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 La Plume est plus forte que l'Épée
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Vagabonde du ciel
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Jeu 9 Fév 2012 - 3:04
    Monsieur Genesis Rhapsodos était un parfait gentilhomme, n'y voyez pas là un simple compliment destiné à le remercier de m'avoir acceptée dans son Consulat. Nous n'appartenions pas à la même caste, mais j'appréciais toutefois sa conversation bien moins futile que celles auxquelles j'avais été habituée toute ma vie. Il vivait, de ce que je pouvais en savoir, dans une certaine aisance, ce qui le plaçait parmi les milieux bourgeois, une catégorie de personnages que mon entourage abhorrait... Cependant, je devinais chez lui une noblesse d'âme qui valait bien le sang qui coulait dans nos veines, et bien que je ne l'ai que très peu fréquenté jusqu'ici, j'éprouvais déjà un certain respect envers sa personne. Je tenais à mentionner ce fait, car l'époque des longues journées à arpenter les salons des courtisans était révolue, et je devrais maintenant donner me consacrer à des tâches plus concrètes. Mon Dieu, je frissonne d'effroi à l'idée que le destin m'ait menée vers un autre groupe... Fort heureusement, mon esprit s'accordait à l'idéologie des Consuls.

    Un jour donné, Monsieur Rhapsodos était venu me trouver pour me faire lire une bien curieuse missive. Bien qu'elle manquât cruellement de style, son propos était pour le moins clair. Voici son contenu tel que je me le rappelle.

    « Marinetti, Ball, Boccionni, Carra, Severini vous saluent, Consulat. Nous sommes les futuristes et c'est de nous que vient cette modeste offrande à vos muses. Nous apprendrons ce qu'est l'art à vos dogmes démodés. Dans quelques jours, nous seront à votre place, tenez-le vous pour dit. »

    Je fixais le héraut de la Tragédie d'un regard interrogateur. Quel était le but de cette lettre ? Pourquoi me la présenter ? De sa bouche, j'appris de nombreuses informations, et il s'agissait là de la première mission que j'effectuais pour le Consulat. Les Futuristes étaient un groupe composé des cinq auteurs du billet que nous avions reçu, et qui se proclamaient en tant que nouveau courant artistique. Leur message s'exprimait ensuite de lui-même, si ce n'est qu'ils étaient aussi responsables d'attentats envers certains artistes ayant prêté allégeance aux Muses. Mon devoir était de me rendre en ville, de les affronter et de les persuader de nous rejoindre. Je retins une protestation face à cette demande. Comment, moi une Dame de la noblesse n'ayant aucune connaissance en matière de duels, pouvais-je défaire ces hommes qui en avaient vaincu la bagatelle de vingt-quatre ? Et pourtant, je me résignais. Suite à mon exil, mon rang importait peu, et si je me montrais capricieuse il était fort probable que mon séjour au Jardin Radieux s'achève de manière prématurée.

    De longues heures durant, je réfléchis à ce problème qui me semblait insoluble. Assise devant le bureau dont on avait doté ma chambre, je fixais le ciel bleu en me demandant quel procédé pourrait faire entendre raison aux Futuristes. Monsieur Rhapsodos plaçait une certaine confiance en moi, et je craignais de le décevoir... Mais petit à petit, un plan se dessinait dans mon esprit. Je ne pouvais utiliser la force, et m'y serais probablement refusée le cas échéant. Toutefois, mes années passées au milieu de rapaces m'avaient enseigné la ruse. Ainsi, je me décidais à prendre ma plume pour coucher quelques mots sur le papier. Je m'y repris à plusieurs fois, travaillant mon texte, m'assurant que l'équilibre entre provocation et courtoisie était respecté. Finalement satisfaite du résultat, je l'envoyais à un quotidien de la ville où elle parut le lendemain sous le titre Lettre aux Futuristes, en voici la teneur.

    « Jardin Radieux, le 09 Février.

    Je salue respectueusement Messieurs Marinetti, Ball, Boccionni, Carra et Severini et les prie de trouver par la présente une réponse à leur courrier adressé au Sommet de l'Art.

    Tout d'abord, je tiens à exprimer la vive sympathie que j'éprouve à leur égard. En effet, est-il besoin de rappeler à tout un chacun que nous avons l'énorme privilège de vivre dans la capitale des arts ? Et sa plus grande qualité est certainement d'être universel, qui ne s'est jamais essayé à la peinture, à l'écriture, à la sculpture, à l'architecture ? Certes, nous pourrions argumenter sur le talent, mais je préfère laisser ceci à l'appréciation et à la sensibilité de chacun. Il est donc des plus motivants pour nous, Consuls, de constater l'engouement avec lequel les Futuristes développent leur propre vision artistique. Je ne puis d'ailleurs que les encourager dans cette voie. L'Art a besoin d'eux, a besoin de vous, pour exister.

    Cependant, il est quelques points sur lesquels j'aimerais revenir, et que je m'aventurerais même à contester. Messieurs Marinetti, Ball, Boccionni, Cara et Severini ont qualifié nos arts de, et je cite « démodés ». Loin de moi l'idée de juger leur opinion, mais lorsqu'ils affirment vouloir nous « apprendre ce qu'est l'art », permettez-moi de doucement sourire. L'Art a-t-il jamais été enseigné ? Tout au plus, nous pourrions inculquer quelques bases, mais pour qu'il perdure il faut que chacun y ajoute sa touche personnelle. L'Art est universel, oui, mais il n'est pas unique. On ne peut décemment imposer une certaine manière de le voir comme semblent le penser les Futuristes, j'irais jusqu'à affirmer qu'un tel procédé se rapproche dangereusement de l'endoctrinement.

    En revanche, lorsque pour leurs principes ils en viennent à agresser physiquement certains de nos membres, je ne souris plus. Quelle folie nous pousserait à de tels actes ? Nous avons chaque jour tellement de raisons de nous affronter, ne pensez-vous pas que l'Art se doit de rester en marge de tels conflits ? J'appelle donc les Futuristes à la tolérance, car la violence n'a pas sa place dans notre milieu, et quand bien même ils déclencheraient une guerre, jamais leur vision ne sera unique.

    Je n'éprouve aucun mépris pour le Futurisme, mais les regrets me prennent lorsque je le vois porté par une aussi sinistre propagande. En outre, je suis persuadé que Monsieur Genesis Rhapsodos se ferait un plaisir d'accueillir cette nouvelle vague parmi nos membres les plus éminents, ce qui leur offrirait alors de nouvelles possibilités de répandre leur Art. Bien évidemment, je connais les inimitiés qui persistent entre nous, et qui s'interposent face à une solution raisonnable.

    C'est pourquoi je me propose de rencontrer en personne Messieurs Marinetti, Ball, Boccionni, Cara et Severini afin de leur apprendre ce qu'est l'art. J'ai bien conscience d'avoir réfuté cette possibilité, mais j'espère avoir suffisamment attisé votre curiosité pour que vous daignez m'accorder un entretien.

    Votre dévoué,
    Claudel de Rocmilliel. »

    Les bases étaient posées, et je ne pouvais maintenant qu'espérer qu'ils répondent à cette lettre ouverte. Il s'agissait du seul moyen à ma disposition pour parvenir à mes fins. Je ne vous cacherais pas que l'attente fut longue... Allais-je m'acquitter de ma tâche ou bien subir un premier cuisant échec ? Je déambulais dans ma chambre, lisant et relisant le journal, songeant aux mots que j'aurais pu changer, à l'effet qu'ils allaient produire. Il semblerait que les Futuristes aient décidé de jouer mon jeu, car à défaut d'une lettre que nous ne reçûmes pas directement, leur réponse parut dans le même quotidien, le lendemain. Bien que brève, elle avait de positif qu'ils acceptaient mon invitation à les rencontrer, ce qui m'emplit de joie !

    Nous étions donc maintenant le 12 Février, jour et heure qu'ils avaient fixé. Je n'étais armée que de ma diplomatie, laissant ma rapière à la forteresse pour ne pas risquer de déclencher des hostilités, et deux hommes m'accompagnaient, trainant derrière eux un lourd poids recouvert d'une toile. Lorsque nous parvînmes au lieu de réunion des Futuristes, je sentis poindre en moi un léger doute. Allais-je me montrer à la hauteur ? Sans m'être débarrassée de cette appréhension, je pénétrais dans un grand baraquement où seules des toiles Futuristes comblaient le vide.

    Ils étaient là, tout les cinq, face à moi. Je fis une révérence humblement, et s'ils parurent surpris de se retrouver finalement face à une femme ils me rendirent la politesse. Ayant finalement retrouvé un second souffle de courage, je m'apprêtais à leur expliquer ma vision de l'Art, vision qui, je pense, est la bonne. Dans un geste vif, je tirais la toile qui dissimulait jusque là une statue. J'avais demandé la veille à un Consul adepte de la sculpture de me la préparer, et je dois bien avouer que le résultat dépassait mes espérances. Elle était tout simplement magnifique, et pourtant sa composition était des plus étranges. On pouvait y trouver différents métaux, toutes sortes de terres et des pierres précieuses allant des plus nobles aux plus viles. Je leur adressais alors une simple phrase avec un sourire doux « Briseriez-vous cette jolie statue car tout n'y est pas or et diamant ? ». Ils comprirent mon propos à demi-mot. L'Art brille avant tout par sa diversité, et il serait bien sot de condamner l'une de ses formes pour en privilégier une autre.
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Le Tragédien
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Feuille de personnage
Missions effectuées:
Grade: Boss
XP:
1054/500  (1054/500)
Sam 11 Fév 2012 - 23:57
    Mission accomplie.

    Ok ok, très bonne première mission, sans défauts. Vraiment bien écrite et l'article est terrible. Je me suis même trouvé un peu con en lisant le début... C'est vrai que globalement, qu'est-ce que mon personnage peut savoir qu'une fille peut défoncer cinq gars puissants si il n'a aucunes raisons de savoir qu'elle-même est forte. Ouais j'y penserais ^^, donc désolé pour l'illogique.

    Super original, l'air de rien ^^. Le titre donnait l'indice mais j'ai quand même trouvé très cool que tout se fasse par lettres. Puis bon, tu as magnifiquement introduit l'art de ton personnage donc c'est vraiment super, c'est encore plus Consulat que le Consulat puisque Genesis aurait par exemple commencé par les rétamer.

    Donc oui, très bonne mission, pas la moindre déception.

    Mission Avancée.
    36 xp, 360 munnies et 4 PS dont 1 bonus... 2 en dextérité et 2 en vitesse.

    Lien vers la fiche de personnage dans la signature, s'il te plait.
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