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Le Pardon Enchaîné

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le Dim 23 Aoû 2015 - 14:40
Il était près de midi et les gens se bousculaient, comme les gens le faisaient ordinairement à midi. Des badauds, des familles, une femme tenant un enfant fermement par le col de sa veste en discutant avec une personne, probablement une amie, tout en essayant, de son autre main, se tenir deux paquets. La rumeur des conversations n'en était plus une puisqu'elle était assourdissante, montant dans un écho sonore le long des murs frappés par le soleil, parcourue par le bruit de l'eau d'une fontaine, celle de la place probablement. Il y avait beaucoup trop à voir pour que Fabri puisse vraiment tout regarder à la fois. Alors qu'il sortait du vaisseau gummi provenant du Domaine Enchanté, il ne s'était pas attendu à tout cela.

Il avait quitté ce monde alors que la gare était sombre, vide, et que l'odeur de fumée et de mort gardait les lieux comme un limier gardait son maître. Ses souvenirs tenaces se mêlaient à ce qu'il voyait, et les deux versions, aussi différentes fussent-elles, se superposaient de manière incongrue et déplacée.

Il aurait pu payer quelqu'un pour venir faire cette partie du travail à sa place, mais au final, le résultat n'aurait peut-être pas été satisfaisant. A la différence d'un de ses subordonnés ; il savait ce qu'il venait foutre à Paris. A la différence d'un de ses subordonnés, il savait aussi qui il cherchait et pourquoi il le cherchait. Disons qu'il était sûr à soixante-dix pourcent que la personne qu'il cherchait était soit encore ici, soit ailleurs. Le pourcentage n'avait rien à voir dans cette phrase, il tentait juste de se rassurer.

L'énoncé du problème était simple. Angeal l'avait chargé d'exterminer le culte de Shemazai.

C'était tellement simple qu'il lui avait redemandé trois fois. Exterminer, vraiment ? Dans les égouts, avec, genre, tous les moyens possibles même si c'est sous la citadelle ? Et... y'a vraiment un culte là dessous ? Sans parler des soldats à sauver, bien sûr, ça, c'était encore quelque chose auquel il fallait trouver une solution.

Trois réponses affirmatives. Fabri allait donc faire tout exploser. Il n'avait pas trouvé quelque chose de mieux ni de plus évident. C'était le seul moyen qui avait des chances de marcher pour sûr. Ratisser les égouts pour trouver les soldats, garnir les tunnels d'explosifs, se tirer et tout faire péter quand il ne reste plus rien à part les engeances qui auraient échappés au ratissage méthodique effectué. C'était principalement à cause du paramètre « explosifs » que Fabrizio était là ; le Sanctum possédait une petite réserve de poudre à canon. Pas vraiment « petite » en fait, disons, de taille respectable. Mais elle servait à quelque chose d'utile ; les canons. Hors de question d'utiliser cette poudre là, il avait du chercher ailleurs. Et si ses souvenirs était bons, il connaissait toujours quelqu'un à Paris capable de fournir assez d'explosifs pour sa mission.

C'était en redécouvrant la ville qu'il se disait qu'il allait avoir du mal à retrouver cette personne. Est-ce qu'après quatre ans sans nouvelles -ou peut-être cinq en fait, il était toujours possible de parler de quelqu'un comme étant « une connaissance » ? Ceci dit, il cherchait sans vraiment chercher, car dans un recoin de son cœur, il n'avait vraiment envie de tomber sur quelqu'un qu'il pourrait reconnaître. Ou pire, qui pourrait le reconnaître. En fin de compte ça ne faisait pas si longtemps qu'il était parti, sans rien dire.

«  Excuse-moi, tu connaîtrais pas une Marie de Beauterne, ou la rue où elle habite, par hasard ? »

Le gamin le regardait, les yeux grands ouverts. Non, c'était pas vrai, il n'était pas venu en armure, prêt à hurler aux passants qu'ils avaient besoin d'Etro, mais en civil, et la seule marque de son appartenance au Sanctum était le bouclier dans son dos, ainsi que son épée. Mieux valait les garder à portée, même si le Consulat était plutôt amical avec le Sanctum, non ? Peut-être que si, mais il ne regrettait rien. Non, rien de rien.... Enfin. Il lui avait semblé que demander à des marchands était le meilleur moyen de trouver la personne qu'il cherchait ; les marchands croisant d'habitude un incroyable nombre de personnes. Manque de bol, la propriétaire de l'étal devant lequel il se trouvait bavardait avec un client, haussant le ton quant au prix du pain qu'elle vendait – il sentait très bon ce pain mais à 5 munnies la baguette c'était mieux pour tout le monde si elle mettait la clef sous la porte. Il se retrouva avec pour seul interlocuteur un gamin d'à peu près douze ans.

«  Euh je sais paaaas.... » répondit le gamin, dans son insupportable voix de... de gamin. «  Les munnies pourraient me rafraîchir la mémoire. »

Pardon ? Plaît-il ? Les gamins qui raquent maintenant ? Il haussa un sourcil et regarda le gosse, éminemment surpris. «  Tu me prends pour quoi, un gentil Paladin ? Je la trouverais tout seul ! »

Non mais pis quoi encore ?

Il tourna les talons et se remit en quête de son artificier. Il n'avait aucune piste. Il ne savait pas où elle avait bien pu habiter, et n'avait jamais su même avant de partir, où était son atelier. Sans parler du fait qu'il n'avait aucune idée de comment la convaincre pour qu'elle vienne au Domaine Enchanté et lui fournisse tout ce dont il avait besoin pour la modique somme de.... Jusqu'où pouvait-il aller dans la dépense ? 500 munnies ? Quelque chose comme ça, il n'avait aucune idée du tarif de la poudre, c'était bien un domaine qu'il le connaissait que peu, à son grand désarroi. Dans son souvenir, Marie n'était pas la personne la plus affable qui soit, et elle n'avait aucune raison d'accepter. Elle avait même des raisons supplémentaires de refuser si on y réfléchissait bien. Il commençait à douter des chances de réussite de son entreprise. Et en plus il faisait chaud, mais vraiment chaud, c'était sur ce point qu'il appréciait les journées légèrement plus fraîches du Domaine Enchanté. Il y avait quand même quelque chose de particulier ici, cette même chose qui le faisait tourner en rond, sans vouloir avancer.  

De fil en aiguille, il parvint à trouver quelqu'un qui connaissait l'emplacement de la boutique. C'était plutôt.... Quelqu'un qui connaissait quelqu'un dont le cousin avait été commander un truc là bas. Elle était sise dans le quartier des artisans, ce dernier se trouvant près de la Seine. Vague, vague description, mais qui était en définitive simple à suivre, puisqu'il suffisait de lire tous les écriteaux pour découvrir que ledit quartier était très populaire. D'après les souvenirs de Fabri, le quartier se tenait en lieu et place d'une partie de l'ancien arsenal, de greniers et de terrains possédés par le Clergé. Pourquoi les avaient-ils cédés ? Il n'en avait aucune idée. Probablement le Consulat, cela dit. Peut-être bien le changement des choses- et le Consulat, et le commerce, le développement ; et le Consulat.... Sûrement. Il n'avait pas d'autre coupable en tête, tant le nombre d'artistes dans les rues était effarant. Il utilisait le mot artiste, car il n'avait pas d'autre qualificatif. Chanteurs, musiciens, comédiens. Sa route fut semée de ces rencontres, et, par politesse, il s'était retrouvé avec une dizaine de petites affiches dans ses poches en moins d'une demi heure. Une représentation d'une troupe indépendante, un show quelconque, des musiciens à chaque coin de rue, et au moins autant d'échoppes vendant de la nourriture à emporter.

Il se surprit à regarder l'heure de la représentation, ainsi que le lieu, simplement car elle avait l'air intéressante. Ce n'était pas comme s'il projetait d'y aller ou quoi que ce fut.

La recherche de l'atelier fut désespérément courte. Quoi qu’ayant marché quelques bonnes minutes, il n'eut pas à tourner des dizaines de fois dans le quartier pour trouver son bonheur. Ou son horrible et funeste destin, comme il se plaisait à le penser.

Somme toute, la devanture ne payait pas de mine. C'était un bâtiment sis à côté d'une maison à colombage, qui faisait office de logement. Le seul fait que l'habitation n'était pas simplement au premier étage était une première.. C'était simple à remarquer, l'atelier étant un vieil entrepôt, le toit de tuiles étant par endroit remplacé de plaques de tôles, des caisses étant posées contre les murs, recouvertes de toiles cirées. Des explosifs. Définitivement, il ne se trompait pas. Et s'il doutait encore, il pouvait se fier à l'enseigne pendant à côté de la porte, indiquant le nom de l'occupant... de l'occupante, et sa profession.

Il se décida à toquer à la porte, on n'entrait pas dans un atelier comme dans une boutique, pensa-t-il, alors autant faire preuve d'un peu de respect.

Cependant, il retint son geste au dernier instant.

Qu'est-ce qu'il pourrait bien lui dire ? Qu'est-ce qu'elle voudrait bien pouvoir entendre ? Ce qui les liait était un peu plus qu'un simple « je l'ai vu-e une fois dans la rue ». Il déglutit. Faudrait bien un moment où il devrait toquer, non ? Il n'avait jamais eu de problèmes avec ça auparavant. Plus les secondes s'écoulaient, plus il se disait qu'il avait fait tout le chemin pour rien. Nan, il allait retourner au Domaine Enchanté, ça n'en valait pas la peine, si ?

La porte s'ouvrit devant lui, et il recula d'un pas, surpris. Ou bien, est-ce qu'il avait commencé à reculer avant, pour s'en aller ? Aucune idée. De surprise, il ne pensa pas à se présenter, ou à dire bonjour, même. Il fixait la personne devant lui, et cette personne le fixait également.

«  Qu'est-ce que vous fichez devant ma porte ? »

«  .. Marie ? »

Deviner si le visage de Marie de Beauterne avait exprimé la surprise avant ou après qu'il ait pris la parole était un mystère. En contrepartie, il était bien aisé de deviner ses sentiments rien que par l'expression de son visage. Surprise, étonnement. Le froncement de sourcils caractéristique, pendant que ses lèvres murmuraient quelque chose. La connaissant, probablement un genre de malédiction bien sentie.

« T'auras mis du temps à revenir. » dit-elle en hochant la tête, croisant les bras.

Bien que moins grande que lui, elle assurait sa présence dans l'espace qui lui donnait le cadre de la porte, c'était indéniable. Si Fabrizio ne reculait plus, et ne pensait pas reculer encore, il ne s'approchait pas, néanmoins. La convenance aurait voulu qu'ils... se serrent la main, ou qu'ils s'étreignent, qu'ils se saluent d'un air entendu, à moindre mesure. Mais il n'y eut rien de cela, et ce fut un silence gêné qui suivit la remarque.

« Je suis venu commander des explosifs, on dirait que l'affaire se porte bien. Le Consulat subventionne les artisans ? »

Elle recula, avec un signe de tête l'invitant à entrer. Il hésita tout de même, mais entra avant qu'elle ne l'invite une fois de plus. La connaissant, ça ne serait pas quelque chose de bon que de la faire se répéter.

Maintenant qu'il avait regagné un peu de ses esprits, il pouvait remarquer qu'elle n'avait pas changé. Ses longs cheveux étaient teints, cependant, et la couleur, probablement du rouge, était désormais fade. Son visage et ses bras, pâles et recouverts de taches de rousseur, étaient également tâchés de poudre. Elle portait une chemise usée jusqu'à la corde, ainsi qu'une jupe, surmontée d'un large tablier qui avait connu des jours meilleurs.

« Je t'interromps ? » demanda-t-il.

« Ouais »

Sa réponse n'était pas surprenante. Vexante, surtout, mais à quoi pouvait-il bien s'attendre, elle n'allait pas bien l’accueillir.

« J'aurais besoin de suffisamment d'explosifs pour.. Disons, faire sauter quelques centaines de mètres de galeries. »  

Marie haussa les épaules, et alla vers un bureau dans un coin de la pièce, contournant Fabri, qui lui, ne sachant vraiment où se mettre, restait à quelques pas de l'entrée dont il avait refermé la porte. Elle passa près de lui, et dans son dos. « Pour le Sanctum, hein? »

« Hm. » réponse affirmative, il n'allait rien ajouter. Il n'y avait rien à ajouter de toutes manières.

« Tu pouvais pas taper dans la réserve de poudre de chez toi, non ? Oh non je pense que si t'es revenu jusqu'ici c'est que t'en étais vraiment à la dernière extrémité ! » elle conclut sa phrase par un rire sec. « Vraiment, je me demande ce qui t'as ramené jusqu'ici après être parti sans mot dire.  Sûrement pas des explosifs. Le remord, peut-être ?»

Fabri regarda ailleurs, haussant les épaules. Elle était plus âgée que lui, de quelques années, il ne savait pas vraiment combien. Elle avait l'âge de son frère, le plus âgé. Du temps où ce dernier était encore en vie. Ordinairement, ça ne l'aurait pas dérangé, de lui répondre. Il aurait pu répondre à quelqu'un ayant le double de son âge, mais ici, il n'avait aucune raison de le faire. Qu'elle continue de parler, en fin de compte il serait plus étrange que cette discussion n'aie pas lieu. Ils n'étaient pas deux personnes qui se souciaient du temps qui passe, selon toute apparence. Fabri le savait, et Marie ne montrait pas de grande distance et lui parlait comme si elle l'avait vu hier.

« J'avais mes raisons de revenir, je veux dire, j'aurais pu aller autre part, un endroit que le Consulat a pas encore envahi, j'sais pas... » finit-il par dire, en tentant de dégager l'atmosphère lourde, insupportable qui régnait dans la pièce.

«  Le Consulat a subventionné quelques artisans, pour ta gouverne, ceux qui ont tout perdu dans les incendies. C'est ce que tu as raté, Fabrizio Valeri, quand tu n'as même pas cherché à rester un jour de plus dans une ville qui a vu chacun de tes putains de jours, chacun de tes putains de mensonges ! »

« … Mes mensonges ? Je veux bien que tu aies des choses à me reprocher, mais je viens pas ici pour m'excuser, déjà d'une parce que j'ai pas à le faire, qu'on se mette d'accord là dessus ! Tu veux parler de ça, des émeutes ? D'accord, parlons-en ! »

Est-ce qu'il avait vraiment envie d'en parler ? La réponse était bien évidemment non.

«  Tes frères avaient quelque chose que t'as jamais eu l'idée de développer, de l'honneur et du courage en premier lieu. »

« Si t'avais été là t'aurais vu ce qui c'était passé et tu retirerais ce que tu as dit immédiatement ! »

Ils pouvaient au moins tous les deux s'estimer heureux que l'atelier n'aie pas de voisins directs ou de murs communs. Ils pouvaient hurler à loisir. Bien que ce ne fut pas son intention première, Fabrizio se retrouva lui aussi avec un grand nombre de choses à dire, à la personne bien ingrate qui se trouvait devant lui, campée sur ses positions, à côté de son livre de comptes. Il lui faisait maintenant face, tandis qu'elle fermait ledit livre dans un grand geste. « Ah, excuse-moi, j'étais trop occupée dans la cathédrale à regarder mon fiancé, ton propre frère, mourir dans mes bras !» sa voix se brisa légèrement, mais elle continuait sa diatribe de plus belle. «  Judicaël était un vrai soldat. T'es revenu avec un bouclier et une épée ? Bravo. Mais t'as raté le coche, désolée de te l'annoncer. »

Il se raidit. Entendre le nom de son frère était quelque chose auquel il ne s'était pas attendu. A quoi s'était-il attendu au juste,sinon à cela ? C'était complètement idiot. Marie crachait ses mots comme un serpent crachait son venin, et s'il répondait, ce serait pire encore. Elle semblait avoir bien mûri son discours pendant toutes ces années. Était-il le seul à avoir tenté d'oublier tout cela ? Est-ce que toutes les personnes ayant traversé les mêmes moments cinq ans plus tôt partageait les mêmes sentiments que Marie ?

Par dessus toutes ces questions, il repensait à tant de choses. Il n'en avait parlé à personne. Qu'il l'eut dit à cette gamine alchimiste dont la sœur était Templier, ou Aubrey, ou même Cassandra Pentaghast tant qu'à faire, ils n'en auraient pas grand chose à faire.

Il haussa les épaules. «  Je sais. »

Le ton de sa voix était au dépit alors qu'un nombre incroyable de souvenirs lui revenaient en mémoire. Son frère le plus âgé, fiancé à Marie, était comme tant d'autres mort lors des esclandres qui avaient eu lieu dans la Cité des Rêves entre les gitans et autres insoumis se battaient contre la Milice de la ville, le Consulat n'ayant pas encore le contrôle de tout ce beau monde. Fabri n'avait jamais clairement compris la situation, il n'y avait jamais repensé et avait tenté de laisser ça dans un coin. Ça lui avait plutôt bien réussi, jusqu'à maintenant. Il était en tort, d'avoir fait ça, d'être parti. Et le mal était fait.

«  Tu sais ce que ça fait de ne même plus avoir la force de pleurer, d'être tellement fatiguée, mais de ne pas avoir de raisons pour ça ? » demanda Marie.

Il avait envie de lui demander de se taire, mais ne le pouvait pas.

«  Certains jours, tu te demandes pourquoi est-ce que tu es triste comme ça, et tu parviens à avancer un peu. Mais tu as l'impression d'être la plus immonde des personnes, de laisser tant de choses derrière toi. Un sourire te coûte tellement, plus que ce que tu as à donner. Tu respires, tu marches, mais en aucun cas t'as l'impression de vivre. »

Revoir Marie, après tout ce temps, c'était revoir tout ce qui avait bien pu se passer avant, alors que tous, à sa connaissance, pensaient que le monde était radieux. Ceux qui savaient que la guerre se profitait alors se gardaient bien de le dire. 'La guerre est une chose dont tu n'as rien à savoir' avait même dit Judicaël.

« Tu sais, je me souviendrais toujours des soirs où il me disait que j'étais son moment d'éternité. »

« Je comprends... »

Il savait que ces deux là s'aimaient. Il n'arrivait pas à se rappeler des paroles que son frère lui avait récitées en prévoyant de se jeter à l'eau et de déclarer son amour à la jolie fille qu'il avait connue à un bal. Elle avait un caractère de merde, ça, il se souvenait lui avoir dit.

« J'avais plus l'impression d'avoir peur de rien, plus envie de rien, les premiers mois. »

Sa phrase fut accueillie par un silence lourd de sens.

Parce qu'il savait ce qu'elle ressentait, il ne pouvait que le comprendre. Il aimait ses frères. Ses parents. Il ne gardait que des bons souvenirs de sa vie telle qu'elle était avant qu'il ne parte, avant que tout ne parte en fumée. Il se plaisait à croire qu'il était en paix avec son passé et qu'il n'avait pas ni n'aurait jamais de raison de le remuer. Pendant des mois, alors qu'il regardait les prêtres d'Etro d'un œil mauvais, il ne voulait qu'une chose. Il n'avait pas faim, il n'avait pas soif, il avait simplement envie de toutes ces petites choses qu'il ne pourrait plus jamais avoir. Il mourait d'envie de revoir Judicaël battre des chevaliers aguerris comme s'ils n'étaient que des novices. Il ne voulait que revoir Mathian, de quelques années son aîné, lui dire combien d'oiseaux il pouvait tuer d'une seule flèche. La réponse était zéro, ou un, de temps en temps si le vent était favorable et que les Mondes étaient alignés dans un ordre parfait. Chacun de ces souvenir était un poids, une ancre.

Une chaîne.

« Je me suis fait une raison, Marie. Je vais pas te dire que la vie continue, ou quelque chose que tout le monde a bien du te dire. » il arrêta un moment de regarder ailleurs, partout, autre chose que la personne à laquelle il parlait, pour finalement la regarder, elle. « J'ai été un incapable cette nuit là. Les choses me dépassaient de loin, quand mon père m'a dit de retourner sur mes pas et de rentrer chez moi, le feu avait déjà gagné les faubourgs. »

Ils discutèrent. Et discutèrent longtemps. De tout, de rien. De chaque détail, sans s'asseoir, sans rouvrir le livre de comptes. L'heure de la représentation était passée depuis longtemps avant que le sujet ne soit abordé de nouveau. Ils plaisantèrent sur bien des choses, et il y eut bien plus de bons souvenirs énoncés qu'ils ne l'avaient songé en pensant à ce que cette discussion pourrait bien apporter en premier lieu. Marie de Beauterne était un âne bâté, et elle l'avait toujours été, mais c'était quelqu'un de bien. Fabrizio Valeri était en définitive un peu plus courageux que ce qu'elle avait pensé. Elle ne lui ferait pas de ristourne sur les explosifs, et se demandait bien ce qu'il allait pouvoir faire avec. Ça, il ne le lui avait pas dit.
Maître brasseur

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le Mer 26 Oct 2016 - 21:12
Finalement, c’est moi qui m’en vais noter tes rp. Alors… Heureuse…?

Pour commencer, je tiens à dire que j’ai lu ce rp (le suivant aussi, d’ailleurs) au moment où tu les avais posté et j’en retire des bons souvenirs. Je crois même t’avoir dit à l’époque que j’avais beaucoup appréciée ce que t’avais écrit. Aussi !!! Le titre est génial, j’aime ce genre de chose.

Donc, je vais relire ton rp. Histoire de te donner un vrai commentaire et pas un conglomérat de souvenirs.

Alors, j’interromps ma lecture pour signaler un truc qui vient de me revenir. J’ai adoré ce rp et j’aime redécouvrir ce rp pour une simple et bonne raison : l’ambiance que tu nous colles. Ici, nous sommes un peu sur un « retour aux sources » de Fabrizio dans un Paris profondément différent de ses souvenirs. Avec le peu que j’ai lu, j’imagine tellement la tête de Fabrizio qui découvre la capitale sous l’influence du Consulat. En gros, la ville et Fabri ont changé et on le comprend. C’est con, mais j’aime bien lire ça. Et une seconde chose que j’ai adoré jusqu’à maintenant, c’est les mélanges des clichés ! En deux paragraphes, tu fais une référence à Edith Piaf pour ensuite parler du prix exorbitant d’une baguette de pain… I like that ! Ce n’est pas simplement le sourire au coin de parler d’une référence, non, elle baigne dans le contexte et c’est agréable.

L’hésitation de frapper à la porte, c’est un truc que l’on voit tellement souvent. Pas spécialement dans les rp du forum, mais plutôt dans l’audiovisuel. Autant, quand je regarde ma série et que je vois le Mentalist hésiter 30secondes à frapper à la porte, ça me gave profondément… Autant, le lire ne me dérange pas une seule seconde. Pourquoi ? Car c’est pas une facilité et tu nous l’expliques ! Nous avons deux paragraphes entiers pour comprendre la raison de son hésitation, ce n’est pas un truc sorti de nul part et c’est bien fait. On ressent même la tension de la rencontre alors que Fabrizio ne fait que nommer son interlocuteur.

Prendre le temps de poser une situation. Un truc que je vois finalement assez peu, et ça me rassure de le lire quand je parcours tes rp.

Tu l’auras compris, je commente ton rp au fur et à mesure que je le lis. Et à l’instant, je viens de remarquer un truc. Ayant eu beaucoup de tes rp à lire dernièrement, j’ai remarqué un truc drôle. Lors des situations de crises / super stricts / officielles / de tensions, t’écris le prénom complet de ton personnage. Quand c’est un truc plus léger, un rp discussion ou il y a moins d’enjeu, t’écris simplement son diminutif. C’est marrant, non ? Comme quoi, notre esprit nous formate selon les situations dans lesquelles nous faisons évoluer nos personnages. Bref, je continue.

Avant de parler du coeur de ton rp, le fait de retrouver Marie, je vais t’aduler une nouvelle fois sur un point que je trouve capitale dans le rp. Je cite : « l’autosuffisance ». Il m’arrive de faire l’erreur, et même au plus grand de ce forum… Cependant… J’estime que tout rp doit se suffire à lui-même. À partir du moment où tu dois connaître le groupe sanguin du personnage présent dans le rp que t’es en train de le lire, ou savoir ce qu’il a déjeuner, c’est que t’as loupé quelque chose. Honnêtement, je n’ai jamais posé mes yeux sur la fiche de Fabrizio. Rien qu’avec ce rp, je comprends qu’il est originaire de la Cité des Rêves et les raisons qui lui a poussé à rejoindre le Domaine Enchanté, et même un brin de son histoire. À aucun moment dans ma lecture, je ne me suis posé de question sur son histoire, et pour la simple raison que, tu m’a donné les éléments nécessaires pour comprendre l’histoire de ton personnage et que j’arrive à la bâtir en même temps que j’avance dans ta discussion avec Marie. Tu l’as compris, j’apprécie énormément cela !

Et maintenant, le coeur du rp. Eh bien, j’ai une pointe de déception. Attention, ce que t’as fait est bien, voir très bien ! C’est simplement que, j’avais envie d’en avoir plus. Ton dernier paragraphe parle d’une soirée à se remémorer le passé, eh bien, j’aurais adoré avoir un peu plus d’anecdote. Genre, un dialogue con ou tu parles un peu plus du manque de talent de Mathian au tir à l’arc, ou même, une joute avec Judicaël avec une rose offerte à Marie à la fin de cette dernière. Pour revenir sur le dialogue, en fait, j’y ait cru. Genre, je lisais un roman ou deux protagoniste s’envoyaient des vacheries, j’étais prit dedans et j’ai eu le petit frisson quand Marie parle des derniers instants du frère de Fabrizio. Et prend ça comme tu veux, j’ai donné le visage d’Izumi Curtis à Marie. Aucune idée du pourquoi, mais j’imagine ta belle-soeur comme ça.

Sincèrement, je pense que c’est un de mes rp favoris de Fabrizio dans le registre que tu proposes. Ton niveau rp est plus que respectable, tu fais partie des meubles et des personnes auxquelles ont attend de lire un rp. Et ici, je n’ai pas été déçu un seul instant de ton rp. Il est dans ma liste de « rp à lire plus tard. »

Mission accomplie !

Facile : 12 points d'expérience + 100 munnies + 3 PS dont un bonus ! Deux en Psychisme et un en Vitesse.

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