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le Dim 12 Juin 2011 - 19:24


Durant des mois entiers, et des années intégrales, j'ai lu. J'ai lu et consulté des milliers d'ouvrages différents, variant entre les poèmes et les nouvelles, passant des vieux livres d'histoire jusqu'aux documents de première-main. Mais pourtant, je me souviendrai éternellement d'une simple citation que j'ai pu apercevoir dans l'un de ses bouquins. La phrase allait fidèlement comme suit : L'Amour, c'est le risque de ne jamais être aimé en retour. L'Espoir, c'est le risque d'éprouver de la souffrance et de la déception. La Persévérance, c'est le risque de faire face à l'échec. Mais après tout, le risque doit être pris, car les meilleures choses arrivent souvent lorsqu'on a daigné oser. J'ai pris des heures à la relire, à l'analyser, à la tenter. Ce n'est qu'après cela que j'ai compris que j'étais un être soumis, dominé par les ordres de la Coalition Noire. Qu'advenait-il de ma liberté? J'en avais aucune; brimée et possédée par mes assaillants. Cependant, j'ai daigné; j'ai osé le tout et pour le tout, et pour la première fois de toute mon existence, j'ai pris un risque. Et j'ai pu fuir ma prison perpétuelle, la bibliothèque dans laquelle j'étais séquestré depuis toutes ces années… Mais l'audace a-t-il seulement ses bons côtés? Si je n'avais pas pris mon courage à deux mains et si je n'avais pas décidé de retourner à la source, jamais mes ravisseurs n'auraient pu me retrouver. Mais cette preuve de courage m'a aussi permis de faire la rencontre de Mérope, cette sublime demoiselle, que j'ai tristement monté dans toute cette histoire… Donc, est-ce que je regrette d'être retourné à la source; au Domaine Enchanté? Jamais. Tout arrive pour quelque chose.

Oui. Tout arrive pour quelque chose; même dans de telles circonstances. Les scientifiques de la Coalition Noire m'avaient pisté, découvert et capté pour la seconde fois, prenant Mérope en otage par le fait-même. Les choses s'étaient passé à une vitesse fulgurante; à une vitesse si impressionnante que je n'eus le temps de réagir pour me sauver de cette fâcheuse situation. Ce que je regrettais avec ardeur, ce n'était pas d'avoir été séquestré de nouveau par mes assaillants, mais bien d'avoir fait en sorte d'intégrer Mérope dans ce pétrin. Ils nous avaient enfermé de force dans un vieux vaisseau gummi, et le regard aveuglé par un simple morceau de tissu, nous ne pûmes voir dans quelle direction nous nous dirigeons. Tout ce que je savais, c'était que je devais agir promptement pour épargner l'existence d'un innocente, d'une demoiselle à qui je tenais plus que tout sur l'univers. Eh oui, Mérope; ma Mérope…

Je me réveillai finalement, souffrant comme si on m'avait martelé la tête d'une massue. Ma vision était floue, affectée par quelconque drogue… Lorsqu'elle se clarifia finalement, je pris le temps de balayer du regard la salle dans lequel j'étais. C'était lugubre, malsain et les murs étaient colorés d'une teinte d'ébène qui ne faisait que rendre l'endroit encore plus sombre. Des bureaux étaient installés à chaque extrémité de la pièce, bloquant par le fait-même la seule issue de la pièce. Mais par-dessus tout cela, ce qui attira davantage mon attention, c'était l'amas de squelettes qui trônaient à quelques mètres de moi. Des squelettes… des cadavres décomposés… des effluves à glacer le sang… Mes assaillants paraissaient donc prêts à tout pour me disséquer et essayer de reproduire ma capacité; mon épiderme d'acier. Mon temps était inexorablement compté; chacune des secondes qui s'écoulait m'approchait un peu plus de la Faucheuse. Je voulus donc agir : tirant comme un forcené, j'ai tenté de me libérer des chaînes métalliques qui encerclaient mes poignets. J'ai même tenté d'utiliser la magie pour rouiller le métal, mais en vain. Au moment où je sentais le désespoir s'emparer de moi, je vis Mérope dans la même situation… Elle était là, assise sur une vieille chaise, toujours meurtrie par les somnifères. Tentant d'étirer mon cou, je lui dis ultimement :

« Mérope… Je suis désolé, sincèrement désolé. Je dois te sortir d'ici… »

Ma phrase fut interrompue par un vacarme sonore : les deux hommes venaient d'entrer en scène, ouvrant la porte avec agressivité, retournant le bureau qui bloquait son accès. Mine de rien, ils s'approchèrent tranquillement de moi, chacun de leurs pas résonant sur le sol. Je pouvais entendre leurs rires gras, presque glaciaux, et je frémissais qu'à l'idée de les voir marcher vers moi. Ils me regardèrent de leurs regards hébétés, et épièrent mon corps de fond en comble. Je les regardai également, essayant de les culpabiliser et de les convaincre du regard, mais sans effet. Ils restèrent là, immobiles plusieurs secondes, jusqu'à ce qu'ils se retournent dans un synchronisme presque effrayant… Je voulus hurler, mais aucun son ne sortit de ma bouche. J'étais clairement angoissé, et mon visage devait sûrement transparaître de cette peur inégalable. Mais pourtant, je n'avais pas réellement peur pour moi, mais plutôt pour l'avenir de Mérope. Si elle était arrivée ici, c'était purement et uniquement de ma faute, et non de la sienne…

Puis, curieusement, ils cheminèrent aussitôt jusqu'aux côtés de Mérope. Ils la dévisagèrent à son tour. Je voyais leurs paires d'yeux pervers se balader sur tout son corps, et inapte, je ne pouvais rien faire pour les arrêter. Et alors que je m'y attendais le moins, l'un des deux homme se mit à lui flatter le bras… Ses doigts valsaient sur sa peau, puis escaladèrent ses épaules pour finalement s'éprendre de ses cheveux, de sa longue chevelure dorée… J'étais furieux, complètement provoqué; mes poings se serrèrent comme jamais et je grognai de toutes mes forces :

« Ne touchez pas à Mérope. Tuez-moi, mais ne la touchez pas. »

Comme prévu, ils se retournèrent vers moi, rigolant.

« Ézéchiel, Ézéchiel, Ézéchiel, soupira l'un des deux assaillants. Le charmeur de ses dames, dirait-on. C'est que tu as grandi et maturé, p'tit gars. Mais juste au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je te rappelle que tu es attaché et que tu ne peux rien faire contre nous. Alors, tes répliques héroïques nous passent bien au-delà. »

Ils avaient raison, tristement raison sur toute la ligne. Les liens métalliques qui me retenaient solidement à la chaise étaient presque impossible à défaire. Je ne pouvais bouger, mes pieds et mes poignets étant ligotés. Tout ce que je pouvais faire pour le moment, c'était d'user de la parole et de la diplomatie, même si je savais qu'au fond, ce n'était pas la meilleure solution. Les scientifiques de la Coalition Noire étaient, pour les avoir longuement côtoyés dans le passé, des êtres ignobles, sans valeur. Ils ne convoitaient que la richesse, la gloire et l'influence, alors que les sentiments des autres n'étaient que des pions sur l'échiquier. Pour les convaincre, je devais utiliser la force brute, je devais les annihiler. Cependant, dans de telles circonstances, le moindre geste devenait une véritable géhenne… Je détestais ces hommes, et je les détesterais éternellement d'avoir dérobé ma liberté et d'avoir brusqué Mérope.

Et je les dévisageai de nouveau, essayant encore et encore de me détacher. Ils s'approchèrent de moi dans une démarche nonchalante, presque dérangeante, et ils me frappèrent. Ils me frappèrent comme dans le passé, comme lorsque j'étais encloîtré dans la bibliothèque. Les coups fusaient de tous les côtés, et alors que je ne ressentais presque aucune douleur, j'étais tout de même étourdi par ce petit jeu. Singulièrement, ils continuèrent de me frapper durant une pénible minute, où ils alternèrent entre les coups de pied et les impacts armés. Moi, impuissant, je me laissais faire, commençant à ressentir une parcelle de douleur. Je me concentrais pour repousser ma peine, pour encaisser sans ressentir la moindre souffrance, mais pourtant, je me sentais faiblir au fur et à mesure que le temps s'écoulait. Heureusement, ce petit jeu se termina d'un coup de poignard dans l'épaule. La lame étant peu aiguisée, elle ne cribla pas ma peau, mais me bouscula lourdement. Finalement, se reculant quelque peu, l'un d'eux dit :

« Eh bien… C'est toujours aussi impressionnant. Voyons maintenait si tu es capable de résister à cela. »

L'un des assaillants plaqua mon bras contre la chaise, alors que l'autre dégainait une seringue de son manteau. L'instrument contenait un liquide fluorescent, qui brillait contre l'obscurité de la pièce. Les hommes rirent en chœur pour l'énième fois et la seringue s’incrusta tranquillement dans mon biceps. Je sentais le liquide affluer dans mes veines, me sentant de plus en plus léger. Je ne me sentais pas comme si j'étais sur le point de m'endormir ou de sombrer, mais plutôt comme si on me retirait quelque chose que je possédais depuis ma naissance. Et j'allais bientôt comprendre que ce simple liquide contrait les effets de ma peau d'acier… Moi qui croyais que j'étais invincible.

Aussitôt, l'un des hommes dégaina un scalpel, prêt à me découper. Ce même monsieur affirma simplement :

« Passons maintenant à une petite opération. Voyons ce qui est à la source de cette peau magique… »
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le Dim 12 Juin 2011 - 22:32
    Ses yeux avaient été couverts par un bandage, mais ce dernier, bien que lui empêchant de voir, ne l’empêchait pas de se débattre et de continuer à crier de toutes ses forces. Elle qui voulait sauver tout ce qui lui tenait à cœur, et en cet instant, ce tout tenait dans une seule personne. L’idée de cette souffrance qu’il devait ressentir la paralysait et la blessait intérieurement, le fait d’envisager un risque d’agonie était insupportable, immonde, inhumain. Comment pouvait-on songer à lui vouloir du mal si on avait une âme, comment pouvait-on blesser le meilleur de l’existence ? Aussi, s’impatientant devant si peu de coopération de la part de l’étoile, cette dernière ressentit subitement une lourde douleur au niveau de la tête, on venait de la frapper avec un objet massif. Les instants d’après furent de plus en plus imprécis, de plus en plus vaporeux, et elle perdit conscience, continuant en ses derniers instants de lucidité à murmurer le nom de son aimé.

    -Ézéchiel…Non…

    Le reste du voyage ne fut que trou noir pour elle, plongée dans des songes incohérents mais bien moins cruels que l’effroyable réalité qui dessinait un bien sombre chemin pour les deux jeunes gens. Qu’allait-elle pouvoir faire ? Avait-elle des « arguments » suffisamment convaincants pour arrêter cela ? Certainement pas et dans le cas contraire, elle aurait déjà empêché tout cela. Empêcher tout ce qui avait fait du tort à l’instant particulier, innocent et merveilleux que tous deux avaient partagé.

    Quand enfin elle commença à reprendre ses esprits, elle sentit qu’elle n’était plus dans le vaisseau, qu’elle était sur une terre ferme, une pièce fermée, à l’atmosphère lourde et à l’odeur putride. Mais ce qui la fit atterrir brusquement dans la matérialité fut les bruits sourds qu’elle entendit, frénétiques et incessants, violents, ainsi que la plainte d’une voix qu’elle avait alors appris à connaître et à affectionner. Et ses yeux s’ouvrirent instantanément pour découvrir la terreur concrétisée devant elle… L’effroi. Une si violente attaque, une agression si brutale faite à Ézéchiel, et pourquoi ? Elle ne le savait toujours pas, elle ignorait tout des raisons qui les poussaient à faire ça. Mais ses cris, ses larmes, ses complaintes, ainsi que ses débattements ne firent arrêter les hommes pas un seul moment, ils ne se retournèrent même pas. Ils étaient trop occupés à s’atteler à leur travail barbare, leur plaisir monstrueux. L’aura brillant qui se dégageait de la jeune fille à l’habitude diminuait d’ailleurs progressivement, avec chaque coup, qui dévastait son moral et ses espoirs de revivre un jour des instants heureux. Et alors qu’elle les observait faire, ils s’arrêtèrent subitement. Mérope fut alors soulagée, croyant que la violence allait s’arrêter, au moins pour quelques instants. Jusqu’à voir la pointe d’une seringue refléter une mince lumière et briller un instant, elle devina à la couleur de son contenu que rien n’en sortirait de bon. Croyant à un poison mortel, elle s’exclama.


    -Vous n’allez pas l’empoisonner ??! Qu’est ce que vous lui faites encore ?! Arrêtez ! Qu’est ce que vous lui voulez ?

    Mais ils ne réagirent pas plus que les instants d’avant, qu’avait-il affaire de cette enfant sans intérêt ? Rien de plus que de la laisser croupir et mourir au même titre que les cadavres parsemés dans la salle qu’ils occupaient tous en cet instant. Mais Ézéchiel ne semblait pas s’éteindre, il était même dans un état extraordinairement indemne pour quelqu’un qui venait de se faire littéralement tabasser. Il arborait cependant une expression d’étonnement, comme s’il se passait quelque chose qu’il ne comprenait pas, à l’intérieur de son enveloppe charnelle. Elle put alors distinguer les paroles qu’ils prononcèrent, et cela n’avait pas de réel sens pour elle. Une peau magique… ? Si Ézéchiel avait une peau magique comme ils semblaient le croire, quel était la fonction de celle-ci ? Qu’est-ce qu’une peau pouvait avoir de magique ?

    Lorsque l’un des deux hommes sortit une lame de sa poche et l’approcha de la peau d’Ézéchiel, les débattements de Mérope furent si brusques et si violents qu’elle bascula sur le côté, tombant toujours attachée à sa chaise par des cordes et non par des chaines, contrairement à Ézéchiel qui devait représenter un danger bien plus menaçant. Le vacarme fut suffisamment important que pour attirer l’attention des deux hommes qui renoncèrent un instant à leur tentative. Mérope sentit alors une certaine douleur à l’épaule sur laquelle elle était tombée. Elle gémit faiblement, ne pouvant rien faire pour sortir de l’étreinte de ses cordes. Elle entendit les rires des deux hommes qui la regardèrent d’abord sans rien faire pendant quelques instants. Puis elle entendit leurs pas s’approcher lentement de l’endroit où elle gisait. Jusqu’à s’adresser à elle, en la laissant méditer encore un peu dans sa position défavorable.


    -Qu’est ce que tu fais chérie ? Tu vas quand même pas essayer de te casser un ongle pour lui ? Il en vaut pas la peine, je te l’assure. Enfin bon, malheureusement pour toi, tu vas pas avoir l’occasion d’en essayer un autre.

    -Vous ne pensez pas que vous lui avez fait assez de mal comme ça ? N’avez-vous pas tout ce que vous vouliez de lui ? Ne pourriez-vous pas le laisser partir ?

    -Tout ce qu’on voulait ? Pour ça, faudrait qu’il s’échappe jamais, en admettant même qu’il n’ait plus jamais aucun pouvoir, et qu’il ne soit plus une menace pour nous, il en sait beaucoup trop, au même titre que toi. Alors vous allez rester ici, et on décidera gentiment de votre sort.

    Mérope avait eu au final peu de temps pour vivre en liberté, et même si elle avait passé des instants sublimes aux côtés d’Ézéchiel, elle savait qu’elle n’était pas prête à renoncer à en vivre à nouveau, elle savait en elle-même, que tout son être n’était pas prêt à renoncer à Ézéchiel. Ils ne décideraient certainement pas gentiment de leur sort. Sans doute termineraient-ils dans un état proche de celui des autres locataires de l’endroit. Elle voulait résister, se libérer et s’interposer, mais elle ne pouvait bouger, elle ne pouvait plus rien faire…


    -Et maintenant, si tu veux bien nous laisser continuer.

    Ils la laissèrent dans sa position, sans la relever. Mais au moment où il s’apprêtait à recommencer leurs occupations, on frappa à la porte. Une voix filtra à travers. Ils étaient donc au moins trois, ce qui n’allait pas faciliter la potentielle fuite.

    -Faudrait que vous veniez tous les deux et tout de suite !

    Néanmoins, le fait qu’ils s’en allèrent de suite après cette requête rassura l’étoile, ils seraient tranquilles pendant un instant au moins. Les deux hommes menacèrent tout de même Ézéchiel de faire bien pire s’il s’avisait de tenter quelque chose de stupide. Lorsqu’ils furent sortis et qu’elle fut sûre qu’ils s’étaient éloignés de la porte, Mérope osa enfin lui parler, tentant de toutes ses forces de se traîner de telle façon à pouvoir le voir.

    -Qu’est-ce qui se passe ? Tu n’as pas trop mal ? Je ne comprends pas…Ils t’avaient blessé, presque mortellement… Et tu es… enfin… Ézéchiel, qu’allons-nous faire, qu’allons-nous devenir ? J’ai…peur.

    Et soudain, elle repéra à un peu plus d’un mètre de l’endroit où elle était allongée, un morceau de verre. Peut-être pourrait être se frotter contre pour se libérer de ce cordage. Elle se traîna donc en faisant le moins de bruit possible. Quand elle l’atteignit, elle tenta tant bien que mal de le saisir à l’aide de sa main en partie immobilisée contre la chaise.

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le Jeu 28 Juil 2011 - 17:35
Mérope… Elle sembla s'être sacrifiée pour mon bien. Lorsqu'elle chuta contre le sol, je ne savais plus quoi penser. Elle venait tout juste de me sauver d'une opération qui allait mettre mon corps en lambeaux, mais de l'autre côté, elle mettait sa propre existence en danger. Et si les hommes avaient maintenant dans l'idée de la maltraiter, de la blesser comme ils l'avaient fait pour moi? Non… Ils ne pouvaient meurtrir celle qui, à cet instant-là, pouvait me rendre heureux qu'en effleurant ma peau. Lorsque le vacarme de la chute eut lieu, tout mon corps se contracta instantanément, et je tentai tant bien que mal de me tourner pour observer la scène… Et comme je l'avais tant redouté, elle était contre le sol, dans une position qui lui était fort défavorable. Ses yeux laissaient transparaître la souffrance, alors que j'entendais chacun de ses simples gémissements… Je me débattis de nouveau, avec tant d'ardeur cette fois-ci que le sol vibra sous ma table d'opération. Je ne pouvais les laisser agir…

Contre toute attente, ils optèrent plutôt pour la discussion. Je ne pus empêcher un vague soupir de soulagement, mais je conservais toujours cette même et terrible peur à l'intérieur de moi. Ils disaient qu'il était inutile de se sacrifier pour mon être, et elle le défendit tout simplement comme si elle parlait de sa propre vie. Pour tout dire, je fus touché par ses mots… J'eus envie de me détacher, de la serrer fort contre moi et de ne plus la relâcher, couvrant son visage de bisous, enlaçant son corps interminablement pour ne plus jamais la quitter de nouveau. Si à ce moment, rien n'était certain, j'étais certain de vouloir la garder en vie… Non pas pour elle, mais pour moi. Cette demoiselle avait le don de me charmer, de me séduire, de me faire perdre tous mes moyens qu'en me touchant, qu'en me parlant, qu'en me regardant. Je ne pouvais laisser partir cette chance de vivre à ses côtés heureux… C'était probablement égoïste de penser ici, mais Mérope était, est, et sera toujours la source de ma joie.

Et ils répondirent… Ils répondirent en disant qu'ils allaient décider de son sort par la suite, ce qui laissait entendre qu'ils allaient lui faire du mal. Mon cœur se resserra, mes poings également et je sentis mon sang bouillonner intérieurement. J'essayai de les torturer par la pensée, par la force du psychisme, mais je ne parvenais à rien. Le liquide qu'il avait injecté dans mes veines m’affaiblissait, me rendait complètement inapte à utiliser ce que j'avais appris pendant toutes ces années. En contrepartie, je n'avais qu'à admirer le visage délicat de ma dulcinée et d'espérer pouvoir la reparler pour retrouver toute ma force égarée, ma puissance perdue…

« Faudrait que vous veniez tous les deux et tout de suite! »

Ces mots me firent sourire. Oui, malgré la désespoir des circonstances, j'esquissai un léger sourire. Et aussitôt, les hommes sortirent de la pièce, laissant le champ libre pour une éventuelle fuite. Jamais je n'avais été si content d'être interrompu, jamais. Je voulus parler pour réconforter Mérope, mais ce fut elle qui prit la parole en premier. Son ton de voix divaguait entre la peur et l'inquiétude, l'espoir et le désespoir.

« Qu’est-ce qui se passe? Tu n’as pas trop mal? Je ne comprends pas…Ils t’avaient blessé, presque mortellement… Et tu es… enfin… Ézéchiel, qu’allons-nous faire, qu’allons-nous devenir? J’ai…peur. »

Ce que nous allions devenir? J'en avais aucune idée. Tout ce que j'espérais, ce que nous puissions sortir de ce trou indemne, et surtout, pouvoir revivre heureux… Pouvoir revivre le même genre de soirée que celle que j'avais vécue le jour d'avant. Je la toisai encore une fois, mais aucun mot ne parvint jusqu'à la sortie. Je la regardai, elle semblait vouloir agir… Elle s'approcha d'un morceau de verre, et de sa main frêle, elle l'empoigna délicatement. Elle l'approcha des cordes qui la retenait, et commença à essayer de les couper. Je l'interrompis d'un cri brusque.

Je ne pouvais la laisser faire ça… Même si elle pouvait ainsi nous sauver. Elle allait se blesser, elle allait cribler ses mains, et je ne pouvais la laisser faire ça… Je devais trouver une autre solution, rapidement, efficacement. Je regardai autour de moi, mais rien ne paraissait pouvoir m'aider. Comme si la Vie était contre moi, comme si le Destin ne voulait pas que je sorte d'ici. Puis, dans un élan d'espoir, je me retournai vers Mérope, la contemplai longuement avant de m'exprimer, mettant l'emphase sur chacun de mes mots, voulant la rassurer :

« Je t'aime Mérope… Maintenant. Tu vas reprendre le morceau de vitre, et tu vas tenter de défaire tes liens. Je… Tu ne ressentiras rien. Rien du tout. Je te promets que tu n'auras pas mal. Je te le jure. »

Ce que j'avais en tête? Partager sa peine… Si ma peau magique m'octroyait une défense sans pareille, elle me permettait aussi d'encaisser la souffrance des autres. Je me concentrai, si fort que mon visage prit aussi une teinte d'écarlate. Et comme par magie, un lien invisible se créa entre ma douce et moi. Je sentais que j'avais pris contact avec son corps, comme si son âme et la mienne ne faisaient qu'un seul et unique esprit. C'était le Sacrifice du paladin… mais je devais le faire pour lui éviter la douleur. D'un mouvement de tête hésitant, je lui fis signe d'entamer sa tentative de fuite. Et elle reprit le morceau de vitre. Mon cœur s'arrêta immédiatement.

Elle commença à couper les liens, et tranquillement, les cordes se défaisaient. Je ne lisais aucune douleur dans son visage, mais simplement un regard étonné… De mon côté, mes mains s'enflammaient comme si on les transperçait de mille aiguilles, mais je tentais d'omettre toute cette souffrance. Si faible, je ne pouvais repousser cette douleur qui m’embrasait, mais au moins, je pouvais empêcher de meurtrir Mérope. Et ce petit jeu se perpétua quelques secondes de plus, alors que ma respiration devenait de plus en plus fréquente. Les cordes se coupèrent les unes après les autres, et plusieurs minutes plus tard, elle était enfin libre… Libre… dans ma prison.

Elle s'approcha de moi, et je lui souris presque trop joyeusement. Je m'enquis :

« Ça va? Tu n'as pas mal? … Je suis navré Mérope, navré pour tout… »

Je balayai de nouveau les lieux du regard. Je vis que les liens métalliques qui me retenaient sur la table d'opération était fixées solidement sur le sol par des vis. J'en fis part à Mérope, et je lui demandai de chercher un tournevis, mais subitement, j'arrêtai de chercher et je me retournai pour l'ixième fois vers Mérope. Je ne pouvais… C'était contre moi. Comme si je me contrefichais de ma situation actuelle, comme si nous nous trouvions dans une clairière paradisiaque, comme si toute cette histoire n'avait jamais eu lieu, je repris la parole, d'une voix qui, j'en suis assuré, prouvait tout l'amour et toute la passion que je ressentais pour elle.

« Je n'en peux plus d'être loin de toi… Embrasse-moi. »

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