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 Le temps, la patience et la nuit tout entière
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Le Dynaste de Rubis
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Ven 18 Sep 2015 - 20:33
Tardive était l'heure où Sauron décida de se mettre au travail.

Il n'était pas particulièrement sujet à la procrastination, mais le temps clément et l'atmosphère qui enjoignait à se promener et à visiter les alentours du Sommet des Arts l'avaient considérablement ralenti dans sa tâche. Voilà quelques temps déjà que Genesis l'avait sommé de régler quelques problèmes d'ordre budgétaires pour le Consulat. Cela allait de soit que ce n'étaient que de minimes problèmes, selon lui. Il n'était pas ici depuis longtemps, aussi n'avait-il pas encore de tâches dangereuses ou de capitale importance à régler. Cela ne lui déplaisait pas, et c'était avec un mince sourire qu'il parcourait les rayonnages des archives avec, pour seule lumière, une petite boule de feu dans la creux de sa paume.

L'heure était en effet tardive, et le soleil était couché depuis longtemps, même en cette fin d'été. Sauron se trouvait en effet plus aise à travailler de nuit, pour quelque raison que ce fut. Il appréciait entre autres la clarté incroyable de la nuit qui lui offrait le Jardin Radieux, qui méritait décidément bien son nom, quoiqu'il fusse sans doute un peu trop ostentatoire à son goût. Il n'avait pas encore clairement cerné les ambitions du Consulat, quoiqu'il en eut eu un bon aperçu lors des discussions avec d'autres membres ainsi que des quelques réunions auxquelles il avait pu participer.

Il se trouvait dans une quiétude étrange, et cette quiétude serait à même de l'inquiéter s'il ne savait pas ses problèmes loin derrière-lui. Probablement morts avec lui, d'ailleurs.

Il laissa cette pensée filer dans la nuit, vers les étoiles, vers l'air frais qui avait envahi les couloirs. Il se trouvait très légèrement ennuyé par l'absence de fenêtres dans les archives. Enfin, elles étaient fort agréables tout de même, bien qu'il lui fallut jouer quelques coups en avance afin d'en obtenir les clefs. Il y avait bien deux semaines qu'il avait ces clefs en sa possession et sa défense était majoritairement constituée d'empêchements successifs l'ayant contraint de reporter sa visite des archives. Oui, c'est cela, excusez-moi monsieur l'archiviste, mes sincères excuses, ces clefs vous seront rendues dans les plus courts délais. Ah, les archivistes...

Parcourant les rayonnages, il cherchait sans vraiment chercher. Cela pouvait bien lui prendre quelques heures, il n'en avait cure. Aussi longtemps que la nuit durerait, il avait le champ libre. La nuit était parfaite, c'était dommage de ne pouvoir la regarder directement.

Au cours de ses recherches, il trouva nombre de livres, de comptes-rendus et de documents qui pouvaient l'intéresser, aussi les posa-t-il tous sur une table proche de l'entrée, afin de les étudier plus précisément dans ses quartiers lorsqu'il en aurait fini avec les recherches. Toujours commencer par la recherche, se disait-il en chantonnant d'un air absent.

Rayon après rayon, il approchait la petite flamme des couvertures et des rouleaux plus ou moins poussiéreux. Il s'agissait de faire un peu de ménage – presque figurativement parlant. En prenant en charge les comptes du Consulat, il était aussi chargé d'organiser l'arrière du décor, non ? Étais-ce une demande de Genesis que de faire le ménage dans le coin Registres de Comptes de la réserve ? Le mage sourit à cette idée ; il n'avait pas encore tout à fait cerné Genesis Rhapsodos, et peut-être cela prendrait-il un certain temps. Il semblait être un homme plein de ses commun,. Son groupe prospérait à première vue, mais l'homme ne semblait pas aller bien. Les aléas du pouvoir, Sauron pouvait que ne connaître ces problèmes. Bien que ce fut une autre époque et qu'il ne fut qu'un bien piètre assistant et spectateur d'une pitoyable fin, il avait bel et bien régné un jour. Et il y avait en effet plein de raisons de se faire des cheveux blancs.

Sans être méchant, bien sûr.

Son butin acquis, il retourna dans ses quartiers afin de poursuivre ses recherches. Il ne croisa presque personne dans les couloirs, hormis peut-être l’occasionnelle patrouille de gardes et l'apprenti plongé dans ses recherches. Il cacha légèrement sa déception à la réalisation du fait qu'il n'arriverait pas à les effrayer. Ils semblaient bien habitués aux mages et aux noctambules. Devait-il se changer en chauve-souris géante pour effrayer quelqu'un ici ? Sombre idée, à penser. Les Consuls étaient un petit comité bien particulier. Pas si petit que ça, mais particulier, certainement.

Il monta une volée d'escaliers, emprunta encore un couloir, s'arrêta pour regarder les étoiles. Elles étaient comme une ouverture sur l'univers – ce qu'elles étaient réellement cela dit. Il se laissa aller à leur contemplation pendant de longues secondes, accoudé à une fenêtre, livres posés sur la première surface qu'il eut trouvée ; une table basse. La lune était aussi claire qu'il lui était possible d'être, son éclat pâle se reflétant sur les toits, leur donnant une caractéristique lueur argentée. Un léger vent frais s'engouffrait par la fenêtre. C'était une belle nuit, parfaite pour travailler. Il reprit son chemin après ce qu'il pensa n'être que quelques secondes. Secondes qui s'étaient rallongées en minutes. Il lui fallut quelques quarante minutes pour rejoindre ses quartiers.

Des quartiers de bonne taille, mais définitivement modestes face à tout le faste qu'il avait pu connaître. En quelques mois depuis son arrivée, il avait eu le temps de les aménager quelque peu, et c'était à son grand plaisir qu'il s'y retrouvait désormais. Son plaisir s'accentuait à mesure que ses étagères se remplissaient ; lentement mais sûrement. Il n'avait toujours aucun but, et les jours défilant de manière insipide avaient don de le mettre dans un état désastreux. Aussi considérait-il le remplissage de ces étagères comme une quête qu'il se faisait un plaisir d'essayer d'accomplir. Il n'achetait pas de livres, histoire de laisser un répit à ses bien maigres économies. Il se contentait plutôt d'amasser les livres pris ça et là. Sur une table, dans la bibliothèque, dans la réserve. Il allait les rendre un jour où l'autre.... Dans un certain temps peut-être, mais dans un certain temps tout de même. C'était la certitude sur laquelle il fallait se baser, et non sur une quelconque distance temporelle tout à fait relative. Oh, il avait servi cette excuse à cette personne à qui il avait emprunté un livre sur le cycle de vie des oiseaux de proie nocturnes. Elle n'avait pas apprécié, nul était besoin de le dire. Mais Sauron n'aimait pas se justifier ; il s'était toujours considéré comme quelqu'un d'incroyablement logique, aussi ses actes n'avaient besoin que d'infimes explications, peut-être pour aider à la réflexion des esprits les plus lents de l'audience.

Il glissa quelques mèches de cheveux derrière ses oreilles et se prépara à la lecture. Tâche plus ou moins fastidieuse selon la qualité de l'ouvrage lu. Les livres de compte avaient une fâcheuse tendance à entrer dans la catégorie des ouvrages indigestes dont la lecture était un sacerdoce plus qu'un plaisir. En quelques mots, pour les plus assoupis : Sauron sortit de la pièce et décida de prendre quelques minutes pour descendre dans les cuisines et obtenir un thé.

Vingt-cinq minutes et un cuisiner au bord de l'apoplexie plus tard, Sauron revenait dans ses quartiers avec un air satisfait et un thé aux fruits rouges.  

Décidant de commencer par un ouvrage recensant les différentes taxes récoltées l'année passée, il s'assit et posa son thé sur son bureau, croisant les jambes et soupirant quant à la tâche qui l'attendait.

Tournant la première de couverture, il se rendit compte que cela n'allait pas aller. Non pas parce qu'il avait oublié de prendre des gâteaux -ce à quoi il remédia en retournant aux cuisines- mais surtout parce que l'écriture du greffier chargé des comptes était affreuse.

Il nota vite que les habitants de la Cité des Rêves avaient grand peine à écrire lisiblement et ne payaient que bien peu de munnies pour ce qui était du domaine de l'artisanat et de l'éducation. Au moins, l'école existait, ce qui était déjà une bonne promesse quant à la qualité future des écrits. Il était tout vu que le Consulat se chargeait de l'école, et une légère augmentation du prix annuel passerait tout à fait inaperçue. C'était toujours mieux que de ne pas avoir de cours du tout, songea le Dynaste en haussant les épaules et notant ses idées sur une feuille. L'animosité du Consulat envers d'autres groupes – animosité étant un terme probablement faible, mais Sauron s'était fait maître dans l'art de rester courtois- était un paramètre à prendre en compte, aussi nota-t-il dans un recoin de sa feuille qu'il faudrait songer à poser une hausse sur le prix du fer, de la poudre, des produits de première nécessité que le Consulat pouvait bien exporter, mais aussi, se disait-il, il était bon également de souffler l'idée d'arrêter de vendre ces produits. Oh, et il fallait décidément se pencher sur les taxes d'Atlantica. D'une part parce que le registre des taxes de ce monde comportait trois pages – la dernière étant une demi-page comportant un dessin sur le côté, et de deux, les algues n'intéressaient personne. Il y avait peut-être quelque chose à taxer sur l'utilisation des coquillages, mais là, Sauron n'en avait aucune idée.

Il songea à se lever et aller chercher quelques livres sur la biologie sous-marine, mais se ravisa, notant cela dit quelques mots à propos de la qualité du registre foncier d'Atlantica, probablement fourni par le Sanctum.

La Terre des Dragons était plus particulière. Bien que comme les autres mondes il y avait un bénéfice énorme à obtenir de l'artisanat local -doublons le prix des éventails et des masques de dragons- il y avait des trous dans la comptabilité et le greffier avait bien eu l'air de s'être assoupi sur son livre au moment de la levée des impôts deux ans plus tôt ; il suffisait de voir la trace de bave au bas de la page 74 pour voir que cela avait du être fort attrayant. Augmentation du prix de la poudre, du fer, des canons, et, pour l'amour des Muses, ne vendez pas de poudre, elle pourrait être utile au cas où la Coalition décide de s'allier avec.... avec on-ne-sait-qui, mais dans tous les cas vous regretterez cette poudre.

Sa feuille fut bientôt recouverte de notes. Et de notes accompagnées de petites notes, elles-mêmes annotées. Sauron possédait une calligraphie irréprochable, cela allait sans dire. Cependant, à mesure des rajouts sur ses paragraphes déjà conséquents, il fallait dire que le tout devenait bien illisible. Emporté dans l'élan de son travail, il ne s'en formalisa pas et continua de noter ce qu'il avait à dire sur la situation ; non pas ce qu'il avait dans la tête car il aimait que ses pensées restent privées, mais tout ce qu'il avait remarqué sur les prix et les taxes existantes. Cette taxe-ci devait disparaître, et celle là devait rester, celle là devait être augmentée. Ainsi, la Terre des Dragons deviendrait selon-lui enfin rentable avec son artisanat et produits naturels uniques, Paris deviendrait quant à elle un peu plus à même de repayer tout ce que le Consulat avait apparemment fait pour elle – quel prix avait une touche de laïcité apportée à ce monde par la main du Consulat face aux griffes de l’église ? Aucun. Taxe sur les infrastructures éducatives à débattre, taxe sur l'artisanat probable. Le tour était d'engranger de l'argent. Bien qu'en réalité, cela faisait longtemps que ce travail traînait sur un coin de son bureau, quelle honte pour quelqu'un qui se qualifiait lui-même d'un exécutant de première valeur. Il était possible que les tenants et aboutissants de cette mission le dépassaient.

Il étouffa un rire. La modestie lui seyait très mal. En écrivant une dernière phrase sur son document, il soupira. Bien qu'il appréciait le calme nocturne et l'ambiance qui régnait au Consulat, il haïssait avec une ferveur dévorante ces remarques à peine soutenues lui signifiant qu'il ne comprenait pas la situation ; qu'il n'était pas ici depuis assez longtemps pour l'appréhender. Oh il ne se doutait pas qu'il lui manquait encore la connaissance de nombreux paramètres, mais tout viendrait en temps et en heure.

Calmement, il alla poser les quelques livres et documents qu'il avait empruntés sur son étagère et sortit de ses quartiers, profitant de la clarté rare d'une nuit magnifique.
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Le Tragédien
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Jeu 1 Oct 2015 - 13:07
Mission accomplie.

Alors ^^. C'est très curieux parce que je viens de noter la mission de Chen et je trouve chez toi l'exact contraire de ce qu'il a fait.

Ton rp est super intéressant, très agréable à lire. Il m'a beaucoup plu mais c'est fou ce que tu... traînes à entrer dans le contenu de la mission. C'est limite drôle. "Ah il faudrait que je bosse ! Mais avant ça je vais regarder les étoiles jusqu'au matin !" Finalement tu parles, tu parles (donc tu décris à mort) sans qu'on entre dans les comptes. Alors c'est marrant, moi ça me plait beaucoup ^^. Mais du coup quand on arrive à la mission en elle-même, avec les détails des comptes et tout ça... c'est un peu à la rue par rapport au reste.

J'ai aimé ce regard sur le Consulat durant tout ton rp, j'ai aimé la manière qu'il a de flaner alors qu'il a déjà pris énormément de temps pour se mettre à effectuer cette mission. On sent chez toi que la mission n'est qu'un prétexte pour parler d'autre chose. Ca me dérange pas tant que... le prétexte reste un minimum exploité.

Ici le prétexte, donc la mission... te donne des choses à dire qui sont intéressantes mais tu es très superficiel dans ta démarche, ce qui est dommage. Tu n'as d'ailleurs pas été plus curieux que ça sur l'état des finances du Consulat puisque tu ne m'as posé aucune question.
Qui plus est tu es assez imprécise. Je pense à l'export des ressources.

"aussi nota-t-il dans un recoin de sa feuille qu'il faudrait songer à poser une hausse sur le prix du fer, de la poudre, des produits de première nécessité que le Consulat pouvait bien exporter, mais aussi, se disait-il, il était bon également de souffler l'idée d'arrêter de vendre ces produits"

Ok donc... il dit "il faut augmenter les prix" et ensuite "mais moi à votre place, j'arrêterais de les vendre". Ok très bien mais pourquoi arrêter de les vendre ? Tu ne l'expliques pas du tout alors que c'est exactement le but de la mission, éclairer le Consulat sur l'état de ses finances.

Un peu plus tard c'est encore plus flagrant : "Augmentation du prix de la poudre, du fer, des canons, et, pour l'amour des Muses, ne vendez pas de poudre, elle pourrait être utile au cas où la Coalition décide de s'allier avec"

... Ouais ok mais là tu te contredis. Augmentation du prix de la poudre et arrêt de la vente de poudre ?

Moi ça me dérange un peu. Le peu que tu me donnes est un peu confus et pas franchement expliqué. Le paragraphe sur Atlantica est pas très compréhensible non plus. Donc moi... je vais essayer de me servir de ça mais je promets rien.

Mon appréciation... est très positive. J'ai beaucoup aimé ta mission. Evidemment le fait que la mission en elle-même ne représente qu'un quart du rp, et pas le meilleur, n'arrange pas mon affaire ^^

Mission facile : 10 xp,100 munnies et 2 PS en magie

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