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 "J'avais fait une génoise."
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Sam 21 Mar 2015 - 16:29
La cuisine était au repos. Les batteries étaient nettoyées et rangées impeccablement sur les étagères. Le chef était parti se reposer et les adjudants en profitaient pour parler boutique autour de la grande table rectangulaire en lave émaillée. Au centre de la table trônait une énorme vasque sur laquelle tous étaient penchés. Il persistait encore une odeur de viande et de pâtisserie qui fit gargouiller le ventre de Sora.

"Le cumin, je te dis."
"Safran."
"Moi j'y mettrais bien un peu de cannelle."
"Safran."
"Pas besoin d'épice.. C'qu'y lui faut, c'est des fruits secs plein partout. Des figues, des amandes, des raisins..."
"Trop de goût tue le goût. Safran."
"Le chef il pense que..."
"Oh, arrête avec le chef, il y connait rien à la préparation de la semoule."
"Euh, excusez-moi..."

La tablée de sept se retourna à l'unisson : celui qui interrompait leur conversation avait intérêt à avoir une très très bonne raison. Ils reconnurent bien Sora, adossé au montant de la porte, mais ne parurent pas s'en émouvoir pour autant.

"Si c'est pour du rab, c'est trop tard", osa le plus enveloppé.
"Et seul le personnel peut entrer en cuisine", tança le plus maigrelet d'une voix nasillarde, comme s'il ânonnait un commandement suprême.
"Je cherche la femme du sergent Cater", fit Sora d'une voix neutre, presque éteinte.

Le sergent Cater, lui, l'était complètement. Voilà deux jours qu'il s'était aventuré seul hors du château et s'était fait tuer par des sans-coeurs. Le commandant Primus avait demandé par écrit à Sora de prévenir la veuve. Sora étranglait la lettre de mission avec son poing. Pas étonnant qu'elle ne veuille pas le faire elle-même : il avait déjà eu un avant-goût des dons en sociabilité de la capitaine des gardes. Et puis qui aimait annoncer ce genre de nouvelles, hormis peut-être Hades ?

"C'est moi", fit une voix haut perchée et qui, ça s'entendait tout de suite, n'admettait pas la controverse. Une femme au corps et aux joues rondes se sépara de la tablée pour se planter devant l'intrus. Des cheveux d'un roux très clair s'échappaient de sa toque. Sa posture, bras croisés, air menaçant, contrastaient avec son teint blafard et les cernes sous ses yeux. Était-elle déjà au courant ? Ce serait plus facile.

"Hé bien, jeune homme ? Dans quelle histoire il s'est encore embarqué, ce gros balourd ? Deux jours sans nouvelles ! Il a intérêt à rappliquer fissa, sinon je lui rotis les oreilles au four." Quelques rires étouffés se firent entendre du côté de la tablée et Sora déglutit. Il pouvait simplement donner la lettre et partir, mais il n'avait pas vraiment pour habitude de se défiler. Battre Xemnas était sans doute plus simple, en comparaison.

Il baissa le regard, elle tapa du pied.
"Alors ?"
"Il est mort, madame."

Les messes basses des cuisiniers cessèrent et un silence de plomb s'abattit sur la cuisine. Elle blêmit tant que les jolies tâches de rousseur sur son visage se dissipèrent. Sa bouche forma d'abord un o, puis ses lèvres firent une vague. "Mort ? C'est impossible ! Vous... non. C'est aussi impossible que vos cheveux." Elle eut un rire nerveux. "Il y a eu une erreur. Ils ont bien vérifié ? Avec leur armure, ils se ressemblent tous."

Visiblement, elle ne le croyait pas. Il ne s'était pas attendu à ça. "Vous dites qu'il n'a pas donné de nouvelles depuis deux jours..." "Et alors ? Ils.. partent souvent en mouvement, en excursion, en manoeuvre, enfin... ce que font les soldats !" Doucement, les bras de la cuisinière chutaient le long de son corps. "Il.. aurait pu refuser de partir. C'est notre anniversaire de mariage." Sa bouche tremblait maintenant, et sa voix devenait plaintive. "J'a... j'avais fait une génoise. Elle, elle est encore dans le frigidaire. S'il la mange pas bientôt, elle va se gâter."

L’acariâtre matrone avait perdu toute sa superbe. A coup sûr, les larmes allaient bientôt couler sur ses joues de hamster. Sora releva ses grands yeux bleus humides. Il ne pouvait pas s'en empêcher, il n'aimait pas voir quelqu'un pleurer. Il lui fallait maintenant dégainer une parole rassurante, réconfortante, une de celles dont il avait l'habitude et qui marchait à coup sûr.

"Il restera toujours dans votre cœur."

Les autres cuisiniers s'étaient levés pour s'agglomérer autour d'eux. Certains lui lancèrent un regard désapprobateur. Il n'eut pas le temps de comprendre qu'elle secoua son bras droit pour lui intimer de la lâcher. Son visage avait subitement repris des couleurs. "Et c'est sensé me soulager ?" vociféra-t-elle. "Il n'est pas dans mon coeur, il est là-bas, dehors ! Y'a pas de corps, c'est ça ? Il est devenu sans-coeur, c'est ça ? Un sans-coeur", gueula-t-elle avec dégoût en faisant un pas en avant. Sora recula hors de la cuisine, surpris. Deux autres cuisiniers retinrent les épaules de la furie.

"Allons, madame Cater. Il n'y est pour rien !", fit le plus bedonnant d'entre eux.
"Oh oui, il n'est responsable de rien. Je sais tout du grand Sora. Sora par ci, Sora par là. C'est le plus valeureux des héros, une légende ! Il a détruit les sans-coeur mais ça alors ! Les sans-coeur sont toujours là, et le grand Sora devait être trop occupé à sauver les mondes pour sauver un simple soldat !"

Le coup l'atteint en pleine poitrine, et ça faisait plus mal que l'épée d'un invincible. Il se mordit les lèvres et n'empêcha pas une larme de ruisseler sur sa joue gauche. "Et c'est lui qui pleure. C'est un comble ! Allez, va, vous avez fait votre devoir, Monsieur le Héros. Vous dormirez bien au chaud ce soir. Et demain, vous repartirez à l'aventure, et vous m'aurez oublié, moi, lui, tous les autres !" "Vous êtes injuste, Madame Cater", tenta désespérément le cuisinier maigrelet, en essayant d'y mettre la bonne dose de compassion. "Injuste ? C'est MOI qui suis injuste ? C'est la meilleure ! Et qu'est-ce que vous faites encore là vous ?" ajouta-t-elle à l'intention de Sora. Trois têtes comme la sienne auraient fait à cet instant une bonne représentation anthropomorphique de Cerbère.

Sora était perdu, complètement perdu. Et comme il sentait monter en lui l'envie de la renvoyer vite fait bien fait dans les cordes, il baissa de nouveau la tête, laissa filer un pitoyable
"je suis désolé", fit demi-tour et s'éloigna de l'attroupement, sans prêter attention à tout ce qu'il pouvait maintenant s'y dire.

Au détour d'un couloir, il déchiqueta sa lettre de mission et flanqua les maigres morceaux de papier sur le sol. Un balai passerait surement bientôt.


****

*Pourquoi t'en faire ? Tu ne peux pas sauver tout le monde.*

Perché sur le toit du château, les yeux divaguant dans le ciel bleu, Sora prit une grande inspiration. Plus le temps passait, plus la voix sèche qui avait élu domicile dans sa tête prenait de l'assurance et un malin plaisir à jouer avec ses nerfs.

*Le Sergent Cater est mort. Et si tu veux mon avis, il l'avait bien cherché. Il n'avait qu'à pas se promener tout seul dans une zone infestée de sans-coeurs. Et puis, la belle affaire. Il y a des morts partout, tout le temps. Tiens, en ce moment même je parie que... un défenseur de la Lumière est mort à Agrabah. Hop, et un autre, au Pays Imaginaire. Tiens, un autre...*

"Assez."

*Sora, Sora, Sora... tu ne peux pas me faire taire. Je suis toi.. enfin, le toi que tu as peur de devenir. Oublie la vieille chouette et le sergent débile. Oublie les soldats de la lumière qui meurent à cet instant même pour soi-disant la protéger. Tu as d'autres choses bien plus importantes à faire, et le temps presse. On meurt tous un jour. Même toi, Héros de la Lumière.*

Ce n'était pas le vent qui le faisait frissonner, il en était certain.

*Oh, ne me dis pas que tu viens de réaliser ça maintenant. Oui, Sora, tu vas mourir, pour de bon, sans plan de sauvegarde. Après tout ce que tu as fait... que la vie est injuste. On te fera peut-être une belle statue en marbre dans la cour du château... enfin, si ce groupuscule ridicule qui ose s'appeler la Lumière survit plus longtemps que toi. Je me fais du souci pour toi, d'ailleurs... Cette Pierre Angulaire t'a bien affaibli. Tu devrais t'entrainer dur au lieu de consoler des gens sans importance avec tes phrases de gamin toutes faites.*

Il inspira une nouvelle fois, se releva et marcha jusqu'au vasistas qui lui avait permis d'accéder au toit. "Tu te trompes", dit-il dans le vent. "Ils sont importants."

*Oh, arrête. Tu vas y retourner ? Mais tu as fait ce que Ravness t'a dit. Ta mission est terminée !*

"Non." Sora sauta à pieds joints dans l'ouverture du vasistas.

****

La cuisine était au repos. Les batteries étaient nettoyées et rangées en désordre sur les étagères. Autour de la grande table en lave émaillée étaient assis Madame Cater et deux cuisiniers. Elle était penchée en avant, se tenait la tête entre les mains. Le cuisinier bedonnant essayait en vain de lui donner une tasse fumante. En s'approchant d'eux, Sora crut deviner l'odeur apaisante de la verveine. Ça sentait aussi le safran dans toute la pièce.

"Je lui avais dit de faire attention. Si j'avais insisté..."
"Madame Cater, vous ne pouviez pas être derrière son dos tout le temps."
"C'est le rôle du Commandant Primus, ça."
"Hé bien le Commandant Primus n'est pas assez sévère avec ses troupes.", renifla-t-elle en relevant la tête. Il n'y avait aucune trace de larme sur ses joues rondes. Elle reprit, plus affectueusement : "Cet imbécile est surement allé me cueillir des fleurs..."

"Vous aimez les fleurs, Madame Cater ?"

Les trois têtes se tournèrent face à lui et le temps s'arrêta jusqu'à ce qu'elle réponde : "... en salade. Le goût n'était pas toujours réussi, mais c'était sa manière à lui de me dire..." "... qu'il vous aimait." Cette fois, le cuisinier bedonnant lui intima l'ordre de se taire en posant un doigt sur sa bouche. La rousse, elle, semblait ne pas l'avoir entendu et sauta du coq à l'âne, soudain pleine d'espoir : "Maître Sora, on dit que vous êtes devenu un sans-coeur, pendant un moment. C'est vrai ?" Il prit ça comme une invitation et alla s'asseoir sur la table, tout près d'eux, sans se soucier de la grimace du cuisinier maigrelet. "Oui."


"Si vous, vous êtes redevenu.. humain, c'est peut-être possible pour lui, non ? Il doit encore être là, à l'extérieur du château. On pourrait le retrouver et faire comme pour vous !"
Sora réfléchit un instant en se massant la nuque. Était-ce seulement possible ? "Je ne sais pas." "Oh, assez avec ces sottises !" tonna le bedonnant, et Sora remarqua qu'il avait une moustache longue et fine qui frémissait à chacun de ses mots. "Il ne reviendra pas, Madame Cater ! Ça fait trois jours maintenant." Elle déglutit, fit rapidement oui de la tête et plongea de nouveau ses yeux ronds comme des billes dans ceux de Sora."Est-ce qu'il... souffre ?"

Sora soutint le regard en plongeant dans ses souvenirs. Hélas (ou pas), son expérience de sans-coeur n'était plus qu'un rêve pour lui. "Je ne crois pas. Non, il n'a plus de cœur. Il ne souffre pas." Madame Cater hocha la tête et aperçut du coin de l'oeil la tasse que le gros cuisinier lui tendait depuis plusieurs minutes. Elle s'en saisit et la pressa contre sa poitrine. "Et est ce qu'il se souvient de moi ?", tenta-t-elle, bouche ouverte pour boire la réponse. Les deux autres, qu'elle ne pouvait pas voir, firent non de la tête à Sora. "Non. Les sans-coeur n'ont pas de mémoire." Dans un grand soupir, la voix chevrotante et chuchotante de la cuisinière déclara : "Alors, il est vraiment parti."

La force d'un soupir comme celui-là n'était peut-être pas égale à celle d'un premier baiser, mais Sora sentit l'atmosphère de la cuisine devenir soudain plus respirable. Les écluses qui avaient retenu les larmes de Madame Cater s'ouvraient, déversant le flot clair de tristesse. "Pourquoi lui ? Pourquoi comme ça ?" furent les seuls mots qu'elle put prononcer entre ses longs sanglots. "On va même pas pouvoir l'enterrer", crut bon d'ajouter le cuisinier maigrelet, et Sora remarqua qu'il avait des boucles d'oreille bleues et un tic nerveux sur le coin supérieur de droit des lèvres.

Sa mission n'était toujours pas terminée... pas tout à fait. Tandis que les deux collègues de Mme Cater restaient auprès d'elle, il se faufila discrètement jusqu'au lourd réfrigérateur qui vrombissait tout doucement. Il l'entrouvrit pour y glisser un oeil, le referma et sourit. De retour auprès des cuisiniers, il posa une main sur l'épaule du moustachu.
"Je peux vous parler deux minutes ?"

****

Le soir même, la cuisine était en effervescence. Le service était terminé, mais rien n'était rangé ni nettoyé. Autour de la table en lave émaillée, on avait placé une dizaine de chaises. Sur ces chaises étaient assis Madame Cater, Boris le moustachu et Jared aux boucles d'oreille, deux autres cuisiniers, quatre soldats du château et Sora. Sur la table trônaient différent plats aux odeurs variées et enivrantes. Tout le monde se servait sans manières ni chichi. On sauçait le pain, on rognait les os, on parfumait la semoule avec les épices et les fruits secs de son choix. Tout ça n'avait rien de solennel, au contraire : on s'esclaffait, on riait même.

"Sergent Cater... lorsque je vous ai demandé de laver la tête au Lieutenant Lilia, c'était une expression !" Tout le monde riait devant l'interprétation très fidèle que le lieutenant Lilia faisait de Ravness. "Et lui, il bronche même pas, il reste bien droit comme ça devant le Commandant Primus, il prend un air bête juste ce qu'il faut et répond : 'Désolé Commandant. Je pensais que vous aviez repéré des poux dans ses cheveux, et comme vous tenez beaucoup à la propreté de vos troupes...'"

La tablée n'en pouvait plus. Un des cuisiniers s'étouffa avec un bout de pain. Boris lui tapa violemment dans le dos pour le faire recracher. "Le commandant Primus devait être furax." "Elle lui a lancé un de ces regards, j'aurais pas aimé être à sa place. Et nous autres, on restait au garde à vous mais y'en a qui avaient du mal à se retenir de rire. Finalement, elle lui a sorti 'Je passe l'éponge pour cette fois.'" "Attends, laisse moi deviner : il est allé lui en chercher une ?" "Haha, non, il aurait pas osé. Primus le fusillait déjà du regard. Mais ouais, on y a pensé !"

Madame Cater, assise au beau milieu de la vivante tablée, buvait les échanges comme du petit lait, un mince sourire aux lèvres. Les plats se vidèrent, d'autres anecdotes fusèrent sur le sergent Cater. Au moment du fromage, Jared servit du vin à tous les convives. La discussion avait délicatement dévié.

"Il était drôle. Mais c'était un bon soldat."
"C'est sûrement pour ça que Primus le laissait fanfaronner."
"Il la respectait énormément, faut dire. Il savait quand rire et quand rester sérieux."
"Et il m'a sauvé les miches pas mal de fois, Madame Cater. Il faut que vous le sav..sachiez. Sans lui, je serai p't'être pas là."
"Moi aussi. Et on se foutait de sa gueule quand il ramassait des fleurs en patrouille, mais il s'en fichait. Il répondait rien, il souriait juste."
"Au sergent Cater !" entonna Boris en levant son verre. L'alcool faisait déjà friser sa moustache. Les autres se levèrent pour lui emboîter le pas, les contenants s'entrechoquèrent et les contenus se vidèrent dans les gosiers. Madame Cater avait trinqué elle aussi, même si elle était resté assise. Sora avait suivi le mouvement et but une gorgée qui le fit tousser bruyamment, provoquant de nouveau les rires de l'assemblée. "Alors, on sauve les mondes mais on tient pas l'alcool ?" "La légende en prend un coup, c'est clair." Sora rit de bon coeur avec eux, les joues rouges et la tête qui tournait déjà.

Le fromage était englouti.
"Y.. y'a..a du dessert ?", fit un soldat qui ne tenait presque plus assis. "Ouais", lui répondit Jared en trottant déjà vers le frigidaire. Il en sortit une grosse génoise blanche à la croûte craquelante et attendit qu'on fasse de la place au centre de la table pour l'y poser. Boris tendit un couteau à Madame Cater. Tout le monde faisait silence et la regardait. Elle, elle regardait le gâteau qu'elle avait préparé pour son mari et qu'elle n'avait pas eu le cœur de jeter.

"Il... Il n'y en aura plus des comme ça", fit la veuve. Tout le monde approuva. Boris posa une main sur son épaule et glissa délicatement le manche du couteau entre ses doigts. Elle chercha du regard Sora qui s'était accoudé de manière fort impolie sur la table. Le jeune homme aux cheveux hirsutes lui renvoya juste un léger sourire. Alors elle saisit le couteau, le placa sur la génoise, ferma les yeux, inspira et appuya.

La génoise craqua dans un silence religieux. Elle craqua encore, jusqu'à ce que chacun fut servi. Tous la dégustèrent sans bruit. Sora n'en avait jamais mangé de meilleure.
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Sam 21 Mar 2015 - 18:29
Mission accomplie.

C'est une mission franchement cool. J'ai envie de dire géniale... J'ai envie de dire parfaite.

Ton style est en acier trempé, tu maîtrises à la perfection le rendu des émotions... Et le must du must, c'est clairement les pensées de ton personnage, toutes ses introspections. Ca c'est juste génial, je ne pense pas qu'il y ait d'équivalent.

Là où tu pourrais être meilleur, c'est la justesse des dialogues. Ca ne tombe pas toujours très bien, c'est pas criant de naturel. On ressent à fond ton personnage oui, mais malgré ça, je n'imagine pas le dialogue comme étant possible dans la vraie vie.

Passé cela, et là ce n'est plus du tout une critique, j'aurais aimé, je pense, qu'on reste sur une mort et un moral désolé. C'est mon point de vue mais... le jour même où une femme apprend la mort de son mari, est-ce qu'elle est prête à en rire ou même à se laisser aller à une bonne humeur ?

Je crois... tout en étant conscient du sacrifice que ça représente, que j'aurais préféré que ces blagues et ce gateau soient partagés non pas le jour même de la mort mais à son enterrement, ce qui est plus cohérent. C'est mon point de vue !

Sinon ça reste excellent.

Mission très facile. 6 xp, 60 munnies et 1 Ps en symbiose


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