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 Fumée Blanche
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Le Pardon Enchaîné
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Dim 7 Aoû 2016 - 0:47
Le temps que la mèche se consume et atteigne la poudre laissait quelque secondes pour fermer les yeux et se trouver un pan de mur assez agréable pour s'abriter de la déflagration. L'odeur acre de la poudre, celle étouffante de la chair calcinée et d'égout putride était, elle, malheureusement inévitable.

Le soldat lui accorda un signe de tête entendu en réponse au sien et repartit en direction de l'entrée.  Plus ils progressaient, plus la complexité des souterrains qui s'entrelaçaient sous la cité devenait visible. Un labyrinthe de pierre humide drapé de rouge, dont chaque trace était un preuve de l'emprise tenace de Grell sur la cité. Le salopard, il était parti depuis des années et pourtant, sa présence restait comme un poison.

La fumée se dissipait, et Fabrizio entra dans la chambre, épée à la main, recherchant un signe quelconque de vie, un bruit, un râle. Il fit un signe à ses hommes d'entrer et, comme il l'avait déjà fait à peu près cinq fois dans la précédente demie-heure, il acheva une forme au sol se mouvant convulsivement. Un corps brisé drapé de rouge, une peau grisâtre recouverte d'une couche de pierre et de sang. Son existence terminée aussi simplement, sans une pensée émue.

Fabri regarda autour de lui, chercha une forme vivante en dehors de lui et de ses alliés, trois paladins et un prêtre. Les quatre étaient lourdement armés, le bruissement métallique de leurs armures résonnait contre les murs humides. Un signe de tête entendu, et ils filèrent.

Le plan d'action était des plus simples et impliquait aussi peu de combat que possible. Angeal ayant clairement expliqué que tout contact avec ces créatures était dangereux, le combat rapproché était déconseillé. D'où les explosifs. Des kilos et des kilos d'explosifs gracieusement fournis par Marie de Beauterne, qui n'avait pas cherché à savoir à quoi allaient servir ses explosifs, elle qui s'était reconvertie depuis longtemps dans les feux d'artifices. 'C'est toujours bon de diversifier son commerce' avait-elle dit.

L'équipe progressait dans le dédale des galeries. Prenant soin de brûler toute bannière du Sycophante, marquant d'une simple trace à la craie blanche les endroits déjà visités. Ce n'était pas un travail agréable, et la situation ne rendait pas les choses plus faciles. Les soldats étaient épuisés des changements d'organisation, des changements de commandants. Pentaghast était enfermée, Angeal était silencieux, invisible. Le Sanctum n'avait plus de tête. Même s'il croisait chaque jour dans les couloirs les mêmes personnes qui vaquaient à leurs occupations dans une impression de quotidien réconfortant, Fabrizio avait eu la nette et claire impression que la situation ne pouvait plus durer. Le Domaine était une poudrière ; peut-être n'aurait-il pas d'autre occasion d’exécuter le dernier commandement qu'il avait reçu du Primarque.

La nuit serait courte et il avait bien l'intention de faire compter chaque seconde entre le coucher du soleil et l'aube.

Il n'y avait pour le moment aucun signe des soldats capturés par les engeances du Sycophante, uniquement des êtres gris et enragés. Le contact étant à proscrire, il avait songé à la possibilité qu'ils se soient depuis longtemps transformés en monstre tels que ceux qu'il avait déjà abattus. Il avait attendu trop longtemps.

Les chambres suivantes furent nettoyées de la même manière, à grand coups d'explosif. Ce n'était pour la plupart que des  réduits et des cloaques puants l'eau croupie.

L'odeur de la poudre était tout de même nettement plus agréable que l'odeur des égouts, quand même. Dans tous les cas elle était plus loquace que ses compagnons d'infortune, songea le jeune homme.

Il marqua le côté droit de la porte d'une croix blanche. Toujours du côté droit, comme ça, ils sauraient dans quel sens ils allaient. Bien entendu, ils avaient un plan des lieux, mais le plan était daté de la dernière visite de contrôle des lieux, et, même s'il avait toujours eu des problèmes avec les dates des mondes respectifs où il avait vécu, il était évident que cette carte était plus vieille que lui. Des annotations des Templiers de l'expédition y indiquaient des grilles ouvertes, des passages étroits mais praticables, des pièces à inspecter.

Un craquement sourd interrompit net son énervement ainsi que ses pensées. D'instinct, il chercha à définir d'où venait le son. Derrière-lui ? Il se retourna, vers la pièce qu'il venait de quitter. D'épais nuages de fumée noire s'en échappaient encore, ainsi que l'odeur lourde de la poudre. Il recula, inquiet, lança un regard aux autres soldats ; un mélange d'irritation, d'incompréhension et d'appréhension dans un seul regard ; sentiment partagé et rapidement compris car mutuel. Il n'y avait plus rien de vivant aux alentours, alors quoi ?

Sans qu'elle ne puisse le prévoir, un lourd craquement retentit au dessus de l'équipe. En l'espace d'un instant, la lumière de leurs torches et l'espace défini que formait le couloir, aussi répugnant fut-il, avait disparu.

Le silence succéda au bruit, et l'angoisse à la surprise.  

C'était comme s'il se réveillait après un long somme ; comme s'il revenait à lui ou tombait dans un lac gelé. Sans pour autant avoir perdu conscience, un flot de pensées et de sensations noyèrent son esprit. Qui avait balancé un explosif sans vérifier que le plafond tiendrait ? Lui-même ? Non, c'était pas possible !

Il avait préparé cette mission pendant des mois, il n'avait pas pu la massacrer d'une telle manière, si ?

« Tout le monde va bien ? »

Sa voix semblait lointaine, comme s'il se serait entendu parler. La poussière et les débris l'empêchaient de voir autour de lui une fois qu'il se fut extirpé des décombres. La désagréable pensée que son armure venait probablement de lui sauver la vie en tête, il regarda autour de lui afin de chercher ses équipiers. Une alcôve dans le long couloir sinueux maintenant dévasté l'avait empêché de se faire enterrer vivant, cependant, la vue de la seule issue maintenant bloquée était sans équivoque. De même que l’oppressant silence qui régnait sur les lieux. Il appela le nom de ses équipiers une fois supplémentaire, puis encore une autre, sans réponse. Chacun de ses nombreuses tentatives de dégagement des énormes pans de mur bloquant la voie se soldèrent par des échec cuisants. Mais il essayait, encore et encore, jusqu'à ce que l'évidence se présente à lui, triste de vérité.

Dans un soupir qui était plus rempli de terreur que de lassitude, Fabri s'éloigna de l'issue bloquée. Le tunnel n'avait pas d'autre issue, cela allait sans dire. Ce n'était pas parce qu'il se répétait ça pour la dixième fois qu'une sortie allait magiquement se créer. Etro n'y ferait rien. Elle ne pourvoyait pas à ce genre de choses. Il avait dans sa pensée une idée bâtarde, celle d'une déesse résidant aux cieux en avatar étrange de la Sainte Vierge. L'obscurité ne pouvait pas être son domaine, car il était celui du Sycophante, égérie des ténèbres et de la luxure.

Il fit l'inventaire de ce que contenait le sac à son côté, fébrilement, pour y trouver quelques bâtons de craie, des restes d'explosifs, deux ou trois choses sans importance en somme. Son esprit ne parvenait pas à assimiler ce qu'il voyait, alourdi par une terreur sourde. La suite des opérations s'imposait à lui, criante de simplicité. Après-tout, il n'avait qu'un chemin à prendre et déjà, un écho bondissait sur les murs. Renvoyait un bruit sourd et se rapprochant, indistinctement, on pouvait s'imaginer des dizaines de choses en provenir.  

La galerie poursuivait sa course en pente légère, désormais asséchée et silencieuse. Les torches avaient étés éteintes, enterrées sous la pierre.

Il prit un des explosifs depuis le fond de son sac, un contenant en céramique rempli de poudre noire. Jetant des coups d’œil anxieux en direction du gouffre noir en face de lui, il arracha la mèche de l'explosif et replaça le réceptacle dans son sac. Sans attendre plus que nécessaire, il alluma la mèche et avança, la lueur blanche et tremblante le rassurant quelque peu.

Mètre par mètre, il progressait dans le tunnel qui s'enfonçait dans les ténèbres. Jetant des coups d’œil en l'air pour ne voir que l'arc de la voûte, les pierres noires aux arrêtes illuminées par la mèche. Il était déjà loin d'une issue probable, aucune bouche d'égout ne donnait sur une ruelle, son espoir de sortie résidait en une possible issue à flanc de la montagne sur laquelle étaient basées les fondations de la citadelle. Où par quelconque issue les créatures utilisaient.

Son regard croisa une forme devant lui, entourée des ténèbres d'un croisement dans la galerie. Voûtée, grise et habillée de rouge. Son souffle court, il dégaina son épée dans un geste rapide ; la lame sonna contre la pierre en frappant le mur opposé, son geste avait été trop large. Mais déjà, la créature poussa un grognement rauque et se jeta sur lui. Il la repoussa d'un coup de pied, la frappant ensuite immédiatement d'estoc alors qu'elle retrouvait son équilibre. Dans un gargouillement, elle s'écroula au sol et lui, recula.

Il resta sur place quelques secondes ; en face de lui se trouvait deux boyaux. Les bruits continuaient dans le fond, mais par où ? Il ne pouvait pas répondre, ses sens comme endormis par l'adrénaline. Son esprit voulait le voir fuir, mais il savait bien qu'il n'y avait pas d'autre moyen que d'aller plus avant. Sans hésiter un moment de plus, il prit le couloir qui s'enfonçait encore plus profondément. Il n'y avait aucun souffle d'air sur son visage, seule partie exposée de son corps. Aucun moyen de savoir s'il avançait dans la bonne direction ; il y allait d'instinct.

Trop rapidement à son goût, deux formes sombres déboulèrent du couloir, d'abord sortant de la pénombre, puis venant au clair de la lumière blanche dans un grognement sourd. N'ayant pas rengainé son épée, il la porta au devant de lui dans le geste le plus simple qui fut, cueillant la première des créatures à la gorge dans un bruit qui mit un terme aux siens. La deuxième se jeta sur lui par la gauche, et il para se son bras, où la cotte de mailles qu'il portait sous et entre les plates de son armure fit des merveilles contre les dents de la créature. Il lâcha son épée, coincée dans les cervicales du cadavre frais, et attrapa le poignard à sa ceinture, l'enfonçant d'un geste sec entre les yeux du monstre qui s'écroula après une convulsion de surprise.

Fabrizio ramassa son épée et poursuivit son chemin. Sa tête lourde, son esprit dans une torpeur noire.

Il marqua une croix blanche à une intersection, du côté droit, et avança encore plus loin, toujours plus profondément.

Une rigole coulait dans le vide d'un cloaque qu'il traversa en se collant au mur, depuis un tunnel barré d'une lourde grille de fer noirci par le temps et les immondices. La mèche dans son poing gauche brûlait avec une régularité certaine, rétrécissant avec chaque minute. Depuis un temps incertain, il avait commencé à remarquer l'irrégularité du courant, de l'eau qui s'écoulait. Une odeur de terre et d'humidité, d'orage. La pluie devait dores et déjà battre les pavés de la citadelle, plus haut, et l'eau s'écoulerait par les égouts jusqu'à la rivière, au fond de la ravine qui entourait les constructions.

Le couloir revint à une inclinaison plus faible, puis redevint plat. Une faible lueur à une distance proche le fit resserrer sa prise sur son épée. Il fixa son regard sur cette lueur, ne sachant qu'en penser. De quoi pouvait-il bien s'agir ?

Un choc lui coupa le souffle, une douleur soudaine s'empara de lui. Cherchant à se redresser sans pour autant se souvenir d'être tombé, il resta quelques secondes au sol, sur les dalles détrempées. Clignant des yeux dans l'espoir d'y voir clair, dans l'espoir de comprendre, il s'aida du mur pour se redresser et garder l'équilibre. Son crâne allait exploser, il en était sûr. Sa vue était trouble et la douleur insoutenable. Chaque battement de son cœur renvoyait une vague de douleur qui l'empêchait d'avancer, de penser. Qu'est-ce qui avait fait ça ?

Le couloir était sombre, désorienté, il cherchait un moyen de se repérer. La pâle lumière de la mèche à explosifs de Marie s'était éteinte, tombée sans un seul bruit dans la rigole au centre du couloir. Le bruit de l'eau coulant des puits assourdissait tout autre murmure. Sa chasse étant aveugle et désormais assourdie, Fabri n'avait pas d'autre choix que d'avancer, car il savait que rien ne l'attendait derrière.

Son propre souffle lui était inaudible et, par réflexe, il gardait son épée à la main et son bouclier dans l'autre. Ses yeux ne parvenant pas à s'habituer à l'obscurité, son regard restait fixé sur la lueur rougeâtre qui dessinait les contours d'une salle plus large, à la fin du tunnel.  

L'odeur de la pluie était plus forte ici, pour une raison qui lui était obscure. La lumière provenait de torches fumantes aux murs, crépitant doucement. La fumée qu'elles produisaient rejoignait le haut plafond sans disparaître. Les volutes restant ainsi prisonniers, avalant la voûte et le haut des colonnes d'un nuage opaque comme de la brume.

Ses esprits lui revenant petit à petit, il continua d'avancer, balayant la salle du regard, cherchant le mouvement le plus ténu.

Le son de ses pas se confondit dans un son des plus étranges, qu'il aurait aimé imaginer. Il baissa le regard, et ce dernier se perdit dans la paire d'yeux qu'il y trouva. Écarquillés, vides, morts. Sa poigne se resserra sur son épée alors qu'il recula d'instinct. Les yeux appartenaient à un corps, non, seulement la moitié. Dans une description aussi exhaustive qu'elle était involontaire, Fabri remarqua chaque détail. L'expression terrorisée du visage, les membres arrachés, lacérés, les entrailles éparpillées. Le sang coagulé noir ayant coulé sur le tapis à la couleur carmin, ce rouge, ce rouge qui le renvoyait à ses pires souvenirs. Un épieu dans son cœur plus profondément enfoncé que tout autre, il allait de pair avec une voix qui s'était fait une place dans ses cauchemars, avec des yeux fous et des avances, des ordres et des rires. Une créature sans genre, sans origines, sans but dont le nom lui revenait comme une évidence. Aussi sûr que le pentacle dessiné au sol, entre les parties de cadavre et les instruments tranchants. Le héraut de la géhenne, le Sycophante, Grell.

« Quelle surprise de vous voir ici, quel plaisir ! »

Cette voix, elle était trop claire pour l'avoir imaginée.

Son regard dépassa le tas obscène de corps pour observer la provenance de la voix, à la consonance familière. Par instinct, il leva son bouclier.

« Je vous en prie, ne soyez pas troublé par le désordre ! »

Fabri recula. Sa logique s'était depuis longtemps perdue, son instinct, lui, lui hurlait de filer. Mais pour aller où ? Il n'était pas en proie à un violent débat intérieur, il se demandait en fait quelle voix écouter. Celle qui lui disait de se tirer ? Celle qui lui disait de parler ?

« C'est toi qui es responsable de ce merdier ? » commença-t-il.

Sa propre voix lui paraissait inconnue, il n'arrivait pas à la décrire.

« Quelle expression incongrue ! Serais-tu un chevalier comme tous les autres ? » Un petit rire vint ponctuer la phrase. « Excuse-moi, tu n'en as ni le maintien ni l'allure ! Le bouclier peut-être... »

« Tu es sommée de te rendre, le châtiment pour tes crimes ne peut être clément, aussi je te somme de te rendre sans attendre. »

Un rire aigu fut la seule réponse, sans équivoque. « Adorable, vraiment ! Soit. Je ne m'attendais pas à autre chose que des cris venant de personnes aussi primitives que vous. Incapables de voir la beauté, prisonniers de... vos croyances, où quoi que ce soit. »

Elle avait bougé, dans un cliquetis d'armure caractéristique. Sa présence se déplaçait dans la salle. Ses mouvements à peine perceptibles au milieu du lointain fracas des trombes d'eau transportées par les dédales de galeries souterraines.  

« Vous allez mourir. »

Ses déplacements changèrent radicalement, elle bougea en un instant. Fabri tint fermement sa position, l'entendant toujours clairement devant lui. Dos à la seule sortie comme il était, elle ne pouvait être ailleurs. Elle n'était pas encore assez proche pour frapper.

Une pointe acérée traversa le métal de son bouclier. A quelques centimètres sous son bras, puis se retira dans un crissement de métal. Avec surprise, il se jeta de côté pour éviter un coup circulaire. Une hallebarde, donc. Il ne l'avait pas vue la porter ; la forme était désarmée lorsqu’il avait jeté un coup d’œil par dessus son bouclier quelques instants plus tôt.

Leurs positions respectives changèrent dans la plus diligente des manières alors qu'elle reprenait sa place au centre de la salle, restant respectueuse du terrain de son opposant, qui se cantonnait aux côtés, là où d'imposants piliers empêcherait l'utilisation d'une arme trop longue.

Elle ne le lâchait pas des yeux, aussi tentât-il de ne pas la perdre du regard non plus. Il ne voulait pas d'autres surprises. Il releva le regard, afin de la regarder plus clairement. Dans la clarté mate et diffuse des torches, il était presque impossible de relever les détails. Mais elle était grande, élancée, vêtue de rouge. Ce n'était pas le Sycophante.

Elle empoigna son arme à deux mains et frappa d'estoc ; deux coups très puissants, à une vitesse frénétique. Le premier visait sa tête, et Fabri se baissa assez rapidement pour ne pas finir empalé contre le mur. La pointe métallique de l'arme frappa la pierre dans un écho assourdissant. Le deuxième coup, lui, visa son bouclier. Alors qu'il esquivait le premier coup, la pointe vicieuse de l'arme traversa le métal comme s'il se fut agi de paille, ainsi que son bras dont l'armure ne servit absolument à rien. Dans un crissement infâme, elle arracha le bouclier d'une torsion vicieuse et efficace.

Le temps qu'elle prit pour arracher le bouclier du bout de son arme fut minime, bien moindre que le temps qu'il prit à regagner son calme. Son cœur battait à tout rompre ; il n'avait pas l'avantage. La hallebarde de son opposante venait de traverser son bras gauche, il lui était inutile d'essayer de rattraper son bouclier.

« Devrais-je ralentir ?  As-tu réalisé que tu devais te battre ?»

Sa voix était un poison.

Elle parlait, et parlait, dans une langue qu'il ne comprenait qu'à moitié. C'était comme s'il l'entendait sans parvenir à l'écouter. Son esprit était ailleurs. Il ne devait pas, il ne pouvait pas rester comme ça, où il allait mourir. C'était une pensée aussi simple que cela qui le paralysait. Il voyait, en un clin d’œil, les corps d'amis connus remplacer ceux des soldats morts sur le sol. Ici, il voyait un étendard, une fleur de lys dont le fond bleu était noyé dans une mare de sang.

En quelques secondes, il revit, plus clairement que jamais, les corps de ses frères, des vies terminées injustement. Contre le mur, Pentaghast gisait, le regard vide, un trou béant sous la poitrine. Le Primarque, son aile tâchée d'écarlate, était étendu au sol, sans vie.

En se jetant sur le côté, il parvint à éviter un énième coup de la hallebarde. En un temps, il reprit son bouclier après avoir utilisé un sort de soin. Il savait que d'autres coups viendraient. Il s'était déplacé dans le centre de la salle, où il avait une liberté totale de mouvements. Mais elle était trop rapide. Aussi venait-il de se glisser sous un de ses coups qu'elle se tournait dans un geste net et précis, et le frappait du manche de son arme. Le court choc fut suivi d'une douleur intense dans son épaule, là où la lame de la hallebarde venait de frapper de plein fouet, passant à un cheveu du dessus de son bouclier.

Elle se prépara à attaquer une nouvelle fois, mais son mouvement fut interrompu. Plutôt que de se dégager et de chercher à l'éviter, Fabri avait attrapé l'arme et la tenait fermement. Emportée dans son élan, elle arracha la lame d'un geste vif. Le jeune homme de la lâcha pas pour autant, et repoussa son arme. La voie libre, il se jeta sur elle de tout son poids. Il avait lâché son épée, et tira de son sac un explosif qu'il enfonça dans la bouche de son opposante. Dans un gargouillement presque indigné, elle reprit contenance et resserra sa prise sur son arme.

Un sort de feu eut raison de la poudre, et le réceptacle éclata.



Il n'y eut que peu d'opposition alors qu'il parcourait ce qui restait des galeries. Lentement, il cherchait les chemins où la lumière était plus forte, où l'odeur de pluie était plus présente. Ses idées peu claires ne l'aidaient pas sur ce chemin. Tentant de garder la tête haute, ne serais-ce que pour voir où il allait et si rien ne se dressait devant lui, il avançait.

La grille sur laquelle il déboucha était solidement arrimée à la paroi de la galerie. Des kilos de métal ancrés à la pierre.

Il les considéra longuement d'un air vague, sans vraiment réfléchir. Il eut l'idée de les faire exploser. Pour être honnête, il avait perdu le plan. Sa mission était un échec. Il n'y avait probablement plus d'engeances mais les soldats étaient morts.

La pluie battait les feuilles des arbres et leur bruit nimbait la foret au delà de la grille d'une aura étrange. C'était un rêve qu'il regardait sans réagir. Le vent s'engouffrait dans le tunnel, comme s'il le narguait.

Il s'agenouilla, de sa main valide, il vérifia le contenu de son sac. Quelques bombes, de la craie. Rien qui ne lui parut vraiment phénoménal.

Il prit quelques secondes pour observer chaque détail de son arsenal. Tous les explosifs étaient différents ; Marie les lui avaient décrits en y prenant du temps. Aussi prenait-il du temps à assembler les réceptacles et les sachets de poudre autour des barreaux inférieurs de la grille. Le premier était abîmé par l'eau, et tous étaient rouillés. L'élévation du terrain était telle que les explosifs resteraient au sec le temps qu'il faudrait afin de les allumer. Reculant de quelques pas après s'être difficilement relevé, il lança un second sort de feu sur les explosifs. La détonation l'assourdit, lui qui pensait s'être assez éloigné. Retrouvant ses esprits, il se rapprocha et jugea par lui même de l'état des barreaux.

Se séparant de son sac ainsi que d'une partie de son armure, il se glissa sous la barrière. La fraîcheur et l'humidité de la pierre puis de la terre le firent trembler, et le firent se rendre compte de son état. Une traînée de sang marquait l'endroit d'où il tentait de se relever.

Il parvint à se remettre debout au prix de nombreux efforts. Sa vue trouble, il longea la muraille en remontant la pente. La nuit était sombre, le ciel ne laissait passer aucune lumière. Dans une folle prière qu'il adressa à qui voulait l'entendre,  il implora pour une lumière. N'importe laquelle.

La pluie ne faiblissait pas alors qu'il regagna un chemin. Son esprit n'était plus habité maintenant que part l'ordre très simple de remonter jusqu'au château. Il remarqua une lumière sur son chemin, qu'il ne jugea pas, et qu'il tenta de rejoindre. La dernière chose qu'il vit avant de s'écrouler au sol fut l'armure familière de Templiers en poste.

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Jeu 27 Oct 2016 - 1:12
Et la seconde partie de la mission !

Je préviens d’entrée de jeu, ton rp précédent était ma came et j’ai clairement adoré. Autant ici, nous retombons sur quelque chose de plus terre-à-terre. Attention, ce n’est pas une critique, je vais expliquer rapidement ce que je veux dire.

Avec Vesper, lors de notre souper, nous avons eu une discussion intéressante. Chacun de nos personnages possèdent une histoire et un objectif, et ce dernier n’est pas forcément liée à nos groupes. Exemple ? Freyja, sa quête personnelle est lié au fait de retrouver l’homme qu’elle aime. Vesper est dans un triangle amoureux. Killian Jones cherche vengeance envers Death. Tu vois où je veux en venir ? Les personnes que je cite on l’habitude de faire progresser cette histoire au travers d’exploit, et d’autre se serve de mission comme fil rouge afin de faire avancer l’histoire. Ta mission « Bon baiser de Paris », la recherche d’un artificier pour accomplir ta mission est un fil rouge et t’as broder tout autour pour l’histoire de Fabrizio et Marie. J’adore ce genre de chose, ça permet de passer au-dessus d’ordre de mission afin qu’il ne devienne finalement qu’un prétexte pour le personnage de partir.

Ici, pour « Fumée Blanche », nous sommes plus dans une mission classique ou le fil rouge est l’ordre de mission et tu brodes, finalement, assez peu autour de celui-ci. Après, rendons honneur à ton texte, tu nous contes l’histoire que t’as vécue autour de Grell ! Donc, ce n’est pas totalement classique.

Bref ! Tu vois où je veux en venir ? Je ne dis pas qu’il faut toujours être original et conter nos histoires, mais simplement qu’il faut savoir faire la part des choses. Ici, nous avons principalement de l’action et moi d’histoire sur Fabrizio. Cependant, ça reste un très bon texte et un bon combat à lire, et je conseille à beaucoup de personnes à prendre des idées ici. Car, oui, ta culture personnelle sur ce qui est du médiéval est de tout ce qui va avec est assez impressionnante. Et le plus important, t’arrive à nous le communiquer. Je prendrais exemple sur un autre rp, « Coeur de Dragon », ou tu nous ponds deux paragraphes sur le bienfait des cotes de mailles ! Ici, c’est moins flagrant, mais le résultat de l’hallebarde sur ton bouclier, j’ai fait des recherches pour vérifier si ce que tu disais était vrai. Donc oui, tu nous apprends des trucs et c’est toujours un bien !

Bon, je me rends compte que j’ai brassé de l’air jusqu’à maintenant. Il est temps de réellement parler de ta mission, non ?

D’abord, l’introduction. Après une mission de préparation, je me comprends, j’aime l’idée de rentrer directement dans le vif de sujet. Pas la peine de nous parler pendant vingt minutes de l’entrée dans les égouts, ou même du nom des accompagnateurs. Et ici, j’ai une petite faiblesse à te reprocher. En voyant que, tu ne te donnais pas la peine de nommer les trois autres personnes, j’ai tout de suite compris qu’ils mourront dans le quart d’heure. Le conseil que j’ai envie de donner ici, c’est de chercher à surprendre ton lecteur le plus souvent possible. L’éboulement m’a surpris, honnêtement, je m’attendais plus à les voir faucher par les goules que par tes propres bombes. Et si, tu m’avais écrit deux paragraphes sur tes collègues, j’aurais été plus attaché à eux et leurs morts aurait eu plus d’effet.

Finalement, le moment de l’éboulement, j’étais bien plus attristé par la situation de Fabrizio que par celle des Paladins ! Enfin, c’est une réussite en sois.

Ensuite, la grosse partie du rp, l’errance de Fabrizio dans les égouts et le combat contre la pote à Grell. En vrai, je suis super content de cette partie. Nous avons droit à un combat superbement décrit qui nous laisse imaginer correctement la scène, et si je dois critiquer, c’est simplement la lourdeur du texte qui parfois est trop riche en détail. Une fois de plus, je ne suis pas un expert pour cela et je serais incapable de te donner la bonne valeur à retranscrire. Genre, est-ce que tu décris trop de « combat brute » ou est-ce que t’es trop léger ? En vérité, je ne pense pas qu’il y a de valeur parfaite, ça dépend surtout du style de la personne et de la patience du lecteur. Bref, je critique sans conseil, c’est sympa ! Et je vais le redire, j’ai beaucoup apprécié cette partie. Simplement le combat et ce qui entour les pensées de Fabrizio dans ce moment contre ton némésis. Enfin, j’ignore si Grell est le némésis de Fabrizio… Tu me le diras probablement !

Et la dernière partie, faisant suite au repas forcé… Chose m’ayant surprise au plus haut point… Nous avons le chapitre final. Tu me disais tout à l’heure que tu bâclais a fin. Eh bien, je n’ai pas eu cette impression ici. Certes, nous sommes dans un contexte de piège, tu es dans un huit clos souterrain et tu ne pouvais pas finir sur un « Je rentre chez moi, les mains dans les poches ! ». Et vraiment, je pense que c’est dans cette partie que j’ai été le plus proche de Fabrizio. Dans le sens, ou je sentais véritablement qu’il était à bout, que quoi qu’il veuille, il ne pourrait continuer et qu’il ne chercher qu’à échapper à cet enfer. Et surtout, on reste avec cette logique d’explosif jusqu’à la fin. T’as voulu cette idée, et tu l’as gardée. J’apprécie !

Bon, je pense que mon commentaire touche à sa fin ! C’était un plaisir de noter tes deux missions avec Fabrizio, sincèrement.

Mission accomplie !

Atroce : 47 points d'expérience + 450 munnies + 4 PS ! Un point en symbiose, un en Défense et deux en Force !

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