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 Un miracle est arrivé.
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Sorcière des Miracles
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Jeu 28 Avr 2011 - 5:17
  Présentation de « Dame Bernkastel, la Sorcière des Miracles »

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    Identité

      N o m & P r é n o m  : Bernkastel.
      S u r n o m  :  Sorcière des Miracles
      Â g e  :  Mon âge ? Cela a fini par me lasser, j'ai arrêté de compter.
      C a m p :  Errant
      R a c e  :  Une simple éternelle

    Descriptions
    P h y s i q u e  : 
      ''Ce que je veux, c'est un peu de tranquillité. Ce que je vois, c'est un chemin de haine. Ce qui est tombé, c'est une fille des ténèbres''

      Entre les nuages reposent un palais où vivent les éternels. De leurs hautes tours, ils voient et jugent les enfants à qui ils ont tout appris. Et cela est une vérité, ou tout du moins, elle l'est pour la plupart des éternels. Dans ce que je peux appeler ma jeunesse, je passais du temps dans ces lieux, regardant vivres ces moutons. De temps en temps, je me joue d'eux en leur offrant un miracle à haïr, ou à aimer. Mais ce n'est pas ce que j'aime dans ces longs couloirs taillés dans le plus beau des marbres blanchâtres.

      Il n'y a qu'une pièce que j'aime. Elle est aussi blanche que ces dédales et la douce lumière qui pénètre à l'intérieur, chauffant les différentes chaises et fauteuils de ce lieu m'apaise quelque peu. Il y a une dizaine de chaises, répartis tous contre une fenêtre différente. La pièce est ovale et ainsi nous pouvons voir lors de nos différentes réunions, ou débats, tous les invités. On peut dire que c'est un endroit où il fait bon vivre et où il fait bon de se retrouver pour avoir une discussion avec l'un de nos semblables, mais c'est faux.

      L'une des seules choses que j'apprécie, c'est le thé que je prends dans ces lieux. Seule et tranquille, sans qu'aucune de ces personnes ne me dérange. Ces petits moments où ramenant le bord de ma tasse à mes lèvres d'un doux blanc rosé et où sentant le liquide amère et brulant descendre au fond de ma gorge blafarde pour se terminer dans mon estomac, ce simple et délicat petit moment où j'ai l'impression que quelque chose de chaud vit enfin en moi. Ensuite, je repose la tasse sur son socle, tout en la gardant dans mes mains et je profite une dernière fois de sa senteur. Mes yeux s'ouvrent alors et je plonge mon regard sur le miroir à la couleur du caramel qui s'offre à moi.

      Je suis comme toutes les jeunes humaines, mais pourtant si différentes. Mes yeux sont froids et vides, d'un améthystes à la fois doux et profonds. Par le passé, quand je me baladais dans un des mondes gouvernaient par les humains, il y avait un salon de thé où j'aimais passer du temps. C'était au tout début de ma vie et dans cet endroit, un homme m'a fait une bien drôle remarque. ''Vous avez le regard le plus profond que je n'ai jamais vue, Mademoiselle.'' Je ne le pense pas. Mes yeux sont justes froids et sans vie. C'est d'ailleurs l'une de mes différences au niveau physique avec les humains. Là, où un iris ou une certaine lumière viendrait éclairait d'un espoir le regard d'un homme, le miens est désespérément vides... Je ne possède pas cette lumière.

      Après mes yeux, je ne peux que regardait quelques millimètres au-dessus de ceux-là. Une épaisse frange dissimule mon front, alors que sur les côtés de mon visage parte deux mèches de cheveux entourant ma frêle poitrine, tandis que le reste de mes cheveux découlent en cascade dans mon dos. Ils sont d'un bleu foncé, ressemblant à celui de la nuit. La seule différence avec, c'est qu'ils ne sont point aussi sombre, avec le reflet du soleil, il arrive qu'ils laissent un mince anneau doré sur mon crane. Je soupire un instant. Je ne souris pas. Je suis froide, presque glaciale. Mon visage reste neutre en presque toutes circonstances. Ma peau est d'un doux blanc, faisant penser à la plus calme des neiges.

      Une fois, ma face s'est tachée d'un rictus sadique, presque malsain, tordant les traits de l'enfant que je suis. Il n'est pas étiré, il n'est pas forcé. Il est doux, comme mes gestes qui sont telles une caresse aux vents et pourtant il est tellement sombre, tellement froid et horrible qu'il est capable de rendre mal-à-l'aise plus d'une personne, quand il se teint sur mon visage, mes yeux se voilent, se fermant presque. Et ainsi cela ne peut que renforcer l'impression cruelle du moment. Le suis-je ou ne le suis-je pas ? La vérité, c'est que je ne recherche qu'à me divertir. La vérité c'est que je suis une fille des ténèbres, huhuhu.

      Je repose pour de bon la tasse sur la petite table blafarde où réside un napperon d'un bleu pâle. Mes mains sont presque aussi blanche que la pièce, mes ongles ont la même couleur que ma peau, sans que cela ne change jamais. Je me lève et disparaît dans un silence doux et prolongé. J'apparais rapidement dans une salle d'un bleu transparent, presque froid. Si profond que les abysses de l'océan. Ceci est ma chambre, pièce qui ne le sera bientôt plus.

      Je me dirige vers le miroir qui est accroché au mur, il est recouvert de pic de glace, celui lui donne l'air d'être éternel. Dans le reflet de la glace, je ne peux que voir à quel point ma chambre est vide. Cette pièce me ressemble bien. Le sol est fait de pièces de carrelages de deux couleurs différentes, de deux bleus différents.

      Je m'avance vers le miroir qui est accroché au mur, il est recouvert de pic de cristal, cela lui confère l'air d'être éternel, de ne jamais pouvoir se briser, ainsi que celui de la froideur de sa maîtresse. Mon regard violet se perd dans son reflet, je ne peux que voir à quel point ma chambre est vide. Cette pièce me ressemble bien. Le sol est fait de pièces de carrelages de deux couleurs différentes, de deux bleus différents.

      Je porte une robe qui me fait ressembler à une enfant de la noblesse, ou bien encore, à ses petites poupées de porcelaines que les humains aiment collectionner. Un ruban bleu pale tiens mon col en place, il est positionné sur un petit morceau de tissus blanc, cachant la totalité de mon cou. Je porte une robe d'un violet sombre, où des bordures blanches en soies découles, de la même manière qu'avec mes manches qui me recouvrent les mains, les rebords sont en dentelles et dépasse légèrement.

      A tout cela, une queue de chat dépasse légèrement de ma robe, son pelage est d'un bleu encore plus foncé que la nuit la plus noire. C'est la seule preuve que je ne suis pas humaine physiquement. Un nœud mauve est attaché à celle-ci. Le même tissus recouvrent mes jambes, s'arrêtant un peu avant le genou et se terminant sur des chaussures d'un noir brillants, vernis. Je suis une petite fille, ou tout du moins, c'est l'apparence que je leur donne. En réalité, j'ai arrêté de compter mes années passées dans cet enfer. Cela a finie par me lasser.

      Je ne pense pas que décrire le physique d'une personne soit importante, ce n'est qu'une image que les autres auront d'elle, ils prendront leurs appuies dessus, mais jamais, le physique ne représentera quelqu'un. Je repense alors aux humains. Les premières fois que je fus allé dans leurs mondes, ils m'ont traités de monstre, de démon, parce que je n'étais pas humaine, parce qu'il ne comprenait pas comment une fille pouvait avoir une queue de chat. J'appris rapidement qu'il fallait que je la cache.

      Pour finir sur cette description de moi. Je n'ai que deux auras qui se dégagent de moi. Elles dépendent de l'impression que je veux donner. L'une est douce, froide et horriblement vicieuse. Elle vous fera sentir en sécurité auprès de moi, alors que mon poison s'insinuera dans vos veines. L'autre est sombre, glacial et bien plus méchante. Elle vous repoussera, provoquera la peur, la terreur en vous. Et si à cela j'ajoute ma voix, cette douce musique qui a un ton dénué de toutes vies, je peux faire perdre la confiance dans les capacités de n'importe quel homme.

      Je me retourne avant d'aller sur mon lit. Bientôt... Je ne serai plus... Je quitterai cet endroit, je quitterai ces dieux stupides et je visiterai les lieux. Bien que nous soyons de la même engeance, ils ne me traiteront jamais comme si j'étais une éternelle, mais juste comme une poupée immortelle. Et cela, c'est juste parce que mon corps est celui d'une enfant. D'une enfant douce et candide, innocente au possible et invitant à la confiance des gens. Je n'ai guère de forme véritable, que les humains appellent chimères, éons, ou monstre. Je ne leur ressemble aucunement pour cela. Je ne suis juste qu'un amas de magie dans le corps d'une petite fille. Et telle est la raison, de mon surnom. Du fait que je suis une sorcière.

      Bientôt... Je ne serai plus là... Je quitterai les autres éternels qui me ressemblent et voyagerai pour l'éternité... Mais pour le moment, je vais dormir. Je vais me coucher et tomber dans un sommeil sans rêve, un sommeil où j'aspire à ce qu'il soit éternel. Je me tourne dans mon lit, j'entends le bruit de la pluie. Toujours avec le même visage inexpressif, je me demande si cette pièce va me manquer, mais à vrai dire... Même un miracle ne pourrait jamais faire que ce lieu me manque. Et cela, je le proclame en tant que Sorcière des Miracles.

      ''Ce que je vois en toi n'est que mensonge. Je ne vois qu'un regard vide. Ce que tu vois en moi est une tristesse qui se répète.''

      Question vis-à-vis du Physique  :
      Je suis Dame Bernkastel surnommé la Sorcière des Miracles. Et en tant que tel, je maîtrise toutes formes de magie élémentaire, ainsi que celle non-élémentaire. Je suis capable de devenir ombre et de vous plonger dans un effroi démoniaque, tout comme je suis capable de devenir brume et de harceler vos pensées. Je sais aussi me servir du Psychisme, mais en moindre effet, et de même qu'avec la symbiose. Ma spécialité reste la magie.

      Je ne suis pas forte, et ni résistante. Mon corps est celui d'une enfant, et de même qu'avec une enfant, il est totalement possible de me tuer. Toutefois, le fait que je sois une éternelle m’empêche de mourir réellement. Je ne suis ni rapide, ni agile. Je reste une sorcière et je compte la plupart du temps sur ma magie pour vaincre. Toutefois, je suis capable de matérialiser une faux faite de ténèbres pour me défendre.

      ''Je suis la plus cruelle de toutes les sorcières. Je ferai abandonner toutes personnes se battant contre moi... Et cela qu'importe le nom de mon adversaire, huhuhu.''


    C a r a c t è r e : 
      Question vis-à-vis du caractère :

      ''Crois-tu en ce que tu vois ? Crois-tu en ce qui arrive ? Crois-tu en moi ?''

      Je ne suis qu'une simple sorcière, une voyageuse errante qui se déplace entre les mondes, entre les différentes réalités à la recherche de quelque chose qui pourra me faire passer ma lassitude. Je ne suis qu'une sorcière maudite pour l'éternité, ne pouvant connaître le repos éternel et condamné à me languir pour toute ma réalité, sans jamais connaître la paix. Personne ne peut me décrire, personne ne peut savoir qui je suis, personne ne peut me comprendre. Je suis aussi inexpressive que ces coquilles vides que sont les similis, je suis aussi cruelle qu'une femme qui a tout perdu et qui par vengeance plongera son ennemie dans les abysses du désespoirs.

      Je suis une femme, une éternelle, une déesse, ainsi qu'une sorcière. Comme les autres personnes ayant goûté aux fruits du jardin d'Eden, comme toutes les personnes ayant goûté au poison qu'est l'éternité de l'immortalité, je suis lasse... J'ai expérimenté tous les plaisirs des humains pour combattre ma mélancolie, puis j'ai joué avec eux comme s'ils étaient des marionnettes. Je les ai tués, détruit, ridiculisé, persécuté pour mon simple amusement. Je suis devenue leur Dieu, leur terrible bourreau. Mon jeu se transforma en malédiction pour eux. Une terrible vengeance qu'une volonté supérieure leur offrait pour avoir fait quelques péchés.

      Les pensées du peuple les souvenirs de la populace, les sentiments qu'ils éprouvent. Tout cela n'est qu'un jeu pour moi. Il est possible que je vous aide, il est possible que je vous chante votre victoire, que je vous offre des pouvoirs. Je suis un miracle, je suis celui que vous désirez, mais qui ne réalisera jamais vos promesses. Je suis le miracle caché dans le fond de vos âmes, dans celui des vos amis, de vos ennemis. Je n'ai aucun scrupule. Dès que j'aurai trouvé votre faiblesse, je frapperai dedans, je vous poignarderai de l'intérieur. Et le miracle frappera, la mort vous ouvrira les bras. Je suis une manipulatrice, je joue avec les sentiments comme vous respirez, je joue avec les actions comme si vous n'étiez que des poupées.

      Puis le cercle vicieux recommencera, qu'importe ce que je fais cela ne change pas... J'ai fait souffrir tant de personnes, la haine et l'amour m'ont été offerts tous deux et je les ai jetés tels des détritus. Je n'aime pas. Je ne déteste pas. Je ne peux tout simplement plus, ou peut-être... Je ne le veux plus.

      Je n'éprouve pas le remord, pour moi le monde est une chambre d'enfant. Une pièce remplit de jouet divers et variés qui ne demandent qu'à être utilisé. L'ai-je déjà ressenti un jour ? Peut-être à l'aube de ma vie, quand je comptais encore les jours, quand je n'étais ni un démon, ou un dieu, mais une simple fille flânant avec les personnes qu'elle rencontrait, les gens qu'elle aimait, qu'elle détestait. Une innocente qui ne connaissait pas les conséquences de son immortalité. J'ai oublié tout de mon passé... Seul une blessure reste. Une seule cicatrice sur mon âme noire. Celle d'avoir vu les personnes qui comptaient pour moi, vieillir, mourir, puis pourrir les uns après les autres et cela pour toujours. Et à cela, je décidai de devenir la femme froide et sans pitié que je suis aujourd'hui. Pour ne plus vivre les mêmes erreurs du passé, pour ne plus souffrir comme auparavant. Par le passé, j'ai dit cette phrase : ''Un remord dont on ne peut se défaire. Une histoire pour laquelle on ne s'est pas excusé. Ce qui est apparaît est une autre moi.'' Et ce remord a disparu en même temps que la rivière coula.

      Je suis un démon. Je n'ai aucune pitié pour mes ennemis. Je suis tel la justice qui frappe aveuglement. Je suis une justice brillante, étincelante et qui pourtant deviendra aussi noir que l'ébène pour quelques humains. Je ne frappe pas pour eux. Qu'importe ce que je peux dire, qu'importe ce que je peux faire, je ne penserai jamais à vous aider... Jamais... Mes mots sont tels des lames qui s'enfonceront dans votre âme et qui vous feront croire à un paradis qui peut-être atteint. Je suis une personne de parole. Ce que je vous offre, est vrai. Ce que je vous offre peut-être à vous, ou tout du moins à une autre réalité de vous. Car, je suis la Sorcière des Miracles, je ne peux vous promettre ce prix que vous désirez tant, mais si vous y croyez suffisamment, alors, un miracle pourra peut-être se réaliser. Et ce que je vous promets... Ce que vous me demandez, je ferai en sorte que vous l'aurez d'une façon détournée. Au final... Votre prix existera, mais vous aurez perdu bien plus que vous n'aurez gagné. Je suis la femme la plus cruelle du monde.

      Je suis l'ombre qui marche dans vos pas, la terrifiante ombre qui mêle le bruit de sa marche à la vôtre. Je vous laisserai sentir ma présence et quand vous vous retournerez, je ne serai plus là. Vous remarcherez, encore et encore, avec cette même présence derrière vous. Je suis une terrifiante Déesse, un horrible Démon, je vous ferai goûter le doux fruit de la peur, je vous offrirai l'amour, puis vous l'arracherai. Et quand vous prierez, quand vous demanderez à genoux un miracle, alors je vous l'offrirai, tellement modifié, tellement irréel qu'il deviendra vrai. Je ne suis qu'une terrifiante ombre, suivant pour toujours vos pas, vous regardant dormir, cauchemarder. Je suis le miracle de votre solitude.

      Les personnes qui ont joué avec moi disent que je suis intelligente. En effet, je le suis. Je suis une stratège, prête à tous pour gagner, prête à tous pour que l'un de ses seuls plaisirs ne disparaisse pas. J'ai un pouvoir. Une capacité d'analyse supérieure à la moyenne. Je peux voir les probabilités, je peux les sentir, les toucher et les modifier. N'est-ce pas le but d'un miracle ? Celui de transformer une probabilité proche de zéro en réussite ? Et alors en tant que Sorcière des Miracles, je le ferai. Peut-être suis-je une joueuse ? Peut-être ne le suis-je pas ? D'où viens mon plaisir, je n'en ai aucune idée.

      Je ne suis qu'une voyageuse, toujours à la recherche d'une chose pour me distraire, toujours à la recherche d'un conte éternel pour vaincre ma lassitude, jusqu'à ce que mon cœur n'éprouve plus que langueur à regarder ces scènes. J'ai vu tant de paysage, tant de choses. Et dans toutes ces choses, j'y étais. Toujours la même chose, un désir, une pensée, un souhait... Je suis née de cela, d'un souhait impossible à réaliser. Je suis un miracle et de cela, je devins la Sorcière des Miracles. Ma longue vie m'a permise de voir de nombreuses choses, qui, une fois qu'elle défilait devant moi, ne devenait plus que répétitif. Le seul poison qui peut tuer une sorcière c'est l'ennuie et à cela, j'aimerais chuchoter aux oreilles des humains, ''alors, ne me tuez pas, s'il vous plaît.''

      En tant que simple errante, je resterai neutre. Cela ne veut pas dire que je ne viendrai pas dans un groupe. Je peux aller dans n'importe quel groupe, jusqu'à ce que je me lasse. Je n'ai aucune attache. Les ténèbres sont la même chose que la lumière. L'art est pareil à une lumière noire, tout comme l'argent, la religion, ou que sais-je encore. Je ne viendrai que pour passer le temps, en attendant que mon but se réalise.

      Dans toute cette distante froideur qui me compose, il y a aussi une chaleur. Un morceau de folie incrustait dans mon âme. En de rare moment, je peux laisser fleurir sur moi cette fleur démoniaque. Je deviendrai une horrible gamine espiègle capable des pires atrocités, tel le meurtre de masse, ou bien d'autre. Cela ressemblera à de la colère, mais ce ne sera que des jeux d'une gamine perdue dans la noirceur de son âme. Et à ce moment... Vous auriez peut-être une véritable idée de qui je suis. Mais... Ne sera-t-il pas trop tard ? Huhuhu.

      Je ne suis point intéressé par le pouvoir. L'argent ne m'émeut pas, la paresse ne me frôle pas, mon orgueil est trompeur, je parle avec les gens sur un pied d'égalité, qu'importe ce qu'ils sont, ce qu'ils seront ou ont été. La luxure n'est point pour une petite fille, mes seuls plaisirs gastronomiques sont quand je peux boire une tasse de thé, lentement, tout en humant délicatement cette douce senteur. La colère... Je n'ai jamais été prise d'un accès de rage, je suis calme et réfléchit. Pour finir... L'envie... Elle ne me possède que pour une chose... J'envie les humains, je les envie d'avoir une fatalité, un destin qui se termine, un simple dénouement tragique.

      Et cela, ce que je viens de dire, personne ne le découvrira. Personne ne pensera un jour qu'il existe, personne.

      Je suis la glace ainsi, mon visage n'exprime rien, vous ne pourrez jamais deviner ce que je pense en vous basant sur mon physique. Mes gestes seront doux, comme une caresse au vent, comme un doux chant. Vous ne pourrez jamais lire ce que je m'apprête à faire dans mes yeux, vous n'y trouverez qu'un puis sans fond. Celui de mon cœur, de mon âme. Je vous ferai penser à une enfant, simple, fragile, innocente. Et alors que vous me regarderez, j'aurai déjà trouvé un moyen de vous faire tomber. Je n'ai que de l'innocence le physique. Mon corps est fait de lumière et mon âme, mon cœur, mon esprit de ténèbres. Je ne suis pas la femme qui vous prendra dans ses bras pour vous consoler, je ne suis pas l'être qui vous aimera, aucun miracle n'existera pour ces vaines pensées.

      Je suis une femme qui sait utiliser les mots. Je vous respecterai, je serai hypocrite, je vous dirai des choses qui ne m'intéresse point. Je ne dirai jamais à quelqu'un que je suis cruelle. Cela doit rester cacher au fond de moi. Alors, jamais je prononcerai quelques vérités me concernant. Je ne suis qu'un mystère.

      Je suis une chose éternelle. Tuez-moi... Brisez-moi... Fracassez-moi le visage, qu'importe ce que mon corps subira, je serai toujours maudite. Peu importe les souffrances physiques qu'on me fera, je ne mourrai pas. Mais, toutefois, je reste éphémère. Pas dans ma vie, dans mon passage. Je ne m'attache pas aux endroits et aux lieux, ou en tout cas, je ne m'y attache plus.

      Je suis ce dicton. ''Ne juge pas un livre sur sa couverture''. Comme ma couverture peut-être douce et froide, d'une beauté artistique et glaciale. Alors que je suis tout le contraire. Ce que vous prendrez pour de l'innocence ne sera qu'un savoir et une longue expérience dissimulée dans le corps d'une poupée.

      Alors... Que pouvez-vous dire de moi ? Qui suis-je ? Regardez-moi dans les yeux et dîtes-moi ce que je suis. Vous qui avez lu cela, dîtes moi, quelle miracle vous voulez que je vous offre ? Quel morceau de la réalité dois-je changer ? Si un jour, je vous offre mon aide, mon pouvoir. Sachez qu'une seule chose. Je suis une égoïste femme, si je vous rends service, c'est que cela me sert bien plus qu'à vous. Je ne vous offrirai mon aide que pour une chose, que ce qui se passe ne me lasse pas. Qu'importe ce que je pourrai dire, je n'éprouverai jamais de pitié pour vous, je ne vous plaindrai jamais, je me ficherai de ce que vous pensez, ou penserez.

      Alors dîtes-moi... Pouvez-vous lire en ce que je suis ? Pouvez-vous lire en Dame Bernkastel, la sorcière des Miracles ? En une éternelle prisonnière d'un destin qui n'existe point, prisonnière d'une seule chose, sa vie. 

      ''L'ombre du crépuscule est venue te voir... Tu t'es perdu dans les ténèbres du temps... Ce que tu vois, c'est l'espace entre le passé et le futur.''


    G r a d e . v i s é :
      Général, mais si ça vaut plus, ça vaudra plus. Et si ça vaut moins ? Ça vaudra moins.

    H i s t o i r e :
      ~ Au début de l'existence. Douce époque de l'ignorance. ~

      ''J'ai oublié la chaleur qui était la vôtre. Un bruit de pas triste se répétant à l'infini... Je ne vous invite pas à entrer. Ceci est la clé de ma mémoire.''

      J'ai couru... Encore et encore... Mes jambes frappaient le sol telles le rythme effréné d'un tambour. Je courrais, poussant de toutes mes forces sur mes les deux choses qui m'éloignaient de mes poursuivant. Encore un petit peu, juste un peu. J'entendais le bruit de leurs pas derrière moi, je discernais entre le bruit de cette course folle, de multiples insultes fusaient derrière moi. Ils criaient et j'étais terrifiée. Je fonçai entre les ruelles de la ville, j'évitais les enfants qui se mettaient sur mon chemin pour me retenir, je tentai d'esquiver les cailloux que me lançaient les femmes. Je n'ai pas réussi. Une pierre heurta mon crane, entrainant ma chute. Quelqu'un vint rapidement vers moi avant de m'attraper par les cheveux et de me tirer avec lui. J'ouvris les yeux sous l'effet de la douleur, ma vision était trouble, terne. D'un côté, elle s'était teintée de rouge. Je ne pouvais que voir les villageois me siffler, me hurler, m'insurger de dizaines d'insultes, de dizaines de surnoms dégradant. Non... Pour eux je n'étais rien, ou du moins. Je n'étais pas humaine et cela leur suffisait pour justifier leurs futurs crimes. On me lança brusquement sur le sol et tout aussi rapidement, une corde fila entre mes mains, m'empêchant de faire le moindre mouvement.

      ''-T'as un dernier mot à dire. Sorcière ! Parle ou je te balance à l'eau !''

      La phrase qui quitta mes lèvres alors fut douce, mais tout le peuple qui s'était rassemblé autour du monstre put l'entendre.

      ''-Aucun Miracle ne vous sauvera.''

      Je quittai des yeux l'homme qui semblait réfléchir quelques secondes aux pires châtiments possibles pour un démon. À travers la foule, il y avait deux personnes, deux enfants qui me regardaient les larmes aux yeux. Deux petites filles. L'une s'appelait Rika et l'autre Frederica, elles étaient sœurs et était mes seules amies. Je n'aurai jamais pu tuer devant-elles...

      ''-Saleté... Tu vas payer ton insolence déchet. Vous ! Attachez lui les pieds et balancer là dans l'eau. Si elle flotte, c'est que c'est une sorcière, alors, nous lui ferons subir le châtiment du tonneau.

      -Et... Et si elle coule ?''

      Le plus grand des hommes, celui qui m'avait attrapé et tiré dans la poussière pendant quelques minutes, sembla regarder l'humain qui venait de parler comme s'il était le plus grand des abrutis.

      ''-Si elle coule, tu dis ? Ça voudra juste dire que Dieu l'a puni, idiot. Traînez pas vous autres !''

      Et alors... Quelqu'un me prit, me lançant sur son épaule et avant que je n'eus pu poser un dernier regard sur mes amies, je sentis le claquage du liquide avec mon dos. Puis l'air qui quittait mes poumons, l'eau qui rentrait dedans, une brulure à l'intérieur... Et tout se finit... Pourtant...

      Pourtant, j'étais toujours vivante... J'avais juste disparu de ce monde pour aller dans celui des Éternels, je m'étais simplement téléportée avant que mon corps ne meure. Quel âge avais-je à cette époque... Je ne sais plus. Quelques siècles tout au plus. C'était après que je me sois lassée de mon travail de Déesse, écouter les vœux des gens et exauçait certain, leur apprendre à croire, tout cela était mon rôle. Je ne me souvins plus de ce qu'il se passa après cela. J'avais dû essuyer les rires de Lambdadelta, une éternelle, tout comme moi. C'était l'époque où je trouvai toutes ces foutaises qu'étaient l'amitié amusante. Ridicule... Après cette nuit où je revins les vêtements trempés, après cette nuit, je réfléchis à comment aller dans le monde des Humains sans que cela ne soit dangereux pour moi, ou pour elles. Comment m'avaient-ils découvertes ? Qu'avais-je de différent... Ma queue... Oui, se devait-être cela. Étrangement, cette situation m'amusait, j'en avais oublié les autres Éternels. J'avais trouvé quelque chose pour passer le temps, j'avais trouvé des compagnons.

      J'ai réussi... J'ai passé une vie entière avec Rika et Frederica. L'une devint prêtresse, l'autre devint voyante. Le fait que je revienne à la vie ne les avait pas choquées, elles furent vraiment mes amies, elles se fichaient du fait que j'étais une sorcière, que mon âge ne changeait pas, elle me cachait chez elles, me protégeant de la colère du village. Notre amitié, c'était tout ce qui comptait pour nous. Tout le reste, tous les jours que j'ai passés avec elles, je les ai supprimés de ma mémoire. Je ne veux pas me souvenir. C'est à partir de ce moment que je compris la grande vérité des immortels. Nous sommes maudits... Nous pouvons souffrir... Notre corps peut-être briser, mais pas nous. Nous vivrons pour l'éternité, nous connaîtrons les peines de voir l'arbre, les fleurs fané, les rivières s'assécher, les corps de ceux qui nous aimions disparaître sous un flot de rides avant de tomber en poussière. J'avais la tête dans mon oreiller quand j'eus cette pensée. Je n'avais plus envie de vivre avec eux... Ils ne pourraient jamais me comprendre, ils ne pourraient jamais rester... Et de toute mon existence, ce presque siècle fut certainement le plus heureux mais, le plus triste aussi.

      Le temps passa... Toujours dans cette salle, toujours à regarder le monde en dessous. Et en mémoire pour ces deux personnes. Je n'ai rien fait contre ce village. Je l'ai laissé vivre, fleurir et faner. Elles furent le miracle de ce lieu.

      ~ En conséquence de mon ignorance perdue. Je devins une sorcière. ~

      Un siècle passa. Long... Je restais dans ma chambre, sans faire mon travail d'éternel, sans jamais penser à le faire. Seule et tranquille. Je ne voulais pas les regarder, rien que le fait de les entendre, eux et leurs vœux étaient blessant. Ils me rappelaient les deux sœurs. Lentement, mon nom disparu de la mémoire humaine, la croyance qu'ils avaient en moi s'envola. Mais pourtant... J'eus envie de les voir, après cela. C'est ce que je fis, à travers les nuages de ma fenêtre, me penchant vers le monde d'en bas.

      Le village avait été détruit. Rasé avec le passage de la guerre et des envies humaines. Les cadavres jonchaient le sol, ce n'était rien d'autre qu'un regroupement de villageois, ils ne pouvaient rien contre une armée entière. Aucun miracle ne vous sauvera... C'était ce qu'il s'était passé, rien ne les avait sauvés. Ma vengeance pour mon propre meurtre était accompli, mais pourtant... Je n'éprouvai aucune joie à cela, je les enviai même. Ils pouvaient dormir enfin pour l'éternité et pourraient retrouver les morts qu'ils ont aimés. Je ne les détestais pas... Juste une profonde tristesse vivait en moi. Les souvenirs de ma vie avec Rika et Frederica étaient dans ce village et il venait d'être englouti dans la mort. J'ai oublié tous ce que j'avais fait avec eux. J'ai oublié nos jeux, nos courses, nos devinettes. Tout cela n'existe plus.

      Je marchai vers mon lit avant de tomber dessus. Combien de temps devrais-je vivre dans ce conte éternel, combien. C'était si ennuyant, il suffirait de le changer, encore et encore pour qu'il devienne amusant. Je ne sais plus comment m'est venue cette pensée, peut-être fut-elle chuchotée dans un rêve.

      C'est à ce moment, que je devins une sorcière. C'est à ce moment que je devins une fille des ténèbres.

      ~ Vint la chasse au plaisir. Celle qui mène au bonheur des uns, et au malheur des autres. ~

      ''-Bernkastel !

      -Quoi encore, Lambda ?

      -Arrête de raccourcir le nom des gens comme ça.''

      Ah... Lambdadelta, une autre Éternelle. Cela fait des jours qu'elle me harcèle pour jouer à jeu. Des jours et des jours. Je n'attendais qu'une chose. Qu'elle craque. Ce serait le début du jeu, qui craquerait en premier, moi ou elle. C'était quelques siècles après qu'elles soient mortes. Je n'étais pas crainte par les humains, je n'étais ni aimé. Il m'avait oublié avec la mort de Rika, ma prêtresse. Ironique, elle fut ma prêtresse et mon amie. Avait-elle devinée que j'étais cette Éternelle ?

      Le jeu que me proposait Lambda était plutôt intéressant. Il nous sortirait de notre morne existence quelques temps. Au final, quelques semaines après, c'est moi qui craqua. J'acceptai de jouer son jeu. C'était simple. Elle choisissait un humain, l'aidait et devait tuer l'humain que j'avais choisi. J'avais le droit d'aider la personne que j'avais choisie, mais pas de lui dire qui, elle devait vaincre. Et c'était pareil pour Lambda. En tant que sorcière des Certitudes, Lambda devait-être sûr de gagner. Ridicule. Un miracle se produira, brisant sa victoire absolue. Qu'importe qui serait mon adversaire, je le ferai abandonner, même s'il s'agit de Lambdadelta, l'une des sorcières les plus craintes par les humains. Celle qui s'amuse à tuer aveuglément dans des conditions horribles.

      Alors, nous commençâmes. Les pièces étaient en place, j'avais choisi une prêtresse, une jeune enfant, et elle avait choisi une femme à la volonté absolue. Elles ne se connaissaient pas, ne s'étaient jamais vues et n'avaient aucun rapport avec l'autre, outre, notre partie. Nous commençâmes chacune de notre côté, moi en offrant la vision de sa mort encore et encore à cette jeune prêtresse et elle... En tuant ses parents, son grand-père, juste pour qu'elle soit possédée par le démon de la vengeance. Oui, la jeune femme qu'elle avait choisi se nommait Miyo et voulait absolument terminer les recherches de son grand-père pour prouver à tous ses scientifiques qui l'avaient écrasée et brisée, à quel point il avait raison. Nous avions chacune nos techniques. Elle guidait son pion vers le village où résidait la jeune prêtresse du nom d'Hanyu. Ce fut un long combat. Lambda avait empoisonnée tout le village et avait mis le seul antidote dans mon pion. Ainsi, elle voulait que Miyo tue Hanyu pour sauver le village. C'était son plan et il était absolu. Je n'avais que très peu de chance de vaincre, mais c'était suffisant pour qu'un miracle se produise.

      J'ai cherché pendants des jours un moyen de la vaincre. Cherchant un simple miracle et c'est en voyant la prêtresse avec ses amis que tout devint clair. J'allais les utiliser. Rien qu'à cette pensée, un sourire des plus sombres se dessina sur mes lèvres, à travers les nuages, notre regard se posa sur le terrain. J'avais gagné. Ses amis avaient vu la vision du meurtre d'Hanyu et l'avait empêché. C'était si simple, si bête, si basique. C'était un simple miracle. Ce fut la fin, se terminant sur la victoire de ma magie.

      Après une vingtaine d'années du jeu, nous nous téléportâmes dans la salle de réunion. Nous étions assises l'une en face de l'autre. Améthyste et froideur contre le rubis et le feu de la colère. Qu'importe mon ennemie, je le vaincrai... Puisqu'on ne peut pas prévoir un miracle, parce qu'on ne peut arrêter un miracle.

      ''-J'ai gagné Lambda. Tu as perdu.

      -Bern... Je veux une revanche !

      -Non. Ce serait ennuyeux de jouer une seconde fois avec toi.''

      Une tasse vola contre la fenêtre derrière moi et s'y brisa. Lambda est si prévisible... Cette fois-ci, ce n'est plus un duel entre deux humaines, mais entre deux sorcières, quel dommage que je ne visse pas l'utilité de continuer cette vaine plaisanterie. Je vois entre ses mains des couteaux apparaître. Et alors qu'elle me les lance, je disparais et seul mon rire résonne dans la pièce. Huhuhu. Elle vient de perdre son titre de sorcière imbattable. Elle vient de le perdre contre la vulgaire, la petite sorcière des Miracles que je suis. Mais il reste un dernier acte à cette scène.

      Les lames se plantèrent où j'étais auparavant et je réapparus une tasse de thé à la main, le sirotant doucement. Cette fois-ci, ce n'est plus des coutelas qu'elle fait apparaître, mais du feu. Et alors qu'elle lança les sphères rougeoyante, je me téléporta sur un second siège regardant le feu qu'elle venait de provoquer.

      ''-Abandonne Lambda. J'ai gagné.

      -Bernkastel... Je le jure... Je le proclame en tant que sorcière de la Certitude, que j'aurai absolument le plaisir de te tuer !''

      Une énième sphère explosa sur l'ancienne chaise où j'étais. Et lentement, mon image apparu à côté d'elle.

      ''-En tant que sorcière des Miracles, je proclame qu'un miracle se réalisera et t'empêchera de me tuer, huhuhu.''

      Et mon rire résonna une dernière fois dans la pièce, avant qu'elle ait eu le temps de me brûler, je me volatilisai pour de bon. C'était quelques jours avant mon départ

      ''J'ai envie de voir ce qu'il y a dans l'ombre. J'ai envie d'entendre un amateur qui n'est pas déphasé. Je veux connaître un endroit vraiment bien. ''

      ~ Je suis Bernkastel ~

      J'étais sur mon lit, perdue dans mes pensées. Durant ces deux jours, je n'ai eu aucune nouvelle de Lambda, si elle ne représentait pas l'absolue, on pourrait dire qu'elle abandonnait. Que c'est pathétique de s'obstiner pour quelques choses. Elle n'aura jamais sa revanche et même si nous devions rejouer ensemble, je gagnerai encore et encore pendant l'éternité devant nous. Ma tête était encadrée de mes deux bras et mon regard était dirigé vers la fenêtre. Il pleuvait. Ma queue se baladait de droite à gauche, au même rythme que les secondes défilèrent. Il n'y avait rien qui me retenait dans cet endroit. J'avais déjà visité toute demeure des éternels, regardé chaque monde, encore et encore. C'était si ridicule, jamais les humains ne changeront, jamais. La guerre, la famine, le chaos, voilà ce qu'ils sont et resteront pour l'éternité. Ils nous ont tous oubliés. Nous ne sommes plus que de vulgaire Dieux anciens pour eux. Ils nous ont remplacés comme si nous n'étions rien, alors que c'est nous qui leur avions tout appris. Absurde... Tellement absurde...

      Lentement je me redressai sur mes genoux. Cela m'avait donné une idée des plus amusantes. Le grondement du tonnerre frappa ma vitre, mais je n'étais plus là. Mon corps se volatilisa avant de retourner vers le bas monde. Depuis combien de temps n'y avais-je pas mis les pieds ? Certainement depuis cette fameuse fin. J'atterris dans un village, les paysans étaient en train de labourer la terre, portant des chapeaux de pailles pour se protéger du soleil. Je m'avançais, visitant ce monde que j'avais tant apprécié auparavant, la Terre des Dragons, leurs mondes natals. Le temps avait passé, les habitants semblaient vivres en paix, le souffle cramoisie des dragons ne se faisaient plus entendre, peut-être était-ce vrai, un miracle avait peut-être eu lieu.

      Je pénétrai à l'intérieur de la ville, entre l'entrée de bois. Les jeunes femmes étaient en train de masquer leurs visages avec un éventail, alors qu'elles battaient des cils devant une personne en armure. Leurs kimonos tombaient légèrement sur leurs poitrines, laissant voir aux passants leurs généreuses formes. Je passais devant-eux rapidement, cette simple scène était des plus assommantes. Mon accoutrement ne semblait pas dérangé la populace, c'était certes étonnant, mais ça ne les embêtait. Ou alors, ils avaient trop peur de venir me voir, qui sait... La sorcière pourrait bien leur jeter un mauvais sort, huhuhu.

      Le village était relativement petit et je finis rapidement par trouver un endroit des plus intéressant. C'était un petit salon de thé, les visiteurs pouvaient regarder par la fenêtre l'intérieur et s'ils étaient intéressés, ils pouvaient entrer, s'asseoir et quémander un thé à la menthe. Je n'eus pas besoin de rester longtemps dehors avant de me décider à rentrer, je m'assis à même le sol, dans un coin dissimulé par un portail en chêne. Un serveur vint rapidement me voir. Il était jeune, brun et avait de petits yeux noirs. Il me présenta la liste des boissons, ainsi que des gâteaux secs et quand nos regards se croisèrent, il devint rouge pivoine et après de nombreux bégaiements, il sortit enfin une phrase cohérente.

      ''-Vous avez le regard le plus profond que je n'ai jamais vu, Mademoiselle.''

      Alors, que j'étais penchée sur les différentes sortes de thé, sa phrase me surpris. Je n'avais pas l'habitude des compliments, entre Lambda et ses incessants jeux, ses pitreries, ses remarques et les autres, bien plus ennuyeux Éternels. Qu'importe ce que j'ai pu penser à ce moment, seul un regard froid, un visage neutre le regarda. À vrai dire, ce qu'il avait dit, je m'en moquai. Je retournai à une chose bien plus intéressante, ma boisson. Je finis par prendre un thé à la menthe et cela, bien qu'il fut rapide à revenir, un homme d'un autre âge vint s'asseoir en face de moi. Il me parut étrange. Et en soit, il était ce que je déteste. De sa faute, ou plutôt grâce à lui, une grande partie de ma vie se créa. Oui... C'est à cet endroit que les liens se tissèrent d'un destin non décidé par notre race pour la première fois.

      ''-C'est rare de voir une jeune femme comme vous dans nos contrées. De quel village venez-vous ?''

      Ridicule...

      ''-J'habite dans les cieux.

      -Ah ? Et comment est-ce là-bas ?''

      Me croyait-il ? Ce n'était pas un mensonge, mais, qu'un homme croit une femme, sans qu'il ne crie que cela est un blasphème ou que sais-je... C'était vraiment étonnant et absurde en même temps. En soit, je me décidai à mettre fin à cette discussion comme le ferait une sorcière.

      ''-Demain. Quand le soleil sera au zénith, vous mourrez.''

      Cela n'eut pas l'air de lui faire peur, non... Il souriait. Il resta assis en face de moi pendant tout le temps que je mis à boire mon thé. Il ne fit pas que rester ainsi, il parla, pendant une dizaine de minute avant de partir. Il me raconta sa vie. Le vieillard me conta ses exploits dans l'armée impériale, qu'il était heureux d'avoir pu servir à la protection du fils de l'Empereur, qu'il était tout simplement heureux d'avoir vu de nombreux paysages et qu'il n'attendait que la Mort pour s'en aller. Il était prêt à mourir et lui le pouvait contrairement à moi. Jalousie... était-ce la jalousie qui dessina sur mon visage en un sourire si démoniaque ? Celui qui brisa réellement mes traits ? Celui qui fut mille fois pire que durant mon précédent jeu ? Peu importe ce qui motiva mes actions à ce moment-là, ce que ce vieil idiot avait dit m'avait profondément touché. Voyager pour faire disparaître l'ennuie ? Voyager et découvrir d'autre monde ? Alors, si c'était cela, je devais renoncer à mon rôle d'Éternel. Je devais oublier la femme que j'étais. Et en même temps qu'un pic de glace s'enfonça dans sa poitrine et que le sang coula le long du sol, lentement. Une odeur de chair vint à mon nez et quand je revins à moi. Les clients, les gérants, les serveurs, tous partaient, fuyaient, prenant la fuite. Quelques soldats vinrent rapidement, j'étais debout, devant-eux, je voulais en profiter, rien qu'un peu, autant que mon jeu gâcher par ce vieillard évolue en quelques choses de beaucoup plus amusant.

      ''-Je suis votre Déesse... Votre village entier moura pour m'avoir oublié. Vous serez le sacrifice qui apaisera ma faim.''

      Une lance s'approcha de ma poitrine, mais elle ne me toucha jamais. Je disparus bien avant, me téléportant dans les airs, au-dessus de la boutique. Un claquement de doigt résonna. Un seul claquement et des flammes noires apparurent autour de ma blanche main. Les flammes se changèrent rapidement et s'élancèrent vers l'entrée du village, brulant le bois qui entourait leurs dernières demeures.

      ''-Ici, sera votre fin. Pour l'éternité...

      -Menteuse ! Vous n'êtes pas une Déesse, vous n'êtes qu'un démon !''

      Alors que je baissai la tête pour regarder la femme qui m'avait répondue, je sentis quelques choses de froid sur mon visage, tel un liquide qui coulait. Cette vieille femme m'avait jeté un chiffon mouillé. C'était... Absurde... Pourquoi ne demandaient-ils pas pardon ? Après les flammes vint la colère des cieux, de nombreux éclairs frappèrent les gens qui se trouvaient autour de moi. Mon regard se voila, devenant celui d'une meurtrière, froide et sans compassion.

      ''-Je suis la sorcière Bernkastel, adieu, Hinamizawa, le village maudit.''

      Et alors que des cris s'offrirent à la colère des flammes noires, je partis dans notre monde. Quelques jours plus tard, ce fut le commencement de mon voyage.


      ~ Voyage... ~

      Mes voyages furent monotones. Tels une douce mélodies qui se répétaient encore et encore. Il n'y en a que deux qui se sont différencié dans leurs finalités, deux mondes qui gagnèrent une place dans ma mémoire, une place qui ne pourrait jamais plus être occupé par autre chose. J'ai visité tellement de monde, j'ai vu tant de paysage, j'ai goûté aux joies et aux douleurs de chaque monde. J'ai connu la brulure du sable chaud et la caresse de la mer, la chaleur du soleil et la douceur du vent. J'ai vu les grandes forêts et les immenses déserts. J'ai senti l'humidité, le froid de la nuit, les piqûres et le parfum des fleurs. J'ai vu et vécu tant de choses différentes en quête d'une chose.

      Le premier voyage qui restera à jamais en moi, fut celui d'Agrabah. C'était il y a cinquante ans, quand un jeune sultan vint aux pouvoirs, cherchant à rétablir l'ordre dans son monde. Les bandits, les voleurs, les pyromanes, les sorciers et les démons couraient alors dans les rues, terrorisant la population et les gardes. Ce fut en ce lieu que j'expérimentai pour la première fois la limite de ma magie. Quand on chantait mon nom, je n'étais point connu pour avoir recours à la violence. J'étais celle qui réalisait des miracles, celle qu'on voulait avoir dans son camp. En tant de guerre, ils voulaient qu'un miracle arrive et les sauve, ou condamne leurs ennemies. En tant de paix, ils souhaitaient juste que leurs récoltes soient bonnes.

      Cela faisait quelques jours que j'étais arrivée en ville, je dormais dans une demeure avec des enfants abandonnés. Nous vivions chacun de notre côté. Je restais le plus souvent sur le rebord de la fenêtre, une tasse fumante dans la main, à regarder les gardes se faire tuer s'ils n'arrivaient pas à fuir. C'était pathétique... Ce monde, la folie qu'il possédait, tout cela était si pathétique. Ils suffiraient que la ville attaque le chef des bandits. Si le chef tombait, si l'ordre laissait place au chaos, les gredins restant seraient arrêtés par l'armée. N'était-ce pas cruellement simple ? Il suffisait juste de prendre le roi adversaire, un simple échec et math.

      À vrai dire. J'étais déjà lassée de ce monde, peu importe s'il s'en sortait, une autre réalité m'appelait, mais le destin en avait voulu autrement. Alors que ma boisson s'engouffra par ma bouche, que mes prunelles violettes balayaient la pièce du regard et que le sourire si grand de ses enfants me rappelaient doucement une scène de mon passé... Le même sourire que ceux qui avaient tenté de me tuer... J'avais échappé de justesse à la mort, mais à cette époque si lointaine, jamais on n'aurait pensé à me droguer...

      De cette froide nuit, je ne me souviens plus que du choc avec lequel je tombai sur le sol, du bruit de la tasse qui se casse et du liquide qui coule, s'engouffrant dans les fissures, goûte par goûte. Ce que je sais de cette nuit là, c'est qu'on m'a porté, qu'on m'a emmené dans des ruines dans le désert. Mélangeait les plantes pour le thé avec celle qui endorme, dissimulée l'odeur par la menthe... C'était rusé, un plan des plus intéressant. Allais-je être mise en échec ?

      Le lendemain, je me réveillai attaché à un poteau, entourée par une dizaine de bandits. Mes yeux restaient désespérément vide. Je n'avais pas peur de la mort, je n'avais pas peur de la souffrance. Tout simplement parce que je ne pouvais mourir et qu'importe la souffrance qu'il m'infligeront, je me réveillerai toujours le lendemain.

      ''-Patron ! La pèche a été bonne aujourd'hui, pour celle-la on pourra au moins en tirer mille rubis.''

      Rubis ? Des pierres précieuses contre des gens ? Un marchand d'esclave... C'est vrai. Pour quelques humains, l'humain même n'est qu'une vulgaire marchandise. Mes yeux semblaient s'être habitué à l'obscurité des lieux. J'étais entourée par une dizaine de bandits qui s'occupaient à quelques mètres de moi de leurs affaires. Il n'y avait que deux hommes qui me regardaient. Celui qui venait de parlé et certainement son chef. Le roi. Ah... C'était ennuyeux... Moi qui pensait à changer de monde juste après que le soleil se soit levé. Enfin... Autant affronter mon adversaire et passer le temps d'une manière agréable. Il ressemblait à un gorille, deux fines lames étaient accrochés à son pantalon. Il s'approcha de moi avant de m'attraper par le menton pour mieux me regarder.

      ''-Oh. Elle semble encore jeune, mais dans quelques années on pourra en tirer un bon prix. Quand ses formes auront un peu poussée. Va la mettre avec les autres.''

      Il passa sa main sur mes lèvres et d'un geste rapide, je lui mordais le doigt. Il ne fit rien, non... Il sourit... Alors, voulant voir jusqu'où continuerait-il à soutenir mon regard avec se sourire, sans rien faire pour que je le lâche, j'appuyai plus fort, allons jusqu'à percer sa peau et à voir quelques goûtes coulés sur ma peau. Son rictus parti alors que mon regard était toujours aussi inexpressif. Comprenait-il qu'il n'était absolument rien ? Comprenait-il qu'aucune peur ne pourrait jamais m'effleurer ?

      ''-Oh... Nous avons une rebelle à ce que je vois. Une jeune tigresse, hein.''

      Lentement je vis son autre main se lever, et brisant la distance qui la séparait de ma joue, il me frappa. Un grand claquement retentit, suffisamment puissant pour que tous les bandits sortirent de leurs occupations. Sous la force du coup, je pouvais sentir une grande chaleur dévorée l'emplacement où il m'avait touché. J'avais aussi relâché ma prise.

      ''-Je vais t'apprendre à être désobéissante, moi...''

      Et il leva sa seconde main, mais elle ne s'abattit jamais sur sa cible. De la glace avait poussé sur le poteau, avant de s'étendre dans les airs pour les emprisonner dans un étaux transparent. Alors que je m'attendais à ce qu'il demande à l'un de ses hommes de la briser, il fit ce qu'aucune personne n'avait alors jamais fait devant moi. Il prit appuie de la glace, avant de m'enfoncer ses deux pieds dans les entrailles. Suffisamment fort pour que je crache du sang, mais pas assez pour me briser. Après plusieurs toussotement et après avoir retrouvé mon souffle. Je pus voir qu'il s'était libéré de mon emprise et qu'il s'était éloigné par la même occasion. Je crois que c'est la première fois que je vois mon sang.

      ''-Chef... C'est une magicienne, le prix en sera doublé. Mais...

      -Mais faut la rendre obéissante. Je sais, crétin, tu m'prend pour qui, hein !''

      Il ne put jamais répondre, son cou venait d'être brisé par une poigne des plus fortes et sa carcasse traînait à même le sol.

      ''-Salope... C'est quoi ton nom, que je le mette sur ta tombe, l'insolente ?

      -Ridicule, vraiment ridicule.

      -Hey ! Tu m'écoutes quand je te parle ?!

      -Les pièces devraient rester muettes.''

      Il semblait réfléchir à ce que je venais de dire. Cette scène était amusante. Jamais je n'avais participé à un véritable combat. Ce fut une grande première. Peut-être était-ce au terme de cet acte que je me trouvai cruelle. Il dégaina ses deux cimeterres, un dans chaque main et se rua tel une bête sauvage sur moi. Ces sabres auraient dû me déchiqueter, toutefois... Quand elles atteignirent leurs cibles je n'y étais plus. Alors qu'ils s'obstinaient à décoincer ses lames, deux personnes se mirent devant lui, levant la tête pour voir si j'allais faire quelques choses. Seule contre une armée de bandit, c'était suicidaire, il ne me restait qu'à appeler quelqu'un à moi.

      ''-Je me demande si un miracle viendra vous sauver. Apparaît, la plus vieille des sœurs du Purgatoire, Lucifer.''

      Une femme commença à se matérialiser alors. Je redescendais lentement sur le sol, avant d'entendre mon invocation me saluer derrière moi.

      ''-Lucifer de l'Orgueil, pour vous servir Dame Bernkastel.''

      Je pouvais voir les regards terrifiés des moutons, je pouvais sentir leurs terreurs, alors qu'une douce vague de magie dansait autour de moi, je pouvais voir que leur chef me regardait comme si je n'étais que de la viande, prête à jeter aux loups. Mon invocation se transforma et comme je venais de le murmurer, elle devait tuer tout le monde sauf le chef. Son corps devint un pieu et fonça à ton vitesse sur les personnes avant de s'enfoncer dans leurs poitrines et de ressortir tout aussi rapidement. Si les bandits avaient été plus puissant, ils auraient pu se défendre face à Lucifer. Une nuée de corps venait de tomber et juste après cela, elle disparut, me laissant face à face avec le chef.

      ''-J'espère que vous ne m'en voudriez pas trop d'avoir débarrassé le terrain des outils, huhuhu.''

      Et il se rua vers moi, telle une bête sanguinaire, je tapai du pied une fois sur le sol avant de m'envoyer contre la paroi. Je sentis le mur m'arrêter, un filet rougeâtre glissa sur ma peau, avant de tomber au sol. Il faisait ce que j'avais prévu, il courrait dans ma direction et avant qu'il ne pût me toucher, une explosion retentit, une dizaine de geyser éclatèrent sous lui, avant de fissurer le sol, laissant passer la douce lumière de la lune. Le sol commença à trembler, du sable commença à couler sur le terrain. Et il se releva, ses deux lames en main, sa peau presque arraché, son sang coulant à chacun de ses pas.

      Il courut encore et encore vers moi. Était-ce déjà la fin du roi ? Il était rapide, avant que je n'aie pu le voir, il se trouvait déjà en face de moi, comme si les dégâts que je lui avais faits n'était rien d'autres que des égratignures. Cela aurait peut-être dû être ma fin, mais les lames ne me touchèrent jamais, il tomba au sol, avant d'avoir pu me couper. Il cracha du sang à mes pieds, se tenant encore grâce à ses larmes. C'était ridicule, cette folie de toujours tenter de se relever. Je le fis tomber en le poussant avec mon pied, ses yeux cherchèrent la lune alors que les gravats tombaient encore et encore.

      ''-Tu vas mourir ici. N'es-tu pas triste ?''

      J'étais curieuse. Pourquoi était-il encore vivant après mon attaque, pourquoi s'était-il jeté sur moi alors qu'il aurait pu fuir et vivre. Ce jeune homme avait piqué ma curiosité. Et alors que la terre tomba sur son cadavre, je compris qu'il ne pourrait jamais plus me répondre. Quelle ennuie... Qu'aurait donné le combat si je ne l'avais pas rendu fou-furieux, via ma magie et le meurtre de ses coéquipier ? Dès à l'instant où tu me regardas dans les yeux, la furie avait été lancée. Une pièce ne sert qu'à être déplacé, mais sans cela... Aurait-il tombé dans le piège aussi facilement ou m'aurait-il tuer ?

      Lors de ce combat, j'appris une chose. Que je manquais cruellement d'expérience. Ce fut mon premier combat, le premier d'une longue série qui me permit de devenir une sorcière redoutée et célèbre. Je n'étais plus connue sous le nom de l'Éternel des Miracles, mais comme celui de la Sorcière des Miracles. Et ce nom se propagerait dans le monde de la magie, racontant comme j'ai vaincu Lambda, l'une des plus craintes sorcières. Il aurait pu me tuer, je n'étais en vie que pour une seule chose, un miracle. La mort l'avait fauché avant qu'elle ne me prenne mon corps. Le lendemain, plus personne n'eut de problème avec les bandits, mais ce n'était qu'éphémère.

      Alors, pendant ces cinquante dernières années, j'ai entrainé mon esprit en quête d'un prochain combat où mon adversaire ne serait plus qu'une poupée dansant sous chacun de mes coups, réduit à l'état d'une vulgaire marionnette dont le seul but est de distraire sa maîtresse. Vint ensuite le second monde qui restera à jamais dans ma mémoire. C'était il y a douze ans, je fus à l'origine d'une tragédie qui bouleversa la royauté de ce monde.

      J'étais en train de marcher, passant à côté des marchands, regardant distraitement s'ils avaient quelque chose qui pourrait m'intéresser. Il n'avait rien d'intéressant. Juste des glaces à l'eau de mer, des bijoux et un jeu de combat. J'étais assise sur un banc, à la place des fêtes écoutant silencieusement les conversations des vieilles femmes à mes côtés, tout en regardant d'un œil ennuyé le combat de deux jeunes enfants. Dans la discussion de ces deux commères, il n'y a qu'une phrase qui m'interpella.

      ''-Vous étiez au courant ? Le roi n'est pas le père de ses fils, à ce qu'il paraît.

      -Oh, oui que je le sais ! J'étais même là quand j'ai vu sa femme avec ce jeune garçon, vous savez le fils de la bijoutière.

      -Ce serait lui le père ?! Ah, je n'y crois pas. Et dire que ma sœur pensait que c'était le frère du roi, quand je vais lui apprendre ça...

      -Et ce n'est pas tout ! A ce qu'il paraîtrait, la reine a prévu de s'enfuir avec Esteban, dans deux jours à minuit, c'est la voisine de la bijoutière qui me l'a certifié.''

      Avant qu'elles aient eu le temps de finir leurs conversations, j'étais déjà partie en direction de la maison du roi. Un manoir dissimulé derrière la forêt. Personne ne me vit y entrer, comme personne n'entendit le bruit de mes chaussures sur le tapis rougeâtre au rebord dorée. Et j'avançai, cherchant où était la chambre du roi, tout en restant invisible et entourée d'une sphère de silence. Je finis par la trouver. Au moment où j'y entrai le monarque était à son bureau, en train de lire plusieurs feuilles de papier. Au cours de ma longue vie, je n'avais fait que quelques rares et brusques interruption de ce type.

      ''-Votre femme vous a trompé. Vos fils vous ont trompés. Vous allez tout perdre, vous vous êtes déjà fait trahir.''

      Il leva les yeux de son travail et quand il me vit apparaître, là, devant-lui, il tomba à la renverse de sa chaise. Quelques gardes vinrent rapidement alors que leur roi était trop choqué pour parler.

      ''-Ah, ah... C'est d'un ennuie.''

      Un claquement de doigt retentit alors que la pièce se vida et que nous nous trouvâmes sur le clocher du Crépuscule, il était à quatre pattes en face du vide, en face de moi qui lévitait dans les airs.

      ''-Vous... Vous mentez ! Sorcière ! Ramenez-moi dans ma chambre !

      -Je n'ai pas l'utilité de vous mentir. Je vous offre l'espoir de changer votre futur de solitude. Libre à vous de m'écouter, ou de sauter.

      -... Je vous écoute...

      -Vos enfants ne sont pas les vôtres. Votre femme vous a trompé avec un membre de ce village, ils prévoient de s'enfuir en amoureux et de vous laisser à jamais seul pour l'éternité. Pour que cela ne se réalise pas, vous n'aurez qu'à tuer toutes les personnes trop proches de votre femme.

      -Si... Si je le fais, est-ce que cela nous fera vivre heureux ?

      -Je ne peux vous le promettre, mais si vous y croyez suffisamment fort, alors peut-être qu'un miracle apparaîtra.''

      Une pause se fit alors qu'il regardait en bas s'il se passait quelque chose, puis reporta son regard sur moi.

      ''-Qui êtes-vous réellement ?

      -Je ne suis qu'une simple voyageuse. Voulez-vous savoir qui est-cette personne qui vous a pris votre famille ?''

      Il acquiesça silencieusement.

      ''-La personne qui vous a tout pris, est le fils d'une marchande. Toutefois... Si vous décidez de vous venger, le prix à payer sera grand. Vivrez-vous à jamais seul, ou bien, choisirai vous celui de la haine pour votre amour ? La réponse est dans vos mains.''

      Et avant qu'il n'ait eu le temps de dire autre chose, il fut transporté dans sa chambre. Le lendemain, sur la place du village, le roi brûla les fils et filles des marchands et dedans, il s'y trouvait, sa victime et son bourreau. Celui qui lui enlèvera à tout jamais sa femme. Celle-ci se suicida par dépit et le roi changea à tout jamais. Il devint ce mégalomane que je vous ai parlé au début. Il imposa taxe sur taxe aux habitants avant de voir une révolte se levait contre sa famille. Un fils en ressortit vivant, son autre enfant quitta ce monde tabassé par la colère des villageois. Tel père, tel fils. Peu après le manoir fut abandonné.

      Tel sont les deux voyages qui resteront gravé dans ma mémoire. Celui de mon inexpérience. Et celui d'une tragédie sanglante.

      ''Je suis la plus cruelle des sorcières. Pour moi, la vie n'est qu'un triste jeu.''

      ~ Un jeu bien plus grand allait bientôt commencer... ~


      J'étais assise dans un bar perdu dans un coin de la Cité des Rêves, en train de boire un verre de thé glacé et de manger un plat de patte. La salle était déserte, il n'y avait que deux personnes, le gérant qui astiquait ses verres et un bohémien qui lisait un journal. Les choses avaient bien changé depuis que le Consulat s'était occupé de la ville. Elle était devenue bien plus calme, les villageois s'étaient apaisés, les anciens criminels s'étaient calmés. Le tout était devenue bien trop tranquille. Après quelques bouchées, je repoussais l'assiette avant de m'essuyer sobrement les lèvres. La porte s'ouvrit légèrement et des pas s'avancèrent dans ma direction, avant qu'une jeune fille blonde aux yeux de rubis se mette devant moi.

      ''-Bernkastel ! Je te retrouve enfin !

      -Bonjour Lambda.

      -Ah ! Arrête de raccourcir les noms des gens sans leur demander la permission !''

      Le gérant dirigea son regard vers nous, avant de soulever les épaules, puis de soupirer. Nous ne ressemblions qu'à des enfants après tout. Mon antithèse s'assit en face de moi et attendit quelques instants, le temps que je termine de siroter mon thé. Puis, une fois que le verre reposa sur la table, elle parla doucement, d'une douce voix.

      ''-Est-ce que tu savais que Barthandelus avait trouvé le moyen de nous tuer ? Il a même crée un groupe pour ça, le Sanctum.

      -Et alors ? Ce ne sont que des idioties. Qu'est-ce qu'un groupe d'humain pourrait faire contre notre immortalité, jamais il n'y aura de miracle pour cela.

      -Et jamais cela ne changera. Je venais simplement te l'apprendre. Shemhazai l'aurait rejoint, et toi ? Que comptes-tu faire ?

      '-Hum... Partir dans un autre monde.''

      Je fermai les yeux, ignorant les protestation de Lambda. Maintenant, qu'elle m'avait retrouvé, elle voudrait certainement prendre sa revanche. Avec tous ses groupes qui apparaissaient, les sans-cœurs, et les quelques membres de l'Organisation restant, cela nous promettait un futur des plus amusant. Où pourrais-je aller pour me divertir ? Peut-être la Coalition, ils étaient assez puissants, ils seraient de très bon allié, mais pourraient aussi bien me poignarder dans le dos, comme je le ferai. La Lumière ne voulait certainement pas une guerre, c'était d'un ennuie... Je ne suis pas une artiste, jamais le Consulat ne voudra de moi. Retourner avec ces Dieux aveugles ne m'intéressent nullement. Non... Je resterai une simple voyageuse, c'était pour le mieux.

      ''-Monsieur le gérant ? Mon amie payera pour mon repas.''

      Et alors que Lambda me regardait lentement disparaître et que le patron ne semblait pas plus étonner que cela, je partis vers un autre monde, vers un autre lieu où je pourrai chercher un jeu.

      Le futur deviendrait le jeu final, et je serai l'une des participantes.


    Les Questions
    Q u e s t i o n s  :

      1) Votre personnage est-il capable d’aimer, d’avoir une relation ?

      Non.

      2) Si l’esprit de votre personnage s’incarnait en un animal mythologique ou chimérique ou réel (nuances acceptées). Que serait-il ?

      Je dirai... Un chat.

      3) Qu’en est-il de la fidélité et de l’esprit de camaraderie de votre personnage ?

      Aucune, zéro, le néant total. Cela n'existe point pour la sorcière des Miracles.

      4) En vue de votre race, quand pouvez-vous dire que votre personnage a forgé une amitié. Citez quelques unes de vos relations amicales.

      Hum...

      5) Quelle est la devise de votre personnage ? S'il y en a plusieurs, donnez les toutes.

      Celui qui ne meurt pas une fois par jour ignore la vie.

      6) Vis à vis de votre façon d'écrire, quels sont vos points fort et points faibles ?

      … Tu devrais le savoir, maintenant...

      7) Pourquoi incarner ce personnage ?

      Parce qu'elle est moi.
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Grade: Commandant
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Dim 8 Mai 2011 - 4:03
    « Et la vieille sorcière habillée de noir, prit le choixpeau posé sur une table et le déposa sur le crâne de Bernkastel. Cette dernière tremblait de peur quand au grade qu’elle obtiendrait dès que le choixpeau prendrait son ultime décision. Quand soudain le choixpeau se fendit en deux… Il avait désormais deux trous en guise d’yeux et une fente pour la bouche et de son air bourru, il s’exclama joyeusement : « Ah ! Encore une magicienne ! » »

    Et le choixpeau dit vrai… ^^
    Sincèrement, je me suis dit presque avec déception que j’aurais voulu te voir dans autre chose. Ce qui globalement m’a frappé quand t’as parlé du pouvoir de la brume… Bon sang, tu m’aurais parlé d’illusion, ça m’aurait frappé pareil.

    Alors… Qu’est-ce qu’il pense du physique, le choixpeau…

    Et bien, il trouve que c’est dommage… Dès le début, woh… Il a été pris dans le texte, charmé par la description de Bernkastel. A la fois prude mais belle et délicate… Il est réellement dans le texte et se dit « pourvu que ça continue ». Jusqu’à ce que « Huhuhu ».

    Je n’arrive pas à croire qu’à ton niveau tu fasses encore l’erreur… Je vais prendre la peine de t’expliquer très brièvement. Faut jamais casser ton rp comme ça, sauf si tu veux faire de l’humour ou surprendre ou quoi… Mais il ne faut jamais casser toute l’intrigue d’un rp, toute la douceur ou même la violence… Mettre Huhuhu, c’est comme si à la presque fin du seigneur des anneaux, le retour du roi, alors que le roi du Rohan a fait le discours bien classe, encourageant ses hommes… Et alors tous les cavaliers ils commencent à galoper avec une musique superbe et des ennemis qui crèvent de petoche. Et ton père qui met pause pour aller se chercher un truc à grignoter.

    ^^
    Le pire c’est que j’ai dit que j’allais faire ça brièvement ^^.

    Sinon le physique… Oui un autre problème plus compliqué qu’il n’y paraît. La beauté de ton personnage. Il y a une sorte de retenue dans ta description. Moi je vois une fille comme sur ton avatar, je me dis : « Elle est mignonne », parce que belle pour elle, c’est moyen… Sauf que dans ton physique, y a pas du tout ça… « Elle a le visage en poupée de porcelaine », ouais tout ce que tu veux mais « mignonne », non. Parce que globalement, c’est un peu un « détail » qu’on attend durant tout ton physique. C’est une retenue pour moi parfaitement inutile.

    C’est pour ces deux choses si bêtes, quelque part, que je te donne Général. Parce que sinon c’est terrible… Mais à mon avis, un Maréchal doit savoir maintenir le plaisir pour la lecture.

    Alors le caractère… Lui il est génial, y a pas de mauvais points. Mais la qualité est moins bonne, je trouve… C’est excellent, c’est sûr ^^, mais c’est moins accrochant.
    Général aussi.

    Et enfin l'histoire... Longue. Parfois je n'ai pas aimé, j'ai trouvé que ça faisait un peu trop sadique, le personnage en devenait too much.

    Enfin bon... Mise à part le too much ^^, c'était très bon même si j'ai pas autant aimé. Commandant.

    Ca te fait un grade de Général.

    Fiche validée et toutes conneries du style.


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