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 Ombres mélancoliques
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Mar 10 Juil 2012 - 3:03
Ombres mélancoliques

Parfois j'ai l'impression que je suis seul au monde, et que seule la compagnie de mon cistre sera éternelle. Je sais que c'est absurde de penser ainsi. Je sais aussi que c'est une vision assez pessimiste de mon existence, mais c'est ce que je ressens. La solitude ne me déplait pas en un sens, mais elle n'est pas ce dont j'ai toujours rêvée, avouons-le. Quand je repense à ce que j'ai été avant mon second souffle chez le Consulat, je me dis que j'ai peut-être emprunté un chemin qui n'était pas le bon, ou du moins pas celui que le destin avait choisi pour moi. Je ne suis qu'un héraut que depuis quelques jours, mais j'ai ce doute constant qui plane au-dessus de ma tête, comme un oiseau de malheur. Je suis peut-être le véritable fils d'Érato, je suis assurément un poète vigoureux, mais il manque quelque chose pour compléter ma passion; il manque une pièce au puzzle, cette pièce qui avait réussi à me combler à la Cour des miracles : des gens sur qui compter.

Des gens sur qui compter... Je pourrais en trouver à profusion dans l'une des tours du Consulat, ou encore dans les rues mystiques des Jardins Radieux. Mais j'ai l'impression de n'être plus capable de tisser des liens et de forger des relations avec des gens. Quand je me mets à m'intéresser à quelqu'un, j'ai toujours ce tsunami de nostalgie qui me submerge et qui me pousse à comparer ce quidam aux gens que j'ai naguère côtoyés dans les entrailles de Paris. Et je me rends alors compte qu'ils ne pourront en rien égaler ce que je vivais autrefois. Quelquefois je me dis que je devrais abandonner derrière moi les hérauts et retourner à la Cour des miracles. Mais d'autre fois je me dis que j'ai évolué et que si je suis rendu ici, c'est parce que la vie en a voulu ainsi. Par dieu... Je divague. Il est absurde de m'imposer une telle tirade.

Alors je prends mon cistre, et je joue. C'est ce que je fais quand je suis perdu, égaré quelque part dans les méandres de la titubation. Je gratte jusqu'à en avoir les doigts embrasés, jusqu'à n'en plus sentir la présence de mes propres mains. Je gratte jusqu'à ce que je sois parvenu à oublier ce qui doit être oublié. Et alors je me mets à chantonner des paroles, à réciter des psaumes que j'improvise sur ma propre épopée et sur celles des autres. Plus je m'engouffre dans cette transe artistique, plus j'ai l'impression de me sentir vivant, vif, vivifié. Mes palpitations cardiaques atteignent des zéniths jamais atteints auparavant. Je vis. Je vis enfin... Je ne suis plus mélancolique. Je ne suis plus nostalgique. Je ne fais qu'une grande entité avec l'art que je découvre. Et je fuis mes dilemmes, mes problèmes, car c'est la seule solution que j'ai trouvée jusqu'à présent pour me sentir allègre et comblé. C'est absurde...

Je cesse de jouer drastiquement, arrêtant d'un doigté gracieux les vibrations des cordes de ma guitare. Je me sens mieux. Ma respiration reprend tranquillement un cours normal, mon cœur s'apaise adagio, ma peau se refroidit un peu. Par opposition, une succession de frissons intenses viennent me parcourir l'échine et me faire frémir imperceptiblement. Mes joues sont probablement aussi écarlates que le sang qui flue dans mes veines, mais je me sens bien, et c'est tout ce qui compte. Alors je rouvre mes yeux et je suis tout de suite aveuglé par les lueurs du soleil. Je baisse le regard. Les sables du temps s'écoulent beaucoup trop rapidement... Je dois retourner auprès du maître des arts pour honorer la poésie de ma douce muse.

Je fais disparaître mon cistre dans une constellation d'éclats et je me relève. Mes jambes sont curieusement engourdies, mais j'avance quand même vers les quartiers généraux du Consulat, claudiquant grossièrement. Si la Cité des Rêves me manque atrocement, je ne peux démentir le fait que les Jardins Radieux sont tout simplement fastueux. Ce calme, ces panoramas à couper le souffle, cette ambiance placide qui vient m'étreindre chaleureusement quand je me sens mélancolique. Et au travers les beautés de cet univers, je continue de cheminer, considérant l'horizon pour l'énième fois; pourtant, je ne me lasse pas de tous ces décors. À chaque fois que je déambule dans les profondeurs de cette banlieue paisible, j'apprends à apprécier un peu plus ce qui m'entoure. Je suis si aspiré par la poésie des lieux que j'en oublie clairement les problèmes qui m'assaillaient quelques minutes plus tôt. Décidément, la poésie, littéralement et au sens figuré, réussit à me charmer à toutes les fois.

J'aperçois au loin une silhouette svelte, l'ombre d'une femme à la chevelure aussi noire que l'obsidienne. Plus je m'avance, plus je sens que je reconnais ce regard profond. Peut-être l'ai-je déjà croisé dans les couloirs des quartiers généraux, ou encore dans l'une des rues de ce dédale, je n'en sais rien. Je marche encore un peu, nous arrivons presque à nous croiser. Je la salue avec une courtoisie qui me surprend moi-même, mais je perpétue mon chemin. Après tout, je ne voudrais importuner une demoiselle dans son train-train quotidien. Je lui demanderai si nous nous connaissons plus tard, dans une potentielle éventualité. Pour l'instant, ce n'est pas tellement crucial.

Mais vous savez cette sensation qui s'éprend de votre âme lorsque vous passez à côté de quelque chose qui aurait pu être important? C'est ce que je ressens à ce moment bien précis. Alors qu'elle disparaît promptement de mon champ de vision, je fais un demi-tour sur moi-même. Je la vois partir dans une direction opposée, mais elle accélère le pas comme si elle voulait fuir quelque chose, quelqu'un ou une situation. Elle marche de plus en plus prestement, elle court presque. A-t-elle besoin d'aide? Probablement pas, mais mon instinct me pousse à la suivre, aussi incivil cela peut-il paraître. Je m'avance donc dans cette même direction, plus ou moins vite. Je l'observe s'estomper dans la noirceur d'un tunnel, que je pénètre quelques secondes plus tard. Lorsque je traverse la pénombre, je fais face à un jardin majestueux encerclant la magnificence d'une fontaine aussi immense que merveilleuse... Si merveilleuse que j'en perds presque la raison de ma venue ici.

Je tente de dévier le regard : je la vois eu pied de l'escalier, elle semble chanceler. « Vous allez bien, mademoiselle? » que je m'interroge en la regardant s'enfoncer un peu plus dans le décor. Bien sûr qu'elle ne va pas, ou du moins quelque chose demeure louche dans son attitude. Je n'ose pas trop la perturber, et je décide de reprendre le chemin vers la tour de la poésie. Mais au même moment, son visage se retourne lui aussi, dans ma direction. Ces yeux... Ce regard... Ce visage... « Loin de moi l'idée de vous importuner, mais à qui ai-je l'honneur? » que je parviens à articuler, médusé par la personne qui se dresse devant moi. « Serait-il possible que nous ayons eu la chance de nous côtoyer dans le passé? Je suis Vyce Bozeck, poète du Consulat. » Je me suis identifié, sans même savoir à qui j'ai à faire. Est-ce insoucieux de ma part?

Elle ne répond pas. Je ne sais pas si elle est déconcertée, perturbée ou insultée. Je la toise encore un peu plus malgré elle, puis tout m'apparaît clair. Tout devient net. « Lina... » J'ai murmuré ces syllabes, mais ma voix s'est brisée par ma propre surprise. « Lina?! »
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Mar 10 Juil 2012 - 3:53
    Mes cauchemars devenus réalité. Le monde que j'ai soigneusement échafaudé va-t-il s'effondrer ? Je commence à peine à prendre mes marques, et il est bien trop tôt pour que je quitte à nouveau mon foyer... Comment une telle chose pouvait-elle arriver ? C'est comme si le destin s'acharnait sur mon sort, lançant à ma poursuite ses chiens avides de sang frais. Un simple passant, un homme à l'allure un peu marginale, et pourtant rien de surprenant dans la capitale des Cités Dorées. Je ne l'ai pas remarqué jusqu'à ce qu'il passe à côté de moi, me saluant brièvement de la tête. Comme si le temps ralentissait pour un instant, je croise son regard et sens en moi monter une peur panique. Je presse le pas, priant pour qu'il ne se souvienne pas, priant pour que sa mémoire lui fasse défaut. Le souffle court, je me mets à courir. N'importe où, pourvu que, lorsqu'enfin il comprendra, je ne sois plus qu'une ombre, presque un mirage, si éphémère qu'il croira avoir rêvé.

    Je sens les larmes me monter aux yeux, je n'ose pas me retourner de crainte qu'il ne soit sur mes talons. Tout est si flou... Comment cet homme pouvait-il être dans cette ville à cet instant précis où je foulais les pavés de cette rue ? De telles coïncidences n'arrivent que dans les romans ! ...Ou bien aux gens maudits, poursuivis par le spectre de la malchance. Quand je croyais enfin m'être libérée de cette malédiction, quand je pensais enfin pouvoir vivre sans crainte d'être découverte, je me retrouve face à face avec mon passé. Je m'engouffre dans un tunnel qui mène vers la splendide fontaine de la ville qui me permettra de rejoindre les quartiers résidentiels. Arrivée sur la corniche, je me rappelle trop tard qu'il s'agit d'une impasse. M'arrêtant subitement de courir, je prends de longues respirations, tentant de reprendre mes esprits. Après deux minutes qui semblent durer une éternité, je ferme les yeux, et, doucement, je me calme. Mon cœur continue de frapper violemment ma poitrine, la peur et l'angoisse sont si fortes qu'elles me brûlent de l'intérieur, mais j'arrive pourtant à maintenir un semblant de concentration. Juste assez, juste assez pour garantir ma fuite. Je saute dans le vide et m'arrête à quelques centimètres du sol, me permettant une chute plus douce.

    Je m'apprête à reprendre ma course lorsque j'entends sa voix dans mon dos. Mon sang se glace, et, à nouveau, je perds tous mes moyens. Je tremble presque alors que je me retourne vers lui. Même si je lui semble familière, il ne peut mettre un nom sur mon visage. Vyce Bozeck... Je ne m'étais pas trompée. Mais la situation ne cesse d'empirer. Cet homme est désormais au Consulat, et il met toute mon existence en danger, rien que par sa présence. Je reste silencieuse, incapable de répondre avec sincérité ou de trouver une parade. Je me sens défaillir, l'air me manque alors qu'une chaleur étouffante m'envahit...

    « Lina?! »

    Je tombe à genoux. Cet homme veut-il donc m'achever ? Vyce Bozeck, ménestrel à la Cour des Miracles... Un vieil ami, un revenant. Et ce n'est pas moi qu'il croit poursuivre mais ma sœur jumelle, cruel destin qui me renvoie à sa mystérieuse disparition... Difficilement, je me redresse et l'observe, mordant mes lèvres sous l'effet de l'anxiété. Je ne peux plus fuir. Je ne peux plus m'esquiver par une pirouette quelconque, je suis contrainte d'affronter cette ombre du passé. Je n'ai plus le choix.

    « Vyce. » murmuré-je péniblement, comme si les mots ne voulaient pas sortir, comme si tout mon corps me poussait à fuir malgré les obstacles. « Je ne suis pas Lina. » Les larmes me montent aux yeux tant ce que je m'apprête à dire est douloureux. « Je ne sais pas où elle est. Je ne sais même pas si elle va bien. » Sans que je sache vraiment pourquoi, mon regard se fait plus dur, peut-être est-ce une vaine tentative dans le but de me protéger ? « Est-ce que tu m'as oubliée, Vyce ? » ajouté-je d'un ton âpre, insistant sur son nom. Je n'ai aucune idée de l'issue qu'aura cette infortunée rencontre, mais je suis étrangement prête à me battre pour ce quotidien que je chéris bien plus que je ne l'aurais cru.


Dernière édition par Mila Alvera le Jeu 12 Juil 2012 - 13:59, édité 2 fois
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Mar 10 Juil 2012 - 21:29
Elle s'effondre sous mes yeux. Elle tombe à genoux. Elle s'écroule, déferle sur le sol avec un désespoir marqué. Mes mots l'ont-ils heurtée; je n'en sais rien. Comment des syllabes si inoffensives et si vulgaires auraient-ils pu l'affecter d'une telle façon? Ma réplique était-elle acerbe ou mortifiante? Je daigne croire que non. Mais ce n'est pas une scène normale qu'on peut voir sans raison. En suis-je la raison? Probablement. Mais pourquoi? Néant. Je veux m'en assurer et, par le fait-même, je veux expier les fautes que j'ai causées sans même en avoir conscience. J'ouvre la bouche tranquillement, mais je suis interrompu par un simple « Vyce. » qui vient me faire frémir. Elle se souvient de mon nom. Elle se souvient de qui je suis et de qui j'ai été. Viens-je de retrouver la trace de cette vieille amie, de cette insouciante flamme qui me consumait le cœur plusieurs années avant? Il semble que oui. Je suis mitigé entre le contentement et l'incompréhension, entre la stupéfaction et la désolation. D'un côté je suis heureux de revoir ce visage familier, mais de l'autre... Elle est toujours sur le sol. À s'apitoyer sur le sort que je lui ai, accidentellement, lancé.

Je bondis de la corniche et je ralentis ma chute juste avant d'atteindre le sol. Je m'approche doucement d'elle, ne voulant pas la brutaliser de ma proximité comme je l'ai fait avec les mots. « « Je ne sais pas où elle est. Je ne sais même pas si elle va bien. » qu'elle parvient à dire d'une voix tristement brisée. Si cette demoiselle n'est pas Lina, qui est-elle? « Est-ce que tu m'as oubliée, Vyce? » Non, je ne t'ai pas oubliée. Je n'oublie rien. Mais intérieurement, je n'ai que l'image de cette jeune femme qui, autrefois, racontait des histoires aux enfants et aux résidents de la Cité des Rêves. Je la revois, assise sur une corniche, sans même livre ou texte à la main, réciter des proses aussi fabuleuses qu'épiques. Et je me revois, étendu un peu plus loin, à la contempler, à l'admirer avec une passion vigoureuse, une passion si passionnée qu'on aurait cru que j'étais tombé amoureux de cette dame. Étais-je amoureux? J'ose penser que non. Étais-je fasciné? La fascination n'est pas un terme assez puissant pour décrire ce que je ressentais à cette époque pour cette demoiselle.

Mais celle qui se trouve devant moi n'est pas cette demoiselle. C'est une autre, au visage identique, au regard identique, au corps presque aussi identique. Je ferme les yeux et j'essaie de remémorer mon passé, assembler les pièces du casse-tête nostalgique. Je revois la Cour des miracles, je revois Notre-Dame-de-Paris qui surplombe la ville-lumière, je revois la conteuse et j'entends presque ses odyssées lyriques... Puis se dessine dans ma tête une seconde silhouette, non pas semblable, mais presque identique... Et il est tard, les rayons du soleil émanent leurs dernières lueurs et leurs derniers instants de chaleur. Je vois cette deuxième personne, vêtue d'un accoutrement provoquant et laissant entrevoir sa peau avec parcimonie, partir au crépuscule sans sourire esquissé sur ses lèvres. « Eléa. Eléa Duval. » Ces mots s'échappent de mes cordes vocales sans même me demander l'autorisation de se faire entendre. Je suis moi-même surpris de les voir fuir ainsi, mais je ne peux cacher le sourire flagrant qui entre en scène dans mon visage. Je me souviens. Je ne t'ai pas oubliée. Tu es inoubliable.

C'est totalement absurde, mais je décide de braver la civilité et je m'approche d'elle encore un peu plus. Elle se trouve maintenant face à moi, les bras ballants, la mine déplorée. Elle est décidément chagrinée par un élément qui m'échappe, mais en cet instant, ses émotions à elle ne m'importent pas. Peut-être est-ce égocentrique d'avoir agi ainsi, mais je l'ai fait. Sans même lui demander la permission, en brisant toutes les règles de l'étiquette et des bonnes manières, j'ouvre grandement les bras et je la câline de la façon la plus insidieuse possible. Mes mains s'agrippent sur son dos comme sur les rebords d'une falaise, et j'ai l'impression que je chuterai si jamais je venais à la relâcher. Sa chaleur, sa posture, même la température de sa peau vient attiser mes sens. Je suis foudroyé par une myriade de souvenirs et de retours en arrière brefs. Il n'est pas de mon genre de réagir agir face à une telle situation, mais je n'en peux plus. Elle est le passé qui vient me frapper de plein fouet, mais avec cette délicatesse qui me rappelle les perceptions d'antan.

Je la relâche tranquillement. Elle semble perturbée, peut-être. Aussi ou sinon plus décontenancée que toute à l'heure. Mais je peux comprendre, même si je n'arrive pas à cerner la raison de cette chute inopinée. Et enfin, après m'être concentré sur mes propres sentiments, je me retourne vers elle et je lui demande d'un ton si sincère qu'on pourrait discerner toute mon âme au travers ces quelques mots : « Je ne sais pas ce que je t'ai fait, mais je m'en excuse. Pardonne-moi, Eléa. » Est-il totalement anormal de demander l'apologie pour une faute qui nous est inconnue? Oui. Mais peu importe de quelle façon j'ai pu la heurter, je m'en excuse. Je ne voudrais pas que l'innocence de mes gestes vienne briser l'arrivée de la seule personne qui a permis de comprendre que j'avais ultimement emprunté le bon chemin, la bonne voie, la bonne voix.

« Viens t'asseoir près de la fontaine, et imagine-toi qu'il s'agit du puits de Notre-Dame. » que j'articule tranquillement. Le simple fait de prononcer les mots Notre-Dame m'emplit d'un sentiment de satisfaction incroyable. De façon générale, je ne daigne pas parler de mon passé au premier venu, et je prône souvent l'inhibition quand il s'agit de mes propres sentiments. Mais cette demoiselle émergée directement de mes souvenirs les plus merveilleux me fait en quelque sorte perdre les moyens. Elle me fait perdre le contrôle de mes sensations, et j'en égare la maîtrise du silence. J'ai l'impression de vouloir lui parler durant des jours. J'ai l'impression de vouloir compenser pour les années où je n'ai plus rien dit...
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Mar 10 Juil 2012 - 22:40
    Eléa. Il prononce d'une voix brisée ce nom et mon sang se glace, j'ai de nouveau du mal à respirer. Il fait un pas vers moi. Un autre. Et alors que je tente de composer un visage dur, je ne réussis qu'à paraître un peu plus perdue. Je suis comme paralysée, complètement submergée par mes émotions. A cet instant, je ne sais pas si je suis terrifiée ou bien, quelque part, soulagée qu'il ne m'ait pas oubliée. J'avais tellement peur que ce garçon n'ait pas gardé en mémoire cette image de la jeune fille, presque une femme, que j'avais été alors, mais je prie pourtant pour que ce souvenir se soit effacé.

    Sans prévenir, il m'attire vers lui, me serrant contre son torse, m'emprisonnant par la force de ses bras. Je peux sentir ses mains agripper mes vêtements, ses ongles se plantant légèrement dans mon dos. Je me mets à trembler lorsqu'il resserre son étreinte. Mes lèvres frémissent et mes yeux s'agitent, et, malgré moi, je sens les larmes monter. Cette soudaine intimité me fais mal, j'en souffre presque physiquement. Je n'ai pas voulu cela, je n'ai pas voulu de ces bras chaleureux. Il n'est pas effrayé, je ne le répugne pas... Mais il me renvoie à cette terrible image, ces souvenirs que j'ai mis tant de temps à enfouir en moi.

    Je ne pense pas au jeune garçon d'à peine treize ans, les cheveux en batailles et le sourire aux lèvres, qui, en grandissant, s'est pris d'un frêle amour candide pour ma sœur et moi. Je ne me laisse pas atteindre par cette tendre image, ce souvenir fragile de cet homme, alors encore un enfant, endormi, sa tête reposant sur l'épaule d'Elinor. Non, je ne songe qu'aux sourires libidineux des hommes que je n'ai vu que trop souvent, qu'à la marque du fer brûlant sur mon épaule. Ces terribles images gravées dans ma mémoire resurgissent dans mes cauchemars où je les cantonne difficilement... Mais la présence de Vyce les fait paraître si vivants... Et je n'ai pas la force pour les endurer.

    Enfin, il s'écarte. Haletante, je recule d'un pas. De fines perles de sueur coulent le long de ma tempe, et je frissonne, mon regard reflétant malgré moi mon profond désarroi. Il me parle, mais je n'ai pas envie d'écouter ses excuses. Bien sûr, il n'est pas responsable... Mais je ne peux m'empêcher de lui inculper cette douleur qui étreint ma poitrine. Il mentionne Notre-Dame, comme pour me montrer qu'il se souvient de tout. Mais à mes yeux, la cathédrale, malgré sa beauté, ne représente que l'échec de mon passage à la Cité des Rêves, la trahison de ce Dieu à qui j'ai cru bon de confier ma sœur.

    Il s'approche, et je sens qu'il est prêt à me tendre la main. Je recule à nouveau, le visage toujours marqué par le doute. « Qu'est-ce que tu crois faire ? » Je lui lance un regard dur, peu crédible vu mon état. « Tu arrives de nulle part, et, après cinq ans, tu crois que l'on va parler du "bon vieux temps" quand nous n'étions que des voleurs... » Je baisse les yeux, envahie par la honte. « Ou pire. » Je brasse l'air de mon bras, comme pour couper court à la conversation. « Je voudrais que tu ne sois jamais venu ici ! » crié-je, sans pouvoir retenir plus longtemps mes larmes.


Dernière édition par Mila Alvera le Jeu 12 Juil 2012 - 14:05, édité 2 fois
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Mer 11 Juil 2012 - 5:30
Je ne parviens pas à déterminer avec exactitude la sensation qui attise mon âme et mon cœur. Est-ce une nostalgie si incroyable qu'elle m'en fait littéralement perdre les moyens? Est-ce une satisfaction nonpareille qui me pousse à agir et à penser de cette façon? Je n'en sais rien, mais je continue de plonger mon regard dans celui d'Eléa, et tente de percer la couche humide qui recouvre son iris bleu outremer. Je lui tends la main, non seulement pour réconforter la mélancolie qui l'habite, mais aussi pour consoler mon jeune cœur qui se morfond. « Qu'est-ce que tu crois faire? » Consolider nos souvenirs et discuter du passé nous faire oublier le train-train quotidien et pour me remémorer à quel point j'ai vécu. C'est ce que je crois faire. Mais je ne le dis pas à voix-haute, je ne le pense même pas tout bas; je retire simplement ma main tendue et l'engouffre dans les replis de mon poncho. « Tu arrives de nulle part, et, après cinq ans, tu crois que l'on va parler du "bon vieux temps" quand nous n'étions que des voleurs... Ou pire. » Non... Nous n'étions pas des voleurs au sens propre, ni des criminels, ni même des truands ou des vanupieds. Nous tentions simplement de subsister dans cette masse de gens qui s'évertuent à survivre alors que leur propre religion est pratiquée dans de véritables temples d'or et de marbre. Nous n'avions rien fait de mal. Rien... En tout cas, c'est ce que j'ai toujours cru. Je n'étais qu'un simple ménestrel au beau milieu d'une bande qui, elle aussi, s'handicapait et s'enlaidissait pour amasser un peu d'argent même si, moi, je ne le faisais pas véritablement pour cette raison.

Je baisse la tête quand même. Le mot voleur est plus ou moins dur à encaisser, surtout pour une musicien comme moi qui n'a jamais voulu transgresser les lois, sauf lorsque ces lois transgressaient elle-même ma propre liberté d'expression et d'être. Tranquillement, des arguments se forgent dans ma tête, et je n'attends que le bon moment pour les étaler et rassurer Eléa. Mais cette dernière réussit encore une fois à me couper avant même qu'un misérable balbutiement s'échappe de ma gorge. « Je voudrais que tu ne sois jamais venu ici! » qu'elle s'écrie. Ses yeux baignent dans un lagon de larmes. Et moi, je suis heurté, blessé, provoqué, meurtri presque insulté. Je ne comprends plus rien, tout semble me filer entre les doigts. Je n'arrive pas à comprendre pour quelles raisons ma simple arrivée a pu avoir un impact si négatif sur son comportement. Mais elle veut me voir partir, elle veut que je l'abandonne, et je sens au travers ces syllabes que cet adieu sera l'ultime. Viens-je tout juste de perdre la seule amie qui erre encore dans les vestiges de mon existence? Je n'en sais rien, mais je souris bêtement. Je souris parce que c'est l'unique façon pour ne pas pleurer.

J'ai envie de lui répondre, d'exhiber ce que mon cœur songe tout bas, mais je me tais et je laisse le silence restructurer les choses. Je pourrais insister encore et encore, la harceler pour lui demander ce que j'ai fait de mal, mais je n'en ai pas envie. En tout cas, ses réactions démontrent qu'elle n'en a pas envie. Une quiétude presque hostile reprend donc son trône autour de cette majestueuse fontaine. Je ne cesse de balayer les horizons, envahi par une sensation de malaise désagréable, tandis qu'elle a les yeux rivés sur le sol. Les secondes passent, j'ai l'impression d'assister à des journées entières. Mais le temps n'apaise rien. Je me relève donc, arborant un air accablée, et je pars en disant : « Je suis sincèrement désolé pour ce que j'ai pu dire ou faire. » Je prends mon souffle longuement;, car même mon propre air m'échappe. « J'espère tu es heureuse là où tu es. La porte de la tour de la poésie sera toujours ouverte pour toi, Eléa. » Je fais un demi-tour sur moi-même et je commence à cheminer vers les quartiers résidentiels.

J'aimerais qu'elle m'arrête. Qu'elle m'interpelle alors que je franchis le seuil du parvis de la fontaine. Qu'elle prononce mon nom avec regrets et qu'elle me demande de rester près d'elle. Je n'ai franchement pas envie de retourner dans les entrailles de ma tour, esseulé. Je n'ai plus envie d'être seul et de vivre comme un ermite. Mais comment puis-je avancer si je ne peux renouer avec le passé? Oh... J'aurais tant aimé qu'elle m'arrête. Mais elle ne l'a pas fait. Et je continue de marcher, je monte tranquillement les escaliers, le regard tragique. Mes jambes ne m'écoutent même plus, elles ont envie de rebrousser chemin. « C'est ridicule. » que je m'exclame. « Qu'est-ce qui se passe, Eléa? Je ne t'ai jamais vue dans un tel état. Raconte-moi, du début à la fin. » Je préfère ne pas trop m'approcher d'elle, voulant lui laisser une certaine intimité. Je m'accroupis et sur les rebords de la marche la plus basse. De cette distance, je la jauge avec intérêt. Je suis prêt à tout comprendre. « Raconte-moi comme tu le faisais quand tu revenais du travail tous les matins. » Je fais apparaître mon cistre dans un brouillard d'étoiles et je le fais valser entre mes mains.
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Lun 5 Nov 2012 - 19:53
    Il me lance un sourire embarrassé. Je vois bien qu'il serre les dents, retenant un venin que j'ai pourtant mérité. Je le toise, l'air sévère en dépit mes larmes, mais il ne me regarde pas, toujours souriant malgré son malaise évident. Qui ne le serait pas dans une telle situation ? Je ne peux retenir un rictus désabusé lorsqu'il m'invite dans sa tour. J'apprends ainsi sans stupeur qu'en bon ménestrel, il s'était fait le héraut de la poésie... Un fils de Muse. S'il révèle ce qu'il sait à mon sujet, le Consulat lui tendra la main sans hésiter. Après tout, je ne suis que Camilla, une nouvelle consule, peu appréciée, méconnue. Je ne suis qu'une ombre pour la plupart d'entre eux. Je m'en suis assurée. Bien sûr, malgré ma bonne volonté, je ne peux nier mon attachement à certains consuls... Mais je reste une figure obscure du Consulat tandis que Vyce...

    Il tourne enfin les talons, et quitte la fontaine sans se retourner. Je sens alors le soulagement m'envahir et je me sens à nouveau libre de respirer. Je commence à m'éloigner, songeant que mes ennuis ne font que commencer car je ne peux rien faire pour l'empêcher d'éventer mes secrets... Quand soudain, il rebrousse chemin et m'aborde à nouveau ! Ne peut-il pas me laisser tranquille ? Je voudrais simplement ramasser les morceaux épars de ma vie et m'enfuir... Pourquoi ne me laisse-t-il pas partir?

    « Raconte-moi comme tu le faisais quand tu revenais du travail tous les matins. »

    Comme il est cruel... Me rappeler cette terrible période, ces nuits atroces et mes vaines tentatives de sauver les apparences... Je ne comprends même pas comment il peut oser me parler de cette façon. Je m'approche de lui, et lève ma main comme pour le frapper de toutes mes maigres forces. Mais quelque chose me retient, je sens des émotions contradictoires m'envahir, mon souffle est court et, les sourcils froncés et les yeux écarquillés, je suis perdue, j'ai tant à dire et pourtant mes lèvres ne produisent aucun son... J'ai tant à dire, j'ai tellement de douleur à exprimer, tant de regrets... Mais je reste silencieuse parce que je ne connais pas cet homme qui est devant moi. Je ne le connais pas et il ne sait pas non plus qui je suis.

    « Tu n'es qu'un souvenir. » murmuré-je en lui lançant un regard où se mêlaient la colère, la frustration et la mélancolie... « Je n'ai rien à te dire... Mais, je t'en prie... » Ma voix se fait suppliante, je suis à bouts, je ne peux plus endurer le poids de ma culpabilité, de cette souffrance... Je ne peux plus supporter l'absence d'Elinor. Et cet homme, cet homme me rappelle tout le mal que j'ai pu faire et combien je suis sale... « Si tu as encore quelque respect pour moi... Garde nos souvenirs pour toi. » Je le regarde et s'il fait attention, il peut voir à quel point j'ai besoin de son silence...

    Je lui tourne le dos et m'éloigne, le coeur gros. Les lèvres pincée, je m'arrête, silencieuse, avant de lui faire face une dernière fois avant de le quitter.

    « Peut-être qu'un jour je pourrais te regarder sans avoir honte de moi... Et ce jour-là, je te raconterais ce qui m'est arrivé. Pas comme je le faisais ces matins-là... Mais je le ferais.»
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Mer 16 Jan 2013 - 5:43
Elle tente de me frapper. Elle ne m’atteint pas, elle n’essaie même pas, mais je suis meurtri de l’intérieur. Mes os ne se brisent pas, mais mon cœur fléchit. Je ne comprends pas. Je la regarde et je ne suis plus certain de voir celle que je connaissais. Je n’ai qu’une seule envie : l’abandonner, la laisser à elle-même et oublier. Je suis sur le point de me retourner et de rebrousser chemin, en essayant déjà d’oublier ce fâcheux événement, mais j’en suis inapte, incapable. Mes pieds n’obéissent pas et ils s’ancrent encore un peu plus dans le sol. Je me rends alors compte que je n’ai qu’une seule envie : m’asseoir devant elle et écouter ses paroles. Comme dans un passé si lointain, mais un passé si beau. Écouter les histoires rocambolesques qu’elle avait vécues la nuit passée. L’écouter et admirer. L’écouter et l’admirer. Il y avait Lina et moi, naguère, mais je me rends compte qu’il y avait aussi Eléa et moi. J’aimerais tant qu’il n’y ait qu’elle et moi pendant quelques minutes de plus, pour renouer avec les souvenirs et pour annihiler cette nostalgie qui me rend mélancolique. Je ne vis pas dans le passé, mais j’ai tellement envie de pouvoir le ressentir de nouveau.

Soudainement, tout m’apparaît plus clair.

Il y a tant de choses que j’aimerais refaire. Tant de choses que j’aimerais revivre. Tant de choses que j’aimerais ressentir. « Tu n’es qu’un souvenir. » Et tant de mots que je voudrais oublier. Je ne suis qu’un souvenir… Mes oreilles se bouchent presque automatiquement : elles ne veulent plus rien entendre, et moi non plus. Je ne suis qu’un souvenir… Je ne suis rien d’autres qu’un souvenir. Je suis devant elle, pourtant, je peux effleurer ses mains, elle peut prendre la mienne, je peux observer ses cheveux et me dire pertinemment qu’ils sont tangibles. Elle n’est pas un souvenir. À mes yeux, elle est beaucoup plus que ça. Elle est un espoir. Un espoir que le destin fait toujours bien les choses et, qu’au bout du compte, les mauvaises fatalités nous mènent vers un avenir un peu moins cruel. Un espoir qui me prouve que la nostalgie n’est pas une mauvaise chose. Un espoir que rien n’est jamais perdu, et que les âmes qui doivent se retrouver se retrouveront perpétuellement.

Quand je relève les yeux, je vois qu’elle est sur le point de me laisser là. Ses pieds à elle lui obéissent. Je la vois partir, je la vois me tourner le dos et je la vois capituler. Et alors, elle ne m’apparaît plus comme un espoir, mais comme une cruauté. Elle est venue, elle a vu, elle est repartie en me laissant l’eau à la bouche et en me laissant le cœur affûté. Pendant toutes ces années, est-ce que je daignerais dire que je l’ai attendue? Je ne sais pas ce qui m’arrive, je ne sais pas comment réagir. Je la vois partir, et je me sens partir. Partir dans un périple d’émotions que je ne comprends pas. Je m’engouffre et elle renchérit. « Peut-être qu'un jour je pourrais te regarder sans avoir honte de moi... Et ce jour-là, je te raconterais ce qui m'est arrivé. Pas comme je le faisais ces matins-là... Mais je le ferais. » Sur le coup, j’ai envie de m’époumoner pour la supplier de rester auprès de moi, mais je me retiens du mieux que je peux. Je ne sais pas ce qui m’arrive, je ne sais pas comment réagir.

D’aussi loin que je me souvienne, je l’ai toujours perçue comme quelqu’un de plus important que l’importance qu’on accorde généralement aux vieilles connaissances et aux vieux amis. D’aussi loin que je me souvienne, elle a égayé chacun de mes matins alors que personne d’autres ne pouvait le faire. D’aussi loin que je me souvienne, elle a été la seule à m’enchanter durant toute mon existence. Lina m’enivrait, certes, mais avec le temps, je prends conscience de tant de choses… Je me souviens des nuits où j’ai pleuré en me disant qu’Eléa ne reviendrait pas, qu’elle périrait pendant la veillée, tuée, assassinée, occise violemment… Je me souviens. Et si, en regardant Lina, je ne voyais pas elle, mais au-delà d’elle? Je dois me remémorer… Je me souviens. Rien ni personne n’a jamais réussi à me faire sourire comme Eléa le faisait. Rien ni personne n’était capable d’embraser mon cœur comme elle le faisait. Je ne comprends pas, je ne comprends plus…

C’est absurde. J’étais si jeune. J’étais si insoucieux. Je ne comprenais pas la vie, pas les sentiments, pas l’amour, je ne connaissais rien. Pourtant, n’y avait-il qu’elle, au bout du compte? Pendant longtemps, elle n’était plus là. Maintenant qu’elle est là, il n’y a qu’elle. Je crois… Non, c’est franchement absurde. Pourquoi la voir partir de nouveau me tue autant? Mes réflexions sont si décousues que j’ai l’impression de tranquillement sombrer dans la démence. Suis-je fou? Je ne peux même plus dire. Je ne maîtrise plus mes moyens. Jamais je n’ai vécu de telles sensations dans le passé. J’ai envie de pleurer, de rire aux éclats, de me perdre, d’espérer, de souffrir et d’adorer. J’ai envie de tout, mais de rien à la fois.

J’ai envie de rien, mais d’elle à la fois…

Elle est sur le point de s’extirper de mon champ de vision. Je la vois disparaître alors que le soleil commence tranquillement à s’estomper à travers les lueurs des ténèbres. Je ne suis plus dans ces jardins radieux, mais je suis maintenant à la Cité des rêves. Je la regarde partir, à la nuit tombée, et j’attends son retour au lendemain. J’attends son récit, ses bras autour de moi, ses blagues, son sourire, j’attends tout d’elle. Maintenant qu’elle est partie pour de bon, mais je m’assois contre la fontaine. Je sais qu’elle va revenir, même si je sais qu’elle ne reviendra pas. Je soupire. « Je t’attends à l'aube… Je t'attends, comme avant. » Encore, je soupire. « Je t'en supplie… Cette fois-ci, reviens… » Et soudainement, tout m’apparaît plus clair.

Et soudainement, j’ai envie de tout laisser tomber.
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Sam 23 Fév 2013 - 18:03
C'est moi qui vais dire s'il y a lien-D entre vous deux.
Je ne bais pas faire que ça, je vais commenter aussi, ne serait-ce qu'un peu, dire ce que je pense du rp. (Parce que quelque part, ça influe sur le lien.)

Je lis au fur et à mesure et là, je n'ai lu que le premier post de Vyce. C'est long, long dans e sens qu'on ne sait pas où ça mène au début. Je savais d'avance qu'il y allait avoir Mila. Enfin, ça reste un bonne introduction au caractère de Vyce. Ouais, le côté de l'homme qui vit à travers son art, la façon dont c'est amené, je vois bien cette partie dans la case caractère d'une fiche. Tu as un certain style, du bon vocabulaire, durant tout le début, ça se suit, mais d'un coup, ça m'a perturbé. « Train-train quotidien ». J'ai juste l'impression que ça ne colle pas du tout avec le reste, ça sonne trop familier. Routine quotidienne aurait sans doute mieux fonctionné.

Après, je vais parler de la dernière phrase du premier paragraphe !

« Il manque une pièce au puzzle, cette pièce qui avait réussi à me combler à la Cour des miracles : des gens sur qui compter. »

Bon, Vyce connaît Mila d'avat le Consulat, mais ça m'a fait sourire quand même. On parle de la fille qui donne un faux nom dès qu'elle croise un gars, de celle qui fait passer ses envies avant celles des autres ^^

Mila, ton post se lit plus facilement je trouve, c'est plus léger, agréable. On entre directement au moment où elle remarque Vyce, ça évite une « double introduction ». L'action n'avance pas beaucoup, mais ce post à le mérite de montrer ce que ressent le personnage.

Vyce, ton post, c'est le moment où j'ai eu l'impression que je lisais deux histoires différentes. Il y a Mila, on voit bien que te voir est tout sauf joyeux. Premièrement, elle voulait tout sauf te croiser, ensuite tu la confonds avec sa sœur, elle pleure, tombe, etc. Là, elle te dit que ce n'est pas Lina. Donc nous, on comprend tout de suite que c'est sa sœur, ça tombe clairement sous le sens. Et là, tu nous fais un paragraphe où tu essayes de savoir qui c'est « Oh bah oui, c'est Elea ! » Forcément, qui ressemble plus à une personne que sa sœur jumelle ? Si tu les as toutes les deux connues et qu'elles se ressemblent tant, elle te dit que c'est pas Lina, tu sais que c'est Elea. Pas besoin d'expliquer.

Et surtout, Vyce est genre trop heureux de la reconnaître, il sourit, tout fier. Alors que bon, il s'est quand même planté la première fois et qu'on voit bien que Mila n'est pas heureuse. Il y a un gros décalage.

Là, le post de Mila me fait plaisir. J'avais peur qu'elle reste bêtement pour causer du passer. Parce qu'on oublie pas qu'elle ne voulait pas voir Vyce. Ok, quelque part, elle est contente qu'il ne l'ait pas oubliée, mais ça aurait été trop facile, donc je suis content. ^^

J'imagine quand même que vous vous êtes concertés pour l'évolution de ce rp, mais je sais pas, j'ai un peu de mal et ça tombe souvent sur les post de Vyce (désolé, hein.) Je vais le redire, mais ça se voit comme un éléphant dans un couloir que Mila veut pas causer ni même voir Vyce, elle lui dit même de dégager. Déjà, dans le premier post, Vyce dit qu'il veut pas la perturber, mais lui demande quand même qui c'est. Il l'aborde d'une manière un peu... « Tiens une femme, je veux pas l'emmerder, mais je vais lui demander qui elle est et si on se connaît ! » Aux premiers abords, ça fai un peu technique de drague foireuse. Puis là, elle dit clairement qu'elle ne veut surtout pas parler du passé et qu'elle aurait préféré que tu ne sois jamais venu. « Allez, raconte-moi tout ! »

Tout ça pour dire que du début à la fin, j'ai eu l'impression que vous forciez la chose pour qu'il y ait un lien entre vos personnages. Ouais, c'est ce que j'ai pensé du début à la fin que ce soit en lisant les post de Mila ou de Vyce. Ces souvenirs commun dont on entend parler nulle part ailleurs, tout semble forcé, j'ai pas trouvé ça naturel.

Puis Mila, tu joues ton perso comme tu le sens, mais à chaque fois dans ce genre de rp, on retrouve la fille qui « mérite ce qui lui arrive » elle est « sale », sa marque qui est sa « honte ». Personnellement, je trouve ça redondant de toujours retomber là-dessus.

Donc le rp a été écourté et il ne faut pas se leurrer, ça compte pour le lien-D. D'ailleurs, lien-D ? J'avoue que si on ne l'avait pas demandé, en lisant, je n'y aurais même pas songé. Parce qu'en soit, il n'y a rien. On sait qu'il y a un passé commun, mais on en voit que la surface. Vous vous séparez d'un coup dans ce rp, en soit, il ne changera rien à la vie de vos personnages. À la rigueur, j'ai vu ce rp comme une intro à un futur rp. Futur rp où ils se seraient vraiment parlés, où on aurait vu ce qui les unit. Là, désolé, mais je ne vois aucun lien-D, y a pas de déclic qui justifie ça.
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