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 Premiers espoirs
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Le Collectionneur de Palabres
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Jeu 3 Jan 2013 - 0:08
Premiers espoirs

Je dois partir. Non, j’ai besoin de partir. À moins qu’il ne s’agisse que d’un désir futile? Je ne sais plus, je suis confus. Mes propres réflexions me trompent, m’arnaquent. J’ai l’impression d’avoir eu tort sur toute la ligne, du début à la fin. Si la liberté était un caprice illusoire? Je ne sais plus. Serais-je alors qu’un misérable fantaisiste n’ayant aucune autre passion que sa propre personne? Je n’ai pas eu d’autres objectifs au cours de mon existence que la quête de la liberté. Une quête frivole, chimérique…

Mais ce ne sont que des hypothèses insignifiantes à des questions qui le sont tout autant. Je ne peux savoir ce qu’est la liberté si je ne la vis pas de plein gré, et de pleine ardeur. Donc, je dois, j’ai besoin, je veux partir. Je dois néanmoins me mettre à l’évidence. Je ne peux pas espacer ses barreaux de métal à mains nues, je n’en ai pas la force. Je ne peux subtiliser les clefs d’un geôlier qui passe par là, je n’en ai pas la subtilité. Je ne peux pas non plus creuser dans ce mur recouvert de moisissures, je n’en ai pas la patience, ni le temps. La seule issue que j’entrevois est celle que je redoute le plus.

Sur un pan de mur, je distingue une faiblesse, une misérable fissure. Je m’en approche le plus discrètement possible et j’enfonce mes doigts dans le sillon. Je tire et, peu à peu, une parcelle du mur se détache, une simple roche qui, pourtant, m’apparaît comme la gemme le plus précieuse. Sans même me retourner, j’empoigne ce roc et, avec toute la vivacité qu’il me reste, je le brique contre le mur. Derrière lui, je vois naître une traînée grisâtre qui s’infiltre dans de minuscules crevasses que le roc créé en se frictionnant contre la fortification. Satisfait, mais surtout inquiet, je me relève et me déplace sur un autre pan de mur, cette fois-ci perpendiculaire aux barreaux. J’essaie de me positionner dans les pénombres les plus opaques possible.

Et je suis inquiet. Je sens l’émoi s’éprendre de moi, comme des dizaines de bras et de mains qui effleurent ma chair sans pudeur. Je tremble d’angoisse, mais j’utilise cette vigueur nerveuse pour serrer un peu plus fermement la pierre. En frémissant, je commence à écrire comme si ma propre vie en dépendait. Ma vie en dépend-elle?


« Tout à coup, alors que les quatre murs de sa prison lui semblaient de plus en plus lourds, … »

Je ne deviens pas fou, je n’hallucine pas. Les murs de ma cellule se rapprochent, je les vois, je les appréhende. Ils m’asphyxient, je peine à respirer. Ils m’enferment, me condensent. Je sens mes os se fendre sous la pression, je sens mes poumons se débattre pour chercher un peu d’air, je sens mes muscles se tendre et perdre leur vigueur. Je deviens petit. J’ai perdu ma liberté à jamais. Mais je dois… Je dois continuer d’écrire. Je dois sortir de ce pétrin, de cette cage. Je dois m’extirper de cette captivité qui m’accable.

« … alors qu’il sombrait dans une dépression des plus profondes, … »

Est-ce que ce sont des larmes qui émergent de mes yeux et qui coulent sur mes joues? Je me sens triste. Je perds toute ma force, toute ma joie de vivre. Je n’ai qu’une seule envie : prendre ce roc et me trancher la gorge avec. Je contemple déjà la douce lumière argentée qui m’espère après les ténèbres. Et mes yeux s’enflamment. Ils brûlent. Ce sont des torrents qui coulent maintenant. Je ne peux les empêcher de larmoyer avec intensité. Je suis triste. Je suis accablé. Je veux tout abandonner. Plus rien n’en vaut la peine…

Abandonner? Non, je ne peux pas. Pas maintenant. Je suis si prêt du but, si prêt d’atteindre ce que je convoite depuis si longtemps. La résignation n’est plus une option, elle ne l’a jamais été.


« … un dragon au plumage d’oiseau et à la grandiose démesurée fit trembler la terre…»

Les murs tremblent. Le sol vibre. Les plafonds frissonnent. Tout s’écroulera bientôt. Les cachots tomberont en ruines et je périrai sous les débris. Je rendrai l’âme et je n’aurai plus d’autres choix que la mort. Je serai une âme errante à jamais, enfin affranchie de l’Unique. Je serai… enfin libre. Mort, mais libre.

« … et plana jusqu’à cet homme perdu pour lui venir en ai… »

Je le vois arriver. Je peux le contempler à travers le mur, je le…

« Skjöld, quelqu’un veut te parler. »

D’un coup, je sens les puissances mystiques en moi s’estomper. Je deviens faible, je perds l’équilibre et je m’effondre sur le sol. Quand je rouvre les yeux, à peine une seconde plus tard, un garde me dévisage à travers les barreaux. Il dit, d’une voix monocorde et sans intérêt :

« Skjöld, un fidèle du Sanctum veut discuter avec toi. »

Je ne comprends pas ce qu’il dit. Peut-être parle-t-il un jargon étranger que je n’ai pas appris encore? Probablement. Tranquillement, je me relève et je m’assois dans le coin de ma cellule en ne répondant rien, sinon qu’un long soupir loquace. Le geôlier me regarde plusieurs instants avant de répéter la même phrase. Las et exténué, je parvins à glisser quelques mots entre deux halètements :

« Un fidèle du Sanctum? »

Il ne semble pas amusé. Ce n’est pas non plus mon objectif.

« Dis donc toi, tu ne viens certainement pas d’ici, commence-t-il d’un air intrigué. Tu ne connais vraiment pas le Sanctum? »

« Non. Je ne viens pas d’ici. C’est ce que je me tue à vous dire. », que je conclus en baissant lourdement la tête.

Il se tait. Il sonde mon regard, à la recherche de vérité.


« Le Sanctum regroupe des fanatiques qui vouent un culte à des divinités et qui cherchent à interagir avec eux. Ils les appellent les Éternels. »

Ces mots ont autant d’effet qu’un coup de poignard en plein cœur du thorax. Je cherche mes mots, je cherche mon air, je cherche mon sens.

« Les… les Éternels? »

Le garde acquiesce. Au même moment, un homme pénètre dans mon champ de vision. Je ne parviens pas à le distinguer correctement dans la pénombre, mais je réussis tout de même à constater que sa stature physique est respectable. J’ai l’impression de me trouver à genoux devant la solution au moindre de mes soucis.

« Skjöld, Henri. Henri, Skjöld. Je vous laisse. Criez si vous avez besoin de quoi que ce soit. »

Je cherche mes mots, je cherche mon air, je cherche mon sens.

« Comment se libère-t-on d’un Éternel? »

Ce sont les seules insipides syllabes que je réussis à prononcer.
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