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 Raiponce
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Infante du Soleil
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Jeu 6 Nov 2014 - 0:55





Infante du soleil




  • Prénom  Raiponce

  • Titre  Infante du soleil

  • Âge  18 ans

  • Camp  Le Consulat

  • Monde d'origine  Histoires de Grimm

  • Grade désiré  Commandant







Raiponce n'a pas eu l'enfance qu'elle aurait du avoir. Comme toute personne dont l'identité avait été en volée, elle vécut certainement avec un manque. Pourtant, elle eut ce qu'on pouvait appeler dans le langage commun une bonne nature. Existait-il donc des personnes prédisposées à la douceur et à l'amour ? S'il en existait, Raiponce en faisait assurément partie. Raiponce avait, il est vrai, passé son enfance auprès d'une mère qui la couvrait de mots doux, de :

« Je t'aime infiniment »

« Mais moi aussi, mère, je vous aime. »

« Mais moi plus ! »

Ces phrases tendres et innocentes en apparence dénotaient malgré tout un besoin de surpassement perpétuel de sa mère. Et ce caractère s'était toujours caractérisé dans leurs dialogues. Dés que Raiponce entra dans la période où son corps se rapprochait de celui d'une jeune femme, elle devint pour Mère Gothel une rivale. C'est du moins ce que laissaient entendre les piques répétées et sous-entendus sur le physique de Raiponce. La jeune femme n'en tenait pourtant pas rigueur à sa mère qui, elle le savait, attachait une grande importance à son apparence. Raiponce savait faire preuve de d'indulgence et elle était convaincue que ça ne voulait pas dire que sa mère l'en aimait moins. Elle n'avait jamais été sceptique, elle croyait volontiers en l'affection de sa mère. C'était en vérité, son seul modèle, sa référence. Là où d'autres enfants auraient calqué leur comportement sur celui de leur mère, il ne lui vint jamais l'envie d'entrer dans le jeu de comparaison de Mère Gothel. Elle y restait totalement indifférente.

Raiponce se serait volontiers montrée sociable durant son enfance. Malheureusement, elle en eut très peu l'occasion. Le seul ami qu'elle put se faire étant un caméléon, ils tentèrent ensemble d'égayer leurs journées en rusant pour sortir de l'ennuyeux quotidien. On pouvait la qualifier d'ailleurs de personne créative. Elle cherchait à chaque fois à inventer de nouvelles histoires faites à partir des autres, à peindre de nouveaux sujets les mettant en scène, Pascal et elle, dans de grandes aventures.

La jeune fille avait cependant tendance à se montrer trop enthousiaste et trop optimiste, ce qui pouvait lasser Pascal. Raiponce se résignait en effet  plus facilement à l'idée de rester dans sa tour, tandis que son ami ne voulait accepter qu'elle soit enfermée à tout jamais.

Elle était heureuse, et bien qu'ayant le rêve d'enfin pouvoir quitter cette tour, elle avait une grande joie de vivre. Peut-être même trop parfois, au point d'en perdre ses moyens et de se montrer plutôt maladroite. Raiponce aimait également rire, sans se soucier de si la situation le méritait. Vivre avec un caméléon comme Pascal offrait son lot de situations amusantes..

Le plus grand défaut de Raiponce était, à n'en pas douter, sa trop grande naïveté. Elle aurait été prête à faire confiance à n'importe quel inconnu, pourvu qu'il se montre agréable et souriant. Et ce n'était pourtant pas faute d'avoir été prévenue par sa mère des dangers que représentaient  les humains, ce qui n'était pas entièrement faux. Raiponce aurait aisément pu se faire berner par d'aimables paroles. Maintenant qu'elle était sortie de sa tour, la vie allait tester la naïveté de cette innocente, et il était plus que probable qu'elle essuierait plusieurs injustices avant de se rendre compte qu'il serait temps de devenir plus prudente. Comme tout être ayant des faiblesses, elle était capable de ressentir de la haine pour quelque chose ou quelqu'un qui l'aurait blessée profondément, mais l'occasion ne s'était pas réellement présentée, pas même avec sa mère. Elle avait bien sûr été plusieurs fois déçue par le comportement de Mère Gothel, par sa sécheresse, sa froideur et parfois même par la violence de ses propos. Mais jamais Raiponce n'avait haï sa mère.

Elle n'était finalement pas si différente des autres, bien qu'éloignée des personnes de son âge, agréable mais loin d'atteindre la perfection.

Depuis qu'elle était partie, Raiponce avait également gagné en assurance et était  décidée à prendre sa vie en main, afin de découvrir le monde, ou plutôt les mondes, comme elle l'entendait. C'était bien de sa vie et non de celle d'une autre qu'il s'agissait. Bien sûr, Raiponce restait dévouée à sa mère et à son amour. Elle savait que celle-ci avait besoin des pouvoirs de ses cheveux pour ne pas perdre sa jeunesse ou même disparaître. Elle avait cependant décidé que penser à son propre  bonheur n'était pas nécessairement faire preuve d'égoïsme.






Prêtez-vous au jeu, venez admirer cette toute nouvelle troupe sur la place du Jardin Radieux. Celle-ci présente son tout nouveau spectacle. Parmi eux, plusieurs jeunes et bons acteurs. Au programme, de l'émotion, de l'humour, et surtout un changement  dans votre quotidien. Oubliez pour une heure vos idées maussades, vous vous rendrez compte que vos problèmes n'étaient finalement pas si graves. Vous n'aimez pas le théâtre, peut-être ? Mais que faites-vous ici !? Peut-être aimez-vous les choses exceptionnelles ? Non ? Oui... ? Ah ! Je vous ai percé à jour.

Il y a dans cette troupe un drôle de petit numéro, une petite dame, une jeune fille devrais-je dire. Cette jeune fille n'est pas dépourvue de charme, elle est à vrai dire plutôt jolie. Elle a le port de tête d'une actrice, ou presque. Les traits de son visage sont jolis, pas spécialement fins mais remplis de douceur. Les reflets de la dorure de ses cheveux créent autour de sa tête une auréole de lumière. Il faut reconnaître qu'elle a une très belle peau, qui bien que couverte de taches de rousseur semble tout à fait douce. De grands yeux verts vous interrogent avec curiosité. Ses longs cils les mettent d'autant plus en évidence et captent aisément les regards. En effet, Raiponce voudra volontiers discuter avec vous et connaître votre vie, d'autant plus si vous venez d'un monde qu'elle n'a jamais visité. Son expression est souvent joyeuse et parfois mutine, ce qui la rapproche forcément d'un enfant et de sa charmante ignorance.

Raiponce est plutôt fine et arbore une silhouette élégante qui s'anime avec souplesse. Elle a la fâcheuse habitude de se promener les cheveux nus, ce qui peut s'avérer très dangereux lorsqu'on se ballade en ville. C'est un point sur lequel il faut remédier. Elle porte d'assez longues robes qui terminent variablement entre le mollet et les pieds. C'est absolument nécessaire pour une jeune fille dans le pays d'où elle vient, sous peine de commettre un attentat à la pudeur. La forme autour des  épaules est  arrondie, tandis que le reste de la manche colle à la peau le long du bras dans un tissus doux et translucide. Le corset lassé  est aussi de rigueur pour que le corps de la jeune fille soit tenu de façon séante  et néanmoins mis en valeur. Elle apprécie quand la jupe et le jupon blanc­ en dessous (de rigueur, lui aussi) volent harmonieusement et avec légèreté. Ses formes sont discrètes mais malgré tout bien là, ce qui permet de la distinguer nettement des jeunes adolescentes.

Elle est accompagnée par un étrange caméléon, vert la plupart du temps. Celui ci ne manque pas de caractère, il parvient souvent à se faire comprendre de tous ceux qui lui déplaisent. Il m'a même mordu une fois... Il ne se sert pas uniquement de ses pouvoirs pour se camoufler, il s'en sert aussi pour faire comprendre un message à son interlocuteur, pour représenter un objet, une personne. C'est évidemment auprès de Raiponce qu'il obtient le plus souvent satisfaction d'avoir été compris. Il se tient souvent soit sur son épaule, soit sur sa tête. Ce qui donne à Raiponce un air encore plus farfelu. Ces deux-là forment un duo plutôt atypique.

Raiponce n'est pas épaisse et donc pas bien musclée en apparence. Il lui serait forcément difficile de tenir face à une dame de la campagne, mais elle ne manque pas d'agilité.

Au fait, pourquoi vous parler de ça ? Je ne suis pas un marchand de bestiau !

Ce qui est réellement exceptionnel, et vous vous en rendrez compte par vous-même, ce sont ses cheveux. Ses cheveux sont incroyablement, et même impossiblement longs. Impossible, que dis-je ? Pas avec cette Raiponce. Chaque cheveux ne mesure pas moins de plusieurs dizaines de mètres. Comment fait-elle ? Comment est-ce possible ? C'est toute la magie du théâtre !

Je plaisante, elle n'a pas voulu révéler son secret. Toujours est-il que bien qu'elle n'ait manifestement jamais coupé sa chevelure, ceux ci sont d'un blond doré qui lui donne un air tout à fait radieux. Certaines femmes tueraient pour que leurs cheveux restent intacts après tant d'années. Pour Raiponce pourtant, c'est tout à fait normal. C'est tellement normal d'ailleurs qu'elle a appris à vivre avec cette longueur et tout ce que cela implique. Pour des raisons budgétaires -la troupe ne pouvant se permettre de payer des porteurs de cheveux- Raiponce se fait régulièrement coiffer les cheveux en une très grosse tresse qui lui permet une plus grande mobilité. Ses cheveux, d'ailleurs, lui permettent, croyez le ou non, de faire des choses tout à fait édifiantes. Elle s'en sert comme un troisième bras, un très long bras. Il semblerait même qu'elle s'en serve régulièrement comme d'un levier pour porter de très lourdes charges. Imaginez une jeune fille, et maintenant sa longue chevelure, auriez-vous pensé qu'une d'entre elle pourrait s'en servir de cette façon ? Elle évite de se faire remarquer devant les autres membres de la troupe pour ne pas susciter leur curiosité. Et pourtant, elle a déjà été prise plusieurs fois en flagrant délit d'utilisation furtive de chevelure !

-Haut les mains... ! Heu ! Haut les chevelures !

-Quoi ? Mais non ! Je n'ai rien fait !

-Raiponce, tu étais carrément en train de te servir de ta chevelure pour installer les décors !

-Toi aussi tu le ferais si tu avais des cheveux plus longs.

Les discussions avec Raiponce à propos de sa chevelure provoque toujours l'incrédulité. Folie... Maladie...Narcissisme ?Alors...Maintenant... Imaginez que vous devez traverser une rue pleine de passant avec votre crinière qui vous traine des dizaines de mètres derrière. C'est tout bonnement catastrophique. Raiponce doit faire avec. Comment comprendre un tel choix ? Une religion, peut-être... ? Pour le moment, moi je n'en sais pas plus.







Il est des femmes qui n'ont qu'une pensée en tête. Il en est qui préféreraient mourir plutôt que d'accepter ce que le destin leur réserve.

Il était une fois, il y a très longtemps, une jeune fille, une très belle jeune fille. Cette jeune fille  était la fille d'un bourgeois sans réelle condit­ion, qui n'avait pour lui que son argent. Son unique fille en revanche n'était pas sans atout, c'était du moins ce qu'en pensaient les jeunes hommes qui tournaient autour du domaine du bourgeois. Cette Marie était une jeune fille qui mélangeait deux qualités requises pour être mariée à un gentilhomme, la beauté et l'argent. C'est ainsi que tout homme qui était invité chez le bourgeois ne manquait pas de la complimenter sur la beauté de sa fille, afin d'être  accepté dans son cercle d'admirateurs, un cercle bien fourni.

Il aurait été bien idiot de penser que Marie n'appréciait pas tous ces égards, ces regards et ces cadeaux. En vérité, elle en jouait et demandait toutes sortes de choses pour tester la volonté de ses courtisans. Bien souvent, rien ne lui était refusé, elle obtenait ce qu'elle désirait. Et la surenchère du fiancé était lancé. Mais le bourgeois son père s'était assez rapidement lassé de voir son domaine rempli de jeunes hommes plutôt que débarrassé d'une jeune fille trop dépensière. Il la pressa bien rapidement de faire son choix.

Alors Marie réalisa les conséquences de son jeu dangereux. Elle avait bien profité de la naïveté de tous ces hommes, et à présent, elle n'en serait débarrassée qu'en acceptant la main de l'un d'entre eux. A l'évidence, son père ne souhaitait plus l'avoir auprès d'elle. A 18 ans, il était temps qu'elle quitte le foyer familial. Mais...elle , que voulait-elle ? Certainement pas s'attacher à un fils de fermier, aussi aisé soit-il. Encore moins élever ses enfants jusqu'à voir les premiers cheveux blancs apparaître sur un visage fatigué. Elle ne voulait pas de cette médiocrité. Servir un homme, un homme sans importance. Pourquoi ? Dans quel intérêt ? Aucun de ces hommes ne la méritait. Un noble, rien de moins. Un noble qui lui apporterait une nouvelle condition, des égards.

Elle alla donc trouver son père. Sa réaction ne fut pas celle qu'elle espérait mais il passa néanmoins un marché avec elle. Convaincu qu'aucun noble ne se laisserait emporter dans un mariage avec une jeune fille sans nom, il lui accorda trente jours. Trente jours après lesquels, si elle n'avait pas trouvé de fiancé à son goût, elle serait obligée d'accepter l'offre de l'un de ses modestes courtisans.

Trente jours, c'était bien peu. Marie pensait naïvement que ce serait bien suffisant pour une jeune femme  comme elle. Elle s'acheta alors les plus belles toilettes qu'il lui était possible d'acheter, elle s'appliqua les crèmes les plus belles, les poudres les plus fines, les plus pales. Elle devint l'élégance même, la démonstration d'une beauté sublime mais froide. Toute une noblesse qui détonnait tout à fait avec son environnement, ses parents, et même ses courtisans.

« Aucun n'est assez bien pour moi » pensait-elle sans cesse. « Ils me font honte, je les déteste ». Comment un homme, même enchanté par sa beauté, pourrait-il accepter pareille belle famille ? Elle prit la décision de  sortir de son environnement. Elle décida d'aller elle-même vers la noblesse. Elle se rendit dans les villes, elle assista à de nombreuses fêtes. Comme elle l'avait pensé, les hommes lui témoignèrent de l'intérêt, un intérêt très insistant, très pressé. Ils ne cherchaient pas à savoir qui elle était, ni d'où elle venait. Marie n'était pas stupide, ce n'était pas habituel. Elle ne comprit néanmoins leurs réelles intentions que lorsqu'ils lui proposèrent de prolonger leur soirée. Ce fut alors la grande désillusion. Ils l'avaient percée. Ils avaient su faire la différence entre la jeune fille que l'on courtise et celle qu'on accepte au détour d'une soirée dans une chambre sombre, dans laquelle on ne risque pas d'être surpris.

Ce fut alors l'évidence pour Marie. Jamais elle n'aurait la vie dont elle rêvait. Elle n'aurait que les restes. Une vie acceptable avec un homme qui, non content d'avoir une femme aimante, se mettrait à boire ou à jouer. Elle finirait sa vie à quatre pattes, à frotter le plancher. Cette vie, elle préférait la broyer, la tuer, plutôt que de la vivre. Sa beauté, sa jeunesse, c'était bien la seule chose qu'elle avait. L'argent, tout appartenait à son père. Et il ne lui en donnerait que sous forme de dot qui serait offerte à son fiancé, mais pas à elle. La seule chose qu'elle possédait, c'était son corps, sa beauté. C'était la seule chose qu'elle pouvait donc sauver. Alors Marie choisit de ne jamais voir le trentième jour arriver.

Il arrive lors de rares événements que le soleil soit tant ému qu'il verse une larme. Une larme qui tombe, tombe, tombe pendant des jours, des heures. Et si on a de la chance, un jour, cette larme rencontre un monde, une terre. Et sur cette terre, la larme se déverse. Et cette terre se fissure alors pour laisser passer généreusement la vie, la vie d'une fleur d'or. Peu de gens ont la chance d'assister à la vie d'une fleur d'or. Ce sont pourtant des fleurs qui peuvent vivre très longtemps, mais elles suscitent la passion et déchainent la haine des hommes et des femmes. Quand on en trouve une, l'instinct pousse à la garder pour soi dans le plus grand des secrets. La légende raconte que cette fleur peut guérir toutes les blessures si on veut bien lui chanter le bon refrain. La fleur peut même guérir la blessure la plus irréparable, celle du temps.

Un jour, un roi et une reine émirent le souhait, comme le font souvent les rois et les reines, d'avoir un enfant. Peu de temps après, le roi et la reine annoncèrent à leur peuple qu'un enfant naîtrait bientôt dans leur beau pays. Cet endroit était un pays plein de magie et de beauté où il faisait bon vivre. Un destin radieux et glorieux attendait la petite chose qui sommeillait encore dans le ventre de la reine.

Quelques mois plus tard, une ombre se profila dans le beau paysage du roi et de la reine. La reine commença à présenter des signes de faiblesse physique et on comprit rapidement qu'elle était atteinte d'un mal d'une grande gravité. Les médecins de tout le pays se pressèrent alors auprès de la malade, mais rien n'y fit. La reine restait malade. Sa vie et celle de son enfant étaient désormais mises en péril. Tout était remis en question, ce que ne pouvait tolérer le roi. La médecine n'était à l'évidence pas suffisante. Les rumeurs de magie vinrent alors aux oreilles du roi. Désespéré, il accepta plus d'un charlatan dans la chambre de sa femme. Mais cette « magie-là » n'allait jamais fonctionner. La légende de la fleur se propagea ensuite, un vieil homme assura en avoir aperçu une le long d'une falaise. Bien que cette possibilité fut dans un premier temps écartée, le roi en arriva à un point où il dépêcha une multitude de soldats, domestiques et habitants à la recherche de cette fleur. Il présida lui-même les expéditions, balayant la carte de son royaume.

Dans la surprise générale, un jour, après de longues recherches,  une escouade de garde ramena une fleur qui correspondait précisément à la description qu'on en avait donné. Un célèbre alchimiste, suspecté de faire de la magie en secret, fut alors appelé pour une inspection de la fleur. Il l'authentifia comme telle, et bien que n'en ayant jamais vu personnellement, assura qu'on pouvait préparer une décoction à partir des pétales de cette fleur. Les heures qui suivirent cet événement furent les plus tendues qu'on avait jamais connues en ce pays. L'alchimiste fit d'ailleurs les cent pas, espérant qu'il ne venait pas de commettre la plus grosse erreur de sa vie.

Le soir-même, on le fit amener dans la chambre. Le roi désirait un pronostic vital. Lorsqu'il vit le visage de la reine encore endormi, la couleur de sa peau, l'alchimiste sut qu'il ne s'était pas trompé. La reine était sauve. Il put regarder le roi fièrement et lui assurer que son malheur était fini. L'enfant allait naître dans une famille unie.

Lorsqu'une petite princesse vit le jour, le bonheur fut enfin total.  On créa alors une tradition, celle des lanternes qui monteraient chaque année dans le ciel en date de son anniversaire. Cette enfant était, à n'en pas douter, née pour être heureuse et pour vivre sous la lumière du soleil. Le destin avait pourtant fait un choix bien différent.

Une nuit, le bébé disparut sans que personne ne puisse retrouver sa trace... Les recherches durèrent pourtant des années.

Qui... ?Qui, je vous le demande, aurait pu penser que l'infante serait enlevée pour ses cheveux ? Seuls les êtres ayant des connaissances magiques approfondies auraient pu deviner les possibilités magiques que la fleur avait donné aux cheveux de la princesse. Et Marie, la jeune femme devenue décrépie, avait ces connaissances. Elle avait découvert la fleur, bien longtemps avant qu'on la trouve. Elle s'en était servie, autrefois, pour guérir le temps, son temps. Et plus elle s'en était servie, plus le temps l'avait rattrapé rapidement. Désormais, quelques années passaient sur son visage en quelques jours, et cela ne cesserait d'empirer.

La solution s'était présentée devant elle, lorsque tentant de couper une mèche à l'enfant, la mèche avait perdu sa magie. L'enfant était la solution, elle devait la garder auprès d'elle, en permanence. Elle avait donc décidé d'emmener l'enfant dans une clairière de la forêt que personne n'avait encore découverte. Elle décida qu'elle serait mère, père, amie, soeur,  pour cet enfant, afin de faire en sorte que jamais ne lui vienne l'envie de s'en aller. Elle ne savait que trop qu'en goûtant à l'extérieur, l'enfant voudrait toujours en savoir plus et finirait par découvrir la vérité. Elle ne voulait pas non plus qu'un autre touche à ce merveilleux don. Non, la fleur, du moins ce qu'il en restait, était à elle.

L'enfant grandit donc avec un amour falsifié, une mère inventée, un modèle erroné. Elle grandit avec l'impression continue qu'elle faisait quelque chose qui ne plaisait pas à sa mère, qu'elle rêvait « pas comme il faut ». Elle grandit, penchée à ses persiennes, enviant l'autre monde, le ciel.

Quand elle était petite, peu de choses lui semblaient étranges, elle vivait chaque instant sans se poser trop de questions. Elle apprit néanmoins assez tôt à être plus indépendante qu'un enfant de son âge, à boire toute seule, à manger sans qu'on lui tienne le couvert. Il faut dire que Mère Gothel, bien que se présentant comme une mère affectueuse, avait elle aussi des envies, des lubies et rêves. Et elle ne restait jamais bien longtemps en place. Dés ses quatre ans, il arriva fort régulièrement que Raiponce se retrouva seule dans la tour, avec quelques jouets, des crayons et des feuilles, sans oublier le minimum vital. Elle n'était d'ailleurs pas maltraitée, ni laissée sans occupation.

Elle apprit également à chanter la chanson pour réveiller le pouvoir de ses cheveux tandis que sa mère lui brossait délicatement, amenant la lumière étincelante vers son corps et lui rendant sa jeunesse. La solitude la prit malgré tout bien plus tôt qu'à l'habitude. Elle chercha donc diverses occupations. Ce fut d'abord la peinture, prolongement de ses dessins d'enfant. Elle peignit d'abord les feuilles, de plus en plus grandes. Et puis, ce furent les murs, elle peignait ce qu'elle voyait dans ses rêves. Elle apprit à lire, au début à l'aide de sa mère, qui y consentit tant les supplications de Raiponce se répétaient. Ensuite, elle lit seule, plus régulièrement. Si bien que la réserve de livres fut bientôt dévorée. Parfois, sa mère lui en apporta de nouveaux, ce qui éclairait ses journées.

Bien sûr, Raiponce s'interrogeait sur l'origine de ces livres. D'où venaient-ils ? Sa mère connaissait-elle bien les humains ? Raiponce la questionna régulièrement durant son enfance. Parfois, sa mère restait évasive, hésitante, parfois elle ne cessait de les accuser de tous les maux de la terre. Mais pourquoi partir si souvent dans ce cas ? De plus, les livres lui récitaient des aventures fabuleuses dans un monde plein de merveilles. Comment ce monde pouvait-il être si dur et si dangereux alors que les auteurs avaient écrit de si belles choses ?

Mais Raiponce ne se contentait pas de peindre et de lire, n'ayant que peu de compagnies, elle cherchait la distraction dans tout ce qui était possible. Elle s'intéressait à toute expression des arts, théâtre, chant, musique. Elle voulait tout connaître, tout entendre. Et puis le temps pouvait paraître réellement long, du haut de sa tour. Elle apprit également à se servir agilement de sa chevelure de plus en plus longue au fil des années. Elle  devint bientôt un véritable instrument pour manipuler les choses, les attraper, se balancer d'un endroit à l'autre de la tour. Ce qui aurait pu passer pour un obstacle devint bientôt une bénédiction.

Un jour, elle fit la connaissance de Pascal. Et le fait d'avoir enfin un ami, aussi petit soit-il, permit à Raiponce de se sentir enfin moins seule. Pascal était un petit caméléon, très doué pour le camouflage, drôle, adorable et avec pas mal de caractère. Il s'installa un véritable système de communication entre ces deux êtres. Ils se comprenaient malgré la barrière du langage. Paradoxalement, Pascal lui donnait de nouvelles envies de liberté.  Il ne voulait pas abandonner Raiponce seule dans sa tour, et pourtant, il ne semblait pouvoir accepter que celle-ci reste coincée dans sa tour, sans découvrir le monde, comme elle semblait tant vouloir le faire. Il suffisait de sauter.. ! Mais Mère Gothel restait imperturbable, elle refusait toute sortie.

Un événement annuel entama pourtant sa résignation à petit feu. Elle avait toujours été fascinée par les lumières qui s'élevaient dans le ciel lors de son anniversaire, d'aussi loin qu'elle pouvait s'en rappeler. Sa mère, qui pourtant sortait régulièrement ne voulait pas lui expliquer cet étrange phénomène. Elle semblait vouloir éviter le sujet à tout prix, mais Raiponce se montrait souvent trop entreprenante. Elle ne pouvait croire que ce phénomène n'avait aucun lien avec elle. Aussi ces lumières devinrent un sujet de rêves pour elle. Elle les exprima souvent dans ses peintures murales.

Au fil des années, Raiponce ne put se satisfaire de son quotidien éternellement répétitif. Les journées se mélangeaient dans leur conformité, si bien qu'elle aurait pu confondre un jour et l'autre. Elle ne pouvait contenir son désir de partir, son besoin même. Elle allait avoir 18 ans. 18 ans, cela représentait beaucoup de choses dans les livres. Il était essentiel pour Raiponce que cette journée ne soit pas la même que toutes les autres. Il était arrivé le jour où elle verrait les lumières de plus près. Sa mère comprendrait, elle devait avoir confiance en elle. Elle était certainement capable de se défendre. Elle avait bien plus de ressources qu'il n'y paraissait. A l'aube de son anniversaire, elle décida donc de réitérer sa demande, une dernière fois.

La réponse fut, bien entendu, sans appel. Elle ne voulut rien savoir. Dans la tête de Raiponce, un mélange de rage et de tendresse pour sa mère se mélangèrent.  Elle ne pourrait pas éternellement la garder dans cette haute tour. Elle en deviendrait folle ! Alors que faire ? Elle ne voulait certainement pas trahir la confiance de sa mère, la blesser.

Il le fallait pourtant, mais sans la blesser, elle ne devrait rien savoir. Raiponce devait vivre cette aventure, partir, quoi qu'il en coûte. Elle reviendrait, après cela, ce serait juste pour un jour, ou deux. Juste le temps d'assister au phénomène des lumières, de plus près. Juste le temps de voir un peu du monde qui lui avait échappé jusque là. Elle demanda donc à sa mère de partir chercher son cadeau, une quête qui l'occuperait pour plusieurs jours. Ce serait amplement suffisant pour que Raiponce assiste à l'événement et revienne sans que sa mère soit jamais mise au courant de ce qui s'était passé durant son absence. Avec amertume, Mère Gothel finit par accepter, espérant qu'ainsi ses soifs de voyage seraient étanchées, pour quelques temps au moins.

Lorsque sa mère fut partie, Raiponce attendit quelques heures, le temps qu'elle s'éloigne, afin de ne pas se faire surprendre. Pendant ce temps, elle prépara des provisions et habits pour un voyage de quelques jours. Elle était heureuse, anxieuse et déjà pleine de remords. Toutes ces années de mises en garde n'avaient pas été sans conséquences. Elle craignait le monde des hommes, autant qu'elle en rêvait. De plus, elle ne voulait pas trahir la seule personne qui avait toujours été là pour elle. Elle ne savait pas ce que c'était d'avoir un père. Sa mère avait du jouer les deux rôles, et elle l'avait fait avec  courage. Comment oser ? Elle osa pourtant. Avec grande hésitation mais aussi les encouragements de Pascal, elle finit par franchir l'ouverture sur le monde pour se laisser glisser jusqu'au sol.

-Je... Je l'ai fait ! Pascal ! J'ai réussi.

Gardant de la réserve afin de lui faire comprendre qu'elle était encore loin de son objectif, Pascal la regarda avec flegme. Raiponce était pourtant folle d'enthousiasme. Voir les choses d'un autre point de vue, et pas à travers d'une image, était déjà une grande nouvelle pour elle. La nature lui sembla belle, l'herbe douce, le ciel bien plus beau qu'il l'était quelques minutes plus tôt. Raiponce rayonnait réellement. Elle voulait pourtant découvrir bien plus que cela.

Raiponce, accompagnée de Pascal, commença donc sa course à la découverte d'un environnement qu'elle avait toujours vu uniquement de haut. Elle n'était pas effrayée par le fait de se perdre dans la forêt, elle s'en tirerait toujours, elle en était sûre. Elle n'avait plus peur de se faire gronder, elle avait oublié tout cela, au moins pour un temps. La forêt était grande, et alors ? Elle savait que sa volonté la conduirait aux lumières.

Une longue marche, non sans péripétie pour une jeune fille encore ignorante des situations que l'on peut rencontrer au fin fond d'une forêt, finit par l'amener devant le pont qui menait à ce qu'elle savait être une ville. Les livres en parlaient, en des termes bien plus élogieux que ceux de Mère Gothel. Il faisait déjà nuit, c'était encore la veille de son anniversaire. La nuit était belle, les lumières illuminaient merveilleusement la ville devant elle. Cela ne pouvait être réellement aussi dangereux que sa mère avait bien voulu lui dire. Non, c'était réellement trop enchanteur pour n'être qu'un méchant piège.

Raiponce commença donc sa marche sur le pont menant aux portes principales de la ville. Elle y rencontra des gens, certains l'ignorèrent, d'autres lui sourirent. Au début, elle ne sut comment réagir à ces rencontres. Fallait-il saluer tout le monde, leur sourire ? C'était, après tout, sa première rencontre avec des humains, autre que sa mère. Elle en était presque mal à l'aise. Mais la chaleur qu'ils mettaient tous dans leur regard finit par la convaincre de rendre cette attention. Raiponce avait toujours eu une prédisposition pour l'optimisme et pour les sourires. Il ne lui fut donc pas trop difficile de se montrer elle aussi chaleureuse. Malgré tous les efforts que sa mère avait fait pour lui apprendre à craindre les humains, Raiponce ne put s'empêcher de ressentir de la confiance pour ces premières rencontres sans avoir échangé aucun mot. Elle continua son chemin, malgré sa curiosité pour tous ces passants.

Quand elle entra dans l'enceinte de la ville, elle resta plusieurs minutes spectatrice, émerveillée et impressionnée par l'ambiance d'un début de soirée. La vie, tout simplement la vie, était fascinante. La sienne n'avait été qu'une ébauche jusque là, résumée en quelques mots. Elle ne valait pas la peine qu'on la raconte. Elle était sans intérêt. Quiconque aurait lu son histoire se serait sans doute ennuyé jusque là. Cela devait changer. Elle échangea un regard avec Pascal qui se tenait sur son épaule, aussi ébahi qu'elle.

-Je suis dans la vraie vie. Je le sais maintenant.

Alors qu'elle ne cessait de se demander pourquoi autant d'histoires avaient été racontés par sa mère, elle remarqua que les gens semblaient regagner leur maison pour y dormir. Elle regarda Pascal à nouveau, sans penser que cela pourrait sembler incongru aux yeux des habitants.

-Pascal ! Je n'y avais même pas pensé, où est-ce que nous allons dormir ?

La caméléon lui répondit par une expression qui lui fit comprendre qu'il n'avait lui-même aucune idée du lieu où ils pourraient passer la nuit. Dormir dans la rue serait bien trop dangereux et froid, quel que soit le caractère accueillant de cette ville et de ses habitants. Ils n'avaient pas d'argent, même pas de biens de valeur. Raiponce n'avait jamais eu à se servir d'argent, de pièces de monnaie, elle savait grâce aux livres comment cela fonctionnait, c'était tout. Peut-être pourraient-ils bénéficier de l'hospitalité de gentilles personnes. Raiponce commença alors sa ballade dans les rues. Elle regardait les personnes autour d'elle, cherchant un regard hospitalier. Elle dut prendre son courage à deux mains pour interpeller plusieurs fois des  personnes qui soit n'avaient pas de place dans leur petite maison, soit ne pouvaient prendre le risque d'héberger une étrange inconnue aux cheveux longs, aussi sympathique soit-elle.  Elle ne pouvait réellement pas leur reprocher. C'est ainsi que Raiponce finit par s'asseoir sur les bords d'une fontaine, alors que la nuit tombait, un peu inquiète mais surtout fatiguée. Il fallait également dire que la marche dans les étroites rues de la ville ne s'avérait pas facile due à sa très longue chevelure. Cela ne manquait pas non plus d'attirer absolument toute l'attention sur elle. Ce qui ne l'aidait pas forcément à se sentir à l'aise.

-Ooooooooh ! J'en ai toujours rêvé !

La voix enfantine, pourtant non loin de Raiponce, ne la sortit pas de ses pensées inquiètes.

-C'est pourtant bien vrai ! A moins que ce soient des faux !

-Faux ou vrais, on pourrait certainement en faire une tresse absolument ex-tra-or-di-naire !

Raiponce avait fini par prêter attention à ces échanges, elle posa ses yeux sur quatre petites filles rousses et nattées,  de toute évidence soeurs. Elles la regardaient avec beaucoup d'admiration et d'envie, semblant hésiter à l'interpeller directement. Après tout, elle était presque une adulte !

-Bonjour... ? Vous vouliez me dire quelque chose ?

-Oh bonjour ! Alors voilà, mes soeurs et moi, on a toujours adoré se coiffer, faire des tresses, tout ça... Et ce serait vraiment un honneur pour nous si vous nous laissiez coiffer vos cheveux. Ils sont tellement longs !

-Ouiii ! C'est magnifique... ! Je suis sûre qu'il n'y en a jamais eu de pareille dans la ville.

-Je sais bien que ce n'est pas tout à fait normal...  C'est juste que...

-Oh mais nous on adore ça ! C'est seulement si vous en avez envie.

-Très bien alors ! Ca m'aidera beaucoup, merci!

Tandis qu'elles se mettaient à l'oeuvre, les petites filles ne cessaient pas pour autant de parler, entre elles mais aussi à Raiponce, c'est ainsi qu'elles firent connaissance.

-Et où est-ce que tu habites Raiponce ?

-Dans la forêt.

-Tu veux dire qu'il y a des gens qui habitent vraiment dans la forêt !?

-Oui, oui, je t'assure.

-Mais ça doit être très effrayant, et puis il y a des brigands, à ce qu'on m'a dit.

-Peut-être, mais je n'en ai jamais rencontré.

-Mais la forêt est bien loin ! Qu'est-ce que tu fais ici ?

-Je suis venue en ville, c'est la première fois... Je voulais voir les lumières demain, car c'est mon anniversaire.

-Oh comme c'est chouette ! Dans quelle auberge vas-tu passer la nuit ?

-Je ne sais pas... Je ne pense pas avoir les moyens de dormir dans une auberge.

-Oh mais tu peux venir chez nous ! On n'est pas bien riches, mais on peut te faire une petite place dans notre chambre.

Cela aurait pu être impensable pour une autre personne que Raiponce d'accepter la charité de petites enfants, mais pour Raiponce non. Elle n'avait jamais été confrontée aux us et coutumes, à ce qui était acceptable en société et ce qui ne l'était pas. Elle sourit aux petites filles. Elles s'exclamèrent avec joie qu'elles allaient demander à leurs parents. Il leur fallut un peu persévérer pour convaincre leurs parents, et pourtant elles y parvinrent, armées d'une grande détermination, et de beaucoup de charme.

-Ils ont dit oui ! Ils ont dit oui ! Ils ont dit ouiiii !

-Comme c'est gentil...

Raiponce passa donc la nuit auprès de cette gentille famille. Elle avait presque oublié tous les tracas  liés à sa mère. Elle ne cessait de penser au lendemain, aux festivités, aux lumières qui étaient en vérité des lanternes à la mémoire de la petite princesse disparue. Elle s'en alla se coucher, empruntant ainsi le lit d'une des filles qui partagerait le lit d'une de ses soeurs. Elles discutèrent encore un peu et s'endormirent, pleines d'excitation.

Le lendemain, ils prirent tous ensemble un petit-déjeuner copieux et  partirent pour la profiter de l'ambiance festive qui régnait dans la ville. Chacun pouvait se promener dans les rues  sans craindre le moindre danger. L'air était doux, on sentait de bonnes odeurs à tous les coins de rue. Un bon repas serait préparé pour cette belle soirée.

Raiponce passa la journée à danser, à jouer dans la rue avec les petites filles mais aussi avec les passants. Tout était différent par rapport à la veille. Les gens semblaient encore plus heureux. La nuit approchant, Raiponce se sentit de plus en plus fébrile. Elle espérait tant ne pas être déçue par le spectacle. Et qu'importe s'il n'avait rien à voir avec elle, cela ne la décevait pas. C'était malgré tout le plus bel anniversaire qu'elle avait eu, rien ne pourrait gâcher cette journée. Ils se dirigèrent tous ensemble vers la grande place où tous tenaient une lanterne qu'il fallait se tenir prêt à allumer.

Un murmure parcourait l'assemblée jusqu'à ce que la première lanterne s'envole dans le ciel. Alors la foule se tut, émue par le geste tendre de parents pour leur fille. Tous firent un silence de recueil lorsqu'ils allumèrent leur lanterne et la laissèrent partir. Peut-être que quelque part, la princesse verrait ce message et reviendrait enfin, rendant un bonheur complet aux habitants de ce royaume mais surtout à son roi et sa reine. Raiponce leur souhaita intérieurement pareil bonheur, leur portrait dans la rue l'avait réellement touchée, elle se sentait proche d'eux, ayant vécu toute sa jeunesse avec un manque, probablement du à l'absence d'un père. Ils avaient fait de ce royaume un lieu prospère et bien que vivant dans la richesse, tout cela n'avait pas de comparaison avec la perte d'un être cher, surtout un enfant. Les larmes coulèrent accompagnées de sourires sur les visages des fillettes.

Raiponce les serra contre elle et se mit à contempler le ciel rempli de pétales de lumière. Le spectacle était intense et merveilleux. La cité s'illuminait avec splendeur. Elle ne fut en rien déçue, pas même par le fait de n'avoir pu partager ce moment avec sa famille. C'était si agréable de pouvoir enfin assister à ce spectacle de près, avec autant de personnes réunies, alors que chacune des années précédentes, elle y avait assistée seule et loin. Elle se sentait enfin faire partie d'un tout, elle n'était plus appart.  Elle se rendit compte à cet instant qu'elle aurait bien du mal à renoncer pour longtemps à ce bonheur trouvé.

Quand les lumières furent trop lointaines dans le ciel, celles des chaumières réapparurent, ainsi que celles des réverbères. Raiponce baissa alors les yeux. Maintenant qu'elle venait de vivre cet instant, elle savait qu'elle devait retourner chez elle. Elle se l'était promis. Et pourtant...Pourtant c'était trop dur. Non. Sa mère n'avait pas le droit à 18 ans de la priver de faire sa vie, de rencontrer des gens. Alors pourquoi le faisait-elle ? Pourquoi réagir si violemment à ses envies d'indépendance ? Pour une raison que Raiponce ignorait, elle avait menti sur la nature humaine. Ce qui la renforçait dans son idée de ne pas retourner chez elle. Après tout, le mal était fait, elle avait désobéi. Et alors ? Que se passerait-il quand Raiponce retournerait chez elle avec un peu de retard ? Sa mère finirait par lui pardonner et elles pourraient reprendre leur vie ensemble. Sa mère comprendrait alors que Raiponce était capable de survivre en terrain inconnu, en prenant bien soin de cacher son pouvoir.

Pour le moment, il était trop tôt pour rentrer, elle avait soif de découvertes. Sa mère s'inquiéterait un peu plus qu'à l'habitude...Oui...

-Pascal... Tu ne penses pas que nous pourrions... Un peu prolonger notre sortie.. ?

Il ne se fit pas désirer pour lui donner sa réponse. Il prit son air le plus enthousiaste. Il était ravi que la jeune fille prenne enfin un peu d'assurance par rapport à sa mère plutôt intransigeante.

Ainsi la jeune fille décida de ne pas reprendre le chemin vers la forêt, et de dormir pour cette nuit encore dans la famille des petites filles. Le lendemain, il lui faudrait trouver une solution pour ne pas abuser de leur hospitalité.

-Tenez, c'est pour vous !

-Qu'est-ce que c'est ?!

Raiponce se tourna vers la personne qui venait de l'interpeller dans le dos. D'abord elle regarda le visage de l'homme qui se trouvait devant elle, puis elle réalisa qu'il lui tendait quelque chose. Une petite brochure colorée. Raiponce le regarda, incrédule. Il arborait un sourire radieux, et semblait ne souffrir d'aucun manque d'assurance. Il était habillé d'une façon plutôt originale qui laissait penser qu'il n'était pas originaire de cette ville.

-Prenez-le, c'est une invitation.

-Ah ? D'accord... !

-On dirait que vous n'êtes pas d'ici non plus.

-Est-ce donc si évident ?

-Bah... Vous avez l'air tout à fait perdue

-En effet,  j'habite dans la forêt.

Elle se demanda alors si c'était bien prudent de parler de cela avec un parfait inconnu. Tant pis, la forêt, c'est vaste.

-Ah ! Mais moi, je viens « vraiment » d'ailleurs !

Raiponce fut plus étonnée encore par la nouvelle révélation de l'homme.

-Je viens d'un autre monde, en fait. En tout cas, si vous venez de la forêt, vous  serez d'autant plus dépaysée en venant voir notre pièce dans mon monde.

-Vous voulez dire qu'il y a vraiment d'autres mondes que celui-ci ?

-Bien sûr ! On ne vous apprend pas grand-chose dans vos forêts... Bien sûr, c'est assez récent, mais tout de même...

L'homme était perplexe par rapport aux facultés mentales de Raiponce.

-Moi je viens du Jardin Radieux, et nous faisons actuellement notre propagande pour la pièce que nous allons lancer avec notre troupe dans quelques semaines. C'est une ville très différente d'ici. Beaucoup plus moderne et branchée, si vous voulez mon avis. Enfin, ici c'est plutôt sympa aussi, hein.

-J'aime beaucoup le théâtre, j'en fais un peu moi-même. Enfin, rien de très grandiose, avec pour seul public mon caméléon...

-Vous devriez venir nous voir alors... Venez dans notre monde. Ca sera édifiant pour vous, surtout si  vous n'avez jamais voyagé.

-Vous pensez que... je pourrais accompagner votre troupe ?

Raiponce n'en revenait pas d'avoir osé faire une demande pareille. Elle qui avait pensé rester quelques jours encore dans la ville puis retourner chez elle, était carrément en train d'envisager de voyager beaucoup plus lointainement que cela. Quand reviendrait-elle ?

-Eh bien ! Moi qui croyais que vous n'étiez pas très dégourdie, vous y allez franchement là !

-Je ne sais pas ce qui me prend... Enfin, oubliez ça, je l'ai dit sous le coup de l'enthousiasme, c'est tout à fait idiot.

-Non, pas du tout ! Vous devriez le faire si vous en avez envie. On est plusieurs dans la troupe à avoir enfin pris notre indépendance, et on ne le regrette pas. La vie c'est pas fait pour regarder les trains passer sans jamais en prendre un. En tout cas, ce n'est certainement pas au Consulat qu'on va refuser une nouvelle arrivante. Bien sûr, vous ne pourrez pas participer à notre nouvelle pièce, c'est trop tard maintenant. Mais vous pourrez vivre notre quotidien, et qui sait peut-être enfiler un jour le costume d'actrice. Vous allez éblouir la scène avec vos cheveux !

-Vous avez dit « Consulat » ?





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Ven 7 Nov 2014 - 4:16
Salut !

Alors... Bon ! J'ai longtemps attendu ça !

Commençons !

Le caractère... Pour la petite histoire (je me permets de le dire.), Chen aurait donné (à titre informatif et privé) au caractère un grade franchement... bas comparé aux éloges que tu avais reçues avec Vesper.

Ce grade, Sergent, auquel il a estimé ton caractère est... définitivement trop dur.

Parce que objectivement... Je ne peux décemment pas donner Lieutenant à un texte comme celui-là. Le caractère est... très bien écrit, avec un style, une forme impeccable.
Oui c'est clairement un texte bien écrit.

Après est-ce qu'il est beau ? Est-ce que c'est un bon caractère ? Là je suis plus réservé.

Y a pas mal de problèmes que j'ai relevés.

Tout d'abord et surtout : C'est par le caractère que tu commences. Oui je le précise et j'insiste... C'est avec ton caractère que j'entre dans ta fiche.

Bah en soi, c'est pas un problème.

Sauf qu'ici... Quelque chose manque clairement. Cette petite intro, ce petit passage qui devait expliquer que Raiponce est retenue prisonnière d'une tour. Non, toi tu commences ton caractère et ta fiche en te disant "ils savent très bien que Raiponce est retenue prisonnière dans une tour !". Tu pars là-dessus, tu oublies d'introduire et tu nous parles "comme si on savait".

Bah oui on sait... Mais il n'empêche qu'on ne pourrait pas être moins dans le bazar. J'ai eu l'impression de prendre un train en marche et ça m'a vachement frustré.

Deuxièmement, tu as malheureusement pris comme... point de départ pour décrire Raiponce, sa mère. Donc c'est à partir du caractère de sa mère que tu commences à décrire Raiponce. Ce n'est même pas une mauvaise idée mais malheureusement, je trouve que tu t'y es assez mal prise. J'ai trouvé les premiers paragraphes plus froids que la mort, sans l'énergie attendue pour Raiponce.

Oui puis tu vois... Attention je vais pas prétendre connaître Raiponce mieux que toi mais... Si tu regardes Raiponce d'un point de vue... extérieur. Tu vois que Raiponce est drôle, dynamique, pleine de vie, gentille, bourrée d'empathie... Et puis, à force de la mater en scred', tu vas te rendre compte qu'elle s'ennuie dans sa tour, qu'elle est écrasée par sa mère, qu'elle est enfermée, aussi bien dans sa tête que dans sa tour.

Ce que je veux dire c'est que Raiponce se découvre petit à petit. Le point de départ aurait du, je pense, être quelque chose de léger.

Troisième problème dans le physique... Un peu lié au deuxième : Tes mots utilisés pour parler de Gothel selon Raiponce. Ils sont... un peu mal choisis. En fait c'est un problème de point de vue. Je regrette que tu n'aies pas réussi à te sortir de la tête que Gothel est une vieille pute. Parce que quand je lis :

"Raiponce savait faire preuve de d'indulgence et elle était convaincue que ça ne voulait pas dire que sa mère l'en aimait moins. Elle n'avait jamais été sceptique, elle croyait volontiers en l'affection de sa mère. "

J'ai trop l'impression que toi, derrière, tu défends Raiponce d'avoir jamais su que Gothel profitait d'elle. Les mots que tu emploies (sceptique, indulgence) renvoient à des tas d'images.

Pour t'expliquer ça un peu plus clairement... Je suis sûr que quelqu'un qui ne connait pas le conte et qui n'a pas vu le disney, et qui lit ces quelques lignes, comprend juste au biais de tous les mots que tu emploies, que la mère est méga louche. Et ça c'est méga dommage.

Je ne sais pas si j'ai juste sur les trois points. Mais passés outre ces soucis, je peux vraiment apprécier le caractère. J'ai l'intuition que c'est ce qui va gêner ceux qui liront le caractère.

Je crois que tu as très bien cerné le caractère, que tu as un style impeccable mais que tu t'es juste trompée de regard.


Le physique est... bien mieux, mais avant de commencer à le complimenter.

"Prêtez-vous au jeu, venez admirer cette toute nouvelle troupe sur la place du Jardin Radieux. Celle-ci présente son tout nouveau spectacle. Parmi eux, plusieurs jeunes et bons acteurs. Au programme, de l'émotion, de l'humour, et surtout un changement  dans votre quotidien."

Pour te faire comprendre le problème, voici ce que le héraut AURAIT pu dire juste après !

" Venez. Ca va être l'éclate. Ah Ah. Rire ça fait beaucoup de bien. J'aime rire. "

J'ai besoin d'un minimum de points d'exclamation dans un texte qui se veut entraînant, tu vois... J'ai... vraiment l'impression que le héraut se fait chier, un truc de dingue. (J'ai le problème dans le premier paragraphe. Après ça va)

Ah... aussi ! J'ai remarqué certains moments où on dirait que tu oublies qui parle. Ca part dans des descriptions un peu spéc' pour que ce soit un crieur qui en parle.

"Elle apprécie quand la jupe et le jupon blanc­ en dessous (de rigueur, lui aussi) volent harmonieusement et avec légèreté. "

Euh... ok, 'fin moi je trouve ça bizarre.

Puis même, on est dans des descriptions tellement précises ^^

Oh putain je sais que je suis chiant ! vraiment je me rends compte que je suis en train de saccager ton modus operandi pour décrire Raiponce de manière originale ^^. Honnêtement j'aime bien ce que tu as fait mais y a certains moments où c'est trop précis pour être naturel.

"La forme autour des  épaules est  arrondie, tandis que le reste de la manche colle à la peau le long du bras dans un tissus doux et translucide."

Moi si un mec, même poète, même crieur, dit un truc comme ça, je me marre. C'est tellement précis et... tellement useless. T'as l'impression que le mec est en train de raconter comment reconnaître Raiponce si on la croise dans la rue. "Attendez ! Notez bien que les manches de sa robe sont translucides et en tissus doux ! Vous pouvez pas la rater !"

Je ne sais pas si tu me suis ^^.

Troisième petit problème, et là à nouveau je cherche la bête noire... Au début tu parles d'une troupe, et tu dis que Raiponce est une nouvelle petite surprise pour la bande de troubadours. Et... vient la description, tout le délire. Mais j'avoue être resté sur ma faim sur une chose : Que fait Raiponce dans cette troupe ? A part être exceptionnelle et originale, quelle est sa légitimité dans la troupe ? Alors ! Oui je sais bien qu'elle est une artiste de dingue ! mais ici le héraut ne dit rien sur ce qu'elle sait faire à part... ses capacités de capilotracte !

Sur ce point, je m'attends à ce que tu ne sois pas d'accord avec moi ^^.

En tout cas j'ai vraiment apprécié le physique. Il est complet, tout est joliment décrit et putain, y a de l'énergie. Je suis assez critique parce que je connais ta qualité de rpiste. Si une nouvelle me faisait ça, avec un style et une forme aussi impeccable, putain je l'acclame durant dix minutes.
De ta part, on ne s'attend pas à moins. Et c'est pour ça que tu n'iras jamais faire quelque chose qui va au-dessous de lieutenant puisque tes textes restent toujours fort bons. Ton style, ta forme, tes mots toujours très justes, t'immunisent à une grosse tôlée.


Sur ce, commençons l'histoire.

Voilà !
Alors... mon commentaire sur l'histoire risque d'être assez court mais globalement très positif.

Ce n'est pas une excellente histoire mais elle est très jolie, mignonne, avec une ambiance qui t'est propre.

Si je peux te suggérer une chose, une modification à faire dans ton style, c'est peut-être un peu plus de légèreté. ton texte est aussi sympathique qu'il le faut mais il n'a pas ce quelque chose qui te donne le sourire aux lèvres ! Essaie d'être plus légère, tente quelques plaisanteries mignonnes.

La force de ton histoire, c'est d'avoir su braver... l'énorme difficulté à laquelle elle était confrontée. Comment raconter l'histoire de Raiponce sans causer de Flynn ? Tu n'allais certainement pas détruire toute la romance entre les deux personnages en racontant leur rencontre et leurs aventures dans ton histoire! Ca c'est sûr.

Et parce que l'histoire de Raiponce, c'est surtout de la romance... Quelque part, ton histoire ne pouvait pas être autre chose qu'une introduction. Et ça c'est très très bien. Il ne se passe pas grand chose dans ton histoire, mais ça prépare parfaitement les rps à venir. Par le fait tu n'as pris aucun risque, ce que j'ai pu trouver, je l'avoue, parfois dommage. Dans son voyage entre la tour et la ville, une petite aventure n'aurait pas été de refus.

J'ai vraiment adoré toute la partie conte qui précède la naissance de Raiponce. J'ai adoré ces passages et ta composition sur Marie. Vraiment... ça m'a fait plaisir parce que contrairement au caractère, ici être parti sur l'histoire de Marie était parfait. Qui plus est, j'ai eu l'impression que tu comprenais le personnage.

Voilà alors... Mon appréciation globale : Je suis très satisfait. J'ai aimé ta fiche. J'insiste tout de même ! N'hésite pas à opter pour un style un peu moins sage ^^.

Je vais te donner le grade que tu as demandé, Commandant. Je crois que tu le mérites amplement et je suis ravi de ne pas devoir te dire quel aurait été ton grade si ça n'avait dépendu que de ma validation ^^/


Fiche validée et toutes conneries du style !

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