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 La mascarade derrière la mascarade
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Dim 5 Jan 2014 - 22:50
Princesse a décidé que j’étais l’un de ses sbires. Pour être honnête, je sais pas trop quoi en penser. Je pourrais même pas vous dire si c’est une bonne chose ou pas. Tout ce que je sais, c’est qu’elle se sert de moi… Mais je peux pas trop lui en vouloir, parce que je fais la même chose : je me sers de sa Coalition pour payer mes dettes. C’est donnant-donnant.
Bon, comme j’ai pas encore assimilé toute cette histoire, je n’ai qu’à voir le côté positif des choses : si elle se sert de moi, c’est que j’ai un certain… talent, que je suis capable de livrer la marchandise sans trop de problèmes. À défaut d’avoir la conscience pure, je peux au moins me réconforter en me disant que quelqu’un a besoin de moi dans ce monde d’idiots…

Et ce monde d’idiots ce jour-là, tournait autour de Lady Boyle. Un des délégués de Princesse m’a demandé…  m’a ordonné de jouer les agents secrets et d’infiltrer une grande cérémonie de snobs. Pour tout vous dire, la mission me semblait assez floue. On n’avait pas trop d’indications en plus, sinon de s’informer sur l’état des lieux.
Sans mentir, cette mission me tentait pas trop… Bon, vous allez me dire que rien me tente depuis vingt ans, mais… Ouais. Tant qu’à avoir des obligations, j’aime mieux jouer la comédie pendant une veillée que de devoir abattre un innocent au gré des humeurs de Princesse et de sa Coalition. Encore une fois… Voyons les choses du bon côté.

J’étais donc là, dans mes quartiers. On m’a livré deux ou trois coffres remplis de vêtements d’époque. Je porte le même costume depuis vingt ans, alors… ça m’a pris un bon moment avant de décider ce qui était portable ou pas. J’ai essayé deux ou trois ensembles en pigeant parmi le tas, c’était horrible, ça m’a emmerdé… Alors, j’ai décidé de laisser le hasard choisir.
J’ai fermé les yeux, j’ai pris tout ce que ma main touchait et j’ai porté le tout. Je me suis regardé dans le miroir, j’ai été… perplexe, mais satisfait. Selon ce que je sais du Palais des Rêves, je me suis dit que j’allais bien se fondre dans la masse.
Et, bizarrement… Ce costume m’a vraiment bouleversé. Vraiment bouleversé.


« J’ai l’air d’un gars qui a bien réussi sa vie. »

Ça m’a vexé. Je me suis auto-vexé avec mes propres mots. Parfois, j’essaie d’oublier que j’ai été alcoolique pendant vingt ans. Enfin, je dis « j’ai été », mais c’est seulement pour me convaincre que je n’ai plus les problèmes que j’avais. Si j’étais honnête avec moi-même, ce serait différent.

Cela dit… J’ai apporté les derniers ajustements à mon habit : j’ai caché mon révolver dans ma ceinture, un couteau de chasse dans mes souliers et j’ai… choisi au hasard un tonique. J’ai pris celui des corbeaux, en me disant que ça allait avoir son effet en cas de problèmes. Bon, j’espérais ne pas pouvoir me servir de mes armes ou du tonique, mais on n’est jamais trop prudent. Jamais trop.
Avant de partir, je me suis regardé dans le miroir une dernière fois. Décidément, ça me donnait une certaine allure. J’avais l’impression de sortir tout droit d’une autre époque. En fait, on aurait clairement pu me confondre avec n’importe quel duc de la cour : un veston blanc à deux rangs de boutons, une ceinture blanche à la taille, un masque quelconque et des pantalons un peu trop rouges. Ouais… J’avais l’allure d’un prince et, franchement, ça réconfortait mon orgueil.

Bref, quand j’en ai eu fini de m’admirer, j’ai quitté mes quartiers et j’ai pris le premier vol pour le Palais des Rêves. J’aurais bien pu prendre le train, mais moins y a de gens, mieux c’est.

Le vaisseau s’est arrêté dans le hangar et j’ai payé avec les munnies de la Coalition (je rêve un jour de pouvoir payer avec les miens). Sans trop savoir où je me dirigeais, j’ai pris le premier chemin de terre et je me suis laissé guider par mon intuition. J’ai rapidement vu une masse de gens, des nobles, s’avancer dans la même direction. J’ai été… surpris de voir à quel point leur regard hautain m’énervait et me donnait des envies de meurtre.
Je me suis calmé, mais je les ai suivis. Après tout, selon ce que le délégué de Princesse m’a dit, le bal de Lady Boyle était un événement important, couru par toute l’aristocratie des environs. Ça allait donc de soi : cette bande d’imbéciles en costume se dirigeait nécessairement vers son château.

Et effectivement, j’ai pas été déçu : je suis arrivé à destination en trois minutes, peut-être quatre au maximum. Mais ce que j’ai pas encore dit, c’est que cette mission d’infiltration, j’allais pas la faire en solo. Pour faire une histoire courte, on m’a mis en équipe avec une certaine Vesper Earl, elle aussi de la Coalition. Avant d’arriver ici, j’avais à peu près aucune idée de qui elle était, sinon comment j’allais pouvoir la remarquer dans la foule. Et c’est comme ça que je l’ai trouvée dix mètres plus loin.  
Je l’ai rejoint et là… Je me suis rendu compte que je savais plus trop comment mener une discussion avec une femme.  Ne me méprenez pas, je dis pas qu’il manque de filles à New York, mais je dis seulement que dans les tavernes, eh bien… On en trouve une au trois mois. Et les tavernes, c’est un peu là que je me trouvais. Donc, ouais… J’ai constaté que je ne savais plus parler aux femmes. Pas que ça ait eu une importance dans les circonstances, mais bon… Ça m’a frappé au visage.

Bref. Quand elle m’a remarqué, j’ai fait un signe de la main et elle a fait le même. Ça m’a confirmé qu’il s’agissait bel et bien de Vesper (au moins jusqu'à preuve du contraire). Je me suis approché encore un peu plus, j’ai tendu la main pour serrer la sienne et j’ai… bafoué :


« Enchanté. Tu le sais déjà, mais bon… Je suis Booker DeWitt, je travaille aussi pour Ariez. »

Eh. Ça c’était mieux passé que je l’espérais, en fait. Mais une fois les présentations faites, j’ai… fait face à une impasse. Je ne vous mens pas, je ne suis pas un stratège, ni quelqu’un de particulièrement rationnel dans ses actions. Je suis toujours trop impulsif, je réfléchis jamais et je subis chaque fois les conséquences de mes actes en m’apitoyant sur mon sort…
Donc, cette mission… J’avais aucune idée, absolument aucune idée de comment ne pas l'échouer. Je me trouvais là, devant Vesper, et j’en savais rien. J’aurais bien pu me taire, mais bon, c’est l’orgueil qui s’est mis à parler. Après tout, j’avais pas tellement envie qu’une inconnue me considère comme un idiot à la première rencontre.

J’ai donc regardé autour de moi, et j’ai remarqué que les nobles avançaient tous en file en direction des deux grandes portes du château.  Ce qu’il y avait à l’intérieur… Néant. Mais tout de même, il y a un truc que j’ai remarqué, et j’ai voulu en faire part. Je sais pas trop si c’était évident, mais pour moi, ça ne l’était pas avant de mettre le pied ici.


« J’ai remarqué que la plupart des femmes sont accompagnées… Si tu veux éviter qu’on te fasse la cour toute la soirée, je pense qu’il serait mieux que tu m’accompagnes. »

Pas mal pour un débutant, même que j’étais assez fier de ma proposition. Cela dit, je me suis retournée vers elle et je l’ai regardée un moment. J’attendais en fait qu’elle accepte ou non ce que je lui proposais et qu’elle apporte son plan d’action. Cette fille était clairement jeune, mais je vous dis… D’un premier coup d’œil, je pouvais confirmer que c’était pas une tête vide.

Calmement, j’ai passé ma main sur mon habit en essayant de le réajuster et d’avoir l’air le plus normal possible. C’était probablement déjà raté, mais bon…
Bizarrement, j’étais pas du tout stressé vis-à-vis le déroulement de la mission. Même, j’étais confiant. Après tout, comment un bal de la noblesse peut-il mal tourner?
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Lun 6 Jan 2014 - 14:55

Je logeais alors au Château de la princesse, j'y occupais une petite chambre de domestique, non loin des occupations des de Big Ben. Ce lieu, bien que sombre et effrayant, était celui que j'affectionnais le plus à travers tout le royaume de la Coalition. J'aimais son aspect, son éloignement de toute chose. C'était comme une protection des choses qui me terrorisaient et que je fuyais encore. Oui, je me sentais en sécurité parmi les ténèbres d'Ariez. J'avais cherché cette protection, et je l'avais trouvée, malgré tous mes bons principes.

Je dormais encore quand on vint frapper à ma porte. Quand je l'ouvris quelques instants plus tard à peine éveillée, il y avait deux grande malles à mes pieds, et à côté, Big Ben se tenant à moitié debout et essoufflé.

-Voici...les affaires...que la Princesse m'a demandé de vous faire parvenir.
-Oh...merci...Mais je ne pense pas que tout cet attirail pourra entrer dans ma chambre.
-Il faudra bien pourtant !


Nous nous mîmes à pousser ces lourdes cassettes de toutes nos forces pour les faire rentrer dans mon étroit espace. Après cela, il ne me resta plus grand place pour marcher. Après avoir fait ma toilette, je me décidai à fouiller cette quantité de vêtements pour trouver la pièce maîtresse de toute femme qui ose prétendre à assister à un bal, la robe. La tâche ne serait pas forcément aisée, ma silhouette était effilée.J'étais cependant convaincue qu'on ne m'avait pas fait envoyer des vêtements adaptée à la morphologie d'Ariez, car il était évident que nos physiques différaient.

Ce soir-là, je serais au Palais des Rêves, en compagnie de nobles qui ne seraient pas dupes si je ne jouais pas le jeu de l'habit. Ma tenue devait donc rester assez classique, pas trop ostentatoire et distinguée. Je fis quelques essais mais je trouvai la plupart des robes trop chargées, trop accessoirisées, trop brillantes, et parfois même provocantes. Je ne pouvais pas me permettre d'avoir l'air d'une poule de luxe. Bien que ma tête fût pleine de morosité, j'étais encore une jeune femme, il me fallait donc quelque chose d'assez simple. Lorsque je l'eus en main, je sus que c'était elle qu'il me fallait. Le simple fait de toucher son tissus doux et léger me fit éprouver du plaisir et de la satisfaction. C'était une très longue robe de soirée, plutôt près du corps jusqu'aux hanches et puis progressivement relâchée. Je l'enfilai avec précaution, le tissus était très délicat et fragile, je ne voulais pas abîmer cette merveille. Je me regardai ensuite dans un miroir. Mes tenues habituelles avaient pour caractéristique d'être déjà féminines, mais cette robe-là témoignait d'une élégance et d'une beauté auxquelles je n'étais pas habituée. Je me trouvai soudainement presque indigne de la porter et très quelconque. Mes cheveux étaient encore relâchés, comme à l'habitude, et mon teint était quant à lui blafard. Je devais faire mieux.

Quelques heures plus tard, je quittai le château, prête, cachée dans un long manteau hivernal et assise dans un attelage qui allait me mener jusqu'aux transports. Pour cette fois, je devais faire attention à la manière de me déplacer, j'avais donc décidé d'utiliser de nobles moyens. Quand, après un voyage en vaisseau, j'arrivai sur le monde de destination, je fis appeler un fiacre qui me mènerait au château de Lady Boyle. Je n'étais visiblement pas la seule étrangère à me rendre à ces festivités. D'autres personnes se tenaient fièrement à proximité dans de nobles apparats. Lorsque je fus assise dans le fiacre, j'inspectai une dernière fois mon visage et mes cheveux dans un miroir de poche. Je m'étais étrangement rapidement habituée à cette vanité, mais je n'en éprouvais aucun remord. Le lendemain, tout serait redevenu normal. Je sortis enfin le masque de ma poche et le posai devant mon visage,  puis je l'attachai à mes cheveux à l'aide d'épingles. A présent, j'étais dans le rôle. Lorsque le fiacre s'arrêta, ma première réaction fut de regarder à travers la fenêtre pour voir si nous étions arrivés. Je fus alors éblouie par la lumière et par la foule de gens qui attendaient devant un splendide château, celui de Lady Boyle. Ce monde était, selon la Princesse, entré dans une certaine déchéance, on parlait même de rébellions. Au niveau de la noblesse, les problèmes n'étaient de toute évidence pas à l'ordre du jour. Tant de fastes. Avant que je n'aie eu le temps de respirer, le cocher se précipita devant la porte du fiacre pour l'ouvrir et abaisser les marches. Il vint ensuite à ma rencontre pour me tendre la main.

Délicatement, je me levai. J'étais un peu gênée par tant de courtoisie faite à l'égard d'une roturière. Après tout, je n'étais plus élevée que ce cocher, ni que n'importe quel valet du château. Mais ce soir-là, je devais donner l'impression d'appartenir à un monde qui n'avait jamais été le mien. J'avançai lentement sur le chemin qui menait à l'entrée du château. J'observais les autres, j'observais leurs maintiens, j'écoutais leurs conversations, je voulais déchiffrer leurs secrets, savoir comment agir. Avec un peu de chance, mon masque pourrait tromper leurs jugements acérés. Arrivée près des escaliers, je décidai de m'arrêter, pour attendre celui avec qui j'allais devoir jouer un rôle. Quelques minutes plus tard, alors que j'observais encore toutes les lanternes qui illuminaient le château, je sentis une présence inconnue près de moi. Je me retournai soudainement vers cette personne, je découvris alors un homme d'une petite quarantaine d'année. Malgré ses habits distingués, je pouvais  voir que son âme s'était abîmée au long de sa vie et que le grand train n'avait pas plus fait partie de son quotidien que du mien. Ses manières détonnaient également avec le contexte de façon évidente. J'acceptai malgré tout de lui serrer la main. J'en profitai pour mettre certaines choses au clair en chuchotant, au risque de passer pour une snob

-Si vous le voulez bien, pour vous ce soir, je serai Mademoiselle ou Mademoiselle Earl. De plus, les vouvoiements sont de circonstances tant qu'on ne se connait pas assez bien...


Je n'avais pas l'intention de trahir mes origines ni les siennes, il était donc nécessaire que je le redirige. Je ponctuai néanmoins ma phrase d'un sourire. Lorsqu'il me proposa de m'accompagner lors de la soirée, je décidai que l'idée était bonne. Après tout, je n'étais pas là pour faire de nouvelles rencontres distinguées mais bien pour en apprendre plus sur ce monde à travers les hautes sphères de cette société. Je posai donc ma main dans le creux de son bras replié. Nous grimpâmes ensuite les marches du perron et attendîmes dans la longue file. J'observais les gens autour de moi, épiant une connaissance qui aurait pu me trahir. Mais après tout, je n'avais jamais fréquenté de nobles, il n'y avait donc aucune raison pour que quelqu'un que je connaisse soit là. Lorsque nous fûmes dans le hall du château, je dus me forcer quelque peu pour garder le détachement qui caractérise les nobles. Tout était spectaculaire, jusqu'au moindre détail de la tenue des valets, qui se tenaient là, immobiles. Il y avait beaucoup de dorures, de pièces de maîtres accrochés aux murs. Peut-être même un peu trop. Un spectacle presque aveuglant. Nous arrivâmes au vestiaire et on nous proposa alors de nous débarrasser. Je me découvris de mon manteau et remerciai placidement le domestique. Nous nous dirigeâmes alors vers le valet qui devait annoncer le nom des personnes entrant dans la salle de bal. Lorsque ce fut notre tour, je m'avançai doucement vers le valet et lui donnai nos noms.

-Je suis Mademoiselle Earl, et voici Monsieur DeWitt.


J'accentuai volontairement le « De » de son patronyme pour lui donner un rang et de l'importance, ce qui était tout à fait erroné, d'après ce que je savais. J'espérais que cela donnerait consistance à notre présence. L'homme vérifia sa liste et acquiesça.

-Mademoiselle Earl et Monsieur...DeWitt.


Nous commençâmes alors notre entrée dans la cour de Lady Boyle. Tous les regards se posèrent un instant sur nous, et puis se dissipèrent pour se concentrer sur les prochains arrivants. Un instant qui m'avait semblé éternel.


Dernière édition par Vesper Earl le Lun 19 Mai 2014 - 13:46, édité 1 fois
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Mer 8 Jan 2014 - 0:29

On est entré dans le château de Boyle, et… Y a quand même un truc qui m’a échappé. Je connais pas beaucoup les environs, mais on m’avait dit que la population avait la vie dure et que les gens manifestaient contre un prince mégalo et tout. Avant de venir ici, je m’attendais à un monde… Ouais, très sombre, pas trop agréable, bien tendu, quoi.
Mais bizarrement, rien de ça. Tout ce que j’avais vu jusqu'à présent, c’était des nobles, des carrosses, des nobles et encore plus de nobles. Je me suis demandé si on m’avait menti, ou si cette bande d’abrutis snobs cachait bien son jeu. Certainement la deuxième option. Comme on dit… Tant qu’on vit bien, on peut bien se foutre du malheur de l’autre. La population crève? Eh bien, moi, je mange comme un porc. Tout va bien!

Mais bon, c’est comme un peu partout. ‘Faut pas être pessimiste, mais il faut être honnête… Dans notre monde d’idiots, personne fait vraiment attention aux autres. Moi le premier. L’important, c’est son propre bien-être, pas celui des autres. On est tous des connards, au fond.
Moi le premier, il paraît.

On est donc entré dans le château de Boyle et je me suis arrêté net quand j’ai vu l’allure de la salle. Pas que j’ai été jaloux, ou pas que ça m’a vraiment dérangé, mais c’était trop. Trop de parures, trop de décorations, trop de dorures. M’ouais… Lady Boyle aimait bien étaler ses possessions devant tout le monde. Ça m’aurait même pas étonné qu’elle porte une robe en or massif.
Je me plains, mais… J’en ai profité. Je me suis dit : « Tant qu’à être ici, autant en profiter. » J’ai donc continué de marcher sur le tapis rouge et quand on a finalement traversé toute la lignée de valets, j’ai rejoint des gens qui parlaient trop fort à côté d’une colonne. J’ai fait signe à Vesper de rester où elle était et je me suis placé derrière la colonne, simplement pour passer ma main discrètement dans l’habit d’un vieil homme. J’en ai retiré une montre que j’ai cachée dans ma veste. Ni vu ni connu.

J’ai rejoint Vesper, en ayant l’air le plus normal possible et… j’ai bégayé mon alibi :


« Euh ouais… Ils parlaient de chevaux. Rien d’intéressant. Allons ailleurs. »

Ailleurs… C’était une bonne idée, mais où? J’en avais aucune idée. Ils étaient tellement à faire semblant d’écouter l’autre… Ils étaient tellement, que je savais plus trop où donner de la tête. Je me suis même demandé s’il aurait été pas mieux de se séparer et de se joindre à deux groupes différents pour maximiser nos chances de pas échouer cette mission. Mais bon, j’ai regardé autour, et comme j’ai dit, les filles seules sont assez rares.
J’ai donc pris une décision et j’ai déposé la main de Vesper sur mon bras. Je l’ai traînée vers un groupe un peu plus loin. Avant de les interpeller, j’ai pensé qu’il était plus sage d’écouter ce qu’ils disaient. J’ai été surpris de voir qu’ils ne parlaient pas du Prince, et encore moins du peuple. Ça m’a… vraiment choqué, mais ils parlaient de la décoration du château de Lady Boyle.
Leur discussion m’a semblé si fausse que ça m’a vexé.  

Mais bon, je m’en suis remis assez rapidement. Sans trop réfléchir aux conséquences (comme d’hab’), on (je) s’est pointé parmi eux, ils nous ont lancé un de ses regards… Ils étaient pas très accueillants. Pas du tout, en fait. Peut-être que c’était leur façon de saluer, après tout… Ils avaient tous fait ça depuis le début.


« Je suis fort… réjoui d’entendre que vous appréciez la magnificence de château, très chers. »

Mon ton de voix m’a semblé si faux que ça m’a vexé. J’en ai fait abstraction, et j’ai continué de dire n’importe quoi pour meubler une discussion. Avant de pouvoir leur soutirer des informations, il faut bien les séduire.

« Oh, quel roturier je fais! Je suis Booker DeWitt, décorateur de renommée. Et voici ma fiancée mademoiselle Earl, tendre peintre, avec qui j’ai travaillé ardemment pour enjoliver cette… salle de bal en cette soirée de fête! Je suis donc très heureux de faire votre connaissance, messieurs… Je me suis ensuite retourné vers les dames, les regardant l’une après l’autre en ayant l’air le plus charmant possible. Enchanté de vous rencontrer également, mesdames. »

Contre toute attente… Ça a marché. Ils se sont mis à sourire… Bon, c’était pas le sourire le plus authentique de l’humanité, mais tout de même, j’avais réussi à attirer leur attention un peu. J’ai eu peur pendant un moment de confronter le vrai décorateur, mais le destin avait décidé d’être clément pour une fois. Ça m’a vraiment satisfait, et je me suis mis à sourire à mon tour.
Cela fait, ils se sont présentés les uns après les autres : Eugène d’Instence, duc d’Instence, et Elizabeth, sa femme; Charles Le Bleu, architecte, et sa femme, Juliette; Louis de Montesquieu, riche propriétaire; Nicolas d’Allonville, baron d’un pays au nom trop long, et sa femme, Angélique; finalement, Guillaume et Agnès de Lully, frère et sœur : lui, ex-conseiller du Prince avant qu’il ne devienne fou, et elle, veuve.
Honnêtement… Ils me donnaient tous envie de les fusiller et de partir en courant… Mais j’avais une mission à accomplir. Par-dessus tout, j’avais une dette à payer.

On a parlé de décorations un moment. J’ai inventé des mots pour faire comme si je savais de quoi on parlait et j’ai sans cesse tenté de détourner la discussion pour qu’on en vienne à parler du monde, ou du moins du Prince. Ça n’a pas tellement marché…


« Quelques unes des peintures que vous voyez sur les murs ont été effectuées par mademoiselle Earl, que je leur disais en utilisant un ton presque hautain, mais pas assez pour qu’on devine que je mentais. Vous remarquerez sa grande admiration pour la mythologique grecque. À noter qu'elle utilise un procédé de peinture à l’huile au sec… De la dernière tendance! »

« Oh! s’est exclamée Juliette. Je ne connais pas cette technique. Parlez-m’en, je suis moi-même une grande admiratrice de la peinture. Nous en avons toute une collection au manoir, n’est-ce pas monsieur Le Bleu? »

Monsieur Le Bleu a acquiescé en souriant. Et… ouais, j’ai flanché dans mes mensonges, parce que je ne savais plus trop quoi dire pour me sortir de ce piège que je m'étais moi-même tendu. J’ai lancé un regard un peu paniqué à Vesper, et je me suis rendu compte que j’allais devoir remonter la côte en solo. J’ai bégayé :

« C’est… une technique qui privilégie une peinture à l’huile déshydratée et qui sèche donc rapidement. C’est ce qui permet… une définition des couleurs plus exacte. »

J’ai souri. Ils ont souri, surtout Juliette, qui me regardait comme si j’étais son plus grand héros. J’ai essayé de ne pas trop la regarder en retour, pour éviter de vexer monsieur Le Bleu ou de détruire toute la comédie qu’on jouait, mais… bon Dieu! Cette femme était plus qu’une femme. Je ne la voyais qu’à travers son masque, mais était la magnificence incarnée. Franchement, j'avais pas vu une femme aussi belle depuis la mort de… la mort de la mienne.
Donc… Bref! On a continué à discuter de la pluie et du beau temps jusqu’à ce qu’un homme se pointe sur la scène et commence à attirer l’attention en fredonnant. On a tous arrêté de parler en même temps et on s’est retourné en sa direction. C’était un homme dans la trentaine, bien barbu.


« Mesdames et messieurs, je vous souhaite l’officielle bienvenue! Lady Boyle et toute l’organisation de cette soirée (le groupe avec qui j’étais s’est mis à me regarder) vous souhaite une soirée mémorable. Maintenant… La collation étant terminée, je vous invite à prendre place au milieu de la salle, car l’heure de la danse est arrivée. »

J’ai regardé Vesper. Elle a compris en me regardant que je savais pas danser du tout. Non, c’était hors-de-question… j’allais pas me rendre sur le plancher de danse pour valser au milieu de tout le monde. Je refusais d’être humilié. Je devais trouver une solution pour me sortir de ce pétrin avant qu’on voie que j'étais un imposteur.
J’aurais dû pourtant l’attendre, ce moment… J’avais été invité à un bal masqué, j’aurais dû au moins prévoir le coup. En tout cas, maintenant qu’on m’invitait à danser, laissez-moi vous dire que j’avais envie de prendre la poudre d’escampette.


Dernière édition par Booker DeWitt le Jeu 16 Jan 2014 - 17:15, édité 4 fois
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Mer 8 Jan 2014 - 16:38
Dire que j'avais été irritée par les agissements de Monsieur DeWitt aurait été un bien gentil euphémisme. Depuis les évènements au Jardin Radieux, peu de choses m'importaient, j'étais indifférente à bien des choses qui ne m'auraient pas indifférée autrefois. Désormais, j'étais prête à faire des choses pour la Princesse que je n'aurais jamais imaginées auparavant  Mais s'il restait quelque chose que je souhaitais conserver de ma vie d'avant, c'était bien mon amour propre. Moi-même, c'était bien la seule chose que j'avais réussi à sauver de ce naufrage et j'essayais alors de m'auto-suffire.  

Mais ce Monsieur DeWitt avait déjà mené la danse trop loin à mon goût. Sans me demander le moindre avis, sans s'enquérir une seule fois de mon opinion, il nous avait fait errer à travers les salles de réception. Avais-je eu le moindre mot quand il me fit signe de rester où j'étais ? Non monsieur, je ne suis pas votre faire-valoir. Et qu'avait-il fait ensuite ? Monsieur nous avait « introduit ». Choisissant au hasard un groupe de bonnes gens, une fois de plus sans me demander mon avis, il avait fait les présentations d'une façon qui me semblait non seulement risquée mais également avec condescendance vis à vis de sa « tendre » peintre de fiancée.

Etais-je personne à rapidement m'emporter ? Non, j'avais une patience normale, ni trop longue, ni trop brève. Mais il continua de s'avancer en parlant de la salle, alors que n'importe quelle personne réellement liée à Lady Boyle aurait pu démasquer son audace et ses mensonges. Et si à un moment, nous avions eu à faire avec Lady Boyle ? Eh bien, Monsieur DeWitt, il faudrait alors s'expliquer ! Et avec un peu plus d'éloquence qu'il en avait fait preuve jusque là. Monsieur Dewitt voulait manifestement bluffer tout du long, et m'enfoncer dans son propre piège. Mais il était trop tard pour reculer.

Il était évident que dans la noblesse, la femme devait se mettre en retrait par rapport à l'homme, mais il était également dit qu'un homme devait se montrer galant. A ce niveau, Monsieur DeWitt avait parfaitement échoué. Lorsque l'intendant vint faire une annonce pour lancer les véritables festivités, c'est-à-dire la danse, mon cher compagnon me lança un regard qui me fit presque trop plaisir. Bien sûr, je gardai mon regard de jeune colombe pleine de candeur. J'observai toutes les personnes qui étaient autour de nous. J'avais évidemment remarqué l'intérêt que portait Madame Le Bleu à Monsieur mon ami. L'idée que j'eus aurait pu lui être favorable si seulement il avait eu le moindre talent pour la danse de salon. Mais non. Monsieur ne savait pas danser, il me l'avait très clairement fait comprendre. Je m'avançai alors avec toute la grâce d'une future maîtresse de maison vers la jeune Madame Le Bleu et lui pris la main. Je m'adressai ensuite à son cher époux.

-Monsieur Le Bleu, il est de coutume chez nous, d'échanger nos partenaires pour la première danse. Vous plierez-donc à nos coutumes en tolérant que votre dame danse avec mon fiancé ?
-Eh bien Mademoiselle, j'aime l'exotisme, alors pourquoi pas ?


Plein sourire, je guidai donc la main gantée de Madame Le Bleu dans la main de mon cher fiancé et me dirigeai  ensuite vers Monsieur Le Bleu. Il m'amena vers l'intérieur de la piste et nous nous arrêtâmes de bouger, puis nous nous mîmes en position, il me prit la main droite dans sa main gauche et tendit quelque peu nos bras, tandis que l'autre main allait se positionner sur le haut de ma taille afin que je puisse reposer mon autre bras sur le le sien. La proximité était grande mais sans exagération. Après tout, c'était tout de même une valse d'honnêtes gens. Un air russe commença alors à guider nos lents premiers mouvements. J'avais décidé d'ignorer mon noble ami pour les premiers instants et le laisser se débrouiller à sa guise. Je regardais donc mon cavalier sans dire mot. On pouvait reprocher à la noblesse de ce pays bien des choses, mais pas de ne pas savoir se conduire.


-Eh bien Mademoiselle, maintenant que nous sommes seuls, puis-je vous demander ce qu'une jeune femme de votre âge fait fiancée avec un homme de presque deux fois votre âge ? Que lui trouvez-vous ?
-Tout comme chez vous, j'imagine...Monsieur. Il est pratique courante qu'une jeune femme fasse un mariage avec l'homme que son père trouve le plus approprié et doive ensuite respecter son choix, quel qu'il soit.
-Vous dites vrai. Dans mon cas, on peut dire que ma chère Juliette a eu plus de chance au niveau de l'âge.


L'homme disait vrai, il avait la petite trentaine, sans doute, mais la vie l'avait parfaitement épargné. Ses cheveux brillaient encore, son teint était intact, ses yeux brillaient de souveraineté. La belle vie qu'il devait avoir. Le visage de Monsieur mon fiancé trahissait, quant à lui, une vie rude, probablement non sans débauche.

-Il me semble cependant que je ne suis pas trop à plaindre de me marier prochainement avec Monsieur DeWitt. Il suscite un intérêt grandissant parmi ces dames, malgré son âge, « avancé ».
-Que voulez-vous ? Les femmes ont souvent besoin de rêver, le temps d'un bal, d'être enlevée par un  aventurier aux cicatrices profondes.


Il ne semblait pas inquiété une seule seconde par le fait que sa femme puisse voir un admirateur en la personne de Monsieur DeWitt.

-Mais elles ont avant tout besoin, d'un château, d'un jardin, d'une garde-robe mise à jour régulièrement.
-Vous savez cela mieux que moi.


Les couples se croisaient, volant presque à quelques centimètres du sol, se déplaçant avec légèreté, sans avoir à se tracasser de l'impact qu'il pourrait y avoir entre deux couples. Chacun connaissait sa place. Sauf une personne, peut-être...

-Monsieur Le Bleu...
-Oui ?
-Pardonnez-moi de vous demander cela, mais en tant qu'artiste professionnelle, tout comme vous, j'aurais voulu vous demander...
-Allez-y, ma chère. Il est toujours plus agréable d'agrémenter sa danse d'une conversation intéressante.
-Comment se portent vos affaires, j'entends par là, ces « derniers » temps ?
-Eh bien...


Il prit une mine tracassée.

-Je ne vous cache pas, et la situation doit être pareille pour vous, qu'en ces temps d'anarchie, je pense que nous pouvons parler en ces termes, les riches ont moins d'argent à dépenser dans des constructions pharaoniques ou sur des coups de tête. Ce qui n'aide pas forcément mes affaires.
-Oui, même s'ils aiment toujours mieux s'amuser que voir la vérité en face, il devient plus difficile de dépenser outrageusement sa fortune.
-Eh bien, vous parlez avec beaucoup d'assurance, et beaucoup de sévérité pour votre propre rang, mais oui, on peut voir les choses ainsi... Je me demande même...
-Oui... ?
-Eh bien, je me demandais si j'avais raison de continuer à m'accrocher à ce pays... Sans doute, pourrais-je faire fortune en de meilleures hospices.
-C'est à ce point-là ?
-Aujourd'hui, vous savez, tout le monde est un peu contre tout le monde... Ce n'est pas bon, même pour la noblesse. Nous ne sommes pas aussi inaccessibles que nos pairs veulent bien le laisser penser. La population ne se taira pas éternellement.
-J'espère dans ce cas que vous partirez avant qu'il ne soit trop tard.
-Mademoiselle, quelle grande idée que cet échange ! Mais d'où vient cette tradition déjà ?


Il n'était pas totalement dupe, mais de toute évidence, la chose lui était agréable. Je blêmis un instant.

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Mer 8 Jan 2014 - 20:37
Quand Vesper a parlé de coutumes et de danse, je me suis honnêtement demandé si c’était pour la mission ou pour se venger d’un truc que j’avais fait. Pire, si c’était pour me regarder mourir sur la piste de danse. C’est qu’il y a eu… un sarcasme tellement dérangeant dans sa voix et… on aurait dit qu’elle m’en voulait. J’ai passé en revue les derniers événements, mais je n’ai pas trouvé, alors je me suis dit que c’était pour le bien de la mission. Peut-être que je me trompais, mais bon… ‘vaut mieux se taire.
Bref, quand on s’est échangé nos partenaires, j’ai voulu riposter et reprendre la main de Vesper, mais… Après tout, Vesper avait sûrement quelque chose derrière la tête, et j’avais maintenant devant moi une femme… totalement magnifique. Depuis le début de la soirée, elle ne détachait pas son regard de moi, alors je me suis dit que… profiter de sa vulnérabilité pour avoir des infos, c’était pas mal. C’est que j’ai fait.

J’ai salué Vesper d’un signe de tête un peu piteux et on s’est dirigé, Juliette et moi, sur la piste de danse. Je vous dis, sur le trajet, je sentais mes jambes me lâcher. J’avais jamais autant tremblé de toute mon existence. Mine de rien, cette danse était importante, même cruciale… pas seulement pour mon orgueil, mais aussi pour le succès de la mission. Pendant que Vesper soudoie son homme, moi je devais impressionner Madame Le Bleu avant de soutirer quelques infos en bonne et due forme.
Mais ouais… Pour y arriver, je devais danser. Devant tout le monde. C’était pas le truc qui me tentait le plus, même que ça m’effrayait beaucoup, mais en arrivant au milieu de la salle de bal, je me suis dit que j’avais déjà dansé le rock n’ roll dans le passé et que… les nobles dansaient comme ça, mais en plus lent. J’en étais pas du tout sûr, mais je faisais de mon mieux pour me réconforter, quoi.
Quand on est arrivé, je me suis donc… planté sur place. J’ai regardé Juliette pendant quelques secondes en souriant probablement de la façon la plus bête qui soit et j’ai ensuite lancé quelques regards autour de moi. L’orchestre s’est mis à jouer à l’avant de la scène et ils se sont tous mis à danser. J’ai fait comme si j’attendais le bon moment pour me lancer dans la gueule du loup, alors que j’espérais seulement qu’un bon samaritain vienne me sauver.

En dix secondes, j’ai essayé d’emmagasiner le plus de pas possible, ce qui a été assez difficile pour être honnête. Cela fait, je me suis mis à danser. C’était pas la danse la plus gracieuse qui ait existé, mais je pense que je m’en sortais. En tout cas, Juliette n’a rien dit pendant les premières minutes. Même qu’elle n’y a vu que du feu. Et elle n’a pas arrêté de sourire tout au long. Succès?
Malgré tout… Je me suis dit qu’il était important d’excuser mes mauvais pas de danse, au cas. J’ai pris un ton de voix grave et perçant, juste assez pour la séduire un peu, et j’ai dit :


« Toutes mes excuses, madame Le Bleu. Je ne suis pas le danseur le plus émérite qui soit. Pour être franc avec vous, d’où je viens, c’est la dame qui mène les pas. Le rôle de l’homme est de contempler la grâce de la femme en tentant de l’imiter. »

Ouais… Pour un gars qui n’avait pas parlé aux femmes depuis vingt ans, j’étais plutôt content. Je pourrais pas vous dire pourquoi, mais le fait de jouer un rôle m’a permis de… sortir un peu de ma dépression quotidienne. C’est comme si j’étais un nouvel homme ou, du moins, quelqu’un d’autre avec un passé différent du mien. Si ça n’a rien réglé au bout du compte, ça m’a détendu le temps de la soirée.
Mais bon, au moment où j’ai terminé cette phrase, Juliette s’est mise à rire. Je ne sais pas trop s’il elle riait de mes pas boiteux, de mes tentatives de séduction merdiques ou tout simplement… d’attendrissement, mais je me suis dit que j’avais réussi, alors j’ai considéré qu’elle aimait bien être en ma présence.

Au moment où j’étais sur le point de discuter des trucs vraiment importants, j’ai vu Vesper du coin de l’œil. Elle dansait assez bien et elle était en pleine discussion avec monsieur Le Bleu. J’ai pas trop souvent l’esprit compétitif, mais la voir réussir de cette façon m’a encouragé à faire pareil.  J’ai donc pris mon courage à deux mains et je me suis lancé :


« De ce que j’ai compris, monsieur Le Bleu et vous êtes de grands passionnés de peinture, n’est-ce pas? »

« Oh, qu’elle a soupiré en souriant, plus moi que lui, pour être franche avec vous! Monsieur Le Bleu est beaucoup plus préoccupé par ses architectures et par ses bâtiments que par la peinture. »

« Si je peux me permettre, l’architecture est un Art formidable, tout comme le sont la peinture, la sculpture et l’écriture. »

« J’en conviens, mais rarement ai-je été émue devant une colonne de marbre, monsieur DeWitt. Je considère la peinture comme l’apogée de tous les arts. Elle me fait voyager, de Thèbes à ces pays où le Printemps est omniprésent, des paysages les plus sombres aux panoramas les plus ensoleillés. L’architecture est trop matérielle… La peinture est transcendante! »

On a arrêté de parler un moment. Je me suis rendu compte que danser devenait presque instinctif. Il faut dire que mes pas de danse n’étaient pas très élaborés, mais j’étais content de voir que j’allais pas être humilié devant tout le monde. Même madame Le Bleu ne semblait plus trop perturbée par mes mouvements un peu trop saccadés.
Cela dit… Quand Juliette a parlé de voyage, j’ai senti que le moment était idéal pour en apprendre plus son opinion vis-à-vis le Palais des rêves.  J’ai donc sauté sur l’occasion, parce que des opportunités comme ça sont assez rares.


« Vous voyagez beaucoup, madame Le Bleu? »

« Pas tellement. Monsieur Le Bleu est un homme toujours occupé, et ses obligations professionnelles le retiennent constamment ici. Et lorsqu’il part pour affaires, il est mal vu pour une femme comme moi de le suivre. Je dois demeurer au manoir et attendre patiemment son retour. »

« Je reformule ma question… Vous aimeriez voyager? »

« Oh, décidément! Pour être honnête avec vous, et j’espère que vous serez silencieux sur le sujet si un jour vous discutez de nouveau avec mon mari… Je ne me plais pas tellement ici. »

« Loin de moi l’idée de faire preuve d’indiscrétion, mais pour quelles raisons? »

« Vous savez, la principauté n’est plus ce qu’elle était autrefois. Ce n’est plus le monde de paix et d’accalmie dans lequel j’ai grandi et j’ai rencontré monsieur Le Bleu. Depuis trop longtemps, les paysans sont en guerre contre le Prince et cela nous affecte tous. Il devient même risqué de sortir le soir de chez soi pour prendre l’air frais. C’est déplorable, mais du côté du Prince comme du côté des paysans, les attentats se succèdent. Sincèrement, la principauté a perdu tout son intérêt. Cela est peine perdue…

« ... J'en suis navré. »

« Sans être pessimiste, je pense qu’il sera impossible de renverser les événements. Nous ne retrouverons jamais la sérénité. »

« Si vous pouviez partir, vous le feriez donc? »

« Sans hésiter. »

Ça m’a vraiment surpris d’entendre ça, pas seulement parce que les conditions des gens étaient pires que je le pensais, mais parce que la noblesse semblait aussi affectée par les événements. En arrivant ici et en écoutant les gens parler, je m’étais dit que l’aristocratie était bien au-dessus de ce qui se passait et qu’elle s’en foutait royalement. Mais j’ai vu, là en parlant avec Juliette, que c’était totalement faux. Dans ses yeux, j’ai pu voir un peu de tristesse. Comme si elle en avait assez d’être ici.

D’un coup, la musique est devenue plus lente qu’au début. J’ai senti que la danse tirait à sa fin. J’en ai profité pour terminer la discussion avec Juliette.


« Et que pensez-vous des agissements du Prince? » que j’ai demandé.

« Oh… Je n’en connais que la pointe du glacier. Vous devriez demander à monsieur Guillaume de Lully; il était avec nous tout à l’heure et était accompagné de sa sœur. Il a été conseiller pour le Prince avant que les événements ne déraillent. »

« Madame Le Bleu (j'avais dans l'intention de changer de sujet, alors j'ai arrêté de parler quelques secondes) vous dansez très bien. Vous êtes une dame ravissante et très intelligente. Je suis… éploré d’entendre que vous ne pouvez pas voyager comme bon vous semble. »

« Vous êtes charmant, monsieur De Witt. Ce fut un plaisir de vous rencontrer en cette soirée de fête. Les circonstances me laissent parfois agréablement satisfaites! Mais nous avons assez parlé de moi, parlons un peu de ce que vous êtes, et de vos coutumes! D’où vient cette tradition déjà? »

Au même moment, j’ai entendu la musique se calmer puis cesser totalement. D'un coup, les nobles autour de moi ont arrêté de danser. Pour éviter de troubler l’ordre, j’ai décidé de faire pareil. Sur la scène, le même monsieur barbu est arrivé et s’est mis encore une fois à fredonner avant de dire.

« Mesdames et messieurs, veuillez accueillir votre hôte, Lady Boyle! »

Les gens se sont mis à applaudir et j’en ai profité pour traîner (doucement, mais quand même) Juliette jusqu’à rejoindre Vesper et monsieur Le Bleu. On a souri, on a chacun repris nos partenaires et on est resté l’un à côté de l’autre. Je me suis penché vers Vesper et je lui ai dit ce que j’ai entendu :

« Madame Le Bleu m’a parlé d’un certain Guillaume de Lully qui était avec nous au début de la soirée. Blond, trop grand, imberbe, célibataire; tu te souviens? Elle m’a dit qu’il avait travaillé avec le Prince. Si tu le veux bien, tu pourrais te charger de l’interroger pendant que… Pendant que… »

Pendant que… Franchement, j’en avais aucune idée. Même que j’en savais tellement rien que j’ai décidé d’arrêter de parler complètement. Je me suis retourné et j’ai regardé en silence ce qui se tramait sur la scène. Bon, j’ai pas pu m’empêcher de rire quand j’ai vu Lady Boyle. Parce que… Ouais, elle portait une robe complètement dorée, le genre de robe qui brille plus que douze soleils. Son masque était… absolument gigantesque, même que c’était un peu risible. Il y avait des branches partout, du feuillage… Bref, son masque était comme un arbre taillé.
J’ai fini par en faire abstraction et je me suis mis à regarder… au-delà des parures de Boyle. Elle se tenait droite, elle avait aucune émotion sur le visage, elle ne souriait pas, bougeait pas… Ouais, d’où j’étais, on aurait clairement pu la confondre avec une statue de marbre. Ça m’a intrigué un moment, et le barbu a repris la parole pour clarifier les choses.


« Messieurs, une malédiction plane sur la tête de Lady Boyle! qu'il s’est exclamé en gesticulant beaucoup trop. Une vieille sorcière d’une contrée où le soleil ne se lève jamais a décidé de calomnier votre très chère hôte pour une raison obscure… Venez la libérer des chaînes qui la rendent impassible, qui l’empêchent de sourire et d’être heureuse! Messieurs, venez exhiber vos talents sur cette scène et tentez de l’impressionner… Peut-être parviendrez-vous à sortir notre pauvre Lady Boyle de son état de marbre? »

Ça m’a pris dix secondes avant de comprendre qu’il s’agissait d’une blague et d’un jeu. Et ça m’a pris un autre dix secondes pour… me rendre compte que c’était l’occasion rêvée. Je me suis retourné une dernière fois vers Vesper et j’ai lancé mon idée de génie.

« Pendant que… je m’occupe de Lady Boyle. »
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Jeu 9 Jan 2014 - 14:18

Hommage au Prince Charmant

En écoutant Monsieur mon fiancé me décrire l'homme qui nous intéressait, un certain de Lully, je le cherchai parmi la foule de personnes qui discutaient, buvaient, riaient, dansaient. Je revis soudain cet air triste, absent, comme si rien de ce qui se passait autour de lui ne le touchait. Il me rappela quelqu'un. Sa soeur avait manifestement abandonné sa triste compagnie pour celle d'une compagnie plus légère, il était donc seul, situation qui se prêtait évidemment à ce que j'exécute l'idée de Booker. Vint ensuite la présentation de l'animation de la soirée, qui mettait évidemment en scène la star du jour, Lady Boyle, et les hommes qui sauraient lui plaire. Un spectacle de séduction, rien d'autre, quoi qu'on en dirait. Mon cher ami, passé maître dans l'art de la séduction et de la valse en approximativement dix minutes, m'informa qu'il comptait bien y participer et d'après son air, gagner.

-Eh bien, si c'est tout ce que vous attendez de moi, mon Seigneur...


Je fis une révérence cérémonieuse à mon cavalier, me moquant un peu de la façon dont la chose serait perçue par les personnes m'entourant. Ensuite, je me dirigeai vers ma cible, qui ne semblait pas plus intéressée par la fête, même maintenant qu'il y avait cette animation, l'occasion pour un célibataire de faire ses preuves. Il regardait le spectacle, l'air absent. Je m'arrêtai à ses côtés,  il le remarqua immédiatement. Il ne pouvait plus être silencieux maintenant qu'une dame s'était mise à ses côtés. Il devait faire la conversation. C'est néanmoins moi qui le pris du court.

-Vous n'aimez pas jouer Monsieur de Lully ?
-Je ne suis pas très bon à faire rire les gens. Je me contente souvent de les écouter.
-Voilà qui est bien dommage.
-Mais vous Mademoiselle, je constate que vous êtes bien peu souvent accompagnée de votre fiancé. Est-ce bien normal ?
-Normal, je ne sais pas, mais je m'y habitue très facilement. Qui a dit que les deux personnes d'un même couple vivaient accoudées ?
-Tout de même, vous n'êtes même pas encore mariés.
-Sans doute cela sera-t-il pire avec le temps, et lui vieillissant, décrépissant, assis dans son fauteuil grinçant, devant un feu, une petite couverture sur les genoux et un bonnet de nuit sur la tête.


Je croisai son regard avec un air solennel, nous fûmes silencieux l'espace d'une seconde puis nous rigolâmes, tout en regardant Booker attendre son tour. Je pensai un instant que je ne riais pas souvent, excepté quand j'avais le plaisir d'avoir des nouvelles de ma chère Elisa.

-Mais vous Monsieur, n'avez-vous aucune envie de faire une rencontre ?
-...Autrefois, peut-être...Mais aujourd'hui, je vois les choses en face. Tout le monde veut bien être l'ami de Monsieur de Lully, le côtoyer le temps d'une soirée, mais soyons raisonnables, personne n'espère le courtiser...
-Mais pourquoi !? Vous êtes pourtant plus que respectable.
-Oui, c'est comme vous dites, je suis respectable... Mais je suis également lié à une histoire, un acte manqué, qui me condamne à passer pour le raté.
-Vous n'êtes certainement pas un raté.
-Eh bien je n'ai pas su agir, je n'ai pas su protéger la personne que je devais servir par dessus tout. Et voyez le résultat... De plus, comme vous pouvez le constater, je suis morose, solitaire, parfois même sombre.


Il s'écarta de moi pour s'approcher d'un domestique qui passait avec un plateau d'argent où se trouvaient plusieurs coupes de champagne. Il en prit deux et revint vers moi, pour me la tendre.

-Je fais mon devoir de gentilhomme.
-Merci.
-Si cela ne vous dérange pas, je ne supporte pas très longtemps un tel bruit assourdissant. Dans ce pays, nous sommes nobles, mais nous sommes incapables de faire preuve de discrétion, comme vous pouvez le voir. Je souhaiterais donc sortir...
-Je vous accompagne.
-Comme il vous plaira.


Je regardai une dernière fois vers Booker pour voir si tout se déroulait selon son bon désir. Il était le prochain à passer. N'ayant pas besoin de moi, il n'y avait aucune raison pour que je reste pour l'observer. Nous sortîmes alors de cette gigantesque salle pour emprunter un couloir. Monsieur de Lully connaissait, à ne pas en douter, les lieux. Les domestiques le regardaient passer en faisant systématiquement une révérence. Nous arrivâmes alors sur une grande terrasse illuminée par des lanternes et surplombant un jardin à la française. L'endroit était calme. On n'entendait presque plus la musique.

-Alors, pourquoi être venue vers moi ?
-Vous suscitez beaucoup d'intérêt, quoi que vous en pensiez.
-Je suis plus que commun...Je suis même fade en vérité. Regardez-moi, votre fiancé a beau me surpasser en âge, il a beaucoup plus d'atouts.
-Les atouts ne font pas la qualité de la discussion, Monsieur. J'avais peut-être seulement envie de parler. Votre histoire m'intéresse.
-Elle intéresse bien des gens, tous les gens qui souhaitent en savoir plus sur mon échec, sur les dessous du problème, l'instabilité du Prince. Mais nous n'étions pas pires que d'autres, vous savez.
-Je ne veux pas vous juger, je vous l'assure. Quelle que soient les raisons pour lesquelles je souhaite entendre votre histoire, ne souhaitez-vous pas vous confier ? Une personne extérieure peut parfois être une meilleure oreille que celle qui vous connait.
-Après tout. Peut-être cela rendra-t-il la soirée moins désagréable ? Posez-moi vos questions.


Je restai silencieuse un instant puis allai m'asseoir sur le muret.

-Vous étiez amis avec le prince ?
-Il fut un temps où je pouvais prétendre à ce titre, en effet.
-Et qu'est ce qui a changé ?
-Le jour où tout a changé fut celui où la princesse a disparu...Enfin, où elle a été enlevée...
-La princesse Cendrillon, c'est bien cela ?
-Oui. Nous avions des raisons de penser qu'il n'était pas impossible qu'on cherche à s'emparer d'elle, et pourtant... Nous n'avons rien pu faire... A partir de là, tout a dégringolé.


Je savais que je n'avais rien à voir  avec l'enlèvement de cette princesse. Et pourtant... C'était bien Ariez qui avait ordonné cet enlèvement. C'était elle qui avait provoqué le malheur de ce monde.

-Vous savez...Le prince, il l'aimait vraiment. C'était la chose qui comptait le plus pour lui. Il n'a pas supporté de la perdre. Il a pourtant fait tout ce qui lui était possible en ce jour pour la sauver, comme d'autres personnes. Mais que voulez-vous qu'un jeune prince fasse contre des pouvoirs si forts, des pouvoirs qui lui échappent ?
-Et donc, le prince a commencé à se renfermer ?
-Pas tout de suite...C'était avant tout un homme courageux, un homme valeureux. Au début, il avait décidé de tout mettre en forme pour sauver la princesse. Il était bien décidé à y arriver...
-Mais qu'est-ce qui s'est passé alors ?
-Pour moi, c'est inexplicable... A partir d'un moment, tout ce que nous faisions, tous les plans que nous élaborions, rien n'était assez bien pour sauver Cendrillon. A ses yeux, tout ce dont nous étions capables, c'était de rater.
-C'est étrange... Ce n'est pas du tout ainsi qu'il était avant non... ?
-C'était un homme bon, Mademoiselle. Le meilleur que j'aie jamais connu.
-Alors que pensez-vous qu'il s'est passé ?
-A partir d'un moment, il m'a semblé clair que le prince était préoccupé par autre chose. Je l'entendais parler tout seul, comme si nous n'existions plus. Quelque chose planait au dessus de nous, au dessus du palais...A vrai dire, je ne sais pas ce que cela pouvait être ni d'où cela venait, mais je peux presque garantir qu'il écoutait les conseils d'une personne, une femme je crois.
-Mais quel rapport cela avait-il avec les problèmes dans le village ?
-Qui peut le dire ? A un moment, on a commencé à avoir des meurtres dans le village. La première réaction du prince a été de protéger les villageois avec de nouveaux gardes, mais les habitants ne furent pas rassurés, allez savoir pourquoi. Quelques temps plus tard, un attentat. Des gardes ont été retrouvés assassinés et défigurés, avec un message de rébellion à l'intention du prince, une insulte qui n'était certainement pas méritée, on l'accusait de bourreau. Vous savez...
-Oui ?
-On accuse souvent la noblesse de faire trop de frais, de ne penser qu'à elle-même... Et d'une certaine façon, c'est vrai.... Mais je peux vous assurer que le prince était un homme juste, et généreux. Un homme qui autrefois n'aurait pas laissé son peuple mourir de faim, un homme qui n'aurait pas puni de façon injuste. Ce n'était pas un homme qui inspirait la peur, il inspirait le respect. Alors pourquoi le peuple s'est-il retourné contre lui ? Comment avons-nous perdu le contrôle ?
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Dim 12 Jan 2014 - 5:05
On était une bonne dizaine à attendre comme des idiots devant la scène, en file indienne. On regardait tous Lady Boyle, mais certains d’entre nous la regardaient plus que d’autres, disons… Et ça me faisait absolument marrer. Décidément, y avait une sorte d’engouement autour de cette femme et à en voir l’allure des jeunots célibataires qui bavaient presque devant elle… Je me suis dit que c’était une femme assez importante.
Je me suis ensuite retourné vers la salle, et ça m’a confirmé qu’elle était bel et bien une femme importante. Les dorures partout, la sur-décoration, les nobles qui s’entassaient et qui jouaient à qui parle le plus fort… Ouais, je devais obligatoirement rencontrer cette fille et lui soutirer quelques infos avant de partir incognito. Pour le bien de la mission, ouais, mais aussi parce que… Je ne vais pas vous mentir, ça m’aurait fait plaisir de battre l’un de ces riches héritiers.

En fait, j’avais même déjà un plan derrière la tête. Je me suis dit que les autres allaient y aller avec un truc plus classique : lui faire la cour, chanter, jouer d’un instrument, réciter un poème kitsch et sans importance… Alors que moi, eh bien, quelque chose de plus impressionnant se tramait dans ma tête. Je me suis dit que les nobles étaient très attachés à leur univers matériel, mais j’avais envie de perturber un peu leur vision de la réalité.
Selon moi, mon plan allait fonctionner à merveille. Pas de risque que je rate le coup et qu’on m’humilie.

J’étais quatrième dans la file. En attendant, je me suis dit que j’allais écouter ce que les jeunots se disaient entre eux. Celui devant moi, un blondinet, était beaucoup trop stressé. Il se tenait à peine sur place, tremblotait de la jambe comme un lièvre égaré et regardait autour de lui comme si sa vie en dépendait. Ça m’a amusé, et à entendre ce qu’il disait, il allait prendre une vieille cithare et lui chanter une petite sérénade.
Cliché, beaucoup trop cliché. Bref, pendant que je l’écoutais, le premier est entré sur scène et s’est mis à déblatérer un quelconque poème. Pour être honnête avec vous, j’ai rien compris de ce qu’il disait. Je pense qu’il parlait latin. En tout cas, ça ne faisait aucun sens dans mes oreilles et… Bon, Lady Boyle n’a même pas bougé. C’était peine perdue pour ce pauvre riche en manque d’attention.

Le deuxième, contre toute attente, a décidé que faire la cour à la manière des nobles était… justement trop désuet. Il s’est dit que ça allait être amusant de se ridiculiser devant tout le monde et a donc joué au fou du roi pendant deux minutes. Il a culbuté d’un côté et de l’autre, est tombé sur le ventre, a rigolé trop fort… Et franchement, ça m’a pas fait rire du tout, même que ça m’a ennuyé.
Mais bon, j’étais à peu près le seul dans la salle à ne pas rire à gorge déployée (moi et le p’tit gars nerveux devant). Les autres nobles, eux, avaient décidé que ces deux minutes d’humiliation étaient hilarantes. J’ai même cru voir les lèvres de Lady Boyle bouger et sourire un peu. Bon, après tout, peut-être que c’est moi qui es dépassé et qui ne comprend pas l’humour « noble », hein. Sûrement.

Monsieur Nerveux est passé ensuite. Il est monté sur la scène en tombant trois ou quatre fois… Il a regardé Lady Boyle avec insistance et… il s’est lancé dans la gueule du loup, comme on dit. Il a pris sa guitare, s’est mis à gratter quelques accords et, étrangement, ça m’a plu. Quand il s’est mis à chanter, j’ai eu l’impression d’entendre la plus belle voix de toute l’humanité. C’était comme si… sa voix m’enchantait. Je me suis même mis à taper du pied sans m’en rendre compte… Ce connard allait donc être difficile à battre.
Quand il a terminé de jouer sa ballade, je me suis retourné pour voir l’état de la salle, et j’ai vu des femmes essuyer des larmes et même des hommes les joues totalement rouges. Ouais… J’avais de la compétition, mais j’étais pas trop stressé. Après tout, comment mon plan infaillible pouvait-il rater?

À mon tour, je suis monté sur la scène. En marchant, j’ai pris la flasque attachée à ma ceinture et je l’ai bue toute, d’un coup. Ça a pétillé dans le fond de ma gorge et j’ai comme senti une démangeaison incroyable au niveau de mes mains. J’ai presque perdu pied en voyant des corbeaux piquer mes mains de leurs serres et de leurs becs. Mais curieusement, je pense avoir été le seul à voir les corbeaux m’attaquer. Sûrement un effet secondaire de ces foutus toniques… Toujours des effets secondaires.

Une fois monté sur scène, le barbu a annoncé mon nom à voix-haute. J’ai vu Juliette dans le fond de la salle sautiller un peu en me voyant et j’ai… joué le tout pour le tout. Parce que c’est tout ce que je sais faire, jouer le tout pour le tout. Je me suis mis à faire de grands gestes, sans parler, et à tourner sur moi-même. Sans demander la permission au barbu, j’ai pris son chapeau (absolument gigantesque et si il y avait même des branches taillées autour) et j’ai montré l’intérieur à l’audience. Ils ont bien vu qu’il y avait rien, alors je l’ai porté dix secondes en souriant.
Je voyais que ça n’amusait ni les nobles, ni Lady Boyle qui se tenait toujours comme une statue de marbre. Mais là, alors que tout le monde était sur le point de me huer, j’ai repris le chapeau, je l’ai montré encore une fois au public et je me suis lancé. J’ai essayé de faire durer le suspense, avec j’ai déposé traaaanquillement ma main au fond du chapeau. Je me suis concentré et, d’un coup, une nuée de corbeaux s’est mise à voler jusqu’au plafond. J’ai eu peur pendant un moment que les oiseaux se rebellent contre moi, mais bon… J’ai eu un coup de chance et ils ont disparu après avoir frappé solidement le plafond.

Et là… J’ai vu le visage des nobles se transformer. Y en a quelques uns qui se sont mis à crier, mais la plupart n’ont pas bougé et se sont contentés de me regarder, la bouche grande ouverte. Je me suis même retourné vers Lady Boyle pour contempler ma victoire dans son visage. Ouais… J’avais bien réussi, je pense. Mais j’avais pas encore fini de les impressionner.
J’ai lancé le chapeau, sans trop savoir si j’allais réussir ou pas… Donc, je l’ai lancé, très loin dans la foule. De l’autre main, j’ai créé une deuxième nuée de corbeaux qui s’est dirigée vers les nobles. Et à ce moment-là, je me suis dit que c’était la fin. Je voyais déjà les corbeaux massacrer les nobles et les démembrer de tous les côtés. Je voyais déjà le bain de sang sur le sol et tout et tout. Ouais… J’ai eu la peur de ma vie, mais tout s’est bien passé.
Parce que… Je me suis rendu compte que je pouvais contrôler les corbeaux. Dans ma tête, je leur ai demandé d’aller chercher le chapeau et de me le rapporter, et c’est ce qu’ils ont fait. Quand j’ai arrêté de me concentrer, eh bien, ils ont tout disparu encore une fois. Ce tonique me donnait un sacré pouvoir.

Et laissez-moi vous dire que ce sacré pouvoir m’a littéralement fait gagner la compét’. J’avais jamais vu autant de perplexité dans un diamètre aussi… restreint. Même Lady Boyle en a perdu pied. Quand j’ai quitté la scène, on a commencé à m’acclamer. Et quand j’ai rejoint les autres idiots dans la file, les cris se sont arrêtés. Non, je rectifie, les cris n’ont pas arrêté, ils ont… ils ont changé du tout au tout. Disons que… Ce n’était plus tellement la joie.
Enfin… Quand je me suis retourné, j’ai vu Lady Boyle, sur le sol, le barbu par-dessus en essayant de prendre ses signes vitaux. Soit elle jouait parfaitement la comédie, soit le sang qu’elle crachait était vrai. À en voir la tête du barbu et Lady Boyle arrêter de bouger, je me suis dit que… Elle était probablement morte.


« Lady… Lady Boyle est morte. »

Le barbu a décidé que c’était crucial de mettre au clair ce qui était déjà… assez clair. J’ai voulu retourner sur la scène pour aller voir de plus près ce qui en était, mais j’ai opté pour une solution plus sage : me fondre dans la foule. Princesse a bien dit qu’on devait pas se mêler des affaires de Lady Boyle, et… Pour tout vous dire, ça me tentait pas trop d’être mêlé à toute cette histoire. J’avais déjà causé assez de problèmes jusqu’à présent…
Mais bon, j’ai regardé une dernière fois la scène avant de me retourner vers la foule. Ils étaient tous paniqués et j’en ai vu quelques uns décamper silencieusement. J’étais probablement le seul dans cette salle qui savait que Lady Boyle n’était pas morte d’une cause naturelle. Princesse avait prédit un attentat.


« Lady Boyle a été assassinée, que le barbu a crié en me confirmant que j’étais finalement pas le seul à savoir qu’elle avait été assassinée. Ce n’est pas la première fois que j’observe de tels symptômes… Il s’agit d’un empoisonnement. Qu’on ferme les portes immédiatement. Il y a un meurtrier parmi nous. »

Ça a causé… Tout un émoi dans la foule. Les valets ont empoigné leurs armes et ont barricadé les portes. Je me suis demandé si c’était la bonne solution, étant donné que l’assassin était probablement armé, ou avait déguerpi depuis déjà trop longtemps. J’ai pas trop voulu attirer l’attention pendant ce moment de crise, alors je me suis plié aux règles et j’ai tenté de reprendre sagement ma place parmi les nobles.
Mais le barbu a décidé que j’étais louche (voir ici l’expression « au mauvais endroit au mauvais moment » qui me colle au cul depuis ma naissance) et a ordonné à deux de ses valets de me tenir en joue. Ils ont pointé leur épée sur moi et m’ont regardé comme si j’étais le plus horrible des meurtriers. J’avais rien fait, merde. Pour une fois, j’étais pas responsable d’une connerie de ce genre. Le destin est un connard, pas moi.

Au même moment, j’ai vu Juliette me regarder avec dégoût, et je me suis rendu compte que j’étais dans de beaux draps. Dans ma tête à ce moment précis, il y avait deux options : soit Vesper était déjà à l’intérieur avant qu’on ferme les portes et pouvait donc m’aider à me sortir de là, soit elle était à l’extérieur (ce qui aurait été le comble pour le bouc-émissaire du destin que je suis) et je devais trouver une solution à tout ce bazar avant qu’on me lapide sur la place publique.
Dans tous les cas… Ça allait pas être facile. On/je avait/avais du pain sur la planche.
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Jeu 16 Jan 2014 - 15:24
Nous étions toujours assis sur la balustrade de la terrasse du grand domaine de Lady Boyle. J'avais posé ma main sur l'épaule de Monsieur de Lully, en signe de compassion. Il m'avait rendu un sourire sincère mais triste malgré tout. Il était jeune, mais tout semblait fini pour lui.

Soudain, j'entendis un bruit auquel je ne m'étais pas préparée pour cette soirée. Au début, il n'y eut qu'une exclamation, et puis plusieurs. Je tournai la tête vers l'intérieur.

-Qu'y a-t-il, mademoiselle ? Quelque chose ne va pas ?
-Ce n'est pas moi... Vous n'avez pas entendu?dis-je en me levant.
-Entendu quoi ? Non...euh pardon... Qu'aurais-je du entendre ?
-Je crois que quelque chose de grave est en train de se passer...


Subitement, une pensée me parcourut. Qu'est-ce que ce bougre de Booker avait « encore » fait ? Je ne le connaissais que depuis quelque heures, et je le sentais déjà capable de commettre les pires erreurs. Toutefois, les cris que j'avais entendus me semblaient relever de la terreur. Or, je l'imaginais mal à l'origine d'un évènement d'une grande gravité. Après tout, ce n'était pas dans son intérêt. Gardant la décence que l'on attend d'une dame, je me dirigeai d'un pas rapide vers la porte. Quelle ne fut pas ma déception quand je vis des domestiques fermer la porte devant moi. A l'évidence, la situation avait fortement dégénéré. Quelque chose de grave venait de se passer. Et j'avais été idiote. J'étais partie. Je frappai la vitre en fixant les domestiques et les implorant du regard.

-Ouvrez-moi ! S'il vous plait ! C'est important.


Monsieur de Lully accourut près de moi. Il essaya d'influencer les domestiques, mais ceux-ci restèrent impassibles et répondirent à travers la vitre.

-Je suis désolée, Monsieur. Personne ne doit sortir, et personne ne doit entrer. C'est une scène de crime, maintenant. Il est inutile de faire entrer des personnes, comme vous, qui n'ont aucune raison d'être incriminées.


Je poussai un cri de protestation. Nous nous écartâmes des domestiques pour parler.

-Un meurtre ? La situation devient vraiment grave à présent. Nous ne sommes plus en sécurité dans nos belles demeures. Mais qui ?
-J'ai bien une idée, mais ce n'est pas ce qui nous intéresse.
-Vous pensez à Lady Boyle ?
-Oui, évidemment. L'attention est tournée autour d'elle ce soir...
-Bon. Que faisons-nous ?
-Eh bien, monsieur. Il me semble clair que nous ne pouvons pas retourner chez nous comme de braves gens. Il y a  dans ce château, votre femme, mon fiancé.
-Je ne suis pas sûr qu'aucun des deux le mérite... Mais de toute façon, que pouvons-nous faire d'autre qu'attendre ?


Je souris un instant à Monsieur de Lully. Il ne connaissait pas la véritable mademoiselle Earl. Je reculai sur la terrasse pour observer le mur du château. Comme je l'espérais, les fenêtres du haut n'avait pas encore été fermées. Il ne fallait pas traîner. C'était presque trop facile. Du moins, pour moi. Une « moi » qui ne serait pas habillée en robe délicate, fragile, et permettant peu de mouvements.

-Allons Monsieur, vous n'avez donc aucune imagination ?
-Vous n'êtes pas sérieuse !? Vous êtes une dame, et moi un gentilhomme.


Je continuai de le regarder de ce sourire qui parvient à insuffler de l'audace à n'importe quel poltron.

-Vous avez connu des situations bien plus dangereuses que celle-ci, Monsieur. Laissez-moi vous montrer le chemin.


J'inspectai alors ma robe avec tout le regret du monde et fermant les yeux pour ne pas admirer ce spectacle, je fendis le bas de ma jupe pour me donner un peu plus d'ouverture dans mes mouvements.

-Votre robe... !


Il se cacha le visage pour ne pas assister à la chute de la bienséance en direct devant ses yeux.

-Ce n'est qu'une robe ! Arrêtez de faire votre mijaurée !
-Ce n'est pas ça ! Mais à quoi vous attendiez-vous ?  En tout cas, moi, je ne m'attendais pas à ça.


Je ris un instant, et puis me concentrai sur ma cible, il fallait que j'atteigne la première accroche. Je pris donc de l'élan et sautai sur le mur, me déplaçant rapidement d'un appui à un autre, atteignant la première accroche sans trop de peine. J'entendis Monsieur de Lully s'exclamer de stupeur. Ensuite je continuai mon escalade, passant de lierres à des nids d'oiseaux puis à des moulures sur le mur. Sans trop de peine, je finis par atteindre l'appui de fenêtre auquel je m'accrochai pour ensuite bondir dans la chambre, ce qui me valut une nouvelle exclamation. En entrant, je tombai nez-à-nez avec une espèce de garde. Il prit peur. Ne sachant pas à quoi je devais m'attendre de sa part, je lui enfonçai mon poing dans la figure. Il s'écroula au sol, sans résistance. Je n'étais pas habituée à ces méthodes, mais après tout, je n'avais pas d'arme, il me fallait donc faire avec les moyens qu'on me donnait. Ensuite je me retournai vers la fenêtre et me penchai et parlai le plus discrètement possible.

-Bon ! Vous venez ?
-Je suis tout à fait incapable de reproduire la prouesse que vous venez d'accomplir ! Lancez-moi quelque chose pour que je puisse grimper.
-Il n'y a pas de cordes dans les chambres des châteaux !


Je regardai l'intérieur de la chambre, réfléchissant à ce dont je pourrais me servir pour le faire monter. Assembler des vêtements prendraient trop de temps. Et puis j'eus une idée. Les rideaux. Sans délicatesse, j'arrachai les immenses et lourds rideaux de leur rail, en déchirai plusieurs longs morceaux et les assemblai. Je lançai alors cette aide à celui qui attendait en bas et accrochai l'autre bout au pied d'une armoire lourde et massive. Tandis qu'il s'accrochait aux rideaux et qu'il tentait d'escalader, je l'assistais en tirant de toutes mes forces sur le rideau. Quand il fut enfin en haut, il soupira.

-Mais ?! Que fait-il donc là ?


Il avait sursauté en voyant le garde couché à terre. Il me regardai avec un air suspicieux.

-Êtes-vous bien sûre que votre art ne consiste pas en du chapardage ?
-Qui vous a dit que les deux étaient incompatibles ?


Il me retint le poignet pour m'empêcher de me dérober.

-Ecoutez, Mademoiselle. Vous m'êtes très sympathique, mais je me suis ouvert à vous. Au final, je ne suis même pas sûr de savoir qui vous êtes. Je m'apprête à prendre un énorme risque en vous suivant. Ne puis-je donc pas avoir un peu d'honnêteté ?


Je croisai son regard, tentant de déceler s'il y avait le moindre risque à ce que je prenne un risque en étant partiellement honnête avec cet homme. Il méritait mon honnêteté.

-Ecoutez..! Nous n'avons pas beaucoup de temps mais... Nous avons été invités par Lady Boyle...
-Vous la connaissez... ?
-Pas personnellement. Je ne suis pas l'artiste que je dis être...Et le reste...n'a pas d'importance en vérité. Tout ce que je peux vous dire c'est que si je suis venue ce soir, ce n'est pas dans un but hostile. Nous tentons simplement de nous informer. Je vous promets que je n'ai rien à voir avec cette histoire. Je suis là, pratiquement comme vous, en tant qu'invitée.
-D'où vos questions.
-Oui. Mais je vous promets que je n'ai aucune mauvaise intention vous concernant ou concernant votre passé !
-Bon. Comme vous dites, ces choses là n'ont plus d'importance à l'heure actuelle. Alors, descendons.


Nous sortîmes alors de cette chambre et arrivâmes dans un couloir où il n'y avait visiblement personne d'autre. Je laissai l'instinct noble de Monsieur de Lully nous mener vers l'escalier principal. Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre lorsque nous serions en bas, et comment nous pourrions nous expliquer. Nous descendîmes l'escalier sans voir âme qui vive. Je suspectais les invités et domestiques d'être à présent tous rassemblés dans la salle de bal.

-La salle de bal est derrière cette porte.
-Il faudrait que nous entrions discrètement, sans qu'on nous voie arriver de nulle part.


Monsieur de Lully s'approchait de la porte et posa son oreille dessus.

-Il y a beaucoup d'agitation, je pense que nous pouvons entrer.


Quand nous entrâmes dans la salle, nous pûmes constater que personne ne regardait vers nous. Tous chuchotaient entre eux, essayaient de se déplacer pour être plus proches. Mais plus proches de quoi ? Qu'y avait-il de si intéressant à voir ? Le corps ? Monsieur de Lully prit mon bras et nous amena à un endroit où nous pourrions avoir un meilleur point de vue.

-Il faut que vous voyiez ça.


Quand j'eus une assez grande ouverture pour voir le spectacle que tout le monde semblait regarder, j'aperçus le grand Booker DeWitt, en très mauvaise posture. Si la situation ne présentait pas un certain nombre de risques, j'aurais pu en rigoler. Mais non, ce n'était pas amusant. Son destin était en ce lieu lié au mien. Et s'il arrivait qu'il parle pour une raison ou une autre, je serais toute aussi mal embarquée que lui. Monsieur de Lully, visiblement peu intéressé par le sort de sa femme, s'approcha de moi et soufflai à mon oreille.

-Je ne sais pas si ce Monsieur est réellement pour vous ce qu'il dit être...Mais...Quoi qu'il en soit, il semblerait qu'il soit le premier suspect.


Il détourna les yeux de la scène et sembla chercher quelque chose du regard.

-...Le premier suspect du meurtre de Lady Boyle.


Lady Boyle était bien l'unique personne qui aurait pu innocenter Booker DeWitt. Elle était la seule à savoir la véritable raison de notre visite. Elle était donc la seule à savoir que nous n'avions aucune raison de s'en prendre à sa vie. Je décidai de m'approcher du « suspect  numéro un ». Les nobles, me reconnaissant comme la fiancée de ce monsieur, me laissèrent passer. Certains semblaient éprouver de la compassion pour moi, d'autres tentaient de déceler en moi la moindre trace de complicité. Je sentis que Monsieur de Lully me suivait. Tant mieux, sans doute serait-il un appui supplémentaire. J'arrivai à quelques mètres des valets tenant Booker ainsi que de l'homme barbu qui menait les festivités et qui désormais semblait mener l'affaire.

-Messieurs, cet homme est mon fiancé. Puis-je savoir pourquoi vous semblez le menacer ?
-Nous ne le menaçons pas, mademoiselle. Nous l'empêchons de nuire, et par la même occasion de se nuire à lui-même.
-Il est tout à fait incapable de nuire à qui que ce soit.
-Tant que nous ne savons pas qui est le coupable du meurtre qui vient d'être commis, votre mari n'est ni coupable, ni innocent, il est suspect.
-Il est également présumé innocent.
-Bien sûr...Mais pour la sécurité de tous, personne ne doit être écarté dans cette enquête.
-Puisque nous parlons d'enquête, puis-je savoir pourquoi vous semblez décider de tout ? N'y a-t-il donc aucune police pour s'occuper de cette scène de crime plutôt que quelques valets et un monsieur bien inquisiteur ?


Je lui lançai un regard de défi. Il ne devait pas être habitué à avoir à débattre avec une femme, ce qui semblait le déstabiliser. Mais qu'importe, la situation était grave. Monsieur de Lully intervint alors.

-Monsieur le Marquis, elle dit vrai. Il me semble hâtif de procéder à des menaces et des arrestations.
-J'essaie simplement de garantir la sécurité de chacun. J'ai envoyé des gens, la police ne devrait pas tarder.


Je me dirigeai alors vers Booker, simulant la jeune femme amoureuse éperdue et rassurer de retrouver son être aimé. Je chuchotai.

-Monsieur... Vous nous avez mis dans de beaux draps ! Comment avez-vous réussi à vous retrouver premier suspect ? Je ne suis même pas partie une demi heure !

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Ven 24 Jan 2014 - 19:49
J’ai vu Vesper se pointer le bout du nez et… je sais pas trop si j’ai été soulagé ou totalement humilié. D’un côté, elle venait me prêter main forte pour éviter qu’on soit tous les deux obligés de ramener un rapport de mission échouée à Princesse… mais de l’autre, j’avais l’impression d’être une demoiselle en détresse. Vous savez, la petite princesse innocente dans les contes de fées qui ne fait que des conneries jusqu’à l’arrivée d’un gars, trop musclé et surfait. Eh bien, j’étais cette fille et Vesper était le super héros qui m’avait libéré des super vilains.
Sans doute… Mon orgueil a été piétiné pendant ce bal. Mais j’ai arrêté de m’en faire bien vite, parce que j’étais depuis quelques temps dans un groupe, avec d’autres gens qui ont apparemment des « idéaux communs ». Je suis pas arrivé ici parce que je voulais, mais bon, je devais m’y habituer. J’allais sûrement faire des dizaines d’autres missions comme ça, en duo avec des gens que je ne connaissais pas. J’allais donc très fort probablement me planter une centaine de fois. Autant faire comme si ça m’affectait pas dès le début.

Donc… Vesper est arrivée avec le blondinet. Lui a décidé de parler avec celui qui me retenait, et ça a plus ou moins marché. Ouais, j’ai pu retrouver l’usage de mes bras, mais je pouvais pas tellement bouger. Même si j’étais « libre », je devais rester dans un rayon de sécurité pour pas compromettre celles des autres. Ça me dérangeait pas qu’on me soupçonne, mais bon Dieu, foutez-moi la paix un moment.
J’ai pris une grande respiration, j’ai essayé de pas trop commettre des trucs de façon impulsive et non-réfléchie. On était déjà assez dans la merde, c’était pas tellement utile d’échouer encore plus cette mission. Enfin… Je dis « échouer », mais pour tout vous dire, j’ai l’impression qu’on a tout d’même réussi à amasser un max d’infos. Vesper est allée parler avec deux snobs, moi avec une et… le meurtre de Boyle m’a fait comprendre que la noblesse était un monde assez dur et que tout était une question de gloire et de reconnaissance. Rien de moins.
Si Princesse veut vraiment conquérir ce monde un jour, eh bien… Elle aura du pain sur la planche. ‘faut se faire aimer (et détester) pour se faire un nom, et ‘faut se faire un nom pour pouvoir les manipuler. Mais bon… C’est pas mon problème.

Enfin, je divague… Tout ça pour dire que j’ai pas eu trop envie de répondre à la question de Vesper. J’ai senti dans sa voix le sarcasme et pour être honnête, ça m’a… vraiment vexé. Bon, elle avait assez raison… et si j’étais dans ses bottes, j’aurais probablement agi de la même façon, mais… Et j’avais causé pas mal de potentiels problèmes depuis le début de cette (foutue) mission, et… Ouais, laissez tomber.

J’ai donc joué le rôle du gars qui n’entend rien ou celui qui n’écoute pas sa fiancée. Je me suis retourné vers la salle, et j’ai vu que les gens étaient dans un sale état. Tout le monde paniquait. Même si les snobs mâles faisaient mine de pas avoir peur, je voyais bien qu’ils avaient tous eu la frousse de leur vie et qu’ils avaient qu’une seule envie : déguerpir avant d’être assassiné par un mec qui n’était probablement même plus là.
Et c’était plutôt marrant de voir. En tout cas, ça m’a amusé jusqu’à ce que la super garde (quatre hommes moustachus) fasse son apparition. Quand ils sont arrivés, les gens ont soupiré, comme si… comme si ces policiers étaient la solution à tous les problèmes. Et le problème dans le cas échéant, c’était moi. En tout cas, c’est ce que tous croyaient.
Ils se sont donc approchés assez rapidement. Ils ont interrogé deux-trois snobs dans la foule et, bizarrement, ils ont tous pointé en ma direction. Soit ils me trouvaient particulièrement charmants, soit ils croyaient que je venais de tuer la grande Lady Boyle. Dans tous les cas, la garde s’est avancée vers moi. Deux des moustachus sont montés sur la scène pour autopsier le cadavre de madame alors que les deux autres m’ont regardé avec… des yeux méchants. Ils ont pas attendu une seule seconde pour m’empoigner au collet et m’interroger (c'est le plus petit des deux qui a parlé).


« Alors, monsieur… »

« Monsieur DeWitt, que j’ai répondu avec un sourire large. Enchanté. »

Il m’a dévisagé d’une façon tellement intense que ça a cassé tout le plaisir que j’avais. Par « plaisir », j’entends évidemment « plaisir à faire comme si toute cette histoire me passait dix mètres par-dessus la tête ». Enfin, après ça, il a continué son discours :

« Monsieur DeWitt, nous avons interrogé plusieurs personnes dans la salle et il semble que vous soyez le premier suspect de toute cette histoire. On raconte que vous étiez sur la scène au moment où Lady Boyle a rendu l’âme et que… votre magie noire pourrait être en cause de son mystérieux assassinat. »

« Assassinat? Sauf votre respect, qui a décrété que c’en était un? »

L’un des moustachus a lancé un regard à un autre sur la scène, qui a répondu d’un signe de tête et d’un mouvement de main pas très gracieux.

« Les symptômes de Lady Boyle sont caractéristiques d’un empoisonnement à l’arsenic. Nous faisons affaire avec des cas semblable plusieurs fois par mois. Ce n’est pas la première fois qu’on daigne assassiner une grande de l’aristocratie pour s’accaparer d’un peu de pouvoir, monsieur DeWitt. »

« Si vous le dites. »

« Nous aimerions vous interroger dans un lieu plus calme, monsieur DeWitt. Suivez-nous jusqu’aux casernes, question qu’on puisse mettre toute cette histoire au clair. »

« Messieurs, vous n’avez aucune preuve contre moi. Je suis innocent jusqu’à preuve du contraire, n’est-ce pas? »

« Les circonstances sont trop importantes pour qu’on considère qu’il ne s’agisse que d’une vulgaire coïncidence. Laissez-nous faire notre travail et suivez-nous. Nous ne voulons pas user de la force pour maîtriser, veuillez accéder à nos requêtes. »

« Et si j’en ai pas envie? »

« Nous opterons pour un plan plus brutal. Nous serons cléments si vous acceptez de collaborer. »

« Je vais être franc avec vous, messieurs… Je n’ai rien à voir avec toute cette histoire. J’étais au mauvais endroit au mauvais moment, c’est tout ce que vous devez savoir. Mais puisque vous ne semblez pas vouloir me laisser partir, ma fiancée peut-elle m’accompagner? »

« Je ne suis pas certain que cela respecte le protocole. »

« Messieurs, je vous en supplie. Je ne veux pas qu’elle s’inquiète de ma condition et j’aimerais qu’elle soit présente à mes côtés pour entendre ma version des faits. »

« Je suis désolé, monsieur DeWitt, mais nous ne pouvons pas accepter. »

« Je ne vais pas vous cacher que je suis grandement impulsif. Ma fiancée est toujours là pour apaiser mes maux quand cela ne va pas, et elle pourrait vous être utile pour me maîtriser. Je vous en supplie, c’est la seule chose que je vous demande. »

Il a consulté du regard son collègue et il a finalement accepté. Je me suis mis à sourire comme si demain n’existait pas avant de me pencher vers Vesper pour lui chuchoter à l’oreille.

« La mission est terminée. Dès qu’on est à l’extérieur, on déguerpit. J’en ai assez de ce bal de merde. »

J’avais même pas terminé ma phrase qu’un de des moustachus avait déjà ligoté mes mains avec de la corde. Par réflexe, j’ai essayé de me défaire de mes liens, mais je me suis dit que je devais jouer la carte du gars sage qui se soumet aux ordres de l’autorité. Après tout, je n’avais pas envie d’attirer encore une fois l’attention sur moi, alors autant agir en bonne et due forme pour éviter de mettre les pieds dans un nouveau problème.
Cela fait, les deux moustachus se sont mis à me brutaliser le dos de façon à ce que je mène la marche. On a traversé toute la foule et… Ouais, les regards des gens étaient comme des poignards qui me lacéraient. J’avais l’impression d’être le plus ignoble des monstres. J’ai eu d’autant plus honte quand j’ai croisé de nouveau – et pour la dernière fois – le regard de Juliette. Là, je ne voyais même plus la petite lueur enchantée dans le fond de ses yeux, que de la haine. Dommage. Mine de rien, cette femme aurait pu m’intéresser à long-terme.

On s’est avancé vers les deux grandes portes alors que quatre autres policiers sont entrés dans la salle de bal. Ils se sont mis à interroger au hasard d’autres snobs dans la pièce afin de clarifier un peu cette histoire. Quant à nous, on a finalement – et c’était pas trop tôt – quitté ce lieu de malheur. On a emprunté tout d’abord un sentier très éclairé, mais peu à peu, on a arpenté les abords de a forêt, là où il faisait un peu plus noir.
Et là, j’ai jugé le moment opportun pour passer à l’action. En fait, on se trouvait à une distance raisonnable de toute forme de civilisation et, à en regarder un peu autour de moi, on était à peu près les seules personnes dans un rayon d’environ 100 mètres. J’ai donc pris mon courage à deux mains (c’est une façon de parler, car mes poignets étaient très clairement ligotés).

De façon totalement intentionnelle, je me suis laissé tomber sur le sol… avec tant d’insistance que le garde n’a pas pu me retenir. Je me suis retrouvée face contre terre (ça a été douloureux, mais j’espérais silencieusement que mon plan fonctionne parfaitement). Dans cette position, mes mains étaient parfaitement placées pour utiliser mon Tonique, et c’est ce que j’ai fait.
Je me suis concentré brièvement et juste avant qu’on tente de me relever, une bonne dizaine de corbeaux sont apparus de nulle part et se sont mis à déchirer les vêtements des deux policiers. Ils se sont mis à paniquer, à hurler et à courir dans tous les sens en implorant les cieux. J’ai essayé de faire apparaître une deuxième nuée de corbeaux, mais le Tonique commençait vraiment à s’épuiser… J'ai pas réussi à faire grand-chose, en fait... Y'a que des plumes qui sont sorties de mes mains cette fois.

J’étais donc… à présent inutile, ligoté, sur le sol, totalement incapable de me remettre sur pieds. J’ai donc fait ce que je fais le mieux : improviser. J’ai roulé sur moi-même en faisant trébucher l’un des deux policiers. Après ça, je me suis mis à prier, en espérant que Vesper ait compris le plan.
C’est marrant, à m’entendre parler et à me voir prier… Je suis presque devenu chrétien pendant cette mission.
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Mar 4 Mar 2014 - 21:48
Tout en l'écoutant dire à quel point sa fiancée était essentielle à son bonheur, j'observai Booker, essayant de comprendre à quel jeu il jouait. Quand ils cédèrent, je fus informée de ses plans. Quoi ? Quoi ? S'était-il inquiété un seul instant de mon avis sur la question ? Non, je commençais véritablement à m'y habituer, à m'en lasser même. De toute évidence, Booker DeWitt et moi même ne vivions pas dans le même monde. Dans mon monde à moi, on se serait soucié de mettre une évidente culpabilité sur le nom de deux fugitifs, pas dans son monde. Dans mon monde à moi,  donner une réputation à son visage ainsi qu'à son nom serait problématique, pas dans le sien. Visiblement, Booker n'avait pas l'intention de revenir  en ces lieux.

Néanmoins, je n'avais pas la possibilité de discuter cette suggestion et me montrer suspecte. Je devais encore une fois jouer le jeu de la fiancée. Lorsque les gardes commencèrent leur sortie de la salle, je regardai Monsieur de Lully, qui semblait peiné pour moi.

-Mademoiselle, je suis bien désolé. Si je peux faire quelque chose pour vous...
-Ne vous inquiétez pas, je suis certaine que tout sera bientôt réglé... Lorsqu'ils comprendront que tout cela n'était qu'une erreur.
-Je l'espère sincèrement. Quoi qu'il en soit, si votre « ami » se retrouvait bel et bien impliqué plus sérieusement, je ne pourrais que vous conseiller de ne pas vous éterniser.
-Excusez-moi... Je dois y aller, maintenant.


Je cherchai dans mes maigres affaires un morceau de papier et de quoi noter et lui tendis ensuite ce papier.

-Prenez cette adresse, vous pourrez m'y écrire, si l'envie ou le besoin se faisaient sentir.


Je le regardai une dernière fois avec compassion. Après tous ces événements, je m'estimais encore la plus chanceuse de nous deux. Il s'était confié à moi, et je l'appréciais désormais, je ressentais de la confiance moi aussi. Je tournai le dos et m'avançai vers la sortie sans me retourner, sans croiser le regard de ceux qui m'observaient tout en créant un passage pour la pauvre fiancée. Je rejoins rapidement la troupe de gardes et les suivis de près, dans un silence religieux. Nous nous éloignâmes du château, du village.  Soudainement, alors que j'avais les yeux baissés, j'entendis un bruit sourd, quelque chose venait de tomber à terre. Se déroula alors sous mon regard une scène des plus surréelles. Des corbeaux, des cris de peurs, des appels.

Mais alors que les gardes criaient toujours, Booker semblait à court d'argument. Je m'approchai d'un des gardes qui s'agitait nerveusement. Jouant le rôle de la jeune femme qui ne comprend pas ce qui se passe, je subtilisai une dague au garde.

-Qu'est-ce que c'est ?!? Aidez-moi !


Après cette manoeuvre, je m'approchai de Booker et coupai ses liens. Sans perdre un instant, de peur que les gardes alertent encore plus d'effectif, je commençai les hostilités. Tout cela en robe de soirée.

-Messieurs, vous nous excuserez pour cet empêchement mais nous ne pouvons nous éterniser auprès de vous.
-Qu'est-ce que ça veut dire ?!


Glissant vers l'un deux, je le frappai de mon poing pour l'étourdir puis le désarmai. Ensuite à l'aide de la garde de l'épée, je l'assommai pour éviter une mort inutile. Tandis qu'un autre garde s'élançait vers moi, j'évitai de justesse son coup en sautant sur le côté. Ma robe se déchira d'autant plus et je trébuchai. Les escarpins que je portais alors ne me facilitaient pas la tâche. Les ôtant rapidement, je me levai de suite pour faire à nouveau face au garde. Quand il se jeta sur moi,  je le repoussai violemment afin qu'il perde l'équilibre et que je puisse le frapper pour lui faire perdre connaissance.

L'instant d'après, je faisais dos à Booker.

-En ce qui me concerne et compte tenu de la situation plutôt chaotique, nos chemins se séparent ici. Il est préférable qu'on ne nous voie pas ensemble s'il advenait qu'on recherche un couple correspondant à notre description.


Je rechaussai mes escarpins. Ma tenue était à présent peu reluisante, je devais me faire discrète.

-A la prochaine, en espérant que les circonstances soient plus favorables.
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Ven 27 Juin 2014 - 17:10
Toutes mes excuses pour le temps que j'ai pris...

Mister De Witt... Lady Earl... c'est exactement ce que j'espérais voir en vous donnant cette mission là !

Déjà parce qu'elle est en duo... et que c'est très fluide malgré tout. Booker et Vesper ne sont pas accolés l'un à l'autre, ils bougent et voient, entendent, au même moment des choses différentes. On sent tout le long de la mission les intérêts et contraintes de faire équipe.
Vos deux personnages sont très différents et le contraste est très sympa ! De ce côtés là... rien à redire, vous le jouez le jeu.

Ensuite, pour l'ambiance... je dois bien avouer que je savais d'avance Vesper très à l'aise là-dedans ^^ Mention spécial à la police et les dialogues maitrisés. Tu décris superbement bien la soirée et la préparation, parfaitement dans le ton et l'ambiance. Ça te va comme un gant ! J'ai trouvé tes petites images très jolies, toujours adaptés au moment ^^ Par contre, je n'ai pas beaucoup aimé le cadre... le trait est un peu gras, ça ne cadre pas vraiment je trouve.
Le moment où l'homme raconte ce qui est arrivé au prince et au Palais des Rêves... j'ai trouvé ça émouvant ^^ Puis Vesper est vraiment cool, elle choque les gentilhomme et rentre dans les châteaux ! Elle m'a fait penser à Cat's Eyes !

Booker, tu t'en sors aussi je te rassure ! Évidement... Booker n'est pas de ce milieu mais il s'en sort quand même, après des débuts... quelques peu difficiles, il arrive à se faire remarquer et finit même par en jouer. Malgré qu'il soit un peu bête, il attire l'attention sur lui et laisse Vesper exaspéré mais tranquille pour faire ses recherches. Puis voilà, Booker est ridicule, mauvais menteur, tout ça... mais c'est aussi celui qui n'est pas censé être là. On compatit avec la galère dans laquelle est Booker... mais aussi avec Vesper qui doit te surveiller sans cesse !

La tension monte lentement tout au long du rp, l'étau se resserre lentement... mais le temps passe vite ! Les masques tombent peu à peu, un par un, une vérité cachée découverte après l'autre... et vous êtes tous deux d'excellents acteurs. J'estime ça à atroce, tout ça n'était pas sans risque et sans difficultés !

Atroce :

Lady Earl... : 45 points d'expérience + 450 munnies + 4 PS ! Deux en dextérité, un en vitesse et un en psychisme...

Mister DeWitt : 45 points d'expérience + 450 munnies + 4 PS ! Un en symbiose, trois en dextérité (Vous avez enfin appris à danser ?)
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