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Blizzard Épique
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Sam 2 Juin 2012 - 18:26
    Ce matin-là, le ciel était teinté d'un bleu céruléen d'une intensité inégalable. On aurait dit que chacune des gouttes de toutes les océans fluait dans le firmament des Jardins Radieux, engendrant ce panorama d'une beauté mystique. Cette atmosphère chaleureuse, combinée avec les alizés fraîches qui venaient faire danser la flore agréablement insidieuse, avait convié tous les résidents de cette cité doré sur le parvis du grand marché. Les hommes discutaient d'une bonne voix, ponctuant la moindre de leurs phrases par des rires gras, mais acrimonieux. Les enfants, bien qu'épiés par l’œil maternel, avaient regagné leur insouciance coutumière, maraudant d'un pas aérien au travers le labyrinthe que formaient les rues. À première vue, cette utopie tangible pouvait sembler parfaite, mais paradoxalement, tout n'était pas si coloré, si allègre dans cette ville du Consulat.

    Un peu plus loin, encloîtré dans l'obscurité d'encre de ses quartiers, un homme d'une trentaine d'années gisait sur la froideur du plancher. Bien que ses yeux étaient clos, son visage n'était ni marmoréen, ni impassible. Ses lèvres étaient anormalement crispées, alors que ses sourcils, froncés vers le bas, témoignaient d'une souffrance intérieure indubitable. Ses jambes, comme éprises de spasmes et de convulsions intermittentes, cognaient contre le sol, générant une symphonie tonitruante qui, accompagnée par des jérémiades incessantes, perçait le silence de sa chambre. Partout sur son corps, son épiderme était maculé de souillures inexpliquées et inexplicables, zébrant l’entièreté de sa peau d'une calamité maladive. Mais quelle était donc cette calamité?

    * * *

    Dès l'instant où son tympan vibra au rythme de l'ordre de mission que le président lui attribuait, Snow abandonna derrière lui le vaisseau-mère et emprunta la première navette en direction du Jardin Radieux. Les exigences inflexibles de Rufus avaient été claires, concises et on-ne-peut-plus catégoriques : il devait ramener dans les laboratoires privés de la Shinra un spécimen affecté par une pathologie singulière qui s'affairait sur les pauvres habitants des citées dorées du Consulat. On l'avait débriefé légèrement sur le sujet, mais sans plus. Au cours du périple interstellaire, les symptômes réverbéraient dans sa tête comme dans une cathédrale à la voûte inatteignable. Au travers les limbes de ses souvenirs et les bribes de ses tourments, il tentait de ne rien négliger.

    Ainsi le véhicule se posa posément sur les terres radieuses. Lorsque son pied entra en contact avec son sol natal, il se sentit soudainement envahi par une multitude d'éphémérides de son passé qui partaient et revenaient sans cesse dans ses viscères cérébrales. Il se revoyait, jeune, dévaster des essaims d'insectes comme s'il s'agissait de carnassiers pitoyables, aspirant déjà à l'héroïsme et aux épopées herculéennes... Mais malgré tout, cette époque d'antan ne lui manquait pas. Le temps avait érigé l'homme qu'il était à ce jour, fort, tolérant, assidu, appliqué, et même si son enfance reflétait une ère placide et sans arias, il préférait de loin être directement dans le feu de l'action et dans l'embrasement du danger.

    Ses pieds cheminaient au travers les rues sans qu'il ne s'en rende compte. Si sa tête avait omis quelques aspects des Jardins Radieux, son corps, lui, ne semblait avoir rien laisser derrière lui. Sa démarche était décidée, et franchissant la ville la tête ébranlée par les annales de son existence, il parvint finalement au grand marché, où il espérait discerner dans l'agglomération humaine un infecté, un affecté, un infectieux. Ou du moins un individu qui pouvait le guider vers cette découverte. Même si le décor enchanteur et constamment mouvant engendrait en lui quelques lueurs de nostalgie assumée, il ne tituba pas et s'introduisit dans la foule sans trop savoir quoi faire. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il devait trouver pour ne pas devoir subir les foudres du grand manitou.

    De façon aléatoire, il interpella certains quidams, guidé par son instinct. Mais son intuition prit quelques minutes avant de porter fruit. La plupart de ceux qu'il héla le toisèrent avec incompréhension, ou encore partirent sans ne rien ajouter. Néanmoins, au milieu de l'affluence il aperçut une dame, les regards rivés vers le sol, qui tentait tant bien que mal de frayer un chemin dans la masse à tête baissée, portant des vêtements maculés par le temps et par les saisons. Deux possibilités pouvaient exhiber un tel comportement : la misère financière où l'accablement personnel. Snow s'en approcha donc, prit son bras avec une douceur remarquable et, alors qu'elle se retournait pour voir à qui elle avait à faire, il demanda d'une voix qui, pour lui, semblait presque trop délicate :


    « Vous allez bien? »

    La jeune femme baissa encore un peu plus la tête. Une larme perla sur sa joue avant de déferler avec mélancolie sur le parvis du marché générale. On entendait des sanglots étouffés, mais elle n'osait se relever. D'un ton brisé par un chagrin irréfutable, elle répondit simplement :

    « Sauf votre respect, monsieur, j'ai l'air de bien aller? »

    Snow, à son tour, fut épris de honte et pencha sa tête vers l'avant.

    « Vous voyez un sourire sur mon visage? Non... Ne le cherchez pas. », continua-t-elle.

    Le blizzard épique, encore un peu plus déshonoré par de telles syllabes, fit demi-tour sans même lever le regard. Il fit un pas à l'avant et, comme retenu par un élan de culpabilité, il tourna légèrement la tête de façon à faire face à son interlocutrice. Il articula lentement, comme pour mettre l'ampleur sur chacun de ses mots.


    « Pardonnez-moi, mademoiselle. Je ne voulais pas vous blesser, commença Snow tranquillement. Je suis dans les parages jusqu'à la tombée de la nuit, alors, si y'a quoi que ce soit que je peux faire pour vois, n'hésitez pas. »

    Il esquissa, malgré tout, un sourire des plus réconfortants.

    « Snow Villiers, de la Shinra. N'hésitez pas, je serai pas très loin. »

    Snow s'avança adagio et, espérant être retenu par la dame, se morfondit bredouille au travers la foule qui ne cessait de fourmilier. Au loin, il discerna un simple banc qui faisait face au parvis. Il s'y installa sans attendre et, de cette hauteur, il tenta de voir s'il ne pouvait pas détecter d'autre tristesse ou des inquiétudes particulières. Il tentait de percer l'esprit des passants, mais il n'obtenait aucun résultat positif. Peut-être que son esprit était déjà beaucoup trop focalisée sur autre chose?

    À l'instant-même où il s'était remis sur pieds, il aperçut une silhouette familière dans l'agglomération, se détachant avec grâce des autres. Ses cheveux noirs de jais, bouclés naturellement, retombaient avec modestie sur ses épaules, en contraste avec son visage qui, tristement blême, était recouvert d'une multitude de salissures cendrées. De là où il se trouvait, Snow pouvait bien considérer le corps de la femme : elle était d'une maigreur funèbre. Ses bras et ses jambes étaient squelettiques, et elle claudiquait pitoyablement en tentant de ne pas perdre l'équilibre. Le blizzard épique eut un soupir de compassion en la jaugeant ainsi, mais il ne pouvait dissimuler le fier sourire qui parait son visage : elle était revenue.

    Ainsi s'avança-t-elle jusqu'à Snow et, lui faisant signe de s'asseoir, elle commença d'une voix limpide :


    « Vous dites que vous êtes de la Shinra, monsieur Villiers? ressassa-t-elle alors que son interlocuteur acquiesçait d'un mouvement de tête vertical. Vous devez donc avoir... d'excellents moyens financiers? Vous ne pourriez pas... Enfin... Non, navrée. Désolée. Ce n'est pas une façon d'aborder les inconnus, je... Vous devriez avoir mieux à faire. »

    Alors qu'elle se levait nerveusement, Snow retint fermement son bras, et elle se sentit obligée de reprendre place sur le banc. Éhontée, elle enfonça son visage dans le creux de ses mains et on entendit quelques sanglots étouffés. Par instinct, le jeune homme passa un bras autour du cou de la demoiselle. Même si elle était une parfaite inconnue, Snow sentait l'obligation de lui venir en aide, de l'assister, de la supporter, de la tirer de cette misère terrifiante. Et, dans cette optique, il lui répondit aussitôt :

    « La Shinra est peut-être trop égoïste pour venir en aide, mais moi, je le peux. Je suis payé assez grassement quand je fais ce que le grand patron exige. Je pourrais donc vous aider... Mon cachet de mission, contre votre aide. Je n'ai pas besoin d'argent, je peux me débrouiller. Je demande simplement votre aide, mademoiselle. Tout simplement votre aide. »

    Le regard de la pauvre se mit à scintiller. On pouvait presque palper l'espoir qui émanait soudainement de ses yeux, de son cœur, de son aura. Si Snow ne pouvait percer le mystère de ses émotions, il put au moins percevoir la larme de cristal qui vint glisser tendrement sur sa joue. Mais il ne s'agissait pas d'une larme de tristesse, mais bien d'allégresse. Mais rapidement, son visage reprit une teinte désolée, déplorable. Et alors qu'elle posait sa main sur celle de Snow, elle balbutia :

    « Je... Je ne peux accepter, c'est trop... »

    Le blizzard épique l'interrompit d'une simple mouvement de doigt, puis perpétua à son tour :

    « Ne dites rien, et acceptez. J'ai simplement besoin de vous, fit-il en souriant de plus belle. Tout ce que vous avez à faire, c'est de me guider vers un malade. La jeune femme fronça le sourcil, ne saisissant pas ce qu'elle devait faire. Vous ne connaîtriez pas quelqu'un qui est malade, mais dont sa maladie est encore inconnue? Je recherche quelqu'un qui est affecté par un syndrome assez étrange qui rend les gens fous et qui... fait en sorte que leur peau pourrit littéralement. La Shinra veut en trouver le remède. »

    « Un ami de la famille est... malade. Inexplicablement. Peut-être pourriez-vous venir constater par vous-même? »

    Snow acquiesça une fois de plus et la remercia solennellement. La demoiselle, quant à elle, se leva doucement et fit signe à son interlocuteur de le suivre. Côte à côte, ils traversèrent en chœur les rues et les ruelles du Jardin Radieux. Même si elle était excessivement reconnaissante du geste de Snow, elle n'osait pas prononcer la moindre syllabe, ni même la moindre respiration : elle considérait le silence comme plus révélateur. Mais malgré la quiétude, l'atmosphère n'était ni incommodante ni importune.

    L'escapade ne s'éternisa, et lorsqu'ils atteignirent ultimement la cour avant d'un manoir cossu, la jeune femme cessa net de marcher, se retournant vers son interlocuteur. Son visage reflétait tout, et rien. Une multitude d'émotions paradoxales et de sentiments mitigés se dessinaient sur sa figure. Parfois esquissait-il un sourire ravi, parfois un rictus nerveux. Parfois ses yeux étaient calmes et pacifiques, parfois reflétaient-ils une vigueur et un dégoût irréfutable. Que se dissimulait-il donc derrière les portes de cette résidence? Snow avait tenté d'imaginer, ou du moins de supposer, les symptômes, mais la figure déconcertée de la demoiselle le laissa perplexe. Cette maladie inconnue, ce virus intraitable, cette bactérie destructrice était-elle plus dévastatrice qu'il ne l'avait imaginée? Il n'en savait rien, mais il était prêt à confronter cette réalité.

    Machinalement, ils cheminèrent jusqu'à l'accès principal de la demeure et attendirent quelques secondes avant de toquer. Ce fut d'ailleurs Snow qui prit cette initiative, assénant trois coups puissants sur la porte. Il la percuta avec une telle vigueur que le bois sembla fendre sous la pression. Alors qu'ils entendaient une réponse d'un quelconque résident du manoir, la jeune femme, de sa voix doucement agréable, vint lui murmurer à l'oreille :


    « Le malade en question est le propriétaire de la maison, commença-t-elle. Son visage se nuança d'un peu de honte mélancolique, et baissa les yeux. Je vous ai menti toute à l'heure, monsieur Villiers. Ils ne sont pas des amis de la famille... En fait si, ils l'ont été. Surtout le propriétaire... Il est... mon ancien époux. Lors de notre séparation, il est parti avec tout... Il m'a abandonnée, me laissant les enfants en échange de notre fortune... J'ai essayé de lui faire entendre la voix de la raison, mais il est parti... En faisant de moi la risée de notre entourage, me décrivant comme celle qui l'a trahi, trompé, arnaqué. Mais je n'ai rien fait, monsieur... Je n'ai rien fait. »

    Une nouvelle larme se détacha de son iris, suintant sur sa joue, mourant sur ses lèvres.

    « Prenez-le... Trouvez un remède... Mais ne le sauvez pas. Je vous en prie. »

    « C'est une promesse que je ne peux vous faire, mademoiselle. Je suis désolé. »

    Pendant quelques secondes, le silence revint engouffrer le duo d'infortune. Mais cette fois-ci, l'ambiance n'était pas à l'allégresse, ni à la quiétude. C'était un silence qui pesait sur l'atmosphère, la rendant lourde et déplaisante. Si Snow voulait aider la jeune femme, il ne pouvait se résigner à laisser un homme sombrer. Il était un héros. Et si les héros ne meurent jamais, ceux-ci ne peuvent se permettre de laisser des « innocents » rendre l'âme. Certes le malade paraissait avoir un passé ignoble, mêlé à des actions des plus turpides, mais il n'avait tué personne : la Mort n'était donc pas l'unique solution. Snow croyait au pardon, aux vents de changement, aux reprises en main. Et de toute façon, l'avenir de cet homme était encore beaucoup trop incertain, et un funèbre destin l'espérait s'il n'agissait pas rapidement : s'il trépassait en conséquence de ce virus inconnu, le karma aurait lui-même fait son effet.

    Alors que Snow reprenait lentement conscience, une dame, à peine plus grande qu'un enfant, apparut dans le portique. Elle portait la tenue de ménagère usuelle : une courte robe ébène surmontée d'un simple tablier lactescent en dentelle. La pauvre avait la mine basse et les yeux rougis par un chagrin indéniable. Qui plus est, son uniforme était recouvert de sang frais et son visage semblait n'avoir jamais connu la pureté. Mais ce qui intrigua Snow, c'étaient les ecchymoses et les plaies encore ouvertes qui parsemaient son corps. Cette maladie rendait donc les gens si bestiaux? Ainsi, d'une voix si douce, si cristalline, la ménagère demanda :


    « Que puis-je pour vous, monsieur... et madame? »

    La demoiselle qui accompagnait Snow n'articula pas le moindre mot. Elle semblait beaucoup trop déconcertée par cette demeure qui, anciennement, était aussi la sienne. Elle semblait égarée dans les limbes de ses pensées, réfléchissant probablement aux bons moments qu'elle avait passés au sein de ce manoir grandiose. D'ailleurs, elle ne parut même pas comprendre l'interrogation tellement son esprit était nostalgique. Snow s'avança donc, serra la main de la ménagère et lui demanda d'un ton des plus courtois et civilisés :

    « Je me présente, Snow Villiers, membre de la Shinra, débuta-t-il un sourire nerveux aux lèvres. On m'a envoyé ici pour récupérer le malade qui habite dans ce manoir... Nous pensons pouvoir trouver un remède. Et comme tout se passera bien, nous le rapporterons ici quand il sera soigné. »

    « ... Monsieur Bélisaire souffre beaucoup, vous savez. Je crois qu'il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre. Sa femme semble -- »

    Des sanglotements bruyants vinrent interrompre la ménagère. Derrière Snow, la jeune femme pleurait. Peut-être était-ce trop ardu pour elle de faire face à tant de souvenirs, à tant de nostalgie, à tant de regrets... Par instinct, Snow s'en approcha, approcha sa bouche de l'oreille de son interlocutrice et lui chuchota :

    « Vous devriez partir... vous changer les idées. Rejoignez-moi au hangar du Jardin Radieux dans quinze minutes. »

    « Je suis désolée de réagir ainsi, mais... Sa phrase fut coupée par un sanglot désespéré. Je ne peux supporter tant de... Comprenez que... Je vous attends là-bas. Mais ne partez pas sans me saluer, je vous prie. »

    « Je ne tarderai pas. »

    La jeune femme se détacha du groupe, se dirigeant mine-basse vers les entrailles de la cité. Elle ne détourna même pas le regard, et se contentant de toiser avec tristesse le sol qui se dessinait devant elle. Quant à Snow, il la regarda partir dramatiquement, chacun de ses pas la faisant disparaître un peu plus. Lorsqu'il fut assuré de ne plus la voir à l'horizon, il fit un demi-tour sur lui-même. Il voulut réitérer sa demande, mais la ménagère sembla dès lors comprendre. Elle recommença donc à parler, d'une voix bouleversée, tourmentée :

    « Comme je le disais, le temps est compté pour ce cher Bélisaire. Et je suppose que je dois vous faire confiance. Sa chambre se trouve au deuxième niveau... Je vous y conduis. »

    La ménagère invita Snow à s'introduire dans la demeure, ce qu'il fit poliment. Alors qu'il franchissait les escaliers, son esprit fut aspiré par la magnificence et la somptuosité des lieux. Tout ici était d'un luxe irréprochable et d'une propreté qui ferait jalouser quiconque. Partout à travers le manoir, on pouvait observer plusieurs statues et bustes d'or massif qui représentaient le corps de certaines personnalités importantes du Jardin Radieux, et probablement de la famille. Même les murs étaient agrémentés de portraits, cadrés de bronze et d'argent. Les comptoirs étaient en marbre, les meubles en bois de chêne et les fauteuils d'un velours rougeâtre. Bref, cette résidence était un véritable havre fortuné qui, pourtant, ne fit même pas frémir Snow : trop d’exubérances tue l'exubérance.

    La ménagère s'arrêta net devant la chambre du propriétaire du manoir. Et son visage prit un ton dramatique avant de blêmir étrangement. Elle voulut parler à deux reprises, mais abandonna l'idée en cours de route. Mais au bout de la troisième tentative, elle parvint à enligner quelques mots qui, prononcés avec une telle hésitation, parvinrent à peine jusqu'aux oreilles de Snow :


    « Voilà. Amenez-le... Trouvez une antidote à cette maladie... Ne le traitez pas. »

    « Pardonnez-moi? », s'interrogea le blizzard épique avec un air de déja-vu.

    Avait-il réellement entendu la fausseté verbale qu'il croyait avoir entendu? Oui, décidément.


    « Vous avez compris, monsieur. Je n'ai pas besoin de répéter. »

    Snow rétorqua par quelques imperceptibles gémissements avant d'ouvrir impassiblement la porte et de s'introduire dans la chambre du propriétaire. Comme le reste de la résidence, la salle faisait preuve d'un luxe et d'un confort remarquable. Le plancher était marbré, les murs recouverts de tapisserie scintillant de petites perles et tous les meubles étaient sertis de pierres précieuses. Les quelques chandelles et lanternes à l'huile installées un peu partout autour du lit faisaient littéralement briller les moindres joyaux qui ornaient le chambre en entier. Mais si on daignait s'éloigner légèrement du lit, on sombrait graduellement dans une obscurité dérangeante qui, qui plus est, était agrémentée de sons étranges.

    Sons étranges qui provenaient du propriétaire de la demeure, inconfortablement avachi sur le sol. Convulsant dans son propre sang, il semblait incroyablement souffrir. Sa respiration saccadée, ses battements de cœur bruyants et ses tortillements démontraient très explicitement la douleur qui lui parcourait le corps. Ainsi Snow s'approcha du « cadavre » pour constater plus précisément son état et considérer les symptômes : pertes de conscience momentanées, spasmes violents, décrépitude de l'épiderme... Par instinct, il administra plusieurs sorts de soin consécutifs au propriétaire sans trop espérer des résultats positifs et, voyant qu'il n'arrivait à rien, cessa. Maintenant devait-il donc le porter simplement jusqu'au hangar. Simplement?

    Snow s'avança un peu plus en direction du propriétaire. Alors que ce dernier entrait dans une phase plus calme, où ses impulsions violentes avaient été réduites à de simples spasmes sans importante, le blizzard épique crut le moment opportun pour tenter de le happer. Sans trop espérer, il approcha ses mains du corps, tranquillement, nerveusement, silencieusement... Mais au moment où les deux corps entrèrent en contact, le malade se mit à paniquer et, sans même se relever, bondit bestialement sur Snow. Les dents ensanglantés du propriétaire du manoir dardèrent la peau de Snow à multiples reprises, alors que ce dernier tentait de se dégager son emprise. Comme encouragé par une aide surnaturelle, il poussa de toutes ses forces contre le malade, qui fut projeté bassement dans les airs avant de s’affaisser contre la tête de lit. Snow n'attendit pas une seconde de plus : il accourut auprès de l'infecté, le serra fortement et, tranquillement, une glace fine se forma autour de la peau de lui. En quelques minutes, le propriétaire fut totalement transis par le froid.

    Fier, le blizzard épique prit l'homme dans ses bras et parvint à quitter la maison sans que la couche de glace ne se brise. Il le déposa sur le sol avec une délicatesse marquée et demanda qu'on appelle un transport quelconque pour le mouvoir jusqu'au hangar. Quelques minutes plus tard, alors qu'un carrosse tiré par deux chevaux apparaissaient à l'extrême extrémité de la rue, Snow reprit possession de l'infecté et le déposa contre la banquette, saluant la ménagère au passage, qui était restée médusée par une telle promptitude. Arrivé au hangar, il transféra le malade, et ne put empêcher un sourire lorsqu'il aperçut la demoiselle qu'il avait rencontrée sur le parvis du grand marché. Il marcha vers elle, la salua et commença d'un ton tragique :


    « Voilà... Ma mission ici est terminée, mademoiselle. Vous devriez recevoir mon cachet d'ici quelques jours, au plus tard une semaine. N'hésitez pas à contacter la Shinra si -- »

    « Merci. », le coupa-t-elle d'un ton on-ne-peut-plus reconnaissant.

    « Ce fut un plaisir. Si votre ex-mari ne revient pas, la maison vous reviendra de droit... »

    La jeune femme se sentit soudainement aérienne, légère comme l'éther. Elle fit quelques pas vers l'avant, positionna ses bras à la verticale et empoigna Snow dans ses bras avec une si grande douceur que ce dernier ne put contester cette preuve de grande reconnaissance, aussi inusitée était-elle. À son tour, le blizzard épique l'imita, et sentit une allégresse indescriptible et incomparable s'emparer de son âme, de sa tête, de son cœur. Une satisfaction étrange l'habitait.

    « Revenez quand vous voulez, monsieur Villiers. Demandez Symphora, et je vous répondrai. »

    Symphora, telle était-elle, serra encore un peu plus Snow avant de le laisser partir. D'un mouvement de main timide, elle invita le blizzard épique à retrouver son patron et à porter le malade jusqu'aux laboratoires de la Shinra, ce qu'il fit en l'abandonnant à contrecœur. Il était encore absurde de dire que Snow éprouvait quelque chose pour cette demoiselle, mais elle ne le laissait pas indifférent. Peut-être était-ce la dernière fois qu'il pourrait la côtoyer, mais au moins pouvait-il se répéter que, quelque part, quelqu'un appréciait ce qu'il avait fait. Quelqu'un le considérait comme un homme juste, bon, loyal. Comme un authentique héros.

    Bien que cette mission n'avait pas été si complexe, physiquement parlant, elle avait apporté quelque chose de différent pour Snow. Et alors que celui-ci traversait les voies stellaires jusqu'au vaisseau-mère, la glace qui retenait l'ex-mari de Symphora se mit à fondre tranquillement, jusqu'à complètement disparaître. Mais curieusement, l'homme ne semblait pas particulièrement violent, sauvage. Ses yeux étaient calmes, en paix, et la tension qui le tenait quelques minutes auparavant avait laissé place à un pacifisme inattendu. Snow le regarda se réveiller, et espérant qu'une violence incontrôlable ne s'empare de lui, il serra tranquillement les poings, prêt à se défendre. Mais le malade, par une surprise incroyable, ne devint pas fou. D'une voix tendre, il affirma :


    « Je... je suis désolé. Je sais qui vous êtes, je sais que vous venez m'aider, mais je... J'ai l'impression que ma tête ne m'écoute plus. Je suis navré, mais... J'implore les cieux... Trouvez un remède à cette maladie et guérissez tous les infectés qui pullulent au Jardin Radieux, commença-t-il en parlant avec son cœur, temporairement affranchi de toute ire. Mais je vous en supplie, ne me soignez pas. Je ne mérite pas cette seconde chance. »
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Playboy Milliardaire
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286/650  (286/650)
Sam 2 Juin 2012 - 18:55
La mission était bien, même si je n'ai pas toujours tout pigé.
Le principal est quand même fait ^^

T'as ramené le mec, mais je comprends pas trop pourquoi personne veut le guérir a part qu'il a été méchant avec sa femme, enfin bon...

Y'a pas eu réellement de difficultés mais d'un autre coté, je vois pas trop où tu pouvais en caser donc pas de malus

Récompense : 32 points d'expérience + 304 munnies + 3 PS en magie.

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