Le Drapeau Blanc

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le Ven 14 Sep 2012 - 4:20
    Elle sortit de sa chambre, vive, avant de refermer la porte soigneusement et de la verrouiller à double tour. Elle se retourna, vive, avant d’incliner la tête devant les quelques gardes qui la saluaient militairement. Elle marcha dans les couloirs, vive, avant de s’arrêter devant le panneau des tours de garde pour mémoriser le nom des heureux élus de ce soir là. Elle sortit de l’aile des gardes, vive, avant de s’arrêter devant la rambarde et de regarder le ciel.

    Tous ses gestes étaient si quotidiens, pour elle, tellement inscrits dans sa tête. Sa façon de le faire ne changeait d’ailleurs jamais. Quelques soient ses gestes, elle les faisait toujours avec une extrême rapidité, comme si elle ne voulait pas laisser le temps aux autres de la regarder faire. Elle n’aimait pas… Que dis-je… Elle détestait flâner plus que tout. Ou en tout cas, elle ne supportait pas d’avoir l’air de paresser en public ! Et le fait qu’on se moque d’elle pour toutes ses mimiques nerveuses et impatientes, ce n’est pas qu’elle s’en fiche, c’est qu’elle ne s’en est jamais rendu compte.

    Quelque soit la personne croisée, elle se contentait d’incliner la tête ou de prononcer le nom de la personne en guise de salutation, mais elle ne s’arrêtait jamais. Ou si ! Elle l’aurait fait devant ses supérieurs, bien sûr ! Il y en avait encore quelques-uns… la Générale Cissneï pour commencer, et puis Maître Aqua, malheureusement, ainsi que le Maître Yen Sid de par son statut. Ensuite, il y avait Rox…



    Ou plutôt, la générale avait permis à un simili brigand de garder son grade acquis chez ces criminels similis… Ce qui faisait de Primus une sorte d’inférieure hiérarchique à cet incapable adolescent et crétin. Mais elle savait qu’en réalité, elle avait beaucoup plus d’importance que lui… Elle était écoutée, respectée, importante !

    Ah et il y avait la Dame Lockheart, très impressionnante, toujours.

    Elle vit Riku s’approcher, non pas d’elle, mais de la salle d’audience.


    « Lieutenant. »

    Elle inclina la tête, continuant sur ce salut. C’était un bon soldat, costaud, le genre de bonhomme qu’on identifie toujours aux « Guerriers de la lumière » et qu’on ne verrait pas chez les gardes… Un cas trop unique, à sa façon. Elle savait ce qu’il avait fait très récemment… Rappeler ce simili trop indépendant à l’ordre, et il avait visiblement réussi puisqu’elle pouvait régulièrement ce Roxas dans le château. Ca l’avait étonné, lui avait laissé croire qu’elle pourrait compter sur lui… Mais sa position de maître de la keyblade le rendait proche de Maître Aqua. Il savait qu’elle choisirait l’opinion de cette dernière. Ravness n’avait, en vérité, que très peu d’alliés.

    Elle se rapprocha doucement d’un groupe de gardes, le cercle s’ouvrit pour elle comme la mer se divise en deux devant Moïse… Un très bref salut et elle commença à parler.


    « La générale m’a prévenue que ce soir, les boss de chaque faction se réuniraient. Je lui ai très vivement suggéré de prendre une vingtaine d’entre vous, pour la protéger en cas de dérapage… »

    Elle aurait aimé pouvoir être de cette vingtaine. Sincèrement, rien ne l’aurait autant enchantée que d’être assignée à cette mission capitale. Mais sa supérieure avait été conseillée par une certaine personne de ne pas prendre « d’éléments perturbateurs et enclins à trop vite vouloir tuer les autres ». Diable, Aqua lui paierait ça ! Mais elle avait raison, d’une certaine façon… Ravness ne se voilait pas la face, si elle avait devant elle la Boss des mercenaires et Ariez en personne, comment résisterait-elle ?! Elle n’était pas impulsive… juste consciente des choses à faire pour gagner cette guerre.

    « La liste des heureux élus est affichée dans la salle d’audience. Vous avez vraiment intérêt à être irréprochables. Autre chose ! Je soupçonne l’ennemi de vouloir profiter de l’absence de certains membres pour attaquer le château. Aussi… Je veux que le personnel de garde soit triplé pour ce soir. Que les murailles soient bondées, que le château soit sécurisé... Et au moins cinq personnes pour garder la Pierre angulaire ! »

    Elle les regarda tous et toutes, les sourcils froncés… Avant de les chasser de quelques mouvements de mains !

    « Allez, bougez ! Faîtes passer le mot ! »

    Les gardes se déployèrent, et la masse de personnes devant elle se dissipa… tandis qu’elle put voir ce qui s’y cachait derrière depuis tout ce temps. Car dans les jardins marchait tranquillement un homme, aux cheveux blonds, recouvert d’une lourde armure. Elle le regarda quelques instants, certaine de ne jamais l’avoir vu ici.

    Et elle détourna les yeux, cherchant d’autres gardes…

    Mais…

    Elle se retourna une nouvelle fois, regardant discrètement ce guerrier. Les sourcils froncés, le visage froid, elle tenta de savoir ce qui clochait chez cet homme. Il la remarqua, la regarda dans les yeux et dans un semblant de précipitation, se dépêcha de regarder à l’extrême opposé d’elle !

    Et il avait des yeux vraiment très bleus… C’était surprenant, si surprenant en fait… qu’elle se rappela.


    « Capitaine !? Capitaine Lancaster ?! »

    Elle se figea mais se rapprocha juste après. Ce visage reprenait peu à peu tout son familier. Elle le jaugea, ne put s’empêcher de sourire en pensant à ce qui venait d’apparaître devant ses yeux.

    « Je ne pensais pas vous… »

    Et elle se rappela qui il était… elle se remémora la dernière fois où ils s’étaient vus. Elle se souvint des lettres qu’ils s’étaient envoyés, de temps en temps, pour garder nouvelle. Elle n’avait pas oublié… qu’ils avaient arrêté tous les deux de s’écrire au même moment. C’était juste avant de quitter la Cité des rêves. En vérité, elle n’avait plus jamais pensé à lui à partir de son entrée dans la lumière.

    « Je ne pensais plus te revoir un jour. »

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le Jeu 25 Oct 2012 - 19:45
    Quand il croisa son regard, Raziel se figea, comme foudroyé. Il détourna les yeux, fébrile, cherchant désespérément un moyen de fuir.

    « Capitaine Lancaster ! » Le jeune homme retint un juron. Il se tourna vers elle et une vague d'émotions l'envahit. Elle était si belle... et si proche. Des fourmillements dans ses doigts l'incitait à agripper la jeune femme pour l'attirer contre lui. Il voulait plonger son visage dans son cou, la serrer si fort qu'elle ne partirait plus, l'embrasser pour lui exprimer tout son amour....

    « Je ne pensais pas vous... »

    ...Elle parle. Oh, parle encore bel ange...

    « Je ne pensais pas te revoir un jour. »

    Il avait tant prié. Pour la revoir. Pour ne plus jamais la rencontrer. Pour l'oublier. Pour qu'elle l'aime... Et maintenant qu'elle était là, devant lui, dans sa simplicité et... Non, il ne pouvait plus penser ainsi. Il n'était plus digne d'elle s'il l'avait été un jour. Raziel avait honte... Comment lui faire face alors que ses mains étaient souillées ? Elle qui était si droite et si fière... Comme il aurait voulu être un meilleur homme pour se tenir devant elle, fier de ce qu'il avait accompli. Soudain il réalisa qu'il était silencieux depuis plus d'une minute, le regard fixe... pathétique.

    « Je... Oui Capitaine ! » dit-il très sérieusement, se raidissant. « Enfin... Commandant. » balbutia-t-il, comprenant son erreur. « ...Hum. » Il regardait se pieds, ne sachant plus quoi dire. « Je veux dire... Moi non plus. » dit-il d'un air gêné. « Mais j'en suis heureux... Ravness. » ajouta-t-il, murmurant le prénom de la jeune femme pour lui-même. Il avait besoin de la toucher afin d'être sûr qu'elle était réelle. Rougissant, maladroit, il posa sa main sur l'épaule de la jeune femme avec si peu de délicatesse qu'elle en fut légèrement ébranlée.

    « Désolé. » dit-il à voix basse, retirant vivement sa main, au comble de la gêne.



Dernière édition par Raziel Lancaster le Sam 3 Nov 2012 - 19:01, édité 4 fois
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le Lun 29 Oct 2012 - 23:00

    Elle le regarda de sa petite taille. Il était devenu un homme fort et beau… Ce qu’il avait gagné, surtout, c’était une maturité. Il n’avait plus des yeux d’enfant… tout comme elle, il les avait perdus.

    « Mais j'en suis heureux... »

    Elle aussi était contente de le revoir. Le Capitaine Lancaster était un homme bon, de confiance, qui croit en ses principes, tout comme elle… Il arrivait tel un cadeau du destin, pour la soutenir dans sa tâche car il savait que leurs buts reposaient sur les mêmes principes. Ce n’était pas un de ces hommes idiots qui font la Cité des rêves, monde d’où ils venaient tous les deux. Lancaster avait une morale… Jamais, il ne l’avait déçu.

    Elle était droite, et lui aussi… Parfaitement et militairement présentés, car ils avaient une éducation peu différente l’une de l’autre, bien qu’elle vint d’un milieu plus bourgeois. Notez que pour une militaire telle que Primus, la noblesse faisait partie d’un passé très lointain, qu’elle avait abandonné comme on abandonne sa richesse à l’Eglise lorsque dans les ordres on entre.

    Il était son égal…
    Jusque-là, elle ne le croyait pas mort, mais presque.

    Bien que digne, il avait l’air un peu troublé, sans doute parce qu’il ne pensait plus la revoir… Elle avait mal agi en arrêtant de l’informer de sa vie… Mais comment raconter sincèrement la raison qui la poussa à quitter l’armée du Consulat, pour celle de la lumière ? De fait, il l’avait peut-être cru morte.

    Il lui fit une tape sur l'épaule… Oui… Son compagnon d’armes qui la connaissait depuis qu’elle était petite, la toucha… Bon certes, puisque elle portait son armure et que ce n'était qu'une frappe dans l'idée "on est copains !" une toute petite parcelle de peau fut touchée (et encore, il avait touché le chemisier seulement) mais… l’acte la dérangea.
    Elle ne put contrôler un frisson. Ca semblait bête, encore maintenant mais… même avec Oakley, elle avait du mal à ne pas être mal à l’aise, alors une proximité avec un autre qu’elle… C’était une sorte de pudeur qu’elle ressentait frénétiquement.
    Ce trouble fut visible, vraisemblablement. Il comprit que cette familiarité n'était pas tellement dans le goût de la garde et s'excusa.

    Cela aurait été un peu bizarre de lui reprocher d’avoir mal agi… Elle n’en pensait pas moins mais elle réussit à se convaincre qu’il avait oublié. Après tout, le cavalier est un bon vivant ! A force de rencontrer des gens, il avait du attraper quelques habitudes… Peut-être aussi qu’il avait espéré qu’elle n’était plus aussi prude et renfermée.

    Elle sourit légèrement… Le genre de sourire qui relève plus d’un rictus léger que d’un vrai sourire.

    Elle ne put nier que cela l’avait gênée, et comme cette gêne s’était transmise au « gêneur », voilà qu’un silence purement gêné s’emparait du dialogue dès son commencement.


    « Je… pensais te surprendre en t’apprenant mon grade… mais visiblement tu es déjà au courant ! »

    Elle rit légèrement… C’était un peu « une façon nulle pour détendre l’atmosphère » à la Primus. Disons qu’en général, ce n’était jamais à elle de faire ça mais aux autres, alors ça rendait la tâche vraiment très compliquée !
    Et en parlant de grade, si lui était capitaine, cela veut dire qu’elle avait plutôt bien avancé ! Quelque part, ça la rassurait de savoir que tout le monde n’était pas aussi rapide qu’elle pour gagner de l’importance dans le groupe !

    Elle regarda autour d’elle d’un œil dur… Un masque de fer s’afficha à nouveau sur son visage… Et elle chercha du regard des éventuels gardes qui la regarderaient bavasser ou même être gênée.
    Quand elle fut sûre qu’aucun garde n’était à proximité, son visage se radoucit (légèrement) et elle se mordit la lèvre à une réflexion.


    « Et quand je pense que la dernière fois qu’on s’est vu… j’étais une adolescente de seize ans ! Mais rassure-toi j’ai bien changé ! Et bon, j’imagine que toi aussi. »

    Elle lui sourit un peu plus franchement. C’était une sensation très étrange que de voir Raziel aussi troublé, lui qui était plus fort qu’elle.


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le Mar 30 Oct 2012 - 0:13
    Raziel ne s'offusqua pas de sa gêne. Il avait oublié à quel point elle était pudique, à quel point elle avait besoin de cet espace entre elle et les autres. Son sourire, presque chaleureux, lui suffisait amplement. Il commençait à se détendre.

    « Je… pensais te surprendre en t’apprenant mon grade… mais visiblement tu es déjà au courant ! »

    Evidemment qu'il savait... Sans être obnubilé par la jeune femme, lorsqu'il l'avait aperçu... Il n'avait pu s'empêcher de demander des informations sur elle. Ne serait-ce que pour savoir si elle allait bien. Mais Ravness semblait inquiète d'être vue en sa compagnie, et cela le heurtait, bien plus que sa gêne ne l'avait fait. Certes, il n'était plus l'homme qu'elle avait connu... Mais, de par leur passé commun, il ne méritait pas ce léger dédain qu'il croyait voir dans ses yeux... Raziel était tellement persuadé d'être un monstre qu'il voyait son propre mépris dans le regard de son ancienne amie.

    « Et quand je pense que la dernière fois qu’on s’est vu… j’étais une adolescente de seize ans ! Mais rassure-toi j’ai bien changé ! Et bon, j’imagine que toi aussi. »

    Il sourit, songeant qu'elle n'avait pas du tout changé. Enfin, elle était différente sans aucun doute, mais il la voyait tel qu'elle était à l'époque. Il espérait qu'elle avait gardé cette fraîcheur qui lui était chère, et que malgré ce qu'avait pu lui réservé la vie, qu'elle n'avait pas perdu cette volonté si belle qui la caractérisait. Quant à lui... L'écart entre ce qu'il était et ce qu'il était devenu... Il ne voulait même pas y penser.

    « En effet... Et bien... Je suis devenu Commandant de la Cavalerie en arrivant à la Lumière. » dit-il avec un peu de fierté. « Je suis parti défendre les frontières de la Fin des Mondes et je suis revenu il y a quelques semaines à peine. J'aimerais te présenter à mes compagnons un jour, si tu le veux bien. » Il n'avait rien dit sur les années les plus sordides de son existence. Peut-être qu'un jour, il trouverait le courage de lui en parler, peut-être qu'un jour il pourrait lui ouvrir son coeur... Mais pour le moment, il voulait seulement retrouver son amie.

    « Que deviens-tu... Primus? » dit-il d'une voix hésitante, songeant que l'appeler par son prénom était peut-être prématuré. « As-tu un peu de temps à me consacrer ? J'aimerais vraiment prendre le temps de parler avec toi. » ajouta-t-il avant qu'elle ne puisse répondre. « Cela me ferait plaisir de... rattraper un peu. »



Dernière édition par Raziel Lancaster le Sam 3 Nov 2012 - 19:02, édité 4 fois
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le Mar 30 Oct 2012 - 2:06
    « En effet... Et bien... Je suis devenu Commandant de la Cavalerie en arrivant à la Lumière. »

    Cela ne la surprit pas vraiment… bien qu’elle avait cru comprendre qu’il était encore capitaine. Dans tous les cas, elle était contente qu’il soit Commandant… c’était juste parfait. Ainsi, ils ne se parleraient pas de supérieur à inférieur mais d’égal à égal. Car si la hiérarchie était importante pour la commandante, c’était surtout une sorte de ligne de conduite avec des règles et des conventions, pour qu’une armée se porte bien… et elle ne souhaitait pas mêler l’amitié à cela. Car oui… il fut un temps où elle considérait vraiment Raziel comme étant un ami.

    C’est d’ailleurs moyennement exact… Raziel n’était pas un ami, dans son adolescence… c’était son ami. Elle n’en avait qu’un, et il était le seul à l’apprécier malgré tous ses défauts. Pour ça, il avait gardé une place importante pour Primus, même si elle ne savait plus comment se définissait leur relation. Se parleraient-ils comme des connaissances ? Elle n’oserait pas lui poser la question, tout comme elle n’oserait pas insister si jamais il ne voulait pas trop reprendre contact avec elle.
    Plus tard, vers ses dix-sept ans, elle avait entraîné des soldats à devenir gardes… Nirid, par exemple. Mais même lui n’avait été pour elle qu’un élève plus proche, pas un ami ni même un copain.

    Alors voilà… difficile de dire pour elle qu’elle s’était fait d’autres amis.

    Elle ne l’avouerait jamais mais cette amitié fut importante, parfois nécessaire. Lorsqu’il commença à l’éviter, lorsqu’il fut nommé Capitaine, c’était comme si elle était devenue qu’une simple connaissance… Il n’allait plus vers elle, et cet éloignement fragilisa encore la jeune Ravness.


    « Moi aussi. »

    Elle répondit machinalement cela quand il parla de ses compagnons qu’il aimerait lui présenter. Elle l’avait dit sans trop réfléchir mais en le pensant sincèrement. Les gardes du château étaient tous sous son commandement, bien qu’elle se montrait assez distante envers eux, trop pour qu’ils se tutoient ou pour qu’une amitié se crée. Au lieu de ça, il y avait la confiance.

    « Que deviens-tu... Primus? As-tu un peu de temps à me consacrer ? J'aimerais vraiment prendre le temps de parler avec toi. »

    « Euh… »

    Elle réfléchit… Aujourd’hui était un jour important pour les gardes mais si elle restait ici, il n’y aurait pas de problèmes. Elle acquiesça en souriant timidement… Ca la rassurait un peu qu’il ait l’air plus assurant, comme avant.

    « Je ne sais pas si tu sais mais je suis la commandante de la garde. »

    Elle fit un petit sourire un petit peu fier. Mais un léger silence s’installa… Que dire de plus sur ce qu’elle devenait sans trop en dire. Elle pouvait à la rigueur lui dire qu’elle était dans une politique assez radicale dans la lumière, et qu’elle tenait ses positions face à Maître Aqua… mais c’était trop confus.

    « Ce n’est pas très différent d’avant, au fond. Je les entraîne et… on tient le coup ! »

    Elle avait bien entendu le sentiment qu’il voulait une réponse un peu moins impersonnelle que cela mais elle ne se voyait pas parler de sa vie affective, de ses haines, de ses peurs et de ses intentions. Elle se contenta de redire ce qu’elle avait déjà dit avant, mais avec un peu plus de foi.

    « Les gardes sont très nombreux mais ce serait quand même bien qu’ils connaissent la cavalerie… On risque de devoir unir nos troupes de temps en temps, j’imagine. »

    A vrai dire, ce qu’elle disait n’était pas forcément sensé puisque la garde servait à la défense, tandis que la cavalerie était une force militaire lourde pour les attaques éclaires et puissantes. Néanmoins, les deux camps faisaient partie d’une même unité : l’armée de la lumière… cela plus encore que les guerriers héroïques et fringants lumineux.

    « Je n’arrive pas à croire qu’ils t’aient envoyé à la Fin des mondes si longtemps. Pour y être allée un jour, j’ai vu à quel point cet endroit est dangereux… Je ne m’en suis échappé qu’avec de la chance, alors je n’imagine pas comment tu as pu tenir des années durant. »

    Sa voix était sérieuse. C’était plus de la franchise que de la compassion qu’elle lui témoignait. Et l’on sentait une pointe très nette de colère dans ses paroles.

    « C’est absurde. Si je l’avais su, je n’aurais pas accepté qu’on ordonne une telle mission suicide… Mais ça ne me surprend qu’à moitié… Eviter la guerre est tout ce qu’ils veulent… mais pour ce qui est de ce qu’on doit sacrifier pour qu’elle n’arrive pas, c’est une autre histoire. »

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le Mar 30 Oct 2012 - 11:47
    La jeune femme se détendait à son tour et, malgré une certaine maladresse visible dans leurs gestuelles, l'atmosphère se réchauffait. Raziel sourit franchement lorsqu'elle annonça avec fierté son poste au sein de la garde... Non, vraiment, elle était juste adorable.

    « Les gardes sont très nombreux mais ce serait quand même bien qu’ils connaissent la cavalerie… On risque de devoir unir nos troupes de temps en temps, j’imagine. »

    Le jeune homme hocha la tête. « En effet... » dit-il, songeant qu'il avait encore du travail... Depuis leur retour, Raziel, Baelor, Thalys et Sycille luttaient pour s'intégrer dans cette nouvelle cavalerie. Mais à chaque fois qu'ils tentaient d'en apprendre plus sur l'un d'eux, ils revoyaient les visages de leurs frères d'armes tombés au combat, ou pire... Ceux dont le sang entacherait toujours leurs mains. Comment tisser des liens avec ces hommes et ces femmes quand la raison même de leur pénitence aux frontières était la trahison ?

    « Je n’imagine pas comment tu as pu tenir des années durant. »

    En espérant trouver la mort. En me jetant dans la bataille de toutes mes force, priant Dieu pour qu'il achève mes souffrances.

    « C’est absurde. Si je l’avais su, je n’aurais pas accepté qu’on ordonne une telle mission suicide… Mais ça ne me surprend qu’à moitié… Eviter la guerre est tout ce qu’ils veulent… mais pour ce qui est de ce qu’on doit sacrifier pour qu’elle n’arrive pas, c’est une autre histoire. »

    La colère l'envahissait peu à peu, sans qu'il ne sache vraiment pourquoi. Peut-être la culpabilité... Mais pour la première fois depuis qu'ils s'étaient retrouvés... Il voulait qu'elle se taise. Raziel sentait la tension raidir ses muscles et il retenait avec difficulté les pulsions de violence qui se faisaient de plus en plus présente. Crispé, il tentait de garder le silence, de rester calme. Il devait rester calme. Si jamais il l'agressait... Il ne pourrait plus jamais se regarder dans une glace.

    « Nous étions volontaires. » dit-il un peu plus sèchement, sans être agressif. C'était le ton qu'il utilisait lorsqu'il voulait mettre fin à une discussion entre lui et ses cavaliers. Il ne lui avait pas parlé de sa promotion, à son retour, parce que, tout simplement... Personne ne le savait. Et c'était très bien comme ça, il ne voulait pas d'un titre gagné sur les cadavres de ses compagnons tombés aux frontières des mondes. Mais dans ces conditions... De commandant à commandant... Il venait de dépasser les bornes.

    « Peu d'entre nous en sont revenus. » dit-il d'une voix plus douce, presque comme une confidence, laissant ses yeux exprimer, juste un instant, toute la peine qu'il avait pu éprouver. Il se racla la gorge le plus silencieusement possible et se redressa, retrouvant a sérénité et son sourire aux apparences de franchise, masque bien rôdé qui ne laissait rien paraître.

    « Mais parle-moi plutôt de la Cité ! Que s'est-il passé depuis que je suis parti ? Tu as fini par dresser ces gamins ? Haha, quelle terreur tu étais... » Il parlait avec enthousiasme et sincérité, il ne cherchait pas à lui manquer de respect... Non, Raziel parlait avec affection. Il était nostalgique de cette époque où ils n'étaient que... Où ils étaient encore innocents. Le jeune homme ne se sentait pas prêt à aborder ses... années sombres. Même avec elle.

    La seule personne qui pouvait encore lui parler de ce passé restait Baelor. Parce que cet homme, malgré son apparence de rustre un peu bourru, brillait par son intelligence et son tact. Il savait toujours par où commencer pour se lancer sur un sujet tendancieux ou douloureux. Baelor était comme son frère, ils se bagarraient, se chambraient, se soutenaient. C'était son premier compagnon. Le premier à lui avoir adressé la parole. Ils se connaissaient si bien que lorsqu'ils combattaient côte à côte, ils arrivaient bien souvent à prévoir les mouvements de l'autre. Lui aussi commandant, il avait refusé de diriger sa propre unité pour rester aux côtés de Raziel.


    « Qu'est-ce qui t'a convaincu de rejoindre la Lumière, au final ? Tu avais l'air si déterminé à défendre notre Cité jusqu'au bout... Je dois avoué que j'étais surpris, lorsque je t'ai croisée, de loin, à mon retour. » dit-il, un peu plus hésitant. Il voulait lui montrer qu'il se souvenait de tout... Sans être envahissant. Et sa maladresse n'aidait vraiment pas...



Dernière édition par Raziel Lancaster le Sam 3 Nov 2012 - 19:03, édité 6 fois
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le Jeu 1 Nov 2012 - 4:17
    « Peu d'entre nous en sont revenus. »

    A cela, elle acquiesça. C’était un hochement de tête qu’elle voulait compatissant… Ca ne l’étonna pas, néanmoins elle savait que pour un meneur, c’est toujours difficile de voir ses hommes tomber. On se demande durant des nuits durant ce qui n’allait pas dans le plan, ce que l’on a échoué… Car oui, quand un homme meurt sous le commandement d’un autre, c’est le commandant le seul responsable… Et c’est ça le plus terrible.

    Mais les deux commandants connaissaient cela et y étaient très habitués. Elle regrettait par ailleurs que les gardes de la lumière n’aient pas connu ce genre de mort… A sa connaissance, aucun garde n’avait été tué sous son commandement. Le fait est que lorsqu’un jour, il y aura une attaque, alors il y aura des morts, obligatoirement. Et ces morts, par dizaine peut-être, anéantiront brusquement l’esprit fragile des gardes.


    « Mais parle-moi plutôt de la Cité ! Que s'est-il passé depuis que je suis parti ? Tu as fini par dresser ces gamins ? Haha, quelle terreur tu étais... »

    Là par contre, elle fut surprise. Elle écarquilla les yeux et fut sur le point de lui sauter à la gorge pour le faire taire, lui dire de parler moins fort ! Cette question, c’était celle qui l’angoissait depuis son arrivée à la lumière… Le nombre de fois où elle avait craint qu’un garde lui demande innocemment ce qu’elle faisait avant et pourquoi elle ne le faisait plus, était impressionnant. A part Nirid, personne n’était au courant des vraies plaies de son passé !

    C’est bête, il ne faisait que rappeler la seule chose qu’ils avaient en commun : un passé.

    Elle se jugeait trop sévèrement, ne se pardonnait rien… Elle ne supporterait pas de vivre ça avec quelqu’un d’autre qu’avec elle-même.


    « Désolé, Commandant… Parler de la Cité, c’est impossible pour moi. A vrai dire, je n’y suis plus retourné depuis… près de deux ans. »

    Elle n’en disait pas trop… mais juste assez pour qu’il ne se permette pas d’insister. Sa voix était froide, mais pas cassante… et connaissant Raziel, elle ne pensait pas qu’il prendrait mal ce refus. C’est un homme bon, il ne la jugerait pas. A vrai dire, lui parler de ce qu’elle avait fait, de la vraie raison de sa venue ici, ne lui semblait pas totalement inconcevable… Bien qu’elle sache qu’il n’aurait pas fait les erreurs qui étaient les siennes, car elle fut naïve, et que lui ne l’était pas. Simplement, elle savait qu’il était apte à comprendre ses raisons. Mais malgré cette confiance, elle ne le ferait pas… Parler du tournant de sa vie signifiait trop de choses : se remémorer ses actes, ses crimes… S’en vouloir d’avantage et rouvrir les plaies… pleurer et avoir l’air faible.

    C’était hors de question. Parler avec le seul ami qu’elle ait peut-être jamais eu, c’était une chose. Mais tout ami qu’il soit, elle restait Primus, elle restait inébranlable.


    « De garde de la cité des rêves, je suis devenue une capitaine du Consulat. Pour moi, ça n’avait plus de sens… Ce qu’ils chérissent, je m’en fiche éperdument, tu sais… L’art… Ai-je fait ne serait-ce qu’une chose se rapprochant de près ou de loin à de l’art, de toute ma vie ? Non. Et puis, j’ai de l’ambition, et il me fallait les moyens pour l’accomplir... »

    Par ambition, elle entendait plutôt « dessein » mais pour elle, les deux étaient synonymes… Si avoir une haute place dans la lumière l’intéressait, c’était pour servir ses rêves et pour aucunes autres raisons.

    Pour la même raison déjà mentionnée, elle ne pouvait révéler l’exacte vérité. Comment rester dans une cité pour la protéger, alors qu’on l’a mise à feu et à sang ? Comment garantir la sécurité d’un citoyen, alors que la veille, on tuait le frère de ce dernier ? Et surtout, comment continuer à croire défendre Dieu et sa Maison, alors qu’elle avait perdu sa place au Paradis ?


    « Ici, je peux agir plus concrètement, tu sais. Finalement, c’est exactement comme toi quand tu as rejoint la Lumière. Ici, c’est moins beau, c’est moins grand… Dieu, ils s’en fichent, tous. Et personne n’aime vraiment ce monde, puisqu’il n’est la patrie de personne. Ce monde et ce camp sont juste des gardes. »

    Lorsqu’elle parlait, elle ne le regardait pas. Ses yeux regardaient plutôt le sol, les murs ou le ciel. A part pour donner un ordre, elle n’aimait pas croiser un regard.

    « Et puis, même si je m’en allais demain… Puisque je finirai sûrement par partir si les choses ne me vont plus… Et bien, j’aurais au moins forgé des gardes solides pour la lumière ! Parce que je t’assure qu’avant que je n’arrive, ils n’étaient vraiment pas bons ! »

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le Sam 3 Nov 2012 - 17:29
    « Désolé, Commandant… Parler de la Cité, c’est impossible pour moi. A vrai dire, je n’y suis plus retourné depuis… près de deux ans. »

    Raziel hocha la tête, une ombre dans le regard. Il avait espéré qu'elle se confierait ou, qu'au contraire, il n'y aurait rien à dire qui nécessiterait de prendre du recul. La jeune femme, e lui imposant le silence, lui laissait voir que quelque chose n'allait pas sans pour autan le lui révéler. Il était néanmoins touché par cet effort, qu'il soit volontaire ou non, mais ne pouvait s'empêcher de regretter ses réticences. Comme si elle avait son senti son dépit, Ravness raconta brièvement son arrivée dans les rangs de la Lumière.

    « Ici, je peux agir plus concrètement, tu sais. Finalement, c’est exactement comme toi quand tu as rejoint la Lumière. Ici, c’est moins beau, c’est moins grand… Dieu, ils s’en fichent, tous. Et personne n’aime vraiment ce monde, puisqu'il n’est la patrie de personne. Ce monde et ce camp sont juste des gardes. »

    Amusé, il sourit à cette remarque, mais il y avait dans ce sourire un certaine mélancolie. En admettant qu'elle dise vrai... Alors pour qui avait-il combattu, commis tous ces crimes, presque renié sa foi ?

    « Et puis, même si je m’en allais demain… Puisque je finirai sûrement par partir si les choses ne me vont plus… Et bien, j’aurais au moins forgé des gardes solides pour la lumière ! Parce que je t’assure qu’avant que je n’arrive, ils n’étaient vraiment pas bons ! »

    Raziel prit sa remarque sur le ton de l'humour et laissa échapper un rire sobre. « J'aimerais en dire autant de la cavalerie... Mais je n'ai pas encore eu l'occasion de les dresser depuis mon retour ! » dit-il en plaisantant, masquant du mieux qu'il pouvait cette discrète quoique tenace amertume qui lui restait au fond de la gorge au souvenir de ses anciens compagnons. Un silence s'installa entre eux, mais le jeune homme n'était pas embarrassé. A ses yeux, la véritable amitié se reconnaissait lorsque le silence entre deux personnes n'était plus gênant...

    Brusquement, il frappa son front de sa main gantée d'acier.
    « Je n'y pensais plus ! » s'exclama-t-il les yeux écarquillés. Conscient de sa maladresse et de sa réaction plutôt cocasse, il passa sa main derrière sa nuque un peu gêné. « C'est-à-dire que... » balbutia-t-il, le regard fuyant, avant de se redresser et de se racler la gorge bruyamment pour se donner contenance. « J'ai quelque chose pour toi. » dit-il d'une voix qui se voulait ferme. « C'était quelques mois avant que l'on ne cesse de s'écrire. » Il ne rejetait la faute sur personne, il s'agissait d'un simple constat. « Lorsque je l'ai vu, j'ai immédiatement pensé à toi... » Son visage s'adoucit, il esquissa un sourire presque tendre et dans ses yeux se lisait l'émoi. Il reprit ses esprits et cligna vivement des yeux. « Bref, je l'ai conservé et... Honnêtement, j'ai fini par oublié son existence. »

    C'était complètement faux.

    En vérité, Raziel avait gardé sciemment gardé l'objet, espérant pouvoir un jour le remettre à Ravness si jamais il la retrouvait. Mais il ne voulait pas l'embarrasser... Surtout que le chevalier n'avait aucune arrière-pensée à l'égard de son amie. Il était clair à ses yeux que l'amour qu'il lui portait était à sens unique. Bien sûr, il y avait une part de lui qui gardait espoir... Mai dans l'absolu, Raziel s'était résigné il y a bien longtemps.

    « C'est juste un souvenir. » ajouta-t-il avec un haussement d'épaules, l'air de dire que ce n'était rien.

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le Lun 5 Nov 2012 - 15:43
    « J'aimerais en dire autant de la cavalerie... Mais je n'ai pas encore eu l'occasion de les dresser depuis mon retour ! »

    Elle lui sourit légèrement. Elle n’osa pas lui dire mais une question la taraudait… Pourquoi donc la cavalerie de la lumière se battait à dos de chevaux, alors que les chevaux ne sont ni élevés, ni vendus, au sein de leur camp ? Il semblait plus logique, tout de même, que la cavalerie soit composée de chevaliers yoshis. Peut-être était-ce dû à l’alliance entre le Consulat et la lumière… Ou alors c’était tout simplement Raziel qui avait refusé de faire monter ses hommes sur des lézards voraces. Dans tous les cas, cela avait eu un impact certain ! Savez-vous combien de personnes ont acheté des Yoshis à Ravness (puisqu’elle était la responsable de la boutique) ? Pas grand monde !
    Pourtant, il est certain que si Raziel et ses hommes montaient et se battaient à dos de Yoshis… Ces créatures se feraient connaître et apprécier, et grâce à cela, la demande en Yoshis serait suffisamment importante pour que l’économie de la lumière reparte !

    Mais demander à Raziel d’abandonner son cheval… Elle n’avait aucune chance qu’il accepte, il aimait trop sa jument. Et bon, elle aussi avait sa propre jument, Beth, qu’elle n’abandonnerait pas pour une de ces montures… Après tout, c’est aussi une histoire d’équilibre ! Nirid, elle et encore plus Raziel avaient tous les trois passé leur vie sur un cheval ! Ils connaissaient la force et les faiblesses du cheval, savaient se battre dessus comme au sol et surtout, partageaient un amour pour les chevaux.

    Et avec ça, elle se rendit compte qu’elle était complètement perdue dans ses pensées et qu’elle en oubliait la présence du Commandant Lancaster… Elle fut presque surprise qu’il parle à nouveau.


    « J'ai quelque chose pour toi. »

    « Ah… Ah oui ? »

    Ce n’est pas qu’elle détestait les cadeaux… En vérité, ça lui faisait toujours plaisir, mais ce qu’elle craignait, c’était de ne pas avoir la réaction appropriée. Elle haïssait ce devoir moral qui l’obligeait à paraître beaucoup plus contente qu’elle ne l’est en fait !

    « Lorsque je l'ai vu, j'ai immédiatement pensé à toi... Bref, je l'ai conservé et... Honnêtement, j'ai fini par oublier son existence. »

    Elle sourit légèrement à la fin de sa phrase. Elle avait beau être quelqu’un de froid et de compliqué, elle eut la réaction la plus humaine qui soit, celle de se demander ce que pouvait être ce cadeau ! Elle espérait vraiment que ce soit quelque chose comme une arme… Comme ça, elle pourrait avoir une réaction naturelle, sincère et dire « Ah ça tombe bien, mon épée commençait à s’émousser. »… Une réaction pragmatique, ça elle savait faire !

    « C'est juste un souvenir. »

    Elle hocha la tête. Au fond, cette intention lui faisait plaisir… Cela lui prouvait un petit peu qu’il ne se forçait pas d’être aimable avec elle, qu’elle n’était pas un boulet avec qui il daigne passer un peu de temps. Qu’il ait pensé à elle était la preuve qu’il lui accordait au moins un peu d’importance.

    « C’est très gentil de ta part. »


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le Lun 5 Nov 2012 - 19:02
    Raziel resta silencieux un instant, figé. Le rouge lui montait aux joues et il remerciait le ciel pour ce froid hivernal qui lui donnait une si bonne excuse... Il se racla la gorge discrètement avant de porter la main à sa besace. D'ordinaire, celle-ci restait sur les flancs de sa jument mais lorsqu'il restait à pied aussi longtemps, il avait pris l'habitude de la garder près de lui. A l'intérieur, il y avait un kit de soins, quelques provisions, une gourde, un poignard et, bien entendu... Le présent qu'il comptait offrir à Ravness.

    Lèvres pincée, le regard inquiet, il observait la jeune femme, un peu hésitant. Il roula légèrement les épaules et prit une grande inspiration. Doucement, il attrapa la main de la garde avec la plus grande délicatesse. Il essayait d'être le moins invasif possible, mais il tenait à lui remettre ainsi. Il déposa l'objet au creux de sa paume avant de refermer les doigts de la jeune femme de son autre main. Il tenait entre ses mains celle de Ravness, et la regardait droit dans les yeux, fébrile sous le coup de l'émotion. Mais après quelques secondes, il la relâcha, de peur de l'importuner...

    Lorsqu'elle ouvrit la main, elle pu voir une mince, longue et délicate chaîne en argent avec un pendentif, une médaille très fine sur laquelle figurait Saint Maurice, le saint-patron des fantassins.


    « Je... Retourne-la. » dit-il, de plus en plus gêné. Sur le revers de la médaille figurait la Vierge, symbole de paix. « J'ai pensé que... Ça te plairait. » ajouta-t-il d'une voix blanche.

    Le jeune homme était tétanisé, il avait l'impression de s'être entièrement dévoilé par ce geste, et il craignait par dessus tout qu'elle comprenne l'ampleur de ses sentiments... Elle était si fière, elle ne voudrait sûrement plus lui adresser un mot si jamais elle découvrait la vérité. Raziel s'en voulait d'être aussi expansif, il aurait préféré pouvoir prendre sur lui et ne rien laisser paraître. Mais ses sentiments le submergeaient maintenant qu'elle était en face de lui, comme une bouffée d'air après être longtemps resté en apnée... Le chevalier était impuissant, incapable de se contrôler. Chaque seconde, il tentait de se raisonner, de se montrer plus froid, mais il en était tout simplement incapable...
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le Lun 5 Nov 2012 - 22:35
    « Oh… »

    Elle regarda le pendentif qu’elle tenait au bout de ses doigts avec intérêt. La figure de Saint-Maurice était représentée sur la première face du médaillon, reconnaissable entre tous par son armure. Cela fit sourire Ravness de bon cœur… Elle n’avait jamais eu la prétention de se comparer à une figure aussi pieuse, mais il est vrai que c’est avec lui qu’elle partageait le plus de ressemblances et de convictions… Au fond, elle se définissait par la même vie, par le même désir de mourir en suivant ses buts. Et que Raziel le lui dise ainsi, lui faisait très plaisir. C’était plus qu’un ami, c’était un allié, et il était le seul à comprendre vraiment ses rêves et à les partager.
    Elle retourna le médaillon, comme il lui demandait, et elle vit la Vierge Marie. Pour Primus, ces deux années sans être retournée à la Cité des rêves, c’était surtout deux années passées loin de Notre-Dame. C’était l’unique chose qui lui manquait vraiment, dont elle avait besoin. Cette cathédrale avait séché tant de ses larmes, l’avait rassurée… De ses chants, l’église l’avait exhortée dans sa tâche. De son orgue, lui avait montrée toute la puissance de Dieu. Encore aujourd’hui, les rêves de Ravness se font devant la rosace de Notre-Dame… La voix du prêtre, l’odeur de l’encens, le contact entre son index et son majeur avec l’eau bénite, le corps du christ sous son palais.
    Et plus elle regardait la vierge, plus les souvenirs remontaient. Elle y avait passé les plus belles minutes de sa vie, dans la foi, dans la prière. Nul n’avait pu l’aider autant que le Seigneur lui-même… Elle en connaissait chaque recoin, chaque peinture, chaque vitrail.
    Lorsqu’elle releva les yeux vers Raziel, elle se surprit à pleurer un peu.


    « Oh quelle conne !»

    Ca lui échappa mais elle ne s’excusa pas et se contenta de détourner la tête, cachant ses larmes… Quelle idiotie que de pleurer ainsi ! Elle essuya ses larmes et frotta ses yeux quelques secondes, partagée entre la honte de regarder la réaction du Commandant, et la honte d’avoir les yeux rouges. C’était juste ridicule.

    « Aucun commentaire, Commandant… Oubliez ce que vous venez de voir. »

    Elle n’était pas agressive, et ça n’avait pas l’air d’un ordre, c’était plutôt le genre de commandement qu’elle avait l’habitude de donner à ses hommes par réflexe.
    Elle ne regardait toujours pas Raziel, néanmoins elle voulait répondre à son cadeau et quand elle jugea ne plus être trop ridicule… Elle guetta la première garde à apparaître dans son champ de vision.


    « Officier Ambre ! Venez ici ! »

    Le ton de Primus était absolument sec, dénué de toute sympathie… C’était un brusque changement volontaire entre ses deux interlocuteurs. La garde s’exécuta et en quelques secondes avait rejoint les deux commandants, s’inclinant devant Raziel.

    « Aidez-moi à enfiler ce collier, je vous prie. »

    Ah il est sûr qu’en aucun cas elle n’aurait demandé ça à un homme… Elle donna le pendentif à l’Officier, lui tourna le dos et souleva ses cheveux de ses mains avec un visage totalement froid. Et après que la garde ait attaché le collier et fut congédiée, Ravness se rapprocha à nouveau du commandement, lui refaisant face et inclina la tête.

    « Ton cadeau me fait très plaisir, Commandant Lancaster. »

    Elle se retourna une nouvelle fois, avant de glisser discrètement le médaillon sous sa chemise, pour éviter qu’elle ne le casse.

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le Lun 5 Nov 2012 - 23:10
    Raziel crût mourir lorsque les larmes coulèrent sur le visage de Ravness. Il cessa de respirer, de penser, il était figé les yeux écarquillés et la bouche entrouverte, un mélange de bonheur et d'inquiétude sur son visage. Lorsqu'elle jura, un frêle sourire se dessina sur ses lèvres et ses joues se colorèrent d'un rouge discret.

    « Oubliez ce que vous venez de voir. »

    Aucun risque qu'il oublie cet instant. Non, il se souviendrait toujours du regard de la jeune femme lorsqu'elle avait posé les yeux sur le collier. Il ne pouvait toujours pas prononcer un mot, il respirait avec difficulté et une sorte d'agréable douleur lui étreignait la poitrine, il avait l'impression qu'un feu d'artifices éclatait dans ses entrailles.

    Elle appela un officier qui s'approcha pour l'aider. Raziel retint son souffle lorsqu'elle souleva ses cheveux, dévoilant légèrement sa nuque. Le jeune homme détourna les yeux en se mordant les lèvres alors qu'un frisson le parcourait. Il aurait eu l'impression de s'immiscer dans son intimité si son regard s'était attardé plus longtemps... Raziel était un homme d'honneur malgré son passé, et il avait une très haute idée de ce que constituait la galanterie. Sa pudeur et son éducation l'empêchaient de la regarder, et pourtant, elle ne faisait que relever sa chevelure....

    Ravness congédia la garde et s'approcha de lui. De nouveau, il pouvait la regarder dans les yeux avec dignité. Elle inclina la tête et parla d'une voix douce.
    « Ton cadeau me fait très plaisir, Commandant Lancaster. » Il lui sourit franchement, un sourire complice. Bientôt, ils retourneraient chacun à leurs occupations, mais le chevalier avait la certitude qu'il ne tarderait pas à la revoir.

    Mais cela n'avait aucune importance car, à cet instant, et ce pour la première fois depuis des années, Raziel se sentait comme le plus heureux des hommes.
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