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 Présentation de Black Tears ▪ Feel my sorrow
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Mer 13 Avr 2011 - 23:38
Présentation de Black Tears

Feel my sorrow has said the cat

Préface et avertissement
Avant toute chose, je tiens à remercier ces lecteurs téméraires qui se lancent dans la fastidieuse aventure de ma fiche. Elle est plus que longue et j'en suis très fière malgré ses erreurs en myriades. Soyez toutefois sincères si vous désirez commenter cette fiche, la longueur de dires et légendes ne font pas l'exploit et c'est en sachant accepter la défaite que l'on progresse. Je remercie également tout ceux qui m'ont conseiller, qui m'ont aidés à construire quelque chose de plus brut qu'un joyau. C'est ici peut-être la plus grande de mes oeuvre et c'est à vous que je la dois.

Je dois également vous prévenir que certains passages peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes ainsi que des âmes frêles. Ainsi, cette fiche est déconseillée à la lecture aux personnes de moins de seize ans. Vous êtes prévenus. Je vous souhaite une agréable lecture.
Identité
    N o m : Cantebury
    P r é n o m : Ikaru alias Black Tears
    S u r n o m : Le Compagnon
    Â g e : Inconnu
    C a m p : Errant
    M o n d e d' O r i g i n e : Space Paranoids
    R a c e : Félidé informatique viral

Descriptions

Alors cet oiseau d’ébène, par la gravité de son maintien et la sévérité de sa physionomie, induisant ma triste imagination à sourire :
Comment peut-on décrire physiquement quelque chose qui a été arraché à cette notion d'existence et de réalité ? Ce n'est pas ça, si on ne veut exister alors il faut s'accrocher à la réalité, qu'importe le prix. Tant que la volonté est là, plus rien même les lois ne peuvent rien faire contre l'acharnement d'un cœur incomplet et qui n'a jamais été destiné à l'être. L'amour peut percer la plus rigide des carapace et la ténacité peut lacérer l'ennemi de part et d'autre. Mais il ne faut pas sombrer dans l'entêtement, car sinon, c'est comme si notre esprit se suicidait de son propre chef en se kamikazant avec notre cœur. Cet être singulier a déjà eu ce cognement contre la poitrine, c'était quand il pouvait encore sentir la chaleur de quelqu'un sur ses joues, quand il pouvait être satisfait de la voir heureuse à son tour. Mais ne brûlons pas les étapes. Commençons par un prélude, l'élément initial.

Ikaru apparaît en premier lieu avec un visage désenchanté, l'indifférence, sa seule barrière qui l'empêche d'éclater en sanglots. L'indifférence oui. Il cherche à oublier tout en se battant pour ses souvenirs. Deux rubis en guise de regard félin tentent de l'illuminer, son regard blasé n'en reste pas moins oppressant et supérieur. Ses pupilles conservent un trait de son aspect d'autrefois, fines, comme un poignard à la lame terne et sombre déposé dans une flaque pourpre, noyé dans la voie ensanglantée qu'il a choisi. Ce regard cramoisi changera pourtant très vite à cause d'un caractère trop tangible, lunatique, sensible. Pas seulement en expression quand on parle de changement. Il peut arriver que le blanc de ses yeux se noient dans un océan d'écume noire. Un signe. Présage qu'il lui faut plus de ténèbres. La créature a faim. Cependant, l'un de ses grenat désabusé reste dissimulé, avec un bon quart de sa façade, derrière une large vague de cheveux bruns en bataille. Son cadre ébouriffé part en une multitude de mèches saillantes voir épineuses, des épis teintés d'un noir onyx ne faisant que renvoyer la lumière qu'on tente de lui attribuer, sans succès. La musique aura beau être attirante ou bien jouée, elle dira ce qu'elle voudra dire, comme ici : une mélancolie renfermée. Un nez discret et non pas celui grand et conquérant d'un empereur, mais au moins il sait s'en servir. De timides lèvres minces n'affichant jamais un sourire sincère ou celui de la joie, couvrent une gueule finement dentelée qui montre deux canines malicieuses de temps à autre. Il y a quelque chose qu'il aime beaucoup chez lui contrairement au reste : c'est sa voix. L'animal ne l'entends pas vraiment, mais si elle est heureuse de l'entendre, alors il est satisfait et honoré de l'avoir. Même si sa parole est discrète lorsqu'il parle, que cette dernière sonne comme étouffée et lasse, voir tremblotante par moments. Il aime sa voix, il aime la sienne aussi. Ikaru aime lui parler et l'entendre rire. Toutefois, elle n'aime pas le voir le triste ou en colère. Sa voix devient alors insupportable, vomissant toute sa haine d'un air moqueur, les ténèbres se rependant autour de lui à chacun de ses mots. Du haut de son mètre septante, il a des détails qui n'échappent à personne, même ceux d'une époque éloignée. Deux grandes oreilles au pelage sombre surplombent sa petite tête de chat et une queue longue et effilée toisée de la même fourrure, se tortille dans tous les sens en lui offrant grâce et élégance dans chacun de ses pas feutrés. Mais étrangement, le bout de sa queue est d'un blanc immaculé contrairement au reste. Car après tout, ce n'est qu'un chat, un chat comme les autres, abandonné au détour d'une ruelle. Pour clore cette partie, son teint pâlichon offrent un contraste parfait avec le reste. Il n'est ni large, ni musclé. Ce n'est pas ce qu'on appelle une gravure de mode, ni même le soldat bardé de muscles et encore moins le mage beau et puissant. Néanmoins, il vient contredire ces stéréotypes qui forcent l'homme à être ainsi, avec de longues griffes couleur cendre aiguisées qui viendront déchiqueter avec plaisir la carcasse du premier agresseur venu. Ce n'est que la victime de son propre pouvoir, cette bête qui le ronge et qui le modèle à son image. Une espèce d'hôte. Un monstre... Des griffes lui conviennent parfaitement, car de nos jours, même un gamin peut tenir une épée ou arme à feu, alors qu'avoir en permanence la funeste patte acérée d'un félin qui sont aussi sa seule défense, une hérédité fatalement bien pratique. La sensation de d'ôter la vie est tout autre, c'est ce qui est sur son chemin, il le sait, il n'y aura que des cadavres et il l'a accepté. Il y a un certain charme à cette image, vous ne trouvez pas ?

La mode c'est être sous la coupe du regard des autres. Techniquement il s'est baladé nu pendant une bonne partie de sa vie donc, les vêtements lui passent un peu au-dessus. Toutefois, ce sont ceux qu'à choisi sa maîtresse avec amour et espérance, les porter n'est pas une corvée mais un honneur. Ikaru c'est vu affublé d'une chemise en lin noir sans manche assez moulante dont dépasse deux sangles, deux bandes lacées sur fond blanc parcourent le long de ce haut. Un pantalon en lin couleur charbon également, banal, qui épouse ses maigres jambes élancées qui terminent la large parenthèse de ses flûtes sur de curieuses chaussures pointues à la semelle rouge. Une paire de gants oblongs foncé du même textile et parcourut tout le long par un lacet de soie vierge, formant ainsi plusieurs croix, épousent parfaitement la difformité de ses bras qu'il appelle ses pattes. En effet, étant un peu plus grosses que la moyenne, les gants se sont adaptés à cette tare, elles déchirent cependant les embouts du vêtement avec ses griffes déraisonnables. Un ombragé duo d'écharpes duveteuses tombant en lambeaux, mais malgré ça très étendues, parcourent son buste avant d'accompagner librement ses gestes aériens. Une conséquente et légère cloche est accroché à chacune d'elle. Une autre de ces cloche est accroché autour de son cou par un ruban de soie rubicond. Toutefois, elle ne sonne que lorsque Ikaru la frappe furtivement du bout de sa griffe. Elle produit alors un son extrêmement particulier, je ne dirais rien de plus pour le moment sur cette clochette, il va falloir patienter un peu. Tout ce que je peux communiquer, c'est qu'un lapis-lazuli fait office de grelot. Autant vous dire que son physique ne passe pas inaperçu et encore moins que ses nippes lui tiennent chaud. Alors il s'est dégotté une large cape, munie d'une capuche, dont l'intérieur du manteau est doublé par de la fausse fourrure immaculée. Elle le couvre de la tête jusqu'aux pieds, n'allant pas non plus traîner par terre, c'est tout juste. Sa petite capuche est singulièrement cousue de façon à ce qu'elle accueille ses protubérantes oreilles félines. Des reliefs inspirés de l'hiver, des flocons et des motifs végétales y sont cousues vers le bas d'un gris très clair. La soie de cette cape est extrêmement douce et il aime beaucoup s'en servir comme couverture ou un oreiller en s'endormant. Une sorte de confident, chaud et agréable dont il est bon de poser sa tête un instant dessus, avant de fermer doucement ses yeux, repenser à cette mélodie, cette berceuse. Rêver près du rivage de la nuit plutonien. Rêvant des rêves qu’aucun mortel n’a jamais osé rêver. Rêver d'elle.

Il y a un dernier aspect de sa frêle personne que nous devons aborder. En effet, c'est un programme tout ce qu'il y a de plus simple et qui a pour nom : le Compagnon. Je ne peux vous dévoiler son but réel et sa tâche pour le moment, l'histoire renferme une vérité qu'il veut oublier et défendre en même temps. Mission ardue pour l'irréel chaton. Hu hu. Ce qu'on entend exactement par programme, d'après sa définition, il s'agirait d'une suite d'opérations pré-déterminées destinées à être exécutées de manière automatique par un appareil informatique en vue d'effectuer des travaux, des calculs arithmétiques ou logiques, ou simuler un déroulement. Ce n'est qu'un amas de données perdu dans l'univers d'aujourd'hui. Or, un accident c'est produit. Encore une fois je ne pourrais l'expliquer sous peine de révéler des éléments importants de l'intrigue. Pour résumé, il a été infecté par un virus, une entité parasite introduite volontairement. Le virus en question n'a pas infecté ses tâches mais en à plutôt rajouté afin d'en accomplir une seule et unique au bout du compte. Un concept qui agit en bien donc, mais garde tout de même sa nature perturbante qui a grandement altéré son comportement, un double tranchant. Son corps ne sera pas tailladé et encore moins blessé comme un humain de constitution normale, une fissure, semblable à du verre, viendra substituer la notion de plaie. Pas de chair, pas d'organes et encore moins de sang mais des informations prisonnières dans une carapace cristalline. Sauf peut-être quelque chose, un cœur pour être exact. Il n'est certes pas complet, toutefois c'est là dedans que sont enfermés les bases qui accroche Ikaru à la réalité. Des souvenirs, des émotions, la volonté... Des ingrédients, ou plutôt des chaînes, qui retiennent Black Tears prisonnier. C'est d'ailleurs dans cet instrument que siège le virus et étend son emprise sur le pauvre félidé. Seul remède pour guérir ses plaies, absorber l'énergie négative du cœur d'autrui et s'en repaitre comme une bête affamée, un geste plus que douloureux pour la personne en question qui se révèlera être sa pitance. C'est également le seul moyen pour qu'il ne sombre pas dans la folie de ses ténèbres. Le virus appelé AIDA ( Artificially Intelligent Data Anomaly, autrement dit anomalie de données d'une intelligence artificielle ) est bel et bien vivant contrairement à ce que vous pensez. C'est quelque chose de conscient et quasi-indépendant. Manifesté par des bulles noires enveloppées d'une aura lumineuse, cette infamie se nourrie des sentiments contradictoires et malsains de l'être humain. Ikaru Cantebury étant l'hôte parfait à ses yeux, le virus ne se manifeste que pour défendre son corps ou lorsqu'elle désire se rassasier. Un échange équivalent. Lorsqu'elle absorbe les émotions négatives de ses victimes, ces dernières se retrouvent infectés à leur tour par le virus. Mais contrairement à l'original, ces contractants ne peuvent supporter les effets néfastes de la maladie très longtemps et par conséquent, meurt après une période de gestation, de modifications et de souffrances variables avec chaque personne. Les effets diffèrent avec chaque individu mais les symptôme de la contamination restent les mêmes : obscurcissement du jugement et modification du comportement, mutations physiques, désagrégation des organes et enfin le décès du patient. L'animal n'est pas épargné par le syndrome. La seule manière de contrecarrer la progression est justement de sustenter la bête. Personne à ce jour n'a encore trouvé de remède efficace pour supprimer définitivement la dite anomalie et il est d'ailleurs impossible d'anéantir le mal sans tuer l'hôte, trouble qui d'ailleurs est un secret des plus total pour les mondes, pour le moment. Sa manière d'opérer vous sera décrite plus tard.

Le monde change à une vitesse folle. Le fort ne battra plus le faible. Dorénavant ce sera le rapide qui battra le lent :
Il n'aime pas se battre en général et hérissera le poil que lorsqu'il le juge nécessaire, or comme il déteste qu'on le provoque, il n'est pas rare de le voir défendre ses principes par les armes et se mettre rapidement en colère. Toutefois, le virus l'ayant grandement affecté, ce dernier le pousse à se battre contre son gré dans un but de survie ou de plaisir. Il a adopté deux styles de combat. Le premier, en parfait accord avec sa nature et son allure. Passé maître dans le combat au corps à corps, ses griffes déchiquettent tout ce qu'elles trouvent sur leur passage et c'est avec agilité qu'il esquive les assauts de ses ennemis. Rapide, il charge sans vergogne toute griffes comme l'estoc d'un fleuret. Opportuniste également, la surprise est son mot d'ordre, il attend le bon moment avant de revenir près de l'ennemi en lacérant de toute part. Néanmoins, cet art de batailler ainsi a été dénigré en faveur de celui qu'offre sa maladie. L'AIDA. Sous ses aspects de tâches sombres salvatrice, il ne faut pas la sous-estimer. Une myriade de ces noirceurs se dégagent de l'hôte avant de charger vers leur victime. Elles peuvent également se solidifier, prenant alors un rôle offensif en se métamorphosant en mains crochues qui suivent à la trace leur nourriture. Mais également un rôle défensif en agissant comme un bouclier instantané, peu efficace mais pratique, il ne permet que de parer des attaques brèves et non des assauts soutenus et acharnés. Là où cette pratique devient redoutable c'est lorsqu'elle prend possession de sa proie et une fois infecté, l'énergie négative qui découle de la personne se transforme en une copie redoutable qui, malgré un aspect différent, connaît exactement toutes les capacités de l'adversaire en plus de quelques autres surprenantes attaques dignes d'un infecté. Le syndrome est également très doué dans le domaine de la magie et est armé d'un large panel de sorts et invocations redoutables. Rien n'arrête une bête lorsque son estomac cri famine. Une dernière note vient également se joindre à la partie un pouvoir qu'on lui a offert. La clochette autour de son était muette et n'émanait plus sa joie d'antan, cliquetant de son bon vouloir à chaque fois qu'elle était heureuse. Le silence est triste et en a fait de même pour Ikaru, ne devenant plus que l'ombre de lui-même. Alors, les ténèbres ont entendu son appel et elles lui ont procuré satisfaction, à travers ce présent luciférien. Le corps était déjà sien et maintenant, l'esprit connaîtra la souffrance. Les crocs envenimés du serpent se montrent sincèrement et nettement pour venir se planter dans votre gorge, diffusant l'élixir des défunts abondamment et joyeusement. Lorsque le félin vient tinter doucement la précieuse clarine, la vague sonore est telle qu'elle provoque une puissante illusion, enfermant ses victimes dans un puissant royaume ou Black Tears en est le roi. Un domaine ou s'amusent gaiement des souvenirs douloureux. Vos parents décédés sont en train de se passer un bras humain. Et alors que ces poupées joyeuses aperçoivent leur nouveau jouet, la petite sœur disparut tire votre pan de vêtement avant de vous dévorer, sans retenue, montrant à quel point elle vous aime en affichant le masque d'une extravagante déséquilibrée. Il n'y a qu'un esprit assez fort, noyé dans les flammes de sa volonté, qui peut s'échapper indemne de cette dimension cauchemardesque. L'heure du dîner approche à grand pas.

Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique, comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme :
Dans les ténèbres les plus sombres, un point blanc se balance. À droite. Puis à gauche. Lentement, elle continue de décrire cette courbe éternellement dans le terne lieu. Il s'agit d'une bougie allumée au beau milieu de la pièce suspendues par une chaîne rouillée. Pour fond sonore le cliquetis des maillons et le crispant frottement du métal usé, le chant du vent vient rompre la monotonie. Un alizé sonnant étouffé par l'abysse, les murs pierreux sont décorés par des tableaux monochromes, non, des trous béants dans les parois offrent une vue sordide sur la tuyauterie. La brise s'en sert comme rails pour véhiculer un glauque message résonant en échos, un prolégomènes sinistre. Il suffirait de poser un verre et un cadre pour changer le sens de ces disgracieux cratères. La lueur de la maigre flammèche éclaire furtivement la paroi dallée bicolore ou plutôt, les deux éléments de ce monde opposé. Un carrelage blanc confus et éraflé. Un carrelage noir pur et limpide. Tout est si contrasté. Pourquoi devons-nous choisir ? Pourquoi tout est si compliqué ? Un autre bruit. Non, c'est une musique. Un piano mécanique est en train de jouer une aubade inconnue. Chaque note est un sanglot. Chaque son est une complainte. Chaque touche est un cadavre. Ils s'empilent par dizaines dans la pièce, au fur et à mesure que le requiem progresse. Ils pleurent tous, ce sont des larmes noires qui souille la pureté de leur chair morte, elles coulent doucement sur leurs joues avant de se répandre sur le sol. Un autre bruit. On toque à la fenêtre. Les rideaux vierges s'écartent d'eux-même et laissent le pommeau du cadre vitré tourner par à-coups dans un grincement strident. C'était une branche du mûrier emporté par la rafale. Soudainement, des éclats de lumières tombaient comme des cendres sur le sol. Un papillon. Ses ailes dorées flamboyaient timidement dans la pénombre. Il s'aventurait craintivement dans la pièce et aperçu la lanterne. Attiré par la douce et captivante flamme qui prolongeait son mouvement incurvé. L'insecte réussit à se poser sur le métal brûlant du lampion et c'est à ce moment-là, qu'elle ralentit sa course, petit à petit, avant de s'arrêter complètement, maintenant flottante au-dessus du vide. Il reposait son corps chétif et tremblant sur le fer qui émanait une agréable et reposante chaleur. Le falot c'était immobilisé outre de la dépouille d'une jeune fille, elle aussi pleurait des larmes noires, les yeux grands ouverts, ayant conservée sa dernière émotion : la peur de la fin. Des pas se font entendre. Ils sont rythmés et légers, des griffes semblent effleurer le carrelage. Deux lueurs carmin brillaient dans la nuit. Un chat au pelage ébène s'avançait comme une proie guettant sa victime. Il grimpait sur l'amoncellement de macchabées pour finir son ascension au sommet de cette butte cadavérique, sur le dos de la petite fille effarée. De gestes hésitants, il tentait d'attraper le papillon à plusieurs reprises mais sans succès, ne faisant que brasser le vide ou frapper de ses membres aux bouts affûtés, rayant le fer de la lanterne par ses tentatives pleines d'espoir sous le vacarme criard de la chaîne rouillée. Subitement, un maillon ne pût supporter plus longtemps cette raillerie et céda, laissant le lampion s'affaler sur le sol, la bougie échappée de sa prison de verre et métal. La flamme vint vite trouver un nouveau combustible et c'est un véritable incendie qui se déclara dans la pièce. Le papillon affolé, tentait de trouver une sortie en évitant avec précaution la fournaise inconstante. Les corps brûlaient, non... Ils fondaient comme de la cire, de la cire noire. Dans le brasier, le chat avait un peu de poudre dorée sur le coin de son museau, se léchant les babines en avalant le dernier délicieux aileron de l'insecte au sillage de lumière. Il avait dévoré l'insecte de sang froid, par survie. Il s'appuyait sur le rebord de la fenêtre en contemplant les visages déformés par la déflagration, une boue foncée à l'odeur délicate, similaire à celle d'une rose qu'on jetterait au feu, se répandant sur le sol. La fillette continuait de fondre, on pouvait encore voir un œil pris de torpeur. On avait l'impression qu'il bougeait encore, qu'il fixait le félin avec dégoût et une envie de meurtre imminente décisive. Alors ce dernier lui tournait le dos en lui jetant une ultime vision, le regard baigné de sang encore plus destructeur que celui de sa locutrice. Les braises s'envolant avec le parfum des fleurs consumées, le chat se lançait dans la nuit en miaulant, non, peut-être qu'il riait qui sait.

Ce n'est qu'un chat après tout.
Il est de ces êtres qui ignorent ce qu'ils sont. Un être humain ? Une bête des ténèbres ? Un chat égaré ? Peut-être tout cela à la fois. Ses sentiments sont des souvenirs, des émotions bridées, réduites. Se souvenir d'une émotion c'est la ressentir à nouveau, même quand elle est douloureuse. Ces souvenirs, il veut les oublier, les jeter dans le néant jusqu'à maudire sa propre existence. Ikaru n'aurait jamais voulu voir le jour... Cependant, quelque chose, une lueur agréable, celle d'un cœur, vient atténuer le mélancolique tourment de sa misérable vie. Celle de sa bien aimée, tendre jeune fille qui l'a choisie, qui l'a aimée dés le premier regard. Son premier et seul amour, celle qui l'a accepté tel qu'il est. C'est elle qui enchaîne sa mémoire, lui tend la main, l'empêchant d'oublier la douce amertume du passé. Pas un jour ne passe sans penser à elle. Le félin n'est pas vraiment amoureux d'elle, non, il ne peut pas, l'amour n'existe pas pour un vulgaire bâtard. Tout ce qu'il désire c'est la voir à nouveau heureuse et rien d'autre, son unique mission. Il est prêt à n'importe quel sacrifice pour y arriver, quitte à devenir le mal incarné. Et c'est d'ailleurs là sa plus grande faiblesse, obéissant naïvement, corps et âme, à son vœu le plus cher. Ayant perdu le fantôme de ses pensées idylliques, c'est pour la ramener des abysses que Black Tears c'est lui-même plongé dans les profondeurs les plus sombres, espérant la retrouver sous cette nouvelle identité. Croire dans la nuit, espérer dans l'ombre. À cause de sa courte histoire, c'est un véritable cocon qu'il s'est fabriqué, ne vivant que dans ses rêves les plus tendres pour finalement se calfeutrer dans une bulle imaginaire, devenant complètement étanche à la lumière d'autrui. Son chemin est tracé par la pénombre et c'est ce chemin qu'il a embrassé, des notions comme l'amitié sont désormais inconnues à ses yeux baignés de sang et de solitude. Une solitude plus ou moins choisie. Ce n'est pas qu'il ne veut pas sympathiser de la sorte, c'est qu'il ne peut plus se lier avec qui que ce soit, de peur de leur faire du mal et de le faire souffrir en retour. Ignorant à présent l'importance des liens en leur faisant barrage, repoussant l'insertion sociale, l'exclure, la bannir à tout jamais. Il n'à que faire de bienveillance ou de la bonté, ce sont des fardeaux qui l'empêchent d'atteindre son but, ne provoquant que la douleur. Il n'est pas le roi dans ce jeu d'échecs, non plus un vulgaire pion, même s'il le croit fortement. Ce serait plutôt le cavalier. L'inconstance de ses mouvements et de son caractère le font avancer bien vite sur des cases frivoles, un plateau de jeu truffé d'embûches et de pièces un peu trop manipulatrices qui tentent de jouer avec lui, qu'il soit un ennemi ou bien un allié. C'est surtout pour son esprit protecteur, Black Tears ne protégera qu'une seule et unique personne : sa reine, majesté qui est la pièce maîtresse de son jeu à lui, celle qu'il veut défendre, comme un chevalier. Un chevalier capitonné dans une armure de glace. De très mauvaise compagnie, c'est un iceberg qui s'adressera à vous, se montrant aigre, distant voir cinglant. N'affichant qu'un sourire étriqué vide de sincérité, plus que mesquin, comme si une langue venimeuse allait en sortir. Les méandres du cœur n'ayant plus de secrets pour lui, le détruire n'est pas un problème, toutefois le jeune homme ne se montrera blessant que pour repousser la clarté qui tente de l'illuminer tant bien que mal. Ni rancune ni hésitation, la vie des autres lui est égal, tout comme la sienne. Tuer, ce n'est qu'effacer.

Un chat trop sensible...
Autre élément, Ikaru est la représentation même d'un être versatile, lunatique à souhait. Son prénom a d'ailleurs été choisi à cause de son tempérament inflammable. Son sang chaud et bouillonnant a tendance à l'énerver très vite, un mot de travers et le félidé répliquera agressivement. Il en faut peu pour lui hérisser le poil et ses griffes viendront finir maints discours, comme à fleur de peau. Une rage engendrée par des principes qui le poussent à se battre, pour seul étendard celui de l'ange perdu, qui, attise les flammes de sa colère pour finalement incendier tout ce qui se trouve sur son passage. Ce brasier, personne ne l'arrêtera, sa volonté est trop grande pour qu'il abandonne, la détermination brûle son être mais carbonise tout ce qui doit disparaître, disparaître dans un nuage de cendres avant de disperser ces restes aux quatre vents. Un pantin de feu animé par le desideratum, celui de la résolution, décidé à ne pas faillir à sa quête ultime ou la faiblesse est synonyme de défaite. Et la défaite ne fait pas partie de ses connaissances ou de ses préceptes. Perdre est complètement exclue et ceci le terrorise. Il a peur de perdre. Peur de la perdre à jamais, peur d'échouer, peur de ne jamais pouvoir la revoir elle et son doux visage enjoué et chaleureux. C'est pourquoi il arrive parfois au mistigri d'être aussi vulnérable qu'un chaton, un chaton triste qui pleure toutes les larmes de son corps. Le stoïcisme ne suffit plus et le mur finit par céder. Les souvenirs sont trop douloureux pour êtres ignorés ainsi, ce sont des fissures sur le mur qui ne demande qu'à s'agrandir, fatigué de soutenir un tel esprit meurtri. Les larmes cascadent sur son visage pâle, le désespoir, une pression constante. Pourquoi ce fardeau est-il si lourd à porter ? Pourquoi devait-elle disparaître ? Pourquoi suis-je ainsi ? Pourquoi... Un mot qui ne fait que flirter avec l'humanité aucunement en bien hélas. C'est une sirène qui chante le requiem. Alors on finit par craquer, espérant que les pleurs véhéments qui coulent sur notre visage nous réconforte, libérer un petit peu de souffrance, détendre les chaînes qui le retiens captif de ces images pénibles, de ces moments insupportables. Penser à elle n'est pas qu'une torture bien au contraire. C'est sa raison de vivre. Lorsque Ikaru se lamente sur son sort misérable, c'est la fille de ses rêves qui vient le consoler en prodiguant la clarté et l'assurance. Elle est la Lune. Celle qui éclaire la nuit capricieusement.

Un chat noir.
Pourtant, cette personnalité bien trempée est incomplète. Son existence même est irréelle et n'est pas assez puissante pour le maintenir ainsi dans cette dimension bien cruelle. Ce vide est comblé par le poison qui le ronge, le manipule comme bon lui semble, son jouet, sa marionnette : AIDA. Le virus essentiel profite de l'esprit faible de ce médiocre corps félidé afin de se nourrir. Malgré cette volonté sans limite de ténèbres, ça ne lui suffit, il lui faut plus de consistance, plus de négativité et des sentiments bien plus forts que ceux d'un être illusoire. Black Tears apparaît alors, recherchant avec bestialité un amuse-gueule, tiraillé par une faim inhumaine, une faim qui le pousse à succomber au vil. La douleur, elle veut s'échapper, se repaître encore et encore jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien, plus une seule goutte de ces délicieuses émotions. Ce n'est plus un être humain, un fauve, un prédateur. Des sensations nouvelles, cette excitation à traquer sa proie, imaginant le délicat nectar, la providence. Devenir fou pour obtenir ce que l'on veut, céder à une rage meurtrière sans précédente quitte à se transformer en montre. Ce n'est plus Ikaru qui s'exprime mais Black Tears, le chat noir a fait place au lynx des ombres. Invoquer cette chose est un véritable supplice, toutefois son esprit et son corps restent entier, gagnant un pouvoir incommensurable, le syndrome ne fait que lui offrir une nouvelle perception de ce qui l'entoure alors que la force le gagne. Il aime cependant jouer avec ses victimes. Les trimballer à droite puis à gauche comme un pelote de laine ou bien une sourie accablée. Prendre du plaisir à la torturer, prendre plaisir à montrer sa joie dans de telles circonstances affreuses, admirer la souffrance dans son regard implorant la pitié. Un saisissement de son âme, la lame glacée sur la peau de son cou, l'épée de Damoclès que le jouvenceau refusait de prendre, alors qu'elle offre tant de bien. Elle n'apporte pas le trépas mais nous perdons quelque chose de plus précieux en utilisant les capacités de ce cyanure virtuel : notre humanité. Devenir sadique est si beau pour l'infamie, une drogue, l'extase. Cela se voit. Le liquide carmin bouillonne à mesure que les batailles sont électrisantes, la pitance se laissant désirer, l'alléchante nourriture du malfaisant. Au bout du compte, la chair ne sera que plus tendre en bouche. L'impatience arrive et vient se jeter sur le martyr pour la dévorer sans modération. Un poison à consommer sans pondération. Ainsi, le félin devenu victime lui-même, l'esclave de sa magie.

Tant qu'il n'est question que de détruire, toutes les ambitions s'allient aisément :
Je ne vous le cache pas : Maréchal.


Dernière édition par Black Tears le Sam 16 Avr 2011 - 1:28, édité 9 fois
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Jeu 14 Avr 2011 - 21:49
Il y a une histoire, un conte pour endormir les bambins de ce monde. Il est connu de tous et ne fait que raconter la vérité. Une vérité que tous vénère et ne peuvent nier, les ruines non loin de là sont les témoins des batailles de nos précurseurs. Laissez moi vous la raconter :
Il y a longtemps, très longtemps, au fond de l'univers ancien existait dans le monde de l’Élégie de la Lune, une petit village paisible du nom de Neve, entouré de neige majestueuse, chaque flocons était honoré comme la divine providence. Cependant, ce monde recelait de sombres traditions. Pour satisfaire l'appétit d'Orochi, le légendaire serpent, une jeune fille devait être sacrifiée lors de la cérémonie annuelle du village. Le corps de la bête était grand comme une montagne et ses cous portant ses huit têtes aussi épais que des troncs d'arbre. Ses yeux injectés de sang maudissaient ceux qui croisaient son regard. Aucun être n'osait résister à ce monstre terrifiant.

Quand la nuit du sacrifice approchait... Un mystérieux loup blanc apparaissait près du village. Ce loup, dont la fourrure était blanc comme neige, fut surnommé Shiranui. Le loup accompagnait ceux qui s'aventuraient hors des plaines et rôdait silencieusement dans les rues du village pendant la nuit. Les gens pensaient que ce loup faisait parti du clan d'Orochi. Craint de tous, un voyageur de passage décida alors d'affronter le mystérieux Shiranui. Le dénommé Eraqus défia plusieurs fois le loup blanc. Mais à chaque fois, il se heurta à la rapidité de l'animal. Shiranui se déplaçait comme le vent, évitant avec agilité toutes les attaques du guerrier.

Et puis.. La nuit du festival maudit arriva. Chaque année, une flèche à plume blanche venait annoncer le moment du sacrifice. Perçant le ciel, la flèche maudite se planta sur le toit de Mistral, la plus belle fille du village. Eraqus, qui couvait en secret un amour passionné pour Mistral, fut enragé par le message funeste. Il traversa les plaines jusqu'au repaire d'Orochi à la place de sa bien-aimée, décidé à mettre fin à l'existence du dragon. Orochi se tapissait dans les ténèbres de la Cave de la Lune.

Alors qu'Eraqus se tenait courageusement devant l'entrée... Les huit têtes de la bête apparurent, les yeux écarlates. Le grand Orochi était là, prêt à dévorer sa nouvelle victime. Eraqus bondit vers le monstre, faisant danser la clé avec grâce. Sans répit, il combattu le dragon sous la nuit noire. Mais Orochi était résistant comme l'acier et l'arme étrange mais dévastatrice du guerrier ne pouvait qu'effleurer cette cuirasse indestructible. A bout de forces, Izanagi tomba sur le sol comme un vulgaire sac de riz. Il savait que sa dernière heure était venue. Résigné, il était prêt à embrasser le doux baiser de la mort et rejoindre l'autre monde.

C'est alors qu'il apparut. Comme pour protéger Eraqus, il se dressa devant Orochi. Malgré la nuit noire, sa fourrure brillait comme la lumière. C'était Shiranui, le loup blanc. Sortant ses griffes puissantes, il bondit férocement vers Orochi. Les têtes terrifiantes du dragon armaient leurs crocs pour la bataille. Les deux bêtes luttèrent sauvagement. Le spectacle continuait, à la fois étrange et terrifiant. Shiranui invoquait les vents divins pour repousser les flammes du dragon. Alors qu'Orochi s'avançait, les crocs en avant... Un arbre gigantesque poussa soudainement, protégeant le loup blanc de son ennemi. De toute ses forces, Shiranui combattu vaillamment. Cependant... Orochi était protégé par un étrange pouvoir et semblait invincible. Le manteau blanc du loup s'était teint en rouge. Épuisé et blessé, Shiranui s'affaissa devant le puissant Orochi.

Le dragon s'approcha, prêt à délivrer le coup de grâce. Mais le noble Shiranui refusa d'abandonner. Rassemblant ses dernières forces, le loup majestueux poussa un dernier hurlement puissant vers les cieux. Les nuages sombres se dissipèrent et la lune d'or se refléta sur le Keyblade de Eraqus tel un rayon d'espoir. Le guerrier, qui s'était réfugié en attendant le moment propice, sorti de l'obscurité guidé par la lumière réfléchie de son arme. Avec l'énergie du désespoir, Eraqus frappa Orochi de ses bras épuisés. La clé de lumière valsait telle une poupée au bout d'un fil. Une par une, les têtes du puissant dragon furent emprisonnés par une multitudes de chaînes dorées. Le maître de la Keyblade banni son ennemi dans les enfers. Orochi disparut emporté dans un flot de ténèbres, les chaînes l'emportant dans un autre monde, sans lumière.

La malédiction qui s'était abattue sur le village était enfin levée. Et tandis que la bataille se terminait, le soleil rayonna de nouveau dans le ciel bleu. Shiranui respirait à peine, succombant au poison d'Orochi. Eraqus pris le loup dans ses bras et retourna à Neve. Quand ils arrivèrent au village, le loup ne bougeait plus. Le chef du village caressa doucement la tête de l'animal. Shiranui laissa échapper un dernier jappement... Puis fermant les yeux, il s'endormit pour toujours. La paix était revenue sur le village. En l'honneur de exploits de Shiranui, les villageois lui érigèrent un sanctuaire avec une statue de loup. Le village pouvait désormais vivre en paix.

Cependant... Cette histoire n'est pas encore terminée. Personne ne connaît la véritable suite de cette aventure... Quelques années se sont écoulée depuis les héroïques exploits du grande guerrier Eraqus et du loup blanc Shiranui. Le temps est passé si vite... Personne dans le village ne pouvait prévoir la tragédie qui allait arriver.


La modeste cité de Neve avait bien changée mais elle était condamnée à être figée dans le temps, comme une sculpture de glace. Des bâtisses de pierre, de bois et de fer. Mélangeant sereinement les fines sculptures rocheuses qui encadre la ville et lui redonne un peu d'humanité, en passant par les huisseries travaillées illuminées par le feu des chaumières, fermant la boucle par des enseignes colorés et blafardes métalliques ou encore des tuyauteries là pour le décor réfléchissaient les lumières des lampadaires gelés. Le sol était une couche de glace, on ne pouvait même plus distingué la couleur de la route d'origine, seul les trottoirs étaient épargnés et n'était recouvert que peu de neige. Même si la végétation est rare avec un tel climat, elle était présente et apportait le plus que la beauté hivernal ne peut prodiguer, la sublimation au fin fond de la toundra, par ses feuilles opalescentes, les arbres déversaient leur blancheur en bordant les maisonnettes. La neige perpétuelle et le blizzard inconstant frappait les environs. Les habitants ne semblaient pas atterrés par le climat, ce n'était qu'un sujet de discussion et de plainte comme un autre. Aujourd'hui, les commères et autres oiseaux bavards pelotonnés dans leurs fourrures étaient bien matinales. En effet, depuis quelque jours, une rumeur circule sur la venue nouveaux résidents, des gens riches qui aurait racheté la villa situé au abords de la ville. Les vieilles pies s'affolaient près de l'épicerie, le forgeron faisant mine de les ignorer en soupirant alors qu'il ferrait un cheval. Les ragots volaient en veux-tu en voilà alors que le bourgmestre s'affairait à autre chose qu'écouter de pâles niaiseries de bonnes femmes, ce qui était plus du goût de madame la mairesse, toujours à l'écoute de ses fidèles citoyens. Le saloon subissait, encore, les assauts de boules de neiges des gamins étouffés dans leur manteaux, le gérant sortait, furieux que l'on saccage ses carreaux, avec un balais en les menaçant, l'habitué de l'établissement hurlant son énième verre de brandy et autres spiritueux. Les gardes des environs patrouillait avec le sourire, humant le parfum de la justice une nouvelle fois, un parfum bien rêche qui se dégageait d'une dense fumée de derrière le petit pénitencier. Bref, le prélude d'une ville trop tranquille.

Le bruit d'une calèche se fit entendre, les chevaux tentaient de se frayer un chemin dans la poudreuse. En traversant Neve, elle était bien silencieuse, tous regardaient en direction de la voiture imposante chargées d'innombrables valises. Et dés qu'elle fut passée, les concierges de service reprenaient leur activité préférée en piaillant que c'était eux les nouveaux propriétaires de la villa au abords de la ville. Cette large chaumière appartenait à l'ancien maire de la cité, qui, c'est mystérieusement pendu haut et court après une sombre affaire d'enlèvements. Alors que la carrosse passait devant la prison, les rideaux se fermèrent brusquement à la vue d'un tel spectacle. On brûlait un homme sur le bûché, cela faisait un petit moment qu'il ne criait plus et d'autres allaient bientôt le rejoindre dans les flammes de l'enfer. Le maire vint interrompre le cocher, tenant à leur souhaiter la bienvenue. La voiture s'arrêta dans le le hennissement des canassons et le grincements des roues. La porte de la carriole s'ouvrit. Un homme plus ou moins âgé, haut de forme et pèlerine en cuir noir, il semblait avoir une certaine difficulté à marcher à cause de sa jambe gauche et s'aidait d'une canne finement sculptée. Il salua le représentant en ôtant son chapeau laissant voir par la même occasion ses cheveux ébènes hérissés amenés vers l'arrière nuancées de plusieurs mèches blanches. L'homme se présenta sous le nom de Devis Cantebury et était bien le nouvel occupant du manoir. Il était venu avec sa femme, Lady Laura Cantebury est ses deux filles, Damoiselle Harmonie et Damoiselle Lénore. Ensuite, ils parlèrent pendant un quart d'heure de choses peu intéressantes, des choses d'hommes d'affaire. Une fois le chef de famille remonté, la voiture repartit, saluée par les gestes platoniques du prévôt, les flocons étouffant la silhouette de chacun, engloutissant dans une nappe immaculée. A ce moment là, le paternel semblait réfléchir voir inquiet, il ne pouvait que réconforter ses proches en leur souriant aimablement pour ne pas les inquiéter à leurs tour. C'est arrivé devant un auguste manoir que le carrosse stoppa sa course. Un chalet aux pierres apparentes et grossières ne faisait que plus mettre en avant la charpente en bois massif et la moulure claire qui entourait la demeure. L'architecture était similaire avec celle des autres baraquements de la ville. Détail surprenant, des serres étaient placées près d'une grange. Lady Laura était une fleuriste reconnue et était d'ailleurs professeur d'art floral dans un établissement de la métropole près de Neve, elles devaient être là pour que cette dernière continue à exercer le métier qui la passionne, sans doutes. La grange trouva son utilité lorsque le cocher gara son moyen de transport dans le dit hangar. Une fois les bagages descendus, la mère de famille descendu en première. C'était une très belle femme, un peu plus d'une trentaine d'années, un léger teint halé, une chignon parfait attachant ses cheveux d'or dont deux petites mèches s'échappaient en volant à chacun de ses pas élégant. Une rose carmin se démarquait dans cet océan de lumière. Un regard lilas plus que enchanteur malgré les cernes de son visage. Elle ne portait pas les encombrantes robes à tournure et encore moins à crinoline que les riches femmes arborent pour intimider les hommes. Elle se contentait d'une simple robe fourreau framboise munie de plusieurs rubans jaunâtres sur les côtés voletant avec ses gestes. Madame s'empressa de mettre une large cape blanche pour se couvrir du froid. Sa voix mielleuse ordonnait à ses filles de descendre, somnolentes après un tel voyage. Harmonie Cantebury descendit avec la même grâce que sa mère, enveloppée dans une pèlerine sombre. Son regard bleu et froid comme l'eau glacé, identique à celui de son père, scrutait chaque détail avec une moue blasée et supérieur. Toutefois, des traits d'une douceur infinies se peignaient sur son visage, une douceur stricte mais pure comme la neige. Ses lisses cheveux noirs pareil à la nuit sont pour la plus part maintenus par une unique couette élaborée d'une rose blanche, le tout n'oubliant pas la longueur longe son dos. Elle accorda une main gantelée de velours à sa sœur, cette dernière ignora la politesse et bondit sur la neige en oubliant les marches d'usage, affichant un large sourire à la vue de sa nouvelle maison. Lénore Cantebury était l'opposé parfait de sa grande sœur malgré le fait qu'elles soient nées le même jour avec une petite heure de décalage entre chacune d'elle. Ses yeux lilas vinrent vite changer sa joie en honte, en remarquant celui de sa sœur la rappelant à l'ordre. Sa peau légèrement halé décrivait à la fois un visage timide et une invitation à jouer avec elle. Ses opulentes boucles blanches parcouraient son dos tel un bouquet de fleur, dont les feuilles ne faisait que donner plus de charme et de joliesse à la conception. Semblant gênée dans ses actions par la pèlerine blanche, elle réajustait sans cesse le chapeau de coton noir qu'elle avait sur la tête de peur qu'il tombe. Harmonie sermonna un instant sa jeune sœur avant la prendre dans ses bras pour la réconforter aussitôt. Elles s'aventurèrent dans leur nouvelle résidence et s'empressèrent de gagner leur nouvelle chambre, pour la première fois, elles avaient leur chambre à elle tout seule et ne dormaient pas l'une près de l'autre. Même si l'une le montrait moins que l'autre, elles étaient heureuses de voir leur printanier castel, bardé par les couleurs de l'automne et la chaleur d'un été sous ce manteau d'hiver.

La nuit venue, contre le nirvana ambiant et les rires sur de nombreux masques, deux pourtant étaient mélancoliques. Et par pur coïncidence, ou pas, après quelques minutes d'hésitation, de peur et une larme au coin de l’œil, Harmonie se retrouva dans le lit de Lénore, l'une contre l'autre et main dans la main, s'endormant doucement avec la chaleur de l'amour entre deux sœurs inséparables. Le matin se montrait déjà haut dans le ciel lorsque les parents des fausses jumelles se réveillèrent. Les malicieuses jeunes filles attendaient impatiemment le réveil de leurs géniteurs. En effet, le chef de famille leur avait promis un cadeau après être enfin installés dans la maison. Elles étaient là, devant le lit, gaies et impatientes en fixant leurs ascendants mécaniquement. Se réveillant doucement, le père ricanait quand il aperçu les deux fillettes excitées près de sa couche. Des soupirs soulignés par un sourire s'affichaient. S'en allant promptement du domaine sans même prendre le temps d'apprécier le petit-déjeuner, ils se rendaient, à pied, dans le centre-ville. La plus part des passants saluaient les Cantebury, les fillettes ignorant pourquoi, elle faisaient mine de ne pas chercher à comprendre sans toutefois éteindre leur curiosité, elles ne faisaient que leur renvoyer une révérence. Le groupe s'arrêta devant une animalerie, Lénore se précipita sur la vitrine, les yeux grands ouverts, pâle d'admiration devant toute ces petites boules de poils mignonnettes qui remuaient la queue en la voyant. Harmonie ne pouvait s'empêcher de rire doucement en voyant la précipitation de sa sœur et cette fascination pour ces petits cœur avec du poil autour. En entrant, le gérant les accueillait avec les l'hypocrisie du commerçant. Ils passèrent plusieurs minutes à regarder les diverses choses affectives, ou pas. Le regard blasé de Harmonie valsait de droite à gauche, jusqu'à ce que la jeune fille s'arrête devant un groupe de chatons. La plus petit miaulement aurait fait fondre la première âme sensible venu ; Lénore était déjà noyée sous les félins en train de jouer avec eux, riant aux éclats. S'approchant d'eux avec froideur, sa main gantelée venait brièvement réconforter toute ces peluches ronronnantes en manque d'affection. Ses yeux s'arrêtèrent sur un chat noir dans le coin, solitaire, ses congénères tentaient de se rapprocher de lui, sans succès, ils furent vite rebutés par des grognements bougons et coups de griffes dissuasives, excluant tout contact avec lui. La jeune fille contemplait le misanthrope et leur regards se croisèrent enfin. Deux rubis ternes se posaient sur elle, vide de toute envie sauf d'une chose, la haine de la vie, la haine de toute chose, tout voir disparaître sous un voile obscure. Le félin sombre n'inspirait ni confiance ni l'envie qu'on l'aime, juste qu'on le laisse tranquille avec sa solitude. Harmonie se rapprocha de lui, confiante malgré le dos dos courbé et le poil hérissé de ce dernier feulant à tout bout de champ, elle tendait son membre qui fît très vite couvert d'estafilades. La jouvencelle fronça un sourcil mais n'en était pas en colère pour autant, elle conservait son sourire placide et son visage figé dans une sérénité tiède. Le gérant se devait d'intervenir. Ce chat, il avait été recueillie comme certains dans les ruelles par la fourrière, même si le terme capturer était plus adapté. Agressif avec ses congénères, cette âme esseulé se contentait de son isolement en refusant tout contact avec l'extérieur, il lui arrivait de ne jamais manger ou de fuguer, saccageant tout ce qui se trouve sur son passage par plaisir selon le gérant. Le boutiquier voulait d'ailleurs le faire piquer, cela faisait déjà un bon moment que cet article, comme il l'appel, ne trouvait pas acquéreur. A sa grande joie, il ne verrait bientôt plus ce sac à puce. On voyait la rage émaner de son expression, le chat voulait surtout s'attaquer au commerçant, cela frôlait l'évidence. Harmonie interrompit la tirade bêtement ficelée de l'adulte, levant son bras simplement, qui le fit taire aussitôt.

'' Ça suffit, ce n'est peut-être qu'un chat à vos yeux mais il s'agit d'un être vivant, avec des sentiments et des rêves. Si ça ne tenait qu'à moi, je vous aurais fait couper la langue pour toutes les choses horribles que vous déblatérez sur ces esprits. Je n'ose pas imaginer les horreurs que vous faites subir à ces malheureux. Vous ne valez pas mieux qu'un vulgaire tas de boue et condamné à être souillé par les puissants. Contentez-vous de la vôtre, vous n'avez plus beaucoup de temps. elle s'emporta, ses yeux écarquillés mais toujours souriante. Profitez donc manant ! Profitez de votre semblant de pouvoir qui souille votre âme et vous satisfait... ! elle s'arrêta brusquement en sentant les doigts de son père se poser sur son épaule, le regardant un instant avec le même air pour se replier maugréant, Lénore naïvement sceptique avec les autres chats. Kuh... !
- Votre discours n'est pas digne d'une lady ma chère. Calmez vous donc...
- Très bien, père.
répondit-elle avec un soupçon d'obéissance aigre, elle attrapa le chat noir de force et le pris dans ses bras, il n'avait pas l'air de se débattre cette fois-ci. Père, c'est celui-ci que je veux et pas un autre.
- D'accord.
dit-il, en acquiesçant. Tu ne veux pas connaître l'avis de ta sœur avant ça ?
- Euh... Non non papa, je suis d'accord aussi, hu.
dit Lénore en hochant la tête à tout vitesse sans la moindre hésitation. ''

Devis Cantebury souriait à ce moment là, fier de sa progéniture. Il déposa une bourse dodue de Munnies sur le comptoir et partit sans même un au revoir, laissant le gérant abasourdi au milieu de sa boutique, il lui fallut une bonne minute avant de constater qu'une ribambelle de chatons s'étaient échappés de leur cages. Les Cantebury s'arrêtèrent de nouveau dans une mercerie pour acheter un ruban rouge vif ainsi qu'une clochette. Harmonie ne l'avait pas remarqué avant, mais son chat à présent ronronnait et elle aperçu également que le bout de sa queue était blanc, comme la neige environnante. Sur le trajet, les fausses jumelles s'échangèrent le chat à mainte reprise pour sentir sa chaleur vibrante près de leur petit cœur. Une fois retourné à la demeure familiale. La mère l'accueilli en grande pompes, plaquant l'animal contre sa généreuse poitrine, heureuse de voir un nouveau membre sous ce toit couvert par le blizzard. Une question les hantait tous à présent : quel nom lui donner ? Ils proposèrent tous des noms farfelus comme ceux de diverses pâtisseries ou encore les classiques noms de chats qui sonnent mignon. Il n'y avait que Harmonie qui en proposa un seul et unique et qui collait parfaitement avec la personnalité de cette boule de poil acariâtre : Ikaru. Ikaru Cantebury. Cela sonnait très beau aux oreilles de chacun ainsi qu'à celles de celui qui portait à présent ce nom, comprenant sa nouvelle identité, comprenant qu'on lui offrait une nouvelle vie. Lénore lui accrocha le ruban acheté auparavant auquel la cloche pendouillait en émettant un délicat tintement, le ruban formait un magnifique nœud très élaboré. Ikaru ronronnait à ardemment, alors que le piano se mettait en route, jouant une berceuse, une mélodie qui fermait les paupières des sœurs, s'endormant autour de leur nouvel ami. Une image idyllique et source de cauchemars à la fois...


Cela ne faisait que quelques semaines que le mistigri était installé dans le modeste manoir qu'il avait déjà des petites habitudes. Jouer les greffiers sur un rideau, jouer avec les fleurs comme si c'était des pelotes de laines, partir explorer le jardin à l'improviste, des petites habitudes de chat quoi. De temps à autre, Lénore l'attrapait pour en faire une de ses poupées ou une actrice dans une glorieuse pièce de théâtre. Prendre le thé habillée en jeune fille, embrasser un ours en peluche, se promener en poussette avec une couche, des petits supplices de chat quoi. Harmonie était moins espiègle. Elle se contentait de le cajoler pendant qu'elle lisait un livre près du feu ou sur son bureau. Responsable, elles refusaient que les domestiques s'occupent de lui et les sœurs se partageaient les tâches. Elles voulaient prouver à leurs parents que les jumelles n'était plus des enfants mais des demoiselles responsables à présent. Pour ce qui était du chef de famille, rare était les moments ou il le croisait. Absent la plus part du temps, ce dernier se recueillait dans on bureau avec divers négociants, hommes d'affaires et scientifiques. Son travail était assez flou mais il semblait parler de technologie et d'armes. Le deuxième sujet, plus tabou, semblait l'énerver et il n'était pas insolite de le voir hurler auprès de ses interlocuteurs en les virant de son bureau. Ikaru se contentait d'écouter, feintant le sommeil en se faisant gratter l'oreille. Il arrivait aussi à Devis de parler à son compagnon une fois les chacals partit, comme il aime les appeler alors qu'il rit doucement en caressant le dos du félidé qui lui répond timidement d'un miaulement chaleureux et rassurant. Lors de ses escapades extérieurs, il se rendait toujours dans la serre principale, là ou travaillait Lady Laura. Elle choisissait méticuleusement ses fleurs, le parfum, leur apparence, tout cela rentrait en compte dans les somptueux bouquets qu'elle composait mais ça ne lui suffisait pas. Elle désirait la beauté, la perfection. Elle balayait alors son plan de travail en renversant tout au sol, affichant la face saturnienne. Ikaru alors regagnait la table, qui ralluma la flamme de l'espoir et de bonheur dans les de Lady Laura, répondant à ce quémandeur par d'affectueuses caresses. Un quotidien utopique.

Des rumeurs commençaient à affluer. En plus de la renommée étrange de la famille, des disparitions soudaines, des ombres, cela inquiétait beaucoup l'ensemble de la ville. Un jour, une de ces ombre était entrée dans une des maison. Des cris alertèrent les gens aux alentours, mais une fois à l'intérieur, plus rien, plus personne. La populace est de plus en plus inquiète à ce sujet et les enlèvements sont de fréquents, le soir particulièrement. La nuit, l'obscurité prend sa forme pour faire surface dans les cauchemar et les peurs de chacun, cette noirceur hante les rues enneigées. En plus de ça, une guerre éclatait entre ce pays et celui voisin, une guerre plutôt froide, une course à l'armement qui étincelait dés que l'occasion se présentait. Les conflits commençaient à éclater, un par un. Pendant de nombreux soirs, le leader des Cantebury se rendait au palais impérial pour discuter de cela, de l'avancement des armes qu'on lui avait commandé. Toutes étaient déjà entre les mains des soldats sur le champ de bataille. C'était des objets destinés à tuer, de grande envergure. Devis Cantebury n'était pas d'accord avec cette idée et refusait que ses recherches soient faites pour nuire à autrui. Le prince Crescendo comprenait parfaitement ses motivations et il n'obligeait en rien Devis d'agir ainsi, c'était de son plein gré qu'il agissait, pour la sécurité de sa nouvelle patrie et de sa famille. Les conflits étaient sanglants et si il n'était pas là, le royaume aurait déjà cédé sous les coups de leurs adversaires. Le pays adverse droguait ses soldats avant de les envoyer sur le champ, débordant d'énergie et affublés d'une force surhumaine. Si la technologie n'était pas là, la guerre serait finit depuis longtemps en faveur de la contrée voisine. Par chance, la ville était pour le moment épargnée par les affres des batailles et continuait à prospérer comme si rien ne se passait, pas une seule pique ne venait déformer l'art glacial.

Ikaru se rendait souvent en ville. L'excitation urbaine le fascinait, même si il préférait largement se prélasser au coin du feu dans la cheminée. C'est là qu'il rencontrait de nouveau ses congénères qu'il avait déjà connu auparavant. Oui. Ikaru était un chat de gouttière, un enfant des rues. Il n'était pas l'aîné de la portée et le félin jouait avec ses frères et sœurs quand ça lui chantait. Quelque chose venait cependant entacher la neige par des flaques rouge. Du sang. Ici, ils tuaient sans vergogne les parents des animaux errants pour ensuite revendre les petits au prix fort. Il neigeait aussi ce jour là, le carton habituel au fond de la ruelle servait d'abri contre le froid, son épaisseur empêchait la neige et le froid de pénétrer, la chaleur animale flottait dans l'air ambiant et les boules de poils se pelotonnaient entre elles pour conserver la température ambiante. Quand soudain, un bruit métallique se fit entendre, le couvercle d'une poubelle venait de tomber. C'était encore lui, cet humain repoussant qui vendait des animaux. La dernière fois, ils avaient réussi à s'échapper en un seul morceau, ce ne fût pas le cas cette fois-ci. Armé d'un pique, la mère tenta de protéger ses progénitures en attaquant l'agresseur, beaucoup fuirent devant la menace, certains restaient immobiles, paralysés par la peur et quelques uns encore passaient à l'offensive. Celui qui s'appelle Ikaru aujourd'hui faisait partit de ceux qui ne faisaient rien pour changer cela, terrifié par la situation, ne sachant plus quoi faire. Horrifié, ne montrant plus que de la peur. Il ne fallut que quelques secondes pour que l'humain maîtrise la bête et la transperce avec une unique coup de la faux des défunts. Le cruor se répandait sur la neige, elle devenait rouge elle même pour ne plus devenir qu'une flaque de boue carmin fangeuse. Ce fût brièvement qu'une réalité innocente bascula vers la cruauté et la haine du vrai. Des larmes coulait de ses yeux grands ouverts, traumatisés par une telle scène. Dans un excès de rage sans nom, le chaton se jeta sur l'homme toute griffes devant, lui tailladant la poitrine. Son ennemi, beaucoup plus grand et fort qui lui n'eut pas de mal à l'attraper par la peau du cou alors qu'il pensait déjà à l'argent qu'il allait en tirer. L'enfermant dans une boîte dépourvue de lumière, en attendant qu'il se calme et n'ouvrant que pour lui offrir un repas, qu'il refusa en l'attaquant sauvagement. Ce n'est que plusieurs jours après, épuisé, qu'il daigna manger et fit mettre en vente. La suite, vous la connaissez. Ikaru Cantebury n'oubliera jamais la douleur de ce jour tragique, le liquide vermeille qui coulait à flot embourbant son corps et son âme dans la tourmente, le désir de vengeance ultime. Rien qu'en passant devant cette boutique, un bref aperçu du monstre qu'on appel être humain, lui donnait l'envie de saccager tout sur son passage. Or ce n'était pas ce que voulait ceux qui l'aimaient, des gens biens et pondérés, qui aime la vie avec sérénité, et qui l'on accepté comme il est : un paria faible et haineux.

Une vie trop paisible qui avait un arrière goût amer. Une fois, le félidé décida de suivre Devis, il devait partir sur la lice afin d'aider les artilleurs à utiliser d’impressionnantes machines. L'animal de compagnie aperçu une sourie, il la suivit jusqu'à l'intérieur boîte démesuré qui se referma juste après. Les ténèbres encore. Ikaru se morfondait sur lui même, reposant sur une plaque de métal froide. Il n'y voyait pas grande chose malgré son acuité naturelle, mais juste une espèce de lance frisée sur elle même. La cargaison tremblait de part et d'autres. Ce ne fût que quelques heures plus tard qu'un craquement de bois rompait le silence et les secousses en laissant pénétrer le jour. Le félin se cachait pour éviter d'être vu et une fois la voie libre, se réfugia entre les jambes de son maître. A la fois surpris et réconforté, ce n'était peut-être pas un mauvais présage d'avoir un chat noir alors que la lutte n'était encore que des braises, prêtes à raviver l'incendie du conflit par le souffle empoisonné de la belligérance. Le moment fatidique arriva. Les fantassins, hallebardes en l'air et tous munis d'un fusil se jetaient corps et âme dans un combat contre des surhommes, des mutants qui leur écrabouillait la tête d'une simple pression de la main. La plaine parsemée de blancheur fût très vite transformée en tourbière brune par les ornières de ces pions meurtriers. Les lames volaient en éclats et valsaient librement en compagnie des filins cramoisis et des membres découpés. Le chat avait fuit son propriétaire, trop occupé à faire parler ses œuvres par des jets d'éclairs dévastateurs sur les lignes ennemis. Entre deux feu, Ikaru tentait d'esquiver les assauts de ces barbares martelant le sol et incantations multiples des magiciens. Soudainement, c'est comme si le temps c'était arrêté, plus rien ne bougeait, ni même les gerbes de flammes ou les lames prêtes à découper la chair. Un chat. Le regard de Ikaru venait de croiser celui d'un autre félidé, d'une femelle plus précisément. Les mêmes yeux, ce rubis vide de sens et placide. Un pelage écarlate s'assombrissant, qui reflétait pourtant les timides lueurs de l'astre solaire offrant à cette manifestation l'aura infernale, celle que l'on offre aux rêves. Elle avait par ailleurs une queue bien étrange, celle-ci se scindait en deux parties identiques. Mais à peine eut-il le temps de la contempler qu'elle disparut dans un nuage rosé de poussière lumineuse, comme l'invitant à la suivre. De retour sir terre, une hache s'abattait près de lui en manquant de le découper. Le félidé suivait la trainée de poudre claire flottante à travers la ruée et l'ardeur de la guerre. Sautant au dessus des bombes et des brasiers qui lui grillait les moustaches, esquivant les clash retournant le relief. Il parvint en dernier lieu auprès de son maître, celui-ci l'accompagna dans chaque geste jusqu'à la fin de la bataille, l'encourageant en quelque sorte. Ikaru goûtait à la guerre, admirant son horreur, sa futilité et sa dignité. Se battre pour sa patrie en laissant les lames vomir la vie d'autrui que l'on vient d'arracher. Ces personnes se battent en sachant très bien qu'elles peuvent mourir en un claquement de doigt. Sauvegarder l'honneur et la vie de ceux qu'on aime. Fascinant. Une victoire de plus mais qui n'est pas le dénouement de ce bain cadavérique. Devis semblait reconnaissant envers son animal de compagnie, il le remerciant comme il le pouvait en le caressant, pourtant, il n'avait pas fait grande chose. Sa simple présence était une bénédiction selon lui. Ils repartirent tous à l'aube, dans des conditions plus que confortables et rejoindre Neve, dans l'enthousiasme de ses enfants et les bras d'une femme à consoler après tant de peur. Le soir même que Harmonie et Lénore, firent une démonstration de leurs prouesses au piano, elles s'y entraînaient avec passion et le plus souvent en duo depuis bien longtemps. Ce n'était pas parfait, mais leur simple fait d'essayer était plus cher que la valeur elle même, il n'y a pas de prix pour ça. Juste se laisser bercer par les mélancoliques aubades. Il y a encore quelque heures, ses oreilles étaient agressées par le souffle des canons et les derniers hurlements des hommes défaits. Un prélude débutant un thrène alors que le grand finale est une mielleuse berceuse.


La demeure avait retrouvée son calme et on entendit moins parler de la conflagration. Des notes de piano s'envolaient par les fenêtres en dansant avec les flocons de neige. Les jumelles avaient trouvé un nouveau et elles quittaient de nombreuses fois la maison pour pratiquer leur étrange amusement. On ne les retrouvait plus pendant des heures entières. Ikaru les suivi une fois jusqu'à leur air de récréation et si il le pouvait, il aurait hurlé devant un tel spectacle. Lénore était pendue, haut et court en dégageant un filet de salive. Harmonie la regardait, elle ne pouvait s'empêcher de rire comme une folle. C'était affreux. Quand brusquement, le corps de la pendue se mit à se mouvoir et à rire à son tour en cœur avec sa sœur vivante. Hein ? En fait, elles s'amusaient à imiter la mort. Elles se pendaient à tour de rôle, une deuxième corde retenait le corps pour éviter le drame. Imiter la mort... C'était un passe-temps. Leur nouvelle aspiration pour le trépas et le glauque inquiétait tout le monde. La passion de la noirceur de l'âme humaine. De la sauce bolognaise sur la tête, du ketchup sur une bonne partie des vêtements, des membres de mannequins et bien d'autres bêtises de ce genre, tout était bon pour effrayer les domestiques et les passants alors qu'elles éclataient de rire quelques secondes plus tard. Harmonie aimait bien faire pleurer sa cadette, elle battait sa propre sœur pour son plaisir, la traînait dans la boue, elle voulait même faire boire de l'eau de javel au félidé mais Lénore était là, elle le protégeait avec ses larmes, avec sa tristesse qui n'inspirait que la pitié. Heureusement que ce jour là, Harmonie n'était pas sérieuse, c'était juste un stratagème pour entendre les sanglotements de sa frangine. Harmonie... Malgré sa beauté glaciale et la sérénité de son nom,elle était en train d'emprunter un chemin bien sombre, celui de ces êtres humains égocentriques qui aime la souffrance d'autrui, elle devenait de la même trempe que cet homme. Et pourtant, Lénore ne pouvait arrêter de la suivre un peu partout, toujours cachée derrière l'aînée pour bondir comme un diablotin hors de sa boîte. Malgré les tortures, malgré les galéjades. A ses yeux, rien de plus qu'un être faible qui lui obéissait au doigt et à l’œil, pourtant, la manipulatrice et l'esclave continuaient de jouer ensemble. Tout changea ce fameux jour, qui a renversé l'échiquier et brisé la joie.

Harmonie et Lénore, les deux sœurs faisaient semblant de se pendre. Tout à coup, un bruit, un craquement. La corde de sécurité céda et Harmonie, qui jouait le rôle du pendu, commençait à s'étouffer. Elle se débattait dans tout les sens, Lénore essayait de la détacher malgré sa fébrilité mais rien n'y pouvait. Elle criait, elle hurlait sur Lénore en lui ordonnant de la détacher sur un ton colérique de désespoir, bardant le tout d'insultes. Sur ces mots, Lénore ne bougeait plus, ses forces l'avaient abandonnées devant cette facette abominable de sa sœur. Le corps de la jeune fille, inanimé, se balançait, en rythme avec les larmes d'effroi. La vivante vociférait sa détresse, mais c'était plutôt les chuchotements de son âme qui se brisait en milliers d'éclats. L'enlaçant une dernière fois avec le désir qu'elle revienne, non, rien ne pouvait plus la faire revenir. Harmonie était morte. Peu après, les domestiques affluaient en masse sous leurs regards effarés, alertant par la même occasion les parents des deux fillettes. A la vue de cette scène lugubre, les mots manquaient pendant un bref instant avant d'entendre la clameur d'une mère désemparée emprunte par la désolation. Elle ne pouvait s'empêcher de larmoyer à grandes gouttes, l'eau de la tristesse cascadant sur le sol. Le père venait de perdre un de ses trésor encore plus précieux que sa propre vie. Harmonie était destinée à un grand avenir, la seule chose qu'elle connaîtra à présent c'est le néant éternel, elle ne sera plus qu'un manque, un vide. Ses derniers mots hantaient encore l'esprit de Lénore, un scène qui se répète dans son esprit, à l'infini.

'' Mais détache moi imbécile... ! alors que Harmonie commençait à suffoquer. Qu'est-ce que tu fous !? Je vais crever... Détache moi bordel !! les yeux exorbités regardant peu à peu vers les cieux, jusqu'à ce qu'on coupe la tête de ce serpent. ''

L'enterrement se déroula une semaine plus tard. La famille fût anéanti, dans le manoir, c'était comme si une nappe du fumée noir flottait dans l'ensemble du foyer, une ambiance morbide et silencieuse. Personne ne pouvait imagine rune telle tragédie, Harmonie était pourtant une fille forte, qu'elle se suicide était un véritable. Qui aurait cru ça de sa part ? Seule Lénore connaissait la vérité et, pris de torpeur, celle de dévoiler cette même vérité qui dérange. Ce n'était plus la même chose. Lady Laura se mettait à pleurer toutes les larmes de son corps le soir venu, on entendait ses cris débordant de détresse, elle ne travaillait plus et restait toute la journée dans le lit, n'avalant plus rien, à retourner le passé dans son esprit, savoir là ou elle avait échouée en tant que mère. C'est un véritable anéantissement, de savoir que quelque part dans notre vie, l'enfant que nous aimions et que nous côtoyons tous les jours a mis fin à ses jours. Survivre à ses enfants est un drame, une géhenne qui se répète à l'aube, encore et encore, une géhenne qui ronge notre âme et notre lumière. Devis se devait de continuer à subvenir aux besoins de sa famille, malgré sa brusque et douloureuse réduction. Il n'arrivait plus à rien, il pouvait contempler le vide pendant des heures sans aucune réaction, ses recherches prenait un peu de retard mais au moins, le travail était fait et l'argent continuait d'affluer. L'argent ne contribue pas au bonheur et même si il aide y parvenir, il ne remplaça jamais un être de chair et de sang, les rires joyeux ici et là, les sourires sincères et malicieux, une enfant tant aimée. Lénore, exemptée d'école, était restreinte au mutisme. Dans sa tête, c'était sa faute, tout était de sa faute, si seulement elle n'avait pas été si faible, si seulement elle n'avait pas hésité. Même si c'était un accident... S'était, une meurtrière. Elle non plus ne riait plus, elle avait perdu toute sa gaieté, son plaisir de vivre, une beauté glaciale ne montrant plus que de la mélancolie, brisée. Elle avait perdu une part d'elle même. Cette même part avait été empoisonnée par le venin du remord, des démons se nourrissant de chacun de ses doutes, de son être entier. Les démons sont venus la hanter, chaque nuit elle entends leurs voix, la suppliant de mourir. Ils ont longtemps été nourrit par une haine proche, toutefois, ils ne pouvait pas encore atteindre Lénore. Ils ne pouvaient pas la dévorer. Tout ces sentiments sont si futiles, nous n'en avons pas besoin. Ils ne sont bons qu'à nourrir les démons. Mais quelles sont ces sensations étrangères ? Le pouvoir ? Le souffle glacial de la faucheuse ? Non, le sang qui se répand. Il vient ternir l'innocence. Une draperie blanc se tâche extrêmement vite pour finalement se teindre de noir. Regardez... Tout le monde a l'air si heureux...

'' Hu... Je ne voix rien... Peut-être... Je sais. Soit il fait nuit, soit je suis aveugle... Vous êtes bien cruels, pour droguer mon sommeil dans la lumière... Pour me tirer de l'ombre et me traîner vers l'aube... L'obscurité me manque déjà, ce songe espéré... Vous êtes pris au piège dans ce doux rêve noble... Je veux retourner dans ce rêve... ''

Les calamités s'abattaient les unes après les autres. Certains parlent d'une malédiction, d'autres des pêchés qu'ils ont commis, quelques uns encore du côté mauvais du cœur des gens. Auparavant plutôt discrets dans leurs actions, les bêtes noirs responsables des enlèvements se montraient cette fois-ci en plein jour et en surnombre, infestant la cité. Les autorités semblaient impuissantes face à ses monstres, à chaque fois qu'un garde disparaissait, un autre grossissait les rangs ennemis. Leurs hallebardes volaient en éclats devant la cuirasse de ces êtres grotesques mais redoutables, les assauts rebondissaient sur chacun d'entre deux. Fort heureusement, au prix d'une dizaine d'innocents, les envahisseurs finirent par disparaître dans une dense fumée nébuleuse, les corps inanimés avaient conservés cette ultime expression de terreur, leur peau était plus froide que la neige. Des statues de glaces qu'on aurait renversé sur le sol, couvertes de craquelures ou bien réduites en morceaux. Les incidents se multiplièrent, les victimes s'entassant, devenant un quotidien. Non, ce n'est pas une vie de savoir qu'à tout moment même la nuit, on nous arracherait à la vie en un clin d’œil. Les chaumières n'étaient pas tranquilles et cela inquiétait le souverain. Malgré sa jeunesse, le prince Crescendo était un homme bon et c'était d'ailleurs démarqué avec cette guerre qui aujourd'hui est ancestrale entre le royaume de Baroque et l'empire Forte. Pendant près d'un siècles, c'est un monde divisé en deux, l’Élégie de la Lune est un Ying et un Yang qui s'affrontent continuellement pour gagner le territoire de l'autre. Si Forte n'était pas aussi obsédé par l'extension territoriale alors rien de tout cela ne serait arrivé. Toujours cette même excuse, le pouvoir, le pouvoir, le pouvoir... Mais quel pouvoir ? La serrure bien entendue. Elle a été découverte il y a bien longtemps, logeant au cœur du palais de Neve, capitale de pays de Baroque et a d'ailleurs été construit à cet usage, pour protéger la serrure. Un démon a déjà voulut s'en emparer il y dix ans. Forte est convaincu que grâce à ce chemin, Baroque assure la prospérité sur ses terres alors qu'il n'en est rien. Une terre promise pavée de lumière, cette lumière que convoitent les hommes depuis la nuit des temps. L'homme est connu pour se détruire lui même, créant par son avidité sans fin les ténèbres. Ce ne serait pas étonnant que les monstres noirs aux yeux d'or soient des émissaires du pays de Forte. Il en était déjà de même pour ce serpent démoniaque qui terrorisait la populace autrefois. Ces phénomènes n'arrivent pas par l'opération du saint-esprit. Seul un cœur assez sombre et cupide est capables de choses aussi effroyables. Le peuple de Baroque pour se défendre avait la foi, celle envers son prince qui croyait en eux, un lien plus rigide que l'acier. Ils étaient le sabre et lui le fourreau.

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Ven 15 Avr 2011 - 1:00
Un soir, on frappa à la porte du manoir des Cantebury. C'était des inspecteurs de police. Ils se présentèrent dans les règles de l'art à la surprise de Devis Cantebury, se demandant ce que la police pouvait bien leur vouloir. Ils enquêtaient sur le meurtre de leur fille, Harmonie, qui avait été retrouvée pendue il y a déjà un mois. Ils n'étaient pas en service et la famille n'avait pas demandé une requête particulière de ce genre auprès des autorités. Alors pourquoi ? Un meurtre ? Ils pensent que Harmonie a été tuée ce jour là et que ce n'est pas un acte de suicide comme tout le monde le pense, cette histoire avait attisé une curiosité étrange qui ne se tarirai que lorsque la vérité éclatera au grand jour. Ne voyant pas d'objection à cela, ils interrogèrent un à un les membres de la famille et domestiques. Lénore était en compagnie de Ikaru lorsque son tour arriva. Ils lui posaient une tonne de question à propos de sa sœur. Elle répondait sur un ton mélancolique et constant, toujours une même voix tiède et sans vie tout en caressant patiemment son compagnon au regard cramoisi. Bien entendu, ce ne fût que mensonges et elle embobina avec légèreté et facilité les inspecteurs. Ne leur parlant pas de cette passion pour la mort qui les avait gagnées et de ce pendre pour de faux. Qui douterai d'une jeune fille ? Quelque heures plus tard, en ayant réuni tout le monde, ils annoncèrent que Harmonie avait bien été tuée. Comment ? Non, ils se trompaient sur toute la ligne, ce n'était pas ça. La cadette avait tout vue, c'était un accident. La police demandait à la jeune fille de les suivre jusqu'au commissariat sans poser de questions. Lady Laura, prit de panique, rattrapa sa fille unique en l'englobant de ses bras, opposée à cette idée, pensant que Lénore était la coupable. Ils la rassurèrent en lui disant qu'elle ne fera que rencontrer un spécialiste qui saura l'écouter, car selon eux, c'est elle qui connait la vérité, c'est elle qui a tout vue. Relâchant son emprise, la mère offrit un dernier baiser à sa progéniture et il en fut de même pour son père. Tenant toujours Ikaru dans ses bras, elle refusait de le laisser à la maison, dans le cas contraire, elle ne dirait rien et resterait chez elle. Cédant au caprice, ils durent accepter que le félidé l'accompagne où qu'elle aille. Arrivé là bas, ils la firent patienter dans une grande pièce remplit de livres, les couvertures dorées sobrement éclairés par un vif feu dans une cheminée. Allongée dans le canapé, la demoiselle se blottissait contre le félin en tremblotant quelque peu. Elle avait peur, peur de dévoiler la triste vérité. Le chat lui répondait en lui lapant la main tout en ronronnant. Une femme au charme imposant entrait dans la pièce. Sa beauté était soulignée par les lueurs des flammes. La pucelle n'était pas pour autant impressionnée et restait stoïque avec son rictus hypocrite. Sa nouvelle interlocutrice ne faisait que répéter les mêmes questions, mot pour mot, des inspecteurs et la fillette lui renvoyait les même bobards en pleine figure, amusée au fond par cette comédie. Cette joute verbale et de ce jeu de regards ressemblait à une partie de tennis. L'une posait la question, tout en connaissant le coup futur de son adversaire, affichant une mine provocatrice. L'autre se contentait de riposter avec ce même regard, jouant un coup plus difficile à contrer pourtant similaire à l'estimation ennemie. Lorsque arriva une frappe plutôt inattendue :

'' Vous sembliez avoir vous et votre sœur un penchant pour tout ce qui tourne autour des défunts. Pourquoi est-ce que votre jeu a-t-il prit une tournure aussi tragique ce jour là ? Tu aurais coupée la corde ? Tu en avais marre qu'elle traite comme être faible, sa victime préférée ? dit l'inspectrice, cherchant à gêner son opposant.
- Je ne vois pas du tout de quoi vous parlez... répondit-elle, les yeux humides, tout en serrant son chat contre elle.
- Nous savons très bien que vous faisiez des jeux étranges, faire semblant de vous pendre, par amusement, en faisait partit. Mais ce jour là, la réalité a prit la place du jeu. Pourquoi as-tu coupée la corde qui la maintenait en vie ? Pourquoi ne l'as-tu pas sauvée ? Tu en avais marre qu'elle te traite comme son souffre-douleur ? Son jouet ? toujours avec cet air accusateur.
- Non... Pourquoi me dire des mensonges... ? Je ne veux pas les entendre... ! Laissez moi dormir... Personne ne peut me laisser dormir ? elle hésitait, sa voix tremblait, ses yeux se noyait dans le liquide lacrymal. Ce n'était pas... Ce que je voulais...
- Tu l'as tuée avoue-le ! elle exclama sur une gamine, son chat grognant sur l'inspectrice.
- C'était un accident ! Lénore finissait par craquer. La corde a lâchée d'elle même ! Lorsque j'ai voulue la sauver, elle m'a hurlée dessus ! Mes forces m'ont abandonnées... Ce n'était pas Harmonie, c'était un monstre ! ''

Lénore éclata en sanglots, affalée sur Ikaru. On aurait dit qui lui aussi, à ce moment là, pleurait en cœur avec sa maîtresse. La tristesse est contagieuse, surtout auprès des êtres qui nous sont chers. L'inspectrice voulait également la consoler mais elle fût vite repoussée brutalement par les deux comparses. Toutefois, malgré ses aveux, elle n'échappera pas à la règles, même si ce n'est qu'une gamine et que ses actes sont involontaires. Elle est considérée comme un meurtrière. Et ici, les criminels... Sont punit par la peine de mort. Aucun procès ne sera fait car on seulement le juge a disparut, de plus, son dernier témoignage était un aveu de la part de la criminelle. Lénore aussi allait quitter ce monde pour rejoindre Harmonie dans les bras du paradis en embrassant la faucheuse. C'est rentrant chez elle, en compagnie des forces de l'ordre, que la jouvencelle annonça la nouvelle à ses proches. Lady Laura fît une véritable crise de nerfs, son visage habituellement chaleureux avait été éclaté par le désespoir, ayant beau serrer sa fille contre elle, cela n'empêchera pas les lois de ce pays d'opérer. Elle régissait depuis la nuit des temps : ceux qui ont ôtés la vie doivent payer ce crime de leur propre existence. Le fait que la condamnée soit encore très jeune ne changeait rien aux règles, les lois sont faites pour êtres appliquées. Pourtant, la juvénile ne semblait pas affectée par quelque chose d'aussi grave que sa propre mort. Elle restait figée avec la même expression sur son visage, rêvassant un peu à droite puis à gauche, la tête sur le côté comme si il était cassé, chacune de ses paroles manquait d'énergie et ne daignait pas vouloir en fournir pour ces mots si vains. La discussion se termina par les gémissements de la génitrice retenue par son cher mari blessé de la même manière que sa conjointe en pleure, n'affichant qu'une modeste larme sur son visage habituellement radieux. Il avait perdu ses deux enfants et il ne pouvait rien faire contre cela. Il était désemparé, inutile, faible face aux forces de la fatalité, alors qu'on emmenait sa dernière progéniture à l'échafaud. La gamine tenait à ce que son dernier compagnon reste auprès d'elle avant l'exécution, elle avait accepter son sort mais n'en restait pas moins aimée dans la réalité, la jeune fille se fichait de tous ceux qui la regretterait, sauf son seul confident, son seul véritable ami. Ikaru. Durant tout le trajet qui menait la coupable et le félidé, elle le serrait contre elle de toute ses forces et le félin en pouvait rien faire, miaulant de désespoir, appelant une intervention divine pour empêcher cette nouvelle tragédie. Rien. Mise à part cette chanson. Une mélodie répétitive que Lénore entonnait sombrement. Son requiem. Cette musique, il l'avait déjà entendu. Elle ressemblait à cet air que jouait Harmonie en duo avec sa jeune sœur. Pourtant il n'y avait pas de paroles, peut-être en avait-elle trouvée, épaulée par l'esprit de sa moitié disparut. Dans des rêves, dans des cauchemars. Elles se voyaient encore, en chantant toute les deux.

♪ Dans les abysses ténébreuses, dans la noirceur des profondeurs...
Il y a un en droit, où leur présence fait grâce, où les diables et les démons sont à l'honneur...
La fille si claire, si radieuse dans le noir...
Se lève pour admirer l'aube de la nuit, le soir...
Promenez-vous librement, errant au loin, flânez sans but et sans tourments...
Flânez sous l'étoile de Satan...
Sa crainte en main, la peur étreint son pauvre cœur...
Et déchire son âme qui se meurt...
La chaire blanche, blanche comme les os...
Seul l'âme délaissée survit aux asticots...
Les pétales tombent et les fleurs se fanent...
Les voix crient '' vient maintenant, vient ici, donnent-nous ton âme ! ''
Ils vont appeler le roi... Vous voulez entendre le Diable chanter ?
Sur vos genoux vous priez pour savoir, quelles graines de destin le Diable a semé.
Le route serpente sans arrêt jusque dans les profondeurs.
Demandé la liberté et demander le pouvoir, la fatalité, l'amour, ce jour juste qui se meurt... ♫


Une bien triste chanson qui cessa immédiatement une fois la voiture arrêtée devant son dernier refuge, son lieu d'exécution. Elle sera mise à mort demain matin, à l'aube. Le corridor descendait dans les tréfonds du palais impérial. Un long chemin jusqu'au cœur ténèbres de ce monde. Les torches ne faisait que refléter son visage stoïque repeint par le silence et la froideur. Les autres prisonniers déblatéraient des obscénités sans noms à la jeune adolescente. On l'enferma dans une cellule humide et ombragé isolée du reste du baraquement, pour seul contact avec l'extérieur, un soupirail affublé de barreaux rouillés vomissant de la neige fondue. Une table abondante en victuailles reposait au fond de la cage, son dernier repas, elle n'avait pourtant pas le cœur à manger, mais plutôt à chanter. La demoiselle répétait son aubade en s'asseyant sur son lit, on lui avait spécialement accordée que ses derniers instants soient avec son acolyte. Ses parents étaient tout près, séparés de leur enfant par des barreaux d'acier froids. La prisonnière restait sur le lit, en les ignorant. Ils tentaient de la réconforter, de lui tendre la main. Elle ne répondait pas. Caressant son chat miaulant sur les genoux de sa maîtresse, elle continuait de chanter. Presque toute la nuit, on entendait sa voix entonner avec la même expression, avec la même frigidité mélodieuse, cette chanson. Devis et Laura Cantebury n'en pouvaient plus, ils s'étaient effondrés sur le sol pour dormir l'un après l'autre, affaiblit par toute ces larmes qu'ils avaient pleurés, pour tout ces efforts vains qu'ils avaient tentés pour conforter leur amour condamné. Le mutisme se fit présent lorsque plus rien ne venait oppresser la fillette. Pas un bruit, pas même le sifflement du roi des glaces qui soufflait le blizzard. Lénore se leva de son lit, sa tiédeur était toujours là, un sourire se mélangeait à cette peinture morbide. Elle se mit à parler toute seule, avec le mur opposé semble-t-il. On entendait sa voix glaciale soudainement réchauffée par cet événement.

'' Oh tu es venue grande sœur ! Je ne t'attendais plus... elle frottait sa tête contre quelque chose dans le noir, on ne pouvait pas voir ce que s'était. La fête va bientôt commencer... Est-ce que nous pourrons... Danser ensemble ? un bruit à peine audible, une sorte de souffle, une étouffement, lui servait de réponse. Oh je suis tellement heureuse... Ne me laisse plus jamais seule... Ikaru est là aussi... Mais ce n'est pas pareil... Que dois-je faire grande sœur ? le son acre recommença. Oui... Tu as raison... Tout le monde dois danser avec nous... ''

Un bruit aquatique vint terminer la conversation, Ikaru les oreilles dressées l'avait vue aussi. Mais comment qualifier cette chose ? Ce n'était qu'une masse informe et dégoulinante. Pourtant Lénore semblait l'aimer, on sentait sa flamme se raviver quand cette abomination était là. La condamnée s'était remise à chanter, elle ne trouvait pas le sommeil. Son compagnon touffu dans le même cas se frottait contre elle, réclamant quelques moments d'affection, les dernières faibles lueurs émanant de Lénore, le peur de chaleur qu'elle pouvait encore prodiguer autour d'elle. L'heure de l'exécution arriva. Il faisait encore nuit dehors et la Lune voulait disparaître dans l'horizon, les nuages ne lui suffisant plus. Cela se déroula au sein même du palais, une pièce de ce genre a été aménagée pour la mise à mort des nobles. On allait la jeter dans ce qu'ils appellent un puits sans fond, l'être cher devait tout simplement sauter dans ce trou qui ne mène nul part. En fait, le fond est si profond qu'il mènerait jusqu'au cœur du monde paraît-il, encore des rumeurs sans fondements. Une bonne partie de la famille de la détenue était là, le Prince Crescendo également qui par devoir se devait d'assister à ces cérémonies macabres. La prisonnière arrivait, vêtue d'une robe à fourreau immaculée surplombé d'un nœud au dessus de sa poitrine, de fines couches de voiles fermaient sa marches. Le blanc, couleur de la vie, on aurait pût la comparer à une robe de marier, mais c'était son dernier vêtement, Lénore adorait le blanc et c'est la dernière chose qu'elle porterait. La jouvencelle tendait Ikaru à ses proches qu'elle salua une dernière fois, le félin se débattait tant qu'il pouvait en grognant. Il fit vite calmé par le sourire de sa belle maîtresse, son ange et la dernière caresse de cette dernière sur sa joue. La jeune fille s'approcha de la surplombée plaque centrale ornée de bas reliefs. On lui offrit un bouquet de roses, blanches également. Ce genre de cérémonie avait une grande importance pour le pays de Baroque, il le considérait un peu comme un renouveau, les défunts allaient rejoindre le cœur du monde. On lui proposa de déclarer quelque chose à l'assembler, refusant cette faveur par le mutisme. Le prêtre commença son sermon, accompagné des pleurnicheries de ces dames. Ikaru contemplait son ange, son regard rubis ne cessait de croiser ces yeux d'un azur profond... Azur ? Une seconde ! Les yeux de Lénore sont couleur lilas et non bleus ! Le Prince levait la main pour faire signe au bourreau de faire son ultime tâche libératrice, sous un miaulement de rage et les souffles coupés brusques de la foule. Lénore disparut dans l'ombre du gouffre. En moins d'une seconde, on venait de la couper du monde. On venait de la faire disparaître à tout jamais. Son bouquet était resté là, il voletait encore. Un long silence régnait dans la salle, la mélancolie était là, sur les joues de beaucoup, or pas un son. La trappe des condamnés se referma. Les fleurs tombaient sur le sol, une pétale de opalescente se détacha d'une des fleur... Brusquement, un geyser dense et noir s'échappa du gouffre dans un fracas assourdissant, une tempête tourbillonnait dans la pièce. Une jeune fille... Lénore, revint du gouffre en flottant dans les airs pour se poser doucement sur le sol, il émanait d'elle une aura violacée si sombre, si désespérée, si inquiétante. Les gardes eurent pour réflexe de pointer leurs armes en direction de la fillette. Elle divaguait, la tête penchée sur le côté comme si son cou était rompu, le regard vide. Ce regard céruléen, il luisait dans un éclat bleuté intense. La porte principale se mit à sursauter. La revenante fixait la porte et la montrait du doigt de son bras vide de toute énergie.

'' N'ouvrez pas... une interférence semblait dominer ses froides paroles. Ça arrive... ! ''

Quelques gardes s'occupèrent de la porte pour la retenir. Ils avaient affaire à véritable monstre. La magie existait certes, mais une telle puissance ne pouvait subsister. De plus, elle avait échapper à la mort à leurs yeux. Le Prince ordonna à ses autres hommes de l'arrêter, ce qu'ils firent en pointant leurs hallebardes en face de l'ange déterré. Ils hésitaient. On sentait leur peur et leur hésitation. Tuer une gamine, tuer cette chose imprévisible. Non, ce n'était ni Lénore, ni une créature de Dieu. Du moins pas la Lénore enjouée et radieuse que tous on connu, mais cette petite fille qui se languissait d'attendre sa grande sœur, celle qui pleurait plus que n'importe qui sa disparition. Elle leva les bras en direction des gardes, fixant le sol de façon précaire.

'' Regarde ça grande sœur... Tout le monde est venu à ma fête... une lance la blessa au niveau de la joue, le sang commençait à couler sur sa joue mate et se rependait sur le marbre claire. Vous n'êtes pas l'oiseau que je cherche depuis si longtemps... elle bougeait doucement sur elle même avant de relever sa tête doucement, comme une poupée, croisant ses yeux de possédée par la froideur du mal avec celui de son agresseur. Oh alors... elle l'écrabouilla à l'aide d'une gigantesque masse noir, tâchant sa robe et son visage blanc, d'une teinte plus obscure que son âme déjà souillée. S'il vous plaît, ne partez pas... Ne me regardez pas comme ça... des javelines transperçaient de part et d'autres de nombreux gardes. Il n'y en a plus un seul... Tout le monde me laisse... Les humains sont tous les même... chantait-elle en continuant son massacre pendant que de téméraires soldats tentaient de la maîtriser avec leur lances. C'est inutile pour une marionnette sans cordes... Pauvre petit chose... Tout le monde doit mourir... Ou que vous alliez, je vous traquerai. Si vous fuyez, je vous rattraperai. Nulle trêve jusqu'à votre mort. Je vous chasserai, encore et encore. alors qu'un geyser obscure balaya ces personnes, plaqués sur les murs à l'aide de piques ombragées plantés dans leurs membres, ils finirent tous par imploser dans une pluie sombre et visqueuse, les survivants effrayés hurlaient, paniquaient, grattaient les murs. Il n'y a pas de fleurs par ici.. Je veux aller en cueillir... Pour grande sœur. ''

Elle tua les deux gardes qui maintenaient la porte en les accablant sous de nombreuses lames de flux ébène. Ikaru était resté là, un peu surpris par la scène, admirant sa maîtresse. Des Sans-Cœurs étaient arrivés en trombe devant la salle, ils semblaient avoir investit toute la ville, la palais y compris. Ils furent vite soufflés par une vague sombre venant de la démente, les survivants finirent écrasés sous des plaques ténébreuses, disparaissant dans une fumée brune. Dans ce nuage surgissait l'asservie revenante, suivit de près par son félin, fasciné de ses yeux rubis par la renaissance de son aimée. Regagnant l'extérieur, elle marchait dans la neige sans se soucier de la température environnante et encore moins des Sans-Cœurs qui l'attaquaient puisqu'ils finissaient par retourner en poussière. Une lumière surgit de l'horizon, elle chassait les doutes nocturnes et les peurs de la nuit, éclairant toute la ville dans un bal de lumière se reflétant par milliers des les miroirs de l'hiver. Le regard de la possédée se figea, prisonnière de la torpeur, se figeant sur place. Lénore se mit à geindre en émettant des petits chuchotements de tristesse.

[b]'' Le voilà... ! elle se mis subitement à genoux, les paumes contre sa tête en espérant que la douleur passe. Je ne sais pas... Je ne peux pas... elle commençait à pleurer, les larmes se répandant sur la neige illuminée. Je ne l'entend plus... Ou est passée cette paisible chanson... ? Je ne veux pas pleurer... Cela fait de la peine à grande sœur... Ce n'est pas toi... Je le savais... Je le savais que le vide de mon cœur ne serait jamais comblé. Ikaru lui fit regagner du courage en lui lapant une de ses mains de sa langue rosée et chaude. Oui... Tu as raison... elle sécha ses larmes avec ses mains glacés et se redressa comme elle pouvait, la lady semblait avoir du mal à se lever, reprenant frénétiquement la marche. Je dois... Continuer... Pour elle. ''

Son chemin fût plus rude à terminer, le pas lent et avec difficulté, elle réussi à atteindre sa destination : le cimetière. Elle s'affala sur une tombe, ses pouvoirs vinrent vite à bout de la plaque de marbre qui la recouvrait toutefois, son aura disparut, envolée comme un oiseau. Il y avait de la terre aussi. La fillette se mit à gratter le sol, à creuser de ses propres mains dans le sol congelé. Ikaru l'aidait comme il pouvait. C'était très difficile et ils passèrent plus de deux heures à creuser. Un bruit de grattement dur se fit entendre. Du bois. Le cercueil. Ils continuèrent jusqu'à déterrer complètement la boîte. La demoiselle l'ouvrit le sarcophage. Elle en sortait le corps et le déposa contre un arbre. C'était Harmonie. La vivante, frigorifiée, se blottit dans les bars de sa fausse jumelle qui l'avait tant manquée. Elle était enfin auprès d'elle. Son cœur ne battait plus mais celui de Lénore n'en avait plus pour très longtemps non plus. Ikaru se posait sur les genoux des deux tendrons. Harmonie n'avait pas changé d'un cil, la putréfaction n'avait pas eu raison de son corps, de son innocence, de sa beauté. Son visage pâle avait les yeux fermés, on aurait dit qu'elle souriait. La souffrante ne pouvait que l'imiter en sentant de nouveau la peau douce de sa moitié.

'' Je ne serais... Plus seule ? Personne ne me quittera plus ? Oh... C'est merveilleux ! Je suis... Je suis tellement heureuse ! ''

Lénore pleurait de joie, le sourire aux lèvres. Elle n'avait jamais été aussi heureuse. Le soleil si radieux habituellement était plus près qu'habituellement, il était devenu rouge et des débris flottaient autour de lui. On ne sentait plus la chaleur venant de lui. L'aube avait fait place au crépuscule. Le blizzard devenait cendre et le vent avait une odeur de mort. Une à une, les constructions cédaient sous la tourmente de la rafale, emportés par cette étoile vermeille au dessus du palais. Les jumelles se tenaient la main, leur compagnon contre elles. Un fracas soudain rompait l'habituel sifflement de l'alizé. Une javeline sombre, comme celle de tout à l'heure, transperçait le torse l'arbre sur lequel ils étaient adossés. Ils partirent ensemble, sur la route des enfers pour finalement rejoindre le paradis, dans un déluge rubis et hématite.

Une vacuité omniprésente, du blanc à perte de vue. Il n'y avait rien ni personne, sauf peut-être un chat, perdu au milieu de l'immensité vide. Le bruit de ses pas feutrés dominait l'air ambiant, jusqu'à brisé ce rêve par le bruit d'une explosion. Ikaru bondit sur lui même. L'endroit était différent. Ils n'étaient plus auprès de Harmonie et de Lénore. Il faisait chaud, très chaud. Un vaisseau. Il y avait une bonne partie des habitants de Neve, les Cantebury au grand complet, Devis et Lady Laura étaient penchés au-dessus de deux cocons en verres. On pouvait y voir les corps de leurs progénitures, l'une affaiblie et bandée de pansements, l'autre, était déjà morte depuis longtemps. Cependant, aura émanait des deux corps, Harmonie enveloppées de vagues aussi sombres que le charbon, Lénore rayonnait d'une réconfortante lumière blanche qui semblait s'affaiblir. Ikaru aussi n'avait pas échappé à l'assaut et était couverts de bandages. Un flash soudain accompagné par un vacarme assourdissant fit sursauter les voyageurs. On apercevait à travers les hublots du vaisseau ce qui ce tramait. Le monde qu'ils avaient connu, dans lequel ils avaient grandis et bâtit leur maison, disparaissait dans les ténèbres, il s'éteignait. On pouvait l'entendre crier de douleur, alors que les Sans-Cœurs, ces êtres méprisables dévoraient tout espoir, toute clarté. Une étoile s'éteignait dans l'immense peinture de l'univers. Il y avait d'autres vaisseaux derrière eux, les derniers survivants de ce monde qui n'était plus. Leur destination était toute tracée : le Jardin Radieux. On avait proposé à Devis de mettre son savoir à contribution de concert avec le scientifique Ansem, offre qu'il refusa pour un contrat plus intéressant, qu'il regrette aujourd'hui. Si ils n'étaient pas venu dans ce monde, rien de cela ne serait arrivé, ses filles seraient avec lui et sa femme en train de sourire, en train de jouir de l'existence. Une nouvelle explosion encore, un vaisseau allié venait de se faire attaquer. Des Sans-Cœurs. Ils étaient vraiment décidés et ne voulaient pas lâcher leurs proies. Certains bâtiments étaient équipés d'armes mais le succès n'était pas garantit, certaines d'entre elles ne sont que des embarcations de sauvetage. C'était un véritable jeu de lumière, des couleurs par milliers, des déflagration colorées digne du printemps, de ces champs fleuris, ces flots d'oiseaux au plumage chatoyant dans un océan radieux tant espéré. Et pourtant, la beauté des spectacles de la vie n'est pas toujours assimilable à cette renaissance sublime ou à la fascination qu'elle prodigue, ce souffle est parfois funeste et emporte tout sur son passage, le tranchant de la faux voyage comme une vague en consumant tel le brasier. Ces immenses oiseaux de métal volaient comme ils le pouvaient, ils tentaient d'échapper à ce sinistre hiver. Ils volaient dans tout les sens, échappant aux multiples assauts de leurs poursuivant. Un de leur avait prit feu, fort heureusement, il cessa aussitôt. Ces vieux coucous tenaient encore la route, leur cuirasse pouvaient au moins tenir une vingtaine de ce genre d'attaques. La pluie de laser continuait. Les rescapés ne pouvaient pas se séparer comme ça et encore moins changer d'itinéraire. Une autre détonation, un des détracteur avait céder sous la riposte. Néanmoins, il y en avait d'autre. Il n'y eu pas de pertes pour le moment. Une annonce venant du vaisseau qui conduisait le groupe vint interrompre les inquiétudes de tous, ou presque. Un trou noir, c'était leur seul moyen d'échapper à leurs traqueurs. Ils n'avaient pas le choix. A travers les éclats éblouissant des agresseurs, le peloton entier passa dans ce raccourcis en quelque sorte, sain peut-être pas, mais sauf oui. Un flash blanc les entraîna dans le vortex, l'embarcation tremblait de part et d'autres mais en quelques secondes, ils arrivèrent de l'autre côté, au grand soulagement de la populace. Pendant plusieurs heures, ils errèrent dans la galaxie en cherchant désespérément la terre promise. Passant de nombreux monde, aucun ne correspondait à leurs recherches et certains des passagers cédaient à la panique en voulant absolument descendre de cette boîte en métal volante.

Enfin, le Jardin Radieux apparut comme une terre promise, ce lieu était aussi somptueux que le prétend son nom. Débarquant en trombe dans la gare, par chance, ils furent accueillit aimablement par les habitants et Ansem ou comme les habitants l'appellent ici, Ansem le Sage, se précipita pour agir en tant que monarque bon et juste. Les réfugiés furent tous envoyés dans un petit hôtel de la ville, ils n'étaient pas bien nombreux, tout juste une cinquante de survivants. Le Prince et la Princesse remercièrent la générosité du monarque et ont promis de faire tout leur possible pour aider l'éclairé dirigeant. Ansem eu l'agréable surprise de croiser de nouveau la route de Devis Cantebury, ce dernier lui demanda un service, il n'avait pas choisit ce monde par hasard et c'était un peu égoïste de sa part, il l'avouait. Un projet. Ansem le Sage effectuait de longues recherches pour percer le mystères des cœurs et Devis espérait que ceux-ci lui permette de retrouver ce qu'il avait perdu. Le gentleman présenta ses deux filles au souverain, Lénore avait été transférée à l'hôpital de toute urgence, quand à Harmonie, elle reposait dans l'un des tiroir de la morgue. Dans le bureau de son hôte, il lui décrivait l'incident qui c'était produit et le scientifique voyait tout de suite cette hypothèse :

'' Une possession. dit Ansem d'un ton clair de sa voix puissante et noble.
- Je vous demande pardon ? répondit Devis, sceptique.
- Les deux jeunes filles devaient être plus que proches, il est claire que leur cœur respectif soit reliés l'un à l'autre par un lien plus fort que l'amour, Lénore a sans doute dût céder son cœur à celui de sa défunte sœur ou peut-être pas, cet incident comme vous me l'avez décrit me laisse perplexe. expliqua le sage d'un calme olympien.
- Mais comment ? C'est impossible ! Comment un cœur aurait-il pût être dans le corps d'une autre personne ? son interlocuteur commençait à s'énerver.
- Du calme... Je comprend parfaitement votre point de vue. Cela ne sert à rien de s'énerver ainsi. il tapota l'épaule de Devis en lui proposant de s'assoir. Or, il est claire que Harmonie manquait sérieusement à sa jeune sœur et a cherché un moyen de se rapprocher encore plus d 'elle. Peut-être même que Lénore et Harmonie... Sont une et même personne.
- Comment !?
- C'est tout à fait faisable. Cependant, c'est le fait que Harmonie soit morte et que c'est après cet événement que Lénore est changée. Un phénomène logique quand on y repense. il réfléchit un instant avant d'hésiter ses prochains propos. Pourrais-je... Ausculter le corps de Harmonie et examine celui de Lénore, si vous me le permettez ? J'y trouverais peut-être des indices pour votre projet... Voulez-vous une glace ? Elles sont à l'eau-de-mer, ne vous fiez pas à son nom, son goût est exquis.
- Si cela me permet de les revoir... Alors je ne dois qu'accepter.. Vous comprendrez que me dois de vous assister durant... L'opération... sa voix tremblait un peu en repensant à ce qui était arrivés à ses filles, il accepta la glace en la dégustant sans la moindre satisfaction, sans la savourer. ''

Dans l'après-midi, le corps d'Harmonie était arrivé avec celui couvert de blessures de Lénore. Une splendeur glacée était étalé sur la table d'opération, on aurait dit qu'elle voulait s'exprimer, parler, raconter son histoire, même si les morts ne parlent pas. L'autre, une délicatesse d'un été doux, sa chaleur réconfortante dominait la pièce. Il y avait Ansem, son assistant le plus fidèle, un certains Even dans la salle en compagnie de Devis. Un air hautain, on sentait que l'âme d'un scientifique coulait en lui, rien que dans son regard. Un garde également armé d'une impressionnante lance surveillait l'opération à l'entrée de la pièce, qui, malgré son visage trapu et sa coiffure atypique, inspirait un peu de confiance. La technologie du Jardin Radieux et celle qu'utilise Devis étaient totalement différentes. Ils placèrent Harmonie et Lénore dans des caissons énormes, semblable à une fleur blanche. Un petit écran décrivait l'état des gamines. Rien que de voir le mot 'décédée' sur l'un des écran, suffit à Devis de verser une larme. Quelque chose interpellait Ansem :

'' Étrange... dixit Ansem en caressant sa barbiche blonde.
- Quoi donc ? interrogea Devis.
- Il nous sera très difficile de l'exploiter pour la faire revenir. Cependant, regardez l'emplacement au centre. il désigna sur l'écran le buste de Harmonie. Le cœur de Harmonie est dans un piteuse état, or il est toujours là. Il est claire que son âme a abandonné ce corps. il semblait se fasciner tout autant que son assistant devant cette découverte.
- Monsieur, c'est exact. Regardez, on voit distinctement un cœur et non deux ou encore un fragment de celui-ci. Il est dans le même état que celui de l'autre sujet. répondit l'assistant, tout aussi perplexe et passionné que son maître.
- Oui... Mmm... Ansem médita en silence avant de comparer les deux écrans. Comment cette petite a-t-elle pût prendre le contrôle d'un autre corps alors ? Me serais-je trompé quelque part ?
- Monsieur, je ne pense pas que ce soit le cœur l'ingrédient dans cette histoire mais autre chose...
- Vous avez raison Even... Ce serait donc en rapport avec son âme ? Cet esprit neutre et vivant sans lumière ou ténèbres ? Malheureusement, on ne peut pas savoir si le corps possède une âme ou non, nous ne sommes pas équipés pour ça. Selon le Lexicon in Veteris Testamenti Libros, ce n'est qu'une substance qui respire, faisant de l'homme et de l'animal des êtres vivant. Nous le voyons bien avec ces deux sujets. il se mit à murmurer dans sa barbe. L'analyse des souvenirs a-t-elle donnée quelque chose ?
- Oui, ils sont assez nombreux pour reconstituer une bonne partie du corps. Il manque beaucoup de sentiments pour les deux sujets. Le cœur de Lénore est encore remplis d'informations, toutefois, quelque chose brouille les pistes. Even semblait gêner, ne sachant pas comment annoncer ça. ''

Brusquement, le pouls de Lénore s'accélérait, l'appareil émettant un son rapide, frénétique et strident. On la voyait se débattre dans la fleur géante. Une aura sombre émanait de la demoiselle, tout comme lors de son exécution. Le garde intervint en pointant sa lance en direction du cocon, près à riposter. L'aura grandissait au fur et à mesure, Lénore gémissait étrangement, sa voix, non, on aurait qu'il y avait deux voix au lieu d'une. La salle se mit à trembler et la possédée haussait le ton, se mettait en colère. Une bourrasque de nuages sombres éclatait à l'intérieur de machine, des flux intenses noir tourbillonnaient autour de la jouvencelle. Puis, l'appareil s'apaisa lorsqu'elle ouvrit les yeux, ses yeux couleurs violets. On ne l'entendait plus gémir. Elle se calmait aussitôt, ne pouvant résister bien longtemps à l'anesthésie qui englobait la bulle. Que c'était-il donc passé ?

'' Ce ne sont pas des ténèbres monsieur.
- Et ce n'était pas Lénore non plus... notifia Devis, troublé par ces évènements, il ne savait plus quoi penser ou dire.
- Non, je vois. Nous ne pouvons peut-être pas le voir mais nous pouvons le déduire. Devis, votre fille, Harmonie, elle est en vie. Elle est à l'intérieur de Lénore. Son âme est encore là près de nous, c'est une chance inespérée ! dit Ansem, déterminé, en secouant Devis qui de ne daignait pas le regarder. Rien n'est perdu messieurs. Even, transféré ces demoiselles dans la salle de l'ordinateur principal.
- Monsieur, il y a quelque chose qui ne va pas. Il nous manque des éléments essentiels à la reconstruction d'un cœur. Nous devons l'opérer dans ce monde là mais c'est beaucoup trop risqué pour les deux sujets, il y a une chance sur deux pour que tout les cobayes en sortent indemne...
- Je pensais à la même chose Even... Nous allons les envoyer à l'intérieur. Les informations que l'ordinateur contiens sont précieuses et pourront reconstruire un cœur à l'une et à l'autre. Transférer son âme, sera une autre pair de manche. Nous informatiserons Lénore et deux de ses compagnons les plus proches.
- Le système est encore expérimental ! interrompit Even.
- Je suis confiant, il ne m'a jamais déçu jusque là. Une personne a besoin d'amour et d'affection, deux des éléments qui constituent un cœur.
- Mais nous avons aussi besoin de ténèbres et de lumière et Harmonie n'en a plus !
- Ne jouez pas les insolents, Even. J'avais prévu cette éventualité, les deux personnes qui l'accompagneront seront là pour lui fournir ces éléments. Ansem se tourna vers Devis en cherchant de lui expliquer la situation avec tact. Dans les proches de Lénore et de Harmonie, n'y a-t-il pas deux personnes qui seraient dévouées à séjourner en sa compagnie ? Ces personne ne seront plus avec nous pendant un bon moment et il y a des risques pour qu'elles ne reviennent pas. Si vous voulez abandonner, je comprendrais. Je ferais tout mon possible pour que tout le monde soit en vie. C'est un peu jouer avec la vie et se prendre pour un dieu, mais c'est notre seul option.
- Je...
- Non, vous vous devez rester ici avec nous pour contrôler ce qui ce passe via le monde réel. accrocha Even d'un ton frigide.
- Il y a bien sa mère et peut-être son animal de compagnie... Je ne sais pas si ma femme acceptera... Combien de temps durera le processus ? alors que sa voix tremblait.
- C'est l'affaire de quelque mois, le temps de rassembler tout les composants et de finaliser le cœur. Ensuite nous créerons un nouvel avatar à partir du corps d'origine pour le patient Harmonie et transférerons son âme dans ce corps remis à neuf. Elle subira ensuite le même suivit que le patient Lénore... Devis le prit par le col en le plaquant contre le mur, le garde tentant de les séparer.
- Arrêter de traiter mes filles comme de vulgaires jouets pour vos d'expériences.... ! le chef de famille le lâchait en tentant de se calmer, respirant fortement, les nerfs à vifs, tandis que son locuteur riait doucement de satisfaction.
- Je comprend votre colère Devis et le comportement de mon disciple n'est pas très acceptable... N'ayez crainte, tout ce passera très bien tant que je serais à la tête de ce projet. le dirigeant emmena Devis à l'extérieur en le réconfortant.
- Tss, encore un apprenti sorcier qui fait le beau auprès de monsieur Ansem... Si ça ne tenait qu'à moi, j'aurais examiné de plus près ces deux magnifiques sujets. Je suis un scientifique. J'ai l'âme d'un chercheur. Qu'est-ce que je peux y faire ? marmonnait-il comme narguant le garde à dreadlocks non loin de lui, qui pourtant restait stoïque au discours du dit chercheur. ''

Le lendemain, Lady Laura avait accepté d'accompagné Lénore dans un autre monde, elle était résignée à sauver ses enfants, quitte à perdre la vie pour sauvegarder celles de ceux qu'elle aime. Le deuxième sujet était Ikaru, il n'abandonnait jamais ses maîtresse et a jouer selon le père, un rôle de confident, quelqu'un sur qui on peut compter. Ce n'était pas un banal animal de compagnie, mais un ami, un membre de la famille. La salle était illuminée de part et d'autre par des espèces de néons. On plaça Lady Laura et Ikaru sous des cloches en verres, Lénore y était déjà, endormie. Ansem pianotait sur le clavier à une vitesse folle, Even prenait des notes en observant ses cobayes. Le monarque se retournait vers son audience.

'' Vous êtes prêts ? Il n'y aura pas de retour possible avant un bon moment.
- Oui... J'en suis consciente mais je dois le faire... elle appuya ses mains sur la paroi en verre, sa respiration se posait sous forme de buée, le dernier souffle d'une mère qui fixait Lénore avec adversité. Pour elles... cette fois-ci à son mari, pleine d'espoir. Au revoir, mon amour.
- Au revoir, ma bien aimée. Nous nous reverrons bientôt je te le promet, tout les quatre. il était accroupi contre la capsule de sa femme.
- J'en suis persuadée... ''

Aussitôt dit, aussitôt fait. Ansem abaissa une manette et des éclairs surgissaient d'un motif mural, les néons blafards décrivant un espèce de cercle qui avait pour centre un minuscule canon. Celui-ci tira plusieurs petits éclairs, sur les trois comparses, Lady Laura, Ikaru et Lénore. Le trio se figea sur place. Des petits carrés bleutés les divisaient. Ces même ensembles disparaissaient un à un dans un un laser aspiré par le canon. Ils s'effaçaient de la réalité petit à petit pour finalement, ne plus être là. Tout reposait à présent à l'intérieur.

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Ven 15 Avr 2011 - 21:39
Un écho. Une résonance. De l'eau. Un réveil un peu trop brusque. Le jeune garçon sursauta sur lui même, il flottait dans un tube en verre rempli d'une eau verdâtre et luisante. Il y avait d'autres de ces capsules à côté de lui. La paroi en verre s'abaissa, le niveau du liquide diminua rapidement. Le sujet tomba sur le sol, nu, crachant de l'eau, glacé jusqu'aux os. Un bien étrange individu pourvu d'oreilles félines, son regard cramoisi était tout aussi louche, ses cheveux sombres comme le charbon étaient trempés, il tremblait de froid. Des espèces de gardes s'empressèrent de le relever par la force. Un individu curieusement vêtu d'un ensemble gris et fluorescent aux lueurs orangées qui le recouvrait strictement des pieds à la tête s'approchait de lui avec son air rébarbatif. L'homme le dévisageait, le jugeait, c'était un objet à ses yeux, une marchandise. Après avoir pianoter sur sa tablette, il posa son doigt sur la poitrine du jeune homme, une combinaison apparut, un matricule. Il fit signe au garde de le mettre avec les autres. Ces derniers le poussèrent de force à l'aide de leur armes derrière un autre individu, une copie. Une longue file, presque interminable, des êtres qui lui ressemblaient comme deux gouttes d'eau ou presque. Certains avaient des parties entière recouvertes d'une masse noir pourvues de nervures, un visage, le buste, les spécimen avaient tous une immatriculation différente et pourtant, tout ces êtres se ressemblaient. C'était un hall, des néons bleutés parcouraient l’entièreté de la salle. Des soldats étaient placés le long de la rangée. Un des individus tenta de s'échapper. Pourquoi ? Personne ne le savait. Il se fit très vite immobilisé par les gardes puis en le voyant de plus près, ils l'éventrèrent sans conditions. La victime poussa un long vagissement de douleur avant de disparaître dans un nuage de numéros, s'effaçant peu à peu. Bon nombre de personnes ravalèrent leur salive et leur courage. Arrivant au bout, un embranchement, deux couloirs. Un autre contrôleur tout aussi dédaigneux que son collègue se tenait entre ces deux allées, reluquant le garçon sévèrement. Beaucoup des siens étaient partis vers le chemin de droite, or lui, on lui indiquait d'aller à gauche. Sceptique sur le moment, il hésita un instant, hésitation qui ne prit pas bien longtemps avant qu'une décharge électrique du bout des lames des geôliers. Pénétrant lentement dans le corridor, les lueurs bleu lui donnait mal à la tête, titubant maladroitement, les bras de Morphée l'ont attrapé, s'effondrant sur le sol, à bout de forces.

…Nom du programme... Le Compagnon...
Le chant des oiseaux rompait la somnolence, deux rubis se montraient avec timidité. Il pouvait sentir les végétation sur sa peau, la flore dégageait une odeur si délicate, si enivrante, se mélangeant avec les couleurs des limbes à merveille, un concert qui éblouit les sens. Un jeune homme se levait, affublé d'un ensemble gris parsemé de rayures fluorescentes, balançant sa tête sur le côté, emportant sa chevelure ébène avec l'aquilon parfumé. Agitant ses oreilles félines, un long bâillement laissait entrevoir brièvement ses crocs saillants. Sa tête lui faisait affreusement mal, une migraine accompagnée des grognements du garçon. Un jardin. Il venait de se réveiller dans un square, la flore y était si colorée, si noble, si captivante. Un chemin circulaire se dispersant ici et là dans l'intégralité du jardin rejoignait un belvédère en marbre immaculé dominant le centre, un large voile dissimulant l'intérieur de la plate-forme, un rideau voulant masquer l'évidence. Le parc était bordé de hauts barreaux en fer noir et pointus, on apercevait l'extérieur, une étendue blanche, tout ce qu'il y avait de plus morne et vide, la porte cependant donnait sur une route de pavés offrant uniquement pour horizon une lueur bleuté. L'humanoïde longeait les parterres en appréciant les délicates effluves de la nature, levant les rideaux multicolores de l'entrée du belvédère, c'était un tout autre endroit, un tout autre paradis. Malgré la pénombre, des filets de lumières transparaissaient sur l'ensemble de la pièce tel un prisme, des arc-en-ciels dansant avec les ombres. On aurait dit une chambre. Une lourde bibliothèque vomissant de nombreux ouvrages, la pierre grise et froide du sol recouverte par un tapis persan reflétant des teintes magnifiques, un piano à queue à la robe vierge sans fardant, un lit à baldaquin carmin fermait la décoration du lieu. Une femme était à genoux auprès du lit. Une trentaine d'années, un chignon quasi-parfait coiffait sa chevelure dorée avec une rose pour broche et les quelques mèches rebelles enroulées sur elles-même flottaient majestueusement à chacun des gestes gracieux de la jouvencelle. Une robe à tournure d'un rouge éclatant affublé de dorures en formes d'aile habillait divinement la belle, son opulente poitrine était soutenue, encadrée par la dentelle blanche du vêtement. En entendant venir l'excentrique individu, elle se retournait, partageant la douceur mystérieuse de son visage. Un regard profond comme l'océan contrastait la triste fermeté de cette expression de façade, une rigidité craquelée par la chaleur qui émanait de cette jeune femme, celle qu'elle voulait apporter, et par la mélancolie qui l'accablait. Levant le bas de son imposant vêtement, elle se précipita auprès du damoiseau, remarquant par la même occasion ce qui se couvrait dans la couche. Une adolescente était là, rejoignant ses mains, priant. Sa chevelure claire serpentant sur l'oreiller, sa longue robe vermeille refaisait sortir son innocence, comme gravée. Elle avait les yeux fermé. Des câbles dorés scintillaient, sortant grossièrement du sol, flottant comme des anguilles jusqu'à leur proie, ils étaient reliés à elle, les fils pansaient son front, des morsures en forme cœur, leurs crocs plantés dans sa peau halé. Elle dormait paisiblement sans un bruit. On aurait dit qu'elle était morte. Ignorant son interlocutrice quelque instants, le damoiseau posa sa tête contre la belle assoupie, joignant ses mains avec les siennes. Cette chaleur. Elle lui avait tant manquée. Cette affection, ce contact unique avec celle qu'on aime. La femme fixait tristement le couple, bouleversée par la vérité.

'' Ikaru, te voilà enfin. dit-elle amèrement. Elle ne c'est toujours pas réveillée... On nous a dit d'attendre mais... J'ai peur pour elle Ikaru...
- Elle se réveillera Lady Laura. c'était la première fois qu'il parlait, bien entendu, il ne s'en rendait pas compte, les chats ne parlent jamais car ils sont honnêtes et les êtres humains ne supportent pas la vérité, c'est par compassion et par dévouement qu'ils s'enferment dans un mutisme enrobé d'amour, leur parole ne sont que des gémissements. Nous devons avoir confiance en ceux qui sont restés en haut.
- … ses pupilles tremblaient, hésitante, intimidée par ce que réservait l'avenir. Mais... Si elle...
- Cela n'arrivera pas ! haussant la voix, marquant son refus devant cette option, il n'envisageait pas une telle chose. Nous avons une mission et si nous l'accomplissons, Lénore et Harmonie seront de nouveau des nôtres. Nous devons y croire, avoir la foi. Même si elle est encore dans cet état, nous ne pouvons que prier pour le moment en attendant l'instant fatidique... ''

Ikaru sorti du belvédère de la pénombre, rageur, là ou sa maîtresse rêvait peut-être du pire. Il ne pouvait pas la réveiller cette fois en miaulant ou bien se blottir contre elle pour la consoler, pas comme le ferais une vulgaire peluche, plutôt, comme un compagnon, un ami. Il frappait le mur le plus proche, la base du pavillon en pierre. Le mur se fissura. Pourtant, Ikaru était plus faible qu'une brindille à ce moment, il se sentait inutile, impuissant. Un liquide chaud cascadait sur ses joues. Des larmes ? C'était un mélange de joie et de mélancolie. Ce n'étais plus animal dénué de compréhension pour ces individus, il faisait partit des leurs à présent, il pouvait s'exprimer, agir, choisir. Il pouvait enfin l'aimer. Seulement, est-ce que ce sentiment était réciproque ? Pourra-t-elle encore aimer à son réveil ? Il ne valait mieux pas trop y penser et rester naïvement optimiste. Sillonnant les allées florales en mettant de côté ses soucis, le petit parc privé était magnifique, chaque fleurs resplendissait dans une explosion de couleurs, la rosée perlait les feuilles comme une rivière de diamants. Sa curiosité bestiale ne pût cependant résister à cette immense grille ainsi qu'à cette éclat intrigant à l'horizon, valsant comme une chandelle dans cet océan immaculé qui les cernait. L'humain génétiquement animal eu un peu de mal à l'ouvrir aux premiers abords et c'est dans un grincement affreux que la barrière s'ouvrit. La refermant derrière lui, l'excitation martelait sa poitrine. Intrigué par cet arrière-plan qui le narguait, le félidé suivit le chemin de pavés qui semblait ne jamais se terminer, qu'il était plutôt en train de brûler dans un incendie azur.

Au bout de l'interminable route, c'est une tout autre dimension qui s'offrait à ses yeux, un autre monde près du sien. Une brèche incongrue donnait sur un imposant couloir, les murs, le sol, tout était illuminé par des néons blafards. Il avait déjà vue cet endroit, ou peut-être pas, une impression de déjà-vu mais à la fois une ignorance totale de ces lieux. Pénétrant dans le passage mystérieux, des bruits rompirent sa halte et il se précipita derrière la brèche, dans le coin, surveillant la scène. Des espèces de petits robots articulés aux gestes brefs et brusques apparaissaient pour prendre ensuite un autre chemin. Un de automate s'arrêta net. Sa tête bascula rapidement en direction de la brèche et Ikaru eu pour réflexe de se plaquer contre le mur. Est-ce qu'il l'avait vue ? Plutôt deux fois qu'une. En jetant un rapide coup d’œil en croyant qu'il était partit, c'est une ribambelles de ces choses qui reluquait le Compagnon. Surpris, il écartait ses bras, de puissantes griffes s'extirpèrent du bout de ses pattes. Une mine colérique, serrant les crocs, il se lança à l'assaut immédiatement. Les androïdes en furent de même et leur allure ridicule ne représentait pas du tout leur dangerosité, bien au contraire, ces adversaires improvisés étaient redoutables. La tête du damoiseau lui dictait ses mouvements, une procédure à suivre, des données déjà acquises, comment se fait-il qu'il savait aussi bien se battre ? Par réflexe ? Non c'était autre chose. Ce n'était pas le moment de réfléchir à ça, il fallait agir. Une pluies de coup électrifiés frappait sans retenue sur son corps frêle. Se dégageant de ses agresseurs par une pirouette au dessus de l'un des leur, le décapitant par la même occasion, ayant pour réaction d'emporter l'ennemi dans un nuage de poussières violacée et de numéros flottants. Un flash. Encore cette impression de déjà vue. Pensant à cela, le chat se fit balayé par une des marionnette, l'envoyant valser un peu plus loin avant de venir s'écraser sur un mur. Ikaru se releva immédiatement en tournoyant, bondissant sur l'un des antagoniste, accroché à sa tête à l'aide de ses jambes, pour le griffer sauvagement au visage, il eu la même réaction que son prédécesseur une fois vaincu. Les griffes acérées du fauve découpaient, tailladaient, tranchaient dans tout les sens, une danse bestiale plus aiguisée que le vent. Le démarrage avait certes été lent mais une fois la chasse commencée, plus rien ne peut arrêter ce prédateur. A peine il se relevait qu'il rétractait ses lames plus rigide que l'acier, avant de coller sa patte contre le buste de deux machines opposés pour les transpercer d'emblée en ressortant directement ses sabres corporels. Esquivant les heurts avec automatisme et une rapidité impressionnante, l'adolescent se releva en taillant en pièces deux autres offenseurs, s'emportant une nouvelle fois dans les airs en décrivant une véritable lame volante, découpant une suite de ces choses. Réapparaissant derrière ses derniers ennemi, il les éventrait férocement dans la surprise, n'affichant pas la moindre compassion, les tuant de sang-froid. Les dernières vapeurs ténébreuses et numériques s'effaçaient. Un autre bruit, encore des ennemi ? Des pas qui s'éloignaient, rien de plus, pour faire place a silence, à l'énigmatique, aux questions. Un tas de ces interrogations le bouleversaient. Sa tête lui faisait mal, une géhenne infernale. Se maintenant le crâne, ne désirant qu'une chose : que la douleur s'arrête. Mais plus les questions se multipliaient et plus le supplice se manifestait violemment. Sa vision se troublait, tout était flou autour de lui, fondait dans un blanc...

… Un son aigu insupportable, son corps... Son cœur... Il voyait son cœur... Il voyait son cœur en dehors de son corps... On lui enlevait son cœur.... Non ! ...
Ce parfum qui se grave dans votre mémoire, il force vos souvenirs par cette puissante fragrance, pas dans le mauvais sens bien au contraire, comme si l'être aimé se jetait à votre cou en exhibant une extrême et sincère joie par le simple fait de vous revoir. Une effluve qui vous prend avec elle et vous emporte jusqu'aux cieux. La vision rougeoyante du félin réapparut. Sa tête lui faisait un mal de chien et ce n'est pas qu'une façon de parler. Soudainement... C'est un air de piano qui c'est joué du temps en l'arrêtant subitement, les pétales emportées par le mistral tiède tournoyaient au ralentis, il n'y avait plus rien d'autre que cette apparition enchanteresse. Lénore Cantebury, elle était accroupie sur le parterre de fleurs au pied de Ikaru. Elle le regardait en souriant simplement. Elle était toujours aussi belle, toujours aussi radieuse. Les yeux du jeune homme brillaient de milles feux et de milles eaux, émerveillé et larmoyant, il se jeta dans les bras de sa maîtresse. Elle lui avait tant manquée, cette Lénore heureuse à la chaleur divine, elle était son idole. Le serrant dans ses bras, la demoiselle respirait l'apaisement, le soulagement de savoir qu'il était là aussi. Des retrouvailles tant espérées.

'' Oh Ikaru... Tu m'as tellement manqué. dit-elle emplie de quiétude. C'était un cauchemar sans toi.
- Pareil pour moi, je t'ai enfin retrouvée, ma lumière. lui répondit-il se serrant de plus en plus proche d'elle. Cela fait longtemps que tu es réveillée ?
- Seulement depuis hier, tu était là quand je me suis éveillée. C'était un peu douloureux... sa voix tremblait en prononçant ces mots mais fût vite remplacée par une énergie salvatrice et sereine. J'ai attendu ici, maman me disait de rentrer mais je voulais rester auprès de toi.
- Je ne te quitterai plus Lénore, c'est une promesse, c'est mon devoir ! la fixant, plus déterminé que jamais. Je te protégerai pour que tu ne souffres plus.
- Merci... Ikaru... Moi aussi, j'ai retrouvé ma lumière. ''

Une étreinte qui ne semblait jamais finir, ils ne voulaient pas se séparer l'un de l'autre, ils voulaient être ensemble pour l'éternité. Ils repartirent, Lénore sautait à cloche pied devant en faisant signe à Ikaru de la rejoindre dans le belvédère. Lady Laura interpella le félidé en le retenant par l'épaule.

'' Nous devons la protéger. annonça-t-elle avec sévérité.
- Je sais, j'en ai fait la promesse et je ne l'oublierai pour rien au monde. lui répondit-il.
- Il y a eu un problème...
- Pardon ?
- Je ne sais pas trop comment décrire ce phénomène. Lénore a subitement criée et je ne pouvais rien faire... Elle souffrait, voir ma propre fille se faire du mal alors que nous sommes... Impuissants. C'est une torture encore plus atroce. sur une note tremblotante et éprouvante. elle empoigna Ikaru par les épaules, rageuse. Tu sais ce que c'est que de voir ceux qu'on aime souffrir comme ça !?
- Oui, j'ai connu la même chose. écartant les mains de la mère colérique d'un geste brusque de son bras. Et ça ne sert à rien de s'énerver ainsi. Lénore est en vie c'est tout ce qui compte. Il n'y a pas qu'elle qui doit traverser de telles épreuves, c'est notre tour d'endurer ses tourments.
- Justement. Alors qu'elle se tordait de douleur, j'ignore ce que c'était mais, des créatures sont venues, elles voulaient rentrer. pensive, on sentait très bien son inquiétude. Elles n'étaient qu'une poignée et la barrière semblait suffire pour le moment, je doute que ce sera le cas la prochaine fois.
- Des créatures ? Ikaru, redoutant la réponse avec étonnement. Elles étaient noirs ?
- Oui, comment le sais-tu ? affirma-t-elle, tout aussi surprise.
- Je suis allé de l'autre côté du jardin, vers cette lueur bleue à l'horizon. on sentait qu'il n'était pas très fier de son geste, ses oreilles se pliant sous la honte. Une flopée de ces choses m’accueillaient gentiment. J'ai réussi à les repousser. Cependant, les prochaines fois... Vous voulez-dire que Lénore va encore... ?
- Oui, elle me l'a dit. Son '' rêve '' lui dictait de se brancher de nouveau à ces choses lorsque le moment était venu. Cela fait partit du processus, elle n'est pas encore tout à fait rétablie et il lui manque quelques notions.
- Très bien, alors nous seront ses boucliers. dit-il, serrant le poing ou plutôt, la patte, pour se rassurer. Au péril de nos vies nous protégerons ce trésor plus cher que n'importe quoi. ''

Dans la terrasse couverte, l'adolescente lisait un livre et tenait rigueur à ses compagnons leur retard avec une moue boudeuse, tapant leur tête avec le livre en question. Une couverture couleur briques aux dorures sur le thème de la nature. C'était un recueil de contes et de poésies, l'auteur des textes n'était autre que Edgar Allan Poe. Lénore soulignait sa préférence pour un poème en particulier intituler le Corbeau, racontant la tristesse d'un homme qui avait perdu sa chère et tendre. Elle implorait sa génitrice de lui lire ce poème. Lady Laura ne pouvait rien refuser à ce petit ange aux cheveux blancs. Elle s'assit donc sur le rebord du lit, reprenant l'ouvrage à la page du passage. Lénore sur le ventre en balançant ses jambes comme une intriguée jeune fille écoutait attentivement, Ikaru s'enroulait auprès d'elle en fermant les yeux, ronronnant.

« Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela, et rien de plus. »

Ah ! distinctement je me souviens que c’était dans le glacial décembre, et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie. Ardemment je désirais le matin ; en vain m’étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse, ma tristesse pour ma Lénore perdue, pour la précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore, — et qu’ici on ne nommera jamais plus.

Et le soyeux, triste et vague bruissement des rideaux pourprés me pénétrait, me remplissait de terreurs fantastiques, inconnues pour moi jusqu’à ce jour ; si bien qu’enfin, pour apaiser le battement de mon cœur, je me dressai, répétant : « C’est quelque visiteur qui sollicite l’entrée à la porte de ma chambre, quelque visiteur attardé sollicitant l’entrée à la porte de ma chambre ; — c’est cela même, et rien de plus. »

Mon âme en ce moment se sentit plus forte. N’hésitant donc pas plus longtemps : « Monsieur, — dis-je, — ou madame, en vérité j’implore votre pardon ; mais le fait est que je sommeillais, et vous êtes venu frapper si doucement, si faiblement vous êtes venu taper à la porte de ma chambre, qu’à peine étais-je certain de vous avoir entendu. » Et alors j’ouvris la porte toute grande ; — les ténèbres, et rien de plus !

Scrutant profondément ces ténèbres, je me tins longtemps plein d’étonnement, de crainte, de doute, rêvant des rêves qu’aucun mortel n’a jamais osé rêver ; mais le silence ne fut pas troublé, et l’immobilité ne donna aucun signe, et le seul mot proféré fut un nom chuchoté : « Lénore ! » — C’était moi qui le chuchotais, et un écho à son tour murmura ce mot : « Lénore ! » — Purement cela, et rien de plus.

Rentrant dans ma chambre, et sentant en moi toute mon âme incendiée, j’entendis bientôt un coup un peu plus fort que le premier. « Sûrement, — dis-je, — sûrement, il y a quelque chose aux jalousies de ma fenêtre ; voyons donc ce que c’est, et explorons ce mystère. Laissons mon cœur se calmer un instant, et explorons ce mystère ; — c’est le vent, et rien de plus. »

Je poussai alors le volet, et, avec un tumultueux battement d’ailes, entra un majestueux corbeau digne des anciens jours. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta pas, il n’hésita pas une minute ; mais, avec la mine d’un lord ou d’une lady, il se percha au-dessus de la porte de ma chambre ; il se percha sur un buste de Pallas juste au-dessus de la porte de ma chambre ; — il se percha, s’installa, et rien de plus.

Alors cet oiseau d’ébène, par la gravité de son maintien et la sévérité de sa physionomie, induisant ma triste imagination à sourire : « Bien que ta tête, — lui dis-je, — soit sans huppe et sans cimier, tu n’es certes pas un poltron, lugubre et ancien corbeau, voyageur parti des rivages de la nuit. Dis-moi quel est ton nom seigneurial aux rivages de la Nuit plutonienne ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Je fus émerveillé que ce disgracieux volatile entendît si facilement la parole, bien que sa réponse n’eût pas un bien grand sens et ne me fût pas d’un grand secours ; car nous devons convenir que jamais il ne fut donné à un homme vivant de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre, un oiseau ou une bête sur un buste sculpté au-dessus de la porte de sa chambre, se nommant d’un nom tel que Jamais plus !

Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique, comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme. Il ne prononça rien de plus ; il ne remua pas une plume, — jusqu’à ce que je me prisse à murmurer faiblement : « D’autres amis se sont déjà envolés loin de moi ; vers le matin, lui aussi, il me quittera comme mes anciennes espérances déjà envolées. » L’oiseau dit alors : « Jamais plus ! »

Tressaillant au bruit de cette réponse jetée avec tant d’à-propos : « Sans doute, — dis-je, — ce qu’il prononce est tout son bagage de savoir, qu’il a pris chez quelque maître infortuné que le Malheur impitoyable a poursuivi ardemment, sans répit, jusqu’à ce que ses chansons n’eussent plus qu’un seul refrain, jusqu’à ce que le De profundis de son Espérance eût pris ce mélancolique refrain : Jamais, jamais plus !

Mais, le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l’oiseau et du buste et de la porte ; alors, m’enfonçant dans le velours, je m’appliquai à enchaîner les idées aux idées, cherchant ce que cet augural oiseau des anciens jours, ce que ce triste, disgracieux, sinistre, maigre et augural oiseau des anciens jours voulait faire entendre en croassant son Jamais plus !

Je me tenais ainsi, rêvant, conjecturant, mais n’adressant plus une syllabe à l’oiseau, dont les yeux ardents me brûlaient maintenant jusqu’au fond du cœur ; je cherchais à deviner cela, et plus encore, ma tête reposant à l’aise sur le velours du coussin que caressait la lumière de la lampe, ce velours violet caressé par la lumière de la lampe que sa tête, à Elle, ne pressera plus, — ah ! jamais plus !

Alors il me sembla que l’air s’épaississait, parfumé par un encensoir invisible que balançaient des séraphins dont les pas frôlaient le tapis de la chambre. « Infortuné ! — m’écriai-je, — ton Dieu t’a donné par ses anges, il t’a envoyé du répit, du répit et du népenthès dans tes ressouvenirs de Lénore ! Bois, oh ! bois ce bon népenthès, et oublie cette Lénore perdue ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Prophète ! — dis-je, — être de malheur ! oiseau ou démon, mais toujours prophète ! que tu sois un envoyé du Tentateur, ou que la tempête t’ait simplement échoué, naufragé, mais encore intrépide, sur cette terre déserte, ensorcelée, dans ce logis par l’Horreur hanté, — dis-moi sincèrement, je t’en supplie, existe-t-il, existe-t-il ici un baume de Judée ? Dis, dis, je t’en supplie ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Prophète ! — dis-je, — être de malheur ! oiseau ou démon ! toujours prophète ! par ce Ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons, dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain, elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore, embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore. » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

« Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon ! — hurlai-je en me redressant. — Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la Nuit plutonienne ; ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré ; laisse ma solitude inviolée ; quitte ce buste au-dessus de ma porte ; arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »

Et le corbeau, immuable, est toujours installé, toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, — jamais plus !


Refermant le bouquin, il était déjà l'heure pour la belle d'aller dormir, qui restait ébahie devant la plume de l'auteur et également parce que son nom était dans le poème. Elle avait besoin de sommeil ce qui n'était du même avis de Lénore qui, une fois couchée, s'endormit comme une pierre. La journée avait été éprouvante pour elle, pour tout le monde d'ailleurs. Ikaru n'avait pas besoin de sommeil, mais il fût exception à la règle lorsqu'il rejoignit le dessus du lit, près de la jouvencelle. Un doux rêve qui devenait réalité.

… Nous allons... Donner... Être plus fort... Un nouveau corps ?...
Le matin était venu, le ciel n'avait pas changé d'un nuage, toujours ce blanc uni pour seul ombre ce lieu. Voilà donc pourquoi des rideaux couvrait l'esplanade transformant cette estrade en chambre aménagée, en cocon. Ikaru s'était réveillé en premier, il avait encore fait ce rêve. Les mots changeaient à chaque fois, le visage également. Le rêve ne se finissait pas comme ça, à la fin, tout était noir et des mots luisaient devant lui. Était-ce des souvenirs ou juste le fruit de son imagination ? Il l'ignorait et ne voulait pas le savoir, il voulait juste que ça s'arrête, que ces maux de tête s'en aillent pour faire plus de place à celle qui doit occuper son esprit : Lénore. La demoiselle dormait encore, le souffle court, elle était si belle les yeux fermés. Ikaru ne se lassait pas de la contempler, il pourrait faire ça toute la journée. Cependant, Lady Laura arriva, l'entraînant dehors. Elle avait l'air furieuse malgré sa beauté constante, derrière ce masque ce cachait une âme bien sombre.

'' Aujourd'hui encore, des données lui seront transférées, de nouvelles émotions. Elle n'a reçu que quelques avatars, d'autres sont censés arriver dans peu de temps. elle était un peu affolée en annonçant cela. Je suis certaine qu'il y aura encore ces monstres pour nous attaquer.
- Attendez un peu. Les avatars ?
- Oui, ce sont des émissaires, des messagers récoltant des informations sur des sentiments. Les émotions qu'il manque à Lénore pour redevenir celle que nous connaissions, une humaine avec un cœur pur et intact. C'est du moins ce qu'on m'avait dit à l'extérieur en plus des affirmations de ma fille. ''

Un bâillement rompit le sujet. Lénore était là sur les escaliers en train de somnoler debout, elle appelait sa mère et lui précisa que c'était le moment. Ikaru voulait voir ça de ses propres yeux. Allongée sur le lit, les broches en formes de cœur lui pinçaient le front. Une lumière blanche jaillit du plafond et Lénore flottait dans les airs retenue par les câbles. Un étrange phénomène lorsque subitement, des décharges électriques la faisait se tordre de douleurs. Ikaru accourut mais Lady Laura stoppa sa course aussitôt.

'' Je sais que c'est dur, mais bon sang, il faut la protéger et tenir le coup ! elle serrait si fort le poing que du sang coulait sur le sol. Nous devons aller dehors, hâtons-nous. ''

Une nuée, une vague ondulait vers eux. On les appelait des Sans-Cœurs, voilà donc ce qu'était ces bestioles agressives, l'un d'eux portait l'insigne de ces calamités sur le torse. Ils en voulaient à Lénore et ça suffisait pour motiver Lady Laura et Ikaru à les détruire. Une première vague s'écrasa sur la barrière métallique, plus pour longtemps, puisqu'ils furent électrocutés sur-le-champ et disparurent sans laisser de trace dans un épais brouillard. La deuxième salve arrivait, la porte finit par céder dans un grand fracas. Lady Laura était sûre d'elle, pourtant, la belle ne bougeait pas d'un pouce. Levant gracieusement le bras vers les cieux, réclamant l'aide des divins, un nuage de papillons dorées et scintillant foncèrent sur les assaillants, bon nombre restèrent sur les ennemis, les papillons semblaient les dévorer, les noyer dans la lumière, une lumière chaude et étincelante. Ikaru se lassa à son tour dans la bataille, charcutant tout ce qui se trouvait sur son passage. Une danse de lames coruscante. Ils avaient beau être en froid, le spectacle de leur combat était indescriptible. Main dans la main, ils étaient invincibles. Ces Sans-Cœurs étaient faibles, trop faibles. Ils devaient sans doute économiser leurs forces et leurs soldats les plus puissants, alors que Lady Laura et Ikaru restaient satisfaits de leurs performances, l'assurance faisant baisser leur garde petit à petit. L'ennemi n'était plus, une menace de moins. On entendait encore la voix, plus... Claire et bruyante de Lénore. Le d'or et déjà célèbre '' Mamaaaaaaaaaaan ! '' raya toute envie de célébrer la victoire des deux comparses. La mère se précipita auprès du chevet de sa fille hurlante, se plaignant qu'elle lui faisait mal. Son cœur avançait lentement mais sûrement. L'adolescente sortie en trombe en soulevant sa robe carmin pour se jeter au cou de son animal de compagnie, elle le couvrait de petits bisous, un geste soudain et inattendu, ou du moins qui revenait, elle avait tendance à faire ça lorsqu'ils étaient à Neve. Elle l'entraîna dans un massif de fleurs et ils s'amusèrent à faire des roulés-boulés, se faire des chatouilles. Elle riait tant. Le visage rubescent devant la timidité. Sa voix claire faisait battre quelque chose dans la poitrine de Ikaru. Il avait chaud, ses os vibraient, son corps et son esprit étaient martelés brutalement.

C'est un unique contact, un bref instant tel une goutte d'eau retombant sur l'eau. Lèvres contre lèvres, le temps s'arrête encore. On ne peut plus rien dire, on ne peut plus rien faire. Nous sommes la victime de l'amour dans un ultime baiser. Voilà donc le vrai sens d'un Compagnon, quelqu'un avec qui on partage ce genre de choses, quelqu'un avec qui l'ont veut vivre.

Le cœur de Lénore était presque complet, un autre de ces transfert était nécessaire pour rendre la complète humanité à la jeune fille. Depuis cet instant magique, le félidé et Lénore multiplièrent les sorties dans ce jardin, à se débattre dans les fleurs, à jouer à cache-cache. Lady Laura ne voyait pas ça d'un mauvais œil, disons plutôt qu'elle ne voyait pas certaines choses, que ce n'était que de l'affection entre un chat et son maître. Elle l'aimait, elle se foutait de ses difformités et difformités animalesque. Elle l'aimait parce qu'elle le trouvait drôle, parce qu'il voulait la protéger, parce qu'elle avait de l'importance à ses yeux. Une sensation réciproque. Il l'a toujours admirée. Des excès pimentant leur existence virtuelle, ils n'étaient plus que des données or le trio ne voulait pas le savoir, exister est bien plus important et profiter de cette vie l'est bien plus encore. Ces précieux moments se multipliaient, ces maillons qui font les chaînes de la mémoires. Ils riaient tellement. Ces maillons étaient aussi chaud et réconfortant que la lumière d'un soleil, des souvenirs qui seront bons à se remémorer, qui seront agréables à ressasser pour chasser les ténèbres du désespoir. Avec une pensée enfantine et aimante, elle voulait habillé Ikaru de meilleur manière, des plus beaux habits que les haillons de ces lieux. En le déshabillant, elle rougissait à la vue du torse claire et fin de son animal de compagnie, non, de son ami. Ce petit corps qu'elle appréciait chatouiller sans crier gare, tel un fauve bondissant des hautes herbes poursuivant sa proie et laisser aller ses intentions sans retenue. D'ailleurs, la demoiselle n'attendue pas très longtemps avant de se jeter sur son comparse et faire danser ses doigts sur la peau blanche comme l'opale du félidé. Comme toute les pierres, lui aussi avait des craquelure, elle le remarqua en passant ses doigts sur cette imperfection. La jeune fille le regardait droit dans les yeux, le mauve se mélangeant rapidement au scintillement de ses prunelles, de larmes, perlant les joues de la belle. Automatiquement, elle se précipita contre lui, comme quémandant le réconfort, pas un mot ne sortait des protagonistes, le silence est d'or et la parole est d'argent. Il en avait déjà fait le serment : la protéger pour l'éternité. Pas besoins de mots pour expliquer cela. Les gestes remplacent n'importe quel discours, là en occurrence la tendresse d'un banal câlin aux yeux de tous, mais un immense pas pour rester ensemble. Ils se tenaient la main. L'ambiance s'envola plus rapidement qu'une coccinelle lorsque Lady Laura leur demandait de se dépêcher. En fouillant dans la penderie en bois massif, ils ou plutôt elle optera pour un petit ensemble sombre surlignant le côté mignon d'un chat et à la fois son mystère si attirant et charmeur. Un juste au corps ébène qui apparemment était censé être une camisole, cependant sans tout ces multiples sangles, c'était déjà beaucoup plus acceptable en tant que vêtement pour un être sain d'esprit. Un pantalon en lin dans les mêmes tons épousant sa sveltesse et ne gênant en rien ses mouvement, lorsqu'il sauta sur le haut de la bibliothèque. Les seules chaussures qui lui allaient étaient pointues à semelle rouge. La tendre et chère découpa les manches de la camisole afin que ces dernières soit parfaitement adaptées aux bras difformes de Ikaru, n'ayant plus peur des ces griffes monumentales. Il ne lui ferait jamais de mal, même si elle lui demandait. Elle l'entourait d'une écharpe douce et duveteuse, plus rouge que les roses, plus rouge que le sang et la robe de Lady Laura, aussi rouge que la couleur de l'amour. Des clochettes y étaient attachées aux extrémités, leur tintement était très faible malgré leur taille, ces grelots étaient vraiment très légers, ils s'envolaient presque d'eux même dans des cliquetis à peines perceptibles. Persuadée qu'il manquait une dernière touche, la fille Cantebury trouva une autre clochette, plus exiguë, l'accrochant au cou du chat tel une clarine. Le son en était différent, plus serein, un son qu'on aime entendre dans la quiétude, lorsqu'une brise d'été nous souffle au visage, nous prélassant dans les herbages, lézardant avec la chaleur d'une étoile flambant dans la lumière et perçant toute les ténèbres qu'elle peut voir et se faire apprécier par ceux qui l'admire, la contemple et la regarde pour la louer de sa bénédiction éblouissante. Il s'agissait de la même clochette que lors de leur première rencontre. Lénore était son soleil, sa lumière. Il pensera à elle à chaque fois que cette cloche retentira. Il pouvait la serrer dans ses bras, lui voler quelque baisers dans les buissons sous le seul regard de Dieu. Un autre œil cependant les observait, une divinité de ce monde en quelque sorte, le maître des lieux : le Maître Contrôle Principale. Des règles draconiennes et bien trop de restrictions. Les utilisateurs aussi devaient se soumettre à son règne ou plutôt de terreur. La zone de jardin était une erreur pour lui, un dossier vide, des informations inutiles qui ne font que gangrener le système. C'est lui même qui envoyait des Sans-Cœurs supprimer les erreurs, sans succès. A situation désespérée, recours désespérés. Un meilleur moyen pour éradiquer pour de bon ces virus. Une arme. Une de ces chose se baladait de la sorte dans le réseau, un souvenir récalcitrant. Une épine dépassante, certes gêneuse mais qui éloigne les curieux.

Se pavant avec sa nouvelle tenue, Ikaru souhaitait aider Lady Laura aujourd'hui. Cette dernière était très attaché à ce jardin, même si tout était faux et que des bug étaient fréquents, comme des fleurs disparaissant inopinément dans une suite de numéros ou encore les oiseaux, répétant toujours le même cui-cui. Arrosant les parterres minutieusement, ces parterres étaient ses autres enfants. Elle leurs parlaient, humait leur parfum, caressait les pétales. C'était étrange et beau à la fois. Lénore avait-elle le droit à un traitement aussi affectueux ? Il l'ignorait, ne les voyant pas très souvent ensembles, c'était difficile à dire si cette mère portait encore l'affection maternelle, il monopolisait peut-être trop sa fille, quel prétendant éperdument amoureux ne le ferait pas. Il la laissait tranquille uniquement lors des leçons de sa galante, musiques et littératures semblaient au programme, Lénore ne parlait pas beaucoup de ses cours avec son compagnon. Un jour, il décida de s'entraîner avec la matrone. Une vrai partie de plaisir pour les deux opposants qui adoraient se pourrir un peu plus l'existence chaque jour par cette amitié étrange. Dégainant ses griffes, à peine eut-il le temps de se mettre en garde qu'une nuée de papillons se jetèrent sur lui. Ça chatouillait. Tout ces insectes l'aveuglant dans un halo doré le butinait tel la flore. En tournoyant sur lui même, cette sorte d'emprise se dispersa et le félin en profita pour fendre sur sa cible et lui offrir quelques tranchées. Un échec cuisant, soit elle esquivait avec une facilité déconcertante soit, comme la sorcière, elle substituait un groupe de papillon à sa silhouette, jouissant de cette surprise pour contre attaquer. Les lépidoptères changeaient de tactique, cette fois-ci, ils se regroupaient pour former un genre d'oiseau à long bec. Lorsqu'ils frappaient c'était avec sauvagerie et pas des moindre, les dalles se fissuraient face aux assauts et les contrer d'un coup de lames les faisaient disparaître. Pareil à une morsure, Ikaru tournoyait sur lui même, chargeant la femme vêtue du rouge de ses rose et de l'or de sa prestance. Cette dernière envoya par la même occasion un grand nombre de bestioles, une cataracte ambre. Les combattants maintenaient leur attaque, marquant clairement leur force égale, tournant au duel d'épuisement. Leurs attaques respectives cessèrent, le félidé roulant jusqu'aux pieds de cette grande dame, épuisée également, accroupie et le souffle court. Arborant sa fierté devant son rival au sol, son regard brillait deux améthystes. Sa magie avait triomphé. Soudain, le damoiseau se releva énergiquement avec une cabriole, fusant sur elle et d'un coup d'épaule, l'envoyant valdinguer dans un des buisson. Sautant en l'air la patte levée, c'était cette joie qu'on avait d'avoir battu son rival. Pourtant la joute n'était pas finie. En effet les buissons dégageaient une nouvelle portée de ces invocations, ne tardant pas de se jeter avec plus de rapidité et d'agressivité sur le lynx. Une à une, les dalles se fissuraient devant les chocs important. Ikaru ne réussi pas à esquiver toute les attaques et certaines li fissurèrent un bras ou une jambe, ces craquements de verres simulant la plaie. Pas de trace de Lady Laura, il avait beau cherché, elle attaquait à distance mais devait sans doute gardé un contact visuel avec le ou les antagonistes. L'un des bosquet était plus bruyant que les autres. Tentant sa chance avec cette hypothèse, il trancha net la devanture et démasquait son agresseur. Semblable à un sentiment de fin, que tout est finit, le yeux lilas la traqueuse s’écarquillaient saisie par la stupeur. C'est une main aimable qui se tendait à elle au lieu de griffes. Souriant, Ikaru voulait en finir avec une poignée amicale plutôt que dans la rancœur lancinante. Un geste qui eu une réponse tout aussi positive digne d'un manga pour garçons, chat et chien faisant la paix après avoir échangé propos excentriques et croisé le fer. Lénore était heureuse elle aussi, comme si son unique parent avait accepté l'amour qu'elle portait à Ikaru. , cette réalité était purement fausse, le berceau idéal pour une enfant qui n'avait pas finie de grandir, ne désirant que s'épanouir. Maintenant qu'il y pensait, depuis combien de temps étaient-ils enfermés à l'intérieur ? Une, voir deux semaines ? Le sommeil chassa vite cette idée, une pensée trop négative pour cet endroit si radieux et débordant de lumière, une petite part de quiétude. Est-ce cela qu'on appelle félicité ?

Le lendemain, Ikaru se rendit une nouvelle fois dans l'autre partie du monde, il n'y avait pas de Sans-Cœurs. Ces néons blafards étaient vraiment insupportables pour lui, trop de lumière tue la lumière. Un avis partagé apparemment lorsque des râlements, des plaintes se firent entendre. Regardant au coin, il aperçu une fille avec des oreilles de chats. Tout comme lui. Des cheveux rouges flamboyants coiffés de deux tresses à rubans noirs. Une mine féline presque naïve, des tâches de rousseur soulignant des yeux cramoisi profond, comme si ils nous aspiraient dans une mer de sang. Une robe sombre affublée de petits fleurs plus claires, des collants blanc à porte jarretelle et la classique pair de chaire en cuir brillant noir des élèves modèles ou des filles à maman. Autre fait relevant du paranormal, elle n'avait pas une mais deux queues de chats, enfin une or elle se scindait en deux parties identiques. Une vielle légende raconte que ce sont les félins devenu des êtres purs, des dieux, qui possède cet attribut. Ce n'est qu'une légende bien entendue. Ne l'avait-il pas déjà vue quelque part ? Ikaru apparut près d'elle, proposant son aide pour la relever d'une main généreuse, une proposition qu'elle accepta grandement.

'' Excusez mon impolitesse... Mais, nous ne nous sommes pas déjà rencontré quelque part ? interrogea-t-il un peu bêtement.
- Cela dépend par ce que tu appelles par rencontrer... elle parlait lentement, presque mécaniquement, comme si on avait un robot en face de nous, une boîte à musique.
- Pas de doutes, c'est bien toi. Celle que j'ai vue sur le champ de bataille. dit-il, plus que surpris par une telle rencontre. Je m'appelle Ikaru.
- De quoi, diable, parles-tu? reprenait-elle toujours aussi machinale.
- En temps normal, on est censé donner son nom en retour. souligna Ikaru, un peu moqueur.
- On m'appelle... Aida.
- Joli nom. le regard du garçon se perdait à l'entente de ce nom, il reprit aussitôt ses esprits pour ne pas paraître impoli. Donc, vous ne vous souvenez pas ?
- Pourquoi me souviendras-je de choses que je n'ai jamais faite ? J'ai beau interroger ma mémoire vive, je ne vois pas d'imbéciles comme vous qui se ballade sur un quelconque champ de bataille, en ma compagnie qui plus est. répondit la féline, prononçant ses phrases sur le même ton nonchalant.
- Imbécile ? on pouvait clairement apercevoir une veine gonflée sur son front, bardé d'un regard énervé.
- Oui... Un imbécile, je ne vois pas ce qu'un tas de chair pourrissante tel que vous fait ici dans ce monde de données avec ces femelles... Qui plus est. elle semblait beaucoup apprécier ces mots en particulier.
- Serait-ce de la jalousie ? Et comment êtes vous au courant ?
- J'en possède, mais je n'en ai pas assez pour être réellement jalouse... elle penchait énergiquement sa tête de droite puis à gauche, esquivant la seconde question avec allégresse.
- Vous êtes bizarre. relevant un sourcil, sceptique quand à la crédibilité de sa locutrice.
- C'est vous qui êtes bizarre ici... elle repartait sur cette phrase, traînant le pas en rêvassant à droite et à gauche, l'individu marmonnait dans sa barbe alors qu'elle s'éloignait. Non mais, pour qui il se prend celui là ? A croire qu'il ne pense qu'à ça, un mâle, ça m'étonne pas de lui... ''

Une bien étrange rencontre en effet, ce n'est pas tous les jours qu'on croise un programme défectueux, du moins c'est ce qu'il pensait. Qu'est-ce qu'elle pouvait être sinon ? Il est resté plusieurs minutes sur place, repensant à cette fillette. Aida. A peine eut-il le temps de la voir disparaître à l'horizon qu'un groupe de Sans-Cœurs venait lui tenir compagnie. C'est avec déplaisir qu'il dût sortir les griffes et faire le dos rond face à ces troubles-fêtes. C'est avec facilité qu'il se débarrassa, dans un bal tranchant, des androïdes jaunes fluorescents. L'un d'entre eux était différent, une nouvelle variété de Sans-Cœurs ? Depuis lors, il n'avait affronté que ces petits automates. On aurait dit un tank, un araignée pourvu d'un canon au milieu du visage. Ne se faisant pas attendre, ce dernier envoya plusieurs tirs à l'humanoïde, des salves électrique, il le compris en en recevant une en pleine poitrine. Virevoltant pour esquiver la véritable mitraillade, le chat était proche de sa cible et c'est lorsque, ses lames vers le ciel fendant vers sa proie, qu'un champ de force électrifiait Ikaru, le monstre en profita également pour lui asséner quelque coups de pieds, des battes de baseball géantes l'envoyant se cracher contre le mur opposé. Un craquement occupait ses pensées. Des bouts de verres se répandaient sur le sol. Son corps, il était brisé, une fissure en plein milieu du torse substituait la blessure, la douleur quand à elle n'était pas remplacée, elle était bien là, la souffrance physique. Se redressant comme il pouvait, une autre fêlure occupait son front, scindant son œil en deux, pourtant conservant cette expression unique de haine et de colère. Son assaillant restait de marbre avec son allure grotesque et agissait, fusillant davantage le jeune homme. Il n'était plus là, disparut, envolé. Le jouvenceau réapparut rapidement, lorsque ses serres aiguisées transperçaient la machine de bas en haut. Le tank titubait, Ikaru coupa le canon et une des jambe de la bestiole qui s'effondra. Une dernière taillade au niveau du visage fit exploser l'appareil hostile dans une fumerolle améthyste. Le verre de son corps fragile semblait se refermer de lui même à rythme plutôt lent, malheureusement le supplice était toujours présent. Il pouvait continuer de marcher, involontairement la curiosité occupait ses pensées, il rentrera plus tard. La fille de toute à l'heure semblait venir du chemin en face de Ikaru, ce même chemin que les Sans-Cœurs semblaient gardés tout à l'heure. On voyait d'ici qu'il menait à un énorme dôme. S'approchant de l'entrée, il jeta un œil et c'est avec stupeur qu'il découvrit un cylindre géant tournant sur lui même, un homme vêtue d'une combinaison phosphorescente restait planté là en regardant l'engin. Le cylindre ralentit et c'est une sorte de visage qui s'adressait à l'homme. Ces voix, ces individus, Ikaru les avait déjà rencontré auparavant, pourtant il était certains de n'avoir jamais eu affaire avec eux, une impression de déjà-vu.

'' Tout est prêt Maître Contrôle. dit l'homme d'un son rauque, les mains dans le dos.
- Bien, quand est-il du virus qui infecte le réseau. son effrayante tête cylindrique s'illuminait au rythme de ses mots, de sa voix fausse.
- Il a supprimé bon nombre de nos unités. La dernière zone où nous l'avons localisé c'était près de la nouvelle exploitation. On dirait qu'il se dirige vers cet endroit.
- Je ne peux pas les effacer directement, cette anomalie du système nous a causé beaucoup d'ennui, il retournera à son destinataire d'origine. Et le programme de rassemblement du cœur des utilisateurs ?
- Elle a bien reçue les données piratées comme vous nous l'avez demandé.
- Grâce à ça, les utilisateurs seront éradiqués. cette chose annonçait cela de façon si stoïque malgré l'horreur de ses propos. Une fois revenue dans la réalité, cette arme les supprimera définitivement. ''

Cela avait-il quelque chose à voir avec Lénore ? Et cette personne, avait-elle quelque chose à voir avec ce duo comploteur ? Juste à ce moment, sa tête lui lança. Un supplice plus fort qu'habituellement. Le jeune homme s'effondra lourdement, tel une victime, faible, se laissant aspirer par la noirceur de Morphée.

… Une arme... Lénore... Lumière et Ténèbres... Accident... Pourquoi m'as-tu protégé ?...
Le gazouillis des oiseaux firent sursauter le fauve, Lénore également prit peur en le voyant se relever aussi vite. Ikaru transpirait et sa dulcinée vint se blottir contre lui, s'allongeant finalement tout les deux dans la flore. Elle ne voulait pas savoir ce qui lui était arrivé, elle ne voulait pas s'inquiéter pour lui, à son tour il se ferait du mouron pour sa belle. L'important, c'est qu'ils étaient ensemble. Lady Laura interrompit leurs cajoleries en attrapant sa fille par le bras, l'entraînant dans le belvédère. La demoiselle envoyait un baiser à Ikaru qui le mit, contre son cœur. L'éphèbe se replongeait dans la végétation, contemplant le ciel ou ce qui y ressemblait, cet observateur monochrome. Pendant un instant, il cru entendre un piano, la mélodie que jouait Lénore et Harmonie ensemble. Ce n'était ni triste ni un hymne à la joie. Des bribes de nostalgie qui berce notre âme, rien de plus. Une drogue douce dont on devient vite dépendant. La dernière opération de Lénore venait de commencer, on entendait ses hurlements de douleurs qui avait de faire rager son compagnon et sa génitrice. On les voyait arriver, tout ces Sans-Cœurs, ils encerclaient le jardin. C'était la dernière bataille avant de retrouver la vraie Lénore. Les attaquants utilisèrent la même technique mais à plus grande échelle. Toute la grille qui se hérissant autour du square s'effondra. Une nouvelle force gagnait le duo : la détermination. Pas une de ces choses de posera ses sales pattes sur son joyau le plus précieux, sur l'amour de sa vie, c'était hors de question. Une masse dorée de papillons auréolait considérablement Lady Laura, un nuage compact d'ailes éblouissantes. Il se dispersa rapidement en tournoyant, quelle force, en à peine quelque secondes, les deux premières lignes ennemis volèrent en éclat dans une tempête de papillons, une tornade balayant tout sur son passage. Ikaru se battait comme diable, se jetant corps et âme sur chacune de ses victimes telle la faux de la Mort balancée sur cette armée. Plus rien ne pouvait les arrêter. Lorsque la fumée pourpre retomba, il n'y avait plus un seul de ces êtres maléfiques. Lady Laura, épuisée, haletante, des éraflures sur ses joies de poupée de porcelaine, n'en pouvait plus. L'amoureux était dans le même cas, genoux contre terre en toussant. Ils avaient beaucoup donnés dans cette guerre. Ils attendirent plusieurs minutes avant de pouvoir rejoindre leur précieux trésor humain. Elle dormait paisiblement. Elle aussi avait souffert. Elle se faisait trop de soucis pour les siens, peur qu'ils leur arrivent quelque chose de grave. Ikaru Cantebury préférait rester dehors malgré la désolation de ce pauvre parc.
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Ven 15 Avr 2011 - 22:45
Lénore se perdait dans le vide. Lorsque sa génitrice la rappela à l'ordre, elle leva les yeux vers son audience, comme attristé. Ne comprenant pas ce qui lui arrivait alors qu'elle sanglotait, Ikaru la serrait dans ses bras, ayant pour réflexe de la faire pleurer encore plus fort que jamais. S'effondrant en larmes sur les marches de l'esplanade, Lady Laura et le félin ne comprenaient pas ce qui arrivaient à leur chère et tendre. Était-ce des larmes de joie ? Était-ce des larmes de chagrin ? Après si longtemps, elle était redevenue celle qu'elle était auparavant : Lénore Cantebury. Son cœur était achevé, du moins c'est ce qu'ils croyaient. Elle se releva lentement en essuyant généreusement ses perles amer. Tendant le bras vers le côté, Lénore fît apparaître un bâton aux beaux ornements et surplombé d'une étoile, similaire à ceux des magiciens du royaume de Neve autrefois. Qu'avait-elle l'intention de faire avec ce bâton ? C'est lorsque des pics de glaces tailladèrent la joue de Ikaru, qu'il comprit.

'' Je suis désolée... Ikaru... Maman... dit-elle la voix plus tremblante que jamais.
- Non... Non, non, non, non, non, non, non ! le jouvenceau se tenait la tête en hurlant, voulant que tout ça s'arrête, qu'il se réveil de se mauvais rêve. Non je ne veux pas ! Je refuse ! Réveillez-moi de ce cauchemar ! Je préfère mourir ! Tuez moi, je vous en supplie !
- Lénore, pose ce bâton s'il te plaît. tentant de la raisonner. sa mère s'approchait d'elle, sa course fût arrêtée par le même sort que le chat vociférant. Pourquoi ? Pourquoi Lénore ?
- C'est mon devoir... Je dois le faire, pour redevenir humaine. Vous êtes ici pour ma conception. Tu es ma lumière maman et Ikaru est mes ténèbres. Ce sont... Les derniers fondements d'un cœur, de mon cœur. ses paroles malgré le ton mélancolique, devenaient de plus en plus déterminé, on sentant sa résolution la dominer. Je dois le faire ! Pour elle, pour Harmonie, je le lui ai promis...
- Mais Harmonie est...
- Non ! Harmonie est en moi ! Son âme, son esprit, elle m'accompagne... Je veux la retrouver. empoignant de plus en plus fort sa canne. Et pour cela, je dois redevenir humaine et la faire revenir avec moi ! Vous devez me combattre ! Vous devez me redonner ma lumière et mes ténèbres !
- Non, je ne veux pas te faire de mal Lénore. C'est au dessus de mes forces ! hurlant au rythme ses pleures.
- Ikaru, fais-le ! C'est un ordre ! Affronte moi ! Je sais que c'est dur, mais je veux que tu rompes ta promesse, fais le pour moi Ikaru. insistante, le visage humide de ses sanglots.
- Je refuse ! Je ne veux pas et je ne peux pas le faire, je préfère mourir ici et maintenant que de te voir souffrir une fois de plus.
- Très bien. fixant le sol, le visage sombre. Tu ne me laisse pas le choix. Je vais devoir te forcer la main. ''

Le félin attristé ne bougeait plus, acceptant son sort, ne voulant que disparaître, résigné. L'adolescente tout aussi téméraire faisait tournoyer son arme étrange, une aura blanche et polaire la subjuguant, des cristaux s'abattirent en direction de son animal de compagnie, dévastant la zone visée dans un imposant fracas et nuage de fumée. Lady Laura avait sauvée le jeune homme en l'emportant avec elle hors de portée de Lénore derrière l'esplanade, profitant dans la cécité temporaire des lieux pour lui échapper. Ikaru continuait de pleurer toute les larmes de son corps. Pourquoi ? Pourquoi devait-il en arriver là ? Après tout ce qu'ils avaient vécus ensemble, pourquoi maintenant ? Pourquoi ? Cette unique question provoquait chez lui une géhenne pleurnicharde sans fin. La génitrice l'implorait de se taire et elle finit par lui coller un soufflet sur la joue, telle une mère exaspérée ne sachant pas comment arrêter les plaintes de son enfant. Or son enfant aujourd'hui, voulait peut-être l'offrir à Hadès elle et son ami de toujours. Sacrifier sa propre mère et son amour le plus passionné pour un être encore plus chère, était-ce là la solution ? Ikaru avait cessé de geindre, sa rivale et maintenant alliée tentait de le résonner devant le tragique de la situation alors que Lénore parcourait prudemment le jardin en serrant contre elle sa verge sibylline.

'' Reprend toi Ikaru. Je ne sais pas d'où elle tire cette puissance phénoménale, toutefois nous devons le faire... Pour Harmonie et pour Lénore, c'est le chemin qu'elle a empruntée et nous devons la suivre dans cette voie. Nous la protégerons autrement. ''

La suivre sur cette route semé d'embuches, oui. Il la protégerai sur ce sentier, il protégerai pour retrouver Harmonie, quitte à donner sa vie. Il était prêt. Sortant de leur cachette improvisée, Ikaru se postait devant son aimée, obscure et prêt à tout pour lui apporter les ténèbres dont elle avait besoin. Lady Laura lévitait au dessus du sol, son corps n'était plus qu'un amas de papillons ambulants. Les griffes acérées étincelaient avec la lueur des insectes. Une ultime bataille pour changer le destin de cette famille maudite. Lénore arborait un triste rictus et ouvrait le bal en tourbillonnant sur elle même, valsant avec son partenaire inanimé. Une pluie de cristaux glacés s'abattirent sur le duo, les esquiver furent aisé mais pas pour Ikaru qui en reçu en plein dans l'épaule. Une craquelure se formait autour de la pique. Il la retira aussitôt, oubliant complètement la douleur. Plusieurs tirs dorés s'attaquaient à la jeune fille, la faisant tituber et même tombée en faisant stopper sa danse offensive. Alors qu'elle était au sol, les assauts continuaient d'affluer sur son corps la pressant violemment contre le sol à chaque attaque. Une sphère d'énergie rouge et intense jaillit du bâton, annihilant la technique de sa mère. La boule flottait auprès de Lénore, vibrant devant ce concentré de puissance pur, elle en fit apparaître une seconde pendant qu'elle se relevait en s'aidant de sa canne. Les globes rétrécissaient subitement pour venir auprès de Ikaru et de Lady Laura, elles grossissaient et rapetissaient à leur guise, au moindre contact, la brûlure était insupportable. Un grande partie de l'artillerie de la génitrice disparut dans les flammes. Le Compagnon se rapprocha de sa soupirante tout en manquant de se faire griller, pour lui asséner une lacération tranchante sur le torse. Déconcentré, il se fit balayé par la boule d'énergie un peu plus loin qui avait explosée auprès de lui. Lénore aussi se craquelait comme du verre, sans pour autant abimer sa tenue, décrivant parfaitement l'attaque que venait de lui porter son adoré. À la vue de cela, à la vue de sa douleur, ce n'était plus la Lénore qu'ils connaissaient. Enragée, elle hurlait de toute ses forces, emportée dans la véhémence. Une tornade l'entourait cette fois-ci, un vent si fort aspirait et détruisait tout sur son passage. Elle avançait lentement en direction de ses réfractaires. Lady Laura manqua de se faire aspirée par le cyclone, Ikaru la tenait par le bras, agrippé sur l'une des colonne de la terrasse couverte. Marchant toujours sous ce typhon terrible, le félin voyagea avec son passager de colonne en colonne pour se retrouver derrière le belvédère. La rafale s'était finalement calmée au bout d'une poignée de minutes. Fût ensuite une autre surprise, de l'eau, elle montait et était déjà arrivée au niveau des genoux. Même s'il s'agissait d'un chat, Ikaru n'avait pas peur de l'eau, après avoir pataugé dans la neige boueuse dés sa jeunesse, l'eau ne lui faisait pas froid aux yeux. Aidant Lady Laura à aller sur le toit du mirador, le niveau se stoppa net à la coupole faisant office de toiture, engloutissant tout le reste. Lénore était sur l'eau, sautant sur une plaque de glace. Ils étaient à sa merci, bloqués sur une petite surface, même si une telle quantité liquide lui avait demandé beaucoup d'efforts. Cette fille avait pourtant beaucoup d'énergie à revendre. Les bras tendues vers le ciel, réclamant son aide, son bâton plongea dans les flots. Un sceau se forma à l'endroit où avait coulé son arme, devenant de plus en plus luisant, il se brisa en laissant échapper une impressionnante créature marine bardé des pics et aux crocs ressortant. Ordonnant à Lady Laura de s'envoler pour attaquer Lénore, Ikaru quand à lui était prêt à accueillir un petit poisson dans son gosier. Un aileron écailleux filait contre l'édifice submergé, un tremblement, il voulait détruire la seule surface exploitable. Un bon quart partit emporté par la barbarie de la faune aquatique. Le félin en profita pour plonger dans l'onde en s'accrochant à la bête, plantant ses griffes dans la chair de la bestiole peu amicale. Se tortillant dans tout les sens en tentant de dévorer le félidé qui lui déchirait petit à petit les entrailles, il finit par lâché et le matou flottait dans un bain violacé. L'agresseur était encore là, rôdant, on apercevait son aileron balafré. Chargeant sur sa petite proie, le frêle minet se fit tabasser à coup de nageoire. A la dernière offensive, Ikaru réussi à planter ses serres dans l'abdomen du poisson, se découpant d'elle même en filets. Pas le temps de manger, Lady Laura était en danger avec sa propre fille. Affalée sur la surface froide, Lénore piétinait les mains de sa mère qui tentait de sortir de l'eau. Le visage serein de sa mère ne faisait que l'énerver encore plus, broyant ce qui lui restait de ses mains. Elles finirent par voler en éclats de verres, sombrant, se laissant emporter au fin fond de l'abysse artificielle, Lady Laura se faisait happer par la faux humide de la faucheuse. Lénore était figée sur place. Elle venait de tuer celle qui l'avait mise au monde, celle qui l'avait tant aimée, prête à lui offrir sa vie pour sauvegarder la sienne. Caressant la steppe aqueuse du bout de sa canne, l'eau disparut, s'évapora soudainement. Lénore se précipita auprès de sa matrone agonisante ébréchée de part et d'autres.

'' Non maman, ce n'était pas comme ça que ça devait se finir. Ne meurs pas tu m'entends, ne meurs pas ! tenant la tête de sa victime sur ses genoux, braillant au-dessus d'elle.
- C'était... Ce que tu voulais... Non ? toussant en recrachant un peu d'eau.
- Non, pas comme ça. Donne moi ta lumière, ne disparaît pas sans me l'avoir donné. Fais-le pour Harmonie !
- C'est le corbeau qui... Qui m'a attrapé finalement... Hé hé. expectorant encore plus fort. Et pas le chat...
- Imbécile... Tu n'es pas encore prêt. ''

Cette voix, Ikaru l'avait déjà entendue. Aida surgit en frappant Lénore d'un coup de pied, l'envoyant au loin en rebondissant contre le sol à plusieurs reprises. Ikaru se souvint finalement où il l'avait vue et l'origine de ses rêves, de ces discours confus hantant son sommeil. A l'arrivée de Ikaru dans ce monde il était allongé sur une table d'opération, son corps d'origine était trop faible pour supporter ce monde et incapable de communiquer avec autrui. Cet homme en rouge, il s'appelait Sark, c'est cet individu qui a supervisé cette opération. Un ancien programme de sécurité lui a servit d'hôte, son cœur a été extrait et mis dans cette nouvelle enveloppe. Ils en ont fait une arme. Ses connaissances ont été chamboulées. Il manque certaines parties de sa mémoire, un lavage de cerveau. Ils ont détériorés les précieux instants qu'il avait avec la famille Cantebury. On lui avait également réservé une autre surprise. Ne plus être une arme mais un objet de destruction sans aucune conscience. Un cadeau de mauvais goût. Se débarrasser d'un virus. AIDA. Artificially Intelligent Data Anomaly. C'est un bug qu'on voulait enfermer dans son corps, une fois confiné, ce ne serait plus une menace pour le système. Pourtant, cette fille, celle qui se fait appeler Aida, avant l'implantation, elle l'a protégée. Qui est-elle ? Un souvenir rien de plus. Un ancien programme, un souvenir, le même genre qui lui a servit d'hôte. Ils ont été triés. Tout ceux comportant un défaut ont été détruit, les autre, ou plutôt Ikaru, est l'être originel unique correspondant parfaitement pour être ce corps, idéal. Le moment était venu. Ikaru, abasourdi par la suite des évènements était impuissant. S'arrêtant net, la féline contemplait l'éphèbe. Soudain, elle se brouillait, de la neige, le corps entier de la nekomata, souriant d'un air malicieux voir diabolique, n'était plus qu'une silhouette de données. Une bulle. Oui, une bulle noir s'échappa de cet amas informatisé. Le reste du corps se métamorphosa en ces choses. Des tâches noirs brillantes flottant dans le vide. Brusquement, ces mêmes bulles se jetèrent en direction de Ikaru. Quelque chose venait de ses briser à l'intérieur de lui. Son cœur n'était plus le même. Se tordant dans tout les sens, un rayon noir de ces sphères sombres partit jusqu'à la voûte céleste. Le sol tremblait sous les hurlement de félin. Sa peau, ses yeux, tout devenait plus noir que le charbon, tout son être cédait au virus. Un autre tremblement, le plafond, il y en avait un, il se fendait dans tout les sens, toute la zone commençait à se fissurer. Lady Laura était encore consciente, stupéfaite. Lénore n'en revenait pas non plus, attrapant son bâton, un rayon dense de foudre se formait à partir de sa paume pour venir attaquer Ikaru. L'électricité était déviée. Pressant son attaque, lui insufflant encore plus de puissance, gagnant en volume, toujours aucun effet. La peau de Lénore se mit à se désagréger alors qu'elle persévérait dans son assaut, des petites fissures, se multipliant sur tout son corps. Un dernier rugissement mit fin à toute chose. Un flash noir. Plus un son, pas même celui d'une clochette. L'espace avait disparut. Il n'y avait absolument que le néant comme maître, comme si cet endroit n'avait jamais existé.

'' Tu as déjà subi de nombreuses blessures... Et tu veux toujours la sauver ? Ce n'est pas un cœur solitaire qui va changer le monde. Tout ce qui t'attend à ton réveil n'est que désespoir. ''

Cette sensation. Était-ce la mort ? Il n'était pas seul. Il y avait quelque chose avec lui, quelque chose qui lui donnait une raison d'exister, quelque chose qui l'avait tiré de sa fatalité stagnante. Une mugissement tiraillait le vide, il ne demandait que de remplir ce vide. Il ne demandait pas, il exigeait. Ou bien, il mourra, avec lui. Ikaru se réveilla brusquement, en sueur. Il sortait d'un horrible cauchemar. Il était sous une cloche en verre, comment sortir ? Vue l'état des lieux, briser la paroi ne changerait pas grandes choses. Défonçant la verrière avec son pied, il remarquait qu'une autre capsule à côté d'elle avait subit le même sort. Cet endroit, si poussiéreux et morose. Un objet sortait du lot cependant, un manteau accroché au mur, une cape opalescente munie d'une capuche singulière, si les gens voyaient ses protubérantes griffes, ce sera une alerte au monstre. En l'enfilant, le félin vérifia la capuche, étrangement, elle adoptait parfaitement la courbe de ses oreilles de minet. Le toucher y était si doux, similaire au tapis en fourrure dont il avait l'habitude de se prélasser lorsqu'il était un animal. Que c'était-il donc passé ? Qu'est-il arrivé à Lénore et Lady Laura ? Et cette Aida ? C'était lui qui avait détruit la dimension ? Pourquoi l'avait-elle attaqué, cela faisait partit d'un plan ? Lénore, il lui avait fait du mal. Il n'a pas sût la protéger et encore moins lui procurer les ténèbres qui lui manquait tant. A l'heure actuelle, même si elle avait tentée de le détruire, Lénore lui manquait. Sa chaleur, son odeur, sa peau si douce. Son amour. Cupidon avait planté sa flèche beaucoup trop profondément dans le cœur de cette chose. La clochette à son cou n'émettait plus un son, une fêlure traversait le présent. Sans ça, il n'avait plus rien d'elle, il n'était plus rien lui même. Qui était-il ? Il n'était ni un animal, ni un être humain. Rien d'autre qu'une ombre. Tombant genoux contre terre, posant ses mains sur son visage, se masquant de la réalité, de ce nouveau monde, celui des affres de la tragédie. Un hurlement, comme si son cœur se déchirait en lui, brisa le silence. Pleurant à chaudes larmes en frappant de toute ses forces le plancher, Ikaru était désemparé, abandonné, sans raison aucune de subsister. Les larmes. Elles coulaient, elles coulaient tellement. Il y avait tant de chagrin en lui, il fallait qu'elle sorte, soulager quelque peu cette profonde plaie dans son cœur. Rien ne sert de haïr lorsque l'on peut aimer, mais rien ne sert de rire lorsqu'on veut pleurer. Ce n'est qu'une heure plus tard, après avoir récupéré de tels émotions qu'il essuya ses larmes à l'aide de sa manche et se mit en route pour un long périple. Quel était son but à présent ? Retrouver Lénore et Lady Laura ? Oui, mais pas avant d'être devenue plus fort, il avait déjà beaucoup changé, en lui. Ne s'attardant pas plus longtemps, il s'extirpa des lieux par une lucarne donnant directement sur un long chemin rocheux. Derrière lui, un château en ruine affublé grossièrement de tuyaux en cuivre dominant l'architecture globale de l'édifice. Il faisait nuit. Un village luisait non loin de là. Cherchant refuge dans les ruelles, il n'y avait personne. On apercevait des silhouettes dansant dans les chaumières. Cet endroit ressemblait beaucoup au Jardin Radieux, ayant perdu l'éclat d'antan. Quelqu'un arrivait, beuglant, un ivrogne, chancelant en se rattrapant sur les murs à proximité. Brusquement, une étrange sensation envahissait le jeune homme, un vide se creusait. Il avait faim et cet homme... Il sera son repas. Maintenant sa paume contre sa main, Ikaru contenait une sorte de douleur. Au fond de lui, il luttait pour ne pas attaquer cet innocent mais cette chose, elle lui dictait de le faire, non, elle le forçait. Le poivrot grommelait à la vue de cette cape blanche, divagant dans ses délires alcooliques. Des bulles noirs se manifestaient, elles s'extirpaient de la masse immaculé, son corps en produisait une forte quantité, formant une véritable spectre menaçant au dessus du félin voilé. Se déplaçant à une vitesse affolante, Ikaru empoigna l'individu par le crâne, le soulevant de sa patte charnue. Ce truc empestait la boisson mais également une autre odeur, beaucoup plus attirante : des émotions négatives. Un joyau si obscure se logeait en lui, un condensé de mal incarné. La voilà sa pitance, ce qui faisait saliver AIDA. Les tâches sombres vinrent se loger dans la poitrine de la victime, poussant maints cris d'algie, le Compagnon se dépêcha de lui couvrir les lèvres avec son autre main, effrayant le martyr à la vue des griffes protubérantes. Le flux cessa de s'acheminer dans l'ahuri, une espèce de main s'extirpa de son torse, pour venir se loger dans le locuteur abasourdi, cherchant quelque chose dans les entrailles de la cible. Trouvé. La main sortant tenait une bille, l'offrant aux lèvres du chat, il l'avala doucement, la délectant avec envie. Quel goût merveilleux, le goût de l'obscurité. Une denrée si abondante et si difficile à obtenir, rien n'égalait cette saveur unique, ultime. La bête se calma, se rendormie. Ikaru lâcha le pauvre homme évanoui. Qu'est-ce qu'il avait fait ? Qu'était-il devenu pour attaquer sans vergogne un innocent ? Versant les larmes du remord, il ne savait plus qui il était. Se taisant comme le brise, disparaissant dans la pénombre des lampadaires de flammes oscillantes. Le blanc n'est jamais aussi pur qu'il n'y paraît, il y aura toujours un défaut, une tâche qui révélera toutes les imperfections de ceux qui voyagent avec un tel étendard de lumière.

Pendant plusieurs nuits, ce fût le même refrain. Traquer ces âmes exaltantes afin de se nourrir, tout dépendait de la qualité d'une telle sustentation. Des expériences, testant ses limites. Se sevrant pendant plusieurs jours, la faim était trop importante pour qu'il se prive ainsi. Son corps ne pouvait supporter le jeûne, ou du moins ce qui habitait son corps. Ses yeux étaient devenu noir, un signe, un symptôme. Il était malade ? C'était la meilleur explication possible. Son remède était une ressource à l'intérieur des êtres humains. Cependant, ces personnes ne se souvenaient pas de ce qu'il c'était passé. Ikaru les croisait dans la rue en pleine journée, pas une marque d'attention, rien, on l'apercevait à peine. Ikaru suivait ceux qui le guérissait momentanément une fois l'aurore venue. Elles devenaient plus agressives, plus méfiantes, leur personnalité se métamorphosaient du tout au tout. Arrive le jour où ils changent pour de bon. Difficile à expliquer, puisque cette mutation était différente d'un individu à un autre. Eux aussi devenaient souffrant à leur tour, pour finalement mourir. Avant leur dernier souffle, la folie de la fièvre les emportait, une rage meurtrière, éventrant leurs proches, étripant n'importe qui. Un fait mystérieux, les victimes étaient également capable d'utiliser les même capacités que l'être originel, avec moins de maîtrise bien entendu. Jusqu'à ce que les parques tranche le dernier fil qui relie ces destinées maudites à la vie, ralliant ces soldats damnés dans les tombes. AIDA. Comment se débarrasser d'un tel cadeau empoisonné ? Il devait devenir plus fort et se débarrasser de ceci. Il ne voulait plus faire de mal à qui que ce soit. Juste aimer et être aimé en retour rien de plus simple comme rêve. Mais comme tout les rêves, ils ne sont que phantasmes et chimères. Il devait se résoudre à tuer des êtres humain dans sa quête de survie. Il chassait les humains, c'est un antagonisme naturel. À vrai dire, il n'avait pas le chois, c'était ça ou mourir. Il n'est pas devenu comme ça de son plein gré. Son existence serait tellement plus agréable si il n'avait pas à attaquer les humains. Malheureusement, la faim est une chose terrible chez lui. Cette douleur qui l'étreint lorsqu'il a le ventre vide. La société s'autorise à tuer des cochon, non ? Et bien il s'autorise à tuer des humains. Au début, la peur de commettre un pêché le hantait, craignant le châtiment divin. Mais une fois qu'il a compris qu'il ne sera pas puni, il s'est habitué bien vite à commettre ce pêché. Le pêché de se nourri d'humains. Tuer un être humain semble alors un moindre mal pour lui. Les Sans-Cœurs étaient aussi de la partie. Le Compagnon ne se battait plus qu'avec cet esprit malin qui l'habitait. C'est un don unique lui offrant la force nécessaire pour se défendre, un présent dont il fallait survivre et exaucer le moindre de ses désirs. Ses mains charnues qui frappait plus fort que le ciel, elles se tendaient à lui pour lui venir en aide. C'est un autre chemin tout aussi noir que les ténèbres qui s'offrait à lui, sa providence. Cette terre promise apparut sous la forme d'un passage, un portail était resté ouvert une fois des Sans-Cœurs vaincus. L'emprunter serait la solution pour accéder aux ténèbres qui lui font défaut ? Le chemin vers le crépuscule. Se laissant sombrer dans les veines du mal, l'abysse l'avait complètement happé.

Quel était cet endroit, un autre monde ? Si poussiéreux, si lugubre. Des nervures bleutés phosphorescentes contrastaient merveilleusement cet abîme. Le reste n'était que roche et nébulosité. Il se trouvait sur un chemin, suspendu dans le vide. Par ou aller ? Par où trouver les véritables ténèbres ? On percevait quelque chose dans le fin fond de l'obscurité. Une porte, elle était immense. La regarder suffisait à nous réconforter, une pureté sans égale. Tentant de l'ouvrir, rien ne pouvait y faire, elle ne tremblait même pas. Quelque chose attisait son attention. Un papillon était bloqué en dessous d'une des portes, voletant, se débattant vivement pour se dégager. Pas un simple papillon. Ses ailes étaient couverte de poussière dorée. Lady Laura serait-elle passée par ici ? Elle est en vie. Si elle avait survécu, alors Lénore... Il creusa quelque peu pour déloger le lépidoptère brillant. Ce dernier s'en alla, il semblait insister pour que Ikaru le suive. La cape blanche suivait alors le papillon. Un bon moment passa avant que le félidé croise un paysage tout autre que cette voie unique flottant dans le néant. Une petite air dans laquelle reposait au centre un puits noir. Des Sans-Cœurs jaillirent. Ils étaient différents de ceux qu'il avait l'habitude d'affronter, plus coriaces. Heureusement, le papillons semblait l'attendre. C'était l'occasion rêvé pour devenir plus fort, de tels adversaires n'étaient en revanche pas aisés à défaire. Beaucoup plus robustes que leurs homologues, c'était avec le virus que le damoiseau perdu se battrait. Bondissant tous sur lui au même instant, les bulles affluèrent pour venir les souffler au loin dans une bourrasque noir. En envoyant les tâches sur ses ennemis, elles pouvaient se substituer à des griffes de cristal pouvant transpercer n'importe quoi. Ils disparurent dans un nuage violacé, mais d'autres vinrent se joindre à la fête et attaquer le jouvenceau par surprise, une petite fissure parue à l'emplacement de la plaie. Les offenses finirent par s'évaporer en même temps que le puits et Ikaru reprit sa route. Ce n'était que combat sur combat. Une lutte lassante et répétitive. Pendant tout ce temps, le virus ne se manifestait pas, l'ambiance sépulcral de ce monde calmait peut-être les pulsions de ce fauve. Pourtant, l'ambiance ne le réconfortait pas lui. Il n'était pas rare de le voir se morfondre tout à coup en sanglotant à chaudes larmes. Sa seule force pour continuer était l'espoir. Mais après une rude bataille contre les Sans-Cœurs, ses plaintes, ses cris à l'intérieur de lui ne pouvaient s'arrêter. Une autre voix se joignait au concerto déprimant. Une voix sans âme qui ne dégageait que de la haine et un pouvoir terrifiant. Un fumée dense ébène s’abattit sur l'être brisé d'opale vêtu. Elle l'entourait. Une tête de dragon gigantesque et fantomatique arborant un casque apparue, on pouvait lire le mot Poison sur ce même haubert. Un poison, était-ce cette chose, AIDA qui lui paraît ? Il était un poison lui même, putréfiant l'humanité et même le réel, il ne méritait pas de vivre.

'' Ô toi qui désir le pouvoir, mortel convoitant les phantasmes des démons et des dieux. Humain, entend ma requête. psalmodiait d'un voix grave et dominante, son regard enflammé comme l'enfer fixant son interlocuteur.
- Je n'ai rien demandé, partez ! hurla l'éphèbe encapuchonné. Je ne suis qu'un monstre, je ne mérite l'intention de personne. dévoilant son vrai visage à la manifestation, une larme sur sa joue éraflée. Je ne suis même pas humain. Mais... Alors pourquoi on m'a donné un cœur pour aimer ? Si c'est pour souffrir autant et être tourmentée, je n'ai pas besoin d'un cœur...
- Avant le commencement de l'ère noir, les humains ont cherché désespérément les éléments fondateurs du monde. Et un jour, un homme est apparu grâce aux conseils d'une étoile et a finalement expliqué le seul élément fondateur du monde. Tes doutes ne sont qu'amour. Pour résumer, c'est le seul élément du monde. L'intégrité du monde. Si tu en manque, ça signifie qu'il te manque quelque chose dans ton monde. Lorsque Adam et Eve ont mis le fruit de la connaissance à leur lèvres, ils ont appris l'amour. Et à cause de ça, ils furent chassées du paradis et sont devenus humains. Tu as connue l'amour et tu es devenu humain. Oui, tu es devenue humain. Tu es un élu parmi ces êtres miséricordieux. Je t'observe depuis longtemps et ton châtiment sera levé si tu entends mes prières, maudit. Que désires-tu le plus ? J'exaucerai ton vœu en retour de la quête que je te propose. répondit la créature emplie de sagesse, elle ressemblait à un monstre mais avait l'apparence d'une main, une main tendue vers lui, ne proposant que son aide.
- Ce que je désire le plus ? Je veux... il hésita un long moment puis, le masque de la tristesse se fissura pour faire place à un autre beaucoup plus lugubre. Je veux un monde de ténèbres...
- Je t'offres mon humble puissance. Aide mes frères, tes frères, nos frères et libère moi de cette prison. Ton souhait sera satisfait à ce moment fatidique du cruel destin. Poison de cette tyrannie, envenime chaque parcelle de lumière, occis ceux qui te font tant de mal, procure un supplice plus grand que ta pénitence.''

Le nuage disparut aussitôt. Était-ce un rêve ? Non. Un son confirmait cette lapalissade. Sa clochette, celle à son cou tintait à nouveau. La détachant de son cou, une pierre brillait à l'intérieur. Ce reptile quel qu'il soit, il lui avait offert un pouvoir supplémentaire, une nouvelle force pour lui apporter les ténèbres éternelles. Il était dans cette clochette ? La nouant à son cou de nouveau. Le papillon s'affolait et n'avançait plus. C'était donc là la fin du voyage ? Une brèche se dessinait dans le ciel, une brèche filtrant la lumière du jour. L'insecte se déposa dans le creux de sa patte, scintillant plus que jamais. A peine eut-il le temps de comprendre qu'un flux de ténèbres l'emporta vers cette brèche qui s'ouvrait au contact d'un tel apparition. Il allait revenir dans ce monde de lumière, celle qui mène aux souffrances sans fins de la vie ? Il ne pouvait revenir en tant que Ikaru, non. Dorénavant, il faudra l'appeler...

'' Black Tears. ''


Les Questions
    Laissons mon cœur se calmer un instant, et explorons ce mystère :

      I . Votre personnage est-il capable d’aimer, d’avoir une relation ?
      Certes oui, mais elle ne sera certainement pas réciproque. Ne se fiant qu'à lui-même de peur de blesser autrui, une coquille l'isole de tout contact avec les êtres vivants et de profiter pleinement des joies sociales.
      II . Si l’esprit de votre personnage s’incarnait en un animal mythologique ou chimérique ou réel. Que serait-il ?
      Les oreilles et la queue, tu crois que c'est des accessoires ? Nya !
      III . Qu’en est-il de la fidélité et de l’esprit de camaraderie de votre personnage ?
      Ce n'est pas le genre à aller inviter tout le monde dans le bar du coin, il va falloir forcer le destin afin de s'en faire un ami. Choisissez vos propos, sinon vous finirez en charpie. La susceptibilité est une qualité voyons. Il suffit de le connaître pour s'en faire un précieux allié, il sera même prêt à trahir ses collègues si cela lui permet vraiment d'atteindre son but.
      IV . En vue de votre race, quand pouvez-vous dire que votre personnage a forgé une amitié. Citez quelques unes de vos relations amicales.
      Tu sais lire, non ? Brave petit.
      V . Quelle est la devise de votre personnage ? S'il y en a plusieurs, donnez les toutes.
      Je dois le faire, pour elle.
      VI . Vis à vis de votre façon d'écrire, quels sont vos points fort et points faibles?
      Sûrement ma rêverie en défaut. Je ne fais pas attention aux fautes, les mots s'alignent pour exprimer mon imagination, rien de plus. Le terme de point fort ne me convient pas, je préfère celui d'accoutumance car oui, j'aime ma façon d'écrire et je ne la changerai pour rien au monde, car c'est elle, qui me transcende avec ma muse.
      VII . Pourquoi incarner ce personnage ?
      Je voulais créer un personnage complètement farfelu avec cet avatar. Donner le meilleur de moi-même dans un seul être et c'est une mission réussie à mes yeux.
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Sam 16 Avr 2011 - 6:33
    Bonjour…

    Ta fiche étant vraiment très longue, je vais déjà commenté ton physique et ton caractère…

    Et d’une certaine façon, ça va vraiment me permettre de coter ces deux-là de façon très objective parce qu’avec l’énormité de ton histoire… Je suis quasi-certain d’une chose… Soit je n’aime vraiment pas… Soit j’aime vraiment bien. Mais dans tous les cas, j’aurais oublié ce que t’as fait pour le physique et le caractère.

    Mais avant toute chose, je dois te faire le speech habituel du bon petit Maréchal… Comme je l’ai déjà fait à deux autres et là c’est absolument pareil.

    Tu vises un très haut grade, un grade jamais atteint. Tu te prétends excellent alors je me dois de casser tes rêves. Je ne vais pas te dire « Oh ouais, j’ai trouvé ça génial », je ne ferai que démolir ta fiche, dire absolument tous ses défauts… Parce que tu vises la plus haute cour et que par conséquent, tu es conscient de tes qualités, je n’ai plus besoin de les citer…

    Ton Physique…

    Ton physique fut pour moi un discours. Un discours éloquent et plein de subtilités, tant de subtilités qu’il n’est pas du tout ouvert à tout lecteur. Si j’ai eu facile ? Non. Si c’est un style à part entière ? Oui certainement. Si j’ai tout compris… Ouais. Mais est-ce que je suis capable de te dire quel est le physique de Black Tears… Cela, je ne crois pas.
    On en ressort avec la profonde sensation d’avoir tout compris du physique mais ce n’est pas aussi clair que ça en a l’air. C’est un style, pas un mauvais style. Mais c’est cette trop grande subtilité dans tes mots et dans le sens de tes phrases qui a un peu réprimé mon plaisir.
    Général.

    Et le caractère…
    Où tout s’oppose. J’ai l’impression de ne pas tout comprendre et pourtant je comprends tout. Mais une sensibilité m’a surpris et a rendu le texte foutrement plus agréable et fluide.
    Mais pour le grade, j’en sais rien… Je laisse de côté pour l’instant.

    ...

    Ça me fait marrer de me dire qu'entre ces points de suspension et cette phrase-ci... Quatre heures ont passé... Je ne suis pas mécontent de t'achever, Black Tears.

    Alors :

    "La pucelle n'était pas pour autant impressionnée et restait stoïque avec son rictus hypocrite."

    C'est la pucelle qui me gène. Je trouve ça honnêtement très mal placé. On dirait qu'en utilisant "pucelle", tu veux appeler Lénore par un autre nom et que t'as vraiment pas d'idées.
    Alors "la jeune fille", non... "Elle", c'est trop simple... "la demoiselle" je l'ai déjà trop utilisé... Hum... Ah j'ai trouvé ! Je vais l'appeler la pucelle.

    Qu'est-ce que ça vient faire là, ça n'a rien à voir. Y a pas de scène d'amour, elle est pas spécialement dans le rôle de la jeune prude et pure coincée... Alors pucelle...

    C'est comme si dans un rp avec Xaldin... "Alors l'hétéro fait jaillir du sol ses six lances et..."

    Réellement ça m'a tué ^^.

    Enfin... Sinon ton Histoire était très très bien... Hyper recherchée, t'as du y passer beaucoup beaucoup de temps. Y a des moments où c'est vague, y a des moments où ça se relâche, où tu pars en vrille dans des descriptions parfois assommantes...

    Non mais sérieux, tu décris très bien mais... On est dans ton histoire, on est dans un suspens. Pardonne-moi de te dire qu'on s'en fout complètement du genre de châssis utilisé pour chaque fenêtre de la salle de bain.
    J'exagère, oui bien sûr. Mais je suis par contre très sérieux quand je parle de l'atmosphère... L'histoire, c'est pas du tout pareil que le caractère et le physique, il y a obligatoirement une atmosphère qu'un gars de ton niveau devrait maintenir sans problèmes... Je suis dans l'intrigue, vraiment passionné par tous tes mots... Et tu coupes ça. J'ai envie de te dire "Hey, je suis là et je te lis !", parce que cette erreur me donne l'impression que tu n'écris principalement que pour toi.

    Enfin bon, ça vaut tout de même Maréchal... J'ai adoré.

    ...

    Je ne suis pas absolument certain que ton caractère vaut Maréchal pour tout te dire... Dans le doute, je ne vais pas lui attribuer une cote et plutôt coter globalement...

    Arf...

    J'étais à... Pas grand chose d'être le premier Maréchal du forum...

    Maréchal.

    Je fais l'annonce ici... Si dans le mois, j'ai une fiche à valider avec une histoire qui fait plus de quinze pages Word... Grell et celui qui me fera ce coup là, vous me paierez pour que je la valide.

    Fiche validée et toutes conneries du style, Black Tears...


_______________________________
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