Noirâtre Acceptation

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le Sam 25 Mai 2013 - 19:12











-Pourquoi ne suis-je avertie que maintenant ?! Vous saviez bien que je résidais ici depuis quelques semaines.

-Mademoiselle Earl, notre priorité était bien évidemment la sécurité. Dès que nous avons appris la chose, c'est à dire il y a une heure, nous sommes directement intervenus pour installer un système de sécurité. Tous les agents disponibles ont donc été envoyés sur place pour gérer le flux de la population.  Nous n'avions pas le temps de chercher après chacun des membres non présents.

-Et pour ce qui est de la zone en quarantaine, combien de personnes sont sorties ?

-On estime vers trente pour-cents  de la population résidente...

-Seulement ?!

-Ce sont surtout des personnes habitants la zone la plus extérieures. Je vous laisse deviner ce qu'il est advenu de la zone la plus exposée.

-Je pars tout de suite.

Je me dirigeai immédiatement vers l'armurerie du manoir, dévalant les escaliers. Prêtant moins attention qu'à l'habitude à qui je croisais dans mon chemin, je bousculai deux personnes qui conversaient. Je constatai en entrant  dans la salle qu'il y régnait une activité intense, ce qui n'était pas étranger à l'incident qui me concernait. Je remarquai d'ailleurs que les étagères avaient déjà été dépouillées en grande partie, mais ce n'étaient pas les armes qui m'importaient.

-Vous avez, je crois, des masques à gaz. Il m'en faut. Je dois immédiatement partir et je n'ai pas de temps à perdre.

Il me tendit donc un masque à gaz. Un seul.

-Voici donc un masque à gaz. Les autres agents déjà partis sont à proximité eux aussi, ils en avaient donc besoin autant que vous.

-Vous n'en avez pas d'autres ?

-Si, mais je dois rationner. Je ne sais pas ce que vous comptez en faire mais...

-Bon, peu importe.

Je lançai un dernier regard plein d'antipathie à la personne chargée de l'armurerie et je sortis précipitamment. Je quittai le manoir quelques minutes plus tard pour rejoindre la ville et l'endroit d'où venaient les fumées. Trouver le lieu ne s'avéra pas être une tâche difficile, il me suffisait simplement d'aller dans le sens contraire de la foule. J'entendais les conversations inquiètes tandis que je courrais dans le sens opposé.

-Ils doivent sans cesse élargir la zone de sécurité... C'est terrible, mais je pense qu'on n'a toujours pas réussi à arrêter ce qui cause ça...

-Qu'est-ce qu'on va faire ?! J'ai du tout laisser derrière moi...

Il y avait bien longtemps que je ne m'étais imposée une course aussi précipitée, je me faufilais entre les différents obstacles avec instinct. Les habitants de la Cité du Crépuscule étaient trop préoccupés par leurs propres inquiétudes  pour me remarquer, ce que je comprenais sans peine. J'arrivai après cinq minutes devant les barrières de quarantaine. Je m'arrêtai subitement et regardai autour de moi. Un agent me remarqua et me fit signe d'approcher. J'en avais bien l'intention.

-Bon, je vous préviens, vous n'êtes pas la seule à essayer. On a déjà envoyé plusieurs agents mais ils se sont perdus dans la fumée et ont donc décidé de rebrousser chemin. Il y en a encore d'autres qui cherchent mais pour le moment, on ne s'arrête pas d'élargir la zone de sécurité. La fumée se propage vite.

-Merci. J'aurais besoin d'une bouteille d'oxygène et d'un masque.

L'homme se dirigea vers une pile de matériaux. Je distinguai un brancard, du matériel de secours de toutes sortes. Il me tendit ce que j'avais demandé dans un sac à dos.

-Tenez.

-Merci.

Nous regardâmes les bâtiments situés dans la zone infectée. Je savais que je devais me dépêcher. Je connaissais cet endroit, j'y étais passée plusieurs fois depuis que j'étais arrivée. C'était une zone résidentielle et non industrielle, elle était plutôt paisible, je savais qu'il y avait des enfants, des familles, même des écoles en ces lieux. Rien à voir avec de sombres cachettes pour révolutionnaires.

-Encore une chose, Mademoiselle.

-Je vous écoute.

-Il se pourrait que dans le brouillard vous vous perdiez, et que vous preniez panique. C'est à ce moment qu'il faudra se maîtriser. Respirez profondément et essayez de vous rappeler d'où vous venez. Parce qu'il n'y aura personne pour venir vous chercher, tout le monde est déjà occupé. Il y a déjà deux agents qui n'ont pas répondu à l'appel. Enfin... Au moins, ils ont un masque.

-Très bien, mais ne craignez rien, je ne me faisais aucun espoir concernant un possible sauvetage.

J'enfilai donc le masque à gaz. Je sentis immédiatement ce désagréable cloisonnement, cette impression d'être séquestrée. Il me fallut un peu de temps pour adopter une respiration régulière.

-Mais n'oubliez pas... la raison de votre présence avant tout. Vous devez vous occupez de l'engin qui fait ça. C'est seulement à partir de là que nous pourrons contrôler la situation. Je ne sais pas ce que c'est mais... Le commandement a décidé que c'était plus important que le reste.

-Je ferai ce qui m'incombe.

Je savais que son but n'était pas de me faire un quelconque reproche mais plutôt de m'alerter, de m'avertir, qu'il était dans mon intérêt de remplir l'intitulé de ma mission. On ne m'avait pas demandé de faire du sauvetage. On attendait de moi du discernement, du sang froid, un esprit rationnel. Je partis.

Je savais alors que je m'enfonçais dans cette purée de pois mortelle et que j'allais rencontrer morts et mourants. Je décidai de ne pas courir afin de pouvoir respirer correctement et de ne pas manquer d'oxygène, sans quoi je ne pourrais être efficace longtemps. Quand bien même, je ne connaissais pas suffisamment la zone que pour me le permettre avec une opacité telle.

La fumée était si épaisse qu'elle avait installé un climat sombre et inquiétant. La lumière était faible, presque mourante, les couleurs avaient disparu. Je distinguai au loin des cris, j'aperçus vaguement une ombre courir. Je me devais de rester calme. Les paroles que je m'adressais à moi-même me rassuraient alors qu'habituellement je ne me serais pas permise de penser tout haut.

-La zone doit être large... Depuis le temps que ça a commencé, le gaz  a  eu le temps de se répandre...

Je décidai d'avancer tout droit, pour m'enfoncer plus encore vers le foyer. Bientôt, je commençai à distinguer des silhouettes éteintes sur le sol. J'eus un moment d'effroi. Je n'étais toujours pas complètement habituée à la vision d'âmes envolées. Je m'approchai de l'un d'entre eux pour chercher un éventuel pouls. Aucune réponse. Il y avait déjà trop longtemps que ces hommes avaient été exposés. Dans ma tête, je ne pouvais retenir les visions de leurs derniers instants. Sans doute  cet endroit était-il la fin d'une course effrénée qui avait échoué. Chacun tenait fermement un bout de chiffon dans la main. Ils avaient tenté de se protéger du mieux qu'ils pouvaient. Pourquoi aurait-on du posséder un masque à gaz dans la Cité du Crépuscule ? Personne n'était préparé à cela.

Je continuai ma marche. Mes pas m'amenèrent bientôt à un croisement. Je m'arrêtai quelques instants pour réfléchir à l'itinéraire que j'allais choisir. Je sentais que mon sens de l'orientation s'était déjà un peu émoussé. Les choses avaient évolué si vite. Moi non plus, je n'étais pas préparée à cela. Je choisis la rue qui me semblait être la plus enfumée, mais peut-être était-ce parce qu'elle était plus étroite que les autres. Je cherchai alors à m'éponger le front puis me rappelai qu'il était couvert de cet horrible masque qui altérait ma sérénité. Il était également mon seul sauveur. J'entendis que je me rapprochais d'autres voix, je ne pus m'empêcher de ressentir un grand soulagement. La solitude me pesait à présent.  Je ne voulais pas rester éternellement coincée dans ce labyrinthe meurtrier. Je distinguai des silhouettes proches et tentant de tempérer mes paroles, je les interpellai ignorant de qui il s'agissait.

-Que faites-vous là ?

Je sentis de la surprise, ils ne m'avaient pas entendue arriver. Je sentis également de la gène dans leurs réponses. Ils travaillaient eux aussi pour la Coalition, ce qui expliquait le fait qu'ils étaient toujours en vie dans cette zone.

-On...On est perdus. Normalement on devait s'occuper de chercher le dispositif mais...Ça fait déjà longtemps qu'on est là et... Je commence à devenir dingue... Je sens que je vais péter un câble si je dois rester ici plus longtemps.

-Moi aussi, ça sert à rien. On n'a pas arrêté de chercher. En plus, on s'est fait agresser par des mecs qui voulaient nous piquer nos masques...  Alors,  on s'est débattus, mais bon...

-Vous n'avez vraiment aucune idée de où se trouve la source ? Je suis là pour ça aussi...

-Non. Et c'est pas faute d'avoir essayé. Mais je suis presque sûre que si vous continuez dans cette rue, vous serez déjà plus proches. Je suis presque sûr que il y de ça a une demi-heure, cette zone-ci était encore claire.

-Très bien.  Il faut que vous suiviez le chemin inverse pour rentrer. Je pense que vous en avez bien assez fait.

-Mais on ne peut pas ! On voudrait bien hein, mais la mission...Vous savez...

-Je me fiche pas mal des ordres qu'on vous a donnés. Vous n'aurez qu'à leur dire que je vous ai envoyés comme messagers pour signaler que je suis proche du but et qu'ils doivent donc se préparer à intervenir...

-Mais...C'est faux.

-Peu importe, c'est moi qui vous l'ordonne. Et je suis mieux placée pour commander que ceux qui sont restés dehors dans le contexte présent.

Je les laissai derrière moi après leur avoir indiqué l'itinéraire que j'avais emprunté quelques minutes plus tôt. Il fallait que je me dépêche. Si le gaz continuait de progresser, la situation deviendrait incontrôlable et il deviendrait alors  périlleux de trouver la source.

-Il avait pourtant fait beau ce matin... Enfin... plus clair que les autres jours...

J'inspectais les portes des maisons afin de mener mon enquête sur le repère des rebelles. J'avais bien peu d'informations. Les intérieurs des maisons étaient encore visibles à travers les fenêtres. Dans la plupart des habitations, les lampes étaient toujours allumées. Toutes ces maisons me semblaient trop familiales, ça ne pouvait pas être là. Aucune personne dotée de conscience n'aurait construit une arme pareille à proximité de sa propre famille, ça n'avait aucun sens. Je continuai donc ma marche.

J'arrivai alors à hauteur d'une ruelle plus étroite encore, un cul-de-sac. Il devait y avoir assez peu de passage en ces lieux, d'autant qu'il n'y avait que deux portes qui donnaient sur cette allée. C'était donc un endroit tout à fait adapté pour préparer quelque chose sans être remarqué par ses voisins ou les autorités. Quand j'entrai dans cette ruelle, je me rendis compte que le gaz me laissait encore moins de répit, ce qui me conforta plus encore dans mon idée. Je restai malgré tout sur mes gardes, prévoyant le cas où quelqu'un tenterait de m'attaquer et m’enlèverait alors mes chances de survivre. J'inspectai les deux portes. L'une d'entre elles me parut bien suspecte. Je tentai de l'ouvrir, elle était fermée. Évidemment, la simplicité avait ses limites. Je tentai donc de la forcer à plusieurs reprises. La porte me résista. Tout cela acheva de me convaincre que j'avais trouvé ce que je cherchais.

-Condamnée...Il doit y avoir une autre entrée...Mais où ?

Je pris un peu de recul et inspectai le reste de la rue. Pas d'autre entrée. Je levai alors les yeux. Une fenêtre était ouverte. Quelle chance. Je pris encore plus de recul et estimai la tâche qui m'attendait. Je respirai profondément, pour ne pas manquer d'air et après avoir pris de l'élan, je sautai contre le mur, rebondissant sur un appui pour venir m'accrocher à l'appui de fenêtre sans trop d'efforts. Je me hissai ensuite à l'intérieur de la pièce. L'endroit était étroit, mais la lampe encore allumée n'avait plus aucun effet dans cette fumée infinie. En avançant dans la fumée, cherchant ce que j'étais venue chercher, je trébuchai sur quelque chose, quelque chose d'organique. Ma surprise ne fut pas bien grande quand je réalisai que je venais de marcher sur un autre corps. Sûrement un des responsables du massacre. Je ne connaissais rien de sa vie ni des raisons qui l'avaient poussé à en arriver là mais je ne parvins pas à ressentir de l'empathie pour lui. Je pensais surtout aux morts qu'il avait provoquées. Je continuai donc mon avancée dans la pièce, avançant mes doigts vers l'inconnu. Et soudain, une table. Baladant mes doigts sur celles-ci, je sentis les multiples outils qui avaient servi à manipuler la chose.

Je me demandai soudainement si la grande proximité avec l'objet n'aurait pas raison de ma protection. Il fallait espérer le contraire. Après d'autres recherches, je finis par palper l'objet responsable. C'était une sphère dotée d'un étrange aura. Un bref sentiment de triomphe me saisit. Il fallait que j'agisse vite pour limiter les dégâts et empêcher que d'autres vies soient enlevées. Je saisis alors l'étrange sac qui m'avait été confié. Sans me poser plus de questions je couvris la sphère à l'aide de ce sac. Je sus l'instant d'après que l'opération avait fonctionné. Je sentis que plus rien ne sortait de ce sac. Je me dirigeai alors vers la fenêtre, espérant que la fumée allait se dissiper comme par magie. Mais rien ne fut. Ce qui avait été fait ne pouvait être annulé. La situation s'améliora pourtant assez rapidement. Du moins dans la pièce que j'occupais. Je savais qu'il me fallait à présent attendre en ces lieux afin que d'autres agents viennent chercher les corps et les vestiges de l'arme. Ne pouvais-je donc rien faire de plus ? Devais-je demeurer là, inutile ? Il m'était difficile de l'accepter, alors que je pensais que j'aurais pu faire d'autres choses pour aider. Je tentai de me raisonner. Après tout, les dés étaient déjà jetés, et on avait sauvé ce qui pouvait être sauvé.

J'inspectai la rue, les lieux, patientant calmement. Je me demandai ensuite qui habitait l'autre maison de la rue, juste en face. Cette si grande proximité avait sans doute du être fatale à ces si proches voisins. Un sacrifice impardonnable.

Et pourtant, j'aperçus soudainement quelque chose bouger de l'autre côté de la rue, derrière la fenêtre que j'observais. Il faisait cependant encore trop brumeux pour que je puisse distinguer la nature de cette chose.

-C'est peut-être un sans-cœur...Mais...

Je voulais en être certaine. Tout n'était peut-être pas forcément fini. Je décidai alors de désobéir aux ordre, en quittant mon poste. Je reviendrais plus tard, du moins fallait-il l'espérer. Je sautai par la fenêtre qui m'avait permis d'entrer. L'autre fenêtre n'était pas ouverte, il fallait donc espérer que la porte serait plus coopérative.

Bien que cette dernière fut fermée, j'eus néanmoins la possibilité de l'enfoncer assez rapidement. Je sentis néanmoins que le coup avait été violent et que cela m'avait coûté une certaine énergie. Le souffle me manqua mais je ne m'arrêtai pas pour le reprendre. Directement, à l'entrée de cette maison, je distinguai l'escalier. Il ne me fallut pas plus de temps pour monter les marches et chercher la pièce où j'avais aperçu quelque chose. Quand je pénétrai dans la pièce qui donnait sur la rue, je ne savais pas ce qui m'attendait.

-Comment... comment... ? Ce n'est pas possible...

Une petite silhouette gisait là, au milieu de sa chambre, son dos se gonflait légèrement, mais je compris qu'elle était inconsciente. Je n'admis  pas comment elle pouvait encore vivre alors qu'elle était si proche de l'accident. C'était un miracle. En vérité, tout cela n'avait aucune importance, je courrai pour m'agenouiller près de cette petite fille pour inspecter son état. Elle était très faible, j'essayai de lui parler pour voir son état d'inconscience.

Quand elle ouvrit vaguement les yeux, je pus observer une grande peur dans ses yeux, elle se débattit. J'avais alors oublié que mon apparence devait être effrayante, derrière ce masque imposant. Je ne devais pas être très différente d'un monstre pour un enfant. Je pris alors le masque et l'oxygène que j'avais apporté avec moi et le mis sur le visage de la petite fille en lui donnant des instructions avec la voix la plus douce possible. Elle finit par se calmer. Je savais que cela ne suffirait pas et qu'elle avait été exposée malgré tout à un gaz mortel, et qu'il lui fallait donc un véritable médecin qui pourrait la soigner. Mais je devais d'abord faire en sorte qu'elle ait repris un peu ses esprits avant de ressortir, afin que le transport ne soit pas trop difficile.

Il y avait bien longtemps que je n'avais plus été en contact avec un enfant. Depuis des années, j'avais fui les familles pour ne pas trop regretter la mienne. Ce moment me sembla donc presque irréel et pourtant, je savais que la situation était encore grave. Quand je sus que son état ne pourrait plus s'améliorer, je pris ce petit corps dans mes bras, en lui laissant son assistance respiratoire. Ce poids supplémentaire n'allait pas m'aider à courir plus rapidement, mais l'instant nécessitait un surpassement. Je n'avais pas le droit de faire une performance acceptable, il fallait faire mieux. Ce n'était pas de moi dont il s'agissait. Il fallait faire mieux.

En sortant de la maison, je pus observer que la zone était déjà beaucoup moins confuse. Je me mis alors à courir, de toutes mes forces. Les besoins circonstanciels me donnèrent plus de force et d'aisance que j'aurais eu en temps normal. Bien assez de personnes avaient péri inutilement. Rien ne serait fait pour ces personnes, rien ne remplacerait leur malheur. Il m'était désormais possible de changer les choses dans une moindre mesure. La fatigue me prit assez rapidement, mais je pouvais me surpasser. C'était surtout le souffle qui me manquait et qui me rendait  plus faible. Mes muscles s'engourdirent progressivement, mais je pouvais me surpasser. Bientôt, j'arrivai aux limites du périmètre de sécurité. Je ne m'arrêtai pourtant pas devant les autres agents. Je ne voulais rendre de compte à personne, et je savais qu'ils ne pourraient pas plus l'aider que moi. Quelques centaines de mètres plus loin, je m'arrêtai  devant la porte d'un dispensaire que j'avais remarqué quelques jours plus tôt. J'espérais qu'il resterait de la place, compte tenu de cette situation de crise. Je rentrai brusquement dans l'endroit et sans prendre le temps de m'annoncer, je déposai la petite sur un lit. Les deux personnes présentes dans la pièce sursautèrent et émirent un léger cri.

-Qu'est...Qu'est-ce que c'est ?

-Il... Il faut la soigner, elle a été exposée beaucoup trop longtemps....et...elle est faible. Alors... faites quelque chose.

J'enlevai enfin mon masque pour enfin faire figure humaine. L'instant d'après, je perdis moi aussi connaissance.

Je ne le sus qu'après mais j'avais perdu connaissance plusieurs heures. Quand je me réveillai, j'étais moi aussi allongée sur un lit, pour des raisons différentes des autres patients. J'ouvris les yeux et pus constater que le personnel de ce petit dispensaire s'affairait toujours autant que lorsque j'étais arrivée. Certaines personnes étaient toujours dans un état critique. J'en fus d'autant plus surprise lorsque je constatai que la petite fille que j'avais sauvée était assise dans son lit, les yeux ouverts mais le regard songeur. Je l'observai quelques instants sans qu'elle l'ait remarqué. Devais-je lui parler ? N'avait-elle pas besoin d'être seule pour quelques temps ? Bien que je n'en aie aucune certitude, je songeai qu'elle avait sans doute perdu sa famille dans l'accident. Je n'avais pas pris la peine de m'en assurer en entrant dans sa maison. C'était probablement la première chose à laquelle elle avait du penser en reprenant conscience. Où était-elle ? Où était sa famille ?

-C'est bien toi qui m'as amenée ici... ?

Je ne pensais pas qu'elle m'adresserait si promptement la parole, je fus d'autant plus surprise lorsque ses grands yeux interrogateurs vinrent se poser sur moi.

-Oui... Cela ne doit pas être  facile de me reconnaître sans mon masque...

-C'est vrai, tu m'avais fait peur.

-J'en suis désolée, enfin, tu comprendras que je ne pouvais pas l'enlever...

-Oui c'est normal. Comment tu t'appelles ?

-Je m'appelle Vesper, et toi ?

-Elisa. J'habitais près des gens qui ont fait tout ça...

-Je sais oui. Ca n'a pas du être facile...

-Je faisais une sieste et puis je me suis réveillée, il n'y avait plus de bruit dans la maison, je n'entendais rien. Il y avait plein de nuages dehors, et il faisait sombre. Alors j'ai cru qu'il faisait nuit...Mais il y avait aussi des cris dans la rue. J'ai eu peur, je ne savais pas ce que je devais faire. Personne n'est venu...Et puis, je suis tombée. Mais je ne sais pas pourquoi je ne suis pas morte.

-Tu as eu de la chance, les murs de ta maison et ta fenêtre t'ont protégée des nuages.

-Tout le monde n'a pas eu ma chance...

-Non.

-Mes parents non plus. Sinon, ils seraient déjà là.

Je ne pouvais répondre à ça. Je n'y étais pas préparée, je ne voulais pas faire plus de mal qu'elle en connaissait déjà. Étonnamment, elle prenait la chose avec un certain calme, trop de calme peut-être. J'ignorais si c'était un signe positif ou négatif. Comment prendrait-elle la chose plus tard ? Quelle vie allait-elle avoir ? Tout allait changer, chose certaine.

-Je pense qu'ils doivent être rassurés que tu sois là. C'est déjà bien.

-Je ne t'avais jamais vue ici.

-C'est normal, je n'habite pas ici.

-Tu veux dire que tu habites dans un autre monde... ?

-Je n'habite vraiment nul part. C'est un peu ma punition.

-Ça doit être bien, de voyager...

-Oui, mais c'est toujours bien d'avoir un chez soi, d'avoir son monde.

-Moi je pourrais voyager, je n'ai plus de chez moi.

-La cité du crépuscule sera toujours ta ville. Les gens qui vivent ici, ils te connaissent, ils te protégeront.

-Mais toi, tu vas partir.

-Oui, c'est normal, c'est mon devoir.

-Bientôt ?

-Je ne sais pas...Tu sais... J'avais une petite sœur. Comme toutes les petites sœurs, tu me la rappelles un peu. Elle est bien plus grande que toi, maintenant. Mais la dernière fois que je l'ai vue,  elle était encore petite et fragile... Elle voulait me suivre là où j'allais. Mais j'étais trop occupée pour y prêter vraiment attention. J'avais mes problèmes.  Maintenant, je ne sais pas ce qu'elle est devenue. Je serais heureuse de savoir qu'elle a toujours un chez-soi, où elle peut se sentir bien.

-Mes parents... Ils sont vraiment morts...alors ?

-Je ne sais pas...





Dernière édition par Vesper Earl le Sam 14 Mai 2016 - 10:01, édité 2 fois
La lance Tourbillonnante.

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le Mar 28 Mai 2013 - 15:29
    Mission accomplie.

    Donc…

    Très bonne mission. Je n’en attendais pas moins de toi et je suis même plutôt content d’avoir trouvé une mission qui, selon moi, va tant à ton personnage.

    Je vais commencer par la « mise en page »… J’aime beaucoup ce petit rituel, à chaque mission, un nouveau kit. Ca doit te demander beaucoup de boulot, sans parler de… Enfin je sais pas comment on peut appeler ça, mais tout le design autour de ton post, quoi, avec l’effet de la faucheuse… C’est très bien, ça met direct dans l’ambiance.

    Oui c’est une couleur oppressante, une couleur toxique ! C’est vraiment pas mal, ça va parfaitement avec ton rp.

    Le rp est vraiment bon, pour ne pas dire excellent.

    C’est pas vraiment un défaut mais j’ai remarqué que tu n’avais pas totalement respecté l’énoncé. Alors que je te disais qu’il y avait un très petit nombre de victimes, j’en dénombre une dizaine, tu noircis le tableau en parlant de nombreux morts, il m’a semblé.
    Mais bon, ça n’altère en rien la qualité de ta mission. Mon idée, en te disant « un petit nombre » c’était d’éviter un massacre de la moitié de la population juste pour prétexter une mission.

    J’ai principalement aimé ce moment où elle voit une silhouette à travers la vitre de la maison d’en face. Avec la fumée, elle ne voit pas ce que c’est, ça la fait un peu paniquer, elle s’y précipite. J’ai bien aimé, oui.
    Je crois que j’aurais encore préféré si finalement elle n’avait pas trouvé qui était cette silhouette… qu’elle reste dans le doute, s’agit-il d’une ombre, de quelqu’un qu’elle n’a pas pu sauver malgré toute sa bonne volonté, malgré le fait qu’elle ait désobéi aux ordres ?


    Tout l’après avec la gamine, c’est bien, oui. J’ai aimé ce moment où elle veut la sauver. J’ai un peu moins adoré le dialogue, mais il est quand même cool. Enfin voilà !

    On avait dit mission avancée.
    37 xp, 370 munnies et 3 PS en vitesse.

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