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Lun 3 Mar 2014 - 2:34




La foi ne souffre aucune variation ; sitôt qu'elle dévie de son cours normal, le lit de la rivière qu'elle forme se distord progressivement et assèche le lac de la certitude - le doute, alors, devient une habitude ; il s'impose en régent, le port altier et fier, sur un bien triste trône appelé lassitude. « Ouvrez cette porte. Ne m'obligez pas à mettre fin à cette mascarade moi même. » On avait dépêché Yeul sur les lieux d'un trouble qui, aux yeux des membres du clergé, passait pour insupportable : une poignée de gardes rescapés de l'attaque de la Congrégation s'étaient retranchés dans une petite pièce inoccupée du bâtiment des gardes, où ils se lamentaient tristement dans une litanie de blasphèmes psalmodiés aux airs de gémissements -aussi, on pensa que le secours d'un aumônier pourrait leur apporter, peut-être, un certain soulagement. Mais ils refusaient l'entrée à tout membre du Sanctum, et se terraient là, horrifiés, derrière les murs de leur citadelle de fortune, qui couinait terriblement dans d'affreux grincements de pierre. « Je suis ici pour vous aider -alors cessez de vous cacher et laissez-moi entrer. » Pas de réponse. « Je ne suis pas disposée à me poser sur le perron et patienter. Je vous le répète : ouvrez. » Encore une fois, rien ne vint. « Comme vous voudrez. »

En tous les cas, la prêtresse avait la clé.

L'adolescente ouvrit le verrou et tenta de pousser la porte - s'opposa à elle une résistance inattendue. Elle avait beau forcer, l'ouvrage en bois refusait de bouger. Les pauvres bougres s'étaient barricadés, et, se cachaient encore dans leur abri improvisé. « Je vous demande de cesser. Je ne vous veux aucun mal, alors venez. » Aucun son ne s'échappa de la pièce -pas la moindre amorce d'un début de bruit. La petite Yeul garda le silence quelques instants, et s'enfonça dans la réflexion. Que lui fallait-il faire pour pouvoir leur parler ?

« Les gardes du château sont-ils donc des enfants pleurnichards et gâtés pour ainsi se cacher ? N'avez vous aucune fierté ? » Un puissant crissement de chaise retentit, et, quelques instants plus tard, un visage fatigué, les traits tirés et les yeux massacrés, passa à travers une ouverture accidentelle de la barricade. « Qui vous a permis de nous offenser ? Qui que vous soyez, partez ! » « Et si je vous dis que suis Yeul, prêtresse du haut clergé nommée par le Primarque lui même, et que je me suis déplacée spécialement pour vous aider ? » Une autre voix éclata dans le début de dialogue, hurlante, rauque, et puissante. « On veut pas de vous ici ! Z'êtes un de ces planqués qui respectent rien et qui nous prennent pour des sous-hommes parce qu'on n'a pas les titres que vous avez ! Mais c'est nous qui nous battons, nous qui sommes sur le front : quand vous, les je ne sais quoi du culte, vous regardez bien tranquillement à l'abri du combat, derrière les murs du château ! Vous savez quoi ? Ça nous étonnerait pas si vous nous mentiez depuis l'début et que vous utilisiez les Eternels pour vous engraisser sur not'dos et vous rouler dans l'fric ! Y'a qu'à voir la sape que vous portez, ça brille d'or de partout : et c'est pas justifié ! »

La gamine se perdit dans ses pensées. Elle n'estimait pas le clergé plus qu'eux -mais il lui fallait faire preuve de fidélité. « Ça me dévore les boyaux, puis ça scie mes idéaux ; mais moi, je ne suis que ça, un idiot -pas meilleure qu'un sot ; une perdue qui n'a rien d'un héros. » Elle aurait pu écrire sur sa haine et son dégoût -mais il lui fallait nier, non, il lui fallait se renier, et se faire disparaître : pour ne plus exister, mourir, et se réincarner ; toujours vivre, sans jamais s'affirmer.

« Assez. » Yeul ouvrit les yeux avec violence et fit sauter la barrière d'une décharge psychique sèche. S'il fallait jouer, alors elle jouerait - dusse-t-elle y laisser son honneur et y perdre sa place. « Je peux accepter que vous me méprisiez -mais que vous crachiez au visage des Eternels, ça, je ne peux le tolérer. Si les piliers du Sanctum se mettent à douter, que va-t-il advenir du sort de nos fidèles ? Vous ne pouvez pas vous permettre de dévier du chemin qui vous est destiné -comme je ne peux me dérober à la mission qui m'a été confiée. Insultez moi si vous voulez : je refuse de vous abandonner. » Le garde à la voix grave, le plus téméraire de tous, s'extirpa des débris, et menaça la prêtresse de sa lance, qu'il arrêta sous sa gorge, la forçant à reculer vers un mur postérieur. Il la voulait en position de faiblesse. « Parce que tu crois vraiment qu'on a besoin de quoi ? Je n'ai aucun respect pour les lâches qui ne se battent pas et qui jugent ! Venez au front ! J'aurais bien aimé te voir devant Konan, petite garce ! T'aurais fui le plus loin possible, tu m'entends ? Tu te serais barrée comme l'égoïste que t'es ! » Yeul battit lourdement des paupières et dévoila des orbites calmes comme les mers du sud -noyées dans un iris d'huile, lisse, presque figé. Elle s'était considérablement raidie, et offrait son cou orné à la pointe de la lame ennemie. « Pense ce qui te plaît, ça m'est égal. Mais répond moi plutôt : en quoi la hiérarchie remet-elle en cause la légitimité des Eternels comme créateurs du monde ? » « Comment tu veux que j'continue à croire après avoir vu ça ? Ils nous ont laissés nous faire massacrer ; ils ne sont pas intervenus, ils ne nous ont pas défendus... Non, non, non, rien de rien ! Peut-être qu'ils ont regardé ? Tu veux savoir ce que je pense ? Si ces pseudo dieux existent, ils se marrent, et ils nous ont reniés ! » Il tremblait. De haine, de rage -de quelque chose de fort qui retenait ses jambes et qui armait son bras. Alors, comme pour mener à bien le geste qu'il souhaitait tant exécuter, il planta sa phalange de toutes ses forces dans le corps sans défense de son vis-à-vis.

Et se heurta violemment au blindage solide dressé par le psychisme de Yeul dans un craquement sourd. Elle jouait peut-être, mais jamais sans filet ; aussi, la petite avait pensé qu'il faudrait sans le moindre doute se prémunir d'une action pernicieuse du sinistre garde détourné de sa foi. Ce dernier s'en trouva fort contrarié, et brûla d'un dégoût puissamment renouvelé. La rage dégoulinant de ses deux yeux meurtris, il s'enquit de massacrer la princesse, mais, dans sa grande hâte et son effarement, ne put pas même la toucher -sa colère redoutable alors davantage, le noyant définitivement dans la mare de ténèbres qu'il suait déjà depuis quelques instants. Il s'y enfonça tristement, et son cœur fut emporté par les forces obscures -on le vit lentement se couvrir d'une brume noire et filandreuse, qui s'étendit en excroissances nuageuses violacées, puis il disparut en s'effaçant, comme s'il n'eut jamais réellement existé. Aussitôt, le corps massif du malheureux commença à se disloquer, et s'éteignit lui aussi dans un sinistre ballet -la nature de son cœur lui accorda pour stèle une terrible créature noire à la face infecte qui flottait dans les airs en faisant danser quelque ceinture de chaînes : l'un de ces sans-cœurs qu'on redoute de croiser.

Yeul, qui n'était point combattante, s'enquit d'une protection en s'entourant d'une faible barrière, et se propulsa vers les décombres qu'elle avait créés, là où se trouvaient les autres membres de la garde. Ils tremblaient de peur, et tentaient de se protéger derrière les restes de leur barricade -la succession de traumatismes qu'ils avaient subi avait eu raison chez eux de tout esprit guerrier. « Regardez-moi -et que vos doutes soient chassés. » À l'instant même où l'enfant eut effectué sa réception en lévitant, elle entama quelques mouvements dans les airs, qui s'harmonisèrent en une sorte de danse lente et hallucinée. Alors, la prêtresse, qui ne connaissait point le rituel exact d'invocation de la bête, s'affaira à psalmodier des visions connues qui lui semblaient appropriées d'une voix chuchotante.

« La Patience répond à la Colère :

Ma voix est répercutée par les plus hauts sommets, et se porte même au-delà des frontières de ce monde. Ma sérénité est comme un baume suintant de la terre. »
Yeul porta son bras le plus haut qu'elle put et désigna avec dédain la chose malfaisante qui lui faisait face. « Mais toi, tu es un parasite, une sangsue, le crime même. Je suis la douce énergie de vie, la viridité. Je porte en moi les fleurs et les fruits inhérents à toutes les vertus et j’établis fermement celles-ci dans l’esprit des hommes, car tout ce que j’entreprends, je le termine avec persévérance; je ne frappe personne. »

Un cercle de versets en Oerba Ancien naquit aux pieds de la prêtresse et y éclot comme une fleur -de toutes les extrémités des écritures sacrées surgirent des bras orangés, qui se retirèrent sous terre, puis brisèrent celle-ci dans un fracas terrible de roche éboulée. L'envoyé d'Etro fit alors son apparition : Hécatonchires, serviteur de la déesse, avait été appelé au secours de la petite demoiselle du clergé.

« Ce sont les dieux eux-mêmes qui viennent te châtier. »

Incapable de maîtrise et blessée à l'extrême par l'intensité d'un tel effort pour elle, Yeul tomba sur le sol et se redressa avec peine en position assise. Il ne lui restait plus qu'à regarder -et espérer.

Le puissant invoqué, voyant sa si basse condition, la prit en pitié, et l'attrapa délicatement par la main pour la porter à son dos, tandis qu'il se changeait en une sorte de monture mécanisée, docile comme un cheval dressé. Installée sur une selle de ferraille, la prêtresse dominait la scène, et se tenait du mieux qu'elle le pouvait pour faire bonne figure -bien qu'elle eut pu à tout moment perdre toute connaissance et s'effondrer à terre d'une terrible fatigue.

Les deux bras de la créature, qui réunissaient tous ses anciens appendices, commencèrent à briller -d'abord faiblement, puis avec grand éclat. La lumière se changea en puissance, et la puissance devint énergie ; alors, la bête leva ses membres, et comme s'il eut s'agit d'armes à feu, et tira deux salves de la chose générée en rayons concentrés qui vinrent s'écraser sur la silhouette volante du sans-coeur -la maléfique carcasse du garde déclassé s'ouvrit lors en une large entaille et laissa s'échapper une vague de ténèbres en émanations qui se rua, comme mue d'une intention supérieure, vers l'adolescente, et l'enveloppa d'un voile sinistre dont le tissu sombre se désagrégea au contact de sa peau.

Ce fut le premier contact de cette Yeul avec une essence sabbatique -un malaise inconnu l'étreignit, et elle grelotta de froid.

Hécatonchires s'évapora dans les airs, non sans l'avoir saluée d'un revers de la main -s'il en est-, puis déposée sur le sol pour qu'elle ne se blesse pas. La religieuse, épuisée, s'étendait en profondes respirations qui la rendaient excessivement malingre; pâle comme une morte, elle ne semblait pas pouvoir se relever -en parfait être cadavérique, enfin, elle traînait ses os cabossés comme une multitude de poids insupportables qui la retenaient au sol et l'empêchaient de bouger. Elle n'était pas belle à regarder. « Vous voyez... Je ne vous ai pas laissés tomber... Le Sanctum viendra toujours vous chercher... vous ramener... » L'escouade de gardes lui adressa de concert un regard béat d'admiration qui lui rendit quelques forces. Rendue presque muette par ses abus de symbiose pendant l'invocation, Yeul s'efforça d'articulier du mieux qu'elle put les quelques syllabes qui daignaient encore lui sortir de la bouche. « Nous punirons... Ceux qui vous ont fait... Tant de mal. Dites moi seulement... Qui ils sont... Ce qu'il s'est passé. Je mènerai l'enquête -je vous promets... de les éliminer. »

La partie, pour elle, venait de commencer.
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Mar 25 Mar 2014 - 17:13
Mission accomplie.

Désolé pour le temps que j'ai pris.

Bon et bien... Commençons par le début, le tout début, l'image.

Je ne comprends jamais pourquoi tu mets des images ainsi, qui n'ont finalement rien à voir avec la mission. Enfin si y a un lien... Ce sont des gardes tristes et désespérés donc tu mets une image de jeune fille triste et désespérée... Hourra.

Paie l'utilité. Puis au-delà de ça, je regrette mais je ne trouve pas que ça rend le texte ou la mise en page plus jolie.

Bref...

Sinon la mission est vraiment très bien. En fait elle serait vraiment impeccable si j'arrivais à ne pas me rappeler tes propres mots : Yeul ne se battra quasiment jamais. Quand je pense que tu m'as dit ça et que dès la première mission tu t'arranges pour qu'il y ait une baston ^^'.

Sinon j'ai aimé cet "échec" de la mission, cette implication qu'elle a, le fait qu'un des gardes, malgré les attaques et belles paroles de Yeul, succombe aux ténèbres.

(Ah il faudrait que tu mettes le lien de ta fiche de personnage dans l'endroit prévu pour ça dans ton profil. Histoire qu'on y arrive en un click)

Vraiment c'est une bonne mission qui m'a rassuré, par rapport à ta fiche de présentation.

Mission avancée : 32 xp, 320 munnies et 3 PS en symbiose.

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