Il arrivait toujours au bout des missions qui lui étaient confiées, avec parfois des moyens détournés, mais que valait la méthode face à la tâche accomplie ? Il ne cherchait pas à créer de vague. Il était très bien là où il était. Ce qui, en définitive, le confortait dans l'idée qu'Angeal avait raison ; il n'avait alors pas de raison d'être irrité outre mesure.

Il pourrait donc faire plus.

« Ecoute, je te suis pas vraiment, enfin, si dans une certaine mesu- »

Il fut interrompu par le geste d'Angeal, qui détachait quelque chose de son cou. Fronçant les sourcils, Fabrizio ne comprit pas immédiatement ce que le Primarque cherchait à faire. L'interrogation ne laissa place à l'évidence que lorsque la larme de Noël Vermillion fut devant ses yeux.

Il reconnut l'objet. Pas pour l'avoir déjà vu, mais pour savoir qu'Angeal le possédait. Et le lui donnait, tout simplement. Il ne sut pas quoi répondre, pas immédiatement de moins. Il considéra la larme en silence quelques instants, avant de la prendre d'un geste hésitant.

« Un bon moment, tu espères me faire avaler ça ? » dit-il dans un sourire.

Il gardait la larme de Noël, aussi claire qu'un diamant, dans son poing serré. « Je devrais te laisser t'expliquer avec les gars dehors, ils attendent depuis un bout de temps quand même ce serait injuste de les faire attendre toute la nuit non ? »

Il soupira devant le regard du Primarque.

Un instant, il avait envie de continuer à lui parler. De tout, de rien, de profiter de sa présence comme il l'aurait fait de celle d'un père. Le parallèle était bien trop saisissant pour qu'il n'y pense pas, en réalité.

Il amorça un mouvement de recul, hésitant. Observant Angeal quelques secondes.

« Et y'a encore pas mal de boulot, je ferais mieux de pas trop tarder. »
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