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 La résistance est d'or
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Le Propriétaire
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Jeu 24 Jan 2013 - 16:19
« La résistance est d’or »

Le soleil qui disparaît derrière une forêt dévastée. Des paysans au chômage un peu partout qui pestent contre le souverain et ses décisions aberrantes. Les ruines d’une maison incendiée, quelques blessés qui lambinent et gémissent aux quatre coins de la principauté. Et même ces armures noires qui raillent et qui s’attaquent aux miséreux sans raison. C’est un décor si désordonné, mais pourtant majestueux dans son désordre. C’est poétique, après tout. C’est la métaphore de la vie! À mauvais dirigeant, triste populace. C’est l’effet papillon! Un simple battement d’ailes, quelque part au mauvais moment, qui engendre une bourrasque trop violente qui génère une tornade trop sournoise qui cause des dégâts trop importants. C’est… c’est le Palais des rêves, dans toute sa déplorable splendeur.

Au milieu de ce bazar en continuelle décadence, on voit apparaître la lueur d’une lumière, la silhouette d’un sauveur. Dans la noirceur orangée de ce début de veillée, un mironton au pelage roux chemine avec placidité et calme. On le voit passer et on est aussitôt subjugué par son prestige, par sa prestance, par sa prestation! Il marche flegmatiquement, comme si la misère de cette population était illusoire ou, mieux, futile. Personne ne le connaît encore, certains daignent même lui lancer un regard perplexe, mais bientôt, il sera grand dans sa renommée. Il sera le héros, celui même qui permettra le salut de ce peuple accablé par un prince diablement inattentif. Il sera… Mais pour l’instant, il n’est que Renart – sir Renart s’il vous plaît –, un pauvre inconnu aux ambitions aussi belles qu’irréalisables. Ce nom animera les lèvres de chaque quidam ici présent, et bien plus encore. Le temps aura raison de son anonymat.

Et il marche. Il marche avec trop de paix. Sa démarche est presque honteuse, elle est en contraste insolent avec l’atmosphère belligérante qui règne. On a l’impression qu’il est aveugle et qu’il ne sait pas sur quelle terre ferme il a posé le pied, mais, au fond de lui, il sait pertinemment où il se dirige et par où il s’orientera. Riez bien, jeune populace en perdition qui ne devrait plus jamais espérer autre chose que la guerre, mais ce renard qui déambule à quelques pas de vous est bien plus qu’une simple âme. Il est votre sauveur. Remerciez-le déjà. Prosternez-vous avec passion sans attendre une seconde de plus.

Et il s’avance. Déambule-t-il? Non, il ne déambule jamais. L’errance a été créée pour les indolents et les nonchalants. Lui, il avance, c’est tout ce qu’il fait. Il s’avance cette fois-ci vers un amas d’individus qui fulminent en chœur des atrocités contre le souverain. Renart est presque épris par la joie en voyant cette masse indigente. Une masse indigente, c’est ce qu’il y a de plus malléable. Manipulons donc sans attendre.
« Cessez de gémir comme d’hideuses bêtes de somme, mes chers. Crier est futile. Son Altesse ne vous écoutera pas, il ne vous écoutera jamais! » Les manifestants désespérés se retournent avec synchronisme, ce qui engendre chez Renart un sentiment d’exaltation inégalable. Un peu d’attention, que c’est agréable! Il en profite, d’ailleurs, il en profite. « Le prince a fait mine d’être charitable durant tout ce temps pour vous manipuler plus tard. » Il voulut rajouter c’est ce que je ferai avec vous, bande d’hurluberlus, mais se retint en jugeant que ce n’était pas approprié de s’attaquer à de pauvres gens comme eux. « Ce que vous avez besoin, c’est de quelqu’un qui entend vos jérémiades. » Il fait valser sa canne entre ses mains en décochant un sourire si faux, mais un sourire qui réconforte assurément le cœur triste de ses interlocuteurs. Première phase accomplie avec grand succès : s’attirer la sympathie des victimes en acquiesçant à leur doctrine. C’était un jeu d’enfants.

Renart voit quelque chose briller dans le regard des protestataires, mais il ne peut déterminer de quoi il s’agit. Est-ce du soulagement ou les bribes d’une grande jouissance? Et pourquoi pas les deux? Quoi qu'il en soit, il est fier de son coup, fier de son idée, fier de lui. Il n’aurait pas pu atterrir sur un monde aussi utopique dans sa dystopie. Il voudrait se remercier publiquement, mais il ne veut pas paraître tel un prétentieux personnage devant ces êtres qu’il ne connaît même pas, devant ses futurs subalternes, ses futurs sujets, ses futurs esclaves! Il se contente donc de se taire, en souriant de plus belle, comme pour montrer une certaine compassion. Une compassion qu’il ne ressent pas, évidemment.

Ainsi, dans l’agglomération d’idiots qui pensent recevoir réaction d’un prince corrompu, un homme à la barbe forestière (!!) se détache et tend la main. Dans son visage, on peut lire de l'incompréhension. Dans sa voix aussi, on peut lire une émotion semblable.
« Que pouvons-nous faire d’autres, monsieur? » Viscéralement, Renart resserre l’étreinte de sa canne et enfonce ce prodigieux bâton dans le thorax de son interlocuteur. En esquissant un rictus furieux, il rectifie les paroles de l’homme. « On dit sir. Sir Renart. » Le barbu est médusé quelques secondes par la prestesse des événements, mais en fait abstraction bien rapidement. Il reprend donc où il avait terminé, toujours avec ce ton d'incompris désespéré. « On ne peut entrer dans le château, c’est trop dangereux! On ne peut le prendre d’assaut non plus, car c’est la seule richesse qu’il nous reste. On ne peut rien faire. » Une succession d’onomatopées émergent de la bouche de l’aristocrate animalier. « Vous ne pouviez rien faire, mais maintenant, je suis là. » Il met l’accent sur les derniers mots. Il est là. Tout peut enfin se régler. Enfin!

Néanmoins, ne soyons pas stupides ou trop optimistes : les choses n’arriveront pas par magie, il faut provoquer le changement. Et à défaut de pouvoir le faire maintenant, sans véritables moyens ni d’idées, Renart prend l’initiative de faire ce qu’il fait le mieux : parler splendidement pour ne rien dire. Pour stimuler les troupes, il faut les enchanter, les enivrer de fausses paroles et de fausses promesses. Dans cette sournoise optique, il se retourne donc et grimpe sur le premier rocher qu’il aperçoit à l’horizon. De là, il se sent si bien. Il est là où il a toujours cru qu’il devait être : près des cieux. Il toussote, murmure quelques secondes, débite même des vocalises pour réchauffer sa voix et s’élance.
« Dans ma tendre jeunesse, j’étais le grand général d’une grande armée d’un grand empire éloigné. L’empereur, qui détenait alors plus de pouvoir que moi, était considéré comme un despote effroyable qui ordonnait des massacres à une fréquence horriblement trop… fréquente. Qui plus est, il vivait dans l’opulence alors que la population rampait dans des conditions terribles qui me mettaient à chaque fois la larme à l’œil. Honteux d’exister dans une telle contrée, je décidai un jour de prendre les choses en main. À la tête de l’armée, j’ai mené les paysans à la révolution et, ensemble, nous avons détrôné ce qu’on croyait indétrônable. » Il prend une pause dramatique. Une pause qui, malgré tout, captive encore un peu les auditeurs. Ils salivent presque devant cette fable. « Tout cela pour dire que ce que nous croyions impossible à réaliser est devenu possible avec le temps, les efforts et l’harmonie. » Il échappe quelques rires. « Mes très chers camarades, rien n'est perdu avant d'avoir perdu. » Cette sentence veut probablement ne rien dire, mais elle engendre réflexion chez les protestataires. Ils se lancent quelques regards entre eux, ne sachant pas trop comment réagir à la venue de ce curieux personnage.

Descendant de son piédestal improvisé, Renart empale la verdure de sa canne, s'accoude dessus et regarde ses interlocuteurs avec un apitoiement imaginaire. Il attend et espère : il attend une réponse et espère qu'elle soit positive... Par la moustache de son père! Il déteste attendre, et Dieu sait à quel point il ne sait plus espérer! Donc très impatient, ses doigts se mettent à tambouriner sur son sceptre. Plus les secondes s'écoulent, plus il devient anxieux. Mais tout s'estompe lorsque la voix du barbu casse le silence.
« Vous croyez pouvoir nous aider? » D'un coup, Renart se redresse et reprend sa canne. Il toise l'homme momentanément alors que des rires très francs s'évadent de ses cordes vocales et viennent détendre l'atmosphère. Entre deux quintes de rigolade, il s'efforce de déclarer : « Je crois? Je crois?! Croire, c'est si... futile, si inutile! C'en est l'opium de tous les peuples! Moi, je sais. Vous devriez savoir, vous aussi : je sais que je peux vous aider. » Sa voix est persuasive. Elle s'infiltre dans le cœur de tous les manifestants présents et les atteint tous personnellement. Peu à peu, on discerne des lueurs de bonheur sur leurs lèvres. Fort malheureusement, cette montée d'allégresse est opprimée par les doutes. Pourquoi et comment faire confiance à un renard arrogant, mais surtout complètement inconnu? C'est absurde!

En toute évidence, la réponse du barbu est prévisible. Elle n'impressionne ni ne stupéfie Renart.
« Et pourquoi vous faire confiance? Nous avons déjà été approchés par d'autres grands parleurs comme vous qui disaient pouvoir nous aider, mais ils ne voulaient rien d'autre que réprimer nos actions contre le prince! Qu'est-ce qui nous dit que vous n'êtes pas l'un d'eux, sir Renart? » Il soupire. « Si je ne m'abuse, vos plaintes devraient attirer l'attention des gardes, n'ai-je pas raison? » Le barbu et tous les autres acquiescent sans véritablement comprendre le sens de la question. « Attendons, donc. La patience est la plus grande des vertus, il paraît. » Tous attendent en silence, obéissant aux exigences du Propriétaire sans qu'il ne s'en rendent compte. Deuxième phase en marche : persuader les victimes qu'ils n'ont rien à appréhender. Obéissons, lecteurs, et attendons!

Attendons! C'est long... Affreusement long, mais patientons!

...

Enfin, la légion princière! Les voilà qui arrivent. Les voilà qu'ils s'approchent! Ils sont deux, lourdement armés, lourdement équipés et lourdement effrayants quand même. Mais pas pour Renart! Lui ne sursaute même pas en les voyant marcher, alors que tous les manifestants se reculent presque machinalement. Il ne fait que les regarder avec un surplus d'arrogance en retirant lentement son chapeau. Lentement, mais avec classe, il se retourne vers ses sujets de demain et demande avec une gentillesse marquée.
« Je vous prie, tenez cela. Ne le perdez pas, car cela vous en coûtera beaucoup plus qu'une fortune! » Il rit. Ses rires sont presque machiavéliques et réverbèrent comme s'ils provenaient d'outre-tombe!.

Les gardes s'avancent à grands pas décidés. Plus ils approchent, plus on distingue toute la hargne qui préoccupe leur visage. Ça amuse Renart. Ça l'amuse à un tel point qu'il se met à rire encore un peu plus. Cependant, cette douce raillerie ne dure pas bien longtemps, car à peine quelques secondes plus tard, alors que les surveillants ne se trouvent qu'à quelques mètres, son visage se glace. Plus aucune émotion ne se lit dans ses yeux, sinon que de la concentration à l'état pur. Il plisse les yeux, plisse les sourcils, plisse le front et plisse les joues avec vigueur. On suppose qu'il complote quelque chose, qu'il a un plan satanique derrière la tête. Et on comprend tout quand on en voit le résultat! Alors que les gardes ne peuvent être plus près, l'un d'entre eux se met à tituber discrètement jusqu'à vaciller avec aucune pudeur. Épris de spasmes et d'étourdissements assez violents, il enfonce son visage dans le creux de ses mains. Il gémit. Il souffre. Il brame et se plaint! Renart recommence à rire, mais profite de cette tendre situation pour s'occuper du second garde qui, lui, est préoccupé par les nausées soudaines de son camarade. Le Propriétaire s'approche donc, assène deux trois coups violents au surveillant toujours en pleine forme. Son état de santé ne s'éternise pas alors qu'il tombe, littéralement assommé. Et coup de grâce! Le sceptre du Propriétaire s'enfonce dans le buste du pauvre guerrier et ce dernier s'évanouit.

Renart admire son chef-d’œuvre avec... admiration. Il est si abasourdi par l'ampleur de ses talents qu'il ne remarque pas le second soldat, remis de ses dures céphalées, charger vers lui. Il ne peut éviter le choc, ni le vol plané, ni la chute brutale et encore moins le regrettable impact contre le sol. Quand il se relève, la première chose qu'il fait n'est pas de répliquer et ce n'est pas non plus de se défendre. Il scrute plutôt son costume et distingue cette saleté sur l'encolure de sa chemise. Il est furieux. Bon Dieu qu'il est furieux! Le pelage de son visage s'empourpre presque tellement il est en colère contre cet homme! Il a mal à la poitrine, certes, mais cette douleur ne fait pas le poids face à ce maladroit qui a daigné souiller la blancheur de son vêtement. Le regard de Renart se pose donc sur son opposant. Si ses yeux étaient des poignards, le misérable garde aurait été empalé de tous les côtés.

Et il charge, mais pas n'importe comment : il charge par les cieux! Avec rapidité, agilité et grande beauté, il bondit dans les airs et, comme si le vide sous ses pieds s'était durci, il parvient à sauter de nouveau. Son ascension dure quelques instants à peine, mais sa chute dure encore moins longtemps. Il s'écrase contre le surveillant qui, bien que blindé de partout, chancelle et tombe à son tour. Satisfait, il empoigne sa canne un peu plus fort et prend son élan pour asséner un coup formidable au garde, mais ce dernier empoigne sa hallebarde au dernier moment et bloque l'offensive. Renart a beau usé de toutes ses forces pour repousser l'arme du garde, mais il n'y parvient pas et, de nouveau, il fend l'air. Cette fois-ci, à l'affût des dangers, il réussit à ralentir sa chute pour l'amortir, retombant sur ses pattes. On l'entend soupirer un unique mot.
« Cela suffit! » Oui, ce sont bien deux termes séparés d'un espace, mais le Propriétaire les prononce avec tant de vitesse qu'on dirait qu'il ne s'agit que d'un seul mot. Quoi qu'il en soit, il dégaine son révolver pour viser avec acuité l'une des failles de l'armure du surveillant. Une détonation résonne dans les environs alors que la balle se plante dans la rotule du garde. La victime se retrouve hors-combat et il suffira d'un coup de pied au crâne pour qu'elle s'endorme paisiblement, rejoignant son compagnon engourdi dans le monde des songes. Ils ne sont pas morts, certes, mais seront silencieux pendant un bon moment!

Avec fière sérénité, Renart rejoint les protestataires qui ont observé la scène avec contemplation et reprend son haut-de-forme. En les voyant, il ne peut s'empêcher de sourire. Cette fois-ci, il s'agit d'un sourire véritable... Un sourire prétentieux à souhait, mais authentique! Et c'est alors qu'il demande :
« Maintenant, croyez-vous toujours que je ne suis qu'un abject imposteur? » Le barbu se détache de nouveau de l'agglomération. « Si je considère vous faire confiance, que nous proposez-vous? » Le Propriétaire range son révolver. « Continuez de crier injustice partout autour de ce palais! Je reviendrai bien vite, je reviendrai, lance-t-il en réajustant sa chemise. Rendez-moi fier. » Reviendra-t-il? Oui. N'oublions pas qu'il respecte toujours ses promesses lorsqu'il s'agit d'influence, de pouvoir et de fortune! C'est donc sur cette belle promesse qu'il quitte ce monde de révoltés, d'insurgés, de sans-cœurs et de ténèbres pour rejoindre le vaisseau mère de cette magnifique organisation qui lui sert de gagne-pain depuis quelques mois. « Qu'on m'appelle un chauffeur privé! » qu'il hurle dans le vide, sans réponse. « Bon. Je prendrai le train des simples mortels pour cette fois-ci. »
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Playboy Milliardaire
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Jeu 24 Jan 2013 - 22:00
Alors ouais, c'est classe. J'ai bien aimé, tu écris vachement bien ! Peu de fautes, seulement un petit regret pour les répétitions. une fois, ok, deux fois, pareil, mais au bout de la 4e fois, on la sent bien ^^ Pareil, tu décris bien le "combat", mention spéciale pour le double saut. Sans déconner continue comme ça !

Normal.

32 xp, 320 munnies, 3 PS. Un en vitesse, en force, et en dex.

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