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Dim 29 Déc 2013 - 20:54
- Journal de voyage de Flesia, Entrée #3

Flesia Mana a écrit:
Brrrr ! Quel froid ! Mais ca veut pas dire qu'on doit pas s'entraîner, parce que les méchants ne sont pas du genre à venir attaquer gentiment en pantoufles devant un bon feu de cheminée ! Déjà, j'ai dû bricoler un parcours pour moi, pour remplacer celui à la maison ... bon, j'ai jamais été très bonne manuellement alors c'est pas joli joli ... mais tant que ça me tient en forme !

La matinée venait à peine de commençer, le soleil pointait le bout de ses rayons au dessus d'un espace verdoyant, situé à quelques pas du château. Les branches dénudés par l'hiver bien installé formaient une arche au dessus du chemin de terre battue s'enfoncant plus au loin dans les bois ceingnant le château. Le gel de la nuit passée n'a pas encore levé son voile immaculé, encore bien installé dans le frais. Ce tapis cristallin allait pour un temps encore accompagner chacun des pas rapide d'un être remontant le traçé en courant, soufflant en rythme avec les enjambées prestes de son pas de course, martelant la terre avec puissance sous la semelle de cuir de ses souliers. L'ample mouvement de ses jambes était tout au plus un échauffement pour elle, une course destinée à servir de première partie à son entraînement de la journée.

Rituellement, cet exercice est composé de huit épreuves, une pour chacun des esprits de la nature tel que reconnus dans la famille Mana et la course est traditionnellement la première, celle de Lumina, simple, clair, en parfaite adéquation avec la lumière qu'elle représente : aller tout droit, le plus vite possible, le plus longtemps possible, afin de célébrer l'éveil du Soleil avant toute chose par son accueil à l'horizon. Les troncs défilent devant et autour la joggeuse dont l'objectif se trouve près de trois kilomètres plus loin, une distance parcourue à bonne vitesse en un peu moins de vingt minutes, et ce malgré l'encombrement généré par un sac à dos contenant divers objets utiles pour la suite de ce parcours sportif, mais aussi un compagnon de voyage nécessaire entre autre pour le lest apporté tout autant que pour son support moral sous la forme de couinements joyeux. Fluffy, magré son léger embonpoint pour un lapinou, n'est lui pas le moins du monde interressé par le fait de sauter partout jusqu'à l'épuisement, mais cela ne l'empèche pas pour autant d'aider sa maîtresse dans la mesure de ses capacités animales ... et pour une fois, son attrait pour les friandises semble être un avantage de poids, offrant un maximum d'intensité à cette première étape de l'entraînement. Ca et à plusieurs moment, celui çi a un rôle à jouer dans la mise en place des épreuves requérant un tiers. Un rôle de coach en somme, que l'animal prenait plaisir à remplir.

C'était l'une des étapes préferée de Flesia, qui a toujours aimé la course à pied. Bien sûr, pour elle le moindre exercice est un plaisir, étant son principal loisir dans sa famille elle y a très vite pris goût, mais la différence entre cette épreuve et les autres, c'est qu'elle peut la pratiquer facilement n'importe où et n'importe quand, un petit en cas physique peut on dire, un plaisir éphémère afin de libérer son trop plein d'énergie naturel.

Mais très vite cette première étape se termina lorsque le sentier pris un virage, laissant le parcours continuer vers l'intérieur de la forêt, changeant de thème dans le même instant. Venant après Lumina, voilà Luna, gardienne de la Lune mais aussi des animaux, l'esprit de la chasse et de la force. Pour ce deuxième exercice, l'objectif était là encore assez simple, mais le travail demandé différait, les réflexes et la précision primant cette fois ci, traits requis par ceux qui veulent survivre en milieu hostile. Prenant référence sur les prédateurs, la chasse allait demandé à abattre sa cible d'un seul coup, sans lui laisser le temps de fuir ou de se défendre et pour cela, un petit champs de tir représentant cela fut aménagé à l'avance, bricolé par Flesia quelques jours plus tôt.

Installés en huit endroits dans les arbres situés quelques mètres plus loin, de petites cibles en bois vaguement colorés attendaient les projectiles qui leurs étaient destinés. Ces derniers, transportés dans le sac de la jeune fille, constituaient en huit bâtons de bois taillés, autant de javelots de fortune placés autour de la fille, n'attendant plus qu'un signal de son compagnon poilu. Ce dernier devait l'assister dans cette épreuve pour li donner un côté aléatoire, requis pour son bon fonctionnement. Doté de huit petites pierres colorés mises à même le sol, il devait donner l'ordre des cibles à atteindre, sautant de l'une à l'autre, obligeant Flésia de se souvenir de cet ordre alors même que les cibles, installés hier, n'étaient plus aussi fraîchement inscrites dans sa mémoire. La rapidité d'exécution, la concentration et la précision, ces trois talents étaient de rigueur et même si elle ne péchait dans aucun, leur combinaison n'étaient pas aussi simple à maîtriser. A cela devait s'ajouter le froid et l'essoufflement de l'exercice précédent, une contrainte qui allait s'accumuler d'une tâche à l'autre de manière volontaire, un test d'endurance et de volonté affiché.

L'ensemble du matériel était prêt et en place, le départ allait maintenant arriver n'importe quand, seul le signal donné par le petit compagnon jaune manquait et celui çi, bien conscient de l'effet provoqué par une certaine forme d'attente, se faisait une joie d'hésiter, obligeant la chasseuse à rester alerte, sur le qui vive ... mais aussi frustrée par l'impossibilité de s'élancer de suite, la laissant se refroidir après sa petite course. Par deux fois, il donna l'impression de s'élancer, sans pour autant sauter, provoquant un mouvement réflèxe qui semblait profondément l'amuser à chaque fois. Elle au contraire, restait aussi concentré qu'elle le pouvait derrière son souffle lourd causé par la baisse de température corporelle qui commençait à se faire sentir, sa robe ample n'étant pas conçu pour ces conditions climatiques, l'air s'y engouffrant avec une étonnante facilité le long de ses jambes exposés.

Mais d'un coup, l'adrénaline repris le dessus alors que le lapinou commença sa danse d'une pierre à l'autre ! Rouge, noir, violet ... l'ordre s'imprima immédiatement dans l'esprit de celle qui allait devoir faire montre de ses talents. Dès la septième pierre, elle s'empara de ses projectiles plantés en terre à portée de main et s'engouffra en direction de la zone de tir, situé à quelques distances afin de maintenir l'emplacement des cibles à l'abri des regards, empéchant la lançeuse de reconnaître facilement à l'avance le lieu de tir, les trois jours écoulée depuis leur installation suffisant à rendre sa mémoire de leur positionnement au mieux approximatif.

Normalement, une autre personne se devait de placer ces cibles pour éviter que cette mémoire puisse influer sur la capacité d'observation nécessaire pour les rechercher dans l'environnement, mais n'ayant personne pour le faire pour elle, elle fit sans cet obstacle supplémentaire habituellement mis en place par Estelle. En effet, la servante de la maisonnée avait aussi pour tâche de l'assister dans ses entraînements et n'hésitait pas à l'époque à l'encourager. Le silence de la fôret est bien différent de cette époque pas si lointaine.

Très vite, une fois les cinquantes mètres franchis, un rapide coup d'oeil doit permettre de rafraîchir cette mémoire et juste derrière, les huit lancers doivent être opérés sans réfléchir. La punition, si elle venait à douter, serait fort simple : un coup de dents aux mollets ! A ce niveau, l'animal juge est intraitable et ne laisse pas une occasion de rappeler à son amie que dans une situation normale, c'est la mort qui l'attendrait et que un bout de chair n'est pas cher payé pour une telle erreur. Heureusement pour elle, la mémoire ne lui à pas fait faux bond et très vite, les traits volèrent en direction de leurs cibles respectives, l'un après l'autre. Si la vitesse d'exécution était là et que les cibles avaient vite été visés dans le bon ordre, la précision, elle, restait le point à renforcer. En effet, Si les deux premières cibles furent atteintes, la suite fut plus brouillonne, jaune et noir en particulier virent l'impact évité d'un bon mètre et l'un des javelots fut bloqué par une branche située sur la trajectoire de marron, résultant au total à trois cibles atteinte. Le gros problème de cette épreuve consiste surtout à garder l'équilibre alors que l'on se tourne vite vers plusieurs cibles en peu de temps, rendant les appuis instable après les premiers mouvements. Longue sera la route pour parfaire ce mouvement. En effet, le meilleur score que n'ai jamais fait Flesia fut cinq cibles abbattues, mais à l'époque où celle çi prenait encore son temps pour viser. Un jour, elle arrivera à égaler ce score dans ses nouvelles conditions, mais pour l'instant, elle en était loin et

Prenant le temps de ramasser l'ensemble de ses affaires afin de ne pas polluer la forêt plus que nécessaire par sa présence, Flesia en profitait pour essayer de réfléchir à comment améliorer la précision de ses jets, envisageant par exemple de tenter de ne pas inverser sa rotation mais au contraire toujours tourner dans le même sens. Par contre, elle risquerait de ne pas être aussi rapide dans son exécution, aussi a-t-elle encore des doutes ...

Cependant, la réflexion se devait d'attendre, car la suite de l'entraînement arrivait. Après Luna vient Sylphide, maître de l'air, dont le souffle jamais ne s'arrête. L'épreuve qui lui est associé est typique de ses prérogative de vitesse, de légèreté et d'équilibre et est du reste un grand classique du travail des artistes martiaux : une série de poteaux, placés à une bonne distance l'un de l'autre, juste assez large pour pouvoir tenir en équilibre dessus mais pas assez pour que cela soit facile, le tout se tenant à près d'un mètre de haut, rendant la chute plus douloureuse qu'autre chose mais suffisament élevé pour tout de même forcer l'attention aux mouvements afin d'éviter une telle cabriole. La taille des supports en bois prit deux bonnes soirées à la jeune fille, mais la possibilité d'emprunter une scie utilisé pour les travaux de reconstruction du château une fois les ouvriers partis lui permit d'avoir une base bien lisse, usant de bois mort d'après l'attaque dont le Sanctum avait été victime.

Avec la petite structure mise en place, il ne restait plus qu'a celle qui devait emprunter le chemin aérien de se préparer elle même, montant sur un rocher encore froid afin de se mettre à la hauteur des frèles supports de bois qu'elle devrait parcourir un total de huit fois, traditionnel nombre lié aux esprits et repris tout du long des croyances de la vénérable lignée Mana. Si le sac à dos était de retour, son occupant usuel lui veilla à rester au sol, préférant la sécurité du plancher des vaches. Il faut le dire, sa maîtresse elle même avait ses doutes, le gel avait en effet tendance à mouiller ses semelles et le bois risquait fort d'être tout aussi traitre pour cette même raison. C'est donc une certaine appréhension qui prédominait, bien que cela ne soit pas la première fois que ce test soit tenté par elle, les risques de chutes sont bel et bien présent, malgré le fait que cette épreuve reste l'une des plus simple du parcours.

Le temps d'hésitation cependant n'aidait en rien à améliorer la situation, aussi finit elle par s'élancer, bondissant d'un obstacle à l'autre, touchant le bois uniquement de la pointe du pied avant de se repropulser vers le support suivant, balancant bras et corps au rythme des écarts variable entre chacun des pas afin de maintenir son équilibre au mieux. Trois sauts, quatre sauts ... la chose semblait plus simple en définitive que les apparences n'auraient pu le laisser présager et ne serait guère n'être qu'une formalité à ce stade. Sept, huit ... la moitié du chemin, déjà, le pas est assuré, onze, douze ... et voilà la fin qui approche. Juste un dernier saut et l'atterissage sur un autre rocher, fin du trajet pour ce premier passage ! Un souffle plein de confiance achèva de marquer ce passage réussi, rendant les sept autres beaucoup plus facile à ses yeux. Se retournant pour faire façe à ce défi, la marche aérienne repris de plus belle, amenant chaque saut comme un envol.

Mais alors que le onzième bois venait d'être atteint, l'accident se produisit. Mal enfonçé, peut être même manquant de robustesse, le poteau cédà, craquant bruyament alors que la jambe de la victime de ce coup du sort l'emportait pleinement vers une chute inévitable en direction du sol, tirée impitoyablement par la gravité. La collision, fort heureusement, se fit sans gravité, mais à simplement quelques centimètres de la seconde jambe passa un morceau acéré de matière végétale à moitié pourri, evitant de peu d'empaler la chair fragile d'une pauvre âme perdue au milieu de nulle part. Après s'être réceptionnée, elle constata sa chance, réalisant à quel point le pire à été évité, les quelques contusions et la terre sur sa robe devenant une douce caresse en comparaison de ce qui aurait lui être arrivé. Le poteau, lui, était complétement ouvert en deux et inutilisable.

Dans ces conditions, difficile de continuer cette étape, la terre encore gelée ne permettra pas de replacer les supports dans une nouvelle position et l'absence du poteau brisé laisse un espace bien trop large pour un saut sans risque. Il ne fit malheureusement aucun doute à Flesia qu'elle devra revoir sa méthode pour préparer le parcours de Sylphide. Ne pouvant se résoudre à passer plus de temps que cela, elle se contenta de mettre les débris du poteau fracturé sur le côté, là où personne ne risquerait de se faire mal avec, humain comme animal. Et de passer à l'étape suivante, à seulement quelques pas. Après la légèreté du Vent venait ici le poids de la Terre et de la Roche. L'épreuve de Gnome. A une distance de quelques arbres se trouve un rocher plus haut et large que les autres, une masse minérale montant à près de quinze mètres au dessus du sol, donnant sur un surplomb où continue le reste du défi physique auto-imposée par la jeune athlète.

Si il ne s'agissait que d'escalader simplement la roche, le résultat serait des plus évident. Les nombreuses prises présentes offre un accès des plus aisé au sommet et ne présenterait pour le grimpeur moyen aucune forme de difficulté. Même avec le froid et la fatigue prenant de plus en plus de force, l'obstacle serait bénin ... mais adjoint à cette escalade s'ajoutait un obstacle de poids et pour cause. Quatres pierres, déjà prêtes avec une corde pour les lier à chacun des membres, faisant un bon kilogramme à l'unité, devaient être amenés au sommet en même temps que son propre corps. Tout de suite, le défi devenait plus important, car d'un coup, la force et l'endurance à déployer croissait. Bien sûr, parce que une chute d'une telle hauteur serait potentiellement fatale, une corde de sécurité est présente afin que l'on ne retrouve pas un corps sans vie au fin fond de la forêt.

Se tenant elle même devant l'obstacle Flesia hésitait ... après son précédent échec, n'y aurait il pas de risque que la roche maintenant la corde ne céda, si celle-çi ne venait pas simplement à rompre ? Pourtant elle avait tout vérifié lors de leur installation, pas plus tard qu'avant hier ...

Mais en véritable situation de danger, ce genre de chose est le risque normal qu'il faut savoir gérer, se dit elle. Il n'y avait pas de véritable alternative ... abandonner n'est pas un mot très apprécié dans sa famille et un simple rocher ne sera pas le premier à la faire renoncer, loin s'en faut. S'emparant du lourd lest qu'elle doit emporter avec elle avant de se l'affixer d'un solide noeud aux poignets et chevilles, n'oubliant pas son sac emplit d'affaires et d'un estomac mobile, elle était certaine de pouvoir s'attaquer à cette ascension et de la réussir.

L'harnachement à la corde de sécurité est la dernière chose que fit Flesia, s'assurant tout de même que la corde offrait toute la résistance nécessaire à l'avance, au cas où. A en juger par l'effort déployé, il semblait ne pas y avoir le moindre problème de solidité, rendant un peu de confiance à la grimpeuse, se préparant alors pour enfin monter la roche à peine obscurcie par l'ombre portée par les arbres, le soleil commençant à prendre de l'altitude depuis le début du parcours.

En premier lieu, assurer les mains, insérés dans des fentes assez visibles, creusés par le vent, l'eau et les racines à travers le temps. Déjà, le poids supplémentaire pouvait se faire sentir alors que les bras maigres mais secs de la fille prenaient position. Puis le premier pied fut tiré à son tour au dessus du sol, trainant la pierre avec lui sur un appui assez fin. L'escalade venait de commencer, prise après prise, le corps de chair contre la paroi de pierre, une prouesse de force et d'endurance, peut être bien la tâche la plus éprouvante pour qui veut bien s'infliger cet audacieux parcours. Chaque mètre est en effet un pur affrontement livré contre la fatigue, l'arret à un quelconque point scéllant probablement le résultat final. Perdre son élan oblige en effet à repartir avec plus de force que précédemment, alors même que la masse ajoutée rend toute tentative de repos vaine, drainant les forces de leur porteur par la force de gravité. Chaque prise se doit d'être sûre, chaque mouvement, calculé. Une seule erreur, et c'est d'en bas qu'il faut reprendre, exténué par la première tentative. Ne le sachant que trop bien, Flesia n'hésita plus un seul instant, elle devait impérativement enchaîner les poussées, maintenir une vision complète de son tracé et surtout, ne pas perdre son souffle, déjà mis à l'épreuve par trois autres exploits précédent. La seule bonne nouvelle venait de la nature de la prochaine étape, se dire que le repos allait suivre, à la fois par le besoin de reprendre des forces mais aussi par la nature même de ce qui sera demandé.

Déjà huit mètres ... la première moitié du chemin est faite, mais le plus dur n'est pas passé, loin s'en faut. Alors que la façe rocheuse tend à se courber, l'on pourrait croire que la grimpe deviendrait plus simple, n'étant plus tout à fait à la verticale, mais c'est sans compter sur l'effet retors des pluies dont les gouttes faconnèrent une surface plus à leur goût, lisse et traître. De plus, à main nues sur une roche à peine sortie des températures négatives et couverte de rosée, les doigts tendent à souffrir le premier, glissant sur les surfaces rugueuse, rougissant la peau d'un simple contact. Mais la douleur naissante n'avait pas à être supportée très longtemps, car malgré toute sa difficulté, l'ascension est très rapide, quelques minutes tout au plus pour une alpiniste amatrice, toute encombrée qu'elle soit. Très vite, le sommet apparu et avec lui, la joie d'en finir avec l'effort colossal demandé pour cette pourtant petite distance. Affrontant de façe les derniers mètres, la chevelure de blé dépassant déjà le sommet, le soupir de soulagement en arrivant enfin à reposer les pieds sur une surface stable juste quelques secondes plus tard ... tout cela était déjà un lointain passé, une chose de faite pour aujourd'hui ! Détachant ses encombrants compagnons de voyage, elle envoya les quatres roches en bas de la falaise, les laissant ainsi prêt pour un futur passage !

Prendre deux petites minutes pour récupérer de l'exténuante montée était requis, c'est une évidence. Le souffle coupé par l'effort devait être restabilisé pour la prochaine étape, l'épreuve de Dryade, la plus reposante mais aussi exigeante que les autres pourtant. Après avoir mis les muscles à contribution par leur puissance, ce sont les articulations qui vont être mises à l'épreuve, tout autant que la patience et l'équilibre intérieur. Pour résumer, Dryade, esprit de la Nature végétal, immobile et adaptable, ne demande rien de plus qu'une séance de Yoga, relaxante et calme. La raison pour laquele ces deux antagonistes se trouvent l'un après l'autre est double. La première est parce que une fois mis fortement à contribution, le corps est plus souple et moins réceptif à la douleur, permettant de rendre la combinaison plus efficace. La seconde raison est que le calme soudain après l'explosion, séparant Gnome de Athanor, permet de simuler les changements drastique de rythme imposé durant un vrai combat, obligeant le coeur à s'adapter au accroissement soudain de vitesse. Une manière d'apprendre à gérer la soudaineté d'un affrontement, en substance.

C'est donc dans le calme d'une forêt pratiquement silencieuse, sur un sol de feuilles mortes et d'herbes mouillés, que la jeune fleur va épanouir ses pétales de grâce et la souplesse de ses tiges. Laissant une nouvelle fois son sac sur le côté, elle s'étira un peu, afin de se préparer pour ce qui allait venir, s'assurant de ne pas se faire trop mal en forcant sur un muscle encore mal éveillé malgré les efforts précédents. Puis débuta la première des huit poses.

Allongée sur le coté droit, corps tendu, le bras droit servant d'appui à la tête, l'essentiel de ce premier mouvement consiste à lever la jambe gauche et attraper ses orteils avec la main de ce même côté, levée droit vers le ciel. Une position qui, bien que semblant simple, requiert un certain équilibre, le pied tenu en l'air devant rester droit et non en pointe pour ne pas pousser le corps vers l'avant ou l'arrière. Cela n'était pas fondamentalement exigeant en tant que tel mais pourtant les muscles travaillaient, d'une manière plus douce mais pas moins exigeante. Le souffle de la jeune fille allait en se calmant mais restait rapide alors que la transition entre l'explosive demande et la nouvelle sérénité n'était pas encore terminée. Dû à ses battements de coeur encore bruyant, la minute à passer dans cette position, puis dans l'autre sens, parurent bien longue.

Mais les choses ne faisaient que commencer. Se levant de sa position allongée une fois la première pose finie, la routine continuait sur l'assoupplissement des hanches, avec une position simple : droite, les jambes tendues parallèles, elle devait atteindre la pointe de ses pieds simplement en se penchant en avant. Une chose simple pour elle, relativement souple depuis tout jeune. Tout l'avantage de cette pose vient que renversée, sa respiration lui apparait différente, plus lourde alors que l'effort pour faire monter l'air est plus important, la forçant à se concentrer sur le moindre souffle, l'obligeant à penser à respirer pour se contrôler, malgré la tension montant dans son dos pendant encore une longue minute.

Lentement, Flésia déroula son dos afin de revenir droite expirant un seul souffle apaisé. Mais elle n'a pas fini pour autant, car voilà qu'elle retourne au sol, continuant sur sa lançée, essayant de ne pas perdre le fil de ses mouvements. Afin de parfaire les deux premières positions, la troisième se base tout autant sur le fait d'atteindre ses pieds avec ses mains. Cependant, la forme est tout autre : assise au sol, les jambes écartées à angle droit, c'est en se penchant en avant qu'elle doit atteindre son objectif, les bras éclatés perpendiculairement au corps. Et c'est ainsi, jambes et torse allongés d'un même mouvement qu'elle maintien encore une fois ses muscles en position, leur laissant le temps de complétement atteindre leur maximum d'élongation.

Maintenant pleinement calmée, sa douce poitrine caressa la rudesse du sol brut, faisant forme dessus la terre, s'unissant au souffle de la vie parcourant l'hivernale étendue, camouflant le silence apparent par le chant des plantes, les racines émettant une onde bienfaitrisse, parcourant l'humus à chaque souffle de vent. Un murmure avec lequel elle entra en symbiose l'espace d'un très bref instant, celui de l'accalmie spirituelle tant recherché.

A ces poses s'adjoignirent cinq autres, toutes plus demandeuse et pourtant sans impact visible sur le physique, la fatigue s'évanouissant dans la pleinitude. Mais malgré son effet apaisant distordant le temps perçu par un moment d'introspection éternel, la communion se doit de prendre fin ... et de laisser place à la prochaine étape, beaucoup plus demandeuse physiquement.

La flamme d'Athanor la salamandre de feu prenait la plaçe de Dryade, gardien de la nature, pour ce qui est la sixième épreuve. A environ un kilomètre d'ici se trouve la suite du parcours, après avoir passé un chemin tortueux redescendant la pente coulant derrière la falaise gravi plus tôt. Les obstacles ne manquent pas, que ce soit rochers, arbres écroulés ou encore ouvertures à même le sol ouvertes par les pluies ruisselantes. Si la distance peut paraître minime, il faut savoir que celle ci, pour rester dans le thême de la vivacité brûlante, devait être parcouru au pas de course ... mais rien à voir avec la simple promenade de Lumina basé sur la simple endurance, car ici, l'on parle bien d'un sprint que va devoir effectuer la jeune pousse, l'objectif étant d'arriver là bas en moins de cinq minutes. Un temps que beaucoup trouverait lent, si ce n'est pour le poids d'un sac à dos, de l'animal fourré à l'intérieur, des obstacles et de la fatigue accumulée. Idéalistiquement, Flésia savait que sans tout ces paramètres, elle arriverait à moins de quatre, mais ici elle devait faire avec la difficulté inhérente à son parcours.

Son seul souçi ici, c'était l'impossibilité de mesurer son temps. Chez elle, une clepsydre mesurait avec impartialité ses performances, mais elle devrait présentement faire avec ses doutes quand à la qualité de sa performance. L'importance d'un tel parcours était une évidence : chaque seconde sur le champs de bataille peuvent être la cause d'une mort potentielle, pour elle comme pour un allié. La vitesse en toute condition était donc une priorité comme tout le reste.

Les doutes, cependant, n'aidaient en rien à aller plus vite, aussi Flésia fit de son mieux pour repousser ces idées parasites afin de se concentrer sur le parcours dont elle allait ouvrir la voie pour la première fois. Seul le fait d'arriver importait, le plus vite étant le mieux ... c'est avec cette image positive qu'elle s'élança, ses jambes portant son corps aussi vite qu'elles le pouvaient, fonçant entre les branches et les obstacles, enjambant les ravines. A chaque pas, elle avait en tête les trois prochains, l'esprit éclairé par le précédent exercice l'aidant à mieux visualiser le parcours alors qu'il se présentait devant elle mètre après mètre. Elle devait faire particulièrement attention, car en descente et avec son poids, difficile de s'arreter et un mauvais mouvement peut entraîner une cheville foulée ... au minimum. Mais surtout, l'un des facteurs les plus importants pour cette course n'était pas simplement la maîtrise de l'environnement. Une capacité à s'autoréguler, garder ses forces pour la fin, ne pas s'épuiser ou s'essouffler pour tenir tout le kilomètre ... et continuer encore après, car deux autres épreuves restent à subir et aucune des deux n'est reposante, loin s'en faut. Aussi c'est une bataille pour aller vite sans trop forcer, réfléchir au lieu de charger tout droit, un partage du cerveau dont la difficulté à suivre avec le coeur battant très vite la chamade est la véritable représentation des flammes, la chaleur interne que l'on se doit de maitriser pour éviter de brûler trop tôt.

Mais cinq minutes passent vite et ainsi, alors que l'orée du bois s'approchait à grand pas l'impression d'avoir fait un temps respectable commença à gagner la jeune fille encore animée de toute sa volonté de devenir meilleure, de se dépasser et au final, devenir aussi forte que sa propre mère, celle qui lui enseigna tout. Un objectif qui lui semblait si lointain encore malgré ses heures à parfaire ses connaissances sur son propre corps et à approfondir sa base de travail physique. Des pas situés bien plus loin que sa modeste ligne d'arrivée, a peine franchie et déjà oubliée. Ainsi se maintient la flamme d'Athanor, brûlant dans la volonté sans faille de son possesseur, éclairant l'avenir.

Mais en parlant d'avenir, celui-çi allait pour le coup rafraîchir les idées de celle qui ne pouvait constater l'obstacle imprévu se dressant sur son chemin. L'étape suivante, Ondine, demandait un exercice de natation et la course se devait d'arriver à un point d'eau et c'est exactement ce qui arriva, un bassin utilisé pour servir de lieu de pisciculture comme on en trouve parfois se tenait là, faisant une sorte de piscine de petite taille, probablement pas plus longue que vingt cinq à trente mètres sur sa diago,nal. Mais un fait présent depuis le début que l'effort avait fait oublié se rappella à elle : le froid. Car à la surprise de l'athlète, voilà que le bassin, resté à l'ombre des nuages, n'avait pas dégelé en surface !

Le cas de figure ne traversa jamais son esprit. Pour elle, il était certain que le bain forçé allait être des plus froid, mais là, elle ne savait pas vraiment comment prendre la chose ... allait elle donc abandonner ici, oublier cette partie de son entraînement ? D'un autre côté, ce n'est que pour une fois et elle l'avait déjà fait pour l'air précédemment, lorsque son poteau se cassa. Mais pourtant ... prise d'un doute, Flésia s'en alla vérifier de plus près le bassin artificiel, pensant peut être à une solution. Touchant la surface de glace, il apparut que celle ci n'était pas bien solide ... un ou deux millimètres à peine, probablement fondue dans l'heure si le soleil venait à refaire une apparition. Mais attendre ... cela n'était pas possible, car un repos trop prolongé entre les étapes nuirait à leur qualités, aussi devait elle se décider maintenant sur ce qu'elle devait faire. Tout arrêter, sauter cette étape, ou ...

C'est à ce moment que l'idée de briser la glaçe lui vint et l'adrélanine aidant, cette possibilité semblait dans le domaine du possible. L'on dit que l'effort peut dans certains cas dupliquer l'effet de drogue et embrumer l'esprit et ici, c'est le jugement de la jeune fille qui semblait ne plus suivre un raisonnement logique. Alors même qu'elle n'emporta guère plus qu'un simple tissu en guise de serviette, voilà que l'éventualité de nager non pas à la surface mais sous la gangue frigide ne faisait plus partie des éventualités, mais était la suite logique pour elle, et ce malgré les risques que cela représentait. Fluffy, réalisant le souhait de sa maîtresse, s'inquiéta lui aussi, l'aurait même découragée ... mais il savait pertinement que cela serait peine perdue, celle-ci étant par nature tétue.

Ressortant l'un des petits harpons fait main de son sac, l'assaut contre la banquise commença immédiatement l'outil en main, à genoux au bord du point d'eau. Très vite la surface retrouva sa liquidité habituelle là où les coups étaient donnés et une ouverture se dessina dans l'un des coins, sous les assauts frénétique qui lui étaient livrés, avant de se livrer à l'ouverture d'une sortie dans l'angle opposé. C'est ainsi qu'un couloir sous marin s'ouvrit, offrant à Flésia un parcours subaquatique pour lui permettre de continuer ses exploits physique.

En théorie, l'épreuve d'Ondine est simplement une série de 8 allez retour dans un bassin d'une taille un peu plus grande que cela ... mais Flésia n'avait pas pour habitude de les faire dans une eau aussi froide, aussi malgré son désir de ne pas corrompre l'esprit du parcours en ignorant tout ou partie de ce qui lui est demandé, la possibilité que la natation en eau gelé ne soit pas des plus sûr commença tout doucement à reprendre le dessus, principalement parce que le froid recommençait à se faire sentir sur son corps une fois en contact avec une eau frigide. Mais il n'était pas question de revenir en arrière, loin s'en faut ! Seulement ... de ne pas prendre plus de risque que nécessaire, si elle venait à sentir que la tentative s'avérait trop dangereuse, une chose qui pour une jeune enfant n'est pas toujours clairement définie ... mais retirant son encombrante robe, dont le poids une fois sous l'eau serait à coup sûr trop risqué à transporter sur elle, sa décision de tenter au moins une traversée était devenue une certitude. Offrant un corps presque nu aux éléments, abandonnant le confort du coton finement tressé, son courage et sa folie tout deux s'affichèrent fièrement à la nature environnante.

Sans prendre le temps de s'adapter à la température excessivement froide du bassin, Flésia plongea au plus vite, inspirant un grand coup, afin de ne pas risquer de perdre foi en ses propres capacités à la première hésitation. Mal lui en pris, car tout de suite, la brûlure du quasi gel de l'eau se fit rudement sentir, lui arrachant presque une envie de crier sa surprise quand à l'intensité de ce qu'elle ressentie sur l'instant. Mais hors de question de remonter par le même trou cela aurait été une honte pour elle de fuir à la première difficulté se présentant façe à elle.

Alors elle poussa sur ses jambes, penant appui sur la paroi derrière elle pour s'élancer en direction de sa libération. Peu habituée à nager en profondeur cependant, elle constata bien vite la distance a parcourir sans pouvoir revenir à la surface. Dans une eau normale, cela ne lui aurait pas posé de problème, mais à peine la moitié de la distance franchie ses poumons ne réclamèrent rien d'autre que de l'air pour hurler la douleur provoqué par la morsure du froid.

Que se passerait il si par hasard, le trou de l'autre côté venait à être trop petit ? Que ferait elle si elle venait à être coincée ici, loin de tout, livrée à elle même ? Avec un retard malsain, les questions qu'aurait dû se poser la nageuse avant de plonger arrivèrent, la conscience du véritable danger réveillant ses instincts de survie. Pourquoi au fait avait elle plongé sans réfléchir ? Etait-ce un abus de confiance en soi ? Un besoin de se surpasser au delà de ce qu'elle même peut faire ? Simplement de l'inconscience ? Ces pensées négatives ne firent rien pour l'aider, ralentissant sa cadence en direction de la sécurité de la surface. Mais alors que la lumière semblait faiblir et ses forces partir à cause de l'engourdissement, elle repensa à tout ceci ... Aurait elle eu simplement le temps de réfléchir dans une vraie situation d'urgence ? N'était elle pas sûre d'elle même ? Devait elle simplement se fixer une limite à ses capacités ? N'avait elle pas eu le courage de tenter un exploit ? Tout à tour chacune des idées malheureuses se retourna en un point positif, alors même qu'à cette dernière pensée, elle souffla sa joie, encore immergée, mais à portée de bras de la sortie. Un dernier battement de pied et ...

Elle l'avait fait !

L'air pourtant frais de l'orée des bois fut une bouffée de chaleur indiscutable. Ce n'est qu'en ayant fini de traverser la diagonale que Flésia réalisa l'exploit qu'elle venait de réaliser par rapport à ses habitudes, une preuve de ses propres capacités. Si elle savait qu'elle ne retournerait pas prendre le risque sept fois de plus comme prévu, le fait de l'avoir fait une fois était déjà suffisant à ses yeux et du reste, si elle restait trop longtemps dans cette piscine improvisée, c'est la mort qui l'attendait sûrement, elle en avait maintenant la certitude. S'extrayant difficilement à la force de ses bras transis, elle fut acueilli par un Fluffy paniqué, portant dans sa bouche la serviette pour aider au mieux sa maîtresse, pour lequel il a eu très peur lui même. Ce n'est qu'à ce moment là qu'elle réalisa que un échec ici aurait laissé son compagnon seul ... comment pouvait elle l'avoir oublié ? d'un coup, les conséquences de ce qu'elle venait de faire venait de la frapper de plein fouet ... elle avait perdu conscience de l'utilité de tout ce qu'elle faisait : s'entraîner, certes, mais pas uniquement pour elle. La première victime de sa folie aurait pu être son ami, dont elle ne remarqua même pas les doutes qu'il exprima avant cet instant ... et pourtant là prêt à simplement venir l'aider.

A peine rapidement essuyée, elle se demanda si des excuses devaient être faite ou si elle avait fait le bon choix, se demandant si elle n'avait pas été trop loin et que seule la chance l'avait permis de venir à bout de l'épreuve d'Ondine. Mais en seule réponse a ses interrogations clairement visible sur son visage, un grognement se fit entendre, un défi lançé à la jeune Mana. La dernière épreuve se fit pressante semble-t-il pour finir une fois pour toute cette définitivement bien longue journée. La dernière épreuve, celle qui oppose l'individu à son plus grand cauchemar, le pire obstacle que chacun pourrait affronter. Soi même. Le défi de Ombre, dernier des esprits Mana, consiste à affronter sa propre ombre.

Il est cependant un problème que les membres de la famille Mana ont dû résoudre avec le temps, car cette dernière épreuve pouvait potentiellement laisser des séquelles à ses patiquants, non pas simplement physique, mais morale. En effet, il est une rumeur voulant que l'ombre généré par l'esprit élémentaire puisse dans certain cas envahir la personne et créer une entité qui n'est pas sans rappellé un sans coeur, créatures hostile à la nature et donc ennemis de ses gardiennes. Il a donc fallu trouver un substitut, un moyen de garder l'épreuve sans pour autant exposer les futures enfants Mana à leurs propres faiblesses de manière aussi franche et risqué, du moins tant qu'ils ne sont pas prêt pour cela. Cette solution, c'est Luna qui l'apporta, en opposant la personne non pas à elle même, mais à une personne qui lui est proche ... ou en l'occurence, un animal. Car non content d'être un compagnon de Flésia depuis des annés, Fluffy n'est autre que l'être choisi pour lui servir de miroir de l'âme, celui qui doit lui montrer ses torts mais aussi ses bons côtés ... et à en juger par son envie d'en découdre, il est plus qu'évident pour la jeune fille que celui çi à envie de s'exprimer comme il le doit à ce moment. Et elle peut le comprendre, après tout ... elle même vient de réaliser son erreur, sa prise de risque folle façe à l'inconnu. Les grognements reprirent ... il n'y avait pas de raison d'attendre, le froid ne permettrai aucun repos de toute manière ... autant en finir maintenant se disait Flésia ...

Une rapide prière murmuré à Luna fit apparaître l'esprit animal, mère de tout ceux qui marchent, volent, nagent ou rampent. Il n'y eu même pas besoin d'exprimer le besoin de la jeune fille exténuée pour que celle ci disparaisse aussi vite qu'elle apparue, offrant ses pouvoirs à la boule de poil vindicative. La métamorphose est l'un des pouvoirs associés à la Lune, tel qu'en témoigne les créatures que sont les loups garous par exemple et ici, ce pouvoir était misà contribution afin que l'agile créature prenne la forme requise, celle de sa maîtresse. Tel est le pouvoir de clonage, qu'il permet à une créature insignifiante de prendre pour un temps l'apparence de l'invocatrice des esprits. De lapinou, Fluffy est passé humain, une fois de plus pour lui même car là n'est pas sa première transformation. En fait, l'on peut même dire que la créature, loin de n'être qu'une petite boule sautillante, est aussi un combattant redoutable, ayant pour rôle de servir de partenaire depuis des années déjà, uniquement limité par l'aspect temporaire de cette apparence humaine. Bien sûr, il n'est pas aussi talentueux que ne l'était sa maîtresse, mais toute l'ingéniosité de plaçer cette épreuve à la fin consiste à réequilibrer les forces par l'accumulation de fatigue au gré des efforts pour arriver jusqu'à celui ci.

C'est donc une Flesia sèche et chaudement habillé qui tend la main à celle encore à genoux après l'usage de ce sort, conscient qu'il faut en finir rapidement pour le bien de la fille, que le froid ne l'engourdisse pas davantage ... mais aussi pour ne pas lui laisser l'occasion de se reposer, un luxe qui n'est pas permis en guerre, cela s'est déjà montré lors de sa première journée au château. Et puis il ne voulait absolument pas laisser passer la témérité et le moment se prétait parfaitement à une petite correction se disait il, chose facilement visible car peu entraîné à cacher ses émotions sous cette forme, son désir rayonnait de son visage. En comparaison, la cheveulure trempée ajoutait aux traits tirés de l'original, qui pourtant se mettait en garde d'un simple geste une fois debout, consciente elle aussi de la nécessité d'une résolution rapide. il n'y aurait pas de signal, pas d'avertissement. Dès maintenant, le premier coup pouvait partir n'importe quand.

Immédiatement, c'est la copie qui frappa, rapide enchaînement au visage sans trop de force, simplement pour tester les réflexes de son opposante et l'éveiller un peu. Les coups furent déviés à la main avec une certaine imprécision, mais dans les temps pour éviter le coup, preuve si il en est que la fleur n'était pas encore fanée. Mais cela n'était rien et très vite, glissant sur l'herbe de ses pieds lestes, Fluffy approcha pour entrer dans cette garde faible, profitant de l'instant où elle se remis en garde pour l'empécher de riposter efficacement. L'animal a toujours joué le jeu de la rapidité et de la détente, étant son terrain de prédilection, alors même que Flesia a toujours été plus en puissance en comparaison, l'obligeant à souvent se mettre sur la défensive dans ces situation. C'est ce qu'elle fit, reculant de deux pas pour remettre de la distance  tout en armant le bras cour un coup direct, déterrant contre une tentative d'enchaînement contre ce manque d'aggressivité initial. Mais le bondissant adversaire avait clairement l'initiative aujourd'hui et plongeant sous la trajectoire du coup télégraphié, il visa au niveau du bassin, à la jointure de la jambe gauche afin de la forcer à reculer et ainsi, faire perdre l'équilibre nécessaire pour appuyer le dit coup.

La manoeuvre paya. Incapable de prédire cet assaut, la fille Mana entraînée dans son élan bascula, roulant sur le dos baissé de l'assaillant, qui ne comptait pas en rester là, loin s'en faut. Comptant sur ce mouvement, il se releva, projetant le corps engourdi loin dans les airs derrière lui pour s'écraser sur l'humus en toute probabilité. Ce n'est que par réflexe conditionné que cela n'arriva pas, Flesia se laissant emporter sans résistance afin d'effectuer une rotation l'amenant à retomber lourdement sur ses pieds, mais sans pour autant avoir une position adéquate pour se rétablir correctement, ce qui fut exploité par le clone qui put aisément se retourner et ainsi continuer à garder l'initiative malgré cette réception réussie. Aujourd'hui, aucune pitié, il fallait la pousser à bout pour lui montrer son erreur et tout de suite, il se jetta en avant sur elle, alors même qu'elle même ne put finir de se remettre en position pour le réceptionner, entraînant les deux combattants au sol sans coup férir. En quelques secondes, alors même que l'affrontement venait de commencer, il semblait déjà fini, les forces mises en jeu par l'un écrasant immédiatement les trop faibles réserves de l'autre sous le poids de l'épuisement physique, là où d'habitude le duel peut prendre plusieurs minutes entre eux à se départager.

La stupéfaction façe à sa propre faiblesse retira toute volonté de se débattre à la fille, son corps dénudé ne répondant plus à ses exigences après tant d'effort, poussé à bout sans être écouté dans l'euphorie de l'exploit, gelé de l'interieur par l'humidité. Elle venait de réaliser ... à chercher à se dépasser, à aller au bout de ses possibilités, elle se perdit complétement de vue et au final, se perdit complétement. Si l'affrontement avait été réel, cela aurait été le cas de sa vie ... la mais faiblement enserré autour de sa gorge est la preuve indiscutable qu'elle même n'aurait eu aucune chance et ce n'est que la nature de l'assaillant qui fait qu'un tel mouvement ne fut fatal.

Conscient d'avoir fait passer son message, Fluffy lâcha sa maîtresse et se releva avant de l'extirper du sol dont elle ne semblait plus vouloir se séparer. Il n'était pas bon pour elle de rester là, à même la rosée, surtout dans son êtat, aussi la tira-t-il jusqu'à sa robe, laissé tantôt sur une zone plus dégagée avant son plongeon. Là, il l'allongea dessus, elle même trop occupée à soudain se rendre compte à quel point l'ensemble de son corps lui hurle sa douleur après avoir été tant malmené depuis que la tension accumulée depuis le début s'évacua. Elle venait de complétement abdiquer sa gouvernance sur sa motricité dont l'appel au repos se faisait chaque seconde plus bruyant et le simple fait de retrouver le confort de sa couche de coton sous elle apporta une vague de soulagement généralisé. Une fois posée avec délicatesse, le Lapinou eu un dernier regard pour elle, un sourire qui en disait long sur sa fierté d'être le compagnon d'un grain de folie qui, même si elle n'est pas encore la guerrière qu'elle espère devenir, n'hésitera jamais à faire tout ce qu'il faut pour y arriver. Un jour, elle trouvera tout cela facile, mais pour l'instant, elle n'a besoin que d'un peu de repos ... et de réconfort. S'allongeant sur elle, le pouvoir de Luna s'arreta, ne laissant qu'une adorable boule de poil se détendre oisivement sur l'humaine, bien contente elle même de sentir la chaleur de son corps remplacer la fraicheur de l'air sur une partie de sa peau ... finalement, après le choc initial, elle ne se sentait pas aussi mal que cela ... juste ... drainée, lessivé, mais paradoxalement, relaxée aussi, une certaine pleinitude se dégageant de l'épuisement.

Et ainsi restèrent-ils tout deux, profitant de ce repos mérité, laissant les reflexions pour plus tard sur ce qu'il faudra changer. Pour l'instant, après l'effort, le réconfort, laissant le corps s'adapter à son rythme la jeune fille et son compagnon s'endormirent ensemble pour un instant, sous le ciel nuageux du Domaine enchanté.


- Journal de voyage de Flesia, Entrée #4

Flesia Mana a écrit:
Notes :
- Réinstaller des poteaux
- S'entraîner à supporter l'eau gelée
- Médicament contre le rhume 3/jour, fièvre 2/jours, pendant trois jours
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