Éclat de l'Océan

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le Mer 28 Sep 2011 - 1:18
Le Chat du Comté de Chester

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    Identité

      N o m : Inconnu
      P r é n o m : Le Chat, Chester, Chess, Cheshire
      S u r n o m : Chaleureux Chafouin
      Â g e : Aussi âgé que le Pays des Merveilles
      C a m p : Errants
      M o n d e d' O r i g i n e : Le Pays des Merveilles
      R a c e : Chat

    Test Rp


      Le Pays des Merveilles était bien trop calme. On y entendait pas de rires, pas de chants. Tout au plus, le souffle du vent, parfois glacial, parfois brûlant, troublait le silence de l'étendue désertique qui avait remplacée l'ancienne forêt de Lotus. Et dans cette vaste contrée, une jeune femme marchait, seule. Elle devait avoir 17 ou 18 ans... Ses cheveux étaient longs et noirs. Ses vêtements, une robe bleue sans prétention et un tablier blanc, rappelaient la grande époque victorienne. Elle était incontestablement de bonne famille comme le prouvait sa démarche assurée et son air hautain... Cet air auquel se mêlait toutefois un soupçon de malice et d'émerveillement. Et elle marchait sur ces terres mortes, se demandant à chaque instant où elle pouvait bien avoir atterri cette fois-ci. « Tout cela est fort étrange, et n'a rien à voir avec le Pays des Merveilles que je connais. » pensa-t-elle innocemment. Car comme tout enfant que les merveilles parvenaient à fasciner, elle était déjà venu à ce monde en un temps reculé où il méritait encore son nom. « Où donc ais-je atterri ? Je me suis probablement trompée de porte! » Et elle poursuivit son périple, l'idée que ce monde fantastique ait pu changer ne l'effleurant même pas.

      Finalement perdue, elle songea que la meilleure des choses à faire était d'attendre que quelqu'un vienne la retrouver. Aussi s'assit-elle sur un rocher, près d'un arbre mort... Le seul qu'elle pouvait distinguer jusqu'à l'horizon. Elle patienta longuement, espérant tout au fond d'elle ne pas être la seule personne vivante dans ce pays cauchemardesque.


      « Qui es-tu ? » lança une voix grave.

      Sans surprise de se faire ainsi interpeller, la jeune femme se releva pour faire face à la personne qui lui avait parlé qui n'était autre... Qu'un chat! Et quel chat! Il avait de quoi faire froid dans le dos. Il se tenait allongé sur le ventre, sur l'une des seules branches qui persistaient encore. Sa taille était relativement imposante pour un félin. Mais ce qui l'effrayait plus que tout, c'était bel et bien son allure sinistre! Il ne possédait aucun poil, mais avait, à défaut, une peau grisâtre Une peau qui lui collait aux os, il avait en effet l'air particulièrement frêle, squelettique... Ses côtes saillantes, sa queue qui semblait être un enchevêtrement d'os tout comme son long cou... A chacune de ses pattes, elle pouvait voir des griffes acérées comme des lames... Sur sa figure ainsi que ses membres, il y avait des tatouages noirs comme le Diable. L'une de ses oreilles pointues était ornée d'un anneau, ses yeux jaunes et sournois étaient rivés sur elle... Et sur son visage était affiché un large sourire carnassier, un sourire empli de dents pointues... La jeune fille fut perturbée par cet étrange animal qui lui rappelait le Chat de Chester qu'elle avait connu autrefois. Aussi, et afin de dissiper ses doutes, sa candeur prit la parole malgré la peur tapie au fin fond d'elle même.


      « ... Le chat ? »

      Son sourire s'élargit un peu plus. Il en devenait presque menaçant! Au dessous de lui, sa queue battait l'air nonchalamment.

      « Tu n'es pas un chat. Je suis un chat. »

      Elle se rendit compte de son étourderie ainsi que du manque de civisme dont elle venait de faire preuve. La jeune fille fit donc une révérence tout en se présentant, elle était au fait des bonnes manières car sa nourrice les lui avait enseignées dès son plus jeune âge.

      « Je m'appelle Alice. Alice Addler. Enchantée de faire votre connaissance. »

      S'il fut intéressé par cette réponse, le Chat n'en montra rien du tout. Il se contenta de laisser sa queue osciller lentement en la toisant avant de reprendre la parole.

      « Es-tu une Alice ou bien es-tu Alice ? »

      Cette question la surprit. Elle s'attendait à tout autre chose, car jamais on ne lui avait demandé cela lors des soirées mondaines. Elle hésita un certain temps avant de proposer sa réponse.

      « Et bien... Je suis Alice, je crois... »

      « Tu n'es pas sûre de l'être ? »

      « Y a-t-il une différence ? » demanda-t-elle, ayant du mal à comprendre où il voulait en venir.

      « Pour moi, aucune. »

      Alice fronça les sourcils. La conversation tournait en rond, et cela ne lui rappelait que trop le Pays des Merveilles. Pourtant, tout autour d'elle indiquait le contraire... Où étaient passés les fleurs, les animaux ? Tout ce qui lui restait, c'était ce maudit chat qui la faisait tourner en bourrique! Mais il était pour l'instant le seul à posséder des réponses. C'est pour cela que, prudemment, elle amena la conversation sur ce sujet.

      « Vous avez bien changé Minet de Chester! » Lança-t-elle d'un air guilleret.

      « C'est faux Addler. » Répondit le Chat tout en s'étirant. Il était désormais debout à fixer la jeune femme en lui adressant un sourire inquiétant. « Je ne suis que le reflet de ces terres cauchemardesques. »

      « A ce propos, pouvez-vous me dire ce qui est arrivé... »

      « Celui qui l'utilise ne le saura jamais. »

      Alice écarquilla ses grands yeux verts. Jamais encore dans le grand monde, on ne lui avait coupé la parole de la sorte!

      « Que dites-vous ? »

      « Celui qui l'utilise ne le saura jamais. C'est une énigme. »

      Oh! Une énigme! Voilà qui allait lui permettre de rabattre le caquet de ce Chat qui ne la laissait pas parler! Alice était plutôt douée pour résoudre les problèmes de logique, du moins c'était ce que ses professeurs lui avaient dit. Elle réfléchit un instant à la devinette qui lui était posée. Celui qui l'utilise ne le saura jamais ? Et bien, la réponse semblait plus qu'évidente!

      « Je pense à un cercueil. »

      « Je te remercie. »

      Et il disparut subitement. Alice croisa fermement ses bras. Elle était tout simplement outrée par le comportement de cet animal! On lui avait toujours appris que lorsqu'on faisait preuve de politesse, il ne fallait pas fuir la conversation ni empêcher son interlocuteur de parler, et pourtant ce Chat venait de faire les deux successivement! Mais elle n'eut pas le temps de lui en vouloir d'avantage, car il avait déjà réapparu sur la même branche qu'il occupait depuis leur rencontre!

      « As-tu dit Cercueil ou Écueil ? »

      « J'ai dit Cercueil! Cessez-donc d'apparaître et de disparaître! Cela est très impoli! »

      « Cercueil, c'est bien ce que je pensais... » Se contenta-t-il de répondre. « Le Chapelier sera content, tu devrais songer à le voir. »

      « Mais comment ferais-je! » S'impatienta Alice.

      Le Chat eut un sourire des plus énigmatiques.

      « La voie est toujours tracée Addler. Certains ne la voient pas, d'autres ne le veulent pas. »

      Et il disparut progressivement. Ce fut d'abord son corps qui se dématérialisa, puis son cou, et enfin son visage, ne laissant que son sourire mystérieux flotter dans les airs pendant quelque seconde. « Quelle étrangeté! » pensa Alice « J'ai déjà vu des chats sans sourire, mais jamais des sourires sans chat! »

      Et c'est sur cette pensée qu'une porte apparut devant-elle, comme sortie de nul part. Alice l'observa sous toutes les coutures, mais elle semblait absolument normal, si ce n'est qu'elle ne débouchait sur rien. Et si elle en croyait l'enseignement qu'on lui avait prescrit, une porte se devait d'être ouverte. C'est pourquoi, le cœur battant, elle posa sa main sur la poignée avant de l'ouvrir.

      Et à sa grande surprise, cela l'amena dans un endroit tout autre! Plus d'étendue désertique ici, mais un simple bois, ou plutôt ce qu'il en restait. En effet, tout semblait avoir complétement dépéri, les arbres n'étaient plus que des cimes sans âme, et elle n'aperçût qu'un seul oiseau, un corbeau, sur une branche, immobile et triste. Si ce n'était le faible croassement qu'il émettait de temps à autre, Alice aurait juré qu'il était mort. Mais ce n'était pas là tout ce qui s'offrait à son regard d'enfant curieux. Non, il y avait aussi une demeure. Une maison dont le toit de paille orné de longues oreilles s'était écroulé. Elle pouvait aussi distinguer une longue table placée au milieu de quelques barrières censée délimiter un jardin, mais le tout était dans un tel état qu'elle ne pouvait que le supposer! Intriguée, la jeune fille s'approcha, et elle put voir deux étranges personnages. Un lièvre, assis sur un fauteuil qui avait autrefois dû être majestueux, mais qui se trouvait rapiécé, et un homme maigre portant un chapeau sur la tête. Ce dernier semblait par ailleurs chercher activement quelque chose, fouillant sous la table, sous les chaises, dans les théières, et même sous son chapeau! Alice l'entendit marmonner indistinctement :


      « Mais où est-elle ?! J'étais pourtant certain de l'avoir rangée ici! Oh mon Dieu! Faites que je la retrouve au plus vite! »

      Alice pencha légèrement la tête devant ce curieux spectacle.

      « Que peut-il donc chercher ? » Avait-elle demandé à haute voix sans même s'en rendre compte.

      « Ce pauvre Chapelier a perdu sa raison, depuis il n'a de cesse de vouloir la retrouver. »

      Elle sursauta! Ce Chat venait encore une fois d'apparaître sans prévenir, et cette fois ci à côté d'elle! Une fois sa surprise passée, elle médita ses dernières paroles. Comment un homme espérait-il retrouver ainsi sa raison ? Tout cela lui semblait totalement illogique!

      « D'un illogisme implacable Addler. Que dirais-tu d'une tasse de thé ? »

      Et sans un mot de plus il se mit en route vers la grand table. Comme c'était curieux! Le Chat semblait avoir deviné ses pensées! Mais après tout, dans un monde où un Chapelier cherchait sa raison dans le thé, tout cela n'avait rien de saugrenu. Alice le suivit donc, et s'assit sur l'un des sièges. Elle avait choisi le moins usé d'entre eux, mais cela ne lui paraissait pas beaucoup plus confortable. Quant au Chat, il avait pris place en bout de table et tournait une cuillère, qu'il tenait par le bout de deux de ses griffes, dans une tasse de thé. La jeune fille n'osait pas se servir d'elle même, craignant de paraître irrespectueuse envers ses hôtes. A défaut, elle décida d'entamer la conversation.

      « Allez-vous oui ou non me dire ce qui est arrivé à cet endroit! »

      « Ah, ça... » Le Chat eut un air navré, sans toutefois se départir de son inégalable sourire. « Et bien c'était en mars dernier, juste avant que celui là... » Il pointa d'une de ses pattes le Lièvre qui riait nerveusement. « Ne devienne fou. »

      Mais avant qu'elle n'ait eu le temps d'apprendre ce qui était arrivé aux Merveilles, une voix suraigüe retentit dans tout le "jardin".

      « Je suis en retard! Oh non! Je suis en retard! En retard! »

      Un lapin blanc en redingote surgit alors. Il tenait une montre à la main et la fixait tout en cavalant comme un beau diable. Il marqua une pause en arrivant près de la table où se trouvait Alice, et regarda les différents convives en reprenant son souffle.

      « Au contraire Mac Twisp, tu arrives juste à temps pour le thé. »

      « Non! Pas de temps à perdre! Ni de temps du tout! Je suis en retard! La Reine va tous nous couper la tête! »

      « Moi je l'ai déjà perdue. » Conclut le Chat avec un grand sourire tandis que le Lapin Blanc s'en allait à grandes enjambées.

      De son côté, Alice n'y comprenait plus rien. Elle connaissait tout ces personnages, mais jamais encore elle ne les avait vus dans un univers pareil. C'était comme si tout avait changé depuis sa dernière visite dans ce monde. Elle eut brièvement l'intention de demander conseil au Lièvre de Mars, mais celui-ci semblait bien trop occupé à réveiller son ami le Loir en l'aspergeant de thé pour prêter attention à elle. Par dépit, elle se retourna donc de nouveau vers le Chat qui avalait paisiblement le contenu de sa tasse. La jeune fille décida d'essayer une nouvelle approche plus courtoise, afin que ce mystérieux animal lui réponde enfin.


      « Minou de Chester, pourriez-vous me dire je vous prie pour quelle raison le Pays des Merveilles est dans cet état ? »

      Le Chat du Cheshire reposa délicatement sa tasse sur la soucoupe et adressa à Alice un regard sournois. Il prit quelques secondes (où bien était-ce quelques heures dans cet endroit ?) pour répondre.

      « La Reine de Cœur est devenue folle. A moins qu'elle ne soit devenue saine d'esprit... Quoi qu'il en soit, elle a répandu sa colère sur l'Arrière-Pays, et nous voilà dans cette situation décadente. »

      « N'y a-t-il donc rien à faire pour l'arrêter ? » Demanda Alice en posant ses coudes sur la table. Une mauvaise habitude qu'elle avait tendance à oublier face à la fougue de sa jeunesse.

      « Peut-être... » Sa voix était restée longuement bloquée sur le dernier mot, comme pour insister dessus.

      « Ne crois pas ce Chat! » Hurla le Chapelier qui venait de se rendre compte de leur présence « Il n'a jamais aidé personne! Il te guidera jusqu'au fond du gouffre et disparaîtra! »

      Le félin tourna son imposant visage vers le Chapelier, et lui adressa un encore plus grand sourire.

      « Prudence est mère de sûreté le Chapelier, tu devrais le savoir mieux que quiconque toi qui a échappé plusieurs fois au courroux de la Reine. Et si je préfère me préserver, notre combat est le même. »

      « Que puis-je faire pour que ce monde redevienne le même qu'autrefois ? »

      Elle venait d'interrompre leur échange, faisant ainsi fi de toutes les règles de bienséance. Tout les fous présents la fixèrent alors, même le Loir qui avait daigné ouvrir un œil. Il y eut un long silence avant que le Chat ne réponde.

      « Tu pourrais te rendre au Château de la Reine. Là se trouve l'Épée Vorpaline. Trouve là, et défie la Reine de Cœur. Libère nous tous, Addler, libère le Pays des Merveilles. »

      Et tandis qu'il parlait, une nouvelle porte était apparu derrière lui. N'écoutant que son courage, Alice se leva d'un bond. Si elle devait se dévouer à cette cause pour sauver les Merveilles, et bien elle le ferait! D'un pas décidé, elle s'avança vers la porte et la traversa, laissant seuls les habitants de l'Arrière-Pays. Le Chapelier Fou vint prendre place à la table, à l'endroit même où se tenait Alice quelques instants plus tôt, et il se saisit d'une tasse de thé. Ce fut le Lièvre qui fut le premier à rompre le silence d'une voix tremblante de nervosité.

      « T... T... Tu sais qu... Que tu viens de l'envoyer à la mort ? »

      « Et je croyais que tu avais déjà dérobée l'Épée Vorpaline! Chess, je mange mon chapeau si tu n'es pas le plus fou de nous tous! »

      Écoutant leurs plaintes sans même les prendre en compte, le Chat du Cheshire reprit entre ses griffes sa cuillère pour la tourner de nouveau dans sa tasse. Il leur répondit ensuite de sa voix légèrement grave.

      « Calmez-vous mes amis. S'il s'agit bel et bien d'Alice, elle n'aura pas besoin de cette épée pour nous sauver. Si elle n'est pas la vraie Alice, et bien... Cela ne peut nous faire de tort. »

      Et son sourire carnassier s'élargit encore un peu plus.

      *

      Jean s'était levé tôt ce matin là. Une nouvelle journée au Pays Imaginaire allait commencer! Mais curieusement, personne d'autre n'était présent. Ni Wendy, ni Michel, ni Peter Pan et pas plus d'enfants perdus. Ils s'étaient probablement levés encore plus tôt pour partir à la chasse aux indiens, et sans le prévenir! Qu'à cela ne tienne, il allait partir seul! Il n'y avait plus rien à craindre depuis que les pirates avaient disparus! Il enfila donc ses lunettes, se saisit de son parapluie et mit son chapeau haut-de-forme sur sa tête avant de sortir du tronc d'arbre où ils résidaient tous, vêtu de son éternel pyjama. La forêt était tout ce qu'il y avait de plus calme, et Jean pensa qu'il ne courait aucun risque à s'y aventurer, et il retrouverait bien tôt ou tard ses amis.

      Et c'est ainsi qu'il partit insouciant. Mais Jean, qui était connu pour être le plus réfléchi de tout les enfants Darling, se dit rapidement qu'il aurait dû s'y reprendre à deux fois avant d'explorer ce territoire qui lui était encore inconnus par de nombreuses manières. Il avait fini par se perdre dans cette forêt indomptée où tout se ressemblait. Cela faisait bien plus d'une heure qu'il tournait en rond quand soudain, il entendit une voix qui chantait un doux refrain presque hypnotique.


      « Fleurpageons, les rhododendroves
      Gyrait et vomblait dans les vabes.
      On frimait vers les pétunias
      Et les momerates embradent ♪ »

      Fort intrigué par ce chant, Jean en suivit la provenance et fut surpris de constater qu'il sortait de la bouche d'un étrange chat perché sur un arbre! Étrange était le moins qu'il pouvait penser, car jamais, même au Pays Imaginaire, il n'avait vu un Chat pareil! Il était imposant, et semblait posséder un corps tout en rondeurs. Sa figure, par ailleurs, était presque aussi grosse que le reste de sa morphologie. Mais ça n'était pas encore là le plus curieux! Si la fourrure de ce Chat était majoritairement de couleur grise, elle était par endroit striée de bleu! Et plus étonnant encore, sur son visage, en dessous de ses grands yeux bleus, il y avait un grand sourire qui lui paraissait figé, un sourire qui lui laissait apercevoir des dents pointues! Non, jamais de sa vie il n'avait vu plus curieuse chose!

      « Êtes-vous un Chat ? » Demanda Jean peu sûr de lui.

      Le Chat arrêta de chanter et remarqua sa présence. Les deux grands globes qui lui faisait office d'yeux se posèrent sur lui et il répondit d'une voix assez grave tandis que son sourire s'élargissait.


      « Oui. Un Chat de Chester. »

      Pensant que malgré les apparences, ce Chat semblait fort sympathique, le jeune homme décida de lui demander des renseignements.

      « Navré de vous importuner mais... Auriez-vous vu mes amis ? »

      Le Chat de Chester battit de la queue tout en réfléchissant à la question, puis il répondit lui même par l'interrogative.

      « S'agit-il d'un jeune homme vêtu de vert, d'une demoiselle, d'un enfant et de garçons habillés de peaux de bêtes ? »

      « Oui! Exactement! »

      « Non, cela ne m'évoque rien. »

      Le silence retomba. Jean n'en crut pas ses oreilles! Ce Chat était-il en train de se moquer de lui ?

      « Et bien, Monsieur de Chester, je les retrouverais seul! »

      « Je pourrais t'y aider. » Avant cette parole, le Chat était descendu de son arbre, et Jean eut la surprise de voir qu'il ne marchait pas comme tout animal, mais qu'il flottait dans les airs. Il s'était d'ailleurs allongé dans le vide, et sa tête reposait sur l'une de ses pattes qu'il tenait accoudée contre quelque chose qui n'existait pas. « Entre fous, cela me semble naturel. »

      Jean fut une fois de plus choqué par les paroles du Chat! Jamais encore on ne lui avait dit qu'il était fou! Il était même particulièrement brillant pour les mathématiques, et la littérature lui plaisait beaucoup! Ses parents disaient même de lui qu'il deviendrait probablement un grand homme, un savant ou un enseignant!

      « Je ne suis pas fou! » S'écria-t-il!

      « Tu l'es probablement pour porter un chapeau pareil. » Répondit le Chat en fixant son couvre-chef avec une lueur de convoitise dans le regard.

      « Je ne suis pas fou! Et je peux vous prouver le contraire! »

      « Mon jeune ami, sache que lorsqu'on parle de contraires on ne prouve pas, on désapprouve. »

      Jean eut un haussement de sourcil. La théorie du Chat semblait couler de source mais lui paraissait affreusement illogique. Il ne savait plus que croire.

      « Et comment savez-vous que vous êtes fous ? » Demanda-t-il bêtement.

      « Pour commencer, les chiens ne sont pas fous. Tu es d'accord ? Et bien on voit les chiens grogner quand ils sont en colère et remuer la queue quand ils sont satisfaits. Or, moi, je grogne quand je suis satisfait et je remue la queue quand je suis en colère. Donc je suis fou. »

      « Je n'appelle pas cela grogner, mais ronronner. » Répliqua Jean sûr de lui.

      « Appelle ça comme tu voudras. »

      Le jeune homme commençait à se sentir perdu dans cette conversation qui ne menait nul part. Et il perdait du temps! Wendy allait finir par se demander où il était passé. Aussi prit-il l'initiative de clore le débat afin de voir si ce Chat pouvait lui être d'une quelconque utilité.

      « Chat de Chester, pouvez-vous oui ou non m'aidez à retrouver mes amis ? »

      Le Chat se pencha vers lui, lévitant toujours. Il approcha son énorme figure de la sienne et le regarda dans les yeux quelques instants. Même si Jean n'en avait absolument aucune idée à cet instant, Cheshire jaugeait l'intérêt qu'il y aurait à l'aider. Ce monde lui rappelait le Pays des Merveilles dans sa période la plus glorieuse... Il avait d'ailleurs retrouvé une bien meilleure apparence que sur les terres désertiques de la Reine. Et il y aurait probablement toujours un intérêt à accompagner ce jeune homme, ne serait-ce que pour son magnifique chapeau! Son sourire s'élargit alors plus que d'accoutumée tandis que sa voix grave répondit.

      « Suivez le guide... »

      Il tourna sur lui même, dans les airs, et vola dans une direction précise. Jean eut un moment d'hésitation. Pouvait-il vraiment lui faire confiance ? Il n'avait hélas pas d'autre réel choix, et à contrecœur, il suivit la silhouette qui s'enfonçait dans les bois.

      Et au fur et à mesure de sa progression, il perdit de vue le Chat. « Voilà bien ma veine! » pensa-t-il « Je me retrouve de nouveau seul! » Il décida cependant de poursuivre dans la même direction, après tout peut-être retrouverait-il le Chat de Chester sur son chemin. Mais ses pas le guidèrent vers une autre partie de la forêt qu'il ne connaissait absolument pas... Jean déboucha sur une petite clairière éclairée par un rayon de soleil qui semblait traverser le feuillage épais des arbres. Et devant lui, il aperçut une créature, un loup, qui gémissait, sa patte étant coincée dans un piège probablement posé par les indiens. Le jeune homme s'immobilisa net, craignant cette créature ne l'attaque soudainement. Qu'allait-il donc faire ?


      « Tu pourrais passer ton chemin et laisser cette bête à son triste sort. »

      Jean eut un mouvement de recul! Mais il réalisa bien rapidement que ce n'était que le Chat qui était de retour, perché tout en haut d'un rocher et qui le regardait en lui adressant son grand sourire.

      « Ou bien tu pourrais te montrer courageux et le libérer... A tes risques et périls. »

      Jean cligna des yeux. Effectivement, ce Chat venait de lui montrer les deux seules options qui s'offraient à lui. Qu'aurait fait Peter ? Et bien, son courage était grand, et jamais il n'aurait eu peur d'un simple loup... Peut-être qu'il devait faire face et se montrer aussi vaillant que lui. Sur cette pensée, le jeune homme s'approcha de la bête qui hurlait sa douleur, et d'un geste sec, il arracha la corde qui le retenait.

      Le loup lui adressa alors un violent coup de patte qui le fit tomber en arrière! Jean perdit ses lunettes suite au choc! Il entendit le hurlement du loup, puis ses pas qui se rapprochaient de lui. Jean avait peur, extrêmement peur. Il lui semblait que sa dernière heure était venue, et en sentant le souffle chaud du loup sur son visage, il ferma les yeux. Mais ce ne fut pas la mort qui se présenta à lui. Le jeune homme sentit une langue rappeuse passer sur sa joue, puis il entendit un bruit de cavalcade. Lorsqu'il rouvrit les yeux, il put constater malgré le flou que le loup n'était plus là. Remettant ses lunettes sur son nez, Jean se tourna vers le Chat qui n'avait pas bougé.


      « Vous avez failli me faire tuer! »

      « La route est souvent semée d'embûches. Les couards cherchent une autre voie, les braves passent au travers. »

      « Cessez-donc ce numéro, et aidez-moi à retrouver mes amis! »

      « Ce chemin là... » Il montra une direction avec sa patte de droite. « Mène au Lagon des Sirènes. Celui ci... » Il indiqua une direction avec l'autre patte. « Mène au Campement des Indiens. Quel que soit ton choix, tu m'y retrouveras. »

      Et il disparut une fois de plus sur cette phrase mystérieuse. Jean grommela quelques paroles injurieuses. Pourquoi donc l'avait-il suivi ? Ce Chat ne le menait en rien à ses amis! Mais au moins, il avait maintenant deux destinations possibles. Le Lagon des Sirènes ou bien le Campement des Indiens. Laquelle choisir ? Il opta finalement pour le Lagon des Sirènes, sachant pertinemment que celles-ci connaissaient bien Peter. Peut-être qu'il se trouvait là bas lui même! Jean se mit donc en route, dans la direction que lui avait indiqué le Chat.

      Lorsqu'il y parvint finalement, il comprit qu'il s'était trompé de chemin. Il n'y avait pas trace de sirènes aujourd'hui! Personne en mesure de l'aider, hormis ce Chat de malheur qui était arrivé avant lui et qui contemplait son arrivée, placé en hauteur sur un nouveau rocher. Cette fois, Jean sentait la colère le gagner!


      « Dites-moi où ils sont! » Exigea-t-il furieusement.

      « Qui donc ? »

      « Mes amis! »

      « Quels amis ? »

      Il lui posait ces questions d'un air innocent sans se départir de son sourire, ce sourire qui avait désormais le don d'agacer prodigieusement le jeune homme! Jean prit donc la décision de lui tourner le dos pour ne plus rien avoir à faire avec lui, mais il découvrit avec horreur que des sans-cœurs étaient apparus! De désespoir, il se retourna vers l'endroit où se trouvait le Chat quelques instants plus tôt, mais ce dernier n'y était plus! Jean recula alors, de peur. Il était cependant bloqué par le lagon qui s'étendait derrière lui, et les sans-cœurs se rapprochaient dangereusement. Il hurla alors toute sa détresse.

      « Au secours! Venez m'aider! »

      L'une des créatures tenta de le frapper! Jean plongea sur le côté et parvint à éviter l'assaut qui n'eut comme seul effet que d'envoyer voler son haut-de-forme. Il était désormais à terre, et reculait difficilement face aux monstres qui s'avançaient d'un pas décidé. Il ne possédait pas d'arme, et son parapluie ne lui servirait à rien contre ces choses. Cette fois, tout semblait véritablement perdu et l'un des sans-cœurs leva très haut sa griffe, prêt à l'abattre sur lui.

      Et l'impensable se produisit! Une ombre sortie des fourrés se jeta sur le sans-cœur, lui évitant ainsi une mort atroce. Jean, une fois sa surprise passée, fut ravi de reconnaître le loup qu'il avait aidé précédemment et qui veanait maintenant à son secours! Et mieux encore! Dans les airs, il put voir la silhouette de Peter qui descendait vers lui! Il était bel et bien sauvé!

      Sur le chemin du retour, Jean était accompagné de tout ses amis. Ils discutaient et riaient déjà de la mésaventure qu'il venait de vivre. Mais alors qu'ils approchaient du refuge des enfants perdus, le jeune homme vit une silhouette tout en haut d'un arbre. Il laissa ses camarades prendre une certaine avance, puis s'en approcha pour voir que le Chat les regardait tous poursuivre leur route. Une question, cependant, lui brûlait les lèvre...


      « Saviez-vous que je les retrouverais de cette façon ? »

      Le Chat du Cheshire laissa pendre une de ses pattes dans le vide en lui offrant un large sourire.

      « Peut-être... Mais ce sont tes choix qui t'y ont mené. »

      Jean lui répondit par un bref sourire, et partit rejoindre ses compagnons. Ils avaient tant de belles aventures à vivre!

      Et au Lagon des Sirènes, Chester ramassait le haut-de-forme que le jeune homme avait laissé tomber. Il avait décidément eu bien raison de le suivre... Ce chapeau, qu'il enviait depuis le premier regard, était tout bonnement magnifique!


    G r a d e . v i s é :
      Général, j'accepte plus.



    Les Questions
    Q u e s t i o n s :

      1) Votre personnage est-il capable d’aimer, d’avoir une relation ?

      Pourquoi pas.

      2) Si l’esprit de votre personnage s’incarnait en un animal mythologique ou chimérique ou réel (nuances acceptées). Que serait-il ?

      ... Un chat :face:

      3) Qu’en est-il de la fidélité et de l’esprit de camaraderie de votre personnage ?

      Fluctuant, tout comme son esprit.

      4) En vue de votre race, quand pouvez-vous dire que votre personnage a forgé une amitié. Citez quelques unes de vos relations amicales.

      Il considère peu de personnes comme ses amis. Il préfère regarder les gens évoluer sans se soucier de la relation qu'il entretient avec. Cependant, il estime l'esprit chez les personnes et est particulièrement intéressé lorsqu'il en trouve un original. Il éprouve une certaine amitié pour le Chapelier Fou, le Lièvre de Mars, le Loire ainsi que le Lapin Blanc avec qui il aime s'entretenir lors de longs débats autour d'une tasse de thé.

      5) Quelle est la devise de votre personnage ? S'il y en a plusieurs, donnez les toutes.

      « Nous sommes tous fous. »

      6) Vis à vis de votre façon d'écrire, quels sont vos points fort et points faibles?

      On commence à les connaître... ^^

      7) Pourquoi incarner ce personnage ?

      Bah... J'aime énormément l'univers d'Alice au Pays des Merveilles, la folie et le non-sens qui s'en dégage. J'avais envie d'essayer d'apporter cet esprit décalé à un personnage. Pourquoi le Chat ? Bah il me semble que c'est le plus apte à être adapté au forum, parce que même s'il a un grain, c'est loin d'être le plus fêlé de tous... Puis j'aime les chats quoi... = )

La lance Tourbillonnante.

Feuille de personnage
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le Lun 3 Oct 2011 - 20:02
    Bonsoir.

    Tout d'abord, je te demande pardon une deuxième fois pour ce retard énorme. Il se trouve que je pensais vraiment m'en occuper durant le week-end mais le samedi, j'avais un mariage et hier, j'avais un gros truc à faire...

    Enfin soit, ma poule... Qu'est-ce que tu nous as fait là ?

    J'en ai un peu marre des tests rp, je ne te le cache pas, c'est devenu tellement courant que les fiches normales deviennent rares... Et bon, j'ai plus de faciliter à commenter une fiche normale...

    Parce que dans le test rp, une fois que tu comprends que c'est un rp dans lequel tu transcris l'histoire, le physique et le caractère, y a pas d'erreurs.

    Et là c'est le cas, tu as bien entendu tout compris de la consigne, tu nous as fait un vrai test rp. Nouvelle toutefois puisqu'il semblerait que ce soit deux tests rps, en quelque sorte...

    Je n'aime vraiment pas le monde d'Alice aux pays des merveilles mais tu as de la chance, ça a affecté mon appréciation...
    Blague à part, dur d'être objectif... Ton rp doit être tout ce qu'aime un fan de l'univers farfelu d'Alice mais... Voila moi ça me dégoûte un peu.

    Mais je dirais que ton test rp n'a aucuns réels défauts... Je ne devrais noter qu'en matière de qualité, néanmoins, autant dire ce que j'en pense...

    Je t'ai trouvé parfois... Tellement dans l'univers de L. Carrol que tu en devenais prévisible à travers ton personnage.

    Or à partir du moment où l'imprévisible devient prévisible, il faut s'inquiéter... Et sans mal, j'ai pu deviner ce qu'allait dire ton chaton à tel moment.

    Alors... A part ça, c'est un test rp d'une excellente qualité, nous sommes bien dans l'ambiance et ceci est impeccable...

    Je te donne le grade de Seigneur.

    Fiche validée et toutes conneries du style.

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