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Sam 15 Oct 2016 - 1:08
Nous nous étions tous habillés en blanc, pour l’occasion. Maman avait insisté pour que je me fasse jolie. Elle m’avait mise une fleur de lin dans les cheveux. Bleue. Comme celles qu’on déposerait plus tard sur mon frère.

    Etro. Toi qui sais, toi qui vois.

    Essence de la pureté et de la bienveillance qui se cache dans le coeur de chacun — tu nous transmets l’amour et la compassion.

    Nous te prions aujourd’hui afin que tu rappelles à ton étreinte les âmes de nos défunts.

    Veille, Etro, de ton regard protecteur, sur le chemin d’or qui les mènera de leur dernier sommeil au repos. Salue-les, pardonne-leur les plus malheureux de leurs actes, et défend-les de se perdre sur le chemin de l’âme.

    Nous te prions, afin que de ta lumière tu les préserves des obscurs desseins de tes frères. Que par toi, leurs sombres convoitises ne les atteignent pas.

    Aide-les Etro, à ne pas revenir sur leurs pas. Tu nous sais et nous aimes faibles, quoique tu nous donnes la force de nous dépasser, de nous surprendre nous-même dans nos heures de gloire comme à celles du doute. Nos lâchetés, nos défauts — tu nous confrontes à eux et nous en sortons grandis. Mais sur le chemin de l’âme, la tentation est grande de se retourner sur celui que nous avons été.

    Aide-les Etro, à faire ce chemin avec sérénité, et, lorsqu’ils seront face à toi, accueille-les dans une étreinte.

    De chacun tu te souviens, et jamais tu n’oublies.

Je ne pouvais plus voir mon frère, maintenant que le prêtre s’était tu — et c’était le temps des chants. Je ne sais pas trop si j’avais pleuré, quand on m’a dit qu’il était mort, parce qu’il avait perdu la vie, ou parce qu’on ne m’avait même pas laissé le voir. Ils avaient récupéré le corps, mes parents, et on les avait aidé à le laver et à l’habiller. Mais on m’avait toujours tenue à l’extérieur de la salle. Ils disaient que j’étais trop jeune.

C’était idiot, pourtant. Lorsque le visage est… lorsque le visage n’est plus comme il l’était, les familles peuvent le couvrir avant la cérémonie. Mais mes parents avaient choisi de ne pas cacher la tête de leur enfant, alors qu’il était pour eux un héros. C’eut été vouloir le dissimuler aux yeux de ceux pour lesquels il avait fait son sacrifice. Du coup, au final, je l’ai vu. Je l’avais sous les yeux, là, pendant que le prêtre parlait, et avant.

Je ne sais pas vraiment si tout le monde voit ce qu’ils ont fait, les hommes et les femmes en armure du Sanctum, comme un bon sacrifice. J’ai vu des gens mal nous regarder quand mes oncles transportaient le corps jusqu’au cimetière… mais je ne veux pas penser que mon frère soit mort pour du mal.

On l’avait déposé dans la tombe, sur un tressage de jonc qui séparait son dos de la terre. Un lit un peu pauvre, tout de même. Ils lui avaient mit les mains vers le ciel, pour accueillir Etro — pour aller de l’avant dans la mort je crois. Près de lui, il fallait mettre des objets qu’il aimait, ou qu’on voulait lui donner. Moi je lui avais écrit quelque chose — mais papa et maman ne devaient pas le lire ! Ca aurait perdu tout son sens sinon. On partageait beaucoup de choses avec mon frère, oui. Ma lettre, c’était la promesse que son départ ne changeait rien. Je resterai une tombe !

… je croyais que l’ironie était réservée aux gens plus âgés. Ses secrets resteraient mes secrets quoiqu’il en soit.

Il fallait aussi ajouter la statuette d’Etro, et celle de Triton. Il faut toujours mettre celle d’Etro, mais mes parents avaient voulu ajouter celle de l’Eternel des Océans. Parce que notre famille est une famille de pêcheurs. Alors, ça avait du sens. C’était notre « patron ».

Moi, j’avais surtout l’impression qu’il y avait trop de monde, et trop de tombes.

Le prêtre n’était pas bien imposant, lui, par contre. De longs cheveux bruns attachés en arrière, plus longs que les miens. Il se tenait droit, avec un sourire faible. On aime faire la fête, quand on croit en Etro, mais c’est toujours difficile d’être heureux au début, après la mort de quelqu’un qu’on aime. Plus tard, avec le temps, quand on honore les défunts, on paie notre respect à ce qu’ils ont été avec des chansons, avec de la joie et des rires. Sur l’instant, c’est difficile de ne pas pleurer. C’est pour ça que j’ai aimé le voir, le prêtre. Il avait l’air en peine, mais ce n’est pas comme si il était totalement ravagé par la situation. Je voyais, pas loin, des gens tomber dans les bras de leurs voisins, terrassés par le désespoir. Lui, c’était différent. Et j’avais l’impression que de le fixer, de l’observer, ça faisait que je n’avais pas à regarder le visage de mon frère.

Visage que j’avais du mal à reconnaître.

Au début, il avait ramené les mains devant son ventre, le prêtre, les doigts entrelacés. Il portait une grande robe de cérémonie blanche, brodée avec de l’or — et lorsqu’il parla du chemin que suivent les âmes de ceux qui partent, je crois qu’il prit un peu plus d’aisance. Je suivais des yeux les mouvements de ses mains. Elles accompagnaient sa parole avec lenteur et douceur. Une certaine décomposition.

Nous jetions sur le corps les fleurs que nous laissions pour Etro. Parfois seulement, je me demande si c’est vraiment pour elle. Il faut toujours mettre au moins quelques fleurs bleues, mais c’est pour éloigner Shemazaï — celui qui dérange les esprits des défunts : est-ce qu’elles sont vraiment pour Etro alors ?

Je me demandais ça, mais il en arrivait déjà au passage où il ne fallait pas qu’ils se retournent, les morts. C’était le passage que j’aimais le moins. Je l’avais déjà détesté quand notre grand-mère était morte. Maman se penchait une dernière fois dans la tombe, comme alors, et elle mit le masque de jonc sur le visage de Franz. Mon frère. Et je ne le verrai plus. C’est pour ça que je détestais ce passage. C’était le moment où on ne les voyait plus. Qui avait seulement décrété qu’il fallait un fichu masque pour qu’ils ne se retournent pas sur leur vie ?! Ils auraient pu nous laisser les voir, une seconde de plus — nous faire à la terre qui les aurait recouverts petit à petit, mais non ! Il fallait ce masque, brut et grossier.

Là, j’ai pleuré. Quand le prêtre est passé, avec l’encens, quand ils ont recouvert le corps de terre, je n’ai pas pu m’arrêter. Ni quand ils ont levé la stèle à son nom. Et encore moins après.

°-_-°-_-°

Mille et un spectres pleureurs au-dessus de fosses sombres. C’était l’image d’horreur qu’il avait eu en gravissant les marches de l’estrade depuis laquelle il prononcerait ses quelques paroles à Etro. L’idée même  de ces sacrements ne l’avait pas séduit. Il n’aimait pas les morts. A dire vrai, la mort le terrifiait. L’absence de réponses quant à ce qu’il pouvait ou non y avoir là, et le simple fait qu’il ne puisse s’agir que du Néant, le plongeaient dans une profonde et glaçante introspection.

Agon avait prit une profonde inspiration, figé. Il n’arrivait même pas à ouvrir la bouche — mais peu à peu les faces défaites des âmes en peines qui s’étaient rassemblées pour l’entendre s’étaient levées vers lui. Il fallait qu’il parle, il le savait — le prêtre avait perdu son regard sur quelques-uns des présents, et l’avait arrêté sur une enfant. Elle le fixait en se tenant toute droite, les mains serrées. Dans ses cheveux blonds, une belle fleur bleue ; mais son visage rond et sa robe blanche contrastaient avec la détermination timide par laquelle elle soutenait son regard.

Ces yeux, différents des autres, c’était ce dont il avait besoin pour se ressaisir. Ce dont il avait besoin pour prendre de la distance, se couper de cette réalité — un acteur face à un public de mannequins fatigués. Lorsqu’il eut fini, et que les chants s’élevèrent, il avait fallu qu’il passe entre les tombes ouvertes, avec l’encens. Cela, lui avait-on dit, symbolisait l’élévation de l’âme. Il s’était tout de même renseigné pour sa première cérémonie d’importance. Les familles le remerciaient, comme s’il eut lui-même accordé le salut à leurs enfants, comme s’il avait réellement partagé leur fardeau, ôté de cette peine immense qui les accablait. Agon ne savait trop comment répondre autrement de de sourires polis et d’inclinaisons respectueuses. A ceux qui le prenaient à parti, à ceux qui lui demandaient avec inquiétude si celui ou celle qu’ils avaient perdu avait bien agi, il n’avait pu répondre que « oui ».

Il y avait, tout de même, quelque chose dans ces rites qui le laissait perplexe, à la réflexion.

Il s’agissait de retourner à la terre, raison pour laquelle les corps n’étaient pas protégés d’un cercueil. Cela lui évoquait l’idée de s’effacer au profit de la nature, qui n’a pas besoin de l’individu pour être. Mais, d’un autre côté, il fallait marquer une stèle du nom du défunt — cette stèle, elle, resterait là, indéfiniment. En un sens, c’était tout de même réserver ce bout de terre à quelqu’un. La démarche avait quelque chose de contradictoire.

A la vérité, ce sont probablement les statuettes qui l’avaient le plus surpris, dans leur fabrication. Elles étaient faites d’argile et des cendres des cheveux du mort, ou de résidus de peau. Lire cela lui avait arraché une mine sensiblement dégoûtée, sourcils froncés. L’idée, lui apprenait le texte sur lequel il s’était renseigné, étant que par là les Eternels savent pour qui ces statuettes avaient été faites.

Mais pour l’heure, ces considérations étaient loin derrière lui et s’il ne souhaitait qu’une chose, c’était en finir . Pas qu’il se moqua de la souffrance de ces gens, loin de là. Agon n’avait rien d’un sans-coeur. Mais tout acteur décent qu’il était, et quoiqu’il put faire preuve d’abstraction, il ne pouvait s’empêcher de voir du coin de l’oeil, les fenêtres-sur-mort au fond desquelles les draps mortuaires invitaient à un ultime sommeil. Vision discrète qui faisait remonter le long de son dos une sueur froide — tout juste suffisante pour lui donner le sentiment d’être en total décalage avec ce qui pouvait se produire devant lui. L’impression d’agir, parler, sourire, sans pour autant y être réellement. Un voile entre la pensée et l’acte.

Alors dans cet enchaînement de saintes paroles et d’humbles consolations, il n’avait trop saisi comment il avait réussi à s’extirper du cimetière pour les rues étrangement silencieuses de la ville. Le ciel, encore bleu dans son esprit embrumé, ne dispensait plus que la terne lueur qui précède la pluie. Respire.

Les morts… il s’arrêta en se pinçant l’arrête du nez. Ca ne lui ressemblait pas. Normalement, le rapport de ses moments d’insouciance et de rires à ses moments de réflexion et de doute était positif. N’était-il pas celui qui trouvait à jouer et à rire quand, objectivement, sa vie n’avait pas été un conte des plus glorieux ?

C’était sûrement une période d’adaptation.

Cela lui passerait.

N’est-ce pas ?

« Vous ! » — il se retournait, on lui avait lancé quelque chose dessus. Un bruit au sol — qu’était-ce ? Un caillou. Mais qui..?

La quarantaine, les traits tirés et les yeux rougis. Longs cheveux que le temps et l’inquiétude avaient ternis, rattachés en arrière. Tenue modeste, les mains sales. Peinée, affligée — mais aussi en colère. Son torse se soulevait encore de respirations courtes, stigmates d’une course au travers des rues pour rattraper un prêtre qui n’avait pas entendu ses appels. « Je peux vous aider..? » Sorti de ses errances, Agon se trouvait là entre l’instant de surprise et le réflexe de méfiance bienvenu.

- Vous êtes le prêtre de tout à l’heure.
- Peut-être.
- Vous êtes le prêtre de tout à l’heure.

Ce n’était pas une question — « Que puis-je pour vous ? » Sur la défensive, Agon analysait la ruelle et les options qu’il aurait dans le cas d’une tournure dramatique des évènements. Il pensait pouvoir gérer cette femme ; elle n’avait, à vue de nez, pas la moitié de la force qu’il pouvait avoir, et une carrure plus limitée ; mais il avait appris à ses dépens que les personnes se présentant comme les plus faibles pouvaient avoir des soutiens inespérés… et compensateurs.

- Je vous ai vu au cimetière.
- Tout le monde m’y a vu je le cr… crois — il avait pensé crains.

Elle ne s’approchait pas de lui, presque tremblante. « Je… » — « Vous vouliez me dire quelque chose. » Lentement, son regard s’était de nouveau porté sur le caillou au sol, avant d’en revenir à son interlocutrice. « Je voudrais que… je veux que vous me disiez pourquoi vos gens sont enterrés comme des héros. » Le ton était bas, et la voix brisée. La réponse était pourtant évidente et il craignait de savoir pourquoi elle se tenait devant lui. « Ils sont morts pour que d’autres vivent aujourd’hui. Aussi simple et triste que ce soit. »

Agon s’attendait à un déferlement de haine désespérée qui ne vint pas, et la minute qui s’écoulait en paraissait dix. Il s’inclina légèrement — il n’avait aucune envie d’encourager une confrontation. « Mes respects pour vos disparus. » Elle, n’osait pas lever la voix. Le prêtre savait qu’elle hésitait — devait-elle partir, devait-elle hurler ? Rester à distance ? Le saisir au col ? Le poids de sa perte l’accablait, moralement, puis physiquement. Son dos se tassa et ses mains revinrent à son visage en un sanglot. « Vous n’avez pas le droit de dire ça… »

Celui que l’on surnommait le Stratège avait été un homme important et respecté ici. Combien d’hommes et de femmes avaient rêvé de le suivre ? Son époux en faisait partie, et il était tombé. Son sang avait teint la salle du trône, il s’était mêlé à celui des templiers et des paladins — mais son nom était tu.

Ils avaient lutté en se croyant dans le juste, pour beaucoup. Et pour leurs convictions étaient morts. Mais leur nom était tu.

Le Sanctum s’était permit d’agir de la façon la plus violente, sanglante et vindicative qui soit. Quelques sombres furent les intentions de leurs maîtres, ils avaient meurtri les familles, les enfants de ceux-là même qu’ils se targuaient de protéger. Leurs hommes, au matin de cette nuit barbare, étaient des héros. Mais pour les autres, leur nom était tu.

Il s’était retourné, et sans s’arrêter avait marché jusqu’à sa cellule. Les hommes du Sanctum tenaient la ville désormais, tout affaiblis qu’ils furent — une prise de pouvoir implicite ? Le prêtre avait entendu les murmures au-dehors, les rumeurs qui filtraient et les informations relayées vers les autres mondes : le Sanctum avait agi sans que l’on puisse l’expliquer. Agon secoue la tête. Il est trop tôt pour douter. Lui qui a connu le joug de l’oppresseur par le passé… il serait bien trop ironique qu’il en devienne un lui-même.

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Lun 17 Oct 2016 - 22:05
Est-ce qu'ont étaient les gentils ?

Une question que je pouvais pas m’empêcher de me poser en écoutant le laïus du prêtre adossé à un arbre derrière un public en train de chialer. Devant des dizaines de trous avaient été creusé pour accueillir le corps froid d'autant de mes anciens camarades. J'en connaissais pas beaucoup vu le peu de temps que j'avais passé ici mais j'imaginais que la plupart devaient être des gens biens. Sans doute avaient ils laissé pas mal de choses derrière eux pour s'engager au Sanctum, et le moment venu ils avaient pas hésité à prendre les armes et à risquer leurs vie parfois contre des gens bien plus fort qu'eux. Ils avaient tout donné pour que nous puissions avoir une chance de nous développer, d'être enfin libre de l'influence délétère de Swain. Et avant ça ils avaient sans doute fais leurs possible pour réparer les injustices et s'assurer que tous vivaient en harmonie au sein de la Citadelle.

Mais est-ce qu'ont étaient les gentils ?

Les derniers jours avaient été à l'image de cette cérémonie : difficile.  
D'abord la commandante Penthagast qui démissionne, fais évader quelqu'un et se retrouve en taule tout ça en une nuit. C'est pas facile à intégrer quand on est arrivé juste depuis quelques semaines. Je peux vous assurer qu'il m'a fallu un bout de temps pour intégrer tout ça quand on me l'a annoncé, quoique le fait que les gardes de Swain aient tenu à nous le rappeler à chaque fois qu'ont les croisaient m'y a bien  aidé.
C'est d'ailleurs là que j'ai commencé à comprendre à quel point les choses aller être difficile à résoudre. J'imaginais déjà une audience avec le roi Swain et le Primarque bien tendu, le truc qui allait durer des jours entiers où tout le monde devraient faire usage de trésors de négociation.
Et puis bientôt ont a reçu l'ordre d'attaquer par surprise les forces de Swain, de faire en sorte que personne n'en réchappe.
Ça m'a surpris.

Oh bien sur je m'attendais à ce qu'il y ai une confrontation du genre, vu l'ambiance ça devait forcément péter à un moment ou un autre. Mais à vrai dire je m'attendais pas à ce que ce soit nous qui lancions là chose. Et surtout pas de cette manière.
J'veux dire j'ai jamais eu de problème de conscience à tuer quelqu'un et à Illusiopolis ma seul valeur à toujours était de survivre...mais justement j'avais pas mis des millier de kilomètre entre moi et ce trou à rat pour faire la même chose. Parce que là ce qu'ont avait fais c'était exactement ce qui se passait tout les jours là bas : une bagarre entre deux gangs rivaux qui veulent agrandir leurs influence, avec toutes les saloperies et les pots cassés que ça implique.

Du coup est-ce qu'ont étaient les gentils ?

En même temps il y a avait pas trente-six mille solutions aucun des deux groupes n'étaient prêt à céder le moindre pouce d'influence, fallait forcément qu'il y en ai un qui jarte. Seulement dans ma tête le Sanctum c'est celui qui tends l'autre joue quand on le tabasse, pas celui qui met les pains dans le dos.
J'sais pas p'têtre qu'ont auraient dû...attendre que ça se fasse naturellement, genre quand tout le peuple aurait été rallié à not' cause ou en découvrant que Swain avait trafiqué les comptes du roi pour s'en mettre plein les fouilles ou...ou j'sais pas, juste pas comme ça quoi.
En même temps quand j'ai débarqué le Sanctum était là depuis des années et Swain avait toujours une putain d'influence donc ça aurait sans doute encore prit une blinde donc...donc j'sais pas.

Alors au final est-ce qu'on...BAH ! On à qu'à dire qu'on s'en branle après tout. C'était pas dans mes habitudes de ressasser un truc que j'pouvais plus changer et ça allait pas le devenir maintenant. Concentre toi, fais ton boulot  et tout ira bien mon vieux Fiathen.

Histoire de faire cesser mes réflexions je reporte mon attention sur la cérémonie, c'était plutôt stylée fallait bien l'avouer. Le genre de bois tressé, les statuettes, l'encens, les fleurs tout ça mettait une ambiance  assez...mystique. Quand on regardait tout ça, tout les gens endeuillé, le prêtre qui passait au milieu des tombes en foutant sa fumée partout on avait du mal à pas croire que tout ça ai du sens, qu'il y ai vraiment une vie après la mort, une réincarnation ou tout ce que vous voulait.
Ouaip il y avait pas à dire c'était beau. Et perturbant aussi.

J'avais pas exactement pourquoi mais effectivement plus je restais là à regarder plus je me sentais mal à l'aise, quelque chose me turlupinait sans qu'j'arrive à mettre la main dessus. Peut être parce que c'était mon premier enterrement ? J'avais jamais prit la peine de me renseigner sur ce genre de rite et jusqu'à aujourd'hui j'ignorais tout les détails du truc, du coup j'étais peut être juste mal préparé à tout ça ?

Ou p't'être que c'était juste normal, après tout sur les dizaines de personnes ici j'étais de toute évidence très loin d'être le seul à me sentir mal, forcément une ambiance pareil ça devait être un peu contagieux. Le prêtre avait un sacré mérite d'ailleurs,  alors que moi même derrière sans voir leurs visage j'me sentais déjà mal lui se tenais là, devant tout ce monde et il continuait à se tenir droit et à dérouler l'office avec juste un petit sourire triste. Une sacrée paire de couille.

Un peu plus tard les corps furent recouvert d'un tissu et ont commença à les recouvrir de terre. C'est à ce moment là que je décida de me redresser, peu de chance que la cérémonie dure encore bien longtemps, les gens allait partir et j'allais pouvoir faire de même.

Ont m'avais assigné à la surveillance de la cérémonie pour pas qu'un dernier fidèle du Stratège ou qu'un sans-cœur gâche encore plus l'ambiance. Clairement c'était pas une mission très palpitante mais j'étais très loin de m'en plaindre, les derniers combats m'avaient laissé avec une belle estafilade qui courait sur tout mon avant bras et une jolie collection de courbature. J'étais donc bien mieux à ne rien faire pendant des heures plutôt que courbé comme une catin à essayer de nettoyer une salle remplie de sang séché dans une des pièces intérieures du château.

D'ailleurs maintenant que la cérémonie était fini je décidai de continuer mon intense travaille de surveillance en déambulant un peu au hasard dans les ruelles de la citadelles, au pire si quelqu'un y trouve quelque chose à redire j'pourrais dire que j'avais aperçu« des signes des plus préoccupants semblant indiquer la présence d'un éventuel ennemi » ou un truc du genre, ça devrais passer.

Quoique préoccupé je l'étais vraiment. Pas parce que j'avais vu quoi que ce soit de louche mais à cause de cette foutu sensation qui m'avait pas lâché. Je pensais qu'ça passerait une fois tout le monde loin de moi mais non. Au contraire elle en devenait même encore plus forte, de la même manière que si j'avais oublié quelque chose de vraiment important sans parvenir à savoir exactement quoi.

Toute la journée je l'ai donc passé à essayer de me changer les idées ou, à défaut, de découvrir ce qui pouvait bien me titiller comme ça, mais rien n'y fit. A la nuit tombé ça continuait encore et je parvenais plus à penser à quoi que ce soit d'autre, j'en venais même à me demander si j'commençais pas à perdre les pédales. Peut être que la vie m'avait trop usée ? Que c'était le signe que j'avais fait mon temps ? Que mes doutes existentielles au niveau du Sanctum m'avait fais perdre le repère de trop pour ma santé mentale ?

Non, non et non. Clairement les derniers événements avaient prouvé qu'mon corps tenait encore le coup, sinon j'aurais pas à me poser toute ces questions : la surveillance du cimetière je l'aurais fais depuis un trou.
Quand à mes doutes...ouais ok j'y pensais pas mal mais au fond ça changeait rien. Ça restait les gens qui avaient accepté d'intégrer un vieux clochard miteux tant qu'il voudrait bien refroidir les sans-cœur qui menaçait la Citadelle et sa population, tant qu'il accepterait d'être au service des plus faibles. Alors oui j'avais toujours pas décidé ce que je pensais de leurs méthode et oui le Petit aurait certainement pas apprécié mais tant pis : je restais. Bref rien qui ne m’obsède à ce point.

Et j'en étais à peu près là de mes réflexions quand j'entendis un bruit que j'm'attendais clairement pas à entendre aujourd'hui. Une fête.
Ça se passait pas trop loin du château dans un genre de salle des fêtes et après avoir entendu des gens renifler et sangloter des heures durant ça faisait sacrément bizarre.
D'habitude je cherche plus à fuir ce genre d'ambiance où les gens sont bien trop collant et familier à mon goût, mais là autant poussé par la curiosité que par le désir de me changer les idées je déçidai d'entrer.

Et une fois rentré j'en fus simplement sur le cul. Toutes les personnes que j'avais vu pleurer, toute celles que j'avais entendu soupirer de désespoir, tous ces gens étaient là. Et ils avaient tous l'air tellement joyeux à rire, à chanter et à boire que j'me suis réellement demandé si on avait pas glissé deux trois trucs illégaux dans l'encensoir de toute à l'heure.

J'étais en train de tenter d'estimer si tout ces gens pouvaient avoir perdus leurs belle-mère dans l'affrontement quand un gars me mit une choppe pleine de bière de force dans les mains.


« -Ouais de la compagnie ! Aller mon vieux, faut se dérider à un moment pareil, c'est la fête ! 
-Heu...est ce que vous pouvez m'expliquer ce qu'y se passe là ?

-Et bah quoi, c'est pas une insigne du Sanctum sur vot' tenue ?

-Si...mais...

-Et bah c'est pas vous qui dites de célébrer la renaissance des morts et d'se souvenir de leur plus beau moment toussa toussa... »


Effectivement maintenant qu'il le disait j'me souvenais avoir entendu le prêtre en parler un peu, genre « foutez vous d'la gueule de vos mort ça leur donnera du pep's », enfin avec des grands mots quoi mais c'était l'idée.

-Ah..euh ouais c'est vrai, n'empêche j'm'attendais pas à voir un tel changement d'humeur aussi rapidement. J'suis étonné qu'vous puissiez vous faire aussi vite à l'idée qu'vous les reverrez jamais.

-....ouais c'est ça on s'y est fait...on s'y est fait...bon amusez vous bien en tous cas. »


Et bah quoi ? Moi qui pensais être sympa j'le vois se barrer le plus loin possible de moi et se mettre à discuter à d'autre gars assit à une des tables loin dans un coin, genre « viens pas me faire chier ». Heureusement que j'fais pas des compliments souvent.

Ceci dit sa réaction avait eu le mérite d'éclaircir un peu les choses, certaines personnes faisaient réellement la fête mais la plupart...essayaient. Une fois attentif à ça on percevait facilement que certains chants avaient des notes plus triste que nécessaire, que certains rires sonnaient faux.

J'aurais pu trouver ça glauque mais en réalité ça m'as franchement impressionné. Tout ces gars étaient triste d'avoir perdus un de leurs proches,  profondément triste. Mais pourtant chacun se forçait de faire honneur à la mémoire des disparus, de se remémorer leurs plus heureux souvenir, de se remplir de joie pour eux. Et ça putain c'était beau. Lorsque j'ai perdu le Petit j'étais effondré, dévasté, et jamais j'aurais eu la force de faire un truc pareil alors que clairement ça lui aurait fais bien plus plaisir que d'me voir broyer du noir en permanence. Chapeau les gars.

Ceci dit il y avait des mecs chez qui j'arrivais pas à discerner de faille dans leurs joie de vivre, ils semblaient réellement content comme si d'avoir perdus un proche étaient pour eux le plus beau des cadeaux. Il y en avait en particulier, un grand mec blonc avec des bras de taureaux qui m'impressionnait . Pas à cause de sa musculature mais de son attitude : il était partout.

Et c'était pas une expression, non j'avais réellement l'impression de le voir où que je posent la tête, il redonnait le ton aux chanteurs de devant, faisait partir d'un rire sincère les gars attablés dans un coin de la salle et donnait déjà une claque dans le dos de quelqu'un à un coin opposé.  Comme si à chaque fois qu'il voyait quelqu'un dont le moral baissait il se téléportait à ses côtés pour le ragaillardir . Ce mec donnait l'impression de pouvoir se décapsuler un œil pourvu que ça fasse rire quelqu'un.

Et alors que j'le perd de vue un instant j'sens une main se poser sur mon épaule, c'était lui. Sympa mais flippant.


« -Hé ben mon gars qu'est ce qui se passe ? Tu veux une autre bière ? Tu veux que j'demande pour qu'tu t'incruste dans la choral ? Tu verras ils sont su...

-Honnêtement vieux comment tu fais ? »

Pendant un instant il a pas semblé comprendre ce que je lui demandais mais rapidement il m'as souris et fais signe de le suivre dehors. Ce qui n'était pas de refus vu le volume intérieur relativement important. Une fois sortis il a commencé à parler sans que j'lui demande quoi que ce soit.

« -Moi c'est mon frère que j'ai perdu, il s'appelait Yoann, ça faisait environ deux ans qu'il s'était engagé en tant que templier. Et à vrai dire son choix de servir Etro fut la cause de notre plus grosse dispute. Je comprenais pas ce qui le poussait à vouloir servir cette divinité sortit de nulle part,  à vouloir courir un tel risque. Je me doutais bien qu'un jour où l'autre il finirait par y avoir un conflit à cause de ça et je ne voulais surtout pas que notre famille soit mêlée à ça par sa faute. Le jour où il est partit j'ai vraiment souhaité ne plus jamais avoir à le revoir, d'ailleurs c'est à peu près ce que je lui ai dit.

Puis les semaines et les mois ont passé j'ai commencé une carrière de bûcheron et je me suis construit une petite bicoque en bordure de la forêt malgré le risque des sans-cœur, je suis assez fort pour faire face à une ou deux de ces sales bêtes et moins je voyais mon frère mieux je me portais. Et le moins qu'on puisse dire c'est que ça a bien marché.
Il m'arrivait de le croiser quand j'allais vendre mon bois mais sinon les quelques rares nouvelles que j'en avais m'étaient donné par mes parents quand j'allais manger chez eux. Ils me suppliaient de recommencer à lui parler, de redevenir son frères, me disaient qu'il vivait très mal de ne plus pouvoir me parler mais trop orgueilleux je n'entendais rien. Ça me faisait de la peine aussi mais je voulais absolument qu'il revienne de lui même et me dise que j'avais raison.

Et il y a deux jours ma mère est venu me voir dans ma maison pour m'annoncer la nouvelle. J'étais effondré. Effondré de savoir qu'il était mort mais surtout effondré de savoir que j'avais été trop stupide pour lui reparler ne serait-ce qu'une seule fois avant aujourd'hui et que je n'aurais plus jamais l'occasion de le faire.

Alors j'ai décidé que si je ne pouvais plus lui parler j'avais au moins encore une chance de me faire pardonner. J'ai laissé mes parents nettoyer son corps, c'était trop dur de le regarder, et je me suis occupé de tout le reste, absolument tout. Je voulais pouvoir lui offrir le plus bel enterrement possible.
Je suis aller me procurer les plus belles fleures possibles, acheter le draps le plus fin que j'ai vu,j'ai tressé son lit et son masque avec des joncs, sculpté les figurines tout seul. Je ne suis pas habile de mes mains du coup j'ai passé des heures à refaire chaque petit détail, à peaufiner chaque éléments jusqu'à ce que tout soit parfais. Et jamais je n'ai pris autant de plaisir à faire quelque chose.

A chaque seconde qui passait je me sentais de mieux en mieux, comme si mon chagrin et ma culpabilité disparaissait peu à peu pour  laisser place à un grand sentiment de paix. Et à la toute fin après l'enterrement j'ai compris. Compris que si j'avais été assez sot pour ne plus lui parler mon frère était suffisamment sage pour m'avoir pardonné depuis longtemps, qu'il ne m'avait même pas garder de rancune. Que si il était mort transpercé d'un coup d'épée ce n'était rien pour lui car il était mort en faisant ce qu'il aimait vraiment : servir son dieux et protéger autrui.
Et ce sentiment de paix venait de lui, c'était sa joie de me voir respecter enfin ses croyances et prouver et que moi aussi pendant tout ce temps je n'ai jamais pu m’empêcher de l'aimer du fond de mon cœur.

Alors oui aujourd'hui je suis sincèrement heureux parce que j'ai enfin pu faire la paix avec mon frère. Et même si je ne le verrait plus, même si il me manquera comme personne je suis heureux d'avoir pu lui montrer que je n'ai jamais cessé de l'aimer et de l'avoir aidé à se réincarner. Il faut toujours faire le maximum pour les personnes que l'on aime même morte, car ces personnes seront toujours là pour nous écouter et nous aimer. Bon allez je commence à avoir froid moi, je rentre. J'espère vraiment qu'on vous reverra à l'intérieur. »

Et sur ces mots il s'en retourne au chaud, me laissant là comme si il venait simplement de me donner l'heure et pas une putain de leçon de vie. Parce que j'ai compris ce qui clochait chez moi depuis que j'avais vu l'enterrement.

Tout ces morts sur leur lit de jonc, les bras dignement levée en l'air, forcément ça m'avait rappelé le Petit. Et surtout ça m'avais rappelé la manière dont je l'avais laissé là-bas. Je sais pas si son esprit est revenu me hanter pendant tout ce temps, mais en tout cas je sais qu'inconsciemment je m'étais traité de tout les noms.

Je l'avais laissé dans un putain de bloc de glace en plein milieu d'une ville peuplée des pires personnes que les mondes n'ont jamais vue. Le mec avec la foi la plus belle que j'avais jamais vu. Mon enfant.

Et j'l'avais laissé comme ça dans un putain de bloc de glace. Pas étonnant que ça m'ai remué à mort quand j'ai vu tout ces gus enterrer dignement leurs mort , en prendre soin jusqu'au derniers moment,  passant des nuits entières pour qu'ils puissent leur dire au revoir dignement.

Et je l'avais laissé dans un putain de bloc de glace.

J'avais peut être des excuses à l'époque mais il était temps de rattraper le coup.
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Jeu 20 Oct 2016 - 17:50

Cassandra s’était relevée de sa chaise au moment où la cérémonie avait commencée, joignant ses mains respectueusement, priant en choeur avec le prêtre au moment où il entama la prière destiné au mort de cette dernière nuit. À sa droite se tenait le Paladin Maxwell, sans son armure de plates, il ne la quittait pas depuis le début de sa convalescence . D’ailleurs, cela commençait doucement à l’agacer. L’instant où elle ouvrait les yeux, elle voyait cet homme prêt à rendre un quelconque service. Étro seul savait combien de temps la Templière parviendrait à se contenir et à ne pas renvoyer cette personne pleine de bonne volonté. Il avait tenu à accompagner la jeune femme jusqu’au lieu de la cérémonie, portant ses affaires alors qu’elle insistait pour qu’il n’en fasse rien. Aussi ridicule que cela pouvait paraître, c’est à peine si le Paladin laissait la jeune dame se déplacer avec ses béquilles.

Le frottement du bois sur ses aisselles n’était pas des plus agréable. Seulement, elle refusait catégoriquement de se rendre aux derniers sacrements de ses frères en étant portée dans les bras d’un homme dont elle ignorait encore tout il y a trois jours.

Aujourd’hui, elle s’était rendue à l’enterrement de ses frères tombés au combat en civil. Même si elle l’avait désirée, elle n’aurait jamais pu revêtir l’amure des Templiers, les stigmates de son emprisonnement la tiraillaient toujours et le moindre de ses mouvements lui demandait plus que de la simple volonté afin d’être exécuté. Elle avait fait l’effort de revêtir une robe, vestige d’une époque passée avec son oncle loin du Château du Roi Stéphane. Ce n’était pas dans son habitude, et elle n’en possédait qu’une seule pour être honnête, un cadeau offert par un vieil ami qu’elle n’avait plus croisé depuis quelque temps. Que devenait Varric, était-il présent pour ce jour ? Alors que le prêtre passait autour des tombes, dispersant son encens, elle lança un regard afin de le reconnaître dans l’assemblée.

C’était impossible, il y avait bien trop de personnes présentes aujourd’hui.

Soufflant, elle laissa son regard se perdre dans une tombe. Par-dessus les longues manches de sa robe, un tissu se terminant jusqu’au dos de sa main et maintenu par une bague à son majeur, se trouvait un bracelet fait de fleurs. Une composition d’ancolie et de bleuet que la jeune femme travaillait depuis la veille, son chevalier-servant ayant eu la politesse d’être allé chercher les fleurs dans les alentours de la Citadelle. C’était laid à regarder. Cassandra n’avait jamais été douée pour ce qui était de la couture ou d’autres tâches réservées aux femmes, par ailleurs, son état actuel avait rendu le résultat bien plus horrible qu’il n’aurait dû l’être. Elle l’avait fait cet effort pour ses frères, pour aider leurs âmes à quitter ce monde et éviter ainsi la dépravation du Sycophante.

Un vent souffla sur le cimetière, faisant virevolter les volutes de l’encens dans les airs alors que progressivement, le lieu se vidait des familles des défunts. Toujours en appui sur sa béquille, la jeune femme réaffirmait son emprise sur le gilet couvrant ses épaules. Le froid de l’automne commençait à harceler la chair, l’hiver ne sera pas clément cette année. Le fossoyeur, ainsi que plusieurs gardes volontaires, finissaient d’enterrer nos morts. Et devant ce spectacle, Cassandra restait silencieuse, observant la fin de la cérémonie avec calme alors que l’homme à sa droite s’impatientait. D’un seul souffle, elle répondait à ses attentes.

- Vous pouvez rejoindre les autres à la salle.
- Pardon…?
- Partez boire un verre en mémoire à vos frères, ils doivent vous observer depuis là-haut et n’attendent que vous.
- Qu’allez-vous faire en…
- J’ai une dernière chose à accomplir avant de vous rejoindre.

Il observa la jeune femme de longue seconde, hésitant sur la démarche à suivre.

Je n’ai rien d’une poupée de porcelaine, cessez de me prendre pour t’elle. Déposer les bouteilles à terre, et laissez moi seul. J’en ai besoin.
La dame ne bougea pas d’un pouce, immobilisée par sa béquille sous le bras à observer les hommes terminer leur travail pour eux aussi quitter le cimetière. Et finalement, Maxwell fit une révérence avant de quitter les lieux, laissant la jeune femme seul devant les dizaines de stèles fraîchement posée. Un nouveau coup de vent fit son apparition, transportant les feuilles mortes d’un bout à l’autre du cimetière. Frissonnant un instant, la jeune femme finie par s’abaisser et ramasser l’une des deux bouteilles de verre et marcher entre les tombes, cherchant certains noms.

Frédéric, Padan, Aubert, Antoine, Estevan, Colin, Arthur, Jocelyn, Mathurin, Dimitri, Fabrice, Barnabé, Acace… Ils étaient tellement nombreux. Pentaghast connaissait ces personnes, ses frères Templier. Du moins, par leurs noms. Elle avait vécu avec eux, passée de nombreuses heures de ronde à leur côté. Et pourtant, elle n’en connaissait réellement aucun. Elle s’arrêtait devant une stèle, le nom de Thibert était visible, mais qui était-il véritablement ? Avait-il une femme, des enfants ou de la famille en ville ? Cassandra se souvenait de son visage, un homme un peu bougon, mais apprécié pour son humour dans les dortoirs. C’était tout ce que la jeune femme pouvait dire de lui. Prenant ses appuis, elle attrapa la bouteille qu’elle amena à sa bouche afin d’en extraire le bouchon de liège pour ensuite le recracher. Devant cette stèle, elle apporta le goulot à ses lèvres et bu quelques gorgées du vin pour ensuite en verser sur la terre encore meuble.

Tu en mérites autant que moi, que cela t’aide à trouver la Lumière de la Divine.
Buvant une nouvelle gorgée, la jeune femme recommença l’opération sur les tombes voisines. Que chaque défunt trouve, lui aussi, un peu de réconfort dans la peine dont tout le domaine est victime. Elle resta ainsi plus d’une heure avant de, titubant légèrement, retrouver le chemin jusqu’au château. Elle pouvait entendre le son des instruments à corde sur son chemin, et grâce à celui-ci, elle put sourire de nouveau après ce qu’il venait de se passer. Maintenant qu’elle avait fait un trait sur le passé, elle avait pouvoir continuer d’avancer pour le bien d’Étro.



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Jeu 27 Oct 2016 - 20:01
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Jeu 8 Déc 2016 - 17:57
    Angeal Helwey... le Boss du Sanctum... le substitut du Primarque... le Paladin-en-Chef... l'un des membres les plus ancien du groupe, le seul autre pouvant se targuer d'une telle ancienneté étant Fabrizio Valeri, recruté peu après. C'était l'homme le plus important du Sanctum, parmi les plus puissants d'entre eux, celui qui se plaçait en protecteur et jamais ne faiblit, jamais ne faillit, soit-disant. Si ça avait été Swain le déclencheur et l'instigateur du conflit, c'était bel et bien le Sanctum qui avait ouvertement répondu par le sang. Là où les crimes du Stratège et ses hommes restaient difficiles à prouver alors que ceux des fidèles d'Etro avait éclaté aux yeux de tous. On était passé d'une guerre diplomatique à une guerre de clans... puis à la guerre civile... et si le Sanctum, sortit victorieux, semble pouvoir pardonner à ceux qui ont suivis Swain, fourvoyés... l'inverse semblait tenir du miracle. Bien qu'Angeal n'est jamais aimé la politique ou la diplomatie, il fit un choix... ni bon, ni mauvais, la situation n'offrant pas de bon choix.
    Aux Sacrements, il n'était tout simplement pas présent et resta dissimulé, aux yeux de la plupart de ses membres, comme s'il avait soudain cessé d'exister. Angeal l'avait d'abords imaginé, puis constaté... le but était noble d'un côté comme de l'autre. La triste réalité de cette guerre c'est qu'elle était sans but, on avait tout à perdre et rien à gagner depuis le départ.

    Swain comme Angeal avait... les mêmes objectifs à la lettre prêt : récupérer Aurore et assurer la sérénité du Domaine Enchantée. De son propre aveu, Swain n'a rien contre la religion du Sanctum mais y voyait des assoiffés de pouvoirs dans ses membres... et le Sanctum n'a rien contre Swain, sinon de voir en lui un ambitieux briguant le trône. Pragmatiquement, et peu importe la vindicte populaire, le Domaine Enchanté avait besoin des troupes de Sanctum plus que jamais mais nul n'oubliera ce fait : d'une seconde à l'autre, templiers comme paladins se sont déchainés. On se fiche de qui a commencé, la seule chose importante est la façon dont ça se termine... et à partir du moment où Swain voulait surtout nuire au Sanctum avant toute autre chose, il y arrivera même post-mortem.
    Donc non, Angeal n'offrirait pas aux endeuillés du Sanctum sa présence et préférait laisser les prêtres sous la lumière, chacun son rôle. A l'inverse, quel homme serait-il à s'exhiber ainsi, lui qui reste le visage du Sanctum et le tueur du stratège, à tous ceux qui ont perdus des êtres chers parmi la garde de Swain ?

    De cette journée, Angeal n'a vu que des rapports de templiers, paladins et du clergé... parfaitement au courant des évènements. Certes pas en état de combattre après la nuit sanglante... on déclarera de manière officielle que le paladin-en-chef n'était pas là pour raison de santé mais c'est un mensonge : il n'est pas là... parce qu'à bien des égards, Angeal en avait déjà bien assez fait, en bien comme en mal.
    Son seul réconfort fut de connaitre le déroulement des funérailles via deux rapports, l'un venant d'un templier et l'autre d'une prêtre. Certes, même là, on aurait trouvé à redire sur le comportement du Clergé, sur la différence de traitement entre les défunts du Sanctum et les autres.

    Que dirait Etro ? Jugerait-elle le Sanctum cruelle ? Ou comprendrait-elle ce traitement envers ceux qui l'ont combattu ? Selon à qui vous le demandez, Etro est bonté et compassion... ou honneur et justice... mais si c'est la décision du clergé, Angeal s'en lave les mains avec humilités, bien que la soutenant automatiquement.
    Pourtant, quelque fusse son opinion, le Boss du Sanctum passa sa journée dans la tristesse, la peine et le chagrin... comme pour y répondre, la dernière lame de Noel luisait comme jamais, intensifiant ses tourments.

    Le Sanctum avait fauté... et sans juger, car Angeal est le premier responsable de par son manque de tact avec la cour, la seule chose à faire était de penser à la suite. D’expérience, on sait que le Sanctum est un groupe de martyrs... l'usurpation du titre de Primarque par l'un de ses propres dieux ; un deuxième qui commet crimes et profanations sans nom après être monté au plus haut de la hiérarchie, volant la sainte statue de Noel Vermillon pour en faire un monstre ; puis l'attaque de Jecht et son compère pour le compte de la Congrégation ; puis maintenant Swain.
    De pire en pire... est-ce que cela allait s'arrêter un jour ? Angeal n'en avait plus espoir, résigné à ce que le combat dure et perdure sans jamais s'arrêter. A croire qu'on ne peut vraiment se reposer que sur un lit de jonc.

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