Mage fou

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le Mer 30 Avr 2014 - 2:00

ADRIX



Identité

  • Nom  : Viyers

  • Prénom : Adrix

  • Titre  : Andouille miniature, Moulin à paroles, Fauteur de troubles... ou Mage Fou

  • Âge :  26 ans

  • Camp : Congrégation de l'Ombre

  • Monde d'Origine : Cité du Crépuscule

  • Race  : Mage Noir

  • Grade désiré : Commandant ? Seigneur si la chance me sourit ?




Physionomie


Quand vous entendez le mot "mage" quelle est la première image qui vous vient à l'esprit ? Sans doute celle d'un vieil homme dont la longue barbe blanche s'occupe de dépoussiérer le plancher dans son sillage ne tarde-t-elle à apparaître à vos yeux ébahis. Et bien dans le cas d'Adrix ce n'est... Pas ça du tout.
Point de barbe ou de stature imposante pour marquer son statut, notre gaillard attire le regard plus par sa petite taille que par son charisme animal. En un mot comme en cent, c'est une crevette dont la carrure en part avec celle d'un moustique ne dépasse que péniblement le mètre 60, chapeau pointu inclus. Ajoutez à cela une démarche dandinante au diapason de cette allure que l'on qualifiera de compacte et vous comprendrez aisément pourquoi notre personnage a souvent eut du mal à être prit au sérieux.

Adrix est difficile à décrire, en cela que décrire son corps s'avère totalement futile : son accoutrement farfelu est tel qu'il faudrait une loupe pour trouver la moindre parcelle de peau exposée. Mais tout de même, enlevons cette étouffante carapace de tissu pour s'intéresser un peu au gnome à l'intérieur. Pour voir un peu ce qu'était Adrix avant que sa vie ne bascule...

Au delà du fait qu'il est une personne verticalement en difficulté, la première chose qu'on remarquait jadis chez notre zéros c'était son teint. Point de bronzage ou de halo blafard, ici la mode est plutôt au bleu. En effet notre magicien de poche arbore une pigmentation en part avec celle des stroumphs, à savoir un joli bleu ciel qui n'est pas sans rappeler celui du ciel d'où tombe sa foudre.
A cause de sa magie et du sang coulant dans ses veines, Adrix a vu sa croissance figée lors de ses premiers printemps, tant et si bien que malgré son âge respectable son visage a conservé la candeur de l'enfance. Traits ronds et joues rosées sont autant de marques d'une innocence pourtant perdue depuis longtemps. En effet, son quotidien difficile à laisser des traces indélébiles sur sa peau de bébé, et le plus visible d'entre tous n'est autre qu'une large cicatrice en forme de croix qui décore joliment le milieu de son front. Si le parallèle avec un certain magicien à l'éclair parait évident, les points communs s'arrêtent là. En effet cette plaie ci n'est que la plus flagrante parmi toute une collection dont les démangeaisons régulières servent de rappels à une époque pourtant oubliée. Pire encore, son utilisation des arts obscurs a commencé à avoir des répercussions sur son corps. Ses petites canines se sont allongées, devenant plus pointues que jamais, tandis que son épiderme est devenu horriblement sensible, au point de se corroder en cas de contact prolongé avec la lumière du jour.

Au sommet de cette jolie petite tête trône une tignasse de cheveux que les pouvoirs arcaniques se sont fait une joie de décolorer au fil des ans. Ne reste plus qu'une blancheur impeccable, dépouillée des reflets et nuances qui donnaient jadis de l’éclat à sa chevelure. Cet ensemble capillaire qui n'a plus connu de peigne depuis la nuit des temps se résume à un amalgame chaotique de mèches qui s'entremêlent en un ballet presque vivant, remuées qu'elles sont au moindre tremblement magique qui secoue leur propriétaire.

Mais plus que son teint, ou même sa taille, ce qui marquait chez Adrix, et qui marque encore d'ailleurs, ce sont ses yeux. Deux larges mirettes dorées où brille une lueur où magie et intelligence viciée se mêlent en un harmonieux tourbillon flamboyant. La mana qui pétille en son sein apparaît dans toute sa splendeur au travers de son regard, qui n'est guère plus aujourd'hui qu'une lampe torche ambulante. Et si les émotions passent difficilement au travers d'un cercle de lumière, les subtiles changements de couleur se chargent de faire transiter son ressenti. Ainsi, si le violet traduit un amusement sadique, le rouge est souvent synonyme d'orage en approche.

Maintenant, afin de ne pas choquer davantage vos petits yeux pudiques, mettons quelques vêtements sur ce corps de moucheron. La tenue de notre magicien est… un bordel de longues vestes bleues qui volent au vent dans tous les sens pour rajouter un aspect dramatique à la moindre pirouette.  Ajoutez cela une robe usée aux teintes brunâtre et la gemme magique sertie sur son poitrail et vous aurez une petite idée du costume quasi caricaturale qu’Adrix s’est confectionné. Mais ce ne sont pas ces éléments sur lequel votre regard va s’attarder, non. Pas même sur les bandelettes de lin qui recouvrent ses bras et ses mimines, ou même sur la corde grossière qui lui sert de ceinture. Non, ce sur quoi vous allez bloquer, c’est son chapeau de pointu et ce col qui ridiculement long, tant et si bien que de son visage caché dans l’ombre il ne transparait que ses yeux luminescents.

En matière de combat les prédispositions d’Adrix sont évidentes. Ses muscles atrophiés et sa stature risible ne lui permettent pas de concourir dans la cour des lutteurs. Bigre, c’est tout juste s’il pourrait rivaliser avec un adulte lambda ! Mais l’élu d’Orochi compense sa faiblesse flagrante par une immersion profonde dans les arts occultes. La magie coule dans ses veines comme une seconde nature, un don naturel qu’il n’a eut de cesse d’étudier et de maturé depuis son enfance. Et le don de la foudre du démon à 8 têtes n’a fait qu’amplifier ses talents, changeant ses piètres performances d’antan en un domptage du tonnerre. Lors d'un affrontement, il utilisera cette capacité pour bouger à toute vitesse, narguant ses proies tout en faisant pleuvoir les coups de foudre, au sens propre.




Psychologie


L'univers est vaste, et sa population l'est tout autant. Certains sont gentils, d'autres le sont moins et enfin, plus bas sur la longue échelle du karma se trouvent ceux dont le cœur s'est laissé racornir par leurs sombres désirs. Rien qu'avec ce petit monde, il y a de quoi remplir une bien belle fresque, si complète à vrai dire qu'on peut presque y caser tout le monde. Il existe pourtant un dernier groupe, une minorité qui vit à l'écart de cette mesure : ceux pour qui la notion même de moralité est étrangère. Des individus aux yeux de qui les ténèbres ne sont pas plus sinistres que la lumière et dont l'esprit est gangrenée par la pire des corruptions : La démence. Une folie libératrice qui les a dépouillés du poids qu'est la raison pour ne laisser qu'un être de pur instinct. Bien et Mal, Justice et Principes ne deviennent alors guère plus que des mots creux, des paraboles vidées de leur signification par le chaos qu'est devenu leur esprit.

Et c'est évidement à cette ultime catégorie qu'appartient notre petit magicien.

Au premier abord, Adrix a pourtant l'air bien innocent. Joyeux et rieur, son attitude candide rappelle les belles années de l'enfance où les journées n'étaient que jeux et distractions. Sa compagnie en devient d'ailleurs amusante : Il joue volontiers, offre des sucreries ici et là et semble toujours partant pour une bonne tranche de rigolade. Vraiment, on ne pourrait lui reprocher qu'une tendance un peu trop prononcée pour les farces douteuses et un humour lourdingue, souligné par un important débit de paroles. Mais ne sont-ce pas là que des tares qu'on pourrait attribuer à tous les enfants de l'univers ? Bigre, sa taille semble même en parfaite corrélation avec ce comportement immature, n'est-ce pas ?

Et bien le problème est justement là. Adrix n'est plus un enfant. C'est un esprit fracturé que la magie et le pouvoir d'Orochi ont perverti. La vie n'est qu'un jeu aux yeux de celui qui a perdu pied avec la réalité. Rien n'est important, tout n'est que prétexte au rire. Pour protéger sa psyché fragilisée, le mage s'est enfermé dans une vision illusoire de l'existence, un retour en arrière où tout n'est qu'amusement et plaisir. Les pires atrocités se changent alors en plaisanteries bénignes, les catastrophes se muent en autant de sources d'hilarité morbide. Et par extension, vous, qui peuplez ce monde imaginaire, êtes ses jouets, des poupées dont il peut disposer à loisir. Et dont il peut se débarrasser dés lors qu'il s'en est lassé. C'est dans cette conviction que la démence d'Adrix prend racine. Comme un enfant, il cherche à s'amuser, à se distraire, mais sa perception du "fun" a été à jamais distordue.

Parce que les règles sont des restrictions, des brides limitant la démesure du jeu, amusement et chaos se sont mêlés dans son mental fracturé. De jeune homme plein de bonne volonté, le manipulateur de foudre est devenu un agent de l'anarchie, un chef d'orchestre du désordre et de l'absurdité qui en résulte. Il en a fait sa raison d'être, une pratique élevée au rang d'art dont lui seul peut percevoir la beauté primaire. Cela ne veut pas dire qu'il fera systématiquement le mal, mais que, comme un gosse, il en est capable tout aisément que de faire le bien. Tout dépend de ce qui le distrait le plus...
Peu lui importe les conséquences de ses actes. C'est un "enfant", et les enfants sont d'une nature cruellement égoïste. Tout lui convient tant qu'il s'en amuse, le chagrin infligé à la population n'est qu'un problème mineur. Non, en fait c'est même plutôt un bonus. Parce que rien n'est plus drôle pour un amuseur que de provoquer une réaction de la part de son auditoire. Et qu'existe-t-il de plus grandiloquent qu'une âme ruinée ? Qu'un esprit brisé ?  
Le sourire radieux qui se dissimule derrière son masque devient alors porteur d'une autre signification... Là où on pensait voir de la jovialité se loge en fait du sadisme, un plaisir malsain arraché à la misère d'autrui. Pourtant il a l'air d'en tirer une joie si gamine qu'on a du mal à croire qu'il agit par malice. Peut être alors est il motivé par un désir inconscient de ramener les autres à son niveau. Parce qu'il a été infligé avec cette malédiction qu'est la folie, il ressent ce besoin presque charnel de se trouver des semblables, ou par défaut, de s'en créer. Et si son ethnie se résume désormais à la folie qui l'habite, alors il plongera les autres dans le même vortex de déraison.

Car Adrix est seul, terriblement seul... Une des conséquences de sa folie est que sa mémoire est devenue fondamentalement instable. En d'autres mots, il ne se souvient plus de qui il était avant de basculer, et ses souvenirs, même de la veille, tendent à disparaître et réapparaître à leur gré. Ne reste que des impressions diffuses, des ressentis envers les gens qu'il ne saurait expliquer lui même mais qui se sont simplement ancré quelque part dans son cœur. Du coup, il est devenu horriblement difficile pour lui de se trouver de la compagnie, tant à cause de son comportement psychotique que parce qu'il risque d'oublier les rares proches qu'il aurait su s'attirer. C'est cette mémoire vacillante qui est la principale cause de son comportement un brin sociopathe : Comme il ne peut se remémorer, il ne peut se construire. Il est bloqué dans cette espèce de fausse enfance comme dans une spirale insupportable, incapable d'évoluer. Et comme ses besoins et pulsions naturelles ne sont plus ceux d'un bambin, les choses ont rapidement dégénérées. Il a développé une arrogance de façade pour masquer son insécurité, et, comme un môme hypersensible, peut changer d'humeur pour un rien, surtout lorsque mit en face de sa propre déchéance psychique.

Il ne lui faudra pas grand chose pour réussir à retrouver sa stabilité de jadis, un peu de patience et d'affection sont tout ce dont son mental en bouillie à besoin pour cicatriser, mais dans son état, il chasse à son insu tous ceux prêts à l'aider. Il n'est pas méchant de facto, il est surtout victime d'un mélange de chagrin et d'influence démoniaque ayant utilisé sa gentillesse d'antan comme terreau pour s'implanter durablement. Il ne sait plus qui il est ou même ce qu'il est, et il réagit mal face à l'inconnu.

De part sa personnalité enfantine et son instabilité profonde, on aurait tendance à croire qu’Adrix est stupide. Et si au premier abord il a bel et bien l’air d’un parfait abruti, la vérité est toute autre. Après tout, on ne peut pas utiliser la magie sans une bonne dose de cervelle, et le petit mage dissimule un joli paquet de neurones derrière sa frimousse de momie. Son état déplorable n’a pas affecté ses compétences de jadis, il les a plutôt… réorientés. De la pire façon qui soit. Ce qui était jadis une curiosité pour les arts occultes c’est changé en fascination. Il veut en savoir plus, il veut creuser encore et encore dans les profondeurs de cette magie si indomptée, si agréablement chaotique de nature. Il veut arpenter les secrets les plus perdus de la magie noire, et ce même si quelques dégâts collatéraux sont nécessaires. Il y a juste quelque chose dans les explosions qu’il peut provoquer qui l’amuse et l’hypnotise au plus au point. Tellement même que si une partie des détails lui échappe régulièrement, son cerveau imprime la majeure partie de ses découvertes, outre classant ses soucis mémoriels haut la main. Et ne vous y méprenez pas, il est horriblement créatif en la matière. On pourrait le qualifier de génie, mais cela impliquerait un certain contrôle sur ce qu’il fait. Non, c’est plutôt un givré qui a reçu l’intelligence pour avoir les moyens de ses ambitions démesurées. Et dieu sait quelle étrange machinerie potentiellement explosive il pourrait sortir de sa poche un de ces jours.





Histoire


La suffocante obscurité d'un ciel noir comme la suie, dépouillé de ses étoiles et de sa lune, voilà ce sur quoi s'ouvraient une fois encore les yeux ambrés d'Adrix. Il était étendu au milieu d'une plaine aride, respirant cet air poussiéreux, se demandant comment il avait pu se retrouver en un pareil endroit.



Ici, la chaleur étouffante disputait à l'odeur nauséabonde de putréfaction la place de souverain incontesté, sous le regard amusé de cette voute céleste couleur d'ébène, qui planait comme une ombre inquiétante au dessus de sa tête. Ce duel invisible agressait ses sens, brûlant sa gorge et ses sinus comme s'il inspirait du souffre. Pendant plusieurs interminables secondes, le petit mage restait là, immobile, priant pour que tout disparaisse. Mais il savait pertinemment que cette comédie sinistre ne s'arrêterait pas tant qu'il ne l'aurait pas menée à son terme.
Et lorsqu'enfin il se décidait à se lever, le spectacle s'offrant à lui n'était guère plus engageant. Il n'y avait pas de mot pour décrire l'oppressante sensation qui se dégageait de cette étendue desséchée, engloutie par les ténèbres. Pas un bruit, pas le moindre petit son ne venait déranger sa promenade, sa propre respiration se muant en vacarme tandis que les battements de son cœur résonnaient comme un tambour. La seule source de lumière venait d'une succession de lanternes à la lueur vacillante, baignant les alentours dans une teinte vermillon. Ici et là se dressaient des rochers aux dimensions titanesques dont les formes hasardeuses évoquaient quelques pierres tombales primitives. Sur leur surface étaient maladroitement gravés dans divers langage ce qu'Adrix devinait être des noms. Des dizaines et des dizaines de noms. Les rares qu'il parvenait à déchiffrer étaient tous des patronymes de femmes... Charmant... Mais ce détail avait perdu son impact depuis longtemps aux yeux du petit bonhomme à la peau bleue.

En avançant au hasard, il finissait par remarquer que les lanternes dessinaient en fait un chemin parmi les ombres, un sentier au bord duquel fleurissaient des pousses aux pétales d'un vert profond, presque minéral dans son étrange beauté. Non, ce n'étaient pas des plantes, c'étaient des écailles. Une infinité d'écailles qui s'étendait à perte de vue pour former cette peau serpentine sur laquelle il n'avait d'autre choix que d'avancer. Il était en train d'escalader un monstre aux proportions absurdes.
Et quand enfin Adrix arrivait au bout de cette interminable ascension, c'était pour se retrouver nez à nez avec Lui. Une présence si titanesque que les mots lui manquaient. Qui était-il ? Que voulait-il ? Le mage en herbe n'en avait pas la moindre idée. Cette... chose, quoi qu'elle puisse être restait dissimulée dans l'obscurité. Seuls transperçaient le voile d'ombre deux grands yeux écarlates à la rétine fendue, si gigantesques que le petit homme se reflétait dans leur immensité. Et ce colosse invisible l'observait, le toisait de toute son immensité sans dire mot, dans un face à face semblant durer une éternité. Le souffle rauque de la bête, origine de la puanteur, caressait la joue d'Adrix, manquant de lui faire tourner de l'oeil. Et puis... Les choses devenaient étranges. Enfin plus étranges. Une voix sinueuse se faisait entendre, lourde, imposante, mais aussi incompréhensible, comme si le monstre parlait à travers de l'eau. Soudain, un cri frustré lui perçait les tympans et subitement...

La lumière du jour perçant à travers ses volets, le doux contact du matelas, les bruits mondains de la ville s'éveillant au matin, voilà le joyeux accueil que lui offrait le retour à la réalité. Et en prime, il était gratifié d'une belle migraine, comme pour le convaincre que le stresse ressentit face au prédateur géant était bien réel. Beeerg... Il se sentait toujours lessivé au réveil.

Combien de fois avait-il déjà fait ce rêve ? Non, ce cauchemar ?

Cela faisait plusieurs mois qu'il était comme poursuivi par ce songe angoissant. Au début, il ne le faisait que de temps en temps, puis le rythme s'était accéléré jusqu'à ce qu'il en subisse les affres presque un jour sur deux. A chaque fois le déroulement était le même, mais il peinait à s'habituer à cette horrifiante confrontation finale. Il s'y sentait juste si... minuscule ! Enfin, plus encore qu'au quotidien.

D'où est-ce que ça pouvait bien venir ? Il n'avait jamais eut ce genre de problème auparavant... Et ce n'est pas comme s'il y avait dans son passé un quelconque drame grandiloquent qui aurait pu le justifier. Fils unique d'une famille modeste dans ce monde à l'éternel crépuscule, son parcours avait été d'une ennuyeuse banalité. Pas de parents disparus, de comportements abusifs, pas même un frère avec lequel se chercher des poux quotidiennement. Juste un train train paisible où le plus grand dilemme s'avérait choisir la marque de céréales à prendre le matin.
Oh, sûr, sa petite carrure lui avait attiré les moqueries de ses camarades de classe, jusqu'à ce qu'il se découvre quelques affinités avec la sorcellerie. Un petit sourire se dessina sur son visage à cette pensée. Ca avait été une bonne journée : il avait "accidentellement" embraser le sac de cet emmerdeur qui le bousculait sans cesse en cours de gym ! Il était bien le seul à trouver ça hilarant sur le moment. C'était presque une tradition chez les siens que de s'engouffrer dans la voie des pouvoirs arcaniques. Ses études avaient alors été réorientées pour faire fructifier ses talents. Et tout naturellement c'était dans cette branche surréaliste qu'il avait pu s'épanouir. Enfin façon de parler. Sûr, ses résultats étaient bons, mais il n'en tirait pas plus d'excitation que ça. En fait, à sa grande honte, il avait adopté une attitude plutôt passive sur l'ensemble de sa vie, se contentant sans doute par paresse ou cynisme de suivre le courant. Il avait le talent, mais manquait de volonté pour en extraire tout le potentiel.

Après un bâillement à s'en décrocher la mâchoire, son regard balaya la petite chambre encore plongée dans la pénombre. Il s'était installé dans ce petit appartement récemment et l'endroit manquait encore cruellement d'effets personnels. C'est tout juste s'il avait un poster accroché et une photo sur sa table de chevet. C’est alors qu’un bruit en provenance de la pièce voisine le tira hors de sa rêverie semi-éveillée. Une petite voix scandait d’un ton autoritaire :

- Viens manger !

Et c’est en trainant les pieds que le petit mage se rendait à la cuisine pour contempler la seule chose qui éloignait de son esprit ses cauchemars à répétition. Celle qui se tenait au moment même au milieu de la pièce et le toisait de ses yeux émeraudes faussement autoritaires mais pétillants d’énergie. A peine plus haute que lui, emmitouflée dans son pyjama rose bonbon, Leba, sa fiancée l’invitait à prendre sa place à table.



Cela faisait plusieurs années qu’il fréquentait ce charmant petit bout de femme. Ils s’étaient rencontrés durant un cours de sorcellerie, presque par hasard, et voilà qu’ils s’installaient ensemble désormais. Pourtant, tout les séparait à l’origine. Elle était aussi énergique qu’il était affable, immature là où Adrix était terre à terre, expressive et romantique tandis que lui avait toujours feint le détachement, bref, deux opposés qui avaient finis par se compléter à merveille. Une belle petite histoire qu’il avait encore du mal à croire. Elle avait su tirer le meilleur de lui... Et de son côté il n'avait jamais autant progresser que depuis qu'elle était à ses côtés. Assurer en magie lui donnait un moyen facile de se pavaner un peu auprès de sa moitié, et le petit sorcier avait toujours eut un ego boursouflé.

-Tu as bien dormi ?

Adrix avala péniblement sa bouchée de céréales. Pourquoi fallait-il toujours qu’elle pose cette question ces derniers temps ? Se rendait-elle compte de son sommeil agité ?

- Ca peut aller. *Crounch crounch*

Il avait préféré ne pas lui parler de ce rêve farfelu... A quoi bon ? Cela n'aurait fait que l'inquiéter pour pas grand chose. C'était juste un cauchemar, il pouvait s'en débrouiller, il n'était plus un enfant. Bon, il en avait l'apparence, mais ce n'était pas sa faute si la croissance des leurs s'arrêtait à un stade juvénile.
La moue boudeuse de Leba lui indiqua qu'elle ne le croyait pas vraiment, mais elle était trop gentille pour insister sur le sujet. Adrix n'aimait pas lui mentir. Principalement parce qu'elle le perçait systématiquement à jour en une poignée de secondes. Mais alors qu'il baissait son regard éteint vers son bol, son sang se glaça le temps d'un battement de cœur, manquant de le faire basculer en arrière.

C'était ridicule, complètement ridicule. L'espace d'une seconde, là, entre le lait et les corn flakes il aurait juré avoir les avoir vu : Ces maudits yeux écarlates qui hantaient ces songes, l'observant avec l'ire d'un prédateur.

*C'est pas vrai !*

Et ce mal de tête qui revenait à la charge, plus mordant encore qu'à son réveil. Son cauchemar était en train de se changer en hallucinations dans le monde réel ?! Une pensée terrifiante lui traversa l'esprit... Et s'il était tout simplement en train de perdre la raison ?

-Adrix... ca va ? Tu es tout pâle.

La voix inquiète le tira de sa contemplation. Il ne s'était pas rendu compte qu'il affichait une mine horrifiée depuis plusieurs secondes, menaçant du regard un bol de lait à moitié rempli de céréale toutes molles, une goutte de sueur perlant sur le front.

- Euh - Oui oui, je m'étais endormi sur place. Ne t'en fais p

La fin de sa phrase disparu dans sa gorge lorsque la frimousse de la petite magicienne se rapprocha de la sienne, une flamme farouche dans les yeux. Elle n'avalait pas un traître mot de cette excuse, et c'est un Adrix aussi rougissant que mal à l'aise qui tentait de se faire tout petit. Il avait beau être le plus costaud des deux, les colères de Leba étaient terribles !

Elle s'apprêtait à l'engueler quand une ombre se projeta sur son faciès. Pas une expression d'effroi, une ombre littérale, comme si la nuit était tombée tout à coup.

- H-huh ?!

Adrix se précipita à la fenêtre. La nuit ne pouvait pas être tombée subitement pour la simple et bonne raison qu'il n'y avait PAS de nuit sur ce monde. Tout n'était que perpétuel crépuscule, une pénombre orangée aussi lassante que magnifique.
Et pourtant il était là. Ce ciel noir de suie, si terriblement comparable à celui qu'il fuyait chaque nuit. Un océan de ténèbres ayant avalé jusqu'aux étoiles, ne laissant que les pâles lumières de la ville pour percer le voile d'ombre. Ces lumières qui aujourd'hui paraissaient bien trop proches de lanternes aux yeux d'Adrix. Il n'aimait pas ça, il n'aimait pas ça du tout. Et Leba semblait partager son émoi, elle fixait cette voûte céleste morte avec une inquiétude non dissimulée.

Il y avait une différence majeure avec son rêve cependant. Là où son cauchemar n'était que silence insupportable et vide presque néantique, ici, il y avait des bruits au loin. Beaucoup de bruits même. Et pour la première fois Adrix se surpris à regretter le mutisme de son bourreau reptilien. Le son métallique des lames qui s'entrechoquent, et les cris de vaincus répondant à l'ire des triomphants. Ici et là, des explosions magiques venaient confirmer ce que le magicien de poche supposait déjà : Une guerre ! Quelqu'un était en train de se battre au cœur de la cité, et l'envahisseur avait jeté une terrible malédiction sur cet endroit. Et si les choses continuaient ainsi...

- Prends tes affaires ! On s'en va !

Il n'avait même pas besoin de le dire, elle était déjà en train de préparer son matériel quand il se retourna dans sa direction. Sans plus attendre, Adrix s'empara de ses propres effets personnels : Sa tenue de jeteur de sorts et son bâton seraient peut être ce qui les maintiendrait en vie dans l'enfer qui s'approchait. Car le futur dément n'avait pas le moindre doute : Qui que fut ce mystérieux assaillant, il avait déjà gagné. Et il fallait fuir. Fuir le plus loin possible des griffes assassines de ceux ayant pu masquer jusqu'au soleil. Même si il brûlait du désir d'aller voir tout ça de plus près, il ne risquerait pas la vie de sa future femme pour satisfaire sa curiosité malsaine.

Mais alors qu'il ajustait son chapeau, il remarqua un objet qui n'aurait pas dû se trouver là. Posé simplement sur sa table, à côté de sa vieille photo de famille, un cristal étrange pulsait avec fureur. Le pouvoir qui émanait de ce joyau n'était pas comparable à tout ce qu'Adrix avait pu observer à ce jour. Cependant, à l'instant même où il en effleurait la surface du bout des doigts, les yeux écarlates apparurent dans son esprit, brillant d'une hilarité cruelle, tandis qu'un vent glacé parcourait ses veines. Sans demander son reste, le magicien retira sa main.
Cette chose n'était pas de ce monde. Elle dégageait une aura sinistre et puisait sa puissance dans une source si obscure que même la folle imagination du magicien ne lui permettait pas d'en sonder les profondeurs. Un simple contact avait suffit à lui faire comprendre le danger que ce cadeau mystérieux représentait.
Oui, il y reposait sans doute un pouvoir dépassant de loin tout ce qu’il ne pourrait jamais atteindre, mais il eut été naïf d'imaginer qu'un tel don ne serait pas sans conséquences. Pour un être comme Adrix, en qui la magie coulait au même titre que le sang, ce genre d'artefact maudit devenait particulièrement menaçant. Le mana faisait partie intégrante de son être, de son identité. S'il venait à se laisser entacher par cette puissance corrompue, alors dieu seul savait quelles conséquences cela pourrait avoir sur sa psyché. Dans le pire des cas, il pourrait être complètement dévoré par le maléfice.
Une voix familière le pressa derrière la porte.

- Depeche toi ! Le vacarme se rapproche !

-J-J'arrive ! Une minute !

- Et dire que tu te plains quand je met trop de temps à me changer


-C'est pas le moment >>" !

Que faire ? Il aurait préféré laisser cet objet damné à sa place, mais pouvait-il vraiment se le permettre ? Cette... chose, n'était pas arrivée entre ses mains par hasard. Il se pourrait qu'il ait besoin de cette force pour affronter les évènements à venir. Et s'il l'abandonnait, quelqu'un d'autre pourrait s'en emparer. Il n'avait pas vraiment d'autres choix. Mais hors de question de transporter une magie si "radioactive" sans protection. Récupérant un vieux manuel dans son armoire, Adrix en retira une poignée de morceaux de papiers sur lesquels étaient gravées quelques nébuleuses incantations. En les disposants sur ce joyau, il enfermerait ses pouvoirs, et son influence néfaste, dans une prison scellée.
Mais tandis qu'il quittait son appartement flambant neuf pour le refuge de la forêt, le magicien ne se rendait pas compte qu'il venait, par ce simple geste, de faire le premier pas sur la route qui le changerait en véritable monstre...





La terrible nouvelle ne tarda guère à se répandre de part le monde : une organisation, la Coalition Noire, s'était emparée de la Cité du Crépuscule. Cette sinistre mafia avait jeté un voile de ténèbres sur toute la planète, remplaçant leur cher crépuscule par un soleil noir, hostile, terrifiant. Ils n'étaient ni plus ni moins que des bandits, une bande de malfrats gavées de pouvoirs abusant de leur force au travers d'un joug tyrannique. Sous leur dictature, la ville autrefois joyeuse ne tarda pas à se muer en une crypte du désespoir où chacun se terrait pour sa survie. Des légions de sans-cœurs, des créatures assoiffées d'émotions humaines, avaient été lâchées pour traquer les plus récalcitrants, dévorant sans retenue quiconque tombait entre leurs griffes. Ceux qui choisissaient de se soumettre se voyaient dépouiller tant de leur liberté que de leur bonheur, ne devenant guère plus que de la main d'œuvre renouvelable à souhait.
Adrix et Leba avaient préférés fuir ce joug autoritaire plutôt que de se soumettre. Ils avaient d’abord cherché refuge dans leur école, avant de se rendre compte que l’endroit était lui aussi tombé aux mains ennemies. Alors, en désespoir de cause, c’était dans la forêt aux abords de la ville qu’ils se cachaient, fuyant les patrouilles dans l’espoir de croiser un certain groupe rebelle dont la réputation grandissante ramenait un semblant d’espoir. Hélas, après plusieurs mois de vagabondage, ils n’avaient toujours pas eut cette chance.
Au départ, les sans-cœurs étaient suffisamment faibles pour que le couple de magiciens puisse s’en débarrasser sans peine, mais plus l’endroit était-il vidé de sa joie, plus leur population augmentait rapidement. Les ténèbres semblaient avoir contaminé jusqu’au cœur du monde.  L’approvisionnement était difficile, se basant tant sur le larcin que sur la générosité de ceux restés en ville. Plus le temps passait plus il devenait délicat de manger à sa faim. Tant et si bien qu’en cette triste soirée, il n’avait guère plus qu’une boite de haricots et un feu de camp pour occuper leur esprit. Leba agitait les braises du bout de son bâton, trompant son ennui en devinant des formes dans les volutes de fumées.

- … Tu penses que tout ça va finir par se terminer ? Avec l’hivers qui approche

- Mais bien sûr ! Hors de question d’y passer avant que tu m’ais offert ce gâteau que tu m’avais promis !

Il leva les yeux vers ce ciel éternellement noir. Cette nuit éternelle était plus éprouvante pour les nerfs qu’il ne l’aurait cru les premiers jours. Les ténèbres envahissantes donnaient la sensation d’être constamment épié depuis les ombres. Et il commençait à oublier à quoi ressemblait la lumière du soleil à dire vrai.


- *Soupire* Moi qui espérait que la fin du monde serait une bonne excuse pour échapper à la dépense.

-Hmf ! Même pas en rêve mon grand ! Il faut plus que l’apocalypse pour me faire refuser au sucre !

La touche d’humour arracha un ricanement jaune au bonhomme à la peau bleue. Elle était toujours plus enthousiaste et positive que lui dans cette histoire, et pourtant il savait bien qu’elle était la plus terrorisée. Elle pleurait toutes les nuits dans son sommeil, accablée de ne pouvoir revoir ses proches, ou même simplement effrayée à l’idée d’une nouvelle attaque de sans-cœur. Elle n’était pas une combattante, ce monde hostile ne lui convenait pas. Adrix lui avait proposé plus d’une fois de retourner vivre en ville, quitte à ravaler sa fierté et à faire profil bas, mais elle préférait encore la misère à la soumission. Un noble sentiment qui finirait peut être pas les tuer tous les deux mais que le magicien en herbe désirait protéger par-dessus tout.
Son regard se porta vers la sacoche où était rangée cette maudite perle. Oui, il voulait protéger Leba, et cette chose était le seul moyen. Plus les ennemis devenaient puissants, plus il se voyait obliger d’alléger le sceau bloquant les capacités de cette pierre maudite. Et les effets ne se faisaient pas attendre. Si la demoiselle déprimait à chaque sommeil, Adrix, lui, avait presque arrêté de dormir.  Il suffisait désormais qu’il ferme les yeux un instant pour que le monstre lui apparaisse, chaque fois un peu plus proche. Cette bête hideuse était en train de prendre pied dans son esprit, il le sentait. Et cela affectait sa mémoire. Il avait de plus en plus de mal à se remémorer des détails de son passé. Il lui arrivait même d’oublier ce qu’il avait mangé une heure plus tôt… Et en toute franchise, il ne savait pas combien de temps il lui restait avant que le processus ne l’engloutisse complètement. Qu’arrivait-il s’il se décidait à retirer l’ultime protection qui maintenait cette puissance à baie ? C’était à la fois si tentant et si terrifiant… Quand il puisait dans les réserves du cristal, il se sentait bénit d’une force au-delà de tout ce qu’il n’avait jamais pu expérimenter jusqu’ici, un don qui dépassait de loin les siens. C’était un afflux de mana grisant par son intensité, et presque séduisant dans sa noirceur. Et toutes ces nuits blanches commençaient à affaiblir sa volonté…

*Crac*

En un battement de cil, Adrix s’empara de son bâton et le pointa en direction du bruit qui… s’avéra être simplement Leba qui venait de s’endormir sur place, épuisée par leur journée en quête de nourriture. Soulagé, le mage laissa échappa un petit soupir d’aise, laissant son regard se promener sur ce doux visage assoupi. Il passa délicatement une main dans ses cheveux, le coeur lourd à l'idée qu'il pourrait bientôt disparaître. Si ce pouvoir finissait par le consumer, alors la malheureuse se retrouverait seule dans un monde hostile. Pire, il pourrait en venir à la blesser lui même, et cette seule pensée lui était insupportable. Dans un murmure, il laissa tomber ces quelques mots.

-Je suis désolé...

-Qu’il est amusant de voir combien cette femelle te rend vulnérable~

Son sang se figea, son cœur loupa un battement alors que la voix sifflante venait de résonner à ses oreilles. Oh non.

-Qu’y a-t-il ? Tu ne ssssalut pas ton sauveur ?

Ne sachant que faire, le magicien éploré se retourna, serrant sa prise sur son arme de fortune. Mais tout espoir de résister l’abandonna lorsqu’il se retrouva nez à nez avec Lui une fois de plus. Deux grands yeux écarlates qui riaient de sa terreur palpable, aussi gigantesques que le premier jour, mais si prêt qu’il aurait pu les toucher. Ce n’était pas Leba qui s’était endormie, c’était lui ! Mais pourquoi ? Mais pourquoi son rêve se trouvait-il encore au feu de camp plutôt qu’à la plaine désolée habituelle ? Et pourquoi parvenait-il à comprendre ce que disait le monstre cette fois ? La voix moqueuse ne lui était jamais parvenu jusqu’à maintenant.

-Tu sembles pouvoir m’entendre cette fois, petite créature~

Le mage n’arrivait plus à réfléchir, son mal de crâne avait atteint des proportions jamais égalées jusqu’alors. C’était comme si une ruche c’était installée dans son crâne ! Dans un geste d’effroi, Adrix voulu reculer, mais à peine avait-il esquissé un geste que les yeux s’étaient volatilisés pour réapparaître juste derrière la demoiselle endormie. Il la reniflait avec une délectation répugnante. Tant par colère que dans un geste de protection, le gaillard haut comme trois pommes voulu invoquer un Brasier, mais les flammes refusèrent d’apparaître.

-C’est donc ainsi que j’aurais du m’y prendre depuis le début. Les mœurs des mortels me paraissent si étranges…

-Q-Qui es-tu ?!

Un gloussement ravi fut sa toute réponse. Cette bête semblait se repaître de la crainte qu’elle inspirait. Elle inspira profondément, et les ténèbres autour d’elle se dissipèrent, dévoilant pour la première fois sa véritable apparence : Celle d’un serpent titanesque aux crocs longs comme des lances et aux écailles émeraudes. Ses yeux reptiliens brûlaient d’une majesté et d’une force spectaculaire.

-Je suis Yamato No Orochi ! Le Serpent à 8 Têtes, le Dévoreur, le Tout Puissant. Je suis le Tonnerre, je suis la Mort tombant du ciel !

Le titan reptilien plongea son regard dans celui de son minuscule gibier.

-Et à partir d’aujourd’hui, ridicule petit magicien. Je suis Toi





-Q-Quoi ?

Adrix était dubitatif. Voilà qu’un monstre géant issu de ses rêves et qui lui avait visiblement offert une perle magique chargée de puissance venait de lui annoncer le plus naturellement du monde qu’ils n’allaient plus faire qu’un incessamment sous peu. Alors certes il n’avait pas beaucoup dormi récemment et la fatigue pesait lourd sur sa capacité à raisonner, mais là tout de même ça faisait beaucoup à avaler d’une seule traite !

-Tu me serviras, plongera le monde dans le chaos et la désolation en me ramenant à la vie, et en échange je t’offrirais la puissance que tu désires tant pour protéger cette… chose.

Le magicien serra le poing. Il aurait voulu charger à toute vitesse, faire ravaler ses paroles à ce monstre, mais en toute franchise, il n’avait même pas la force de lever le petit doigt face à un tel colosse.

-Et si je refuse ?

-Je pourrais te dévorer, toi et ta protégée, mais il s’en chargerait lui-même~

Alors qu’Orochi parlait, une autre créature fit son apparition sur la piste. Un sans-cœur aux proportions absurdes, boursouflé de manière grotesque et qui rampait vers la jeune femme endormie, la bave aux lèvres. Sans réfléchir, Adrix bondit au côté de Leba que le bruit venait de tirer de son sommeil.

-A-Adrix ?

-Pas le temps, tire tout ce que tu as !

Il n’eut pas besoin de le lui dire deux fois. Les boules de feu fusèrent sous le museau rieur du serpent géant, mais les projectiles incandescents ne faisaient que rebondir sur cette masse gluante de magma poisseux. Avec un hurlement bestial, le sans-cœur envoya valdinguer le petit garde du corps sans le moindre effort. Sa frêle silhouette heurta un arbre avoisinant avec un craquement douloureux. Il était trop faible, trop épuisé, le plus infime muscle de son corps le faisait souffrir.  

-Elle va mourir si tu ne dépêche pas tu sais~

Il tenta de se relever, quand soudain, une vérité évidente lui traversa l’esprit.

-Ce n’est qu’un rêve !

-En es-tu bien ssssûr~ ? Assis et profite alors~


La bête se traînait mollement vers Leba que le choc avait laissé figée au sol. Dans quelques instants, il bondirait sur elle et l’engloutirait d’une seule bouchée, s’il ne la broyait pas sous sa masse. Adrix aurait pu se convaincre que tout cela n’était qu’une image fabriquée par le monstre pour le manipuler mais… Non. Il ne pouvait pas croire que ce corps tant aimé qui gisait à terre n’était qu’un tour de son esprit. Il n’était pas en train de rêver. Le monstre s’était juste frayé un chemin dans la réalité, sa réalité. Il était une hallucination, mais il n’était pas moins présent. Et la dernière solution pour s’en sortir était exactement ce que désirait ce démon. Mais il était trop faible pour abattre ce sans cœur par ses seuls moyens. S’il hésitait, Leba allait périr sous ses yeux, et lui avec.
Il n’avait pas d’autres choix. Péniblement, sa main se fraya un passage jusqu’à la sacoche qui se trouvait à ses côtés. Il serra la perle damnée dans ses mains bandées, sentant sa puissance palpiter entre ses doigts. Il ne restait qu’un sceau à enlever.

-Arrête !

Il se figea dans l’instant. Leba le regardait avec des yeux noyés de terreur, mais pas à cause du monstre auquel elle tentait péniblement d’échapper, mais à cause de l’artefact que son fiancé s’apprêtait à utiliser.

-M…

-Tu croyais que je n’avais rien vu ? Que je n’avait pas remarqué que cette chose te faisait du mal ?! Que tu perdais peu à peu la tête ? J’ai essayé de la jeter ! De la voler ! Mais elle revenait toujours ! Ne fais pas ça !
Sa voix d’abord farouche s’était changée en supplique larmoyante au fur et à mesure de sa tirade. Alors elle avait remarqué… Bien sûr qu’elle avait remarqué, comment aurait-elle pu ne pas voir son comportement changer ? Elle voyait toujours quand il mentait… Et lui avait eut la naïveté de croire qu’il pourrait lui dissimuler sa déchéance. Elle n’avait pas voulu lui en parler par peur d’alourdir son fardeau sans doute mais maintenant…

-Fais le ! Fais le ou elle mourra ! Deviens mon élu ! Deviens la foudre ! Et elle vivra !

-Je t’en supplie…

Son regard passa de la perle à la créature qui ne cessait de s’approcher de son gibier, frappant l’air pour essayer de la capturer. Serrant le poing, Adrix répondit d’une petite voix, laissant tomber ses derniers mots en tant qu’homme libre.

-Survis ma chérie, je t’aime… Et pardon.

D’un geste vif il arracha l’ultime protection, laissant le plein pouvoir du cristal pénétrer son corps. La sensation grisante du mana envahissant chacun de ses nerfs, chacune de ses cellules le gonfla d’une force nouvelle. Une lumière aveuglante s’alluma dans son regard alors qu’il était engloutit par cette magie au-delà de sa compréhension, il voulu hurler, mais son cri mourut dans sa gorge.  Il pouvait sentir le tonnerre frémir au bout de ses doigts, la foudre se soumettre à ses mots. Le sans-cœur, ayant repéré la nouvelle menace, le chargea avec une fureur bestiale, avant d’être pourfendu par un éclair qui embrasa sa carcasse bouffie dans un grésillement d’étincelles bleutées.
Le monstre s’évapora dans une volute de fumée, mais l’homme qui se tenait là où Adrix se dressait un instant plus tôt n’était plus le même. La perle damnée s’était logée dans sa poitrine, pulsant comme un cœur minéral et translucide. Le mage irradiait d’une puissance nouvelle, aussi malsaine que celle de son nouveau jouet. Et son regard, désormais plus brillant que ce qu’il restait du feu de camp, était vide de toute expressivité lorsqu’il posa les yeux sur une Leba au visage pétrifié d’un mélange de chagrin, de colère et de frayeur pure.

-A… Adrix ?

-Hm ?


Il était totalement dénué d’émotions lorsqu’il la regardait, et les quelques mots qu’il laissa tomber lui transpercèrent le cœur.

-On se connait…?

-M-Mais c’est moi ! Leba ! Pitié ne me fais pas ça ! Adrix !

-Adrix ? Adrix…. Ca sonne bien ça ! C’est mon nom ?

-Mais bien sûr que c’est ton nom enfin ! T-Tu ne te souviens de rien ?

D’un pas lent il se rapprocha de celle qu’il aimait avec sincérité il y a une minute encore, l’inspectant sous tous les traits avant de hausser les épaules. En fait, regarder cette donzelle lui donnait un mal de crâne qu’il n’aurait su expliquer, de même que de violentes douleurs en pleine poitrine. Il aurait pu la vaporiser sur place, en fait, une partie de lui avait envie, poussée par la conscience d’Orochi qui sommeillait dans les tréfonds de son cœur, mais une autre l’en empêchait. Alors, sans prendre la peine de rajouter quoi que ce soit, il commença à disparaître dans un grésillement électrique.

-A-Attend !

Mais il était déjà parti, emporté par la démence nouvelle qui avait germée en lui. Il était devenu un jouet, le pantin inconscient d’une entité démoniaque visant à répandre le chaos au travers de cet élu dont il avait effacé la mémoire et l’identité.
Et personne ne sait où est-ce que le fou a bien pu partir depuis lors…






Questions diverses



1) Votre personnage est-il capable d’aimer, d’avoir une relation ? .
Oui, si on arrive à faire remonter ses souvenirs
2) Si l’esprit de votre personnage s’incarnait en un animal mythologique ou chimérique ou réel (nuances acceptées). .
Une chimère.... ou un chat.
3) Qu’en est-il de la fidélité et de l’esprit de camaraderie de votre personnage ? .
4) En vue de votre race, quand pouvez-vous dire que votre personnage a forgé une amitié. .
Adrix se fait des "amis" très vite... Le problème c'est que ces derniers ne sont pas toujours d'accord avec lui.
5) Quelle est la devise de votre personnage ? S'il y en a plusieurs, donnez les toutes.
« Si c’est fun, c’est juste » « Folie est un mot utilisé par les gens ennuyeux pour parler des amusants »
6) Vis à vis de votre façon d'écrire, quels sont vos points forts et points faibles? .
J'ai un point fort pour la psychologie, mais j'ai du mal avec l'action...
7) Pourquoi incarner ce personnage ? .
Ca peut sembler cliché mais le concept d'un perso semblable m'est venu après un rêve, et après j'ai brodé.





Dernière édition par Adrix le Dim 4 Mai 2014 - 0:41, édité 1 fois
Mage fou

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le Dim 4 Mai 2014 - 0:39
Juste un petit up pour signaler que la fiche est à peu près terminée o/ Il reste surement des fautes (notamment le foirage en haut de la fiche) mais dés que je clique sur éditer, le bout de fin du poste disparaît pour une raison qui m'échappe donc je préfère ne pas y retoucher °^°" J'espère que ce ne sera pas trop grave.

Bonne lecture o/

EDIT : Ah bah on dirait que ça remarche, je vais corriger les fautes qui trainent alors ^^ Mais le gros du texte est là en tout caso /
Le Drapeau Blanc

Feuille de personnage
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le Mar 6 Mai 2014 - 0:21
Salut et bienvenue !

C'est une bien belle fiche, dis-je en ayant lu le physique à peine. En effet avant d'attaquer la lecture du caractère et de l'histoire, je vais commenter ce qui est déjà derrière moi !

"En effet, son quotidien difficile à laisser des traces indélébiles sur sa peau de bébé"

Tu as fait une faute, c'est bien sûr : Son quotidien a laissé.

Et c'est à peu près la seule vraie critique que j'aie à faire sur ton physique. Je n'ai pas remarqué d'autres fautes, et à vrai dire je n'ai pas remarqué d'autres problèmes. Tu es soigneux, tu as beaucoup de style... Y a ce mariage entre une description complète, très claire, et un ton amusant, une véritable originalité dans ta plume.

D'ailleurs on pourrait même dire, et ça je vais un peu spéculer... que c'est presque un peu trop chaleureux comme style. Tu annonces déjà des années très difficiles, une vocation sombre... est-ce qu'un physique atypique te permet d'utiliser judicieusement un style plus loufoque pour décrire cet homme ? Faudrait pas qu'en commençant à lire le caractère et l'histoire, je ne retrouve rien de cette atmosphère détendue, un peu moqueuse...

Seigneur pour le physique.

Le caractère m'a autant plu mais m'a fait un peu peur. Je craignais que tu te limites à une espèce de sociopathe qui adore détruire, qui aime le chaos, etc... Sans dire que tu ne l'as pas fait, disons que tu as complexifié la chose et que tu as su rattrapé l'affaire pour qu'au final, le personnage se révèle plus intéressant qu'il n'y semblait.

Après pour être sincère, je n'ai pas forcément tout aimé.

Donc dans le caractère, tu expliques que ton personnage est un véritable sociopathe... que le bien et le mal lui sont totalement étrangers parce qu'il a été corrompu par la malédiction d'Orochi. Au début j'ai cru qu'il y avait un problème. Je me demandais comment il pouvait bien ignorer ce que sont le bien et le mal, juste en étant corrompus. En effet il lui restait au moins les souvenirs de ces valeurs, me disais-je.
Tu as toi-même donné une explication tout à fait valable : Sa solitude l'a rendu si instable qu'il a très peu de souvenirs. C'est intéressant...
Il est comme un enfant sans souvenirs, joue avec le monde comme avec des jouets... Parfois il s'amuse en détruisant, parfois il s'amuse tout autant en étant "gentil". Pour l'instant ça va... mais voilà que de là, tu dis que c'est cette solitude qui le rend ainsi. Avec des amis, il pourrait devenir quelqu'un de meilleur, se faire des souvenirs..
Et surtout :
"Il n'est pas méchant de facto, il est surtout victime d'un mélange de chagrin et d'influence démoniaque ayant utilisé sa gentillesse d'antan comme terreau pour s'implanter durablement."

Ce n'est pas incohérent mais pourtant j'ai trouvé ça un peu moyen.

Premièrement "il n'est pas méchant de facto" c'est complètement faux. Si on juge ton personnage à partir des faits, parce que c'est bien ce que ça veut dire... il commet des atrocités et s'en amuse, trouve une grande joie à causer de la peine aux gens. Peut-être qu'en lui, tu peux prétexter un bon fond... mais dans les faits, il est dégueulasse.

C'est exactement comme si Ariez parlait de bon fond. Oui c'est vrai, tout n'est pas noir chez elle. Mais dans les faits, elle a causé des milliers de morts et règne par la terreur sur plus de trois mondes.

De plus, ça m'a un peu fait penser à une sorte de pirouette pour t'excuser au préalable si ton personnage s'avère être gentil à certains moments.

Et cette pirouette me dérange assez. J'ai déjà vu ça plein de fois dans des fiches, des cas similaires comme par exemple :

- Un personnage très gentil qui dit que parfois, sa colère explose, et qu'il peut devenir sadique.
- Un personnage très impulsif qui précise vite fait "Mais je suis quand même quelqu'un de réfléchi".

Attention je ne dis pas que c'est incohérent, je dis que c'est un peu trop facile.

Je donne commandant au caractère.

L'histoire... Disons que je suis plus mitigé.

Tout d'abord un détail... mais qui a toute son importance. J'espérais une explication quant au fait que Adrix a la peau bleue. Et finalement, on n'en sait rien alors que c'est pas juste anodin.

Ah et tout Belge te dira que ça s'écrit Schtroumpf ! ^^

L'histoire a la qualité d'être très bien introduite. Le cauchemar est juste très bien écrit, immersif. Il aurait pu être parfait si la dernière fiche que j'aie validée ne commençait pas sa narration par la rencontre avec Orochi, et là en quelque sorte c'est ce que tu fais. Mais attention j'ai tout de même apprécié.

C'est très bien poursuivi. Je ne dirais pas avoir... adoré le personnage de Leba, mais quoi qu'il en soit, j'ai tout à fait adoré le fait que le couple vive en direct l'attaque de la cité du crépuscule par la coalition noire. J'ai trouvé ça intense, l'idée était très bonne. Rapidement on en arrive à une vie de fuite, à cette soirée dans la forêt et à l’émeraude...
J'ai trouvé la partie avec Orochi un peu longuette mais ça va !

Non je n'ai pas de critiques véritables à faire sur l'histoire. Il y a de très bonnes choses, bien que l'ensemble ne soit pas forcément hyper passionnant.

Malgré tout ça reste une très bonne fiche... J'en ai lue assez peu ces derniers temps de ce niveau ^^. Je suis content de te voir parmi nous.

Je donne Seigneur à ton histoire et... ça te permet d'avoir le grade de Seigneur.

Fiche validée et toutes conneries du style.

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