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Sam 8 Oct 2016 - 13:20
Lenore avait pris ses marques chez les mercenaires, au Centurio et à Port Royale. Elle avait pris le temps de parcourir la ville, de noter les habitudes des personnes les plus notables, bref elle avait fait son repérage. Il est important de connaitre son milieu et ses habitants. La moitié d’une chasse se règle à l’avance par ces informations.

Elle se sentait prête pour une autre mission, après tout elle n’avait eu qu’un maigre salaire jusqu’ici et elle devait encore remboursée une dette. Il faut dire que la mission avait été facile et qu’elle n’avait pas été jusqu’au bout de ce qu’elle pouvait faire. Natsu le lui avait dit… Elle aurait dû choper le mec.

Alors qu’elle parcourait des yeux la liste des missions, l’une d’elle attira son attention. Le monde de Grimm ? Son monde d’origine. Parfait ! Elle connaissait déjà le terrain et les habitudes des locaux. Elle parcourait du doigt l’intitulé : aider le Loup des contes de fées à passer les pièges qu’ont installés les cochons pour se protéger.

Cette histoire la laissait perplexe : aider le Loup, çà annonçait quelques difficultés, surtout qu’habituellement, elle était plutôt du côté de ceux qui le chassent.


« Hmm le Loup hein…. Ah ! Il paie bien ? Ok c’est partit. »

Après tout, c’était une mission originale, çà pouvait être intéressant. Elle retint un léger rire sur l’ironie de la situation. L’appel du gain avait rapidement tranché entre le besoin d’aventure et la conscience du risque. Cela lui jouera des tours, elle en avait bien conscience, mais en attendant, elle devait prendre un transport Shinra pour le monde de Grimm.





Comme d’habitude, elle ne prit pas le temps de ramasser ses affaires, vu qu’elle portait tout sur elle. Pour  le moment, ce qui était le plus important à faire, était de se voiler du strict nécessaire à cette mission. Son courage.

La soute exiguë du transport intermonde avait ce don de la stresser de façon irrationnelle, elle le savait et pestait. Si il y avait bien une personne pour savoir que son malaise était tout à fait artificiel, c’était bien elle. Assise à sa place, elle se répétait ces certitudes. Cette horreur de métal ne tombera pas. Ses murs implacables ne se rapprochent pas. L’air ne devient pas rare, il ne diminue pas à chaque respiration outrancière d’un des voyageurs qui se trouvent ici enfermé avec toi.

Et pourtant chaque transport lui demandait un effort énorme. Elle devait se concentrer sur la mission, et se distraire en même temps, des choses banales, légères, insouciantes ; mais il n’y avait pas grand-chose pour accrocher son attention. La pièce était minimaliste, optimisée pour le transport de passager et donc son seul salut ne pouvait venir que des autres personnes en transit.

Discuter, sourire, ses meilleures armes. Qui plus est, c’est le meilleur moyen d’obtenir des informations intéressantes voire utiles, pour maintenant ou pour plus tard.

Les discussions avaient dérivé sur les contes, quelle aubaine ! Mais pas le bon. Ce qui laissait perplexe les habitants et les touristes mélangés ici, était l’histoire d’un chaperon rouge qui faisait parler de lui, et ce, de manière assez violente.

Lenore souriait, hochait la tête, discutait de façon légère sans laisser filtrer sa réelle pensée sur les histoires de Grimm. Si  vous saviez, ce que renferme cette forêt… La vérité était encore loin de leur portée et leur vie en était grandement facilitée.

Quand la porte de la soute s’ouvrit enfin, elle quitta ses camarades de circonstance, oubliant déjà les futilités de cette discussion et les conditions de transport. Elle se précipitait dehors, se hâtait de retrouver sa liberté. Une fois sur la terre ferme, inspirant grandement l’air salvateur, elle porta son regard sur les alentours. Un spectateur aurait pu croire qu’elle prenait juste le temps de décider de la suite de son voyage.

En fait, elle remettait ses nerfs en place, pour être prête à tout le plus vite possible. Sa destination était connue et décidée depuis le début. Elle avait déjà en tête le déroulement de la mission : Transport, fait. Direction la forêt sombre, et trouver le Loup ;  Trouver les cochons, démonter les pièges, laisser le Loup faire son affaire, se faire payer, très important et … et oui encore ce fichu vaisseau.





Elle ne perdrait pas de temps à passer en ville, elle avait peur d’être rattrapée par la nostalgie, le familier, l’odeur du pain. Non, elle était décidée et se dirigeait vers la forêt. Cette forêt qu’elle connait bien, pour l’avoir parcouru si souvent.

Ses réflexes, ses nerfs, ses muscles se rappelaient de ses multiples chasses. Elle dépassa l’orée, pénétrant dans l’obscur enchevêtrement d’arbres immenses, contournant le lac, s’enfonçant toujours plus à travers les murs de buissons épineux, escaladant les éboulis rocheux qui laissaient filtrer, à leurs masses défendant, un cours d’eau en cascade chantante, pour au final atteindre une clairière d’herbes rases, son objectif.

Elle reprenait son souffle en guettant les environs. Cet endroit était connu de peu de monde. Pour la simple raison que peu en revenait vivant. Elle-même l’avait trouvé un peu au hasard dans le passé lors qu’une traque et ne s’était pas risquée à le pénétrer.

Un arbre gigantesque au tronc de plusieurs mètres de circonférence, trônait, surplombant le reste de la forêt de sa sagesse et de sa haute cime, ombrageant la clairière de sa simple volonté, ou de ses branches fournies. Ses racines en partie à nue, dessinaient de larges alvéoles qui auraient fait concurrence par leur solidité aux murs de Port Royal.

Elles emprisonnaient dans leur poigne un rocher de grès immense posé sur un autre plus petit de sorte à négocier un plafond, une grotte, une demeure magnifiquement et naturellement sombre. Si l’endroit semblait figé dans le temps, il était certainement l’endroit le plus magnifique au monde pour les amateurs de verdure. Cependant celui qui habitait là, gardait jalousement la sérénité de cet écrin.

Elle avançait avec prudence, chaque pas calculé pour ne pas taper contre les racines sortant de terre, de plus en plus présentes et taquines à mesure que l’on approchait du tronc. Elle avançait à  pas de loup. Cette idée la fît sourire. Les deux reflets d’or qu’elle perçut là au fond de l’ombre de la tanière, beaucoup moins. Pourtant d’habitude l’or l’attire. Là il avait un éclat malsain qui la fît s’arrêter. Un frisson lui parcouru l’échine, être la proie n’a jamais été son plaisir.

Loup y es-tu… comme dirait la comptine.


« Je suis mercenaire. Tu nous as engagés pour t’aider. Vénérable Loup. »

Un peu de cirage ne ferait pas de mal. Il valait mieux le caresser dans le sens du poil, l’humilité peut vous sauver la vie si souvent. Elle restait sur le qui-vive, cette situation pouvait si facilement tourner à son désavantage.

Les prunelles dorées se déplacèrent, leur éclat s’accentuant en approchant de l’entrée de la grotte. Une truffe humide se dessinait au fur et à mesure, rapidement suivie d’une gueule aux dents tranchantes et jaunies de la taille de dague de jet. La bête s’avançait lentement, ménageant son effet, faisant rouler un grondement sourd dans sa gorge.

Très théâtrale, mais ça fait toujours son effet de voir la proie inconsciemment trembler. Il plissa les yeux, sortant à l’éclat du jour, ce qui, disons-le, n’adoucissait pas son air terrifiant. Et encore, c’était sans voir la taille de son corps athlétique. Il se dévoilait désormais complètement, faisant le tour de Lenore en reniflant, avec une lenteur vicieuse et sur ses gardes.

Il était gigantesque, Lenore elle-même, de toute sa hauteur, lui arrivait à peine à l’encolure. Ses muscles roulaient sous un pelage gris cendre lui donnant l’air sans âge tout comme l’arbre qui dominait la scène. Lenore se surpris à regarder le sol, refusant de croiser le regard de la bête comme une petite fille terrorisée, pour constater que ses pattes faisaient facilement la taille de sa tête à elle. Ok, il était temps d’inverser la tendance avant de se faire croquer.


« Tu nous as engagé, tu dois, d’une manière ou d’une autre, avoir appris à communiquer je présume. Je viens t’aider à attraper ses cochons qui te résistent »

Un grondement de désapprobation, puis le Loup s’assit face à Lenore, museau à hauteur de nez. Sa voix était gutturale, forcée, quelque chose d’articulé entre le râle et les syllabes simples d’un enfant.

« Oui……aide ... moi … je… veux… les … cochons…… Suis … moi »

Il prit aussitôt la route, alpha sans meute si ce n’est pour l’occasion Lenore, qui reprenait son souffle, attentive à l’emplacement de ses pas, à l’humilité de ses mots, à l’assurance de ses mains plaquées instinctivement sur son corset où sont cachées ses aiguilles, sait-on jamais.

Ne pas le quitter des yeux, ne pas le laisser te distancer. Lui n’attendait pas en tout cas et se dirigeait malgré tout à une cadence supportable pour la petite bipède, à l’extérieur de la clairière, de retour parmi les gigantesques troncs, les buissons inextricables.

Une bonne demi-heure de marche, Lenore prenait des repères pour le retour, si jamais son guide venait à se défiler. Un arbre torturé comme figé dans un spasme. Un rocher moussu. Les dégâts de la foudre qui a écartelé le bois. Une fourmilière. Ils remontèrent un petit étang avant que la bête ne s’arrête, pointant du museau la direction des roseaux.

C’était à son tour de jouer. Elle avança prudemment, écartant les tiges pour jeter un coup d’œil, clignant les yeux devant l’assaut de l’envol d’une libellule effrayée, passant trop près de son regard. Là, dans la chaleur d’un début d’après-midi, au bord d’un étang d’un calme placide, notre première cible.





La demeure de paille était ronde, défraîchie, pas bien haute à peine plus que les roseaux qui l’entouraient, laissant un arrière-gout négligé au décor. Il n’y avait guère plus à voir. Du matériel de pêche et un filet surplombaient l’eau. Une fosse de boue – du moins elle espérait que s’en était – accueillait le premier des cochons, se prélassant au soleil dans son bain brun, la belle vie quoi.

Et une belle cible, du moins, c’est ce qu’elle se serait dit si elle ne savait pas au préalable que les cochons s’étaient protégés du Loup en installant divers pièges. C’était le thème de cette mission après tout !

Lenore jeta un regard en arrière, pour s’assurer que son client restait sagement à sa place en attendant son heure. C’était le cas. Accroupie au sol, déjà prêt à bondir. Bizarrement, cela ne la rassura pas tant que çà. Elle reporta son attention, plus affûtée, sur le territoire du cochon, pendant qu’il savourait son dernier plaisir.

Notamment du fil de pêche, parcouru d’un reflet de lumière, qui n’avait rien à faire ici, tout aussi négligé que ce futur repas semblait être. D’autres légers éclats, comme autant de lucioles qui se serraient égarées dans le temps, confondant après-midi et crépuscule, trahissait tout un réseau, lié à des roseaux courbés.

Des collets ? Tout un système prêt à piéger, immobiliser les importuns, en les blessant, coupés assez facilement par les lignes tendues qui déclencheraient l’emprisonnement aussi certains qu’un filet.

Ingénieux, digne d’un trappeur, Lenore saluait l’habilité du cochon : pas de mains et pourtant... à se demander si il n’a pas eu un petit coup de pouce aussi. Pas de raison que le Loup n’en ait pas non plus… et puis il paie bien il parait. Pour le coup, le stratagème avait une faiblesse… les roseaux d’appuis devait être déraciné pour suffire à annuler la tension du piège.

Dans des gestes suffisamment lents pour assurer sa discrétion, Lenore se baissait pour prendre, dans la doublure de sa botte, un couteau dissimulé. Pas une arme sanguinaire, juste un couteau suffisant pour la dépanner. Elle se faufila entre les tiges souples, grattant la tourbe de sa lame pour déraciner juste assez les roseaux porteurs, sans pour autant les coucher et trahir leur présence.

Elle faillit écraser des œufs de cailles, dans un nid dissimulé dans cet environnement, distraite par la fuite de la mère de cette couvée. Lorsqu’elle releva les yeux vers le Loup, celui-ci était tendu comme un ressort, et compris à l’échange de regard que la voie était enfin libre.

D’un bond, il survola une Lenore accroupie, pour atterrir sans bruits sur les pièges désarmés, tombant comme des dominos. Il s’avança jusqu’à masquer le soleil au-dessus du cochon, de sa grande masse, sortant ce dernier de sa torpeur naïve.


« uuUUIIIIIKKKK !! » furent ses derniers… mots ?

Le Loup aurait pu l’engloutir en deux bouchées. Il s’amusa un peu plus, dédaignant la viande souillée de boue. Plantant les crocs, puis relâchant la proie, lui laissant l’air et l’occasion d’hurler pour sa vie, de se débattre avant de finir par arracher puis cracher la tête dans l’étang et savourer son plat de charcuterie.

Lenore ne put s’empêcher un haut-le-cœur. Elle ne risquait pas de manger de lard avant un moment…. Quoique une petite saucisse grillée au feu de bois du Centurio…. Bref !

Son affaire réglée, la bête souffla pour le principe sur la maison branlante de paille, sa poitrine se gonflant pour se vider et entrainer la matière légère sur la surface de l’étang. Lenore y perçut presque un rire. Elle devait commencer à se faire des idées.

Le Loup jeta un regard à son accompagnatrice, les babines encore rougies, et d’un mouvement de tête assuré, lui intima de le suivre. Ce n’était pas encore le moment de se défiler. Elle était allée trop loin déjà pour ne pas mériter son salaire et la saucisse au Centurio, il faut la payer aussi !

Elle essuyait la lame de son couteau plein de tourbe avec quelques feuilles avant de le ranger de nouveau dans la doublure de sa botte. Elle suivit le pas du Loup, et ils regagnèrent l’intérieur de la forêt, la prochaine cible se trouvant non loin.





Un coin du sous-bois avait été dégarni, cédant la place à une cabane de bois, demeure du prochain casse-croûte. L’air solide et bien bâtie. Il était facile d’imaginer un bûcheron nain sortir de la porte, et fumer la pipe sur le porche. Il n’y manquait qu’une cheminée.

Une palissade de bois entourait la demeure, ne permettant qu’une seule entrée par un portillon à pousser. Entre cette frontière de propriété et la demeure, il avait aménagé tout un atelier de scierie, adapté à son utilisation personnelle. Des outils à portée de cochon, dont l’utilisation ne nécessitait pas de mains, permettant de couper, découper, recouper, et stocker les troncs morcelés. Un sacré travailleur. Et une sacrée protection devant la bicoque.

Pour le coup, la dissuasion devait être le principe. Clairement visiblement, en évidence, quelques arbalètes armées et orientées vers les imprudents colporteurs. Quelques traces dans les arbres au-delà du territoire, prouvaient qu’elles avaient une sacrée détente. Quant à leur déclenchement, à priori, pour le peu encore visible, il semblait mécanique. Pousser le portillon, et vous voici cribler. Vous ne pourrez pas dire que vous n’avez pas été prévenu. Le cochon ne devait pas recevoir souvent !

Le loup jeta un coup d’œil à Lenore, comment allait elle s’y prendre ? Pas moyen de bricoler le portillon. Au moindre effleurement, ou tremblement, le piège se déclencherait. Provoquer son action était dangereux, pour le peu que les carreaux soit aussi efficace qu’ils semblaient l’être, ils auraient pu traverser la palissade et blesser ceux cachés derrière pour se protéger. Cependant la dangerosité du stratagème était limitée par ce couloir dans l’axe du portillon.

La mercenaire contourna la difficulté, littéralement. Elle longea la palissade pour y trouver une faiblesse, qu’elle, avec ses mains, contrairement au Loup et au cochon, pourrait exploiter. Poussant doucement chaque planche, elle finit par trouver un peu de jeu à l’une d’elle, à peu près à l’endroit donnant sur le côté du porc-che … vraiment ces jeux de mots s’insinuaient facilement dans son esprit.

Elle reprit son couteau, qu’elle glissa dans la fissure entre deux morceaux, forçant doucement pour la décrocher en faisant levier. Un pied de biche aurait été plus utile et efficace, se dit-elle en regardant autour, des fois que ce cervidé passe au loin. Elle finit par parvenir à arracher la planche, donnant un accès plus facile à sa voisine qui fût vite extraite également, offrant un passage suffisant même pour notre gigantesque prédateur.

Elle perçut cet éclat malsain à nouveau dans les deux doublons d’or qui servaient d’yeux au Loup, son repas l’attendait et il se léchait les babines, avançant sans attendre l’approbation de son escorte vers le porche. Lenore le laissait à ce qu’il savait faire le mieux. Elle s’occupait de désarmer les arbalètes, on ne sait jamais, s’ils devaient fuir rapidement. Elle glissa un carreau discrètement malgré tout sous son corset. On n’est jamais trop prudent ni trop armé dans ce genre de situation.

Le loup bomba le torse, gonflant sa poitrine, sa cage thoracique se déformant de façon impressionnante avant de lâcher un souffle puissant, ronflant, violent. La cabane toute entière en trembla tellement que les fondations en furent affaiblies, les planches de couvertures et les tuiles de bois s’envolèrent. Si Lenore n’avait pas eût les pieds tranquillement posés au sol, elle aurait cru à un tremblement de terre.

La porte s’ouvrit en cédant sous la pression, dans un claquement soudain, et le Loup pénétra à la recherche de viande crue. Elle ne fût pas témoin du carnage, mais perçut les sons du combat farouche, les meubles déplacés, les cris, les coups, la douleur lancinante, le silence de la victoire de l’un ou de l’autre. Puis les bruits de mastications humides. L’ogre se repaissait de chair fraîche.

Elle secoua la tête à cette idée. Au moins, ce repas-là était plus sain que l’autre cochon. Enfin le gros porc… enfin le dégueulasse dans sa boue là. Celui-ci semblait avoir été plus soigneux, tout était impeccablement ranger dans l’atelier. C’était plus….. Un gigot ficelé, fumé aux bois de hêtre… Le Loup ne savait pas ce qu’il ratait mais soit !

Le Loup en sortant donna un coup de hanche à l’encadrement de la porte et la structure complète s’effondra, le faisant trottiner par instinct, sortant Lenore de ses pensées culinaires. Heureusement qu’elle avait désamorcé les arbalètes ! Dans sa fuite, il s’était carrément arrêter devant ces instruments. Il regarda le métal pointé dans sa direction, puis la mercenaire en plissant les yeux, celle-ci haussant les épaules. Il intima avec impatience de reprendre la route, de son mouvement de tête l’invitant à suivre de nouveau.





La paie approchait et l’heure du dîner aussi. Toute cette charcutaille finissait par donner faim. Le Loup guida Lenore, quelques dizaines de mètres plus loin, le sous-bois laissant de nouveau place à un terrain plus dégagé, une petite clairière qui abritait une chaumière et quelques champs de maïs très foisonnant.

La fumée sortait de la cheminée, visible de loin. Les deux compères s’approchaient à l’ombre des champs dont la hauteur permettait de couvrir leur visite inattendue.

Bientôt ils furent assez proches pour voir plus en détails la maison, qui loin d’être une simple chaumière de brique, ressemblait davantage à une prison renforcée de métal. Des murs de grandes tailles surmontés de barbelés, une grille de fer dont le bourdonnement surpris Lenore... Du moins jusqu’à ce qu’elle voit un innocent papillon s’y poser avant de tomber lourdement après un grésillement, grillé. Ils voyaient également au niveau de la maison elle même, une porte d’entrée en acier que l’on imagine facilement se refermer comme des mâchoires dans un claquement strident.

Ok, là c’est un tout autre niveau…. Mais QUOI ?! Comment ?! D’accord ils sont doués ces cochons mais là quelqu’un est intervenus, obligé !
Lenore commençait à se décomposer, le regard parcourant la forteresse. Un symbole lui sembla familier.

Shinra Corporate.

Ils ont tapé dans le hightech juste pour empêcher le Loup de faire son travail ? N’Y a-t-il pas un peu conflit d’intérêt ou je ne sais pas quelle magouille juridique ?

Lenore soufflait du nez. Le Loup aussi. Elle lui jeta un regard plein de compassion un bref instant. Oui très bref. Parce que malgré tout, il restait avide de chair, prêt à tuer, excité par ses deux premiers hors d’œuvre et si ce n’était pas le cochon qui passait à la casserole, elle craignait pour elle-même.

Le problème était que le niveau technologique pour le coup la dépassait. Elle regrettait soudain d’avoir si peu sur elle. Il lui aurait fallu un grappin, au moins une corde, il faudra qu’elle pense à en prévoir une, entourée à sa taille, çà ne prend pas de place. Cachée dans un foulard en ceinture.

Elle étudiait les solutions qui se présentaient à elle.

La grille électrique. Très peu probable, à moins d’avoir une grande quantité d’eau pour créer un court-circuit important. Elle n’avait pas çà sous la main.

Le mur barbelé. Au-delà de la grimpette nécessaire, elle n’avait pas de pince pour dépêtrer les fils d’acier et se ménager un passage. Par contre elle avait sa cape. Pas bien épaisse mais ce serait suffisant pour enrouler le fil, tiré dessus à le déformer et le déplacer. Elle soufflait à l’idée de devoir la sacrifier. Il n’en restait pas moins qu’il fallait réussir à monter.

Son regard se posa sur le Loup. Imposant. Sa carrure. Elle mesura à vue de nez. Cela pouvait faire l’affaire.


« Ecoute... pour le coup je vais avoir besoin de toi. Tu sauras te tenir debout contre le mur et me laisser grimper sur tes épaules ? Parce que là sinon je ne vois pas. »

Le Loup opina. Bien docile hein ? Il faut croire que la faim justifie les moyens.

Lenore fixa la scène pour bien se l’ancrer dans la mémoire. Personne ne la croirait jamais. Le Loup de toute sa hauteur, plaqué contre le mur, debout sur ses pattes arrière. Elle se prépara, en retirant sa cape gris sombre. Elle grimpait en prenant appuis sur les articulations de la bête, accrochée à sa fourrure épaisse. Debout en équilibre précaire sur ses épaules, il lui restait encore à sauter avant de s’accrocher sur le bord du mur, arrachant un râle à l’animal.

Elle se hissa à la force des bras, jusqu’à poser ses coudes. Puis elle prit une bonne inspiration, bloquant son souffle, contractée pour maintenir sa position, ses pieds glissant en l’absence de prises. Elle balança sa cape sur les barbelés pour se libérer les mains. Elle entoura le fil métallique de son tissu et tira sur l’extrémité du vêtement pour dégager assez de place. Elle se hissa sur la hauteur du mur, de façon à s’asseoir en amazone.

Plus qu’à passer les jambes dans le vide de l’autre côté et se laisser tomber en se retenant par le vêtement… En espérant que le fil de métal soit suffisamment raide pour amoindrir la chute.

Elle avait de ses idées par moment. Elle se serait mis des baffes à postériori. L’atterrissage ne fût pas des plus doux mais au moins, elle limita les dégâts, le fil complétement déformés vers l’intérieur de la cour désormais. Et sa chère cape fichue.

Elle souffla son regret et s’approcha de la grille, cherchant l’interrupteur. La grille tût son ronronnement perpétuel, maintenant que l’électricité qui la parcourait était éteinte. Elle s’ouvrit pour laisser entrer le Loup dont la démarche traduisait d’une douleur à l’épaule.

Lenore le devança pour s’approcher de la porte. Elle faillit prendre en main la poignée lorsqu’elle tiqua sur un détail. Un petit trou dans celle-ci. Se penchant, elle jeta un œil pour se rendre compte que cet orifice dissimulait une aiguille fine. Outch, ça devait faire mal. Elle était prête à parier qu’elle devait être enduite de quelque chose. Pendant qu’elle y était, elle vérifia la serrure, histoire de se rendre compte si la porte était ouverte ou fermée, pour constater que le verrou était enclenché.

En tout cas ce cochon-ci est complètement parano mais il a dans sa poche une personne bien utile. Va savoir quel lien ils entretenaient.

Lenore fît signe au Loup de s’éloigner un peu, le temps de sortir deux aiguilles fines de son corsage et de tenter de crocheter la serrure, veillant à ne pas rester devant la projection possible du piège. Il lui fallut de longues secondes à triturer. Elle voyait les yeux plissées du loup sur elle et sa barbiche de poil roussi par son carnage, qui tressaillait d’impatience. Elle détestait avoir quelqu’un sur son dos dans ses moments-là, le doigté dépend de la concentration et des sensations.

CLIK ! Son sourire se dessinait lentement, victoire. Celui du loup aussi. A table !

Il poussa la porte lentement, pénétra en toute discrétion, renifla l’air pour déceler la présence de sa proie dans l’ombre de la demeure.

Un éclair rose passa derrière lui, dépassant Lenore à toutes jambes. Le dernier des cochons fît là une grosse erreur, lançant la chasse. Le Loup revint rapidement sur ses pas, à grandes enjambées, à grandes vitesse, ouvrant une large bouche.

La peur et les habitudes font faire des erreurs terribles. Le cochon activa l’interrupteur de la grille. Pensant la désactiver. Au contraire, il fît courir de nouveau l’électricité dans celle-ci alors qu’il y porta la patte pour l’ouvrir.

Le Loup, lui, compris vite l’erreur et freina sa course pour se dévier juste à temps, bien qu’il percuta un peu le mur. Lui au moins évita le barbecue.

Lenore revint pour éteindre l’interrupteur et libérer la carcasse fumante du cochon, l’abandonnant à l’appétit de son client, l’imagination chatouillée par l’odeur de lardons grillés.





Le repas englouti, la mission terminée, Lenore regardait le soleil commencer à se coucher. Il fallait encore récupérer la prime et l’idée de côtoyer la bête de nuit dans la forêt ne l’enchantait guère. Pis merde ! Elle avait faim elle maintenant. Il n’était plus question de passer voir la famille, mais de rentrer chez elle, son nouveau chez elle, et avec une bourse pleine.

C’était son tour de s’impatienter. Le Loup dû percevoir sa fébrilité car il repassa près d’elle en la regardant de cet air peu rassurant, puis fit son geste de la tête pour entamer le retour.

Il ne chercha pas à la distancer, limite même, il prit son temps sur le retour, bien qu’en passant exactement sur le chemin emprunté à l’aller. Etait-il repu ? La lumière sang du soleil couchant donnait un aspect lugubre à ce voyage et teintait la pierre de grès qui constituait la tanière du Loup.

Présage fort peu engageant.
Lenore restait sur ses gardes, de plus en plus tendue. Le Loup pénétra dans son antre en lâchant un simple mot difficilement articulé.


« Argent » marmonna-t-il.

Elle le suivit, pour prendre son dû. Ses yeux s’habituant à l’obscurité déchirée dans un dernier soubresaut par les rayons de ce soleil mourant, des rayons de sang léchant les parois et les restes de repas du Loup accumulés dans un coin.

Une bourse était là effectivement n’attendant plus que les mains de la mercenaire, parmi les ossements et vêtements délabrés de ses prédécesseurs qui eux aussi avaient dû être engagés. Pas forcément par le Loup lui-même ceci dit. Visiblement l’échec aussi était récompensé. Par une vie éternelle dans l’au-delà.

Elle aurait peut-être dû se poser la question… comment un loup peut-il avoir de quoi payer ?

Il lui fallut toute son énergie pour donner l’illusion de l’assurance. Les mains serrées sur ce sac d’or, reculant sans quitter de vue les prunelles irisées du Loup, de plus en plus lumineuses alors que la lumière disparaissait à l’horizon, rattrapées par les ténèbres.

Elle recula en veillant à ne pas trébucher. Sortir. Mais ne pas fuir. S’il lui courait après, elle n’aurait aucune chance.


« Et bien…Merci….. Bonne soirée… je ne vous dérangerais pas plus. » Dit-elle.

Elle recula, jusqu’à ne plus voir que deux point jaunes luisant dans la grotte. Il ne la quittait pas de vue. Elle quitta la clairière. Il fallait qu’elle fasse vite.

Son sang bouillait dans ses veines et lui hurlait que son salut ne tenait pas à grand-chose. Elle était libérée de sa cape. Avait son argent. Avait encore suffisamment de souffle pour courir.

Elle fît volte-face pour se mettre à foncer, droit devant elle avant d’entendre le hurlement du Loup dans son dos. Il la rattraperait rapidement et elle avait lancé la chasse. Elle détestait être la proie.

Heureusement elle connaissait l’endroit. Elle entendait le bruit des brindilles que l’on brise sous le poids de ses pattes. Elle rejoignit rapidement, mais juste à temps, la cascade. Elle devait se faire des idées, il ne pouvait pas être déjà sur ses talons. Mais dans le doute, plonge !

La chute de quelques mètres seulement suffit. Elle remontait dans la panique pour prendre de l’air et vérifier la position du Loup. La lune scintillait sur les vaguelettes de l’eau, redessinant les ombres.

Le Loup était là-haut, perché sur les rochers en surplomb de la cascade. Assis. Il repartit l’air tranquille vers sa demeure. Il la laissait partir. Du moins pour le moment. Ou le faisait croire.

Lenore se hâta de rejoindre la berge, et de courir, encore et toujours, pour rejoindre la ville, quitte à souffrir des griffures des épineux sur le chemin. Quitte à déranger la forêt entière de sa hâte.

Elle parvint juste à temps pour embarquer dans le dernier transport du jour de la Shinra, pour rentrer chez elle, elle embarqua dans un état déplorable, débraillée, en sueur, pâle comme la lune et ne put s’empêcher un rire nerveux quasiment tout le temps du trajet lorsque l’on s’inquiéta pour sa santé.

Elle jura de se réchauffer autour d’un barbecue, de saucisses et de gigot à son retour devant la cheminée du Centurio, laissant perplexe les voyageurs autour d’elle.


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Le Chasseur Ardent
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Sam 8 Oct 2016 - 19:49
*lis le rapport de Lenore en même temps qu'il mange une cuisse de porc en sa compagnie*

Non mais....non mais....tu veux que je dise quoi là....cette mission est géniale ! J'ai eu aucun soucie a me voir les actions, c'était bien écrit avec ton style super classe ! C'était parfais ! Non franchement j'ai prit mon pied en lisant cette mission bien sympathique Smile (trés amusant le petit clin d'oeil à Red et le pied-de-nez a la Shin-ra en passant a travers leur systéme de sécurité)

Y'a qu'un seul petit bémol que j'ai envie de souligner: les deux premiéres maisons...alors y'a des piéges, trés bien trouvé, ça suit la logique de l'intitulé de la mission sans soucie.....le probléme, c'est que quand on sais que le Loup posséde une capacité qui lui permet de déraciner la maison en bois d'un souffle....ben quand je vois les piéges je me dis...."pourquoi il à pas fait ça tout seul ????"....il aurait put souffler, virer les piéges d'un coup et ensuite s'en prendre aux maisons de paille et de bois
Je ne dis pas que c'est nul....mais de mon avis c'est juste eu une petite erreur de logique qui rend l'évolution de ce petit passage un peu dommage.

Pour le reste y'a vraiment rien a dire....je crois que je vais commencer a me mettre a mort sur l'hortographe et la grammaire pour pouvoir chercher des erreurs dans tes Rp sinon ils seront teop parfais xp

Alors on sent une certaine tension dans cette mission, de la jugeotte de la part de Lenore pour résoudre ces petits casse-tête, mais y'a pas encore de grands défis qui l'acculent et lq force a se surpasser vraiment.
Du coup, Mission normale: 20 xp, 200 munnies et 3 PS (2 Dextérité et 1 Force). Et tu trouve dans ta bourse un doigt a moitié bouffé sur lequel est accroché une bague d'une valeur de 12 munnies (t'en as de la chance dit moi xp)
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Sam 8 Oct 2016 - 20:58
heyyy maintenant que tu le dis, j'avoue. tu m'avais dis pour le souffle en plus. Je l'aurais un jour! je l'aurais!

*aura revendu la bague sans même regarder si elle possédais une inscription*
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